Le Royaume de Bretonnie
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 L'Histoire de Castagne

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Dangorn de Castagne
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MessageSujet: L'Histoire de Castagne   Mer 2 Nov 2005 - 13:38

Le Comté de Castagne


Avant de devenir un comté, Castagne n'était qu'une petite baronnie sans prétention. À part un certain chevalier errant nommé Leustant de Castagne qui fait étrangement une brève apparition dans une chanson de geste gasconnienne, les noms des barons de Castagne ne sont guère connus que depuis la trahison du triste sire Mauldred.

Mauldred de Castagne était connu comme étant un froid personnage gonflé d'orgueil, au comportement hautain et prétentieux, mais cependant comme un pieux chevalier toujours fidèle à son honneur et prompt à chevaucher à la bataille sur Plume son pégase lorsque son suzerain, le Comte Élian d'Andragon, partait en guerre. Mauldred n'avait pas de terre, il vivait au château de son frère aîné, Dregor de Castagne, depuis la mort mystérieuse de ses parents, feu sire Eldred et dame Gwenaëlle. Des rumeurs disent même que c'est Mauldred lui-même qui les a empoisonné.

Lors d'une batailles glorieuses, Mauldred fut blessé par un sorcier du Chaos, mais parvint à le tuer au corps-à-corps. Le mystique adorateur des Dieux de la Ruine ne tenta aucune esquive et fut prestement décapité.

Peu après cet affrontement, Mauldred tomba soudainement malade, et il perdit le controle de son pégase en plein vol. Il s'écrasa dans un champ de betteraves, et dans la chute sa monture se broya la nuque ce qui la tua sur le coup. Il fut rapatrié en Castagne sur une civière par ses plus fidèles paysans et escorté par ses frères d'armes chevaliers. Nul ne savait quel mal étrange rongeait le paladin, ni quelles forces essayaient de pervertir son âme pendant son coma.

Durant ce laps de temps, Dregor et sa femme Brunehilde aidèrent à construire des granges pour remplacer celles que les troupes ennemies avaient brûlées, organisèrent des soupes pour les plus démunis, ce qui les rendit très populaires parmi leurs serfs. Mais un soir, alors que Dregor avait invité quelques paysans à un banquet dans le château de Castagne, dans la chambre où on l'avait installé, Mauldred reprit connaissance.

Après avoir retrouvé l'usage de ses membres, ignorant les escarres qui écorchaient son dos, il revêtit son armure sombre et se dirigea vers la salle de réception. Visiblement outré par le spectacle incongru de gueux ripaillant avec les seigneurs, Mauldred éviscéra les convives, les damoiselles, les serviteurs, le cuisinier, le bouffon, les ménestrels ainsi que son propre frère et sa femme.

Il n'eut pas le temps d'égorger leur fils, le jeune Dangorn, car les hommes d'armes et les chevaliers en faction dans le château, alertés par les cris de terreur et d'agonie, arrivèrent à temps. L'un d'eux, un vieux chevalier du nom de Geoffroy de Créfieu, se battit contre lui et le poussa à reculer.

Mauldred n'eut d'autre choix que de sauter à travers les vitraux d'une fenêtre pour s'échapper en émettant un rire machiavélique. Dans sa chambre ils découvrirent avec horreur ce qu'il avait fait de la bonne qui devait s'occuper de lui pendant son coma. Puis il s'enfuit de son château, vola un destrier et galopa vers l'Est. Nul ne le revit avant plusieurs années...

Geoffroy de Créfieu était un chevalier du Graal, et pris de compassion pour le jeune noble qui venait de perdre ses parents, il le prit sous son aile, et lui jura de faire de lui un véritable chevalier. La formation fut longue et difficile pour Dangorn. Lorsqu'il atteint l'âge de vingt-et-un ans il fut adoubé, et Geoffroy qui avait déjà cent trente printemps lui dit : "Mon jeune seigneur, je suis désormais trop vieux pour continuer à t'entraîner, tu devras terminer ton apprentissage par toi-même". "Comment puis-je vaincre Mauldred lorsqu'il reviendra si vous ne terminez pas ma formation ?" demanda alors Dangorn. "Pars en Quête du Graal, c'est ce que j'ai fait il y a longtemps quand j'avais à peu près ton âge, et cela te donnera la force nécessaire".

C'est ainsi que débuta la Quête de Dangorn, à travers le Reikland, la Sylvanie, le royaume de Nehekhara, les Principautés Frontalières, la Tilée et bien d'autres contrées...

Pendant son abscence, c'est le vieux Geoffroy qui tint les rennes de Castagne durant un moment, vite succédé à sa mort par l'ancien bouffon-cuisinier de Dangorn, qui lui-même sera destitué et décapité à la hache dès la première révolte des paysans anarcho-démocrates.

La baronnie de Castagne connaîtra plusieurs révoltes de ce type, car à chaque fois les gueux qui avaient renversé le pouvoir en place ne purent s'empêcher d'imposer une nouvelle dictature, ce qui eut pour résultat l'état de délabrement dans lequel Dangorn trouva sa terre à son retour.



Citation :

LA QUÊTE DE DANGORN

Le jeune noble bretonnien enfourcha Patapon, le destrier de son père, et chevaucha par monts et par vaux jusqu'à entrer sur les terres des peaux-vertes près des montagnes grises. En traversant cette contrée il dût se défendre contre les orques brutaux et les fourbes gobelins qu'il croisa en chemin et qui tentèrent de lui tendre des embuscades. Il finit par atteindre les Montagnes Grises, et il décida d'éviter le Défilé de la Hache qui relie Parravon et le château de Drachenfels, car depuis la récente Tempête du Chaos ce passage était envahi par les morts-vivants. Alors que la nuit approchait et que l'air devenait glacé, Dangorn trouva une grotte pour s'abriter. Il faisait étrangement bon dans cette grotte, comme si quelque chose la réchauffait de l'intérieur. Dangorn ne tarda pas à s'endormir, mais son destrier semblait nerveux.

