Le Royaume de Bretonnie
Bienvenue en Bretonnie, manant(e) ! N'oublie pas, avant toute chose, de te présenter selon le Sainct Patron de Présentation dans la section prévue à cet effet : http://labretonnie.forumactif.com/t1-presentation-voici-le-patron-que-vous-devez-suivre



 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Petite étude sur le bouclier à travers les âges

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Niger
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 272
Age : 46
Localisation : Pyrénées Occidentales
Date d'inscription : 23/12/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Sam 6 Oct 2018 - 16:03

A l'époque de la guerre de 100 ans, la cavalerie (chevalerie) commence à perdre de son importance sur le champ de bataille face au développement de l'infanterie, soit en corps soldés par le roi (compagnies d'ordonnance), soit en corps de mercenaires ou de "retenues" privées louées : archers, arbalétriers, coutilliers, vougiers, piquiers, puis artilleurs... Les chevaliers, hommes d'armes professionnels, sont de plus en plus fréquemment amenés à se battre à pied à leurs côtés (Guerre des deux Roses, de Bourgogne, d'Italie, etc.)

Du coup, on développe tout un arsenal d'armes offensives et défensives adaptées aux nouvelles conditions d'engagement : le pavois ou la rondache, le bocle, en font partie. Il va de pair avec une épée ou un fauchon (que tu me faisais découvrir il y a peu) et est un couple utilisé en assaut d'infanterie, en corps à corps. Il sert à détourner ou bloquer une épée, et comme "poing" pour viser la tête (on revient aux techniques d'escrime offensive de l'Antiquité !).

On trouve des traces du bocle (buckler, Faustschild, rotellino, broquel) dès le XIIIe s. sur les enluminures (cf. le walpurgis Fechtbuch ou Manuskript 1.33 - à voir sur Wiktenauer) et de plus en plus ensuite, le bocle faisant notamment partie de l'équipement régulier des archers de la fin de la Guerre de 100 ans (Agincourt), d'après les reconstitutions d'équipement de Thom Atkinson :



Pourquoi un si petit bouclier ? Maniabilité, rapidité, coordination naturelle des gestes et postures, force à l'impact... pas besoin de plus gros. Par contre, il faut s'entraîner pour apprendre à l'utiliser efficacement.

Au quinzième siècle, on commence à entrer dans l'époque des écoles et traités d'escrime allemands et italiens (cf. Johannes Liechtenauer, Hans Talhoffer, Paulus Kal, Fiore dei Liberi, etc.).

Pour le plaisir, il y a un certain nombre de vidéos d'écoles d'escrime historique à voir (sûr que notre Impérial de service, Magnan, va adorer s'il ne connaît pas) : Fior di Battaglia (4 épisodes), par l'Akademia Szermierzy (Pol.) ou Fencing with the Long Sword, par les Allemands de Gladiatores.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Niger
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 272
Age : 46
Localisation : Pyrénées Occidentales
Date d'inscription : 23/12/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Dim 14 Oct 2018 - 3:14

Pour ne pas s'arrêter en si bon chemin, nous entrons dans le Moyen Âge avec le très fameux bouclier "normand" (kite shield) :



Ce bouclier, apparu dans sa forme longue autour de l'An Mil, a été pensé et s'est développé pour permettre le combat à pied, seul ou en groupe, et le combat à cheval. Il est accompagné de la lance à large fer et de l'épée longue, de taille.

Par rapport aux boucliers antiques, on note que la prise de main centrale est moins forte, la prise étant maintenant répartie sur tout l'avant bras. Ce bouclier est beaucoup plus défensif que ses prédécesseurs, sa surface importante permettant une excellente couverture du combattant, à pied comme à cheval. A l'offensive, il permet aussi de fortes poussées et sa partie haute peut assurer le même rôle de casse-trogne que les boucliers ronds...

La forme aérodynamique du bouclier normand permet non seulement de l'alléger pour lui garder une mobilité certaine, mais aussi et surtout de ne pas gêner le cheval ou entraver les mouvements de l'homme à pied (notamment lorsqu'il est porté dans le dos : on peut s'asseoir ou courir sans se cogner constamment l'arrière des cuisses !!!).

