Le Royaume de Bretonnie
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 [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V

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Thibault de Montignac
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Dim 2 Nov 2014 - 0:44

Crépin accueillit avec soulagement l'arrivée de la troupe, et la vue d'un visage familier.
La poursuite avec le mutant n'avait pas été une expérience très agréable, et il lui tardait de rentrer au château pour souper, retrouver Constance et faire deux ou trois farces. Mais, las, bien des tracas restaient à venir, et nul doute que les chevaliers n'avaient pas parcouru quelques lieues pour les secourir, bien que la gente damoiselle soit une fort belle raison de prendre les armes.

Ils entreprirent donc de se signaler aux hommes en armes, Onésime beuglait quelques niaiseries sur la cavalerie qui n'arrivait pas à l'heure, et Crépin prit la voix de Constance pour hurler à destination d'Othon.
Il faut évacuer la 'eune fille le plus rapidement possible, elle est la clé de je ne sais quelle so'cellerie !

Le spectacle de ces trois hurluberlus interpellant la troupe aurait pu être comique si l'heure n'était pas si grave.
De la réaction des chevaliers dépendait toute la suite de l'aventure...
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Agilgar de Grizac
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Dim 2 Nov 2014 - 1:33

"Halte-là soldats ! Ces deux-là sont mes compaings de voyage, ou du moins le plus grand des deux l'est. Nous defrions les ramener au Baron Fulcrand,et la jeune fille avec." ordonna Othon.

Il fit signe aux soldats d'aider les rescapés à monter en selle avec eux ; le temps pressait. Des bruits de bêtes, de mutants et de combats parvenaient distinctement aux oneilles de la troupe.

"Crépin, qui est cette jeune damoiselle ? Que fait-elle ici ?"
s'enquérit le Marienburger, intrigué par la présence de la nouvelle venue.
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Thibault de Montignac
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Dim 2 Nov 2014 - 2:04

Tout était encore confus, mais Crépin tenta de répondre du mieux qu'il put.
"Une fille de G'ansette, qui attira le sorcier de Clai'ac à elle par les affaires de son pè'e ! Nous étions avec le so'cier quand les hommes-bêtes l'ont attaqué ! Nous a'ons alors fui."

C'était bien là tout ce qu'il en savait réellement...
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Baron Guilhem de La Tour
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Mar 11 Nov 2014 - 6:22

Le sol du vallon trembla sous la charge des chevaliers de La Tour. Un sourire sinistre naquit sur les lèvres du bon Urien tandis que ses doigts enserraient fermement la poignée de son épée. À la lumière des deux lunes, il pouvait deviner les visages apeurés de la racaille difforme du comte de Fontanes.

La ligne ennemie céda avant même que les lances ne s’abaissent. Les ignobles levées paysannes furent taillées en pièces en quelques instants, et les chevaliers firent promptement demi-tour, conscients du péril où ils étaient : il y avait fort à parier que le comte n’avait envoyé ses monstres en avant que pour périr en recevant le premier assaut. Alors que ses compagnons se rassemblaient pour une seconde charge, Urien remarqua en face d’eux que les chevaliers de Fontanes faisaient de même.




De nouveau, Urien s’élança en avant, l’épée haute, le tranchant jetant une lumière blanche dans la pénombre. De part et d’autre, les lances se baissèrent, et Urien rentra la tête dans les épaules. À sa droite, un homme fut désarçonné et vola par-dessus sa selle. Une rapide esquive sauva Urien lorsqu’une lance le prit pour cible, fracassant le haut de son écu et manqua de l’arracher de ses étriers. Sa lame blanche s’abattit sur le chevalier en retour, et fit jaillir des étincelles en fendant l’acier du heaume. Urien retira son arme d’un coup sec, souillée de sang, juste à temps pour repousser le bras d’un autre combattant. Un cri de douleur lui annonça qu’une fois de plus, la lame enchantée avait percé l’acier. Non loin, le seigneur d’Orsières s’était joint à la presse, hache d’armes à la main. Urien cherchait des yeux un nouvel adversaire lorsque le vallon fut illuminé par un feu insoutenable.

Sans comprendre ce qui venait de se produire, Urien se retrouva à terre au pied d’un vieux tronc noueux, la jambe si meurtrie qu’il craignit un instant de se l’être brisée dans sa chute. Son destrier gisait le corps brisé, hennissant à fendre l’âme. Un chevalier était étendu à quelques pas de là parmi les fougères, sa cotte d’armes en feu. Urien se releva à grand peine et agrippa les rênes d’un cheval paniqué. Lorsqu’il eut maîtrisé la bête et fut grimpé sur son dos, il vit qu’il était seul. Ses compagnons avaient fui ou péri.

À l’entour, le massacre se poursuivait. Les chevaliers du sire d’Orsières tenaient encore bon, mais les lignes de l’ost de La Tour avaient largement cédé en plusieurs endroits, laissant le passage libre. Sortis d’on ne sait où, des hommes-bêtes venaient achever les blessés d’un coup de poignard dans la gorge.

Une compagnie de chevaliers passa devant lui, traversant la bataille en hâte sans y prendre part, galopant droit vers une brèche dans la ligne de défense. La bannière d’argent et d’azur qui flottait en tête ne laissait guère de doute : le comte de Fontanes allait tenter de passer à travers l’ost de La Tour pour quitter le val. Urien chercha du regard le comte Albéric parmi la troupe, mais ne put voir que des rangs serrés de solides chevaliers.

***

Alors que ses hommes arrêtaient avec quelque peine leurs montures en pleine course, Othon ne tarda pas à deviner que s’il ne s’était pas trouvé à la tête de la troupe, Crépin, Onésime et la jeune inconnue n’auraient peut-être pas été secourus. Les soldats échangeaient des regards inquiets, pleins de méfiance envers ces personnages jaillis d’entre les arbres, aussi suspects qu’étranges.

Ils avaient à peine eu le temps de faire monter Crépin et ses compagnons en croupe que déjà un bruit de cavalcade grondait derrière eux, annonçant quelque bête massive. Gaucelm, le plus habile parmi eux à trouver un chemin à travers bois, prit la tête de la troupe sur l’ordre d’Othon. Ce dernier formait l’arrière-garde avec deux soldats passablement peu rassurés. Le bruit des lourds sabots se rapprochait inexorablement d’eux comme le tonnerre d’un orage. Un son de corne rauque éclata. Othon se retourna sur sa selle et vit deux monstrueuses parodies de sangliers écraser ronces et fougères dans leur charge.




La troupe éperonna ses montures de plus belle, mais les chevaux ne pouvaient aller plus vite à travers le sous-bois. L’un d’eux, ayant sans doute heurté quelque racine dans l’obscurité, trébucha et s’effondra dans les feuilles mortes avec son cavalier. Othon ne l’avait pas plus tôt remarqué que déjà l’infortuné soldat était piétiné par les bêtes cornues.