En pleine nuit, Dangorn fut réveillé par... un ronflement. Un bruit rauque et puissant qui émanait des tréfonds de la grotte. Patapon était apeuré, et tirait sur sa bride que Dangorn avait attaché à une stalagmite. Le jeune chevalier albinos prit son épée à deux mains rouillée, l'ancienne épée de sire Geoffroy, et s'avança vers la source du ronflement.

Quelle ne fut pas sa stupeur lorsqu'il découvrit... un dragon endormit.

******

Crachemort, le Wyrm de Feu, dormait profondément. Dans son rêve, il faisait des grillades de chevaliers errants, puis il décortiquait délicatement l'armure roussie avec ses griffes avant de déguster l'intérieur, qui était cuit à point. Succulent. Bien meilleur que les orques qu'il mangeait d'habitude. Les Wyrms de Feu aiment la viande rouge, la verdure c'est pour les Dragons des Forêts, ses imbéciles cousins herbivores d'Athel Loren.

Mais soudain le rêve prit fin... Quelque chose n'allait pas. Crachemort se réveilla en sursaut et de forte méchante humeur. Il n'aurait pas dû se réveiller avant plusieurs millénaires. Un coup d'oeil au trésor qui lui servait de couchette, et il sut tout de suite ce qui s'était passé : il manquait un article à son trésor. Le Wyrm entra dans une rage incendiaire.

Celui qui avait osé faire ça avait intérêt à être très très loin...

******

Au triple galop, Dangorn et Patapon s'enfuirent des Montagnes Grises et ne tardèrent pas à atteindre la Forêt Noire, au sud du Reikland. C'est sur cette route qu'il rencontra Lauter von Carroburg, le prêtre-guerrier de Sigmar. Grâce à Lauter, Dangorn fit la connaissance des célèbres Mercenaires du Reikland, et pendant une soirée très arrosée dans une auberge, il s'engagea dans leur confrérie pour relever un défi d'alcoolique. Le lendemain, avec une gueule de bois carabinée, Dangorn se rendit compte qu'il venait de s'embarquer malgré lui dans la plus folle série d'aventures qu'un chevalier de la quête n'a jamais vécu auparavant.

Pendant un temps, il prit à son service le jeune Martin Delatour comme escuyer, mais Martin aspirait à un avenir bien plus glorieux, et à un moment donné leurs routes se séparèrent pour ne plus jamais se rencontrer de nouveau. Dangorn ne sut jamais si Martin avait réalisé son rêve : devenir un noble chevalier et reconquérir la terre de ses aïeux.

La Quête du Graal de Dangorn commença donc au sein d'une confrérie de mercenaires... ce qui n'était pas franchement la voie la plus noble qu'il aurait pu espérer. Cependant la plupart des mercenaires qu'il côtoya durant sa quête sont restés, plus tard, de loyaux alliés et de très bons amis.

A leurs côtés, il voyagea dans tout le Reikland pour trouver le remède d'une maladie rare qu'avait contracté Martin, participa à une chasse au vampire sur les terres de Sylvanie en compagnie d'un prêtre de Morr, enquêta sur d'étranges meurtres en Tilée avec l'aide d'une guilde de voleurs, se bagarra dans presque toutes les auberges de l'Empire, et explora les donjons les plus glauques.

Sa dernière aventure ne se fit pas en compagnie de ses confrères mercenaires, mais au sein d'un groupe hétéroclite composé d'un elfe noir, d'un guerrier de Djaff, d'un chasseur impérial et son loup, d'une sulfureuse damoiselle rousse et de son amant oriental, d'un ingénieur schizophrène et d'un halfeling petit mais héroïque.

Dangorn avait alors 31 ans, cela faisait déjà dix longues années que sa Quête avait débuté. C'est dans la grande Pyramide de Djaff, au coeur des sables du désert de Nehekhara, que le Graal lui apparut, après mille périples et une série de douloureuses épreuves qui avaient toutes failli lui coûter la vie. Le Roi des Tombes résidant dans l'édifice lui avait même tranché une main.

Avec la seule main qui lui restait, Dangorn porta le Graal à ses lèvres et en bu le saint contenu. Sa main gauche repoussa, par un enchantement divin, tandis que toutes ses autres blessures s'effaçaient miraculeusement sans laisser de cicatrice. Sa chevelure devint d'un blanc immaculé, et de ses yeux, une lueur pure et noble s'émanait. Il était enfin devenu un vrai Chevalier du Graal.


A son retour, Dangorn avait bu au saint Calice, et s'était retrouvé purifié et fortifié. Il rentra à son ancienne baronnie, et la trouva dévastée par les goules. Il entreprit de les exterminer, puis il voulut regagner son château. il n'en restait plus que ruines, et les paysans s'y étaient réfugiés. Les pouilleux avaient même reconstitué un système social tout à fait absurde, avec un chef qui se faisait élire démocratiquement toutes les deux semaines, ainsi que des lois farfelues qui prônaient la liberté individuelle et l'égalité des richesses.

Massacrant sans une once de sentiment le meneur de ce mouvement, Dangorn s'empara de plein droit de son territoire et de l'autorité sur ses habitants. Dangorn fit de grandes choses pour sa terre, et la rendit riche et puissante. Si puissante qu'il fit se rallier à sa bannière un nombre encore plus important de chevaliers, jusqu'à élargir sa domination sur tout le comté d'Andragon qui fut renommé comté de Castagne.