Celui qui ne l'a pas manipulé imagine facilement ce bouclier dans sa position verticale, porté droit la pointe au sol, comme un mur devant soi, mais c'est une image d'épinal (ou de repos) : la tapisserie de Bayeux montre clairement des situations de port en angle, avec un avant-bras calé dans l'axe long et la main portant vers le sommet du bouclier. C'est finement observé, mais Mathilde étant fille, femme et mère de chevalier, elle devait en connaître un rayon.



La prise sur l'avant-bras permet surtout de pouvoir libérer la main gauche et tenir les rênes de sa monture... et la guige, réglage, qui est systématisée, permet de lâcher les énarmes sans lâcher le bouclier (port dans le dos ou sur l'épaule).

Dans le détail, sur un système général guige et énarmes, il y a plusieurs types de montage possibles, le Moyen Âge n'étant pas une époque où l'uniformité avait des émules...

Le bouclier de l'époque suivante (Croisades) est sensiblement le même, à ceci près que le système de prise devient oblique (la main vient prendre position dans le quart supérieur droit de l'écu) et que la partie supérieure perd de son arrondi. Je vous conseille d'aller faire un tour du côté du site www.degueulesetdargent.fr , pour parcourir l'article intitulé "Sangles et tenue de l'écu au début du XIIIe siècle".



...et parcourir leurs vidéos et photos, qui sont d'excellentes illustrations de situations de combat !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alain de Saint Jean
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 475
Age : 48
Localisation : Saint Jean d'Ardières
Date d'inscription : 30/08/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Dim 14 Oct 2018 - 11:51

Toujours aussi intéressant à lire!!! Merci encore mille fois Niger!! cheers cheers cheers

Après lecture j'ai, comme d'habitude, mes traditionnelles questions...

Concernant le passage de la forme supérieure de ronde à plate, sait-on pourquoi??? Effet de "mode", nouvelle nécessité tactique, lien direct avec le changement de place des énarmes???

La disparition de l'umbo au profit des énarmes facilite la prise en main du bouclier, quid de la protection de la main justement??? Les flèches peuvent-elles traverser le bois et de ce fait blesser le bras "portant"???

Y-a-t-il des changements sur la fabrication du bouclier par rapport à l'époque antique??? Si oui lesquels???

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Niger
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 272
Age : 46
Localisation : Pyrénées Occidentales
Date d'inscription : 23/12/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Dim 14 Oct 2018 - 15:16

1. Sur le changement de forme de la partie supérieure du bouclier, je n'ai pas de réponse évidente en l'état de mes connaissances et de ma propre expérience des boucliers médiévaux (très limitée). Je suis preneur de tout retour d'expérience.

J'ai lu, ici, que c'était destiné à dégager la vue... et là, que l'apparition des premiers heaumes intégrals rendait cette partie moins utile, la tête étant mieux protégée (et la vision du guerrier plus limitée). Ou encore, que la prise "en angle", puis horizontale sur des boucliers plats, faisait que la partie haute se trouvait maintenant plus fréquemment face au champ de vision du combattant à pied...

L'argument majeur serait donc : nécessité de dégager la vue pour le combat à pied (?)

2. La protection de la main est moins assurée sans ombon, c'est un fait. D'un autre côté, le port de gants épais ou de "moufles" de cuir et mailles rajoute une couche de protection que les antiques n'avaient pas. Ceci explique cela ?

Cette hypothèse semble juste : des boucliers à ombon central, ronds, en goutte ou triangulaires, ont continué à être utilisés tout au long du Moyen Âge, par des fantassins moins intégralement protégés, et qui devaient donc compenser leur désavantage défensif par de l'agressivité, de la rapidité et de la maniabilité...

3. Une flèche d'arc peut toujours transpercer un bouclier, mais sans beaucoup de pénétration : quand il tire, le tireur à l'arc est loin (200 m env.) et son tir est parabolique (la flèche retombe avec un angle). Le risque d'un tir puissant, direct et de face, est forcément limité.