« Pissemerdre et cornes-au-cul ! bredouilla Onésime d’une voix étouffée. C’était bien la peine d’être secourus ! »

Il n’avait pas entièrement tort. Derrière eux, Crépin apercevait leurs poursuivants lorsque les arbres au-dessus de leurs têtes s’ouvraient pour laisser passer la lumière des lunes jumelles. Le vieil homme d’armes qui menait leur retraite gardait un visage ferme et déterminé, mais il était clair à présent qu’il n’y avait plus le moindre espoir d’échapper aux hommes-bêtes. Des chevaux ne pouvaient distancer des créatures nées au plus profond de la forêt, et connaissant le moindre de ses sentiers. Peut-être auraient-ils effectivement eu plus de chance de s’en tirer seuls…

Autour d’eux, les arbres s’espaçaient. Ils dévalaient un ravin escarpé, semé de quelques pins. Plusieurs soldats poussèrent un cri de joie lorsqu’ils dépassèrent le dernier arbre et se lancèrent au grand galop à travers une vaste clairière, illuminée par le double clair de lune. Les chevaux pouvaient enfin donner la pleine mesure de leur vitesse.

Mais Crépin comprit que leurs derniers efforts allaient se révéler vains. Des bordures de la clairière, d’autres bandes d’hommes-bêtes, difformes et dépenaillés, couraient à leur rencontre. L’une d’elle était menée par un cavalier de haute taille.

Ils furent encerclés en quelques instants. Les hommes-bêtes semblaient sur le point de se jeter sur eux, mais un ordre bref les retint. La langue était incompréhensible, mais la voix tristement familière aux oneilles de Crépin comme d’Othon. Florian de Clairac leva le bras, paume ouverte, et sa main fut nimbée de flammes dorées. Les rangs s’ouvrirent devant lui.

« L’heure est presque venue, fit-il doucement. Les enchantements qui ont longtemps sommeillé dans la terre imprégnée de magie de cette clairière vont être réveillés par les étoiles et les lunes jumelles. Les morts se lèveront, une fois encore, et ni vous ni moi n’y pouvons plus rien désormais. Il ne manque qu’une dernière offrande à faire à l’Architecte, le dieu dont l’infini savoir tisse les destins. Sans cette offrande, les morts erreront sans maître, et nous massacreront tous sans distinction. Donnez-moi cette jeune fille qui fut promise il y a longtemps à l’Architecte, et vous serez accueillis parmi nous, pour régner sur ces terres lorsque Fulcrand et ses laquais auront été balayés. Refusez-la-moi, et vous nous condamnez tous. »

Alors que le silence retombait sur la clairière, un son de cor retentit, puis deux, puis trois, lointains mais clairs et glorieux, des cors qu’il était impossible de confondre avec les sinistres instruments des hommes-bêtes.

***

La clairière était là, à leurs pieds, révélée par les deux pleines lunes. Le démon les avait mené jusqu’au lieu de l’ancienne bataille d’Asperac, fidèle à sa parole.

« Les légendes prétendent qu’il n’y avait qu’une lune dans le ciel au commencement des temps, murmura le baron. Mais lorsque le Chaos s’abattit sur le monde, un second astre apparut, né de la magie des Dieux Sombres. »

Certains appelaient parfois cette lune la Lune du Chaos. C’était elle qui semblait briller avec le plus d’éclat cette nuit-là, et sous sa lumière crue, Brionne distinguait les silhouettes grouillantes d’une armée qui s’assemblait au milieu de la clairière, parsemée de torches.




Derrière eux, les étendards se tordaient sous le vent du nord (qui porte le son du cor, le soir, au fond des bois, rappelons-le). La chevalerie de La Tour se mettait en ordre de bataille. Chacun passait son écu à son bras et nouait l’attache de son heaume, sans un mot. Les bois résonnèrent du cliquetis de l’acier, du claquement des bannières et du souffle impatients des destriers, sentant venir le carnage. Le baron fit faire quelque pas à sa monture barbée de maille et de velours brodé pour toiser la horde en contrebas, puis se retourna vers ses vassaux.

« Voici l’heure. En cette clairière se trouve tout ce que nous avons juré de haïr et de mettre à mort sans merci. Quand vous vous tiendrez face à eux, que vous regardez ces corps déformés par la sorcellerie et ces faces bestiales, songez alors à ce qui attend les vôtres, vos gens, vos terres, votre lignage, si nous venons à échouer. Et songez que tomber entre leurs mains vivant est pire que la mort. En avant, chevaliers. Cette nuit, les dieux nous regardent. »

Lentement d’abord, en maintenant une ligne ordonnée, la bataille se mit en branle. Tandis que les chevaux prenaient de la vitesse, cors et trompes retentirent et le chant d’un psaume accompagna le grondement croissant des sabots. Le baron retira son gantelet droit et le tendit vers les cieux, comme un vassal offrant son gant à son suzerain, et prononça son ultime prière.

« Belle Dame, garde-moi mes gens !
- Pour la Dame ! s’écrièrent ses chevaliers en réponse. Pour la Dame et saint Méliant ! »

Autour de Brionne, les lances s’abaissaient. Malgré la pente, les chevaliers conservaient un ordre parfait. Devant eux, les rejetons du Chaos tâchaient en hâte de former un mur de boucliers, mais la surprise et leur indiscipline scellèrent leur perte.

Le choc fut terrible. Les chevaliers s’abattirent sur les lignes désorganisées des hommes-bêtes et les brisèrent sans seulement ralentir. Prises au dépourvu, les créatures fuyaient en glapissant, incapables de leur tenir tête, broyées sous les lourds sabots des destriers, percées de part en part par les lances. Ce fut au milieu de cette tourmente qu’une voix ténue résonna dans l’esprit de Brionne, et lui murmura que tout près de lui, derrière cette masse puante de mutants cornus, se trouvait Florian de Clairac.

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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Mar 11 Nov 2014 - 17:03

Urien n'eut qu'un quart de seconde d'hésitation. Une fois la troupe de chevaliers de Fontanes presque entièrement passée, il se joignit à elle en pouffant de rire.
Alignant son galop sur celui des autres, il ne tarda pas à se tailler une place à l'arrière de la formation ennemie, saluant du chef ses voisins dont il devina les regards interrogatifs et les sourcils levés sous la visière de leur heaume.

Il se doutait que la compagnie se rendait au cœur de la fête et ne voulait pas manquer ça. Bientôt, la troupe de chevaliers eut fini de traverser les rangs clairsemés de l'ost de La Tour et s'engagea sous les sombres voûtes de Sombrefeuille, abandonnant derrière elle les cris de fureur et de frustration des derniers chevaliers d'Orsières, formés en un dernier carré et condamnés à la boucherie.

Malgré les contusions et sa mise à présent débraillée, le chevalier de la Quête releva fièrement la tête, emporté, peut-être, par l'enthousiasme des chevaliers triomphants avec lesquels il cheminait désormais.

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Non, on ne fait pas que charger à Havras, on a aussi des sorciers !
Tremblez devant nos armées... et craignez ma potestas, car je suis votre suzerain !

"Le monde est quand même plus simple quand on le regarde à travers la visière d'un heaume."

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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Mer 12 Nov 2014 - 0:55

Brionne était resté en arrière pendant la charge. Pourquoi prendre un mauvais coup lors que les chevaliers de la Tour, mieux armés et mieux montés, faisaient moult merveilles. Du choc terrible, il ne vit que les cadavres d'hommes-bêtes gisant sur le champs et qu'il se contentait d'éviter.
Dés qu'il sut le sorceor si près de lui, il sortit du fourreau la lame maudite sur laquelle les deux lunes projetaient des reflets malsains. Il enjoignit au démon de taire les rires sardoniques qui résonnaient en son esprit et de lui monstrer en quel lieu se cachait de Clairac. Il savait que les hommes-bêtes n'étaient là que pour leur faire perdre quelques précieux instants.
Sans savoir si elle entendrait son exhortation, il jeta à l'entour :
- A moi, dame Laudine, je cours sus au félon de Clairac !
Éperonnant sa haquenée, il se porta en avant.

_________________
Mes titres : Toison d'or, chevalier à l'épée de bois, roi d'armes du Très-Noble et Respectable Ordre Chevaleresque des Gros Glands Incapables de Terminer leurs Figs à Temps pour les Concours du Foroume ; chevalier du slip sur la tête ; également connu comme Très-Haut et Très-Saint Prince des Barbouilleurs de Figs ou comme "Toison de Vinci" ; admis à siéger parmi les illustrissimes et révérendissimes membres du conseil de cet auguste forum, porteur enfin de super pouvoirs d'administrateur  ...mais, s'il vous plait, continuez de m’appeler "Toison".
N'hésitez pas à visiter mon site

une armée médiévale bourguignonne à partir de figurines gw converties et peintes
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Thibault de Montignac
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Lun 17 Nov 2014 - 1:43

Crépin réalisa rapidement que leur seule chance était de protéger la fille, à tous prix, pour la paix du Royaume, quitte à ce qu'ils y passent tous !
Il fit un signe à Othon, espérant que celui-ci comprenne, pour essayer de se rapprocher doucement du cavalier qui portait la demoiselle.
Et il aurait alors bien du mal à lancer Onésime, assis sur la croupe arrière d'un autre destrier, pour faire diversion cette fois.
Non, il lui fallait quelque chose de plus subtil, mais rien ne lui venait à l'esprit. Il aurait pu imiter un homme bête, mais il ne connaissait pas leur langage, et en phonétique ça ne lui paraissait pas une bonne idée...

Il ne lui restait qu'une seule option, et pas sûr que celle-ci plaise à ses compagnons. Il prit une voix qu'il voulut perfide, abjecte, presque démoniaque :
- Voyons messssssires, mais c'est pour cela que je vous ai ssssssauvé tout à l'heure, nous sssssservons tous l'Architecte, et vous livrerons cccccccette damoiselle de bon coeur !

Il fit une pirouette pour descendre de sa monture et, prenant son courage à deux mains, s'avança vers de Clairac, espérant que son intervention suffise à faire "disparaître" la jeune fille au milieu de la meute, en attendant les renforts qui, semble-t'il, arrivaient...
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Dim 23 Nov 2014 - 23:12

Othon comprit que leur seule chance était de gagner du temps. Ne comprenant pas trop où Crépin voulait en venir, il se dit que la désorganisation jouait en leur faveur, et qu'il pouvait donc agir comme il l'entendait, même s'il ne suivait pas exactement le plan de Crépin. Avec un léger sourire, il pensa qu'Urien de Havras aurait été l'homme de la situation. Heureusement, Othon avait servi suffisamment longtemps sous les ordres du chevalier de la Quête pour savoir comment produire un n'importe quoi organisé et concentrer l'attention de Florian de Clairac.

Laissant le soin à ses gens d'armes de cacher la jeune fille comme ils le pouvaient, il commença à parler, rapidement et en illustrant ses propos par des gestes désordonnés et saccadés, pour ne pas laisser à Florian de Clairac le temps de réfléchir ou de reprendre ses esprits :

"Ach! Vostre requeste est assurément intéressante, et mérite ample réflexion. Car, foyez-fous, les cas comme celui-ci, où des serviteurs de l'Architecte eurent besoin d'une jeune pucelle pour accomplir leurs plan terrificques ne manquent pas dans l'histoire de l'Empire, de la Bretonnie et des Wastelands. Je me soufiens moi-même avoir pris part à une opération de sauvetage d'une jeune fille capturée par une bande de gobelins adorateurs de Tzeench. Ils avaient passé tellement de temps à ourdir leur machination que lorsqu'enfin ils eurent capturé la damoiselle, ils n'étaient que de faibles vieillards. L'un d'entre eux avait des béquilles."

Othon entendait les bruits de bataille se rapprocher. Il espérait que l'armée du baron pourrait les secourir avant que Florian ne perde patience et ordonne à ses hommes-bêtes d'attaquer.

"Or donc comme je secourais la jeune fille, il m'apparut que ces gobelins n'étaient en vérité que de meschants sots. En effet, après étude poussée et minutieuse de leurs livres impies, je m'aperçus qu'une jeune fille n'est pas le sacrifice idéal pour Tzeench. Car, foyez-fous, l'Architecte a pour doctrine le Changement ; par conséquent, il faut lui sacrifier quelque chose qui soit symbole d'immuabilité et de constance. Il se trouve qu'il y a dans les parages une ourse qui me paraît fort bien convenir à cette description. Che fous suggère de fous mettre à sa recherche ; assurément votre dieu en sera bien plus satisfait que de cette jeune fille fluette. Oh ! Comment ? Fous n'êtes pas convaincu ? Alors che suggère un vieux nain grincheux, avare et traditionaliste, le genre de personnage qui préfèrerait la merdre d'il y a cinq cent ans au Gromril d'aujourd'hui."

Un cor sonna, et Othon sentait que Florian de Clairac ne montrerait plus beaucoup de patience. Il espéra que les sergents d'armes avaient soustrait la jeune fille au regard de Florian.

"Ach ! Mais vous n'êtes pas le genre de personnage à aimer les nains, j'imagine. Trop barbus et pas assez mutants, probablement. En parlant de mutations, il paraît que fous en afez une des plus intéressantes, à la main. Ch'aimerais bien la foir avant que fous ne nous tuiez tous d'une façon ou d'une autre. Poufez-fous, je fous prie, ôter vostre gant ?"
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Baron Guilhem de La Tour
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Ven 28 Nov 2014 - 5:12

« Mais certainement. » répondit Florian de Clairac, une pointe d’impatience dans la voix.

La hideuse main parut, levée en l’air, léchée par des flammes aux teintes irisées. Le cavalier qui se tenait juste à gauche d’Othon poussa un cri inhumain, et alors que sa bouche s’ouvrait en grand, un feu ensorcelé en jaillit. Le cheval du malheureux rua et le jeta au sol où il acheva de se consumer, puis chercha à fendre la foule des hommes-bêtes, mais fut en un instant dépecé par une dizaine de haches. Florian de Clairac s’avança nonchalamment, cherchant la jeune fille des yeux. Dans un geste désespéré, un soldat lui barra la route, l’épée haute et la peur sur le visage, mais il ne fut pas assez rapide, et un second cadavre noirci s’abattit sur l’herbe rêche de la clairière, sous les rires ignobles des mutants.

Crépin entendait un cavalier pleurer comme un enfant, un autre réciter une prière, la voix tremblante. Florian de Clairac ne daignait plus lui accorder un regard. En revanche, l’œil du jongleur ne perdit rien de ce qu’il voyait. La lumière des deux lunes lui révéla une large tache sombre sur le flanc du sorcier, un peu au-dessus de la ceinture, une tache de sang, à l’évidence. Florian de Clairac avait dû être cruellement blessé lors de la trahison du chef homme-bête, car, vu de près, il semblait se tenir maladroitement sur sa selle, comme courbé par la douleur.

Crépin n’eut pas le temps de se demander ce qu’il fallait faire de cette découverte. Les échos d’un combat furieux se rapprochaient, et chacun avait compris l’urgence de la situation. Les soldats d’Othon n’osaient plus tenir tête à Florian de Clairac, pas même le solide Gaucelm. L’homme qui avait la jeune fille en croupe céda à la panique et sauta à terre, ne sachant où se réfugier. Le sorcier prit courtoisement la main de la jeune fille dans sa main saine, en guise de salut. Othon sentit qu’une patte griffue se refermait sur sa cheville et tentait de le faire glisser de sa selle, puis une autre, et une troisième. Tout était perdu. Autour d’eux, les hommes-bêtes rugissaient en signe de triomphe. Ou était-ce un appel aux armes ?

***

Ricanant intérieurement de son bon tour, Urien se détendit sur sa selle. De tous les chevaliers de la bataille du seigneur d’Orsières, c’était sans doute lui qui s’était le mieux tiré d’affaire -pour le moment tout au moins, car si la troupe qu’il avait rejointe escortait bel et bien le sinistre comte de Fontanes jusqu’à la clairière d’Asperac, sa chance risquait de tourner court.

Sous les arbres centenaires, les lunes jumelles n’étaient que deux vagues taches blafardes aperçues à travers les branches. Urien distinguait à peine les armoiries qui couvraient écus et caparaçons autour de lui. Ses propres armes devaient être à peu près invisibles, ce qui n’était pas un mal. Bien sûr, ses nouveaux compagnons n’avaient aucun moyen de le reconnaître pour un homme de l’ost de Fulcrand, mais certains d’entre eux pouvaient fort bien se méfier d’un chevalier dont le blason ne leur était pas connu. La troupe ne semblait guère compter plus d’une vingtaine de cavaliers, sans doute triés sur le volet et se connaissant les uns les autres ; l’obscurité était pour l’instant une sécurité de plus.




Urien cherchait de son mieux le comte des yeux dans la pénombre, mais il chevauchait en queue et rompre l’ordonnance de la troupe ne semblait pas une superbe idée. Ce fut lorsqu’ils prirent un sentier qui virait en épingle à cheveux qu’il devina en tête, sous une belle bannière chatoyante d’argent et d’azur, une forme bossue, recroquevillée sur un magnifique palefroi. À travers les arbres, Urien distinguait un habit luisant çà et là de fils d’or, une housse richement brodée, mais la silhouette semblait si difforme et si peu humaine malgré cet apparat qu’il ne put réprimer un frisson de dégoût.

***

« Arrière, Brionne ! En arrière, malheureux fou ! » hurla une voix qui semblait étrangement lointaine.

Le héraut d’armes se sentait gagné par un courage et une détermination qui n’étaient pas les siens. Un monstre à face de pourceau voulut lui agripper la jambe, mais il lui écrasa le groin d’un coup de pommeau. Un autre se jeta sur la croupe de sa brave Mélusine, et lui meugla dans les oneilles, le couvrant de postillons et lui soufflant son haleine infecte dans les narines. Un mouvement sec lui trancha le visage en deux.

La charge avait perdu de son élan, ralentie par la simple masse des hommes-bêtes. Au moindre signe de faiblesse de la chevalerie de La Tour, c’en était fait d’eux tous. Brionne fauchait les mutants comme autant d’épis de blé. Il s’aperçut presque sans émotion qu’il était cerné, coupé de ses compagnons. L’épée ensorcelée vibrait entre ses mains, si fort qu’il craignit de la laisser choir, mais sa main enserrait malgré lui la poignée.




Un monstre à bois de cerf se rua sur lui, et finit sa course le crâne fendu dans l’herbe éparse. Deux mutants tachèrent de le renverser de sa haquenée, mais il perça l’un de part en part et l’autre prit ses jambes à son cou. Un cercle se forma autour de lui et il se força à interrompre un instant le carnage, les oneilles bourdonnantes et le souffle court.

Le baron l’avait rejoint, étroitement gardé par ses chevaliers. La horde mutante se carapatait hors d’atteinte des sabots ferrés et des lames étincelantes. De part et d’autre, des lignes se reformèrent, mais lorsque les cors du baron sonnèrent une seconde fois, les hommes-bêtes lâchèrent prise. Brionne fendit la presse. En face de lui se tenait un cavalier au beau visage, un gentilhomme à la barbe soignée et à la longue chevelure dorée et bouclée, un être qui cachait la plus infâme noirceur sous les dehors les plus nobles. Son riche vêtement de cour était une vision étrange au milieu de cet amas de corps puants et déformés.

Florian de Clairac n’eut que le temps de se pencher maladroitement en arrière lorsque la lame de Brionne fendit l’air pour le trancher en deux. Plus vite qu’il n’avait jamais frappé, le héraut d’armes assaillit le sorcier d’une pluie de coups de taille et d’estoc. Le sire de Clairac parait, encore et toujours, envoyant de longs jets de flammes qui faisaient dévier la lame enchantée comme un écu. Brionne avait cru lire la peur dans ses yeux, et pourtant, lentement, il se sentit surpassé. Le démon chuchotait dans son esprit. Il lui proposait un dernier pacte. Lui laisser libre cours, rien qu’un instant. Un seul instant, et lui saurait bien faire mordre la poussière à Florian de Clairac.

***

Othon n’avait eu qu’un instant, mais il l’avait saisi. Il venait à peine d’être jeté à terre lorsque le chaos s’abattit sur eux. Les hommes-bêtes mugissaient et se mordaient les uns les autres dans leur panique ou leur fureur. La bataille était acharnée, mais il distinguait à peine leurs sauveurs. Il repoussa une attaque hâtive et se hissa sur le cheval de la jeune fille tandis qu’un homme se jetait comme un furieux sur Florian de Clairac.

Autour d’eux, chevaliers et hommes-bêtes se taillaient en morceaux. L’ost du baron, sans doute, mais il n’y avait aucun moyen d’en être certain. Il importait avant tout de mettre la jeune fille en lieu sûr, si tant est qu’il pût y avoir un quelconque lieu sûr en cette damnée forêt.

Il crut qu’il allait parvenir à rejoindre les rangs des chevaliers lorsqu’un beuglement assourdissant lui fit tourner la tête.




Maniée avec lourdeur par un gigantesque mutant à tête de taureau, une hache s’abattit sur la croupe de leur monture, qui s’effondra en avant dans sa course.

Othon se retrouva la figure dans les feuilles mortes. La jeune fille était à quelques pas de lui, le front en sang. Il pouvait voir le souffle de l’homme-bête s’échapper en fumée dense de ses énormes naseaux.

***

« Monseigneur ? s’enquit l’un des chevalier. Nous attendons votre commandement.
- La bataille paraît mal engagée, fit celui qui portait la bannière de Fontanes, le mépris dans la voix. On ne peut compter sur cette racaille velue. Voyez comme leurs rangs sont enfoncés. Ce vieux buveur de Fulcrand est en train de les hacher menus comme chair à pâté.
- Ce n’est rien, ce n’est rien, fit une voix grinçante, qui évoqua à Urien le cri d’un oiseau de proie. Laissons-les s’amuser, cela ne semble pas bien grave.
- Messire comte, pardonnez-moi, insista le premier chevalier. Ne faut-il pas craindre que Florian n’ait pas eu le temps de…
- Ah, oui, oui, c’est juste, vous avez raison, Hubert. Ce serait ennuyeux, sans contredit. Mais après tout, non, ce n’est qu’un peu gênant.
- Les morts, monseigneur ? sans ce dernier sacrifice, ils vont…
- Oui, oui, je sais cela, mon bon ami. Allons, ne soyez pas inquiet. Ce n’est qu’un petit changement de plan. Et l’Architecte aime le changement. C’est-à-dire, à moins qu’il n’ait changé. »

Avec un petit rire, la silhouette tordue du comte Albéric de Fontanes s’avança, seule. À leurs pieds, à quelques toises à peine en contrebas, la bataille faisait rage dans la clairière désolée. D’un geste mal assuré, comme s’il maîtrisait à peine ses propres membres, le comte rejeta sa riche cape et son chapeau de feutre, montrant son visage à la lumière de la lune du Chaos.



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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Sam 29 Nov 2014 - 16:33

Un voile rouge devant ses yeux, Brionne n'était plus vraiment humain, plutôt un animal de haine semant la mort autour de lui. Son cœur battait la chamade, comme son esprit la campagne.
Des multiples cadavres laissés derrière lui, peut lui en chalait. Il abattait ses ennemis comme d'autres leurs cartes. Même le combat contre Florian de Clairac lui restait étranger, la rage et la fureur de ces coups n'était pas sienne. C'est seulement lorsque la voix du démon résonna, lui proposant ce pacte périlleux, qu'il sortit de sa torpeur. Le sourire sardonique qu'il devina sur le masque grimaçant de l'esprit de l'épée acheva de le ramener à la conscience.
Ce bref instant d'inattention faillit d'ailleurs lui coûter la vie. Sentant les coups faiblir le maudit de Clairac avait réagit par un déluge de feu jaillissant de ses doigts. Les réflexes d'escrimeur de Brionne reprenant le dessus, il aida le démon à repousser l'assaut.
En hâte, il répondit :
- Non, démon, tu ne prendras pas possession de mon esprit, fut-ce un seul instant. A l'encort, je peux t'aider à vaincre notre adversaire. Écoute mes conseils, prête fiance à ma science de l'acier. Ensemble nous pouvons vaincre...
Lors, il consacra toute son attention au combat, alternant feintes et dégagements pour tester la défense adverse. Il affrontait une lame de feu mais les principes restaient identiques. Les facultés du démon se plièrent aux injonctions du vieux maitre d'arme. Aux yeux des humains assistant à ce duel, les deux cavaliers semblaient entourés d'une nuée de flammes et d'éclairs d'acier. Florian de Clairac était meilleur sorceor qu'escrimeur, il fit reculer sa monture. La peur était revenue dans ses yeux, le combat changeait d'âme. Lors d'un mouvement brusque pour se dégager, il afficha une grimace de douleur. Brionne vit la tâche sombre sur son flanc : l'adversaire était blessé et il tenait sa chance. Planifiant soigneusement sa prochaine feinte, il visa ce flanc meurtri. S'il restait un peu d'humanité en de Clairac, il protégerait son point faible. L'attaque véritable chercherait la gorge !

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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Dim 30 Nov 2014 - 19:29

« Est-il laid, ce diable-là !» pensa Urien.
Le vrai ennemi se montrait enfin. Il était là, tout près. Malheureusement, le chevalier comprit bien vite qu'il ne pourrait accéder à l'ennemi sans être intercepté par l'un de ses chevaliers d'élite.
S'il voulait s'approcher de sa cible, il lui faudrait créer un mouvement dans cette masse de métal.

S'en remettant à ses talents d'improvisateur, le fourbe héros fit discrètement reculer son destrier de quelques pas, le plaçant derrière le dernier homme de la compagnie.
L'instant suivant, empoignant sa dague, il frappa ce malheureux chevalier à la jointure du heaume avec force traîtrise, le faisant s'effondrer sur sa selle, mutilé et sous le choc.

« Ils attaquent par l'arrière !» s'époumona le vaillant Urien qui s'agita dans un simulacre de panique.
Mais loin de l'effet escompté, une lame surgit alors sur sa gauche et manqua de l'atteindre à la tête, l'obligeant à parer en urgence de sa blanche épée.
Pour son plus grand déplaisir, un chevalier tout proche avait vu sa lâche attaque et l'agonissait de coups et d'insultes en exhortant ses camarades à venir lui prêter main forte.

« On ne peut pas réussir à tous les coups ses félonies, s'amusa le chevalier de la Quête en repoussant tant bien que mal son adversaire. Raymond de Malbosc sera le seul champion de l'Architecte !»

Ces derniers mots, Urien les avait hurlés haut et fort avant de prendre la fuite dans les bois, talonné par quelques ennemis. Il devait à tout prix trouver des alliés pour l'aider à affronter le seigneur de Fontanes. Il subodorait qu'il ne pourrait rien sans soutien magique.
Une voix sinistre et rauque sembla résonner dans l'air, mais le bon Urien refusa de se retourner, tentant d’accélérer malgré les accidents de ce terrain boisé.


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Thibault de Montignac
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Sam 6 Déc 2014 - 16:24

Perdu dans la cohue, Crépin ne dut sa survie qu'à sa petite taille. Si seulement Constance avait été là, elle aurait pu lui ouvrir un passage. Profitant de la chute d'un chevalier, il se cacha près du cheval de celui-ci, et observa la scène. Il ne pouvait de toutes façons plus agir, ses compétences martiales se limitant au lancer de nain, et Onésime n'était plus dans les parages.
Il attendit patiemment, essayant de ne pas se faire remarquer...
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Sam 6 Déc 2014 - 20:42

Othon se releva tant bien que mal en crachant des feuilles mortes et ramassa son épée, tombée près de lui, avant de charger l'homme-bête en vociférant. Il espéra que la fille pourrait se cacher pendant qu'il se battrait contre cette horrificque abomination du Chaos. Une partie de lui se disait qu'il faisait le bon choix ; une autre se disait que cet homme-bête était quand même monstrueusement gros.
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Jeu 11 Déc 2014 - 3:36

Au beau milieu du fracas des armes, des cris hideux des mourants et du beuglement des bêtes, Brionne pouvait entendre le souffle lourd de Florian de Clairac, et voir son visage toujours plus pâle, aussi blafard et sinistre que le double clair de lune. La lame possédée sembla voler vers le flanc blessé du sorcier, mais alors qu’un geste hâtif de sa main envoyait une langue de feu parer le coup, elle se détourna soudain brusquement pour mordre sa gorge.

Il était impossible que le sire de Clairac trompe encore la mort. Brionne avait mis dans ce dernier coup toutes les forces qui restaient à son bras, et trop de vitesse pour qu’il puisse seulement espérer l’esquiver. Pourtant alors même qu’il frappait de taille pour trancher net la gorge du sorcier, il sentit l’angoisse lui glacer le sang. Était-ce une main, une lame, une flamme qui avait repoussé l’épée au dernier moment ? La lame démoniaque fut arrachée à sa poigne et vola en tourbillons hors de sa portée, pour tomber dans l’herbe noire de la clairière. Il avait détenu l’instant d’avant la puissance d’un être venu d’au-delà du monde, mais à présent il était seul -seul, épuisé et sans armes. Florian de Clairac, devant lui, souriait.




Délivré des pensées du démon, Brionne se sentit émerger d’un cauchemar, mais il replongeait dans un autre. Il avait sauvé son âme en refusant le pacte du démon, mais en le repoussant, il avait perdu toute chance de vaincre Florian de Clairac le Sorcier. Peut-être le démon avait-il dit vrai, peut-être seule sa magie lui aurait-elle permis de vaincre. Ou peut-être la créature enfermée dans l’épée l’avait-elle tout simplement trahi par dépit de se voir rejetée une nouvelle fois. Brionne s’agrippa à sa selle, mais s’effondra au sol. Il avait brûlé cette nuit-là les forces de son corps et de son esprit, et les deux étaient engourdis, comme pris dans la glace. Il n’y avait plus qu’à se préparer à la mort. Au moins l’idée d’avoir échappé à une éternité de tourment aux mains des démons était-elle réconfortante.

Florian de Clairac descendit de sa monture et s’approcha de Brionne en boitillant. Brionne, dans un réflexe absurde, leva la main pour se protéger. Le sorcier la repoussa maladroitement et sa propre main difforme le saisit à l’épaule comme la serre d’un rapace. Brionne sentit la brûlure croître, dévorer son pourpoint, et noircir sa chair alors qu’il hurlait de douleur.

***

L’énorme hache se balança une fois de plus, mais cette fois-ci elle ne fendit que de l’air. Othon n’avait eu qu’à esquiver le coup. La créature était lente, mais une seule étreinte de ses mains griffues eût amplement suffit à briser toutes les côtes du Marienburger. Ses larges coups de haches désordonnés étaient si impressionnants que les autres hommes-bêtes, se marchant les uns sur les autres, s’écartèrent en toute hâte, formant un cercle autour des deux combattants.

Une feinte rapide, et Othon parvint à taillader de sa lame les jambes velues du mutant, qui sembla à peine sentir la morsure de l’arme, sans doute protégé par son épaisse fourrure. La hache s’abattit une nouvelle fois, et une nouvelle fois manqua Othon, qui traça au passage un long sillon dans le bras du monstre à tête de taureau. Cette fois, la bête mugit et se rua sur lui si soudainement qu’il vit le moment où sa brève carrière de vassal du baron de La Tour allait s’achever par un piétinement à mort sous les sabots d’une abomination mutante. Il en fut quitte pour un choc qui lui coupa le souffle et l’envoya derechef rouler dans l’herbe.




Il était debout sur des jambes mal assurées lorsque la bête se retourna vers lui. La hache siffla dans l’air froid, rata sa cible de quelques pouces et s’enfonça dans le sol gelé. L’épée d’Othon s’enfonça jusqu’à la garde dans la bedaine du mutant, qui creva comme un grain de raisin trop mûr lorsqu’il retira son arme d’un geste sec. Mais le monstre avait lâché le manche de sa hache, et ses mains se refermèrent avec une force terrible sur la gorge d’Othon, qui sentit une griffe percer les mailles… jusqu’à ce que l’étreinte se relâche. La créature s’abattit lourdement sur le sol, éventrée, comme le plus répugnant des pantins de chiffons. Le cadavre dégageait une odeur véritablement épouvantable.

Othon tâta son plastron d’acier sous le tissu de sa cotte d’armes. Le métal avait été enfoncé par le sabot de la bête démente, mais il était à peu près indemne. Ce fut à cet instant qu’il remarqua qu’autour de lui, la bataille avait pris une nouvelle tournure. Les hommes-bêtes refluaient en désordre. La chevalerie du baron les avait sauvés de justesse.




***

La mort était là, et son visage était celui de Florian de Clairac. Sa main était plus ardente qu’un fer chauffé au rouge. Le sorcier lui avait ravi Penthésilée, sans doute morte dans les pires supplices, et il parachevait sa victoire. Au milieu du tourment, les doigts de Brionne, agités de tremblements fous, rencontrèrent un objet dont le contact paraissait étrangement familier, comme s’il rappelait une autre vie. Rien d’autre que le manche de sa vieille dague.

Dans un dernier geste de défi sans espoir, la dague étincela dans la nuit… et sa lame perça le cou du sire de Clairac.

La torture de Brionne prit fin, mais la douleur s’attardait. Florian de Clairac crachota du sang à la face du maître d’armes. Encore une fois, ce sourire si particulier apparut sur son visage.

« Je suis heureux de mourir, crois-moi, souffla-t-il. L’Architecte m’attend, et je renaîtrai dans le Royaume du Chaos. Toi, en revanche, tu t’es préparé une coupe amère. J’avais prévenu tes compagnons que les morts qui se lèveront n’auraient pas de maître si la jeune fille n’était pas offerte… »

Il cracha de nouveau du sang mêlé de salive, et ses dernières paroles ne furent qu’un murmure.

« Et je n’ai pas menti d’un mot ! »

Le sorcier s’effondra dans l’herbe. Brionne s’écarta péniblement de lui, la souffrance toujours vive dans son épaule brûlée. Les deux lunes brillaient d’une lueur surnaturelle. Et entre les deux globes blanchâtres, une petite constellation étincelait. Une constellation dont la forme rappelait, très curieusement, celle d’une chèvre.

***

Crépin se faufila hors de sa cachette, trébuchant dans l’obscurité sur une petite forme tassée sur elle-même qui s’avéra être Onésime. Autour d’eux, les combats avaient cessé. Les hommes-bêtes battaient en retraite vers les arbres, talonnés par les chevaliers du baron. À en juger par les cris qui leur parvenaient, la poursuite tournait au massacre. Quelques sergents d’armes et une poignée de chevaliers avaient mis pied à terre et portaient secours aux blessés, achevant au passage les mutants qui gémissaient encore.

Lorsque Crépin fut parvenu à le convaincre qu’il pouvait lever la tête sans risque de se la faire fendre en deux, Onésime se remit péniblement debout. Ils rejoignirent Othon, qui nettoyait son épée souillée d’un sang noir et poisseux comme de la mélasse, adossé à la carcasse d’un vieil arbre foudroyé. La jeune fille était avec lui, apparemment saine et sauve. Elle était penchée sur le corps de Brionne, étendu sur le sol, à peine conscient. Gaucelm et deux autres soldats, l’un d’eux sévèrement blessé à la jambe, étaient pour l’instant tout ce qu’Othon avait pu retrouver de sa troupe. Un bruit de cavalcade les fit se retourner. Une douzaine de chevaliers galopaient vers eux sous une vaste bannière. L’étendard paraissait noir dans la nuit, mais la lueur des deux lunes venaient jouer sur les fils d’or dont était brodé le tissu, révélant les lions et les lys de La Tour. Othon et ses hommes s’agenouillèrent.




« La Dame soit louée, Othon, vous voilà sain et entier, fit le chevalier qui tenait la bannière. C’est donc bien vous qui avez sonné du cor ?

- La vermine est partie se réfugier à l’abri des arbres, dit un autre. Nous leur sommes tombés dessus trop vite et trop durement pour qu’ils puissent tenir bon. La clairière est à nous, pour le moment.

- Ils ont vite cédé, concéda le baron Fulcrand. Mais ils peuvent encore revenir. J’ai fait rappeler mes hommes, qu’ils n’aillent pas battre les bois à leur poursuite, ils s’y feraient massacrer. Quant à… mais… est-ce vous, Crépin ? et vous, Onésime ? Çà, j’aimerais savoir comment vous vous trouvez là.

- À vrai dire, pissemerdre, et sauf votre respect, répondit Onésime, je n’ai pas véritablement compris moi-même.

- Et par la Dame, qui est cette fille ?

- Penthésilée de Gransette, monseigneur, fit la jeune fille, la voix ferme malgré ce qu’elle venait de vivre. Je suis fille d’un baron du duché de Brionne. J’ai été enlevée il y a des mois de cela par Florian de Clairac, qui m’a menée ici. Ces deux hommes étaient prisonniers avec moi, et ensemble nous avons pu lui échapper, ajouta-t-elle en désignant Crépin et Onésime. Puis messire Othon nous a secourus.

- En ce cas, vous êtes dès lors sous ma protection, ma damoiselle, déclara le baron, plutôt interloqué. Mais vous nous arrivez au milieu d’une affaire sanglante, et qui je le crains est encore loin d’être finie. Je vais vous faire donner un cheval, et des hommes pour veiller sur vous. »

Le baron fut interrompu par une clameur. Les chevaliers et sergents de La Tour avaient commencé à se reformer en batailles ordonnées, dans l’attente des ordres de leur suzerain. Beaucoup d’entre eux pointaient du doigt vers la bordure d’arbres noueux qui entourait la clairière, et dont venait de surgir une troupe de chevaliers. Les débris de la horde mutante qui s’attardaient non loin eurent tôt fait de les rejoindre. Les deux lunes vinrent illuminer la bannière qui avançait en tête, une riche bannière bleue et blanche.




« Les armes de Fontanes ! s’écria le baron, la voix tremblant de rage. Mais cela paraît incroyable, cela ne peut tout de même pas être le comte… Par la Dame, on dirait que ce démon s’approche comme pour parlementer.

- Monseigneur, s’il ose venir jusqu’à nous, faites-le tuer avec sa suite, le pressa un chevalier. On ne palabre pas avec un sorcier. Faisons donner la charge, et balayons-les. Ils ne sont qu’une poignée.

- Gardez patience, murmura le baron. Si je fais donner la charge, il nous échappera dans la confusion. Qu’il vienne, et je ne le lâcherai plus. »

Les chevaliers resserrèrent les rangs autour du baron alors que le comte approchait d’un pas tranquille. La bannière de Fontanes s’arrêta à quelques toises d’eux, au milieu des cadavres. Une silhouette se détacha de la troupe, hideuse, bossue et branlante sur sa selle.

« Bonne année, Fulcrand, croassa-t-elle. Reçois tous mes vœux pour l’an neuf !

- Les miens risquent de ne pas te plaire, cracha le baron.

- Eh bien ! soupira le comte Albéric. Je t’ai connu plus courtois, lorsque nous devisions comme de bons amis à la table du duc, te souviens-tu ? Ou ai-je donc tant changé ? »

Le comte s’avança encore un peu, et les lunes révélèrent sa face difforme. Plusieurs chevaliers et sergents reculèrent d’horreur, d’autres éclatèrent en prière devant un tel blasphème ambulant.

« J’espérais de ta part un accueil plus chaleureux, reprit Albéric. Moi qui venais te souhaiter la bonne année jusque chez toi, me voilà mal payé de mes peines. Sais-tu comme les routes sont dangereuses, ces temps-ci ? Et je vois que tu m’as fort malmené mes gens. Le pauvre Florian de Clairac, où est-il ?

- Il te faudra lui pardonner de n’être pas là à l’heure dite. Son cadavre refroidit un peu plus loin, je viens de passer devant. Mais aussitôt que j’en aurais fini avec toi, je m’occuperai de le réchauffer comme il se doit, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que cendres.

- J’avais décidément un autre souvenir des gens de La Tour ! Ton ami le sire d’Orsières ne s’est pas montré plus poli quand je l’ai croisé tout à l’heure. Je l’ai laissé en vilaine posture, hélas. Quant à toi, je suis venu te voir mourir. Sois heureux, car je vais t’offrir au grand dieu qui règle la marche de l’univers comme un musicien règle une symphonie. Toi, tes chevaliers, et cette maligne petite damoiselle Laudine qui aime tant me mettre des bâtons dans les roues. Tes fils et tes filles suivront de près, et jusqu’au moindre de tes cousins, puisque la maison de La Tour a précipité sa perte en se dressant contre les plans de Tzeentch, l’Architecte des Destinées. »

***

À plat ventre sous son buisson de houx, Urien distinguait l’immonde visage d’Albéric de Fontanes jusque dans ses détails les plus déplaisants.

Il avait fait de son mieux pour rejoindre l’ost de La Tour, mais ces imbéciles avaient reculé au centre de la clairière bien trop vite pour qu’il puisse les atteindre. À cause d’eux, il s’était retrouvé seul et à découvert au beau milieu du champ de cadavres parmi lesquels les hommes-bêtes s’étaient aussitôt remis à rôder. Son cheval n’avait pas tardé à être remarqué, et il avait dû glisser de selle en hâte pour se dissimuler parmi les corps avant de ramper dans le noir vers les lignes de l’ost.

Devant lui, le comte Albéric mit pied à terre avec une gaucherie d’estropié.

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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Jeu 11 Déc 2014 - 6:44

Urien se sentait coincé. Il avait songé à rester caché jusqu'à ce que tout le monde soit tudé puis à repartir vers un autre duché sur le cheval d'un mort mais il sentait que quelque chose de gros se préparait.
Les chevaliers de La Tour et leur baron semblaient avoir repoussé les hommes-boucs et autres monstruosités mutantes, mais il savait, lui, que l'ost du comte ne tarderait pas à arriver. De plus, il se souvint très clairement avoir entendu parler de morts qui devaient se relever de leurs tombes ce soir même et le fait de se trouver au milieu de ce qui venait d'être un champ de bataille lui déplut fortement.
Son salut, il aurait peut-être pu l'obtenir en montant en haut de l'un de ces hauts arbres, mais son armure lui interdisait toute escalade. Sans parler du peu de discrétion qu'impliquait l'entreprise.

Face à lui, le baron Fulcrand et Albéric de Fontanes palabraient mais lui était de loin la personne la plus proche de l'infâme sorcier en cette heure.
Il se mit à penser à Othon, Brionne, Crépin, Laudine et tous ces gens qui venaient sans nul doute de s'approprier tous les lauriers à sa place et se dit qu'il devait intervenir pour ne pas rester en reste.

Mais comment procéder ? Il avait bien peu de temps pour élaborer un plan odieusement machiavélicque... l'idée lui vint alors qu'il avait jusque là obtenu de bien bons résultats en faisant n'importe quoi et ne vit pas vraiment de juste raison de changer de mode opératoire.
Tous le pensaient mort. Personne ne le savait là et la garde d'honneur d'Albéric n'avait sans nul doute pas compris quoique ce soit à leur rencontre.
La chose le fit sourire.

En silence, Urien dégaina sa longue et brillante épée dont il camoufla l'éclat sous sa cape.
Après deux respirations, il partit d'un bond et se rua sur le comte de Fontanes, une lueur de folie dans le regard. Il devait jouer quitte ou double car l'heure n'était plus aux demi-mesures.

Sachant qu'il ne couvrirait pas les quelques mètres qui le séparaient du sorcier avant que ce dernier n'ait pu préparer une quelconque défense, le chevalier de la Quête utilisa toute la force qu'il avait encore dans le bras pour lancer son épée dans sa direction.

Semblable à un éclair blanc dans la nuit, l'arme vola en tourbillonnant à la manière d'une aile de moulin, émettant une note cristalline tandis qu'elle fendait l'air glacé. L'épée se ficha dans sa cible, qui sembla reculer de quelques pas en s'enroulant dans sa cape sans qu'Urien puisse évaluer les dégâts qu'il avait réellement causés.

Néanmoins satisfait d'avoir au moins pu porter une attaque sournoise à celui qui lui avait fait tant de tort, il lâcha triomphalement « admirez Urien de Havras, le caillou dans la botte de votre destinée! Trop imprévisible même pour les dieux du Chaos... boulets !».
L'image d'Albaron de Sauvan expirant sous ses coups lui revint subitement. Il en rit de bon cœur.

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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Lun 15 Déc 2014 - 0:59

Se demandant se qu'il faisait parmi tous ces sires et cette sorcellerie, Crépin continua de faire profil bas.
Quand les grands de ce monde parlaient, les pitreries n'étaient pas de mise, et il connaissait sa place.
Il attendit donc les tirades acerbes qui ne tardèrent pas à fuser et les écouta avec attention.
Diantre, ce sire de Fontanes n'était vraiment pas commode !
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MessageSujet: Re: [IYAQCDPDLDDG] Chapitre V   Mar 23 Déc 2014 - 1:31

Brionne sortait lentement de sa torpeur. Il lui semblait être resté immobile pendant des heures, des jours même. Il était fiévreux, tremblait comme feuille au vent. Il avait même des hallucinations : c'était le doux visage de sa jeune protégée, Penthésilée de Gransette, qu'il avait vu penché sur lui à l'instant même. Il n'était pas plus sûr de ce qu'il voyait que de ce dont il se souvenait. Avait-il réellement été l'instrument de la chute de Florian de Clairac ? Avait-il tenu dans sa main cette lame maudite à la puissance indicible, avide de l'âme de ses adversaires autant que de la sienne propre ? Était-il seulement encore vivant ?
...
Il devait avoir la vie bien chevillée au corps, ses forces revenaient lentement. Autour de lui ce n'était qu'un amoncellement de cadavres et de blessés gémissants, enchevêtrement d'armes et de chevaux agonisants, de membres hérissés de poils hirsutes et de riches tabards tachés de sang.
Il avait froid mais la brûlure lancinante de son épaule lui apprit au moins une chose : il était bien vivant !
Il lui fallait se lever. A l'aide d'une hampe de lance brisée il parvint à se redresser, chancelant. Il chercha des yeux à l'entours un cadavre à la fine barbe richement vêtu ou une lourde épée pulsant d'une énergie malsaine, n'importe quoi lui confirmant ses sombres souvenirs.
Cela ne l'avança guère : malgré les deux lunes, il était malaisé d'y voir au milieu de ce chaos. A l'encontre, il vit à l'autre extrémité de la clairière un groupe de chevaliers en armes qui semblaient continuer le combat. Item il lui sembla reconnaitre la silhouette de sa fidèle haquenée, Mélusine, à peu de distance. Avait-elle, par extraordinaire, survécu au terrible combat ?
Il entreprit de se diriger dans cette direction, une monture quelle qu'elle soit serait forcément un atout vu l'état de ses pauvres forces.

_________________
Mes titres : Toison d'or, chevalier à l'épée de bois, roi d'armes du Très-Noble et Respectable Ordre Chevaleresque des Gros Glands Incapables de Terminer leurs Figs à Temps pour les Concours du Foroume ; chevalier du slip sur la tête ; également connu comme Très-Haut et Très-Saint Prince des Barbouilleurs de Figs ou comme "Toison de Vinci" ; admis à siéger parmi les illustrissimes et révérendissimes membres du conseil de cet auguste forum, porteur enfin de super pouvoirs d'administrateur  ...mais, s'il vous plait, continuez de m’appeler "Toison".
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[IYAQCDPDLDDG] Chapitre V
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