Depuis ce jour Dangorn continue de lutter contre ses ennemis intérieurs et extérieurs, et à faire prospérer son fief avec brio.

_________________
Comte Dangorn de Castagne, chevalier du Graal, suzerain des châtelleries de Nandragon, de Mortauges et d'Espesses, sergent de la Confrérie des Mercenaires du Reikland, garde d'honneur de l'Impératrice de Cathay, Saint Vivant du foroume et coach de l'équipe de Blood Bowl des "Squires of Castagne".


Dernière édition par Dangorn de Castagne le Dim 4 Sep 2011 - 20:06, édité 12 fois
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Dangorn de Castagne
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Mer 2 Nov 2005 - 13:48

Le Retour de Mauldred



A l’aube des ténèbres…

Mauldred revoyait le visage crispé par la douleur, figé dans une expression d’incompréhension, de son frère Peregorn, lorsqu’il lui avait ôté la vie de son épée avant de faire subir le même sort à son épouse, Nelia. Leur fils Dangorn, alors âgé de 7 ans, avait crié, terrifié par le spectacle macabre qu’il avait sous les yeux. Les yeux remplis de larmes de l’enfant aux cheveux blancs comme les siens n’avait pas ému une seule seconde l’oncle consumé par la rage dans son armure sombre, sa main tenant fermement sa lame dégoulinante du sang de son frère et de sa belle-sœur. Mais lorsqu’il tenta de tuer son jeune neveu, un homme à la barbe grisonnante et au regard d’acier s’interposa et le blessa au flanc avec sa vieille épée rouillée. Si tous les hommes d’armes et les chevaliers amis de son défunt frère n’avaient accouru pour défendre le vieil homme et l’enfant, tous deux auraient été morts depuis des lustres, car Mauldred, même blessé, surpassait de loin son adversaire au squelette aussi rouillé que son arme à deux mains. Cependant, ce soir-là, le nombre et la fureur des nouveaux venus avaient tourné le combat en sa défaveur, et Mauldred avait été obligé de battre en retraite puis de s’enfuir au-delà des frontières de Bretonnie après avoir été officiellement excommunié, subissant ainsi sa première défaite humiliante…

Vingt années s’étaient écoulées depuis lors, et bientôt il vengerait cet affront, les Quatre lui en seraient témoins. Mauldred regarda le ciel menaçant et savoura l’idée de cette vengeance un instant, avant d’observer la terrifiante armée qui se regroupait devant lui, et qui, sous peu, serait prête à marcher sous ses ordres.

« Seigneur, » c’était la voix de Brutorg, son plus fidèle lieutenant. « La horde est enfin prête. »
Mauldred baissa ses iris rougeoyants sur le jeune champion du Chaos, qu’il avait choisi comme porteur de sa bannière. Lui et sa tribu de maraudeurs nordiques avaient été parmi les premiers à se soumettre à l’autorité du Déchu après la débâcle d’Archaon, et depuis lors ils le servaient avec zèle. Ils vénéraient le Chaos Universel, mais Mauldred soupçonnait chez eux une attirance légèrement plus forte pour le Dieu du Sang.
« Parfait. Quels sont les présages des Dieux Sombres, Sorcier ? »
Sepheus le sorcier déposa une coupelle en bronze sur le sol devant lui et cracha dedans, puis il s’entailla le bras avec sa dague et laissa s’écouler un peu de son sang dans la coupelle. Il mélangea vigoureusement les deux substances visqueuses à l’aide d’un petit os taillé et gravé de signes cabalistiques, puis examina attentivement le résultat. Une rune sombre commença à apparaître dans la répugnante mixture, ce qui fit ricaner le sorcier sous la capuche noire qui lui cachait à moitié le visage.
« Les Dieux sont favorables, seigneur. Pour aller jusqu’en Bretonnie, je vous conseille de passer par la Norsca, où nous pourrons rallier de nombreux guerriers à notre bannière. »
Sepheus était généralement de bon conseil, il avait un certain talent pour voir l’avenir. Ses seuls défauts aux yeux de Mauldred étaient ses fréquentes crises de folie et son imprévisibilité, ce dernier point pouvant néanmoins parfois se révéler un avantage lorsqu’il surprenait les ennemis. En réfléchissant davantage à propos du sorcier, Mauldred se dit qu’il lui manquait autre chose. Il repensa à Millénia, une sulfureuse Slaaneshi qu’il avait connu lorsqu’il se cachait au sein d’un culte secret à Altdorf, et qui possédait des dons magiques. C’était grâce à elle qu’il avait appris que Dangorn, son jeune neveu, était devenu un chevalier du Graal, ce qui l’avait mis dans une rage noire et lui avait donné l’idée de revenir en Bretonnie pour le tuer. Cette Millénia aurait pu être une excellente sorcière dans son armée, mais elle préférait s’amuser en côtoyant des humains qui ne vénéraient pas les Puissances de la Ruine, et en les corrompant grâce à son pouvoir de séduction. Jadis elle l’avait également exercé sur lui, au point qu’il avait été presque jaloux lorsqu’il avait apprit qu’elle était partie avec un mystérieux ambassadeur de Nippon et qu’elle l’avait initié au culte de Slaanesh…