Par contre, l'usage d'une arbalète est beaucoup plus risqué : le tir est droit et la puissance de pénétration décuplée. D'où la mauvaise presse de l'arbalète : elle peut tuer ou blesser gravement un chevalier !!!

4. Concernant le mode de fabrication : les boucliers normands et leurs descendants, cintrés, continuent à être confectionnés en "contreplaqué" (lattes croisées et collées)... C'est, techniquement, la méthode la plus opérante, mais qui demande un savoir-faire certain (boucliers chers).

Si je m'appuie sur l'ouvrage de Jan Kohlmorgen et son étude de maints boucliers survivants de l'époque suivante (écus triangulaires des XIIIe et XIVe), il n'y a pas d'uniformité : on retrouve toutes les techniques précédemment utilisées.

Il y des boucliers en ais collés chant contre chant, renforcés ou non par des systèmes "menuisés" (rainures et feuillures, languettes, etc.), d'autres en planchettes fines croisées et collées, la couverture étant assurée par des épaisseurs collées de tissu ou de parchemin, par du cuir brut cloué ou cousu, avec toutes les sortes de finition possibles...

La plus grande diversité règne.

Une seule technique est absente, histoire de casser une fois pour toute les mythes hollywoodiens (ou cinécittans) : la plaque de métal étirée ou le plaquage métallique. Un bouclier, c'est du bois, de la colle, du tissu ou du cuir, avec très peu de métal.


Dernière édition par Niger le Dim 28 Oct 2018 - 19:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
tortus
Chevalier du royaume
avatar

Nombre de messages : 171
Age : 30
Localisation : Saint-Brieuc, Bretagne
Date d'inscription : 16/09/2013

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Sam 27 Oct 2018 - 21:47

Un grand merci à Niger pour toutes ces informations thumleft
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Niger
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 272
Age : 46
Localisation : Pyrénées Occidentales
Date d'inscription : 23/12/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Dim 28 Oct 2018 - 19:09

J'apprends beaucoup au passage et si ça peut aiguiller l'un ou l'autre de nos compères, c'est avec grand plaisir.

Ma planche sur l'écu "classique", celui des XIIIe et XIVe s., qui est aussi celui de nos pitous bretonniens :



Dans la réalité historique, cet écu en ogive inversée n'est que l'un des types utilisé par les combattants de cette époque, notamment par la chevalerie, à côté d'autres modèles ronds, en goutte d'eau, en amande, en coeur, "carrés", etc. qui ont la préférence des fantassins et des cavaliers plus légers.

Certains modèles particuliers de boucliers ont des "usages régionaux" marqués : Espagne, Ecosse-Irlande, Empire byzantin, Europe centrale et orientale... dus certainement à l'obligation pour les "chevaliers" ou leurs équivalents de trouver les meilleurs équipements possibles face à des techniques et usages martiaux différents.

Une levée seigneuriale, puis un ost, ce sont des chevaliers (officiers), des sergents d'armes (sous-offs) et des hommes d'armes de tous types et de tous niveaux (du paysan armé au mercenaire entraîné, véritable soldat professionnel), dont les équipements varient et se spécialisent au fil du temps.

Avec la Guerre de Cent Ans, la chevalerie va définitivement perdre de sa superbe face à la montée de ces combattants à pied... et même les chevaliers vont en être réduits à développer leurs aptitudes au combat à pied, en coordonnant leur action avec les troupes non-montées et en adoptant un nouvel arsenal défensif et offensif.

Ce modèle-type d'écu "triangulaire" connaît presque autant de variantes que de combattants : j'ai dénombré plus de vingt-cinq montages histos... et on s'aperçoit que les modèles antérieurs continuent d'être longtemps utilisés avant de céder la place.

Cet écu est, à mon sens, beaucoup plus défensif qu'offensif, si je me fie à mes expérimentations "antiques". Nous avions un compère qui faisait du béhourd médiéval, Persed je crois : s'il passait par là, je serais curieux d'échanger un peu avec lui... car le système des courroies de cuir me semble beaucoup moins favorable à pied : il y a forcément du jeu.

Ceci étant dit, le montage d'un bouclier "classique" utilise trois systèmes de prise :

1. un baudrier réglable, la guige, qui permet de le porter au côté, dans le dos ou sur l'épaule en fonction des besoins. Il permet notamment de libérer la main qui tient les rênes de la monture, de saisir subitement l'épée à deux mains pour donner de la puissance à un coup de taille, ou de manier une lance ou un épieu en combat à pied. Le gros désavantage tient à ce que l'écu ne peut partir trop loin du combattant : les coups offensifs de tranchant de l'escrime antique sont freinés par le réglage près du corps de cette guige... Ceci dit, on peut toujours la relâcher ou la défaire !

2. une prise de main, soit centrale, latérale ou près de la pointe pour le combat à pied, soit plus fréquemment dans l'angle supérieur droit du bouclier, pour un cavalier. Avec la guige qui tient le bouclier près du corps, elle permet une prise forte ou une déprise rapide du bouclier pour le corps à corps.

3. une ou plusieurs énarmes élargies pour une tenue sur l'avant-bras (en sac à main), qui permet, toujours avec la guige en baudrier, de libérer la main qui tient les rênes en gardant le bouclier au côté.

Généralement, la plupart des boucliers de cavalerie illustrés (enluminures) ou conservés ont un montage 1 et 2 (guige et prise de main). Pour voir comment on s'en servait, je renvoie au lien "degueulesetd'argent" que je mentionnais ci-avant.

Je mets l'image de deux écus montés par Jan Kohlmorgen, que j'évoquais plus haut : le premier en contreplaqué, avec une orle de cuir cru, et le second en lattis, recouvert de parchemin sur les deux côtés. Ce sont des reconstitutions très fidèles, basées sur des originaux, qu'il a étudiés en détail dans son travail :



Je note que sur un montage complet, les différents systèmes de tenue ne sont pas forcément utilisés en même temps : à la charge, à la lance, il suffit par exemple d'avoir le bouclier fixé au côté gauche par la guige, et éventuellement le bras engagé dans l'énarme lâche, pour tenir les rênes librement. A pied, à l'épée, la guige portée plus longue, seule la prise de main est utile pour orienter l'écu, en défense, etc.

Avec le développement des armures des XIV et XVe, l'écu du cavalier diminue de taille, pour finalement disparaître presque complètement, sauf pour la joute à cheval (fixé sur le sein et l'épaule gauche).

Par contre, pour les soldats moins fortement "harnachés", les boucliers pour le combat à pied vont se développer fortement, aussi bien dans le sens de boucliers défensifs que de boucliers offensifs : rondaches, targes, pavois, etc.


Dernière édition par Niger le Sam 3 Nov 2018 - 2:17, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Alain de Saint Jean
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 475
Age : 48
Localisation : Saint Jean d'Ardières
Date d'inscription : 30/08/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Lun 29 Oct 2018 - 23:14

C'est comme d'habitude, génial, je me suis régalé à la lecture de ce nouvel opus!!!

Du coup, mes traditionnelles question arrivent:

- La durée de vie d'un bouclier lambda dépasse-t-elle l'issue d'une bataille???

- Un bouclier peut-il être "facilement" réparé après un combat, avaient-ils l'idée de récupération des pièces issues des boucliers obsolètes???

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Niger
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 272
Age : 46
Localisation : Pyrénées Occidentales
Date d'inscription : 23/12/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Mar 30 Oct 2018 - 14:22

1. La vie d'un bouclier médiéval ? Difficile à évaluer : tout dépend de l'âpreté du combat, de la force et de la nature des coups portés directement dessus, du nombre d'adversaires consécutifs rencontrés lors de l'engagement du porteur. Un écu n'est, en outre, jamais totalement immobile et offert aux coups...

Ne nous y trompons pas : un bouclier de "contreplaqué", de lattes croisées, recouvert de colle et de tissu ou cuir est d'une très grande solidité. Il peut bloquer une hache trop fortement engagée ou une épée arrivant de taille, qui peut même être dévoyée ou se casser... Une flèche d'arc a peu de chances de s'engager trop profondément ; seul le carreau d'arbalète tiré de près, du fait de sa grande vitesse initiale de pénétration, a une chance de le percer, je pense... ou une bouche à feu.