Mauldred chassa ces pensées de son esprit. Un guerrier tel que lui ne devait pas se laisser aller à ce genre de réflexion. Il atteindrait bientôt son but, et avec un peu de chance, lorsque cela sera accompli, les Dieux le récompenseraient en lui faisant accéder au statut de démon, et tous les plaisirs matériels deviendraient alors futiles à ses yeux. A cette pensée, il sourit et bénit ce jour sombre où les voix dans sa tête lui étaient apparues claires. Pris de visions, il avait perdu le contrôle de son pégase au-dessus de la bataille, et s’était écrasé dans un champ où les paysans avaient fait pousser des betteraves et des navets. Son pégase, Plume, était mort sur le coup, sa nuque broyée dans l’impact. Après avoir repoussé les forces du Chaos qui avaient attaqué ses terres, les hommes d’armes l’avaient retrouvé, par miracle, physiquement indemne, mais apparemment délirant et marmonnant des propos incompréhensibles. Puis, ils l’avaient ramené au château sur une civière, croyant qu’il avait subi un choc à la tête. Les imbéciles ! S’ils avaient su ! Ce qu’il avait vu pendant sa chute, c’était la Fin des Temps, le Chaos omniprésent, la Dame du Lac elle-même n’en était qu’une facette, il avait vu la Prophétie s’accomplir, la gloire éternelle qui lui tendait les bras… et il avait vu la mort, l’oubli, la déchéance, le sort funeste qui l’attendait s’il se trouvait du côté de la Lumière au moment de l’Apocalypse, qui lui était alors apparue inéluctable.
A présent, il se trouvait dans le camp des vainqueurs, et c’était lui qui allait les mener à la victoire.

« Vos ordres, seigneur ? » La question de Brutorg le ramena brusquement à la réalité. De ses yeux rouges qui flamboyaient dans la lueur du jour déclinant, Mauldred fixa de nouveau son porte-bannière.
« En marche, vers la Norsca. Nous y grossirons nos rangs, puis nous embarquerons dans les drakkars pour attaquer la Bretonnie. »
Brutorg acquiesça d’un signe de tête, et s’en retourna transmettre les nouvelles instructions à ses hommes. Mauldred se tourna vers Sepheus.
« Apporte-moi Desmoth, sorcier. Et trouve-toi une monture, toi aussi. Nous allons faire une longue route. »

Se gardant de protester, le sorcier encapuchonné fit venir le noir destrier de son seigneur. Ses flancs étaient recouverts de plaques de métal ainsi que d’un caparaçon en cuir abîmé et déchiré en plusieurs endroits, que Mauldred avait fait teindre pour représenter ses anciennes armoiries. Le temps et l’usure avaient défraîchies les couleurs. Le bleu avait tourné au violet sombre, et le noir avait pris une teinte d'un gris sale. Il avait également remplacé l’emblème de la fleur de lys blanche par une étoile à huit branches cuivrée, plus seyante à son goût. L’oxydation du bronze avait ajouté des traces verdâtres sur les ornements, ce qui donnait à la monture ainsi harnachée un air réellement terrifiant. Pour couronner le tout, les yeux luisants d’une lueur malsaine dans les orbites du destrier n’avaient rien de rassurant. La bête se débattait, une écume inquiétante aux lèvres, sa mâchoire puissante claquant dans l’air alors qu’elle essayait de mordre Sepheus.

« Desmoth. »

La voix de Mauldred sembla avoir immédiatement calmé l’animal corrompu. Sepheus lâcha la bride et recula vivement de quelques pas. Le sorcier avait le pouvoir de dominer par la pensée les animaux domestiques et les bêtes sauvages pas plus grosses qu’un loup, mais était démuni contre le fauve déchaîné qui habitait l’esprit de Desmoth. La monture semblait n’obéir qu’à son maître, comme si un pacte maléfique les liait. Les maraudeurs avaient surnommé Desmoth « Khadhar’phak », « tombée de la nuit » dans le sombre langage, en raison de sa robe noire et de son humeur ténébreuse. Pourtant Desmoth n’avait rien à voir avec une monture démoniaque. C’était à l’origine un cheval ordinaire, qui avait juste subi quelques altérations dues à la corruption chaotique.

Après être monté sur le dos de Desmoth, Mauldred dégaina son épée et sa morgenstern, ses deux armes favorites. De l’épée émanait une aura sombre et agitée de remous, comme si elle aspirait la lumière qui l’environnait. De sa main tenant la morgenstern il se cramponnait à sa selle sur laquelle il avait accroché la bride, et il leva son autre main tenant l’épée ensorcelée, pour que tous ses guerriers puissent la voir. « Voici Caur’Caelag ! L’épée maudite forgée par les nains du Chaos, qui fut jadis maniée par Orvash le Cruel, Ardhaar Lame Fatale, Lurrq Sans Humour, et bien d’autres illustres champions du Chaos ayant laissé leur sanglante empreinte sur ce monde ! Suivez-moi, et je vous montrerai le chemin de la victoire ! »
A l’unisson, tous les guerriers hurlèrent d’approbation. Brutorg agita la grande bannière, à laquelle des crânes humains étaient pendus dans une décoration macabre. Cette bannière semblait donner courage aux troupes chaotiques en plus de faire peur aux ennemis. Pour cela, Mauldred se félicitait de l’avoir récupérée.

« Parfait. En route, mes suivants ! »

L’armée du Chaos se mit en marche vers le nord. Ainsi commença une histoire terrible, qui n’est pas encore achevée et que seuls des fous auraient envie d’entendre. Mauldred parviendra un jour à atteindre les côtes bretonniennes. Peut-être même y affrontera-t-il son neveu Dangorn, récemment devenu un puissant chevalier du Graal. Nul ne sait ce que les Dieux préparent pour l’avenir…

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Comte Dangorn de Castagne, chevalier du Graal, suzerain des châtelleries de Nandragon, de Mortauges et d'Espesses, sergent de la Confrérie des Mercenaires du Reikland, garde d'honneur de l'Impératrice de Cathay, Saint Vivant du foroume et coach de l'équipe de Blood Bowl des "Squires of Castagne".
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Reynald de Châtillon
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Mer 2 Nov 2005 - 23:34

Je trouve ton texte absolument passionnant! thumleft


L'histoire est originale est très bien contée, franchement c'est du tout bon!


J'espère que la suite se fera moins tarder que la mienne Laughing
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Dangorn de Castagne
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Mer 2 Nov 2005 - 23:45

La suite, euh... Hein ? Mais j'ai pas prévu de suite, moi !
C'est juste un background : la suite, je la joue sur les tables de jeu... Wink

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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Jeu 3 Nov 2005 - 15:38

Ah la suite tu ne compte pas la faire... Embarassed


Dommage car je trouve que l'on reste un peu sur sa faim...on a envie de savoir ce qui se passera après.

Mais bon je respecte et comprend tout à fait ton choix Wink
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Dangorn de Castagne
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Sam 17 Déc 2005 - 19:07

La suite.


La petite armée chaotique recrutée précipitamment parmi les fuyards de la horde d’Archaon fut renforcée par des bandes de guerriers et quelques chevaliers du Chaos lors de son arrivée dans les Terres du Nord. Les cultes éparpillés se demandaient bien quel grand champion des sombres divinités était assez fou pour penser pouvoir rassembler assez de combattants et livrer bataille alors que les troupes du Seigneur de la Fin des Temps étaient en déroute. Cela était d’autant plus intriguant que beaucoup d’adorateurs du Chaos semblaient lui faire confiance et le suivaient. Il devait avoir un plan diabolique. Était-ce réellement le cas ou non ? Toujours est-il que cette idée alléchante fit venir d’autant plus de guerriers dans les rangs de l’ost du renégat albinos.

En Norsca, des villages entiers de nordiques furent convertis au culte du Chaos par les forces du Déchu, et lui jurèrent allégeance. Mauldred, à la tête d’une imposante armée, finit par arriver au village côtier de Rügveigh. Les barbares norses y construisaient autrefois d’immenses drakkars noirs, et des dizaines de ces embarcations effilées étaient laissées à l’abandon, échouées sur la berge, leurs coques de bois pourrissant, car les habitants de la côte ne faisaient plus la guerre et s’étaient depuis longtemps reconvertis à la pêche. Mauldred fit massacrer les paisibles pêcheurs et entreprit de remettre en état les impressionnants vaisseaux que leurs ancêtres avaient bâtis. Une forêt de sapins fut entièrement défrichée pour mener à bien la rénovation des drakkars, et quelques semaines plus tard, c’était une véritable flotte de guerre qui mouillait dans la crique de Rüghveig.

Mauldred fit embarquer toutes ses troupes, et traversa la Mer des Griffes jusque sur les plages bretonniennes au nord du duché de Couronne. Là-bas, une tour de guet fut facilement réduite en cendres, et les têtes tranchées des soldats bretonniens qui la défendaient allèrent rejoindre les trophées qui ornaient les bannières du Chaos. Mais peu après ce fugace succès, Mauldred ne tarda pas à rencontrer une farouche résistance. Le Général Maverick de Couronne et ses chevaliers repoussèrent par deux fois les assauts de l’armée chaotique qui tentait d’avancer à l’intérieur des terres.

Enervé par ces défaites, Mauldred n’attendit pas que son armée se fasse réduire petit à petit, bloquée entre la mer et l’armée de Couronne. Au lieu de cela, il fit réembarquer toutes les forces qu’il lui restaient dans les drakkars, et repartit au large avec un nouveau plan en tête…


Le Comte Dangorn de Castagne ne fut pas surpris d’apprendre que Mauldred, son oncle haït, était revenu en Bretonnie pour semer le trouble et le désordre. Il fut cependant plus étonné d’apprendre qu’il était reparti sur les flots avec son armée après seulement quelques combats contre les chevaliers du Général Maverick. La stupeur fit place à la perplexité et au doute dans l’esprit de Dangorn. Et le doute pris fin lorsqu’il reçut une confirmation de ses pires craintes, un mois plus tard… Mauldred venait de débarquer sur la côte du duché de Moussillon, où il n’avait rencontré aucune armée pour lui faire obstacle, et il se dirigeait actuellement tout droit vers Castagne…

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Niarqueek
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Sam 17 Déc 2005 - 19:37

Ton texte est tout simplement passionnant,toutefois les critiques qui suivent ne concerne que la première partie du texte :

-Vocabulaire non appoprié : crasha...
-"Mots" mal placés : au corps-à-corps,en tant que Chevalier de Bretonnie,on se doute bien qu'il ne va pas le tuer à distance...
-Pas assez de description,je sais,c'est chiant à faire,mais ça apporterait...
-Euh...Ben le Wyrm c'est cool,mais c'est tout,on en entend plus du tout parlé,alors que celui ci allait le poursuivre et puis pourquoi Dangorn aurait volé une partie du trésor,les Chevaliers de la Quête de ne s'intéréssent pas à ces richesses(ce me semble)...
-Lorsque l'on dit "boire" le graal,je ne pense que l'on boit tout le graal,mais juste y poser les lèvres(là aussi,ce me semble...)


Vivement la suite !!!
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Dangorn de Castagne
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Sam 17 Déc 2005 - 22:15

Héhéhé

Niarqueek a écrit:
Ton texte est tout simplement passionnant,toutefois les critiques qui suivent ne concerne que la première partie du texte :

-Vocabulaire non appoprié : crasha...
-"Mots" mal placés : au corps-à-corps,en tant que Chevalier de Bretonnie,on se doute bien qu'il ne va pas le tuer à distance...
Merci je vais corriger ça.

Citation :
-Pas assez de description,je sais,c'est chiant à faire,mais ça apporterait...
Je vais essayer, mais je suis assez nul en descriptions en fait, avec moi ça devient vite lourd. Wink

Citation :
-Euh...Ben le Wyrm c'est cool,mais c'est tout,on en entend plus du tout parlé,alors que celui ci allait le poursuivre et puis pourquoi Dangorn aurait volé une partie du trésor,les Chevaliers de la Quête de ne s'intéréssent pas à ces richesses(ce me semble)...
Certes, un chevalier de la quête tel qu'ils sont décrits dans les légendes, vaillants et désintéressés, n'aurait jamais fait une chose pareille... Wink Dangorn s'est ensuite engagé chez des soudards qui se font payer pour combattre, je crois que ça fait bien comprendre qu'il n'est peut-être pas aussi verteux qu'il n'y paraît...

Citation :
-Lorsque l'on dit "boire" le graal,je ne pense que l'on boit tout le graal,mais juste y poser les lèvres(là aussi,ce me semble...)
Dangorn a de l'expérience en matière de boisson. Pour lui, tremper les lèvres ça veut dire "cul-sec" ! Laughing
Si on veut, c'est sous-entendu qu'après y avoir trempé les lèvres il continue à boire. Wink

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Comte Dangorn de Castagne, chevalier du Graal, suzerain des châtelleries de Nandragon, de Mortauges et d'Espesses, sergent de la Confrérie des Mercenaires du Reikland, garde d'honneur de l'Impératrice de Cathay, Saint Vivant du foroume et coach de l'équipe de Blood Bowl des "Squires of Castagne".
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Dangorn de Castagne
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Sam 28 Jan 2006 - 18:30

Patapon II.

Un an après le retour de Dangorn en Bretonnie, Patapon son fidèle canasson mourut de dissentrie. La puanteur était telle dans l'écurie du château que les mouches tombaient mortes sur le sol à dix pas de la bâtisse. Dangorn et ses serfs furent obligés de la brûler pour éviter que l'infection se propage. Une fois l'écurie reconstruite sur les ruines encore fumantes de la précédente, Dangorn la trouva bien vide sans son destrier préférée. Il entreprit donc de trouver une nouvelle monture, prêt à y mettre le prix qu'il faudrait. A l'époque, Dangorn de Castagne n'était pas si aisé financièrement, mais il comptait investir dans le meilleur équipement qu'il puisse trouver, quitte à s'endetter pour rembourser plus tard avec les intérêts. Il avait tellement souffert de la vétusteté de son équipement pendant sa quête du Graal qu'il voulait à tout prix éviter de connaître de nouveau l'humiliation d'une armure éventrée au moindre coup de l'adversaire. Heureusement que son ami Lauter von Carroburg, qui était assez riche, la lui avait réparée avec des pièces d'armure de plates impériale. Patapon était la seule chose, parmi toutes celles qu'il avait emporté pour sa quête, dont il n'avait jamais eu à se plaindre.

Afin de dénicher un animal capable de remplacer Patapon, Dangorn voyagea jusqu'à Couronne, la grande cité du Roy Louen Coeur-de-Lion. On y vendait des destriers, mais assurément les commerçants se moquaient du monde : leurs prix étaient souvent inabordables, et lorsqu'ils ne l'étaient pas, il s'agissait d'une vieille carne qui pouvait à peine galoper. C'est alors qu'en se promenant près des remparts, il tomba sur un marchand marienburger du nom de Wilhoem Haagendazs, qui proposa de lui vendre un magnifique pégase royal blanc tacheté de gris et à sabots crème. Son prix n'était pas donné, mais pas exorbitant non plus, comparé aux autres sur le marché. La bête se nommait Schwaden. Il ne fallut pas longtemps à Dangorn pour se laisser convaincre, et en marchandant il parvint à obtenir un léger rabais.

De retour en Castagne, Dangorn renomma sa nouvelle monture "Patapon II", en l'honneur de son défunt destrier.


La bataille des Trois Barons.

Après avoir terminé les travaux de rénovation de son château, Dangorn de Castagne se mit en devoir de soumettre à son autorité les baronnies voisines, anciennement sous l'égide du Comte d'Andragon. Le Comté d'Andragon n'existait quasiment plus, les fiefs qui le composaient devaient se débrouiller seuls et agissaient totalement indépendamment les uns des autres. Il arrivait même qu'ils se fassent la guerre entre eux, Andragon n'ayant plus aucune autorité. Les baronnies de Maulièvre et de Mordelion étaient justement en guerre lorsque Dangorn décida de mettre un terme à cet état d'anarchie.

Le fief d'Andragon était dans un état lamentable, et il y régnait l'anarchie. Le baron Erwedeg était trop jeune pour commander, il n'avait pratiquement pas d'autorité. Lorsque Dangorn s'y rendit avec ses troupes il ne rencontra aucune résistance. Ils croisèrent de-ci, de-là, quelques chevaliers accompagnés de leurs hommes d'armes qui s'écartèrent prudemment pour éviter de gêner le passage de l'armée, qui parvint sans difficulté à atteindre la citadelle du jeune baron. A l'aide de quelques claques, Dangorn persuada le petit Erwedeg à lui prêter allégeance. Il le plaça ensuite sous la régence de la belle damoiselle Lileann de Ker Noz, une jeune fille prometteuse dont les formes généreuses ne l'avaient pas laissé indifférent (et ce, malgré son serment du Graal...).

Théomard de Maulièvre et Alifeust de Mordelion étaient en désaccord depuis des lustres pour une raison qu'eux-mêmes avaient oublié. Il s'agissait à la base d'une vague histoire de couchailleries remontant à une branche commune assez éloignée des arbres généalogiques des deux belligérants. Puis cela avait dégénéré en conflit frontalier, et depuis tout était devenu prétexte à vengeance.

Ce jour-là, leurs deux armées s'étaient rencontrées non loin de Croix-de-Lac. Théomard déploya ses archers sur une colline, prenant l'avantage de la position surélevée. Il déploya ensuite le reste de ses troupes ainsi que ses chevaliers de part et d'autres du monticule, afin de prendre en tenaille son adversaire. Alifeust quant à lui déploya sa cavalerie en terrain découvert en une longue ligne et cacha ses paysans derrière un bois sur son flanc droit. Théomard sourit intérieurement : un flanc refusé, voilà ce que son adversaire essayait de faire. C'était la tactique préférée du baron de Mordelion, qui avait beaucoup de troupes rapides, mais moins lourdement protégées que celles de Maulièvre, et qui préférait donc éviter l'affrontement direct d'une charge face à face. Pour Théomard, c'était avant tout une preuve de lâcheté.

Les tirailleurs de Mordelion traversèrent sans difficulté le bosquet et se préparèrent à cribler de flèches la cavalerie adverse. Comme Théomard l'avait prévu, les chevaliers et les sergents montés d'Alifeust se regroupèrent vers le flanc opposé en se positionnant derrière les autres unités, réduisant le nombre de cibles potentielles pour les archers de Maulièvre. La réaction de Théomard ne se fit point attendre : il envoya ses chevaliers errants à la rencontre des tirailleurs de Mordelion, et envoya le reste de ses troupes en protection de son flanc droit. Les archers tirèrent une volée de flèches qui se perdit dans les bois, manquant sa cible. La charge d'Alifeust et de ses chevaliers fit fuir une unité d'hommes d'armes de Maulièvre qui malheureusement pour eux ne furent pas assez rapides et furent malgré tout massacrés sans une once de pitié. Théomard lança ses chevaliers du royaume à la charge contre la cavalerie d'Alifeust, mais cette dernière tint bon. Les sergents montés de Mordelion contre-attaquèrent sur le flanc des chevaliers de Maulièvre. Ceux-ci tentèrent de résister mais en vain. A contre-coeur, Théomard ordonna une retraite stratégique. Alifeust essaya de le poursuivre mais les chevaux de Mordelion étaient déjà épuisés par leur charge fougueuse et ne purent le rattraper. Entre-temps, les archers de Questalle avaient pivoté et cela leur donna à nouveau une ligne de vue sur la cavalerie de Mordelion. Douze fois douze douzaines de flèches noicirent le ciel et s'abattirent sur les chevaliers telle une pluie de mort, mais par miracle seuls deux d'entre eux tombèrent.

A cet instant, l'armée de Dangorn déboula dans la vallée et chargea les sergents montés qui s'enfuirent. L'élan de la charge amena les chevaliers de Castagne en contact avec ceux de Mordelion. Ce fut un carnage. Alifeust fut gièvement blessé et la moitié de ses chevaliers moururent en quelques minutes. Théomard, voyant cela, fit demi-tour et reprit l'étendard de Maulièvre qui était tombé à terre. Ses hommes le suivirent, exaltés par la vision de leur étendard relevé d'une manière si héroïque, et se jetèrent à leur tour dans la mêlée. La confusion atteignit son paroxysme lorsque Dangorn et Théomard se retrouvèrent face à face et échangèrent des coups d'épée. Les hommes d'armes de Maulièvre ne savaient plus sur qui frapper, et les chevaliers de Mordelion qui avaient été désarçonnés se faisaient étriper par leur congénères à cheval qui les prenaient pour des ennemis.
A un moment, Dangorn et Théomard cessèrent de se battre. Tous les combattants s'arrêtèrent alors pour essayer de comprendre ce qui se passait. Théomard mit un genou en terre et dit :
"- Excusez-moi, seigneur, point ne vous avais-je reconnu. Je me range à vos côtés."
Dangorn ôta son heaume et posa sa main sur l'épaule de Théomard.
"- Ce n'est rien, baron. Mais à présent nommez-moi 'Comte'."
Alifeust fut amené sur une civière, un bout de lance dépassant de son épaule gauche. Dangorn lui demanda :
"- Acceptes-tu de me prêter allégeance ?"
Mais le baron de Mordelion sombra alors dans le coma.
"- Je considère donc que c'est un 'oui'."


Le Marais des Goules.

La baronnie de Castagne est en grande partie couverte de marécages. En fait ce morceau de territoire est une petite parcelle d'une vaste zone très humide appelé "le Marais des Goules", qui s'étend jusqu'au fleuve Grismerie. Cette région marécageuse est un infâme bourbier, où pullullent moustiques, serpents venimeux, batraciens vénéneux, ragondins malades et autres bestioles sympathiques. C'était aussi le repère du vampire Morgueil et de ses serviteurs de la nuit.

Le Marais des Goules doit évidemment son nom à ces créatures que l'on nomme "goules", de pleutres humanoïdes à la peau pâle craignant la lumière du jour et se nourrissant de chair humaine. Nombre d'entres elles vivaient dans le marais, et avaient la fonction d'éclaireurs au service du comte vampire Morgueil. Morgueil était un vampire de la lignée des Dragons de Sang. Il avait été autrefois un chevalier bretonnien, mais cette époque lointaine était révolue depuis fort longtemps. Sa horde de la non-vie dévastait régulièrement les fiefs bretonniens alentours, et l'ancien comté d'Andragon n'avait pas fait exception. Morgueil s'était déjà battu contre Mauldred quand celui-ci était encore en Bretonnie, et lorsqu'il apprit que Dangorn, le neveu de son vieil ennemi, avait réunifié Castagne, Mordelion, Maulièvre et Andragon dans un même comté, il ressentit la furieuse envie de mettre à sac ces territoires une fois de plus.
C'est ainsi que débuta la sombre histoire de la bataille du Marais des Goules.

Le comte Dangorn de Castagne, qui avait été impressionné par l'action d'éclat de Théomard de Maulièvre lorsqu'il avait relevé la bannière de son armée à la Bataille des Trois Barons, décida de lui confier la Grande Bannière de son propre ost. Le baron de Maulièvre fut surnommé dès ce jour "Théomard de la Banderole". Quant à Alifeust de Mordelion, il avait attrapé une mauvaise fièvre durant sa convalescence, et succomba à la maladie quelques semaines seulement après sa blessure à la Bataille des Trois Barons. Ce fut son jeune frère Parcifald qui lui succéda.

Parcifald aimait les chevaux et savait s'en occuper. Sa monture, un destrier pur-sang dont la robe était d'un magnifique noir de jais, se nommait "Nerogant". C'était un destrier exemplaire et fort bien dressé : intelligent, car il comprenait tout ce que son cavalier lui disait, puissant, très rapide, et en plus il était très beau. On disait que Parcifald et sa monture ne faisaient qu'un à la bataille.

Malheureusement, Parcifald et Nerogant étaient partis à la joute annuelle de Brumivert lorsque Morgueil attaqua le comté de Castagne, ils ne participèrent donc pas aux combats qui eurent lieu contre les morts-vivants à cette époque.

La horde de Morgueil comprenait un nombre important de loups funestes, que les rapides chevaliers de Castagne n'eurent aucun mal à réduire en bouillie. Les quelques chevaliers noirs, ces cadavres ambulants qui avaient été jadis de loyaux chevaliers bretonniens et qui avaient été réanimés pour se retourner contre leurs descendants, furent aisément submergés par le nombre et détruits. Malgré cela, les pertes bretonniennes furent nombreuses à cause des régiments de zombies, dont la masse innombrable et la lenteur inexorable les rendaient absolument terrifiants. Alors que la cavalerie bretonnienne exterminait sans effort l'élite de Morgueil, le reste de l'armée de Castagne se faisait ignoblement écraser par le lent rouleau compresseur de chair morte, ou fuyait ce destin peu enviable.

Morgueil fut finalement vaincu au cours du duel qui l'opposa à Dangorn de Castagne sur son pégase Patapon II. Après la victoire de ce dernier, les hordes mouvantes de maccabés s'estompèrent peu à peu, laissant à leur place des champs de cadavres inanimés.


Damoiselles du Graal.

Comme on a pu le constater, malgré son serment du Graal, Dangorn de Castagne était resté très fleur-bleue. Au cours d'une festoirie en l'honneur de la victoire du Marais des Goules, il remarqua la belle Ninaïg et l'invita à danser. Ninaïg, tout comme Lileann de Ker Noz, était de celles qui avaient été enlevées par le peuple-fée dès leur plus jeune âge, et étaient revenues des années plus tard pour servir en tant que damoiselles du Graal. Chose étonnante, Ninaïg ne fut pas complètement insensible aux avances parfois maladroites de Dangorn, contrairement à Lileann.

Ceci était peut-être prévisible, après tout : Lileann était une sorcière du domaine de la Bête, et pour ainsi dire, elle avait trop bien remarqué le mâle "prédateur" qui se cachait derrière les traits séducteurs de Dangorn. Ninaïg, quant à elle, maîtrisait le domaine de la Vie. Et de la vie, Dangorn en avait à revendre... C'est ainsi qu'après quelques démonstrations de ses talents dans la chambre de Dangorn (hem...), Ninaïg fut engagée comme magicienne dans l'ost de Castagne.

Ninaïg avait fort à faire à l'arrière des lignes bretonniennes pour soigner les blessés qui affluaient dès que la bataille commençait, et le soir, dans la tente de Dangorn, elle s'occupait des contusions de son amant. Du coup elle n'était pas souvent sur le champ de bataille même, contrairement à Lileann qui était au coeur des combats et dissipait, parfois avec difficulté, les sortilèges de l'ennemi. Ceci augmenta d'autant la distance psychologique qui s'était progressivement installée entre les deux femmes.

Les Ailes de Castagne.

Chevaucher un pégase royal ne s'improvise pas, Dangorn l'a appris à ses dépends peu après l'acquisition de Patapon II. Son jeune pégase royal avait été dressé par quelqu'un d'autre, il lui fallait donc une formation adéquate. C'est pourquoi il se rendit à Carcassonne, dans le duché de Quenelles, où se trouvait un pégasodrome réputé pour ses instructeurs de vol. Il y suivit un stage de quelques semaines en compagnie d'autres chevaliers-pégases, et y apprit les bases du pilotage communes à toutes les créatures volantes.

Quand il revint en Castagne, il décida de faire construire un pégasodrome près de son château pour continuer de s'entraîner avec Patapon II. Après la bataille du Marais des Goules, la renommée du comté avait commencé à croître, et plusieurs chevaliers-pégases de l'extérieur vinrent s'entraîner sur le pégasodrome de Castagne. Parmi eux il y avait Tanguy di Marcelli et son pégase Romeobravo, Vallois de Laverdure et son pégase Echocharlie ainsi que Marty de Maqueflaille et son pégase Zoulouwhisky, qui constituèrent plus tard les Chevaliers du Ciel, l'escadrille de chevaliers-pégases de l'armée de Dangorn. Di Marcelli était d'origine tilléano-bretonnienne et selon l'anecdote, c'est lui qui fut le premier à surnommer Patapon II "Papatango".

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Dernière édition par Dangorn de Castagne le Dim 25 Oct 2009 - 23:57, édité 1 fois
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Alkandir
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Dim 24 Aoû 2008 - 15:24

trés bon récit j'ai adoré
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MessageSujet: Re: L'Histoire de Castagne   Aujourd'hui à 0:21

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