Le système d'assemblage chant contre chant est plus fragile aux jointures et dans le sens du fil du bois : ceux qui coupent du bois à la hache ou avec une masse et un coin comprendront aisément le pourquoi.

Pour comparer : l'armure complète des samuraïs, O-Yoroi, est faite de lames de bambou laqués, solidarisés par des liens de soie. Elle résiste globalement aux flèches, aux coups de katanas et de naginatas...

2. Le bouclier est un "consommable". Il n'y a pas grand chose à récupérer, en l'absence de ferrures. Eventuellement la guige... Temps de collage et de séchage compris, la fabrication d'un bouclier prend une demi-journée : il y avait des charpentiers et menuisiers dans la suite d'une armée en marche, et une peau de vache, de porc ou de cheval mort fait un cuir brut utilisable en urgence !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Niger
Chevalier de la Quête
avatar

Nombre de messages : 272
Age : 46
Localisation : Pyrénées Occidentales
Date d'inscription : 23/12/2017

MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   Ven 9 Nov 2018 - 17:21

Normalement, je livre ma dernière planche, numéro 9, sur le bouclier du XVe s., soit Moyen Âge tardif et Renaissance...



Les guerres de Cent Ans, des Hussites, de Bourgogne, des Deux Roses, ou l'effort final de la Reconquista voient de moins en moins se mener des charges de "grosse cavalerie" qui, malgré son armure complète, est de plus en plus vulnérabilisée par la puissance des arbalètes composites, des traits à poudre et autres couleuvrines, par l'apparition de l'artillerie, ou encore par les corps compacts de vougiers et piquiers entraînés collectivement, aptes à tenir fermement et stopper une charge à cheval...

A la fin du Moyen Âge et pendant la Renaissance, il y a de plus en plus d'engagement où les chevaliers démontent et se battent à pied, en groupe, leur protection corporelle intégrale et leur entraînement aux armes leur redonnant un avantage contre les hommes d'armes à pied.

L'écu du chevalier tombe progressivement en désuétude avec les "harnois blancs", seulement utilisé lors des tournois, pour guider la lance et recevoir celle de l'adversaire, ou comme marqueur "héraldique" individuel (n'oublions pas qu'il y a bien plus à gagner à prendre un noble contre rançon qu'à le voir mort)...

Par contre, les fantassins et cavaliers légers, moins bien protégés, se dotent pour l'assaut de boucliers relativement peu encombrants, mobiles et couplés avec une arme de poing (épée, masse d'arme, fauchon, fléau), pour un usage défensif et offensif. Ces targes renouent avec ce que nous avons vu plus haut sur l'usage antique du bouclier.

Le grand pavois, plus couvrant et défensif, est utilisé sur les navires (cf. pavesade, pavoiser), lors des sièges, ou, sur le champ de bataille, pour constituer un mur destiné à protéger les tireurs et entraver les mouvements des cavaliers adverses.

Encore largement utilisé au tout début du XVIe siècle, le développement des arquebuses puis des mousquets, et celui des longues piques (tercios) va ranger le bouclier dans la galerie des accessoires du passé... jusqu'à sa renaissance à la fin du XXe siècle, pour le maintien de l'ordre ou le combat urbain !

Voila, je suis à peu près au bout de ce survol du bouclier historique : j'ai eu beaucoup de plaisir et d'intérêt à faire ce petit travail de recherche.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Petite étude sur le bouclier à travers les âges   

Revenir en haut Aller en bas
 
Petite étude sur le bouclier à travers les âges
Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» Avez vous un bouclier "Spartiate" ?
» [Screen] Petite réunion chez Kokinette
» Petite présentation d'ma panda air [Hécate]
» Petite(s) citation(s)
» Petite interface web PHP pour votre Lapin...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Royaume de Bretonnie :: Miscellanées :: Histoire-
Sauter vers: