Le Royaume de Bretonnie
Bienvenue en Bretonnie, manant(e) ! N'oublie pas, avant toute chose, de te présenter selon le Sainct Patron de Présentation dans la section prévue à cet effet : http://labretonnie.forumactif.com/t1-presentation-voici-le-patron-que-vous-devez-suivre



 
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 Tournoi de trébuchets d'Alsacie.

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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 10 Mar 2018 - 21:53

Le Lord et le Normand suivirent le Comte et ses deux gardes du corps aux étages supérieurs de la tour, il y avait plusieurs étages réservés aux nobles et de nombreuses fenêtres, balcons et ouvertures furent crées pour l'occasion afin d'offrir une meilleure vue sur le terrain. Guillaume ne manqua pas l'occasion d'accompagner la promenade de commentaires sur l'architecture.

-Comme vous le voyez, ce sont des tours derniers cri, les plafonds sont plus hauts, les escaliers sont plus droits et il y a des latrines à tous les étages.
-En plus d'un salon de trébuchets, vous pourriez ouvrir un salon de tours messire, plaisanta le Lord.
-Ne lui donnez pas des idées aussi saugrenus Milord, il serait bien capable d'en ouvrir un, soupira Cédric.
-Pour que les espions impériaux puissent copier le génie de l’architectour Alsaçoise ? Ça jamais ! Il est inconcevable qu'une deuxième ligne Tour-Ginot voit le jour de l'autre côté du Florhin !

En vérité le Comte d'Alsacie ne veut pas encourager une fortification des impériaux, tout ce qu'il désire c'est voir ses pairs Bretonniens envahir la région voisine pour repousser cette fichue et dangereuse frontière actuellement trop proche de son domaine.

Les trois confrères arrivèrent finalement au sommet de la tour où les servants du télébuchets se mirent au garde à vous à la vue de leur seigneur.

-Messire, nous afons ein problème, commença un servant.
-De quoi s'agit-il ? Questionna vivement le comte.
-Sapotage messire ! Du moins, c'est ce qu'on bense...
-Pa-AH-AH... ATCHOUM ! *snif* Par dieux ! Je veux des détails !
-On regardait le dournoi dous les quarte debuis les créneaux, gand soudain un trôle de dype est venu. Il nous a dit qu'il cherchait un endroit pour bêcher. On lui a dit de partir mais je crois qu'il a eu le demps de tétraquer le télébuchet. Il avait une trôle de machine tans les mains ja. Quand on est redourné voir la machine un beu blus dard tous les gordages ont été coubés et certaines blanches ont été gassées.
-Ce n’est pas possible ! Bon sang ! On ne peut pas laisser le système de communication dans cet état. Les impériaux pourraient en profiter et attaquer en plein tournoi de trébuchet ! Toute la haute noblesse de la Bretonnie se trouve dans le stade, je veux que la sécurité soit rétablie le plus vite possible, sinon je... je vous envoie sur le terrain où vous subirez les pires pluies de projectiles que le monde n'a jamais connu !
-Bitié sire... Tout mais bas ça !
-Vous avez trente minutes !
-Mais sire... il faut au moins toute la journée bour réparer les dégâts !
-Je ne veux pas le savoir !

Le comte resta un moment encore pour demander la description du saboteur. D'après les servants, il était grand et maigre et portait une "hache-cisaille géante à vapeur" ainsi qu'une "canne à bêche" et avait un accent étranger. Drôle de profil se dit le comte, ces servants avaient probablement bu. Mais il était clair qu'un saboteur trainait dans les parages, peut être un agent impérial. Dans tous les cas il valait mieux ne pas en informer le seigneur Mictlantecuhtli, il devait gérer la situation seul. Après tout il était responsable de la sécurité, sa propre sécurité surtout...

_________________
Au revoir, au revoir, Gros Wilains !
Chez Mantic nous irons,
Au Neuvième âge nous jouerons,
Dans tous les cas nous resterons bretonniens !


Les batailles au Moyen Âge étaient si simples...:
 
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 11 Mar 2018 - 4:30

Brombur était à la fois étonné et satisfait... Le Baron de Joli tonneau s'était avéré un fin connaisseur des bières Dawi et les appréciait visiblement beaucoup, sans autres conséquences que la production de quelques sons caractéristiques mais discrets (il restait Bretonnien en toute circonstance), ce qui laissait penser à Brombur que l'Humgi en question pourrait faire un "sérieux" concurrent face à n'importe quel Nain dans un concours de boisson...

Les négociations, particulièrement soutenues, avançaient bien, et déjà l'on était passé de quelques menus achats à la discussion d'échanges de produits dans le cadre d'un "marché commun", les uns servants de base logistiques pour les autres et vice versa...

Les choses avançaient donc comme les Nains les aiment: rondement...

Profitant de l'absence du baron parti "régler" les réglages de l'équipage de son trébuchet, Brombur s'en alla voir, après être allé faire quelques paris, ce que devenait l'équipe de Fraïn...

Draïn dormait d'un sommeil réparateur, sa plaie ne saignait déjà plus, il lui faudra remercier Valaya et lui faire des offrandes en retour une fois rentré à la forteresse...

Glaïrn surveillait du coin de l'oeil les alentours, l'air inquiet, sa barbe ne cessait de le démanger, ceci au delà de toute raison ce qui l'inquiétait au plus au point... En effet, à la forteresse de telles démangeaisons s'étaient déjà produites avant des attaques de Skavens, heureusement repoussées... Depuis lors, il faisait office de détecteur d'Hommes-Rats à chaque excursion dans les tunnels les plus profonds et jamais celles-ci ne l'ont trahi, bien au contraire...

Fraïn était assi sur une chaise, le regard perdu, son bien le plus précieux posé sur ses genoux. Son livre de cotes/ mesures/schémas était méconnaissable... Des pages manquaient, d'autres étaient tachées par du sang et d'autres produits muqueux issus du mulet, rendant le contenu au mieux incomplet, au pire totalement incompréhensible...


Toute sa vie d'Ingénieur Nain était posée sur ses genoux, anéantie en quelques minutes... Certes ce n'était pas sa seule invention en cours d' "évolution" mais elle était son "bébé", son chef d'oeuvre et il avait visiblement du mal à encaisser le coup... Heureusement la machine est intacte, il saura l'utiliser pour refaire ses plans et recalculer les cotes...



Rassuré du sort de son équipage Brombur s'en alla rejoindre le Baron de Joli-Tonneau pour finir les "négociations" et par la même occasion quelques fûts, lorsque soudain une silhouette attira son attention...

La vision fût fugace, l'espace de quelques secondes, mais suffisamment nette pour qu'il sente grandir en lui un sentiment d'inquiétude proche de l'alarme!!!

Dans la foule, à une vingtaine de mètres devant lui, une ombre s'était glissée entre des gueux éméchés, disparaissant aussi vite qu'elle venait d'apparaître, une queue de rat dépassant brièvement de dessous ses frusques avant de "s'évaporer", comme son propriétaire, en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire...



Brombur pressa le pas, il lui fallait en parler au Baron de Joli Tonneau!!!...
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Lun 12 Mar 2018 - 1:59

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Quatrième tour

ArrowPosition de trébuchet du baron de Joli-Tonneau (Calidus5) :

- Ça y est ! On a fini de balancer les projectiles bizarres du baron ! On va enfin pouvoir utiliser des munitions standard ! dit Franck.

Du haut de la machine de siège, le roux intervint :

- J’sais pas où sont les autres, mais il reste deux trébuchets dont j’devine la position.
- C’est une bonne idée le roux. On va essayer d’engranger des points pour notre équipe.

ArrowPosition de trébuchet de Gromdal Drekgriti (Gromdal):

    Lorsque le rocher à l’effigie du dieu ancestral de la guerre atteignit sa cible dans un bruit retentissant, le trio de nains eut un élan d’euphorie, mené par le jeune Ordin qui poussa un grand cri de joie. Même Baladrik eut du mal à retenir un sourire.  
    Le vieil ingénieur posa tout de même une main sur l’épaule de son fils :
    « Ne nous réjouissons pas trop vite, fils, la partie n’est pas encore gagnée ... Nous sommes encore quatre équipes, et personne ne sait où sont les autres ... »
    Le jeune nain regarda Baladrik.
    « Qu’est-ce qu’on va faire, alors ? »
    L’ingénieur sortit une épaisse feuille de papier et un bout de graphite de son tablier, et se mit à y faire quelques annotations rapides.
    « Attendez un moment, dit-il sans lever les yeux, je réfléchis ... Si on part d’ici, alors ... peut-être ... Non, ici ? ... »
    Au bon de quelques minutes, il se releva.
    « Torgund ? »
    Le nain chauve et musclé répondit en frappant ses poings l’un contre l’autre, déterminé à en découdre. Baladrik continua :
    « Prends une corde. On va improviser, mais par Grungni, si ça marche, je donne un coffret entier de mon trésor au temple à Karak Norn. »
    Torgund hocha la tête et, prenant une solide corde de quelques coudées, il se dirigea vers les cages...

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

Le Claude méditait sur le peu de choses auxquelles pouvait tenir le moral d'un homme. Alors qu'il reprenait une lampée de son breuvage alcoolisé, ses deux comparses se chamaillaient bon train. Une fois de plus, leurs avis divergeaient.
Riton affirmait que le tiléen était trop lent à la manœuvre et trop imprécis dans ses tirs et doutait de ses compétences. Il prétendait même pouvoir mieux viser que celui-ci.
Orasio rétorquait que ce temps était nécessaire à la bonne réussite du tir et que ses réglages étaient on ne peut plus précis.

- Puisqué tou ne mé crois pas et qué tou penses pouvoir faire mieux, ya te propose oune petit défi. Nous allons viser chacun notre tour lé machina de l'équipe naine. Et nous verrons bien qui y est le plou précis.

- Tope-la mon gars. Je vous montrions que y a pas meilleur que mi autre pour toucher dans le mille !!!

Le Claude soupira. À tous les coups, le Lord leur en voudra de ce manège.

ArrowPosition de trébuchet du comte Guillaume d'Alsacie (MagnanXXIII) :

La tour du comte est tellement grande qu'elle fait une éclipse chaque midi !

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Dans l'une des salles inférieures de la tour d'honneur, là où étaient entreposées les réserves de victuailles et bien à l'abri des oreilles indiscrètes, le seigneur Mictlantecuhtli fulminait d'une colère noire et particulièrement explosive.

Te rends-tu compte de ce que tu as fait, sinistre crétin !?

Pour chaque syllabe de ces récriminations, le capitaine Baldwin s'employait à rouer de coups le serviteur chargé d'apporter les rafraîchissements aux Mélinor. Après plusieurs minutes d'un tel traitement, le malheureux ne se résumait déjà plus qu'à une loque sanguinolente et gémissante affalée au sol. Entre deux pitoyable plaintes, il parvint tout de même à articuler quelques mots, entrecoupés de respirations sifflantes :

Jve vous vure m'feigneur ... hhhhhh ... lui ai donné l'bon ... hhhhh ... zont dû éfanver les verres ... hhhhhh ... 'comprends pas ...

Peu m'importent ces détails, misérable larve ! Tu as commis la bourde de mentionner mon nom ! Ce n'était pourtant pas compliqué : la consommation de Constance de ma part et celle de son mari d'un anonyme ! vociféra l'organisateur, en proie à un état de rage qui s'intensifiait à chaque seconde.  

Mais feigneur vous ...

Cette vaine tentative de justification acheva de pousser à bout le sire d'Aurevallis, qui tira prestement son épée du fourreau en lui faisant décrire un large arc de cercle. Le serviteur n'eut pas le temps de réaliser ce qui lui arrivait. La lame enchantée se joua des muscles, des tendons et des os tandis que son feu surnaturel cautérisait instantanément la chair. Sans que la moindre goutte de sang ne touche le sol, la tête aux yeux révulsés tomba avec un bruit sourd avant de rouler jusqu'au mur le plus proche.

Alors que son maître se mettait à faire les cent pas, Baldwin conserva un silence prudent. Mictlantecuhtli était loin d'avoir retrouvé son calme et l'arme qu'il virevoltait adroitement entre ses doigts était encore susceptible de servir. Il importait qu'il ne soit pas sa prochaine victime.
   
Cet animal s'en est tiré à trop bon compte, finit par dire l'organisateur. J'aurais dû lui faire souffrir mille morts pour m'avoir mis dans une situation pareille. A présent, il me faut éviter le désastre. Le plus sage serait sans doute d'éliminer Constance avant qu'elle ne m'accuse publiquement d'un quelconque complot.

Monseigneur ! Vous n'êtes pas sérieux !? laissa involontairement échapper un Baldwin sidéré.

Le regard noir que lui jeta Mictlantecuhtli suffit à le convaincre du contraire et à le faire reculer instinctivement d'un pas. S'il le savait prêt à détruire sans état d'âme quiconque se mettait en travers de sa route, l'officier le croyait au moins capable de quelque élan d'affection ou de respect pour ses pairs.  

Je ... euh ... je veux dire que ... vous sembliez porter une certaine sympathie à dame Constance, ajouta-t-il rapidement pour se dédouaner.

Ne soyez pas stupide, capitaine, rétorqua Mictlantecuhtli sur un ton glacial. Comme tout un chacun, je ne la tolère que dans la mesure où elle peut servir mes desseins. Si sa seule existence est de nature à me nuire, alors c'est qu'il est temps d'y mettre un terme.

Mais, seigneur, elle aurait déjà pu faire un esclandre à l'heure qu'il est ! Peut-être n'en avez-vous rien vu, mais elle s'est débarrassée discrètement du contenu du verre, dissimulant même l'incident au marquis.

Sans quitter son bras droit des yeux, Mictlantecuhtli sembla réévaluer sa stratégie à l'aune de ces nouvelles informations. Voila qui changeait peut-être la donne. Valmond avait semblé dans de meilleures dispositions après avoir reçu la coupe destinée à son épouse. De ce côté, c'était une notable amélioration. Si pour sa part Constance voulait se montrer diplomate dans cette affaire, il y avait même moyen d'être gagnant sur les deux tableaux en lui fournissant une explication plausible. Tout bien pesé, elle lui serait sans doute plus utile en vie, afin de rester le très bien nommé garde-fou de son époux. Il était temps de la jouer fine.  

Fort bien, reprit Aurevallis sur un ton parfaitement calme. Voici ce que nous allons faire ...

Et tout en exposant son plan, l'organisateur se saisit de deux précieuses bouteilles scellées à la cire qui reposaient sur des coussins de paille.  

*****
 

Alors qu'il regagnait les gradins de la tribune d'honneur, Mictlantecuhtli espérait que son absence prolongée soit passée relativement inaperçue. À Baldwin qui le suivait, il adressa un hochement de tête et ce dernier partit sans tarder pour s'acquitter de sa mission. Le sire d'Aurevallis s'était réservé la partie la plus délicate : arrondir les angles avec la dame de Mélinor. Sans rien laisser paraître de sa récente mésaventure, elle était là, à sa place, toujours droite et régalienne, comme si aucune chose ici bas n'était en mesure de la troubler. Derrière son siège, une petite flaque d'un liquide sombre dégageait des vapeur suspectes.
 
Puisant dans ses talents d'acteur, Mictlantecuhtli se créa un masque d'affliction apte à amadouer Constance. Il en était encore à réfléchir à la meilleur façon d'attirer son attention quand la dame l'aperçu du coin de l'oeil et se leva pour venir à sa rencontre. Douce brise printanière en apparence, elle se déplaçait d'un pas leste et délicat qui donnait presque l'impression qu'elle glissait sans à-coups sur le sol dallé. Mais seul un inconscient se serait laissé berné, car un mot mal placé pouvait très clairement changer la brise en ouragan. Aussi Mictlantecuhtli prit-il soin d'étouffer dans l'oeuf les reproches que l'on pourrait lui adresser en prenant la main dans la joute courtoise qui s'annonçait :

Madame, j'ai été terriblement peiné d'apprendre qu'une grave incompétence du personnel de service vous avait amenée à poser vos lèvres délicates sur un indigne breuvage. Confondre ainsi deux bouteilles, quelle faute impardonnable pour de soi-disant professionnels, ajouta-t-il en secouant la tête.

Impardonnable et pourtant déjà pardonné mon cher ami, répondit Constance avec la grâce d'une lame à double tranchant. Du moment que cela ne reproduise point.

Je puis vous assurer que les coupables ne sont à présent plus en état de réitérer leurs exactions. Néanmoins, en tant qu'organisateur, cette méprise m'est comme une insulte personnelle que je ne saurais laisser sans réparation. Aussi, me feriez-vous la grâce d'accepter ce Châteauneuf-du-Roy 1443 ? demanda-t-il en dévoilant l'une des bouteilles de la réserve. Ce millésime exceptionnel et rarissime en provenance des vignobles de Gasconnie orientale devrait rapidement chasser toute trace de la désagréable expérience que l'on vous infligea bien malgré moi.

Un présent fort à propos et déjà apprécié, lui dit-elle en souriant. D'ailleurs, pourriez-vous nous apporter deux autres verres propres pour que Valmond et moi-même en profitions ?

A cette demande, Mictlantecuhtli manqua estourbir son interlocutrice. Franchement, avait-il une tête de laquais porteur de vaisselle ? D'un claquement de doigts assez désinvolte, il convoqua tout de même un larbin qui passait par là afin de répondre au souhait de la dame. Cette dernière prit alors la bouteille entre ses mains graciles et continua sur sa lancée :

Sur ce, je m'en retourne titiller mon époux. C'est une activité férocement drôle, mais qui demande aussi une bonne dose de prudence dans son approche ... Au plaisir de vous reparler dans de meilleures conditions.

Et sur de mutuelles courbettes, censées clore cet échange dans les règles de la bienséance, Constance réintégra sa place au côté du marquis. Content d'être débarrassé de cette corvée mondaine, Mictlantecuhtli regagna son propre siège où il s'affala avec un soupir de soulagement. Les choses ne s'étaient pas trop mal passées et voici que Baldwin arrivait déjà pour lui faire son compte-rendu.

Tout est en ordre, monseigneur. Le baron de Gransette a semblé ravi de votre cadeau.

Tant mieux, tant mieux. Je ne pouvais guère accorder une attention aux Mélinor sans faire de même pour Gransette. Un tel comportement n'aurait pas manqué de soulever des questions gênantes. Et pour ce qui est du personnel impliqué ?

Les escaliers en colimaçon sont dangereux, mon maître, en particulier lorsque l'on doit y circuler avec des plateaux chargés de boissons ... Tous ceux qui ont trempé dans cette affaire viennent de se briser la nuque lors d'une chute malencontreuse.

Tous ensemble ? demanda Mictlantecuhtli avec un sourire mutin.

Tous ensemble, monseigneur.

Comme c'est curieux ... laissa-t-il échapper en feignant la surprise à la perfection. Nous voici très opportunément débarrassés de tous les témoins gênants et l'affaire est close, poursuivit-il à mi-voix.

Pensez-vous que dame Constance ait avalé votre version des faits ?

Ca m'étonnerait grandement qu'elle ne nourrisse pas encore quelques soupçons, même si elle n'en a rien laissé paraître. Fort heureusement, les soupçons n'ont pas valeur de preuves. Sans doute sera-t-elle plus vigilante pendant un temps vis-à-vis de mes actions, mais peu m'importe. Ah, si ce serviteur avait correctement fait son travail, nous n'en serions pas là ! Ne jamais confier à un gueux une tâche dont un chimpanzé décérébré pourrait se charger.

Sur ces sages paroles, les trompes annonçant le début des tirs résonnèrent sur tout le champ de bataille. A présent que les trois équipes découvertes avaient quitté la compétition, peu de parieurs se risquaient à miser sur l'identité de la prochaine victime ; aussi le guichet des mises ferma-t-il sans heurts.

Le projectile du baron de Joli-Tonneau fut le premier à s'élever. Manifestement à court de barriques d'eau minérale, l'équipe s'était rabattue sur un rocher on ne peut plus ordinaire. Bien mal lui en prit, car l'habitude de ce genre de munition semblait s'être perdue : les artilleurs se fourvoyèrent dans leurs réglages au point que la pierre parte de travers dès sa sortie de la fronde. Sa course anarchique l'amena à s'écraser dans un espace inexploré au sud-est de la position de Gransette, non sans avoir rebondi comme un galet à la surface d'un étang.    

Parmi le public, certains observateurs estimèrent que le tir visait initialement le trébuchet abandonné de l'équipe jaune. Si tel était le cas, le rocher avait très largement manqué sa cible ; mais il était tout de même parvenu à dégager une zone suspecte entre de précédents cratères. Grâce à lui, le quadrant nord-est était à présent presque intégralement fouillé.

Le rocher du Lord suivit sans tarder ; chose étonnante. À l'exact opposé de son prédécesseur, celui-ci décrivit une courbe parfaite qui le rapprocha dangereusement de la machine de Fraïn. Alors que les secondes s'égrainaient, l'issue devint peu à peu inévitable, au grand dam de Brombur Fière-Barbe

Dans un terrible bruit d'éclatement, le bloc de pierre faucha l'engin amoureusement conçu par le maître ingénieur. Les poutres pulvérisées volèrent en tous sens tandis que les renforts métalliques - sollicités bien au delà de leur résistance - rendaient l'âme avec des crissements aigus. Quand les derniers débris achevèrent de retomber, il ne restait rien de récupérable de l'engin prototype.

Loin de se soucier de la peine qu'une telle destruction causerait à l'équipe naine, la foule en délire exulta de plus belle et se mit à scander le nom du Lord. Bien que toujours fidèle au poste, PPDA eut toutes les peines du monde à se faire entendre par dessus ce tapage et dû s'équiper d'un imposant porte-voix :

Chers spectateurs, votre attention s'il vous plait ! Nous venons d'assister à une fort belle remontée de l'équipe rouge ! La destruction d'un trébuchet permet au Lord d'empocher 3 points supplémentaires ! Voila qui le porte à un total de 4 points et le propulse sur la seconde marche du podium, dont il éjecte l'équipe de Mélinor !

Les cris reprirent de plus belle et s'associèrent au tintamarre des talons qui frappaient le sol en rythme. Les tours d'observation elles-mêmes en étaient secouées des fondations jusqu'au toit. Pendant un instant, il sembla qu'une intervention du service d'ordre soit nécessaire pour modérer l'ardeur populaire, mais le troisième tir fit mieux que toutes les milices du comté réunies. A la vue du projectile, chants et agitation cessèrent comme si le temps avait été suspendu ; car ce qui tournoyait à présent dans les airs n'était rien de moins qu'un improbable trio de squigs géants, attachés les uns aux autres par les pattes.

Totalement inconscients de leur situation, les monstres voraces mettaient toute leur énergie à mordre la queue de leur voisin. Ainsi formaient ils un cercle infernal de griffes et de mâchoires claquantes qui ne manqua pas de projeter d'énormes quantités de bave sur tour son trajet.  

En percutant violement le sol, leurs infectes entrailles éclaboussèrent tout à des mètres à la ronde, jusqu'à atteindre les pieds du public. Si les dents du premier squig - qui avaient été si funestes au premier servant de Brombur - pouvaient être comparées à des pieux, celles qui garnissaient à présent le terrain atteignaient quasiment les dimensions d'un bras de forgeron ! Aucune perte ne fut à déplorer suite à ce tir spectaculaire, mais une large bande de terrain s'en trouva une fois encore dégagée. L'étau commençait à se resserrer impitoyablement autour des quatre équipes encore dans la course.

D'une oreille, Mictlantecuhtli surprit une bribe de conversation entre le baron de Joli-Tonneau et Brombur Fière-Barbe. Ce dernier expliquait à son très récent partenaire commercial l'origine gobeline du projectile, les peaux-vertes ayant parfois recours aux binômes de squigs géants pour enfoncer les lignes adverses ; du moins quand l'arme ne se retournait pas contre eux. Dans le cas présent, ce concept avait été fiabilisé par le génie nain et réemployé dans un cadre plus sécurisant. La ritournelle chauvine de Brombur prenait des airs de déjà-vu, mais force était de constater qu'il avait raison. L'organisateur en vint même à espérer ne jamais croiser une telle chose sur un champ de bataille. Mieux valait que les gueux seuls soient exposés à des munitions aussi inhumaines ; dans un cadre sportif, bien entendu.      

Une joyeuse ambiance accompagna le tir de choucroute d'Alsacie. Une fois encore, elle se chargeait de refermer le tour et dégagea un espace intermédiaire au sud du terrain, pile entre deux cratères. Aucune victime ne fut à mettre au compte de la terrible spécialité locale qui, semble-t-il, attendait son heure.  

Visiblement dénuée de rancune, l'Enchanteresse se pencha vers Mictlantecuhtli :

Si l'odeur de la choucroute vous incommode, souhaitez-vous que je fasse souffler une petite brise ?

Ce ne sera pas nécessaire, madame, mais je vous remercie de cette attention, répondit-il avec un sourire sincère. L'idée du comte de nous percher sur ces tours nous permet de jouir d'un excellent point de vue, mais elle nous met aussi à l'abri des effluves de ces projectiles improvisés. Pour l'heure, tout cela est fort supportable. Si j'en avais quelque chose à faire, je plaindrais plutôt le peuple, précisa-t-il.

Et comme pour faire écho à cette remarque, l'on entendit distinctement en contrebas le bruit de quelques régurgitations, suivies des jurons des paysans qui recevaient tout sur les pieds. Les tripes de squig, c'était décidemment traître.

Le quatrième tour s'achevait ainsi et fournissait un entracte très bienvenu après la violence extrême des deux précédents. Tandis que l'on sonnait l'appel à la première équipe, les spectateurs retournaient à leurs habituelles occupations d'entre deux tours.  

*****

Toujours appuyé contre la rambarde, Gromdal Drekgiti était sans le savoir la cible d'un intense et long regard lancé par Mictlantecuhtli. Ce dernier le détallait depuis plusieurs minutes, presque sans ciller, et semblait vouloir jauger jusqu'à l'immatérielle substance de la personnalité du nain. Le favori du moment retenait son attention à plus d'un titre et pourrait avoir sa place dans ses projets futurs. A l'instar du baron de Joli-Tonneau, il était peut-être temps d'entamer des négociations avec le peuple des montagnes. Aurevallis se leva sans précipitation et progressa à pas mesurés jusqu'à se trouver à portée de voix.    

Maître nain, un mot je vous prie.

Interloqué, le Voyageur avala une dernière rasade de sa choppe et la reposa sur la balustrade. Alors qu'il allait emboîter le pas de l'organisateur, un choc étouffé le fit se retourner, de même qu'une partie des tribunes. Le réseau de télébuchet était visiblement encore actif, car un boulet messager venait de s'écraser sur le champ de bataille. Sur un ultime haussement d'épaules et un échange de regards désabusés, les deux personnages s'isolèrent pour discuter.

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Tir de télébuchet en G19.

Impacts :

Calidus5 : J21 => déviation sud-est de 3 cases => M24
Gromdal : T6 => Hit ! => T6
Lord del Insula : O5 => Hit ! => O5
MagnanXXIII : Ab12 => déviation nord de 1 case => Z12

Paris résolus :

- Lord del Insula :

5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (MagnanXXIII) : Raté

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 5 pour 1 (toutes équipes).
- Prochaine perte : 7 pour 1 (toutes équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 37.5 Co Hors jeu
- Calidus5 : 1 point ; 40 Co
- Gromdal : 6 point ; 40 Co
- Kaops : 2 points ; 25 Co Hors jeu
- Lord del Insula : 4 point ; 98 Co
- MagnanXXIII : 1 point ; 30 Co
- Toison d'or : 1 point ;  60 Co Hors jeu

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Ainsi s'achève le quatrième tour et s'ouvre le cinquième. Les joueurs ont cette fois jusqu'au 18 mars au plus tard pour me faire parvenir leurs coordonnées de tir et un éventuel texte d'accompagnement par message privé.

_________________
Seigneur d'Aurevallis, chevaucheur du bourdon géant d'Arden, membre du Saint Conseil


Dernière édition par Mictlantecuhtli le Mer 14 Mar 2018 - 23:31, édité 1 fois
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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 13 Mar 2018 - 22:33

Les nains sont incapables de mentir, tout le monde le sait. Aussi le baron de Joli-Tonneau crut Brombur sur parole, d’autant plus que ce n’était pas le premier nain qui lui parlait de Skaven. Il n’aurait toutefois pas été Bretonnien s’il ne s’était pas fortement étonné de leur éventuelle présence en ces contrées.

Le baron proposa au maître nain de partir immédiatement avec lui enquêter : si ces créatures venaient des entrailles de la terre, il y avait forcément des galeries menant vers la surface et il fallait les découvrir à tout prix. Il proposa l’expédition à son compère de Vigne-Bleu qui se montra fort motivé pour partir à l’aventure, et demanda à son limier, Jacques, de les accompagner. Une courte missive adressée au seigneur des lieux et quelques directives plus tard, le baron de Joli-Tonneau et ses deux compères étaient prêts à suivre Brombur avant le début du cinquième tour du tournoi. Chevalier


Apodemus était aux anges. Lui, un simple page, avait pour tâche de représenter son baron pendant son absence. De ce fait il était admis à la tribune noble où il avait le droit de se tenir debout à côté du siège de son baron. (Oui, car il ne faut pas abuser. On ne va tout de même pas autoriser un simple roturier à poser ses fesses crasseuses sur un siège destiné à un noble !). Le baron lui avait même donné une bourse pour faire des paris à sa place. D’ailleurs, ils allaient de ce pas miser 10 pièces d’or sur une plus forte concentration de tirs sur la partie est du terrain au prochain tour.
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Jeu 15 Mar 2018 - 1:52

Au milieu de toute cette effervescence, un chevalier à la mine affligée dénotait curieusement. Le chevalier Fulbert de la Gaudriolle, dit le Vaniteux, n'en menait pas large. Attablé au comptoir d'une buvette, il tentait d'oublier ses récents déboires d'avec le Seigneur d'Aurevallis. Chose peu aisée lorsque l'individu en question se trouve à portée de regard, et quand les hommes portants sa livrée patrouillent dans les travées des gradins !

Son état morose n'avait pas échappé au tenancier qui tentait d'engager la conversation afin de savoir comment soulager ce client de ce poids qu'il semblait porter sur lui (entendre vider la bourse remplis du chevalier pour faire fructifier son commerce).

- Les cailloux volent bas aujourd'hui ! M'est avis que les servants tirent un poil court ! Quand pensez-vous messire chevalier ?

- Je n'en pense rien. Auriez-vous l'amabilité de me servir de nouveau et de me laisser déguster votre vin tranquillement, sans être importuné par l'horrible son de votre braillement !

Refroidi par la condescendance de son client, le barman le regardait en chien de faïence, maugréant intérieurement sur le mépris de la noblesse. Fulbert n'en avait cure, plongé dans ces pensées. Il regrettait d'avoir dû se débiner en présence d'aussi charmante dame et se demandait s'il n'aurait jamais occasion de se montrer sous un meilleur jour.

La pensée des deux hommes fut interrompu par l'arrivée de plusieurs gentilshommes venus prendre commande. Ces derniers paraissaient fort jeunes, sans doute s'agissait-il de chevalier errants. Et ils faisaient preuves de davantage de truculence que le chevalier et le tenancier fut rapidement aux anges, satisfait de pouvoir échanger avec des clients plus affables.

Fulbert ignorait royalement les nouveau venus, mais ces derniers ne tardèrent pas à s'intéresser à lui et à engager la conversation.

- Salutation messire Chevalier. Vous joindrez-vous à nous pour vous délecter de ce précieux nectar. Nous n'avons guère l'occasion de trinquer sur un bon cru, à plus forte raison avec des compatriotes venus d'aussi diverses duchés.

Fulbert eut un sourire moqueur et ne put s’empêcher de rétorquer avec un ton dédaigneux :

- Ce serait avec plaisir, jeunes présomptueux. Mais il me semble que vous n'avez guère le nez à reconnaître un bon cru et je ne boirai pas le moins du monde la piquette que vous vous apprêtez à siffler.

Piqué au vif, l'un d'eux rétorqua :

- Il s'agit là d'un excellent cru, ne vous en déplaise. Oseriez-vous remettre en cause notre jugement en matière de bon vin ?

- J'ose, et j'ajoute que vous ne seriez pas capable de distinguer un excellent cru avec la pisse de ce va-nus-pieds – ajouta le Vaniteux en pointant du doigt le tenancier.

- Vos propos manquent à la courtoisie la plus élémentaire, messire chevalier. Excusez-vous séant !

- Sinon ? - interrogea Fulbert.

- Sinon il vous en cuira ! – s'emporta l'un d'eux en portant la main à la garde de son épée.

- Serait-ce une épée en bois ? - railla Fulbert. - Il ne saurait en être autrement il me semble.

À ces mots, les trois gentilshommes cédèrent à leur colère, devant un tenancier effrayé et un Fulbert impassible.

- Messire, votre affront mérite réparation !!! – lança l'un d'eux en se saisissant d'un gant et en tentant de gifler Fulbert avec.

Malheureusement pour lui, le chevalier du Lord était coutumier de ce genre de mésaventure et avait vu venir la chose sans surprise ? Aussi esquiva-t-il sans mal, ce qui surprit l'offensé. Entrainer dans son élan, ce dernier ne put éviter le croc en jambe de son tourmenteur et se retrouva les quatre fers en l'air.

- Il semblerait que vous soyez encore trop vert pour vous permettre de tels verres. – se moqua Fulbert. - Preuve s'il en est, vous ne tenez déjà plus debout.

Furieux, les deux compagnons de l'infortuné se jetèrent à leur tour sur lui, mais il fut une fois de plus prompte à réagir et bondit sur la table du stand avant que ses assaillants ne l'atteignent. Puis, alors que ceux-ci, s'adaptant à cette situation, semblaient concevoir le dessein de le faire choir, il sauta du côté du tenancier et projeta la table sur eux, leur coupant le souffle.

- Mes petits amis, vous me semblez mal entrainer – fit-il mine de juger.

Cependant, cette altercation créait de l'agitation qui ne manqua pas d'attirer l'attention du service  d'ordre, et Fulbert n'avait nul envie d'être pris, à plus forte raison pour se retrouver de nouveau à la merci de l'organisateur.

- Messires, notre entrevue m'a fort diverti, mais il me faut maintenant prendre congé de votre compagnie. Au plaisir de vous revoir en meilleur disposition.

- Couard ! Tu fuis le combat ! – reprocha celui qui avait tenté de le gifler. - Et tu n'as même pas donner ton nom. Sans couilles !!!

À ces mots, une ombre sembla passer sur le visage de Fulbert. Celui-ci s'arrêta dans son mouvement et répondit :

- Il me paraît fort ironique de trois drôles me demandent mon nom sans avoir dument donné les leurs. Du reste, je ne vous le donnerai point, car ce serait mauvaise publicité pour moi. Et puisque vous abordez le sujet, je m’attèle justement à les protéger ! Vous devriez songer à en faire autant, tant qu'ils vous en restent.


Et il fila par la porte de service de la buvette, échappant au service d'ordre de peu, contrairement à ses infortunés adversaires.
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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Ven 16 Mar 2018 - 19:41

« Cette histoire de saboteur me parait assez préoccupant messire, accorda le Lord au Comte d’Alsacie
— Je vais immédiatement convoquer mon capitaine pour réorganiser la surveillance.
— En parlant de capitaine, on dirait bien qu’un de tes hommes viens vers nous, informa Cédric.
— Ma seigneurie ! Proclama le garde. Un message du seigneur de Joli-Tonneau !
— Que veut-il celui-là ? Y aurait-il une pénurie de boisson ? s’amusa Guillaume qui réussit tout de même à trouver une occasion de rire dans cette fâcheuse situation. Donnez-moi cette lettre ! »

Le comte déplia la missive et la lu. L’écriture était appliquée, ce qui est plutôt surprenant venant d’un grand adepte du rouge de Bordeleaux.
Baron de Joli-Tonneau a écrit:

Citation :

Le baron de Joli-Tonneau informe le comte d'Alsacie de la présence probable d’hommes bêtes à faciès de rat en son domaine. Cette information venant de maître Brombur, elle se doit d’être considérée comme fiable. C’est pourquoi il vous recommande la vigilance pendant qu’il cherche confirmation de la menace avec maître Brombur.

PS : faites garder votre cave, on n’est jamais trop prudent.

Le Baron de Joli-Tonneau.

Le visage du comte devint extrêmement blême, ses yeux grands ouverts fixaient un point imaginaire sur le papier, on aurait pu penser que le message contenant un puissant sortilège pétrifiant tous ses malheureux lecteurs.

« D’autres problèmes messires ? S'enquit le Lord, il serait sûrement sage d’en informer le seigneur Mictlantecuhtli.
— Les… les... ho-hommes-ra-rat… murmura le comte tout en ne lâchant pas la missive du regard. Ce-ce… ce sont eux ! Ils viennent pour moi, c’est comme dans mon rêve…
— Messire ! Lança Cédric tentant de résonner son ami. Messire ! Comte ! Hé ! Guillaume !
— Les Skav… Quoi ? Ah-Ah-ATCHA ! »

L’éternuement fut le déclencheur inespéré qui sortit le comte de sa crise de paranoïa.

« Excusez-moi. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris.
— Ce n’est rien messire, répondit le Lord, le poids des responsabilités doit vous écraser avec tous ces problèmes. Je pourrais vous donner quelques conseils à ce sujet, comme se reposer et retarder toutes vos actions, ça permet d’évacuer la pression. Mais dites-moi, quelle est donc cette mauvaise nouvelle qui vous mets dans tous ces états ?
— Les Hommes-Rats Mylord, le seigneur de Joli-Tonneau affirme que les nains les ont aperçus.
— Sûrement les responsables de ce sabotage.
— Je n’en sais rien. Mais dans tous les cas il faut agir. Hep ! Garde ! Appelez-moi le capitaine, il doit signaler à tous mes hommes la présence de saboteurs Hommes-Rats équipés de machineries étranges et de bêches. Ne posez pas de question, allez-y en courant, immédiatement !
— Si vous le souhaitez cher Comte, je peux vous adjoindre les hommes qui se trouvent à ma disposition, proposa del Insula. »

En son fort intérieur, le Lord pensait à Fulbert dont il doutait de la capacité à rester tranquille, et ce malgré l'effet probant que le Seigneur d'Aurevallis avait eu sur le chevalier.

« Excellente initiative, toute aide sera la bienvenue. Il faudra tout de même rester discret pour ne pas lever un vent de panique, conseilla Guillaume. »

Prenant la suite de l'affirmation du comte, Cédric le Normand enchaîna alors :

« Je vais de ce pas avertir Valmond alors. Nous n'avions qu'une petite escorte, mais tout est bon à prendre... Et puis, je pense qu'il s'ennuie à l'heure qu'il est, donc un peu d’animation ne lui fera pas de mal. Je vous rejoins sous peu messieurs pour définir la marche à suivre. »

Ne se faisant pas attendre, Cédric partit rejoindre son suzerain en tout hâte, la main posée sur la hache à son flanc.

_________________
Au revoir, au revoir, Gros Wilains !
Chez Mantic nous irons,
Au Neuvième âge nous jouerons,
Dans tous les cas nous resterons bretonniens !


Les batailles au Moyen Âge étaient si simples...:
 
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 18 Mar 2018 - 21:37

Glaïrn se grattait toujours la barbe avec autant de frénésie, Brombur, à ses côtés, commençait à tripoter nerveusement le fer de sa hache de jet et attendait avec une impatience non feinte l'arrivée du Sire de Joli-Tonneau...

Au bout de quelques minutes qui lui parurent des heures il vit la silhouette du baron, accompagné d'un autre homme lui même suivi "discrètement" par quelques hommes d'armes, fendre la foule des gueux qui se pressaient pour aller parier sur les prochains tirs...

Il lui fît un signe discret et tous se retrouvèrent un peu à l'écart de la foule environnante. Les présentations, faites par le celui-ci furent rapides d'un point de vue protocolaire...

"Maître Nain voici le sire de Vigne-Bleu, sire voici Brombur Fière Barbe, Maître Ingénieur Nain, mon informateur pour l'affaire qui nous réunis tous ici présentement."

Brombur salua le nouveau venu d'un rapide mouvement de la tête, puis se retourna vers le baron tout en jetant de rapides coups d'oeil aux alentours avec anxiété, ce qui n'échappa nullement au baron:

- "Avez-vous informé nôtre hôte de notre "sujet"?"

- "Bien sûr, et je ne doute point que celui-ci soit déjà en train de mettre en place le plus discrètement possible les mesures qui s'imposent..."

- "Parfait! Commençons par explorer l'entrée principale des égouts, c'est un endroit qu'ils aiment par-dessus tout, c'est hors de vue, plein de recoins et sombre à souhait pour ces viles engeances..."

Le baron le regarda d'un air amusé: "Vous voulez visiter les égouts??? Cela risque d'être difficile je le crains fort..."

Brombur, interpelé par cet amusement soudain, observa son vis à vis d'un air interrogateur...

" Voyez-vous, repris le baron, nous n'avons point besoin d'une telle chose en nos villes, comme vous venez de le faire remarquer ce genre de construction offre bien trop d'endroits où se cacher pour y commettre moult forfaits, non, nous avons depuis longtemps mis au point un système bien plus simple et efficace!"

Cela piqua la curiosité de Brombur: "Et quel est-il je vous pris?"

"Notre système est entièrement extérieur!!! Certes il y a quelques inconvénients comme le bruit et l'odeur, mais il suffit d'une bonne litière pour éviter promptement ceux-ci..."

Brombur et Glaïrn se regardèrent ébahis...

"Mais comment faites-vous pour l'évacuation des déchets???" demanda Glaïrn.

"Les cochons sont là pour cela voyons!!! Bon, ce n'est pas sans danger, c'est d'ailleurs pour cela qu'il vaut mieux être en litière plutôt qu'à cheval, vous ne risquez pas la chute dans le premier cas, dans le second par contre..."

A ces mots le sire de Vigne-Bleu étouffa un rire nerveux tout en jetant un regard complice au baron... Visiblement ce genre d'inconvénient semblait plus fréquent qu'il n'y paraissait...


"Mais pour les gens du château???..." repris Glaïrn tout aussi interloqué.

" Pas pour nous voyons!!!" Le repris le sire de Vigne-Bleu d'un air tout à la fois dégouté et offusqué avant d'être interrompu par le baron de Joli-Tonneau.

"Notre état de noblesse nous interdit une telle vulgarité! Nous avons des latrines, généralement sur les faces Nord des castels, les gueux au pied de ceux-ci sont ravis de pouvoir ainsi fertiliser leurs champs..."


Glaïrn interpella Brombur en Khazalide:

"Autant chercher une aiguille dans une meule de foin, avec toutes les masures que nous avons pût voir en arrivant l'autre jour cela va prendre des semaines avant d'avoir un début de piste..."

"Peut-être pas..." lui répondit Brombur, "Tu es là et je crois avoir une idée..."


"Dites moi, Baron, pouvons-nous aller du côté Nord des murailles du château s'il vous plait???..."

"Vous n'y pensez pas!!!" s'étrangla le sire de Vigne-Bleu, "Il est plus qu'indécent pour nous d'aller en un tel lieu!!! Toute la lie de la "gueusallerie" s'y retrouve, ce ne sont que sans dents et autres difformités abjectes..."


"Je comprends" repris calmement Brombur, "Mais, voyez-vous, c'est malheureusement l'endroit rêvé pour se cacher pour ces engeances corrompues, leurs corps déformés et contre-faits y passeront bien mieux inaperçus..."


Ce fût alors au tour des deux nobles Bretonniens d'échanger des regards anxieux, visiblement une telle visite risquait de porter un grave préjudice à leur statut auprès de leurs pairs...

"Est-ce vraiment nécessaire Maître Nain???" lui demanda le baron...

" Je le crains fort, la silhouette que j'ai entre-aperçue allait dans cette direction..."


Les deux nobles Bretonniens se regardèrent longuement, puis le baron héla l'officier des gardes, lui donna quelques ordres brefs, et tout le groupe se mis en route vers la face Nord du Castel...
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 20 Mar 2018 - 1:56

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Cinquième tour

ArrowPosition de trébuchet du baron de Joli-Tonneau (Calidus5) :

- On a complètement raté l'tir ! dit le roux. Et y'a pas qu'nous qu'avons c't'idée : y'en a un qu'a détruit l'trèb des nains.

- C'est la faute à la charrette, la bricole est pas prévu pour c'poids. J'vais aller r'mettre un coup de graisse et d'marteau et on réessaye.

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

Orasio n'était pas peu fier de ce coup au but. Regardant Riton dans un air de défi, il savourait sa réussite.

- Vous emballez point comme ça, messire tiléen. J'vous montrerons que j'puissions en faire de même ! - rétorqua ce dernier en escaladant le trébuchet.

Arrivé au poste d'observation, le bretonnien constata l'absence de cible intéressante.

- Sans faire offense, j'verrions point l'intérêt de viser la même cible que vous autre. J'aurions rien à régler.

- Ma que, ye vrai qué ça n'est pas faux. Dans ce cas, visez oune autre cible.

- J'voudrions bien, mais y a rien à se mette sous le caillou pour l'heure.

- T'as qu'à déblayer le merdier avant d'en lever une - proposa le Claude.

L'idée fut approuvé, mais un débat houleux s'engagea, quant à savoir où effectuer ce tir. Orasio estimait que la partie sud du terrain, fortement embrumée, permettait de révéler des zones vierges. Riton à l'inverse pensait que la zone nord, bien que déjà partiellement découverte, offrait des positions susceptibles d'abriter un équipage concurrent. Finalement, le tiléen concéda le choix à celui-ci.

- Après tout, y est vous qué tirez pour ce coup là, par la Madone.

N'oublions pas de préciser que le Claude n'en avait, lui, strictement rien à faire et regardait cela avec détachement.

ArrowPosition de trébuchet du comte Guillaume d'Alsacie (MagnanXXIII) :

Vous avez beaucoup d'imagination pour proférer des slogans aussi heu... originaux, commenta Stefan Von Rienenbergen.

Boaf, fous safez, les blagues sur la dour du comte sont courantes ici, répondit Herwig avant d'enchainer avec le "kri de kuerre" et l'envoi de la choucroute,

« La tour du comte est tellement longue que même le prince des plaisirs n'ose pas se la m... »

Au même moment, le comte d'Alsacie, fou de rage et oubliant partiellement tous ses problèmes de sabotage, hurla de vive voix du haut de sa tribune. Sa prise de parole ainsi que sa puissance en surprirent plus d'un :

« J'offre trois mille couronnes à l’équipage de trébuchet qui éliminera mon crétin de servant !!! »

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Dans un recoin de la tribune d'honneur, à l'écart de l'agitation, Gromdal Drekgiti et Mictlantecuhtli étaient assis sur de petits tabourets pour deviser autour de deux choppes. Fidèle à la réputation d'exigence des aurevallois en matière de bière, l'organisateur scruta longuement la mousse d'un oeil critique avant de daigner prendre une gorgée de la boisson ambrée. Après avoir émis une léger bruit de gorge pour marquer la qualité de sa consommation, il reporta toute son attention sur le nain assis stoïquement en face de lui.

Je pense ne pas me livrer à une audacieuse spéculation en vous décrivant comme intrigué par ma demande d'entrevue, maître Drekgiti.      

Gromdal avisa le seigneur bretonnien en face de lui. Le sire d'Aurevallis devait faire partie des rares personnalités qu'il ne pouvait cerner de prime abord ... D'un côté, il avait indéniablement une prestance noble et une expression des plus contenues et raisonnables, mais il y avait une lueur dans son regard qui faisait se mettre le nain sur ses gardes. D'ailleurs, le Voyageur n'avait toujours pas touché à sa chope. C'était tout juste s'il l'avait regardée plus d'une fois. Non, toute son attention était, à lui aussi, concentrée sur Mictlantecuhtli de l'autre côté de la table.

Pouvais-je m'y attendre ? répondit-il simplement, avec un sourire qui se voulait agréable. Je suis à votre écoute.

Son interlocuteur eut une sorte de petit rire contenu. Le nain était incontestablement prudent. Voila qui contrastait avec le caractère abrupt et quelques fois emporté de sa race. Aurevallis reprit après quelques instants d'une pause calculée :

Si votre surnom n'est pas usurpé, messire Voyageur, je ne doute pas que vous ayez vu du pays et affronté maints dangers. Vos pas vous auraient-ils déjà mené sous les frondaisons de la grande forêt d'Arden ? demanda-t-il avec un regard en coin avant d'avaler une nouvelle gorgée de bière.  

Mon surnom n'est pas usurpé, je peux vous en assurer, répondit l'intéressé avec une pointe de fierté non feinte. Mais mes voyages ne m'ont mené que récemment sur les terres bretonniennes, et ne sont jamais passés par la forêt d'Arden.

Le nain croisa les bras en attendant d'en savoir plus sur les intentions de son interlocuteur. A cette réponse, un sourire quasiment imperceptible passa sur le visage de Mictlantecuhtli. Dès qu'il était question de conclure une affaire impliquant ces régions horriblement dangereuses du royaume, mieux valait que le signataire n'y ait jamais mis les pieds.

Pour qui sait les saisir, la contrée regorge d'opportunités de s'enrichir, reprit l'organisateur en passant sous silence les opportunités - bien plus concrètes - d'y laisser sa peau. Allons droit au but, maître nain : je dispose sur mes terres d'une petite rivière aurifère qui, du fait d'une main d'oeuvre non qualifiée, ne m'offre qu'un faible rendement. Hors, qui dit dépôts alluvionnaires dit aussi filons exploitables là où le cours d'eau prend sa source. Dès lors, que diriez-vous si  je vous proposais de diriger une expédition minière dans les collines boisées du nord de mon domaine ?

Gromdal fut réellement surpris par la question. Décidément, le seigneur bretonnien ne tournait pas autour du pot. Fort, bien, il ferait de même.

Je vous dirais que seul, je fais une bien piètre expédition. Et je vous dirais bien que ce serait plus vers Grakk que vous devriez vous tourner. Enfin, je vous demanderais si vous êtes bien sûr de vouloir demander à des nains de travailler pour vous.

La réponse n'était clairement pas du goût de Mictlantecuhtli, comme en témoignaient ses sourcils froncés et une certaine crispation dans la mâchoire. Le Voyageur lui avait semblé être la meilleure personne avec qui négocier, et voilà qu'il le renvoyait d'emblée vers un collègue ô combien antipathique. Les choses ne prenaient pas la tournure escomptée.

Mes paysans sont à peine capables d'exploiter correctement des champs et des vergers, maître nain ; prenez cela en considération. Si je leur demandais de creuser des galeries, ma main à couper qu'elles s'effondreraient sur leurs têtes avant d'avoir eu le temps de dire "étai". Les pertes humaines sont sans importance, mais le matériel est onéreux et les contretemps fâcheux. Non, non, non, ajouta-t-il en agitant l'index, seule une main-d'oeuvre qualifiée serait à même de mener ce projet à bien. L'expertise des vôtres me semble donc indispensable ; tout du moins dans un premier temps.

Un discret hochement de tête du nain marqua une compréhension de ces arguments, sinon leur approbation. Fort de cette bonne base, l'organisateur poursuivit :

Ceci étant, si la gestion d'une mine ne fait pas partie de vos secteurs d'activité, je puis en effet me rabattre sur votre collègue. Comprenez cependant qu'il m'est totalement étranger ; n'ayant pas même correspondu avec lui comme je le fis avec vous pour ce tournoi. Il serait de bon ton que quelqu'un joue les intermédiaire entre nous dans le cadre des négociations qui s'annoncent, conclut-il en fixant Gromdal du coin de l'oeil.    

Ce dernier hocha la tête, et point discrètement cette fois-ci.

J'allais vous le proposer. S'il comprend le bretonnien, je doute que ce - vénérable - ancêtre daigne accepter de parler votre langue ... Je vais de ce pas le chercher, mais je vous averti, je ne réponds de rien quant à ce qui se passera par la suite.

Il se leva donc et laissa le seigneur bretonnien sur ces paroles des plus positives, non sans une petite courbette. Lorsqu'il revint, quelques minutes plus tard, c'était avec l'ingénieur nain, qui visiblement traînait des pieds. Une fois Grakk assis sur la chaise qu'occupait Gromdal, qui restait debout derrière lui, le vieux nain prononça deux mots que Mictlantecuhtli ne comprit pas. Il regarda Gromdal, qui lui fournit la laconique traduction :

Il dit : "quatre-vingt-quinze pourcents".

Le sire d'Aurevallis cligna des yeux avec une insistance affichée. Il s'avait pertinemment de quoi il retournait, mais préféra mettre la pression sur l'ingénieur en le forçant à être plus explicite.

Nonante-cinq donc, reformula-t-il dans son parler d'Arden. Nonante-cinq pourcents de quoi ?

Grakk regarda le bretonnien, puis se retourna vers Gromdal, comme pour lui demander à quel jeu jouait l'humain. Le Voyageur soupira avant de reprendre :

La Guilde des Ingénieurs s'octroie quatre-vingt-quinze pourcents des revenus de la mine, soit 9 lingots et demi sur 10 produits.

Le vieil ingénieur ne sembla pas être satisfait de la réponse, et invectiva son interprète de continuer avec force propos en Khazalid. Gromdal soupira derechef.

La Guilde s'engage en retour, une fois le contrat signé sur douze plaques et devant témoins, à s'atteler à la tâche dans les plus brefs délais et avec tous les moyens dont elle dispose et ses ingénieurs patentés. Une fois les infrastructures posées, la production journalière peut atteindre un lingot toute les trois douzaines de minutes. Note à l'intention du futur acheteur : en cas d'épuisement du gisement en moins d'une semaine, la guilde s'octroie dix lingots supplémentaires en compensation du déplacement de l'équipement superflu. Offre spéciale du moment : recevez un demi pourcent de rabais sur les taxes de votre premier contrat l'achat de notre plaque-de-marbre-de-fidélité.

Une fois la longue tirade finie, le vieux nain hocha la tête et adressa son plus grand sourire au seigneur d'Aurevallis. Ce dernier le lui rendit tout en laissant échapper un petit ricanement mauvais qui évolua peu à peu en un rire franc des plus inquiétants. Puis, sans crier gare, il abattit violement une paume ouverte sur la table qui supportait les boissons. Verres et choppes bondirent de quelques centimètres avant de retomber sur leur pied en équilibre précaire, renversant un peu de leur contenu sur le bois ciré. Un silence tendu s'installa.

Très amusant, finit par dire Mictlantecuhtli sur un ton qui trahissait une pensée à l'exact opposé. Et à part cela, puis-je ajouter ma couronne seigneuriale à votre modeste facture ? Vous offrir directement la pleine propriété de toute la région des collines ne nous ferait-il pas gagner du temps ?

L'organisateur était bien décidé à rendre coup pour coup et à faire ravaler au vieil ingénieur l'insulte de sa première offre. Aussi poursuivit-il son discours sur un ton acerbe en y instillant quelques sous-entendus assassins.

Seul un abruti congénital pourrait me croire capable d'accéder à une telle demande ; et, sauf erreur de ma part, vous n'entrez pas dans cette catégorie. Redevenons donc sérieux et souffrez que je permute les rôles : vous obtiendrez cinq pourcents de la production pour votre assistance. Etant entendu que je fournis le matériel d'excavation ainsi que les poutres pour sécuriser les galeries, la part me semble généreuse.
       
Grakk haussa un sourcil, et répondit d'un ton sec. La traduction de Gromdal ne se fit pas attendre.

Il dit que vous avez la négociation dure. Mais la Guilde ramènera son propre matériel d'excavation ; on ne fait pas un tournoi de trébuchets avec des lance-pierres. La compensation doit suivre. Soit quatre-vingt-dix pourcent.

Allons bon rétorqua Mictlantecuhtli sur un ton désabusé, mais sans se départir de son sourire sarcastique. Laissez moi faire appel à votre bon sens, messire ingénieur : verriez-vous d'un bon oeil que je prélève les neuf dixièmes des ressources de vos mines si d'aventure j'étais amené à les exploiter en votre lieu et place ? Ne commettez pas la grossière erreur de voir en moi un amateur mal informé. Vous savez que ces tarifs exorbitants rendraient la démarche absurde, en plus de la priver de toute plus-value par rapport à une exploitation confiée à mes gueux. Les nains sont un peuple de chiffres à ce que l'on dit, alors parlons chiffres : mes mineurs ne seraient sans doute capables d'égaler que le tiers des quotas d'extraction auxquels vous vous engagez. Conséquence de quoi, vous abandonner ne serait-ce que soixante-six pourcents des lingots ne présenterait pas le moindre intérêt pour moi. Autant attendre plus longtemps et profiter de la totalité du gisement ; c'est de la pure logique mathématique. Si je veux que l'entreprise soit rentable, je dois au minimum m'approprier les deux tiers des bénéfices, et encore ... Ne prenez donc plus la peine d'avancer un chiffre au delà des trente pourcents, car il recevrait immédiatement mon veto. En gage de ma bonne volonté, je vous propose cependant quinze pourcents des recettes. Qu'en dites-vous ?

Les nains s'y entendaient d'ordinaire en considérations économiques. Ayant fait étalage de ses indiscutables calculs, le seigneur d'Aurevallis espérait que Grakk se montrerait plus raisonnable, sans quoi les négociations risquaient fort de tourner court.              

Le vieux nain hocha calmement la tête, son expression d'ordinaire sèche et dure se détendant l'espace d'un instant. Maintenant que les deux partis avaient fini de se jauger l'un l'autre, les vraies négociations, sérieusement fondées, pouvaient commencer. L'ingénieur se lança donc dans une longue tirade d'un ton pausé, que Gromdal traduisit :

Vos plaintes ont été entendues, et il ne sera pas dit que les nains ne peuvent entendre la voix de la raison. Mais il sera dit qu'un voyage de Karak Norn jusqu'à la forêt d'Arden n'est pas tâche aisée, qui plus est avec un convoi aussi important que le requiert l'opération, tant dans le transport lui-même que dans sa défense. Ainsi donc, pour que les deux partis puissent profiter au mieux de la situation, la guilde propose le compromis suivant : un membre de la guilde sera envoyé pour évaluer la qualité et la taille du filon. Ces renseignements permettront d'évaluer le taux de prélèvement de la Guilde : plus le rendu prévu sera faible, plus le taux sera élevé pour permettre de rentabiliser la situation. À l'inverse, plus la mine sera rentable, plus la Guilde pourra se permettre de baisser son taux de prélèvement. Il est évident que si le rendu prévu est jugé insuffisant pour compenser les coûts de la Guilde, l'opération sera annulée et le contrat caduc.

Le Voyageur s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. S'il parlait correctement le bretonnien, l'exercice de traduction du vocabulaire plus que pointu de l'ingénieur était loin d'être facile. Il continua :

Grakk ici présent, en tant que représentant de cette dernière, propose de fixer le plafond maximal à un pourcentage de cinquante, et le plafond minimal à vingt-cinq, soit la moitié du plafond maximal. Il précise également que, si le rapport qualité/taille de votre gisement est celui standard des mines de la Guilde, le plafond n'excédera pas les trente-six pourcents. Mais, par manque d'information sur la qualité aurifère des terres bretonniennes, la Guilde préfère prendre une marge de quinze pourcents.

Mictlantecuhtli maudit intérieurement l'esprit étroit et rapace des nains. Si leurs aptitudes techniques étaient incontestables, le coût de leur service relevait de la plus pure extorsion. Bien décidé à ne pas céder un pouce de terrain, et encore moins à franchir les limites qu'il s'était imposé, Aurevallis conclut la négociation :

Envoyez donc l'un de vos experts, maître Grakk. Mais je vous préviens sans la moindre ambiguïté : rien ne sera signé qui impliquerait de vous céder plus de trente pourcents de la production. Puisque vous tenez vos collègues en haute estime, leur évaluation fera foi. Et si par malheur le filon s'avérait plus pauvre que prévu, je ne tolérerai aucune révision à la hausse de vos honoraires. C'est uniquement sous ces conditions que nous ferons affaire. Reste à espérer que le gisement soit excellent. Je vous laisse réfléchir à tête reposée. Communiquez-moi votre décision après avoir consulté vos ... éminents collègues, acheva-t-il en faisant peser une bonne dose d'ironie sur ces derniers mots.  

Le vieux nain ne répondit pas pendant un moment, puis tapa violemment du poing sur la table, faisant sursauter le seigneur bretonnien ... et Gromdal. Cette fois, ce fut l'ingénieur lui-même qui s'exprima dans un bretonnien dur et haché, sa voix grave et profonde :

Ainsi soit-il, humain ! Nous enverrons les nôtres chez vous, et nous verrons. Nous verrons ...

Et, sans plus de cérémonie, il vida la chope qui se trouvait sur la table, que Gromdal n'avait pas touchée, d'un seul trait, avant de clopiner hors de la pièce sans rien dire.

Une fois l'ingénieur sorti, Gromdal se lissa la barbe, perplexe.

Tout bien considéré, ça ne s'est pas si mal passé que prévu, finalement ... J'espère que votre affaire de mine se résoudra pour le mieux, d'une façon comme d'une autre, seigneur Mictlantecuhtli. Sur ce, je m'en vais rejoindre ma place également.

Et il s'inclina brièvement avant de quitter lui-même la scène, laissant le sire d'Aurevallis à ses pensées. Pendant de longues minutes, ce dernier demeura seul, le regard perdu dans le vide à caresser machinalement sa barbe du bout de l'index. Quand le capitaine Baldwin rejoignit son maître, il fut surpris de constater qu'un léger sourire illuminait son visage.

Monseigneur ..., dit-il timidement pour capter son attention.

Ah, Baldwin ! Vous tombez bien. Les négociations avec les nains sont terminées.

Je vois ça, seigneur. Et ... êtes-vous parvenu à un accord profitable ?

Plus ou moins. Si notre gisement est assez riche que pour justifier l'opération, nous devrions laisser aux nains de vingt-cinq à trente pourcents du minerai.

Mais c'est énorme ! ne put s'empêcher de crier l'officier.

Certes, mais rassurez-vous, car ils ne quitteront pas mes terres avec un tel pactole.

Vous ne comptez quand même pas ...

Quoi ? Les éliminer ? Oh non, rassurez-vous. Ce serait l'assurance de funestes représailles. J'ai un atout bien plus efficace dans ma manche.

Quel est-il, si je puis me permettre cette indiscrétion monseigneur ?

Mictlantecuhtli fit signe à son loyal bras droit de s'approcher et lui murmura quasiment la réponse à l'oreille :

Ce vieux bouc était très dur en affaires, mais les termes de son contrat n'abordaient somme toute que les questions liées à l'exploitation et au prélèvement réalisé par la Guilde. Ignorant les coutumes du royaume, il ne pouvait prendre en compte mes prérogatives seigneuriales ...

Baldwin se fendit à son tour d'un large sourire. Il commençait à comprendre la ruse de son suzerain.

Lorsque le travail sera terminé, les mineurs feront leurs bagages pour rentrer chez eux. Attendez alors qu'ils découvrent le montant des taxes de séjour et de circulation, l'impôt sur l'exercice d'une profession réglementée, les frais de douane et la dîme ! S'ils parviennent à franchir mes frontières avec les cinq pourcents que je leur avais initialement proposés, ils pourront s'estimer heureux !

Et Mictlantecuhtli partit dans l'un de ses rires inquiétants avant de vider le restant de sa choppe. Baldwin était pour sa part admiratif. Un coup pareil était d'autant plus génial qu'il respectait à la lettre les lois de Bretonnie. Tout seigneur avait le droit de procéder sur ses terres aux prélèvements qui lui semblaient justes et nécessaires. Si les nains ne manqueraient pas d'être furieux, ils n'auraient aucune marge de manoeuvre. Tenter des représailles armées ou une action en justice pour récupérer ce qu'ils estimaient leur être dû n'aboutirait qu'à liguer contre eux toute la noblesse du pays.

C'est un plan parfait, monseigneur ! Bon, il ne marchera qu'une fois, mais il va vous rendre riche.

C'est bien possible, mais ne crions pas victoire trop tôt, réagit Aurevallis sur un ton posé et pragmatique. Rien n'est encore signé et tout dépend de l'importance du filon. Si le plan est bon, il peut encore voler en éclats à cause d'un impondérable. Bah, ajouta-t-il après un instant de flottement, si ce projet n'aboutit pas, nous tenterons autre chose. On connaît plus d'échecs que de réussites dans la vie ; le tout est de savoir rebondir dessus.

Puis il se leva de son tabouret et étira ses membres engourdis.

Regagnons la tribune sans tarder. Cette discussion a duré longtemps et les rochers ne devraient plus tarder à pleuvoir.

Escorté par Baldwin qui lui ouvrit sans difficulté un passage dans la foule, l'organisateur retrouva sa place parmi la fine fleur du royaume. En jetant des regards circulaires, il fut surpris de constater que plusieurs commanditaires d'équipages s'étaient absentés. Chose étrange, le siège du comte d'Alsacie lui-même était vide. Mi intrigué, mi inquiet, il rappela son capitaine pour s'informer :

Auriez-vous une explication à toutes ses places désertées, capitaine, demanda-t-il en les pointant du doigt.

Plus ou moins, monseigneur. Je devais justement vous entretenir des troubles qui agitent les coulisses du tournoi. Le compte-rendu de vos négociations m'en a un peu distrait.

Je vous écoute.

Les rapports de nos services de renseignement sont pour le moins ... confus, seigneur. Il serait question de sabotages ou de complots impliquant des espions infiltrés, des hommes-rats ou des impériaux. On aurait même entendu un personnage suspect s'exprimer avec un fort accent estalien.

En bref nous ne savons rien, résuma Mictlantecuhtli.

Pas grand chose, seigneur, je l'avoue. Nos hommes continuent d'enquêter, mais il semblerait que l'absence de certains invités de marque soit liée à ces évènements : ils se sont répartis en deux groupes et passent au peigne fin certaines installations du tournoi.

L'organisateur se massa les tempes en secouant légèrement la tête.

C'est sans doute trop demander que d'avoir un tournoi sans accroc, laissa-t-il échapper pour lui-même dans un soupir. Renforcez la surveillance, capitaine. Pour l'heure, si le comte s'en mêle, nous allons le laissez faire. Il connaît mieux le terrain que nous et puis si les choses tournent mal ... ce sera de toute façon pour sa pomme.  

Baldwin allait prendre congé quand il se ravisa.

Une dernière chose, mon maître. Il y a eu une légère altercation au bar durant votre absence. Pas de blessé grave, surtout des dégâts matériels ; mais je voulais vous en avertir. Une rixe entre jeunes chevaliers en apparence. Ils ont été appréhendés par le service d'ordre

A ces seuls mots de « jeunes chevaliers », Mictlantecuhtli tiqua et tourna lentement la tête vers l'officier. Son regard témoignait d'une intense suspicion et d'un désir de passer ses nerfs sur quelqu'un.

Amenez-les moi.

Des ordres aussi brefs lancés d'une voix glaciale n'étaient jamais bon signe ; aussi Baldwin s'empressa-t-il d'aller chercher les nobliaux dans la cellule où ils croupissaient.

A peine était-il parti que le signal de la cinquième salve de tirs retenti clairement sur tout le terrain. Les spectateurs se ruèrent à leurs places pour n'en rien manquer, car le suspens allait croissant à mesure que se succédaient les tours. Hormis le trébuchet de Gransette, plus aucune cible évidente n'était de nature attirer les projectiles, ce qui faisait grimper les cotes des paris et nourrissait toutes les spéculations.

Le rocher du baron de Joli Tonneau fila dans les airs alors que l'écho des trompes se répercutait encore d'une tour à l'autre. Le tir fut si rapide que l'on eut pu croire ses artilleurs tendus comme des cordes d'arcs. Le mécanisme à traction manuelle de la bricole devait sans doute leur permettre de réagir bien plus rapidement qu'un trébuchet ordinaire.

Rapidité n'était pourtant pas synonyme de précision, car la pierre dévia une fois encore de sa trajectoire pour s'écraser plusieurs mètres au sud du trébuchet de l'équipe jaune. Les hommes du baron étaient visiblement bien décidés à empocher l'alléchant paquet de points que représentait la machine de guerre, mais leur obstination ne portait pas vraiment ses fruits.

Surgissant de nulle part, un projectile de télébuchet détourna l'attention du public en fauchant le toit de l'une des tours d'observation. Les tuiles et bris de bois qui tombèrent parmi les spectateurs arrachèrent de nombreux cris d'épouvante et firent visiblement plusieurs blessés avant que la petite sphère ne frappe le sud du terrain. L'équipe médicale se précipita sans tarder au secours des nobles en péril, laissant le soin aux gueux en contrebas de gérer leurs propres victimes. Parmi les contusions légères, les soigneurs trouvèrent un certain vicomte de Villebasse qui gisait dans son siège, tête renversée, un éclat de poutre dramatiquement planté en plein front. Une jeune femme assise à côté de lui hurlait à pleins poumons, le sang ayant éclaboussé sa robe de soie importée de Cathay.

Le tir de l'équipe naine manqua soulever un mouvement de panique similaire lorsqu'un rocher - stratégiquement envoyé dans un couloir vide le long du bord ouest du champ de bataille - se fracassa à deux doigts des spectateurs. Bien qu'il n'y eu aucune victime à déplorer, la milice dû ramener l'ordre parmi la populace dont les premiers rangs tentaient en masse de se frayer un chemin vers des places plus éloignées.

Ce fut ensuite au tour de l'équipe rouge d'envoyer son projectile au coeur d'une vaste zone recouverte de brumes au nord du terrain. La dissipation du camouflage magique ne révéla cependant que plusieurs mètres carrés de terre gelée et labourée par l'impact.

Le public s'apprêtait à faire son deuil d'une phase d'action, mais chacun demeurait attentif afin d'assister au tir de la légendaire choucroute. Une fois encore, elle allait constituer le point d'orgue du tour. Sans décevoir les appels enthousiastes de la plèbe, le mélange de chou cuit et de charcuteries suspectes fendit les cieux, telle une répugnante comète gluante. Le non moins célèbre cri de guerre des artilleurs d'Alacie accompagna l'envoi, mais fut interrompu par les vociférations du comte. Mictlantecuhtli eut beau regarder partout autour de lui, impossible de repérer l'hôte de la compétition. Peut-être se trouvait-il à un autre étage de la tour, occupé par ses investigations.                  

Le public apprécia ce moment de comédie involontaire et rit de bon coeur, hormis une portion des bancs située le long de la bordure sud-est. La choucroute s'en rapprochait dangereusement, constituant la troisième menace du tour à l'encontre de la sécurité des spectateurs. A l'instar du rocher des nains, son atterrissage causa plus de peur que de mal, mais les bousculades commençaient à se généraliser dans les gradins.

Se précipitant à la rambarde armé d'un porte-voix, l'organisateur tenta de ramener le calme tout en martelant du poing.

SILEEEEEEENCE ! J'EXIGE DE L'ORDRE ET DE LA DISCIPLINE DANS CE TOURNOI !

La crainte des sanctions expéditives dont ils pourraient faire l'objet suffit à ramener les agités dans le droit chemin. Quelques instants plus tard, l'assistance s'était remise en bon ordre et fixait en silence le noble à la longue tunique rouge qui les foudroyait du regard en retour. Sur sa droite, l'organisateur furibond entendit distinctement un raclement de gorge.

QUOI ?!

Ce n'était autre que PPDA qui, bien que séparé de Mictlantecuhtli par une bonne dizaine de mètres, fit un bond en arrière de peur de se prendre un coup.

Pardonnez-moi votre seigneurie mais ...

Mais quoi ?

Sans oser ajouter quoi que ce soit, le commentateur désigna d'un doigt tremblant un point du champ de bataille. Se penchant à la rambarde, Mictlantecuhtli ouvrit de grands yeux éberlués avant de se retourner.

Oh. Bon et bien annoncez le mon vieux. Je ne dois quand même pas tout faire moi-même ici.

Tandis qu'Aurevallis regagnait sa place avec une mine fatiguée, PPDA reprit son propre porte-voix pour communiquer les derniers résultats.

Nouvelle équipe découverte, mesdames et messieurs ! L'un des servants du Lord a été cruellement fauché par la terrible choucroute d'Alsacie ! Le comte totalise à présent deux points pour cette élimination.

Des applaudissements nourris saluèrent cette annonce. Et en effet, un artilleur à livrée rouge gisait sur le champ de bataille, à moitié recouvert de choucroute et une saucisse plantée dans un lieu que la décence interdit de nommer. Le pauvre diable ne bougeait plus d'un cil et le service médical ne semblait guère pressé d'aller lui porter assistance. Enfin, la spécialité du comte avait fait ses preuves.

Outre cette nouvelle perte, j'attire votre attention, cher public, sur l'étrange répartition des cratères qui forment désormais un anneau autour de la partie centrale du terrain qui reste majoritairement inexplorée. Ce coup du sort pour le Lord n'empêchera pas son équipe de participer au moins à la prochaine salve, ce qui nous promet peut-être de nouvelles découvertes à courte échéance !

L'équipe locale a eu le nez fin en ciblant ce point reculé du champ de bataille, commenta l'Enchanteresse à destination de son voisin.

Assurément. Je n'aurais certes pas parié sur un tir dans ce secteur, rétorqua Mictlantecuhtli. Les artilleurs du Lord jouissaient jusqu'à présent d'une position enviable, mais je ne donne plus cher de leur peau après les prochains tours.

Tandis que le tableau des scores était mis à jour et que l'appel au premier observateur était sonné, le capitaine Baldwin réapparut, suivi des quelques jeunes chevaliers qu'il était allé chercher en cellule. Le plus âgé devait à peine frôler la vingtaine, mais tous sans exception tremblaient dans leur chausses. Sur un simple geste d'Aurevallis, les colosses de sa garde personnelle qui encadraient ces graines de délinquants les jetèrent à genoux.

Bieeeen, laissa lentement échapper Mictlantecuhtli en les toisant. On me rapporte que vous vous êtes rendus coupables de troubles à l'ordre public, jeunes gens.

Chaque mot était comme un coup de poignard qui eu raison du peu de courage qui leur restait. Certains fondirent en larmes, suppliant entre deux hoquets nerveux qu'on n'attente pas à leur vie. La réputation d'indicible cruauté du personnage devant qui ils comparaissaient était largement répandue parmi la noblesse et la roture.

Commencez par me parler de cette rixe au bar et, si vos réponses sont satisfaisantes, j'envisagerai de seulement vous laisser croupir dans un cachot jusqu'à la fin du tournoi.

En réalité, Mictlantecuhtli savait qu'il ne pouvait pas grand chose contre ces pleurnicheurs. Etant de sang noble, la moindre atteinte à leur intégrité physique soulèverait l'indignation de leurs familles. Mais tant que la terreur voilait leurs capacités de raisonnement, il entendait bien en profiter.

C'est pas nous qui avons commencé, votre seigneurie ! s'empressa de dire un jeune blanc-bec aux dents de travers.

On a été provoqués, votre magnificence ! renchérit un autre.

On voulait juste boire un coup avec lui et il nous a insulté, messire !

Mictlantecuhtli leva la main pour interrompre cette narration débridée.

« Lui » ? Qui était cet autre individu ? Est-il parmi vous ?

Non, messire. Il a lâchement pris la fuite avant que ces brutes ... je veux dire avant que vos hommes ne nous mettent aux arrêts.

Je vois ... Son nom ?

Il a refusé de nous le donner, monseigneur.

Décrivez-le.

Ben euh ... il était grand, plus âgé que nous ...

Avec un air de séducteur sur le retour ...

Une mine hautaine, même suffisante ...

Il était agile comme un elfe et sautait partout en distribuant des coups ...

Suffit !, interrompit à nouveau l'organisateur. Je serai bon prince ... pour cette fois. Mais si je vous reprends jamais à troubler l'ordre, je vous offrirai une séance privée de vivisection.

Muets de peur, les damoiseaux furent remis sur pieds par des mains fermes et reconduits sans ménagement vers le cul-de-basse-fosse où ils passeraient le reste de la journée. Quand ils eurent quitté la plateforme d'observation, Mictlantecuhtli saisit le bras de Baldwin et le tira vers lui d'un coup sec.

Trouvez moi De la Gaudriolle ! Je pense qu'il est temps que nous ayons une petite discussion.

Après s'être profondément incliné, le capitaine partit accomplir sa nouvelle mission au pas de course.

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Tir de télébuchet en Z18.

Impacts :

Calidus5 : J21 => déviation sud de 2 cases => L21
Gromdal : S2 => Hit ! => S2
Lord del Insula : E13 => Hit ! => E13
MagnanXXIII : Z22 => Hit ! => Z22

Paris résolus :

- Alain de Saint Jean :

5 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Mise rétrocédée (égalité avec les autres quarts)
5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (MagnanXXIII) : Raté

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 1,5 pour 1 (Lord del Insula) et 4 pour 1 (autres équipes).
- Prochaine perte : 1,3 pour 1 (Lord del Insula) 6 pour 1 (autres équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 32.5 Co Hors jeu
- Calidus5 : 1 point ; 40 Co
- Gromdal : 6 point ; 40 Co
- Kaops : 2 points ; 25 Co Hors jeu
- Lord del Insula : 4 point ; 98 Co
- MagnanXXIII : 2 point ; 30 Co
- Toison d'or : 1 point ;  60 Co Hors jeu

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Fin du cinquième tour ! En vue du sixième, chaque joueur doit me faire parvenir ses coordonnées de tir ainsi qu'un éventuel texte d'accompagnement par message privé pour le 25 mars au plus tard.

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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mer 21 Mar 2018 - 19:27

Le baron de Joli-Tonneau regarda le taudis qu’était le quartier nord.
- Bof, ce n’est pas plus sale que les cavernes goblinnes finalement. Dis-moi Jacques tu es déjà allé dans ce genre de quartier, toi ?
- Fort peu, monseigneur. Mais il m’est déjà arrivé d’effectuer moi-même des opérations de police dans des quartiers aussi repoussants que celui-ci.
- Une idée qui pourrait nous faire avancer ?
- J’y viens monseigneur.

Jacques attrapa par le col l'un des rares paysans crasseux et miséreux qui traînaient encore dans le quartier nord au lieu de se divertir au tournoi et se mit à le rouer de coups sous les mines surprises des deux seigneurs Bretonniens et des nains. Après quelques châtaignes bien placées, le limier s’interrompit un instant et hurla à la figure du pauvre bougre :
- Tu vas parler, oui !
- Mais, fous ne m’avez même pas pofé de quesfions. Se défendit le vilain.

Pour toute réponse le bras droit du baron donna une pluie supplémentaire de coups au pauvre paysan avant d’ajouter.
- Crache le morceau, ordure !

Le vilain paniqué chercha désespérément dans son cerveau sous-utilisé comment se sortir de cette situation absurde.
- Les-familles-fe-réuniffent-à-l’heure-actuelle-dans-les-fous-fols-de-la-groffe-Ginette, la-plus groffe-maifon-dans-la-troifième-rue-fur-votre-gauche.
- Bien, tu vois quand tu veux ! Tu vas nous accompagner...

- Excusez-moi, sergent, mais je ne vois pas en quoi cela concerne les Skavens. Intervint Brombur.
- Les « familles », qui se font parfois appeler « guilde », sont des organisations criminelles qui regroupent les contrebandiers, prostituées, esclavagistes, jeux clandestins, et d’autres choses encore moins avouables. Ils utilisent des souterrains pour leur trafic et commercer avec des mutants ne les dérange généralement pas. C’est pourquoi je vous propose d’aller leur rendre une petite visite de courtoisie. Conclut-il avec un sourie carnassier.  Twisted Evil
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 24 Mar 2018 - 15:40

Dans une taverne pratiquement désertée de Strosheim, un étrange duo composé d’un capitaine de navire impérial, Wilhelm Von Kiefferbach, et d’un charpentier de navire mi-homme mi-automate à vapeur, Franziskus Zimmerkopt, discutent :

« Vous ne trouvez pas ça étrange qu’il y a si peu de * Klong * monde ici capitaine ? La demande du charpentier était accompagnée des bruits de son mécanisme dorsal à vapeur chargé de faire fonctionner ses membres métalliques.
– Hmm… Quoi ?
– Les gens !
– Ah oui, ben ils doivent tous assister au tournoi...
– Vous êtes songeur capitaine * Klong *.
– Évidemment, je m’inquiète pour Frankis, et pour le reste de la mission en général.
– Ne vous inquiétez pas capitaine * Klong * Frankis Fishermann est un expert en dissimulation, malgré son passé de simple pêcheur il a réussi à infiltrer les tombeaux de Khermi sans se faire repérer par les morts-vivants.
– Cette expérience l’a quand même rendu fou. J’ai peur que son comportement le rende suspect.
– On lui a donné un vêtement de paysan alsaçois * Klong *, il devrait pouvoir se faire passer pour un pêcheur normal dans la masse de gueux, et puis de toute façon ce n’est pas comme s’il avait cinquante trébuchets à saboter, il y en a qu’une poignée au nœud central qui sert actuellement de tournoi.
– Un paysan avec une machine de sabotage qui crache de la vapeur entre les mains… Quelle idée de lui avoir donné un truc pareil pour une mission d’infiltration !
– J’ai fait ce que j’ai pu pour concevoir un outil rapide et efficace capable d’endommager un * Klong * trébuchet suffisamment pour que sa réparation dure plus d’une nuit. C’est pourtant simple, après avoir coupé tous les cordages il suffit de coincer l’engin dans le mécanisme entre…
– Épargnez-moi les détails ! Je crois que je vais prendre une autre bière. Tavernier !
– On aurait pu * Klong * prendre des bières de notre stock, on en a à plus savoir qu’en faire.
– C’est de la bière frelatée, tout juste bonne à donner aux gueux de Bretonnie. De toute façon c’est la cargaison qui nous sert de couverture, en nous faisant passer pour des commerçants venant approvisionner la région en bière pour le tournoi. Hors de question de boire à cette pisse.
– Maintenant que j’y pense * Klong * pourquoi rester à Strosheim ? Il doit y avoir des tavernes à Havenheim, on aurait pu s’approcher de l’événement.
– S’approcher de l’événement c’est s’approcher de lui, et je ne veux surtout pas qu’il me voit !
– Vous voulez parler de votre cous…
– Chuuuuut !
– Pardon * Klong *.
– Merci, répondit le capitaine au tavernier en recevant sa bière.
– Mais si ça se trouve, continua Franziskus, * Klong * il ne vous connaît même pas. Vous m’avez dit que votre branche de la famille a été renié par l’autre.
– On n’est jamais trop prudent. »
Il eut un blanc.
« En parlant de prudence, Steve et Miguel ne devaient pas nous rejoindre à la taverne ?
– Vous allez rire capitaine * Klong *, Steve voulait à tout prix assister au tournoi de trébuchet, je n’ai pas pu le retenir, il a suivi Fishermann, et Miguel les a aussi suivi bien évidement. »
Il eut un autre blanc.
« Tavernier ! Lança Wilhelm. Préparez-moi plusieurs bières à l’avance, j’en aurait besoin, une vingtaine je dirai.
— Je ne vois pas ce qu’il pourrait mal se passer * Klong *.
— Tu rigoles j’espère !
— Oui capitaine * Klong *.
— Ah… Ah…. ATCHA !
— Enrhumé capitaine ?
— * snif * bwoui, je déteste le climat froid et sec de cette région. On est un peu frileux dans notre famille tu sais.
— * Klong * »

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Chez Mantic nous irons,
Au Neuvième âge nous jouerons,
Dans tous les cas nous resterons bretonniens !


Les batailles au Moyen Âge étaient si simples...:
 
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 24 Mar 2018 - 23:24

Tandis que les derniers tirs venaient de se conclure, les différents cuisiniers, brasseurs et autres commis s'activaient de plus belle pour répondre à la forte demande de la part des spectateurs. Dans ces coulisses remplies de doux parfums de cuisson, où défilait une grande procession de serveur, un gentilhomme se débinait le plus discrètement possible.

Fulbert de la Gaudriolle, car c'était lui, avait trouvé en ces lieux un abri ainsi qu'un poste d'observation. Il avait en effet trouvé un coin dans lequel suivre le cours des évènements sans ce faire voir, et sans attirer non plus l'attention de cette fourmilière trop occupée. De ce fait, il avait pu voir que l'on amenait les trois victimes de ses railleries auprès du Seigneur d'Aurevallis, et en avait tiré la conclusion suivante : il devait quitter la tour au plus tôt, puis augmenter la distance entre lui et le service d'ordre d'un nombre de lieues conséquent.

Toute la question résidait sur la manière dont il fallait qu'il s'y prenne pour que cette évasion se fasse discrètement. Il était hors de question de prendre la sortie principale : celle-ci était évidemment gardé et pour peu qu'il puisse passer avant que les consignes soient données de l'appréhender, son passage sera forcément remarqué. Le risque était bien trop grand.

Regardant autour de lui, Fulbert essayait de voir si en ces lieux ne résidait pas son échappatoire.
Il avisa la porte de service empruntée par les laquais et y vit sa solution. Il s'y dirigea prudemment, s'attendant une occasion de la traverser sans être aperçu, quand il surprit une conversation entre deux commis et leur patron :

- Chef, y a die gardes qui redemandions eine tournée ! - annonça le premier en déposant un sac de vivres.

- Y dizent que za les azzoiffent de nous voir portiren die provizions ! - précisa son compagnon.

- Z'attendriren leur tour – bougeonna le tenancier. Z'avien déjà azzez d'pain sur la planche.


Fulbert battit en retraite en pestant. Cet accès aussi était gardé ! Son abri allait se transformer en piège et il ne voyait pas comment il pourrait en sortir. Il laissa errer son regard lorsqu'il fut attiré par un mouvement furtif. Intrigué, détectant là quelque louche comportement, il se mit en mouvement pour découvrir ce qu'il se tramait. Sa cible était cependant fort agile et se déplaçait avec célérité. Il ne put qu'entrevoir une cape s'esquivait de justesse à sa vue. Cette silhouette disparut soudainement de sa vue à la faveur d'un angle mort. Perplexe, il examina le lieu qui se trouvait être sans issue. Il s'y trouvait  quelques tonneaux alignées, une prote qui se révéla verrouillée, ainsi qu'une meurtrière laissant filtré un mince rayon de Soleil. Aucune sortie et aucune cachette. Comment diable cette ombre s'était-elle volatilisée ?

Noyé dans ces réflexions, il n'entendit pas arriver un groupe de commis en pleine effervescence.

- J'fous dis qu'zerions point trop d'quatre pour trimballieren diesen tonneaux hier. Fu comme ils zont bus, on peut schon en rapportieren deux.

- Ach oui... aber vite. Z'avions encore die marmite à zieuteren.

Ils s'arrêtèrent surpris devant Fulbert qui les dévisageait.

- Excuzez Messire, mais pouviren zavoir ce que fous faizez ici ?

- Ordre spécial du Comte – mentit le chevalier. - Un intrus a été repéré et je suis chargé de l'enquête à ce sujet.

Puisqu'il était repéré, Fulbert improvisait de quoi donner le change pour espérer être tranquille pour un temps. Aussi fut-il surpris de leur réponse.

- Ach oui. Nous z'avons die intructions über ça. Mais zi fous pouviez ne pas trop empechieren le service. Nein nein, nitch gut pour les affaires.

- Vous êtes au courant – tenta de se reprendre Fulbert. - Bien, dans ce cas je compte sur vous pour ouvrir l’œil.

Et faisant mine d'inspecter les tonneaux puis la porte, il réfléchit rapidement. Il tenait peut-être une occasion qu'il ne devait pas rater.

- Qui y a-t-il derrière cette porte ? – interrogea-t-il alors qu'ils commençaient à déplacer les tonneaux.

- Diese porte ? Za est une ancienne prote de service qui mènieren aux cafes de la tour. Z'elle est condanen depuis que der Comte a trouvieren que trop de porten ouferte das est beaucoup de archtoung.

- J'aimerais quand même allait vérifier ce qui se trouve dans le couloir derrière elle. Y a-t-il moyen de se procurer la clé.

Les commis échangèrent un regard. Le plus âgé d'eux hocha la tête et s’avança vers le chevalier.

- Nous afons la clé sur nous. Nous utilisen elle aber ne le diten pas. C'est interdit. Mais za nous aiden à allen plus fite. Fous compriren ?

- Bien sûr, bien sûr – leur sourit-il, heureux de cette aubaine. - Je ne dirai rien. De votre côté, je souhaiterai que vous taisiez ma présence en ces lieux. Je préfère mener mon enquête en secret.

- Ja ja – répondit le commis en ouvrant la porte.

- Nous zavons fu rien du tout – assura un de ses camarades en se cachant les yeux.

- Nous zavons zentendu rien du tout – reprit le second en se bouchanrt les oreilles.

- Et nous diren rien du tout – acheva le dernier avant de porter les mains à la bouche.

Fulbert franchit la porte, qui se referma derrière lui. Il avisa le couloir devant lui et se mit en marche.
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 25 Mar 2018 - 13:41

Le Lord avait quitté la compagnie du Comte et du Chevalier normand pour quérir Fulbert de la Gaudriolle. Il n'avait pas encore regagné les gradins lorsque la manche s'effectuait et que les résultats furent annoncés. Pestant devant ce coup du sort qui menaçait maintenant son équipage, il hâta son pas.

Mieux vaut que j'envoie Fulbert aider Guillaume dans ces recherches, pensa-t-il. Il faut absolument que je prenne les choses en main pour tenter de sauver ce qui peut l'être.

La chose s'avéra cependant plus facile à dire qu'à faire. Avec le nombre de gentilshommes et de gentes dames installés en tribune, trouver un individu en particulier se révélait ardu.

Parmi cette foule cependant, un élément émergeait : les patrouilles du service de sécurité redoublaient d'activité et on eut dit qu'une chasse à l'homme était en cours. Del Insula remarqua que les hommes du Seigneur d'Aurevallis s'affairaient autant que ceux du Comte d'Alsacie. Mettant cela sur le compte du possible saboteur, il en conclut que l'organisateur avait dû lui aussi flairer la chose.

Point de conclusion hâtive, se dit-il. Ce n'est guère le moment de mettre notre hôte en porte-à-faux. Il allait reprendre ses recherches quand il aperçut le Seigneur d'Aurevallis venir à sa rencontre.

- Milord - l'aborda ce dernier -, je suis pour le moins surpris que vous n'ayez pas assisté aux derniers tirs.

- Mille excuses Messire - répondit le Lord -, j'ai grande honte de n'avoir point pu être présent et de faire ainsi offense à l'étiquette. Le Comte d'Alsacie m'a proposé de visiter ses fameux télébuchets. Cette tâche nous a fortement distraits et nous n'avons point pu regagner nos places à temps. J'espère que cet incident fâcheux saura recueillir votre légendaire indulgence.

Cette remarque arracha un sourire à Aurevallis qui aurait fait fuir n'importe quel individu doué d'un minimum d'instinct de survie. Cependant, le Lord n'était pas un individu facile à émouvoir de la sorte, ne serait-ce parce que ce genre de situation le dépassait totalement. Son flegme légendaire provenait sûrement de cette incapacité à décoder ce genre de sous-entendu.

- Allons, allons. Faute avouée est à moitié pardonné. Je confesse d'ailleurs avoir un grand intérêt personnel pour ce dispositif. Imaginez la plus-value qu'il pourrait offrir à mes services de renseignement - plaida l'organisateur, pensant déjà à quelques formes de supplice à même de délier les langues. Cependant - reprit-il -, je ne venais pas pour vous reprocher cela. J'ai un sujet bien plus terre à terre et qui ne souffre pas de délai :

WHERE IS DE LA GAUDRIOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOLLE ???

- Ma foi, je suis moi-même à sa recherche. Et cela me navre de ne le point trouver car j'ai fort à faire avec le tournoi, comme vous devez vous en douter. - se lamenta le Lord - Aussi vous proposerai-je de régler promptement les mesures à prendre pour mon équipage. Après, si vous acceptez, nous pourrons partir ensemble à sa recherche.

- Pourquoi pas. Mais attendons au moins la fin de la prochaine salve. L'absence prolongée d'autant de responsables finirait par déstabiliser les invités. Prenez donc les mesure qui vous semblent nécessaires afin d'aider votre équipage, puis rejoignez-moi dans la tribune d'honneur. Une fois le sixième tour expédié, nous partirons.

- Mille mercis vous soient rendus, mon grandissime ami. Il me brule de connaitre le sort de l'infortuné malheureux qui vient d'essuyer ce tir, - répondit avec gratitude le Lord alors qu'il remarquait qu'une charrette quittait justement le terrain. -  Aussi, vu que vous me le permettez, je vais de ce pas m'enquérir de la chose.

Prenant ainsi congé de l'organisateur, il se rendit en toute hâte au lieu ou les prêtresses de Shallya avait installé leur hôpital de fortune. Il y arriva au moment où Orasio Gustavo, le tiléen de son équipage, était porté dans un brancard, jusqu'à un lit. Le seigneur du Chesnois l'entendit marmonné malgré son état.

- Par la Madone, ye ve voir ci plouc si ridicouliser, ye... - puis il perdit conscience.

Inquiet, le Lord interrogea les prêtresses sur son état.

- Rassurez-vous Milord. Ses jours ne sont pas en dangers, mais il ne sera pas en mesure de quitter le lit avant plusieurs jours.

- Vous m'en voyez soulagé. je vous en confie donc les soins, avec toute ma gratitude, - remercia-t-il.

Il laissa donc son protégé à leurs bons soins, ainsi que quelques pièces de donation par égard au temple de Shillya, puis partit regagner les tribunes. Il escomptait réaliser un dernier pari et donner des instructions à l'intention de son équipage avant de rejoindre Aurevallis.
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Lun 26 Mar 2018 - 0:17

Sur les généreuses indications du gueux local le groupe s'enfonça dans le sillon boueux et empli de détritus divers, que mangeaient des cochons vagabonds, qui faisait fonction de route dans le bourg Nord...

Pas une seule âme qui vive ne se manifesta (au contraire des mouches...), partie assister au tournoi ou bien à la réunion secrète, la population semblait comme "vaporisée", laissant pour seul fond sonore les divers grognements de satisfaction ou de colère des verrats se gavant des rejets de la populace ou se battant pour ceux-ci... Sans parler du bourdonnement incessant des mouches bien entendu...

Les "maisons", parce qu'il fallait bien leur donner un nom, n'étaient qu'une succession de bâtisses mornes, aux portes disjointes, à l'unique fenêtre tout aussi branlante, aux toits laissant tout autant passer l'eau que les courant d'air... Les murs en torchis étaient pourris, craquelés, parfois à moitié effondrés sur un angle voir même plusieurs, laissant voir les carcasses béantes de ces taudis échoués sur les bords de la fange...

L'intérieur de ces masures semblait exhaler la même odeur fétide de putréfaction que les carcasses pourries laissées par les Trolls après leurs repas; mélangé au "fumet" ambiant du fumier suintant comme autant de ruisseaux le tout rendait l'air proprement irrespirable... Tous, d'ailleurs, mettaient fréquemment leur nez dans le creux de leur coude pour reprendre souffle...

Brombur et Glaïrn, qui se grattait la barbe avec toujours autant de frénésie, étaient en léger retrait du groupe formé par le Limier et ses hommes, lesquels avançaient dans un silence absolu; le Baron de Joli-Tonneau, pour sa part, prenait grand soin de marcher sur le côté de la route, ceci afin de se salir le moins possible...

- "Quelle fange..." soupira Glaïrn

- "Oui, les quartier pauvres part chez nous sont bien mieux "entretenus" qu'ici sans aucun doute..." souffla Brombur.

Puis les deux Nains progressèrent en silence comme le restant du groupe...

Brombur restait pensif sur la différence de condition entre les nobles et les gueux en Bretonnie... Un fossé clairement infranchissable séparait indéniablement la noblesse de la roture, ne laissant qu'à peu de gens issus de la deuxième partie le droit de vivre au contact des nobles...

Tout le contraire des Nains où guildes et corps de métiers divers assuraient la prospérité de tous au sein du clan. Bien entendu il y avait là aussi des notables et de simples commis, mais tous ont conscience que pour devenir Maître dans un domaine il faut d'abord commencer comme simple manoeuvre/ouvrier/compagnon, puis franchir une à une les étapes du compagnonnage...

Bien sûr il y avait, là aussi, des fortunes qui se montaient, d'autres qui s'effondraient, des réputations faites ou défaites, mais à chaque fois l'individu préférait suivre la voie des Tueurs plutôt que de vivre dans le déshonneur pour le restant de ces jours...

Dans les cas les plus graves des familles entières avaient choisi l'exil plutôt que de passer de multiples générations à tenter de récupérer un honneur perdu ou à réparer une faute réelle ou supposée...

Outre le fait de leur permettre de ne plus avoir à vivre sous le regard réprobateur du reste de la communauté cela leur permettait aussi souvent de s'installer ailleurs, trouvant une certaine prospérité dans les villes de l'Empire où le savoir Nain est toujours fortement recherché, apprécié et bien rémunéré...

Cependant, même dans le cas d'une prospérité retrouvée, la faute originelle restait "gravée" de générations en générations, comme une ombre perpétuelle sur l'honneur de la famille concernée... A tout prendre au final le serment du Tueur permet aux moins aux réprouvés de mourir dignement, dans l'honneur...


Perdu dans ses pensées Brombur ne vit qu'à la dernière minute que l'ensemble du groupe s'était arrêté sur un signe du Limier. La maison était à une trentaine de mètres d'eux, seule bâtisse en pierre du bourg, elle ressemblait plus à une maison forte qu'à une simple auberge, nul doute qu'en cas d'attaque des environs la population y trouve plus facilement refuge que dans le château attenant...

Deux silhouettes, nonchalamment appuyées au mur à côté de la porte d'entrée semblaient monter une garde pour le moins distraite en ce moment de fête...


Brombur surpris un regard complice entre le Baron de Joli Tonneau et le sire de Vigne-Bleu, puis le baron fit un signe convenu au Limier; l'attaque allait commencer...
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 27 Mar 2018 - 1:14

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Sixième tour

ArrowPosition de trébuchet du baron de Joli-Tonneau (Calidus5) :

- On a r'té l'tir, mais y a une nouvelle équipe d'révélée !

- On va essayer de tirer sur la nouvelle équipe, comme ça si on se rate on aura encore une chance de toucher quelque chose.

Apodemus étudia le terrain, pour sûr que toutes les équipes restantes vont viser l’équipe qui venait d’être découverte ! Il alla aux guichets des enchères et paria 10 pièces d’or sur la plus grande concentration de tirs dans le quart sud-est.

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

La chute inopinée de la choucroute sur la position de l'équipage du Lord avait jeté un froid sur l'ambiance agitée qui la caractérisait. La perte d'Orasio, qui avait été touché par la projection d'une sauce à l'odeur très particulière alors qu'il avait esquivé par miracle la principale partie de la mixture, n'était pas étrangère à la chose. Ce dernier, d'habitude accoutumé à des plats plus méridionaux, ne supporta ni l'odeur, ni la vue du plat, et tomba aussitôt dans les pommes. Ses compagnons ne parvinrent pas à lui faire reprendre ses esprits et il fut donc évacué.

Les deux survivants n'en menaient pas large. Riton pestait contre lui-même.

- Mildiou. J'avions de la merdasse dans l'yeux. Y'a un trébuchet par là bas à viser. Et l'autre qu'est dans le potage. Y pourra pas y voir c'que c'est un vrai tir de c'nom !

- Seriez-tu si sûr de tirer là-dessus Riton ? - interrogea son compagnon - Sera pas plus sûr de tirer dans l'bouillasse pour tenter de débusquer les autres ?

- Hors de question. Z'avions fait le serment de clouer le bec à c'te tiléen, et j'comptions bien le faire, sûr de sûr.

- Bon ben tant pis pour nous autre - pronostiqua le Claude.

Et les deux hommes apprêtèrent le trébuchet pour ce qui pourrait s'avérer être leur dernier tir ...

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Bien enfoncé dans son siège, la tête posée sur ses mains jointes, Mictlantecuhtli était en proie à un questionnement intérieur d'une rare intensité. Des sentiments contraires se livraient une lutte acharnée dans les méandres de son esprit et l'accaparaient au point de le rendre quasiment sourd au tumulte des tribunes. Jamais il ne s'était retrouvé face à une situation pareille. Même ses adversaires les plus abominables n'étaient pas parvenus à l'ébranler de la sorte. Et pour cause : en repensant au servant du Lord fauché par la choucroute, il éprouvait presque une forme de compassion.

Un gueux ... pas même bretonnien ... Il en navrait pas dizaines comme on écrase un insecte importun, et voilà qu'il était touché par le sort de celui-ci.

Dans ces rares moments de remises en question, le sire d'Aurevallis entamait un dialogue avec lui-même. Capable en quelque sorte d'argumenter et de contre argumenter sans apport extérieur, il fractionnait son esprit pour simuler la présence d'un interlocuteur.

« Mais qu'est-ce qui se passe, bon sang !? »

« Nous avons des ennuis, mon préccccccieux ? »

« Tu parles que nous en avons ! Nous sommes touché par les malheurs d'un bouseux ! Quelque chose ne tourne pas rond. »

« Nous ressentons de l'empathie, mon trésor ? »

« Et puis quoi encore !? Non, c'est ...c'est ... c'est plutôt ... disons ... peut-être ... un chouia ... un fifrelin ... une dose infinitésimale de ... pitié. »

« Ooooooh ! Nous allons très mal, mon cher ! Il est important de réagir sans tarder, avant que ça n'empire ! »

« Et pourquoi crois-tu que nous venons te trouver ? »

« Alors raisonnons ensemble, mon trésor : sommes-nous attaché à ce gueux ? »

« Nous ferons comme si nous n'avions rien dit, tant cette question est stupide. »

« D'accord. Alors, apprécions-nous sa compagnie ? »

« Ridicule : nous venons de le voir pour la première fois tandis qu'il gisait sur le terrain. »

« Nous ne nous mettrions pas à compatir à la douleur des inconnus ? »

« Certes non ! Nous ne sommes pas fou. Pas encore. »

« Alors, si l'individu est sans importance, d'où vient ce sentiment, mon préccccccieux ? »

« Eh ben ... euh ... nous l'ignorons ... Peut-être le plaignons-nous à cause de cette horrible choucroute ? »

« Aaaaah ! Malin, mon trésor, très malin ! Donc, tout bien pesé, ce gueux ... »

« Mais c'est bien sûr ! Nous n'en avons rien à battre ! Nous avons simplement commis l'erreur de nous imaginer à sa place, touché par cette répugnante mixture ! »

« Et nous avons par conséquent transposé sur cet artilleur le légitime chagrin que nous ressentirions si nous étions touché par cette abomination. »

« Exact ! Il nous faut juste garder nos distances avec les évènements, et le problème sera réglé ! »

« Ravi d'avoir pu t'aider, mon précccccccieux. »

Sortant de sa rêverie, Mictlantecuhtli prit une profonde inspiration et contempla l'agitation de la tribune avec un esprit rasséréné : aucune faille n'était à déplorer dans son implacable résolution. Tout juste avait-il trouvé dans la choucroute d'Alsacie une arme barbare qu'il ne pourrait jamais se résoudre à employer. Chacun avait ses limites, mais ça ne l'empêcherait pas de massacrer des prolétaires à tour de bras.  

Un coup d'oeil sur sa droite lui permit de constater que le Lord avait réintégré son siège pour assister à la prochaine salve de tirs. En revanche, le comte d'Alsacie brillait toujours par son absence, à l'instar du baron de Joli-Tonneau et de Brombur Fière-Barbe. Même Valmond de Mélinor avait rejoint les rangs des absents ! Questionnée à ce sujet, l'Enchanteresse l'informa que le chevalier Cédric était venu glisser un mot à l'oreille de son suzerain quelques instants plus tôt, ce qui l'avait poussé à prendre congé de son épouse. Quoi qu'il se trame en arrière plan du tournoi, ça prenait de l'ampleur.

Fort heureusement, certains commanditaires d'équipes prenaient leur rôle plus au sérieux. Le Voyageur se tenait toujours bien droit au côté du vieux Grakk et examinait le champ de bataille. De temps à autre, il échangeait de brefs commentaires avec son taciturne compagnon dans la langue gutturale des nains.
Malgré l'absence de son époux, Constance s'y entendait parfaitement pour représenter le domaine des Marches. Droite et régalienne, elle attirait naturellement l'attention des courtisans alentours qui se pressaient pour échanger quelques mots avec la dame de Mélinor.
Restaient encore le baron de Gransette et sa soeur Penthésilée. Si le premier se contentait pour l'heure d'observer le spectacle d'un air impassible, la demoiselle gratifiait son entourage de sourires ravageurs qui lui permettaient de rivaliser avec Constance en matière d'attention. Toute cette animation était visiblement à son goût.

Notant que Baldwin était de retour à son poste en marge de la tribune d'honneur, Mictlantecuhtli le convoqua pour se tenir au fait des derniers développements. L'officier, toujours aux aguets, s'approcha sans tarder et mit genoux à terre.

Quelles sont les nouvelles, capitaine ?

Pas grand chose de neuf, monseigneur. Nos hommes continuent à suivre leurs cibles à distance raisonnable. Le groupe du comte d'Alsacie s'est renforcé de plusieurs hommes d'armes, tandis que celui mené par Brombur Fière-Barbe s'est enfoncé dans les quartiers pauvres.

Mais qu'est-ce qu'ils fabriquent, nondidjû !? jura Mictlantecuhtli dans la langue de ses terres.

Je n'en ai pas la moindre idée, mon maître. Nos espions se trouvent trop loin de ceux qu'ils surveillent pour entendre leurs conversations. Chacun suit certainement une piste afin de déjouer ce supposé complot qui menace le tournoi, mais les détails nous échappent.

Par la malepeste ! Nous voilà bien avancés ! J'y mettrais bien mon grain de sel, mais ne peux m'absenter longtemps sans éveiller l'attention ; encore moins veiller sur deux expéditions en même temps.

Aurvallis se mit à marteler nerveusement l'accoudoir de son siège du bout des doigts tandis qu'il réfléchissait à la meilleure marche à suivre. Si cette dispersion face à un danger potentiel n'était pas à son goût, ne rien s'avoir l'horripilait d'avantage. Le comte d'Alsacie était leur hôte, certes ; mais c'est l'organisateur de la compétition qui se trouvait en seconde ligne si il échouait à régler un problème. Même sans s'être montré négligent, on ne manquerait pas de reprocher à Mictlantecuhtli un certain manque de prévoyance. Sa décision était donc prise.

Fini de jouer, annonça-t-il avec une extrême résolution dans la voix. Puisque nous sommes face à une potentielle faille dans la sécurité, appliquons une stratégie militaire : les différentes équipes parties enquêter seront considérées comme des éclaireurs sacrifiables. Nous ignorions de quelle nature est la menace et où elle frappera, aussi nos troupes doivent-elles se mettre sur le pied de guerre et sécuriser le site du tournoi. Mobilisez tous les effectifs, y compris les réserves. Faites également passer le mot parmi les officiers du comte : qu'eux-mêmes et tous leurs hommes soient prêts à rallier nos bannières en cas d'attaque. Si notre hôte venait à disparaître, j'assurerai le commandement des forces combinées. Tout récalcitrant sera exécuté sans sommation.          

Baldwin était à son aise dans un contexte de conflit imminent ; bien plus que dans la gestion des problèmes techniques d'un tournoi. Une fois ses réflexes les plus profonds réveillés par ce discours militariste, l'officier se redressa d'un bond pour adopter une posture au garde-à-vous. En se frappant les pectoraux d'un poing serré, il assura son maître que tout serait en ordre dans les plus brefs délais.

Alors que son bras droit partait au pas de course pour organiser la défense des lieux, Mictlantecuhtli se rappela d'un détail qui lui était sorti de la tête. Baldwin n'étant plus disponible, il héla un laquais qui circulait entre les spectateurs en tentant de maintenir l'équilibre de son plateau.

Que puis-je pour votre seigneurie ?

Tu vas me faire le plaisir de porter ceci à la comtesse d'Outre-Andève, répondit l'organisateur en sortant une petite boite de l'une de ses poches. Elle est installée un peu plus haut dans les tribunes.

Qu'est-ce donc, monseigneur ?

Le comte d'Outre-Andève, répondit Aurevallis comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.

Le serviteur blêmit à la perspective de la mission qui lui était confiée et se mit à balbutier :

C'est à dire que je ... euh ... je veux dire que ... compte tenu ... euh ... j'ai encore quelques boissons à servir votre seigneurie ! Oui, c'est ça ! ajouta-t-il en pointant fébrilement du doigt les deux coupes qui encombraient son plateau. Je peux appeler un de mes collègues si vous le désirez.

Non, tu feras l'affaire, rétorqua l'organisateur sans élever le ton. Et puisque c'est la seule chose qui te retient ....

Ayant posé la funeste boite sur le plateau, Mictlantecuhtli le délesta dans la foulée de ses deux verres et en tendit un à l'Enchanteresse. Se retournant à nouveau vers le serviteur à la mine décomposée, il ajouta simplement :

Va maintenant.

Tandis que l'homme s'éloignait en traînant la patte, les trompes annoncèrent l'imminence des nouveaux tirs. Balayant une dernière fois les gradins du regard, l'organisateur constata qu'aucun des nobles absents n'avait reparu. Il était à présent trop tard pour espérer leur retour, et postposer les envois n'aurait fait qu'inquiéter le public. Aussi Mictlantecuhtli donna-t-il son feu vert, relayé aux artilleurs par les musiciens dans la minute qui suivit.

Les nains, très réactifs, furent les premiers à lancer leur projectile. Ayant peut-être épuisé leurs réserves de squigs des cavernes et autres têtes sculptées, ils employaient cette fois encore un rocher conventionnel - quoique gravé d'inscriptions en caractères runiques. La rune de précision ne devait pas figurer parmi celles-ci, car le bloc de pierre partit rapidement de travers et infléchit sa course vers le sud. Au grand soulagement des gueux des premiers rangs - qui étaient encore fort secoués par les évènements du tour précédent -, le point visé se trouvait suffisamment à l'intérieur du terrain pour qu'un incident de tir ne puisse les menacer. Quand le rocher s'écrasa au sol, il ne fit aucune victime mais dégagea une nouvelle zone inexplorée. L'espace intérieur du champ de bataille s'amenuisait peu à peu.        

Sans doute ramenés à la raison par les hurlements du comte, les artilleurs d'Alsacie se montrèrent bien plus rapides que durant les tours précédents. Leur traditionnelle choucroute s'envola très peu de temps après le tir des nains et ne s'accompagna d'aucun cri de guerre au goût douteux. Opportunément recentrés sur leurs calculs, les servants envoyèrent le plat froid en direction du sud-est dans une trajectoire régulière. Beaucoup pensèrent que le tir était destiné à achever l'équipage du Lord, mais la suite devait leur donner tort. C'est plusieurs dizaines de mètres au nord-est de la positon de l'équipe rouge que la choucroute s'écrasa, exactement entre deux points d'impact du premier tour.

Mictlantecuhtli sourit sans mot dire. Il n'y avait plus le moindre doute : le comte avait communiqué à ses hommes des instructions stratégiques précises ; celles qu'il avait déjà mises en oeuvre durant le tournoi de Couronne. Cette façon d'aborder la compétition était aussi unique que rafraîchissante et Aurevallis dut même admettre qu'elle collait fort bien au personnage.  

Mais, déjà, le rocher du baron de Joli-Tonneau s'extirpait de la brume pour assurer la relève. Le cap initial était plus ou moins identique, aussi les yeux se braquèrent-ils sur la position du Lord dans l'attente du carnage. Hélas, comme durant les tours précédents, le projectile perdit en stabilité et dévia terriblement de sa trajectoire au moment d'entamer sa descente. Chaque mètre parcouru dans les airs l'éloignait quasi d'autant de sa cible, si ce n'était d'avantage. L'envoi de la charrette durant le troisième tour avait dû constituer un trop lourd fardeau pour la petite bricole et fausser certaines pièces essentielles. Au moment d'atteindre le sol, le rocher se trouvait tellement plus au nord qu'il ne pouvait plus constituer la moindre menace pour les hommes en rouge.

Aussi est-ce dans un calme relatif que le tir de ces derniers prit le chemin du nord, à la recherche du trébuchet de Gransette et des trois points qu'il pouvait offrir. Le vol était prometteur et retint toute l'attention des spectateurs. Si ses artilleurs parvenaient à leurs fins, le Lord bondirait de la seconde place du classement pour ravir la première au Voyageur. La course aux points prendrait alors un nouvel élan. La distance diminuant, les réglages du jeune Riton semblaient devoir porter leurs fruits. Dans des milliers de gorges naquit une exclamation qui gagna en intensité à mesure que se rapprochait le rocher :    
 
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Suivi finalement d'un ...

OOOOOH !

La pierre frôla sa cible, mais s'écrasa à très courte distance ; ébranlant la machine sans pour autant parvenir à la briser.

Dans la tribune d'honneur, Mictlantecuhtli adressa au Lord un regard qui se voulait compatissant et reçu en retour l'habituel haussement d'épaule de celui qui prenait tout avec un flegme désarmant. Par la suite l'organisateur ne put s'empêcher de dévisager le baron de Gransette à la recherche d'un signe quelconque qui trahirait une tricherie. Aucun trébuchet n'avait jamais survécu aussi longtemps après la perte de son équipage. Il y avait de quoi soupçonner un enchantement de protection irrégulier, surtout compte tenu du nombre de projectiles qui l'avaient pris pour cible. Il se laissa mentalement une note afin de revenir sur la question en temps utile et s'apprêtait à se lever lorsque PPDA intervint d'une voix criarde et surexcité. Le commentateur ne tenait visiblement plus en place.

Cher public, c'est hallucinant ! Regardez ! Regardez le terrain !

Suivant ses gesticulations approximatives, les têtes se tournèrent en direction du point désigné. Presque entièrement dissimulé par des gravas, un nain reposait sur le dos. Seule sa barbe dépassait encore des débris. Un tir avait visiblement fait mouche.

C'est hallucinant ! répéta PPDA. Alors que nous pensions tous que le sort du Lord était scellé, son équipe s'en tire sans une égratignure ! Elle n'a même pas frôlé la destruction durant ce tour ! Et voici que le grand favori est révélé à ses adversaires ! Un rocher qui arrive et ZBAF ! Vous avez vu ça !? Quel incroyable retournement, comme on ne peut en voir que durant ces tournois de ...

DU CALME ! hurla l'organisateur.

Ah euh ... je ... veuillez m'excuser ..., rétorqua un PPDA visiblement honteux de s'être laissé emporter. Hum ... broum ... reprenons cher public. Les juges de la compétition me confirment par signes que ma première lecture était la bonne : c'est bien le rocher du baron de Joli-Tonneau qui a causé la perte d'un servant de l'équipe verte ! Le baron gagne un point supplémentaire pour cette heureuse déviation !

Voila qui ne manquait pas d'ironie. La cible toute désignée s'en sortait sans heurt et l'équipe la mieux placée se retrouvait dans une situation très délicate. Décidemment, rien n'était jamais joué d'avance dans cette compétition.

De nombreuses exclamations fleurissaient dans les gradins, de même que des interrogations sur l'endroit où se cachait le baron de Joli-Tonneau. Tout cela ne pouvait plus durer. Mictlantecuhtli réquisitionna l'un des membres de sa garde rapprochée :

Toi, approche, dit-il au soldat surentraîné qui obtempéra dans la seconde. Dépêche tout de suite des messagers à destination des nobles absents. Ils doivent réintégrer leurs places dans les tribunes sans tarder.

L'homme portant la livrée d'Aurevallis s'inclina et partit au trot à la recherche de quelques coursiers rapides. Mictlantecuhtli n'avait jamais eu à se plaindre des compétence de ses unités d'élite.

Les choses prenaient là une nouvelle tournure. A présent que la position du Voyageur était - plus ou moins - connue, c'est le duel final qui se profilait à l'horizon. Un duel qui devrait opposer le comte d'Alsacie au baron de Joli-Tonneau. De quoi tout cela aurait-il l'air si les intéressés ne montraient pas le bout de leur nez ? Mictlantecuhtli pouvait assurer la sécurité des invités et le commandement des troupes en cas d'attaque, mais il ne pouvait remplacer ceux qui courraient la campagne à la recherche de la Dame sait quoi.          

Pour l'heure, il n'y avait rien d'autre à faire. Avisant le Lord qui l'attendait à sa place, il songea qu'une petite chasse à l'homme personnelle lui changerait agréablement les idées d'ici le début du septième tour. Aussi le rejoignit-il sans tarder.

Prêt Milord ? lui demanda-t-il une fois à sa hauteur.

Tout à fait prêt, lui répondit le Lord en se levant tranquillement de son siège.

Les deux nobles empruntèrent l'allée principale afin de gagner l'escalier qui desservait les différents étages de la tour et s'apprêtaient à en passer la porte lorsqu'un cri de femme suraigu retentit derrière eux. Sans se retourner ni s'arrêter, Mictlantecuhtli esquissa un sourire : la comtesse d'Outre-Andève devait avoir reçu son colis.

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Pas de tir de télébuchet durant ce tour.

Impacts :

Calidus5 : Ab20 => déviation nord de 3 cases => X20
Gromdal : U12 => déviation sud-est de 2 cases => W14
Lord del Insula : J21 => déviation ouest de 1 case => J20
MagnanXXIII : T26 => Hit ! => T26

Paris résolus :

- Calidus5 :

10 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Gagné (versement de 15 Co)

- Lord del Insula :

20 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Gagné (versement de 30 Co)

- MagnanXXIII :

30 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Gagné (versement de 45 Co)

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 2 pour 1 (Gromdal, Lord del Insula) et 4 pour 1 (autres équipes).
- Prochaine perte : 2 pour 1 (Gromdal, Lord del Insula) et 5 pour 1 (autres équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 32.5 Co Hors jeu
- Calidus5 : 2 point ; 45 Co
- Gromdal : 6 point ; 40 Co
- Kaops : 2 points ; 25 Co Hors jeu
- Lord del Insula : 4 point ; 48 Co
- MagnanXXIII : 2 point ; 45 Co
- Toison d'or : 1 point ;  60 Co Hors jeu

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Sixième tour terminé. Les éléments commencent à se mettre en place pour l'affrontement final ! Les coordonnées et textes pour le septième tour doivent me parvenir pour le 1er avril au grand plus tard (et ce n'est pas une blague).

_________________
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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Ven 30 Mar 2018 - 1:51

Le baron de Joli-Tonneau tiqua lorsqu’il vit le bâtiment en pierre, c’était une transgression flagrante des lois Bretonniennes ! Seuls les nobles avaient ce privilège, les riches bourgeois et marchands avaient tout de même le droit d’utiliser des briques pour frimer. Les pierres irrégulières et de mauvaise qualité indiquaient que les murs avaient été bâtis avec des rebuts de carrière, une arnaque classique pour récupérer cette matière première réglementée. On voyait, çà et là, des restes d’un enduit de torchis qui devait initialement camoufler la nature réelle des murs, mais faute d’entretien ça donnait juste l’impression qu’on avait jeté des paquets de bouses sur la façade.


Voyant que tout le monde était en place Joli-Tonneau donna le signal. En réponse les deux sentinelles se prirent à un carreau d’arbalète en pleine tête. Ils s’effondrèrent presque en silence. Le baron de Joli-Tonneau et  le sire de Vigne-Bleue se précipitèrent vers la porte en faisant le moins de bruit possible, ils n’eurent pas le temps d’ouvrir la porte car quelqu’un à l'intérieur s’en chargea en demandant : "Eh ! Les gars, c’était quoi ce bruit ? C’était un rat ou le vent ?".

Pour toute réponse, il tomba nez à nez avec le chevalier du Graal.

Il ouvrit la bouche de surprise mais aucun son n’en sorti car le Chevalier béni lui saisit immédiatement la gorge de sa puissante main, lui écrasant complètement le larynx. Alors que la troisième sentinelle commençait à manquer d’air, le baron de Joli-Tonneau lui accorda sa miséricorde en plein cœur.

Cela fait, de Vigne-Bleu entra dans le bâtiment pour constater qu’il était vide. Il cherchait des yeux une descente de cave lorsqu’il fut interrompu par Brombur : "Bon, on rentre ou pas???". Le Chevalier s’écarta pour laisser les Nains rentrer. Les deux montagnards se mirent à examiner les murs.

- "Ils ont monté ça comme des gobelins, mais s’ils ont fait une porte dérobée ils sont drôlement doués !" S’exclama Brombur, perplexe d’être revenu bredouille de son inspection.

- "Pour sûr, ils ont dû avoir l’aide d’un Nain !" Lui répondit son confrère.

- "Je crois seulement que vous n’avez pas cherché au bon endroit, Maîtres Nains"… les interpella Jacques.

Il tenait à la main une vieille couverture usée jusqu’à la corde qui faisait office de tapis. A ses pieds il y avait une trappe en bois qui était cachée auparavant sous celle-ci.

-"Et merde ! On a l’air de quoi maintenant !" Se lamenta Glaïrn.

- "De gars qui prennent les Humains pour plus intelligent qu’ils ne le sont." Lui répondit Brombur en lui donnant un coup de coude complice.

Le commando descendit l’échelle que dissimulait la trappe, ils se trouvèrent dans une antichambre creusée à même la terre. Devant eux il y avait une porte, de vraiment très mauvaise facture, à travers laquelle on voyait de la lumière et entendait une conversation...


Croustibax frissonna de bonheur, il avait l’impression d’être le chef. Alors certes il n’était qu’un messager, mais au final c’était lui qui donnait les ordres aux choses hommes, et les choses hommes allaient suivre les ordres que lui leur aurait donné ! Donc en fin de compte, les choses hommes étaient sous ses ordres personnels !!!

Son questionnement métaphysique prix soudainement fin lorsque la porte de la cave secrète qui permettait d’accéder à la maison de pierre, traversa la pièce en faisant preuve d’un aérodynamisme insoupçonné. Les représentants des "familles" et le messager regardèrent l’endroit où se tenait initialement la porte, ils virent deux chevaliers Bretonniens qui avaient chacun la jambe droite tendue horizontalement devant eux, ils  avaient l’air for surpris du résultat de leurs efforts combinés.

Croustibax sursauta en voyant un bras, trop épais pour être celui d’un humain, passer entre les deux chevaliers pour le pointer et entendit une voix rocailleuse crier : "Là ! Un Skaven !!!".

Croustiblax bondi de son siège et se précipita vers l’entrée des galeries qui se tenait à l’opposé et dont la porte avait été défoncée par la première tout en pointant les intrus du doigt en hurlant d’une voix stridente : "Tuez-tuez-les !". (Attention ! La capacité de courir tout en pointant du doigt quelqu’un se trouvant dans son dos est une capacité exclusive aux Skavens. Nous vous déconseillons fortement d’essayer chez-vous. Si jamais vous y arrivez, consultez un kiné de toute urgence !).

"Il se fait la malle !" cria Brombur qui se mit immédiatement à le poursuivre, suivi de Glaïrn, tous deux furent  rapidement rattrapés et dépassés par les deux chevaliers.


Dans la salle secrète de réunion, maintenant débarrassée de ces excités, il y eut un moment de flottement pendant lequel les cerveaux des chefs de "familles" essayèrent de comprendre ce qui c’était passé. L’un d’eux, qui avait la carrure d’un forgeron, se saisit du poignard planté devant lui sur la table dans la ferme intention de se défendre contre le limier et ses hommes qui rentraient à leur tour dans la pièce. Mais Jacques abattit son espadon de haut en bas, lui sectionnant le poignet. La vue d’arbalètes chargées pointés sur eux, termina de dissuader les autres chefs de bandes de tenter quoi que ce soit.

Pendant ce temps dans les galeries souterraines du réseau de contrebande, Croustibax courait comme seul les Skavens savent courir, c’est-à-dire avec tout l’énergie du désespoir et de leur instinct de survie sur-développé. Les choses nains avaient été laissées sur place, une des choses hommes en armure complète avait fini par ralentir, essoufflée ; mais le problème c’était le dernier chose homme !

Non seulement il n’avait pas l’air de se fatiguer, mais au contraire commençait à le rattraper !!!

Il n’avait pas le choix ! Il devait utiliser son arme secrète-secrète, et vite-vite !!! Croustibax sorti la grenade à mal-pierre qui lui avait coûté toutes ses économies (qu’il avait eu tant de mal à voler) et commença à l’armer tout en continuant de courir. Alors, s’il se souvenait bien, il fallait tourner cette molette tout en maintenant le…

BOUM !

La grenade, qui devait être instable, explosa dans les mains du Skaven qui fut instantanément dispersé et carbonisé. Le baron de Joli-Tonneau n’eut que le temps de se protéger le visage avec son bouclier avant qu’une boule de feu ne l’enveloppe.

Plus en arrière dans les souterrains, de Vigne-Bleu s’appuyait contre un madrier pour reprendre son souffle, il faut dire qu’il n’avait pas bu au Graal lui !

Il n’avait pas l’endurance hors du commun qui allait avec. Il entendit des pas derrière lui et, se retournant, vit Brombur et Glaïrn qui couraient vers lui de leur plus lente mais implacable course.

Il entendit soudain une explosion sourde qui fit trembler toute la galerie, la terre commença se détacher du plafond et les rares madrier gémirent. Les deux Nains arrêtèrent instantanément leurs courses, et après s’être échangés un regard inquiet, firent demi-tour en courant de plus belle. Inquiet de Vigne-Bleu regarda dans la direction ou avaient disparu son ami.

Il le vit avec joie surgir d’un tournant au loin, le baron de Joli-Tonneau fumait quelque peu et était enveloppé d’une lueur d’orée. "COURS !" lui hurla le chevalier du Graal en l’apercevant, alors que les tunnels s’effondraient derrière lui.

Le baron de Vigne-bleu trouva les ressources pour courir aussi vite que son compatriote. Sur le chemin du retour ils rattrapèrent les Nains qu’ils aidèrent à remonter aussi vite que possible l’échelle.

A peine étaient-ils sortis de la maison en pierre qu'elle commença à s’enfoncer dans le sol en s’effondrant à moitié.

Ils rejoignirent Jacques et ses hommes qui évacuaient déjà le quartier avec les prisonniers car le sol continuait de trembler au rythme des effondrements de galeries.

"Partons!!!" cria Brombur, "C'est infesté de tunnels sous nos pieds, si nous restons nous serons enterrés vivants!!!..."


Une fois arrivés sur un terrain déclaré sûr par les Nains, le groupe regarda pensif les maisons du quartier nord s’enfoncer les unes après les autres dans le sol en soulevant de grands panaches de poussière.

- "Saleté de Skaven ! On ne le retrouvera plus !" Grommela Brombur.

- "Pour sûr!!!" répondit Joli-Tonneau qui fumaient encore, "Son explosif l'a réduit en miettes".


Un cavalier galopa vers eux, mettant fin à leur contemplation.

- "Mon seigneur de Joli-Tonneau !" Dit-il. "Le seigneur Mictlantecuhtli vous fait savoir qu’il serait fort heureux si vous lui faisiez l’honneur de votre présence lors du prochain tour du tournoi."

-" Pourquoi pas. Après tout, la piste est froide maintenant, et tout cela m’a donné for soif ! Jacques, amène les prisonniers au compte d'Alsacie ; nous sommes sur ses terres après tout."

- "Laissez-moi vous offrir une pinte de la meilleure de nos bières, nous l'avons tous fort bien méritée" lui proposa Brombur...

Glaïrn restait sombrement silencieux à côté de lui, "Que t'arrive-t-il ? Ta barbe te gratte toujours??? Lui demanda Brombur.

"Non, c'est bon... Il semblerait que nous nous soyons débarrassés de cette vile engeance, mais comme à chaque fois nous n'avons aucune preuve pour démontrer l'existence de ces créatures aux Humains..."
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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 31 Mar 2018 - 11:34

Alors que les derniers mouvements de brumes déplacés par les projectiles se dissipèrent dans l’atmosphères, une voix à l’accent estalien résonnait. Elle sortait probablement d’un porte-voix, comme celui de PPDA et provenait de la tour en face de la tribune d'honneur.

« Buenos días señores. Yé souis Steve Von Talos, lé prêtre guerrier ExTrAoRdInAirE !
* tintinlintintintintin * (air de mandoline)
Et loui c’est Miguel del Argis mon fidèle compagnon, il va mettre oune peu d'ambiance dans cé stade d’Alsacie ! »

L’incompréhension était totale. Avait-on engager un nouveau commentateur pour le tournoi alors même que la compétition touchait à sa fin ? Pierre pue des arpions était-il remplacé après s’être enflammé lors de sa dernier allocution ?

L’organisateur ennuyé de tous ces imprévus jeta avec lassitude, lenteur et insistance ces deux mots :

« Quoi encore… »

Au même moment, PPDA s’exclama :

« P-P-P… Pardon ?! »

Juste avant de se rendre compte qu’il valait mieux baisser son porte-voix. Puis il se tourna vers l’organisateur attendant une réponse, mais il n’eut aucun mot, juste un froncement de sourcil qui ne présageait rien de bon. Pendant ce temps, les commentaires de l’estalien continuèrent de pleuvoir :

« Ma ! Qu’est cé qu’on voit là ! Les enanos qui étaient tout en haut dou classement sé sont fait repérés ! Mais rien né joué, ils sont tellement petits qu’il sera toujours difficile de les toucher !
* tintinlintintintintin * »

PPDA commençait à paniquer. Ce n’était pas possible, il était le seul et l’unique commentateur du tournoi ! Personne d’autre ne pouvait prendre sa place !

« Monseigneur… tenta de nouveau PPDA
– Mon cher Pue Des Arpions, répondez simplement à cette question : Qui est le commentateur officiel que j’ai mandaté pour ce tournoi ?
– Ben, heu, c’est moi messire...
– Toi qui ?
– Moi Pierre, heu... Pierre Pue des Arpions !
– Bien. Donc il n’y a que Pierre Pue des Arpions qui commente ce tournoi en ce moment, et personne d’autre ! Compris ?
– Oui, messire… Mais que fait-on de l’usurpateur ?
– COMPRIS ?! répéta avec insistance Mictlantecuhtli, son regard tourné vers Heinrich le capitaine Alsaçois chargé de la surveillance de la tribune. Le militaire avait évidemment tout entendu de la conversation.
– Ach Ja messire ! Tout te suite messire !
– Et au passage. Dites à votre seigneur que l’organisateur officiel du tournoi, mon illustre moi-même, aimerait lui toucher deux mots à propos de la sécurité.
– Ja pien reçu ! »

C’est sur ces mots que le capitaine partit transmettre les ordres en courant.


**********


Du haut de leur tour, Steve Von Talos et Miguel del Argis continuent de voler la vedette de PPDA.

« C’est extraordinaire ! Lé équipage dou Lord a échappé à l’infierno, les cailloux sont tous tombés à côté. Il faut croire qu’il y a oune champ mágico dé lenteur autour dou trébouchet dou Lord. Oune champ dé défense dé gasterópodo !
* tintinlintintintintin *
Il ne reste plous que l’équipage dou Comte de la Torre et dou Baron dé bonito tonneau. Yé souis sour qué lé premier sé cache en haut d’oune tour et qué lé deuxième est tellement saoul qu’il bouge tout lé temps !
* tintinlintintintintin *
Et regardez-moi cé terrain, il né ressemble plous à rien. Yé verrai presque lé désolationné dou Chaos. Si les équipages continouent comme ça, oune trébouchet démoniaque risque d’apparaître au plein milieu !
* tintinlintintintintin *
Céla rajouterai encore plous dé bazar à la sitouation. Les hommes-ratas y lé général Krieg Feuermann.
* tintinlintintintintin *
Olé ! Ola ! »

Mais les commentaires pleins d’énergie de Steve furent interrompus par l’intervention des gardes du comte.

« Milice ! Hurla le sergent en fracassant la trappe menant au sommet de la tour d’un coup de pied, manquant de perdre l’équilibre et de tomber dans l’escalier derrière lui.
– Ma qué ! La policía !
– Fous là ! Au nom tu Comte Kuillaume de la Tour, fous êtes en état d’arrestation !
– Impossible. Vous né pouvez pas arrêter le grand et l’ounique Steve Von Talos ! Lé prêtre guerrier ExTrAoRdInAirE !
* tintinlintintintintin *
– On fa se chêner !
– Yé connais les mots mágicos !
– Comment ça ?!
– YÉ SOUIS THANE !
– …
– Ma ha ha ! Ça marche !
* tintinlintintintintin *
– Olé ! Ola !
– Pon, assez berdu de temps. Mettez aux fers ces teux aprutis !
– Ma qué ?! »

Dépassés par le nombre de gardes du Comte, Steve Von Talos et son compagnon furent menottés et envoyés dans les geôles temporaires du tournoi, sous le stade où des passages souterrains relient les huit tours du nœud de télébuchet.


**********


« Hé fous là ! Interpela le garde A (A comme Alfred)
– Merde ! Pesta Frankis
– Fous ressemplez à la tescription du sapoteur ! enchérit le garde B (B comme Bernard)
– Fous faites erreur ! Je ne suis qu’un humble pêcheur qui passe par là.
– Un bêcheur ? Demanda le garde A, et qu’est ce que fous faites ici ?
– Je pêche.
– Che fois, ajouta le garde A.
– Laisse tomper, répondit le garde B, bien qu’il est krand, maikre et qu’il a une machine à fapeur dans les mains, il n’a pas de pêche.
– Pien fu, cet homme n’a qu’une canne à bêche, ce n’est tonc pas lui.
– Je peux partir maintenant ? La pêche m’appelle.
– Pien sûr, circulez ! »

Pendant que Frankis s’éloignait en marchant de profil dans la foule (comme les fresques Nehekhariennes aurait rajouté l’intéressé) se rapprochant du dernier télébuchet à saboter, le capitaine Heinrich fit un signe aux deux gardes. Ces derniers lui lancèrent :

« Hé ! C’est Heinrich qui fient nous foir !
– Comment ça fa Heinrich ?! »

Le capitaine était très populaire parmi ses hommes, un peu trop à son goût, il répondit :

« Ça fa, ça fa… Dites moi les gars, vous n’afez pas fu le comte ?
– Né, warum ?
– Il est introufable ! Ch’ai décha fouillé trois tours et aucun signe te lui !
– La ternière fois il est monté en haut ce celle-ci pour mettre à prix la tête te son équipage de trépuchet.
– Che sais, ch’ai déchà rekarté, mais il n’est plus là pas…
– Qu’est-ce qu’on fait capitaine ?
– La priorité c’est la sécurité du tournoi, continuez fotre tour de garde, che me charge de troufer le comte.
– Gut ! Ponne chance Heinrich ! »

Sans merci, le capitaine couru vers la tour suivante dans l’espoir de retrouver son seigneur.

_________________
Au revoir, au revoir, Gros Wilains !
Chez Mantic nous irons,
Au Neuvième âge nous jouerons,
Dans tous les cas nous resterons bretonniens !


Les batailles au Moyen Âge étaient si simples...:
 
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Kaops
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 1 Avr 2018 - 0:52

.
     Valmond fulminait. Cela se voyait assez facilement puisque le seigneur de Mélinor passait toute sa frustration sur le manche de son fléau d’armes. D’ailleurs, ce dernier s’usait à vue d’œil dans la poigne crispée de son propriétaire et cela en arriva à un point où Cédric dû faire signe à son seigneur de se calmer.

     « Me calmer ?! éructa Valmond. Cela fait bientôt une demi-heure que nous attendons l’arrivé du comte de la Tour d’Alsacie ! Et ce malandrin ose nous faire attendre !
     — Il est surtout important que nous n’attirions pas l’attention sur nous, tenta de raisonner Cédric.
     — Pfeuh ! Ce qui importe, c’est de régler ce problème d’hommes-bêtes au plus tôt. »

     Sur ces mots, le seigneur de Mélinor jeta un regard, un énième, aux environs. Cédric et quelques membres de sa garde rapprochée attendait plus ou moins patiemment à l’ombre d’une des tours de l’arène de tournoi de trébuchet. De son côté, Valmond s’était équipé de son armure complète et son fléau pendait à sa ceinture, près à être utilisé sur le moindre impertinent qui ferait ombrage au seigneur à la cape de drapeaux. Il n’avait pas eu l’occasion de se battre depuis le tournoi du Fort du Sang et cela se voyait.  

     De façon surprenante, Guillaume avait été assez précis quant au lieu du rendez-vous et le cortège de Mélinor était convaincu de ne pas s’être trompé de lieu. Le faute revenait donc sur le comte de la tour qui brillait par son absence.

     « Il est habitué à être en retard ? s’impatienta Valmond à nouveau.
     — Pas vraiment non, à moins qu’il ne faille sonner la charge. »

     Le trait d’humour du chevalier Normand ne dérida pas Valmond le moins du monde, l’envoyant même dans un mutisme bougon.

     Soudain, alors que toute possibilité d’action semblait disparaître aussi sûrement que le sens de l’odorat d’un cuisinier bretonnien devant la spécialité alsaçoise locale, quelqu’un contourna la tour de télébuchet. Quelqu’un à l’allure franchement louche, une dégaine improbable, une machine encore plus improbable dans les mains et une canne à pêche fourrée sur l’épaule.

     Se remémorant soudainement la description du saboteur, Cédric tilta soudainement. Et si la « bêche » était bel et bien une canne à pêche ? N’écoutant que ses sens de traducteur d’alsaçois émérite, le chevalier normand se redressa aussitôt et dégaina une hache impériale dans le même mouvement.

     « Saboteur !»  hurla-t-il à pleins poumons en désignant le bonhomme étrange.

     Valmond, dont les nerfs étaient tellement rongés qu’ils étaient réduits à peau de chagrin, craqua soudainement en entendant cela. Enfin, il avait une raison pour relâcher sa rage accumulée depuis le début du tournoi !

     Ainsi, avant même que Cédric ou les hommes de sa garde ne puissent agir, le marquis avait déjà dégainé son fléau et il chargeait en hurlant le pauvre Frankis qui n’avait même pas pu prononcer un mot jusqu’ici. D’un geste habile, Valmond arracha l’arme à vapeur des mains du saboteur avant de lui envoyer un revers de son bouclier en plein visage. Ce qui eut pour effet d’assommer efficacement ledit bonhomme.

     « Voilà ! Efficace et propre, problème réglé !
     — Peut-être un peu trop monseigneur… Est-il seulement encore en vie ? demanda Cédric en arrivant.
     — Je sais ce que je fais quand même ! Douterais-tu de mes capacités martiales ?
     — Pas le moins du monde, mais un prisonnier vivant donne plus de réponse… »

     Un gémissement à moitié étouffé résolut les questionnements des bretonniens.

      « Eh bien, il tient le coup il faut croire ! Bon, emmenons ça au cachot, qu’on en finisse. Je n’aime pas trop l’idée de laisser Constance seule trop longtemps. »

     Cédric approuva de la tête les dires de son seigneur. La Dame seule savait de quoi Constance était capable et il valait mieux se presser pour le bien des nobles autour d’elle.

     Mais, au moment où toute l’équipée de Mélinor tentait de se mettre d’accord sur la direction des geôles, deux gardes apparurent. Se nommant A et B, ils avaient entendu le raffut de l’escarmouche et était venu voir la situation. Il ne fallut pas bien longtemps à Valmond pour leur imposer ses ordres dans l’instant et les deux gardes paniqués guidèrent bien vite la troupe vers les tunnels d’entretiens du télébuchet. Une fois cela fait, le seigneur de Mélinor pris alors congé avec la majorité de ses troupes et remonta en trombe les escaliers menant aux tribunes. Mieux valait ne pas prendre trop de risques avec son épouse.
     
     Lesdits tunnels devinrent bien vite un dédale mal creusé, mais les indications des gardes suffirent à guider Cédric dans la bonne direction. Or, au détour d’un croisement, le Normand, qui ouvrait la voie alors que deux soldats de Mélinor gardaient un œil sur le prisonnier, s’arrêta net.

     « Mais… MAIS JE RÊVE ? » grogna le chevalier.

     En effet, une galerie plus loin, Cédric avait aperçu quelque chose, ou plutôt quelqu’un, qui n’avait rien à faire ici : le comte Guillaume. Et si le vassal de Mélinor ne se trompait pas, son vieil ami se dirigeait vers Havenheim… Et sans le prévenir en plus ! C’était un délit de fuite flagrant auquel le comte l’avait habitué, mais là c’était le pompon. Partir en plein milieu de son tournoi quand même !

     « Ouh, il va m’entendre celui-là ! »

     Faisant signe aux deux soldats de le suivre, oubliant presque le prisonnier, Cédric le Normand s’engouffra bille-en-tête dans les tunnels en fulminant.


Dernière édition par Kaops le Dim 1 Avr 2018 - 14:23, édité 1 fois
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 1 Avr 2018 - 2:55

Brombur laissa rapidement le Baron de Joli-Tonneau et le Sire de Vigne-Bleu apprécier pleinement leurs peintes de bière issue de sa réserve personnelle pour accompagner Glaïrn dans la chambre où Fraïn et Draïrn devaient se reposer.

Alors qu'ils se rapprochaient de l'auberge Glaïrn fût à nouveau pris de terribles démangeaisons de barbe, celles-ci allant croissant à chaque pas... Inquiets au plus haut point, pour ne pas dire proches de la paranoïa ils jetaient des regards circulaires quelques peu épouvantés aux alentours, scrutant particulièrement les toits et les coins de rue...

Soudain Glaïrn cria "Là!!!" Pointant son index en direction d'un toit juste à l'opposé de la fenêtre de la chambre que les Nains occupaient... Brombur entre aperçu deux silhouettes bondissant de celui-ci et commençant à forcer la fenêtre...

Alors que celle-ci cédait et que la première forme sautait à l'intérieur de la pièce une terrible détonation retentit; au même instant la seconde créature fût catapultée dans le vide, comme projetée par une main invisible... Dans la main de Brombur, "Trois Raisons", son pistolet expérimental, fumait de ses trois canons rayés...

Quasiment aussitôt un bruit d'acier s'entre choquant se fît entendre, les Nains se précipitèrent vers l'entrée de l'auberge, ouvrirent la porte d'entrée et s'engouffrèrent dans les escaliers après avoir traversé la salle comme deux ouragans...

Ils fracassèrent la porte d'entrée de la chambre pour y voir Fraïn aux prises avec un Skaven, lequel n'eut pas le temps de faire face à ses nouveaux opposants, un puissant coup de pied de Glaïrn en plein museau l'envoya voler contre le mur où le choc de sa tête, outre de faire un curieux son, le laissa KO pour le compte...

Rapidement le Skavent fût délesté de son équipement, proprement ligoté, et eut les deux mains et les deux jambes "broyées" par Fraïrn par précaution... Avec ce genre d'engeance les Nains ne sont jamais assez prudents...

"Bon" dit Brombur, "Nous avons maintenant une preuve, allons la présenter à nôtre hôte..." Aussitôt dit, aussitôt fait, le malheureux Coureur d'égouts fût mis dans un sac de farine (vide bien sûr, les Nains ne sont pas des brutes, tout le contraire des Elfes quoi...) réquisitionné à l'aubergiste et le groupe rejoignit les tribunes...




Dernière édition par Alain de Saint Jean le Lun 2 Avr 2018 - 0:18, édité 1 fois
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 1 Avr 2018 - 14:03

Après que le Seigneur d'Aurevallis ait donné ses instructions, lui et le Lord del Insula profitèrent du moment de flottement qui succédait à la fin de chaque manche pour aller recueillir hâtivement quelques informations sur Fulbert de la Gaudriolle. En chemin vers le débit de boissons, l'organisateur relata à son compagnon les diverses frasques commises par le chevalier.

A ce stade, je n'ai pas encore de preuve formelle de son implication dans la rixe au bar - conclut Mictlantecuhtli -, mais mon intuition me trompe rarement. Je mettrais presque ma main à couper qu'il s'agit de notre homme.

À cette nouvelle, le Lord perdit pendant un instant son flegme coutumier et arbora une mine affligée.

Je crains que vous n'ayez effectivement raison. Les péripéties que vous décrivez correspondent tout à fait aux coups d'éclats dont il est coutumier et qui m'apportent bien du tracas, soupira-t-il.

Rien ne semblait jamais pouvoir faire sortir le Lord de ses gonds. Sa philosophie contemplative était aussi étrangère qu'incongrue aux yeux de son collègue, adepte d'un interventionnisme radical à la moindre incartade. Aussi ne se priva-t-il pas d'exprimer son point de vue :

La mansuétude dont vous faites preuve à son égard ne le sert pas vraiment, Milord. Cela dit sans vous offenser. Les individus dans son genre ne plient que devant plus fort qu'eux. Mais laissons ces questions pour plus tard, car nous voici arrivés.

Et en effet, le duo était parvenu à rejoindre le comptoir en se frayant un chemin dans la foule dense de nobles venus étancher leur soif. Les larbins en effectif réduit semblaient avoir toutes les peines du monde à assurer la continuité du service. Mictlantecuhtli n'était pas étranger à cet état de fait, puisqu'il avait récemment commandité la mise à mort de tous ceux qui avaient touché de prêt ou de loin à l'affaire des verres échangés. Depuis lors, la surcharge de travail guettait l'équipe restante.

Dans ces conditions, tenter d'attirer l'attention du tenancier par des moyens ordinaires n'aurait pas donné le moindre résultat. Toujours suivi du Lord, l'organisateur usa d'un de ses nombreux passe-droits pour contourner le comptoir, attrapa sa cible par l'échine comme s'il s'était agi d'un vulgaire cabot et la jeta à terre dans un proche réduit avant de fermer la porte derrière eux.

Debout lâcha-t-il d'un ton glacial.

L'homme obtempéra sans se faire prier, mais jeta une série de coups d'oeil paniqués aux deux nobles qui lui faisaient face. La situation était pour le moins insolite. L'un de ses ravisseurs était au rang des seigneurs les plus cruels et vindicatifs du royaume, tandis que l'autre était presque son exact opposé. Adressant de muettes supplications à toutes les divinités possibles et imaginables, il souhaita que la tempérance et la magnanimité de l'un compense les velléités meurtrières de l'autre. Ce recueillement improvisé fut cependant de courte durée, car l'organisateur le saisit à la gorge pour entamer l'interrogatoire.

Et maintenant, tu vas sagement me dire tout ce que je veux savoir.

Incapable d'opiner du chef, le tenancier se contenta d'émettre quelques gargouillements en espérant qu'on y percevrait une réponse positive.

Tu as été témoin d'une altercation entre plusieurs jeunes freluquets il y a peu. Il semblerait que la garde ait laissé s'échapper l'un des fautifs, celui qui est à la source de la querelle. Indique-nous comment celui-ci est parvenu à nous échapper, exigea l'organisateur.

Le tenancier tenta d'émettre quelques sons, mais sembla sur le point de suffoquer.

Si nous souhaitons pouvoir entendre ce que cet homme a à nous dire, il faudrait sans doute relâcher votre étreinte, il me semble, proposa Le Lord.

Cette remarque fit apparaître une brève lueur d'espoir dans les yeux du pauvre roturier, bien vite éteinte par le sourire carnassier d'Aurevallis.

Ne vous inquiétez pas Milord, je compte bien laisser ce loqueteux reprendre son souffle ; mais pas avant qu'il ait pleinement saisi les conséquences d'une réponse incomplète ou erronée.

Et il relâcha soudain son étreinte. L'homme s'écroula au sol, haletant. Il mit quelque temps à reprendre sa respiration, qui resta saccadé.

Maintenant, si tu pouvais nous répondre prestement, nous t'en serions assez reconnaissants, l'encouragea del Insula.

Estions-nous malchanceux mes seigneurs. Vot'homme a fait à mon échoppe fort mauvaise presse.

Nous n'avons que faire de ton commerce, misérable vermine ! Ne tourne pas autour du pot si tu ne veux pas que je t'allège de tes cordes vocales, gronda d'Aurevallis en laissant glisser sa main jusqu'au manche d'un long poignard qu'il portait à la ceinture.

Tout de suite Messire, s'empressa de répondre le tenancier en tremblant. Pour tout vous dire, ce chevalier a bondi derrière le comptoir pour échapper à ses opposants et il s'est dérobé par la porte de service.

Peux-tu nous montrer cet accès ?

Répondant à la demande du Lord, il les conduisit vers la porte mentionnée. Tandis que le Lord gardait un calme olympien, une aura de menace latente semblait suinter de l'organisateur. Aussi le roturier n'était guère rassuré et espérait en son for intérieur pouvoir disparaître dans un tonneau, histoire de se faire oublier.

Nous y voila, Messires, annonça-t-il en pointa la fameuse porte du doigt.

Existe-t-il d'autres accès ? s'informa le Lord en examinant les alentours.

Non Milord. Y a que celui-ci. C'est par là qu'il s'est enfui, aussi vrai que je vous vois.

Pourquoi ne pas avoir signalé cette fuite aux gardes ? demanda soudain d'Aurevallis sur un ton qui donna des sueurs au tenancier. C'est un grave manquement dont vous vous êtes rendu coupable ...

Le tenancier s'agenouilla à ses pieds en suppliant.

Pitié, monseigneur ! J'avions pas pensé que seriez un aussi important fugitif. Et j'avions tant à faire pour remettre les choses en ordre.

Sur quoi débouche cette porte ? interrogea del Insula, tout à fait impassible à la scène.

Sur les cuisines centrales Milord. Notre Guilde a mis en commun les moyens pour rend' les choses plus rentables à tous. Pitié, ne le laissez pas me faire de mal.

Ne tenant aucun compte de la supplique, le Lord ouvrit la porte pour observer l'issue, et vit que le lieu fourmillait de vie. Il se tourna vers son compagnon enquêteur.

Je ne sais point s'il est pertinent de mener plus avant nos investigations. J'ai peur que cela nous fasse manquer la prochaine manche. Ce serait fort peu courtois étant donné les perspectives que cela augure.

Ce n'est que trop vrai, rétorqua l'organisateur en fronçant les sourcils. Mais notre homme gagne du terrain à chaque minute qui passe. Prenons tout de même le temps de poser quelques questions avant de regagner nos sièges.

Le tenancier laissa échapper un soupir de soulagement. Il avait l'impression que la colère d'Aurevallis s'était détournée de lui. Comme pour lui donner raison, ce dernier ajouta :

Hors de ma vue. Estime-toi heureux qu'il me manque le temps nécessaire pour te faire amèrement regretter ton manque de lucidité.

Tandis que le Lord et Mictlantecuhtli s'engouffraient dans les cuisines, le tenancier laissa échapper un flot continu de louanges et de remerciements pour l'indulgence dont ils avaient fait preuve à son égard. Le tintamarre des casseroles, des poêles et des couverts masqua très vite son beau discours ; d'autant plus inutile que ses destinataires n'y prêtaient pas la moindre attention.

Au milieu des serviteurs et des cuistots qui couraient en tous sens, les deux nobles personnages en habits d'apparat semblaient curieusement hors contexte et un peu perdus.

Si vous avez une suggestion, Milord, je suis tout ouïe. Au milieu de cette marée de gueux, j'avoue ignorer par où commencer. Le chef de cuisine peut-être ? interrogea Aurevallis.

Si vous m'en croyez messire, vous porterez plutôt vos attention sur le petite personnel. Ceux qui occupent des postes à responsabilité sont en général les derniers informés, tandis que les commis traînent et laissent traîner leurs oreilles partout.

Judicieuse remarque. Alors pourquoi pas ... celui-ci, dit Mictlantecuhtli en abattant sa main sur l'épaule d'un garçon de cuisine qui passait par là.

Brusquement interrompu dans son élan, le jeune homme renversa sur son tablier la moitié du contenu de la casserole qu'il transportait. Fort heureusement pour sa tête, pas une goutte de sauce n'éclaboussa l'organisateur ou le Lord. Tournant de grands yeux ronds de surprise sur ces intrus qui n'avaient rien à faire dans les cuisines, il ouvrit et referma la bouche à plusieurs reprises sans émettre un son, tel un poisson échoué sur la berge. Son rang peu élevé dans la hiérarchie du personnel ne lui avait jamais permis d'approcher des nobles auparavant ; aussi finit-il par s'exprimer sans vraiment manifester la crainte coutumière des autres gueux :

Ach ! Kartoffel mézire ! Foyez ze gue fous m'afez fais fairrrre !

Si le commis n'était pas habitué à croiser des aristocrates, Mictlantecuhtli l'était encore moins à entendre un gueux lui adresser un reproche. Interdit, il chercha le regard du Lord, comme pour confirmer qu'il avait bien saisi. Ce dernier avait les yeux mi-clos et secouait légèrement la tête de gauche à droite, préssentant ce que l'avenir réservait au jeune imprudent.

Toujours aussi explosif, l'organisateur arracha la casserole des mains de son porteur et la lui renversa sur la tête. Tandis que sa victime crachotait et évacuait le liquide qui lui remplissait les narines, Mictlantecuhtli entama une chorégraphie bien huilée. Une première esquive le mit hors de portée des gesticulations maladroites du commis, puis un rapide balayage des chevilles lui permit de le faire tomber à genoux. S'ensuivit un coup de pied retourné qui atteignit sa victime en plein dans le fondement et la fit s'étendre de tout son long sur le sol dallé. Alors que le malheureux tentait péniblement de se relever, Aurevallis tourbillonna sur la pointe d'un pied, se saisit d'une poêle sur une table voisine et l'envoya lestement au Lord dans le même mouvement. Malgré sa réputation de lenteur, le seigneur du Chesnois l'attrapa sans problème au vol et l'abattit sur le crâne du commis, portant ainsi le coup de grâce. Le tout n'avait pas pris plus de cinq secondes et aurait presque pu passer inaperçu. Presque. Le remue-ménage produit par cette correction avait attiré l'attention de tout le personnel, à présent figé dans la diversité des positions qu'impliquaient leurs occupations. Ayant dû faire une croix sur sa première source d'informations, Mictlantecuhtli rebondit et profita du silence soudain qui lui permettait de se faire entendre d'un bout à l'autre des cuisines sans élever la voix :

Ecoutez moi bien, bande de loqueteux indignes de préparer la pitance des porcs ! Un chevalier qui s'est rendu coupable d'entorse à ma loi a prit la fuite en passant par ici. L'un de vous - dit-il en balayant l'assemblée d'un doigt accusateur - a dû le voir. Si je n'ai pas de renseignements valables dans la minute, je commence à vous émincer avec un hachoir. Rouillé.

Adossé au mur, le Lord attendait calmement les bras croisés. La méthode employée par son collègue était tout sauf diplomate, mais le temps leur manquait ; aussi se décida-t-il à laisser les choses suivre leur cours.

Timidement, un petit bonhomme replet leva un bras tremblant qui parvint à peine à dépasser au dessus de la tête de ses voisins.

Ah ! Il semblerait que nous ayons un gagnant, s'exclama le Lord en s'avançant vers l'informateur. Et bien, parle, nous t'écoutons.

Z'est gue ... Ch'ai pien groizé un gevalier dout à l'heure, monzeigneur. Mais il est bartit bar une anzienne borte vers les cafes du bâtiment.

Les cafes ? répéta Mictlantecuhtli en se tournant vers le Lord, les yeux plissés par la réflexion.

Les caves, traduisit celui-ci. C'est mauvais signe.

Vous minimisez la gravité de la situation, Milord. D'après mes services de renseignements c'est un véritable labyrinthe d'escaliers, de couloirs et de tunnels qui s'étend sous nos pieds. Si il est entré là-dedans, aucune chance que nous le retrouvions à nous deux, d'autant que le prochain tour ne va pas tarder à commencer.

De rage, l'organisateur envoya un coup de pied monumental dans une marmite qui traînait au sol. Le récipient partit comme une fusée à travers une fenêtre, répandant des bris de verre sur de nombreux plats en préparation. Au dehors, la voix étouffée de PPDA se fit entendre :

Nouveau tir que télébuchet ! Ah ... non ...

Quittons cet endroit Milord, nous n'avons plus rien à y faire et notre gibier nous échappe, annonça Mictlantecuhtli, dont le visage était marqué par une rage à peine contenue. Dès que nous aurons réintégré la tribune, j'enverrai quelques soldats compétents explorer les souterrains à sa recherche. Ce sera faire d'une pierre deux coups : ce genre d'endroit gagne à être surveillé.

Le Lord acquiesça calmement sans rien ajouter et emboîta le pas de son collègue pour quitter la cuisine saccagée.
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 1 Avr 2018 - 14:05

Fulbert se réjouissait. Le couloir qu'il suivait l'avait mené à un escalier en colimaçon qu'il descendait maintenant avec prudence. Il n'était plus question de rencontrer qui que se soit qui pourrait révéler sa présence. Par chance, ce secteur connaissait peu d'activité, et il ne rencontra aucune âme tout le long de la descente. Néanmoins, à l'approche du rez de chaussé, le fugitif eut la sagesse de jeter un œil depuis une meurtrière. Ce qu'il vit lui fit perdre son sourire : la porte de sortie était sous le contrôle de deux gardes.

Décontenancé par cette information, il redoubla de prudence. Mais lorsqu'il atteint le niveau tant redouté, il eut la surprise de ne point y vois d'accès. L'escalier poursuivait vers les sous-sols sans laisser paraître de sortie. En fait, s'y avait juste un palier totalement muré.

Tendant l'oreille contre le mur, il tenta de deviner les sons se trouvant de l'autre côté. Il entendit faiblement les brides d'une discussion

- Fous ressemplez à la tescription du sapoteur !
- Fous faites erreur ! Je ne suis qu’un humble pêcheur qui passe par là.


Apparemment, cette histoire d'intrus prenait de fortes proportions. Fulbert en avait tirer avantage, mais cela pouvait se retourner contre lui avec un probable renforcement de la garde.

- Je peux partir maintenant ? La pêche m’appelle.
- Pien sûr, circulez !


L'homme semblait être passé sans encombre. Il y avait peut être moyen de ruser les deux factionnaires avec cette histoire d'enquête. Encore fallait-il trouver un accès jusqu'à eux.

Il tourna son regard à destination de l'escalier qui continuait de descendre. Après tout, si ceux-ci donner sur un tunnel, il était possible de contourner tous les soucis en le suivant. Il reprit donc sa descente et atteignit enfin les sous-sols. Il découvrit alors avec stupeur que le tunnel, loin d'être singulier, bénéficiait de la compagnie de plusieurs de ses semblables.

Lequel choisir, s'interrogea le chevalier, plissant les yeux et tendant l'oreille. Il fut surpris d'entendre un étrange bruit de métal cliquetant, suivi d'un éternuement tonitruant. Il se mit rapidement à l'abri derrière une teinture accroché au mur du palier.

Le comte Guillaume d'Alsacie déboucha d'un des tunnel. Fulbert faillit lâcher un cri de surprise : que faisait donc cet illustre personnage ici, alors que le tournoi battait son plein ? Le comte trahissait par ailleurs une attitude étrange. Il regardait dans toutes les direction de manière attentive et paraissait vouloir faire preuve de discrétion, chose fort peu aisée quand l'on porte plusieurs cotte de mailles sur le corps. Puis ce dernier se dirigea vers un second tunnel, pestant contre le manque de signalisation susceptibles de l'orienter.

Sortant prudemment de sa cachette, Fulbert se questionna sur la destination de cet illustre personnage d'un air circonspect. Il n'eut pas le loisir de mener plus loin sa réflexion car il entendit de l'agitation provenir d'un troisième tunnel, surplombé par l'exclamation d'une voix familière.

Mais… MAIS JE RÊVE ?

Fulbert s’engouffra précipitamment dans un tunnel.

Ces tunnels abandonnés sont très fréquentés ces derniers temps, ironisa-t-il.
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 3 Avr 2018 - 6:23

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Septième tour

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

L’appréhension qui tiraillait les deux servants se dissipa peu à peu, à mesure qu'ils prenaient conscience que leur tour n'était pas encore venu. L'euphorie ne les gagna cependant pas. Une épée de Damoclès les menaçait toujours et les chances de salut paraissaient fort lointaines, impossibles à atteindre. Un mince espoir existait toutefois, auquel le Claude souhaitait s'accrocher.

- Riton mon gars. Si j'pouvions suggérer c'te opinion, sera de tenter de lever les autes gars pour qu'on attire moins l'attention.

Son compagnon demeurait cependant interdit.

- Manqué ! D'un cheveu ! Je l'avions manqué !

- Oui bon. C'est t'y si grave ? S'avons d'autres priorités, faut y voir - essaya de le raisonner son compagnon.

- Mais, mais, mais... Et not' honneur ? S'y faire donner des leçons par c'te parvenu de tiléen. T'en fais quoi ? - se défendit Riton.

- Si tu vouliez lui faire une leçon de tir, tu pourriez attendre qu'nous fissions à l'abri. Tu prendriez ta revanche z'une autre fois.

- Non, non, non. Pô possible. Je... je... J'avions le soleil dans les yeux, c'est pour ça. Je devions le refaire, pour sûr.

Le Claude soupira. Entre la mauvaise foi évidente de son compagnon pour justifier son relatif échec - après tout dévier de la sorte était monnaie courante avec ces machines - et cette volonté suicidaire de vouloir garder la face alors que l’instinct de survie commandait une toute autre approche, il ne savait sur quel pied danser.

Mais la vue de la détresse de ce jeune ne le laissait pas insensible et lui rappelait sa prime jeunesse, lorsqu'il était lui aussi plein d'espoir. Après tout, se dit-il, pourquoi ne pas donner une dernière chance de briller à ce jeune homme ?

- Bon, d'accord pour c'te fois. Mais après, t'auriez qu'à accepter ce tir-là. Sinon, serait de mauvais jeu vis à vis du tiléen.

Cette concession, que beaucoup jugeraient suicidaire, ragaillardit le jeune bretonnien.

- J'garantissons que tu regretteriez pas cte choix là.

Et les deux hommes s'échinèrent à prépare leur trébuchet en vue du prochain tir

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

De retour de leur expédition dans les cuisines de la tour, les seigneurs du Chesnois et d'Aurevallis se séparèrent afin de regagner chacun leur place. L'heure n'était pourtant pas au repos, car auprès du siège réservé à l'organisateur s'était formée une file de plusieurs requérants. En son absence, personne ne sachant où le responsable de la compétition était parti, les rapports s'étaient accumulés tels des lettres sur le pas d'une porte.

Avec un long soupir volontairement amplifié, Mictlantecuhtli s'assit dans son siège rembourré de riches velours rouges et se saisit de la coupe qu'il avait abandonnée sur une petite desserte le séparant de l'Enchanteresse. Afin de bien faire comprendre à chacun qu'il était seul maître de la situation, quelle que soit l'urgence, il en avala une gorgée avec une lenteur exagérée avant de convier le premier arrivé à s'avancer.

Monzeigneur, che fous aborte die nouffelles conzernant der commentator nein audorisé und zon comblice.

Même les yeux fermés, il n'était pas difficile de reconnaître le capitaine Heinrich. Son terrible accent alsaçois - couplé au débit martial commun à bien des officiers -, ne laissait pas de place au doute.

Vous les avez appréhendés ? demanda Mictlantecuhtli comme si la réponse lui importait peu.

Ja, Herr Orkanizator ! Ils zont à brézent au cachot, répondit fièrement Heinrich en levant le menton.

Bon. Inutile de les y laisser croupir. Ecartelez-moi tout ça et qu'on n'en parle plus.

Z'est gue, monzeigneur ..., tenta timidement l'officier en perdant de sa superbe.

C'est que quoi ?

Et pien, ce zont des berzonnages très connus dans der Embire. Arh ! Zi nous les exécudons, nous risquons ein diblomadique incident und ein conflit ouffert affec nos foizins.

Mictlantecuhtli s'apprêtait à rétorquer qu'il n'avait que faire de ces bouffeurs de saucisses dégénérés et de leurs soi-disant armées en froufrous bariolés, quand il se rappela qu'il n'était pas vraiment chez lui en Alsacie. Passer outre le pouvoir décisionnaire du comte et lui coller une guerre sur les bras le plongerait dans la mouise jusqu'au cou. Même s'il répugnait à laisser des coupables impunis, ou à les remettre entre les mains d'une justice plus laxiste que la sienne, il était à court d'alternatives.

Bon, tant pis. Laissons donc le comte gérer ces tracasseries transfrontalières et contentez-vous de les garder au frais pour l'instant, conclut l'organisateur.

Puis, inclinant la tête pour voir derrière Heinrich qui effectuait un salut très cérémoniel :

SUIVANT !  

Dans le nouvel arrivant, Mictlantecuhtli reconnut l'un des dix espions qu'il avait pris soin d'emmener avec lui en venant en Alsacie. Celui-ci, un dénommé Poppon, arborait sur le visage les stigmates d'un accès de variole ainsi qu'une large cicatrice qui partait du menton pour rejoindre sa pommette gauche. Autrement dit, s'il se fondait à la perfection dans n'importe quelle assemblée de gueux du royaume, il se remarquait comme une mouche sur un drap blanc au milieu des nobles de la tribune. Afin d'épargner à ces derniers le spectacle peu engageant de sa physionomie, il avait prudemment rabattu son capuchon pour masquer la partie supérieure de son visage. D'un pas souple et rapide, il franchit les quelques mètres qui le séparaient de son employeur et se mit à genoux à côté du siège, tête baissée. Dans le vacarme des tribunes, sa voix profonde qui ne dépassait le volume d'un murmure peinait à se faire entendre.

Suivant vos instructions, seigneur, j'ai surveillé les agissements du baron de Joli-Tonneau, du sieur de Vigne-Bleue, de Brombur Fière-Barbe, de ...

Oui, oui, oui ! Je sais encore me rappeler qui je t'ai demandé d'espionner ! l'interrompit Mictlantecuhtli. Dis moi plutôt ce qu'ils ont manigancé depuis leur départ des tribunes.

Il se sont dirigés vers un quartier pauvre de la ville, reprit l'espion sans s'émouvoir de cette interruption. Je n'ai pas pu les suivre lorsqu'ils ont pénétré dans un établissement malfamé, car ils m'auraient inévitablement repéré, mais j'ai pu les apercevoir au travers d'une fenêtre alors qu'ils empruntaient une trappe aménagée dans le sol.  

Continue, l'encouragea l'organisateur.

Plusieurs minutes se sont écoulées sans le moindre signe d'activité, puis le sol s'est mis à trembler. Le toit du bâtiment à l'angle duquel je me cachais est parti en morceaux. Il s'en est fallu de peu qu'il ne m'écrase dans sa chute. Je suis resté à proximité le plus longtemps possible ; juste assez pour voir l'expédition de Brombur et Joli-Tonneau s'extirper de l'auberge avant qu'elle ne s'effondre complètement. Ils sont saufs, mais j'ignore ce qu'ils ont bien pu trafiquer sous terre ou ce qui a causé l'affaissement de sol qui ravagea par la suite plusieurs pâtés de maisons.

D'après ce que m'a raconté le comte d'Alsacie, la région est parfois sujette aux séismes ... se rappela l'organisateur.

C'est une explication possible, monseigneur. Mais la présence de Brombur et Joli-Tonneau à cet endroit et à ce moment précis demeure un mystère.

En effet. Je me ferai un plaisir de les cuisiner lorsqu'ils auront enfin regagné les places qu'ils n'auraient jamais dû quitter.

Et bien voilà qui répond partiellement à votre souhait, seigneur, dit Poppon en pointant du doigt quelque chose situé derrière l'organisateur.

En se retournant, ce dernier constata que le baron de Joli-Tonneau et son inséparable compagnon de beuverie venaient de franchir la porte de la tribune d'honneur. Leurs vêtements tachés par endroits de boue et de poussière accréditaient le rapport de l'espion. Et dans son sillage, voilà que s'avançait le marquis de Mélinor ! Pour une fois, son visage était illuminé d'un large sourire de satisfaction ; comme s'il avait eu l'occasion de se changer agréablement les idées. Tout en caressant le manche du fléau qui ne quittait jamais son côté, il s'avança d'un pas martial pour rejoindre son épouse. A sa vue, les nombreux courtisans qui couvraient Constance de leurs attentions se dispersèrent comme une volée de moineaux. La dame en afficha brièvement une moue dépitée mais, fidèle à elle-même, se recomposa bien vite le masque de calme perfection qui la caractérisait. Valmond fut ainsi rassuré de la retrouver telle qu'il l'avait laissée.

Mictlantecuhtli était très satisfait de voir ces importants personnages regarnir les rangs du public. La compétition n'aurait eu l'air de rien si la majorité des commanditaires donnaient l'impression de s'en désintéresser. Poppon interrompit cet instant de satisfaction par une dernière remarque :

Mon collègue vous entretiendra mieux que moi au sujet du dernier arrivé. Si vous permettez que je me retire monseigneur ...

Fais donc. Mais j'ai une nouvelle mission pour toi : tu vas te rendre dans les galeries qui se trouvent sous le terrain et rechercher le chevalier Fulbert. Prends quatre hommes supplémentaires pour t'aider. M'est avis qu'ils ne seront pas de trop dans ce dédale.

Souhaitez-vous que je dispose de sa personne, votre seigneurie ?

Ce ne serait pas pour me déplaire, mais non. Pour une raison qui m'échappe, le Lord semble tenir à son vassal et ne me pardonnerait sans doute pas une exécution sommaire. Je te commande donc de me le ramener en vie. Cela dit ... ajouta Aurevallis sur un ton chargé de sous-entendus, les tunnels ne sont pas toujours très solides ... On ne saurait vous en tenir grief si vous le retrouviez ... disons ... le crâne fracassé par une pierre tombée du plafond.

L'espion saisit immédiatement l'invitation implicite et se fendit d'un sourire mauvais. Sa profession et celle d'assassin partageaient des frontières assez floues ; aussi n'était-il pas rare qu'un agent de renseignement étende son domaine d'activités aux éliminations discrètes. Sans rien ajouter, Poppon se releva et fit discrètement signe à son collègue qui patientait dans la file de s'avancer ; après quoi il disparu dans la foule.

Si Poppon devait être assimilé à l'avers d'une pièce de monnaie, le nouveau venu en était incontestablement le revers. Gratifié par la nature d'un visage angélique et sans défaut, il pouvait sans problème passer pour un membre des meilleurs familles de Bretonnie ; une caractéristique que Mictlantecuhtli avait accentuée en l'affublant de vêtements somptueux et en lui donnant des cours de maintien en société. Grâce à ce duo de choc, il disposait toujours d'un homme adapté à la situation.

Messire, il m'est agréable de pouvoir vous livrer mon rapport d'observation, déclara-t-il en se fendant d'une parfaite révérence.

Jeune Guy, ton collègue m'informe que tu possèdes des renseignements nouveaux à propos du marquis de Mélinor.

Si fait, monseigneur. Le sieur Valmond s'en est allé rejoindre ses hommes à la recherche d'un saboteur du réseau de télébuchets du comté. J'ai été témoin de l'arrestation du suspect : le marquis a transformé son visage en tarte aux myrtilles d'un puissant revers de son bouclier. Un fort beau coup, si je puis me permettre. L'individu est neutralisé et a été jeté dans les geôles qui se trouvent sous nos pieds. Je l'aurais bien interrogé pour en savoir plus, mais il est durablement dans les vapes.

Il est inconscient pour un bon moment, corrigea Mictlantecuhtli, toujours désireux de perfectionner le vocabulaire de son agent pour assurer sa couverture. Il y avait donc bien un saboteur ... Mais pourquoi s'en prendre au réseau de communication ? Et qu'est-ce que Joli-Tonneau et Brombur sont allés faire dans la ville basse si ce malandrin rôdait autour du terrain ? Pourquoi le comte d'Alsacie n'a-t-il pas reparu ? J'ai l'impression que, plus nous en savons, moins tout cela a de sens.

Je ne puis répondre à vos légitimes interrogations, votre seigneurie, mais il y a là un messager portant la livrée d'Alsacie qui patientait à mes côtés le temps que vous nous reveniez.

Alors qu'il s'avance. Quant à toi, tu peux disposer.

Sur une nouvelle révérence en tous points conforme à l'étiquette, Guy tendit le bras vers le messager pour l'inviter à s'avancer puis se fondit parmi les nobles à la recherche de quelques informations utiles à glaner. L'homme qui portait les armes du comte Guillaume s'avança alors d'un pas mal assuré. Sans doute savait-il à qui il avait affaire, et quel sort l'organisateur réservait aux oiseaux de mauvaise augure.

Mezage bour fous, fotre zeigneurie. De la bart de mein meître, der comte d'Alzacie, déclama-t-il avec un léger trémolo.

Mictlantecuhtli lui arracha le parchemin qu'il tenait à bout de bras, comme s'il s'était agit d'une bombe, et brisa le sceau de cire pour découvrir les quelques lignes griffonnées à la hâte :

Cher ami,

J'ai quelques soucis en ce moment qui exigent mon attention pleine et entière. Inutile de vous embêter avec les détails.

Par la présente, je donne donc procuration à ma soeur, Marie, et à mon cousin François de Gasconnie pour émettre des paris en mon nom ou sélectionner d'éventuels bonus.

La bourse de pièces d'or a été remise au porteur de cette missive.

Merci de votre collaboration.

Comte Guillaume de la Tour d'Alsacie

A la grande répugnance de Mictlantecuhtli - qui s'empressa de tenir la lettre entre deux doigts par un coin -, la surface du parchemin était constellée de petites tâches d'humidité ayant fait couler l'encre par endroits. La preuve indiscutable que le comte avait été pris d'une crise d'éternuements durant son écriture.

Et peut-on savoir où il t'a remis cette ... cette chose ? demanda son destinataire en la laissant glisser par terre.

Ach ! Z'était au rez-de-chauzée de la dour gui ze zitue à l'ouest de zelle-ci, fotre zeigneurie, répondit le messager, visiblement soulagé d'être encore en vie au terme de la lecture. Le comte zemplait bressé und allait embrunder les bazages zouderrains, entourré de zes vidèles kartes du corbs.

Décidemment, rien ne concordait dans cette histoire. Le comte lui-même semblait embarqué dans une intrigue qui n'avait rien à voir avec les autres ; et voilà qu'il s'absentait pour plus longtemps encore en déléguant ses responsabilités à des proches que Mictlantecuhtli n'avait jamais rencontrés ! Cependant, si l'information était exacte et que le comte se rendait bel et bien dans les tunnels, son espion Poppon lui rapporterait peut-être des nouvelles à son sujet.  

Si on ne peut faire autrement ... laissa échapper Aurevallis en se levant de son siège. Conduis-moi à cette ... - il jeta un bref regard sur la lettre au sol - ... Marie. Voila. Et au cousin du comte tant qu'on y est. Histoire de te rendre utile, tu feras les présentations.

A fos ordres, monzeigneur ! Jawohl !

Et le messager précéda l'organisateur pour le guider vers les rangs arrières de la tribune d'honneur. Si l'on ne pouvait pas vraiment parler de mauvaises places pour observer la compétition, elles étaient en tout cas éloignées du roy et des nobles de plus haut rang qui se massaient au plus près de la balustrade. Ceux qui les occupaient étaient généralement des aristocrates de moindre importance, ou dont le pouvoir ne suffisait pas à les faire exister sur la scène politique. Presque au sommet de la structure de bois, le messager s'inclina respectueusement devant une dame et son voisin de siège.

Dame Marie, mezire François, ch'ai le blaizir und le briffilège de fous brézender za zeigneurie Migtlanteguhtli d'Aureffallis, orkanizator du tournoi. Monzeigneur, dame Marie und mezire François de Kasconnie ajouta-t-il en conformité avec le protocole.

Mictlantecuhtli les salua tous deux sobrement, conscient que sa position sociale était largement supérieure aux leurs combinées. Comme pour le confirmer, les parents du comte se levèrent et s'inclinèrent devant lui. Leurs courbettes n'étaient cependant pas dénuées d'une certaine froideur, dont l'organisateur ignorait encore la cause. Pour l'heure, ça n'avait guère d'importance.

Madame, messire, le comte votre frère et cousin est apparemment retenu par plus urgent que son rôle d'hôte du tournoi, déclara Mictlantecuhtli avec la dose de sarcasme qu'il affectionnait. Par un lettre qu'on vient de me remettre, il vous prie de prendre en charge la gestion de ses paris et de vous entendre sur le choix des bonus si son équipe venait à y avoir droit.

Alors qu'elle ne présentait jusqu'ici qu'une mine de franc ennui, la jeune demoiselle aux longs cheveux châtains sembla s'animer quelque peu en entendant cette nouvelle. Peut-être le spectacle n'était-il pas à son goût, mais la perspective d'endosser des responsabilités de premier plan raviva son intérêt.

Ce ne fut pas le cas du chevalier François.

Comment !? cria-t-il en faisant sursauter quelques voisins de tribune.

Plait-il ? Les instructions de votre cousin manqueraient-elles de clarté ? demanda Mictlantecuhtli goguenard.

Absolument pas ! Et je me scandalise justement qu'il ose me demander une telle chose ! Ce spectacle tout entier n'est qu'une mascarade qui banalise l'exploitation abusive d'un peuple qui trime déjà quotidiennement sous le joug tyrannique de la noblesse du pays ! Et voilà que Guillaume me demande d'y prendre part !? Ceux que vous et vos semblables appelez "gueux" avec mépris ont également des droits et n'en sont pas moins humains ! Sachez-le messire !

Aurevallis n'en revenait pas. Si ce tournoi lui avait déjà offert quelques surprises, celle-ci était de loin la plus grosse. Un homme de sang noble qui prenait la défense des prolétaires ... Il aurait cru bien plus volontiers à la possibilité d'envoyer un ogre sur la lune en le catapultant à l'aide d'une cuillère à entremets. Ce premier choc passé, c'est la complète absurdité du discours qui le frappa de plein fouet.

Cessez de tenir de pareils propos en public, dangereux révolutionnaire ! Si vous persistez, je n'aurai d'autre choix que de vous faire jeter aux oubliettes pour apologie de la décadence sociale ! Que vous soyez ou non de la famille du comte ne vous sauvera pas, tenez-vous le pour dit ! Ceci est mon premier et dernier avertissement.

De lourdes menaces pesant sur chaque syllabe de cette conclusion, le chevalier François n'osa pas alimenter le débat et adopta l'air renfrogné d'un gosse sermonné par son père.

Si le sort de ces lanceurs de choucroute vous tient tant à coeur, considérez votre charge comme une opportunité de leur venir en aide quand le moment sera venu, ajouta Mictlantecuhtli avec un mépris à peine masqué. Ceci étant dit, j'ai encore fort à faire.

Et l'organisateur tourna les talons pour rejoindre le premier rang, sans se soucier de ce que la soeur et le cousin du comte trouveraient bien à dire dans son dos.    

Après toutes ces tracasseries, il fut soulagé, et même heureux, de retrouver Baldwin. Ce dernier était enfin de retour à son poste et s'empressa de venir à la rencontre de son maître quand il l'aperçu. Le voir raviva les souvenirs de son domaine forestier, loin, très loin de toutes ces fatigantes mondanités. Là où chaque jour apportait son lot de défis à relever, que ce soit par la force du bras, par la pointe de l'épée ou par la sagacité de l'esprit. Là où la forêt était vaste et mystérieuse, là où sa seule volonté était souveraine, là où régnaient le calme et l'ordre qu'il imposait à toute chose sous son empire. Ces pensées furent comme une bouffée d'air frais pour son esprit fatigué, et il en avait bien besoin.

Baldwin ! s'écria Mictlantecuhtli en usant pour une fois du prénom de son bras droit. Tout est-il en ordre de votre côté ?

Absolument, monseigneur. Les troupes du comte se tiennent prête à agir sur votre ordre en cas de besoin et nos propres soldats sont répartis sur les sites critiques ainsi que dans les différentes tours. J'ai également affecté un spécialiste des signaux par drapeaux à chacune d'elles afin de coordonner les actions si nous étions forcés de nous y retrancher.

Voilà ce que j'appelle du bon travail, déclara Aurevallis avec une fierté non feinte. Mais écoutez, voici que résonne le signal de tir. Allons nous assoir. Oui, vous aussi, précisa-t-il en désignant un tabouret installé non loin de sa propre place, vous l'avez bien mérité.

Une telle gratitude n'était pas très courante dans le milieu de la noblesse, d'autant moins avec Mictlantecuhtli. Aussi Baldwin savoura-t-il pleinement l'honneur qui lui était fait de siéger ainsi parmi les plus grands de Bretonnie.

Plusieurs mètres plus bas, un bruit de cordes qui se détendaient et de rouages qui grinçaient accompagna le tir de l'équipe rouge. Les artilleurs du Lord prenaient la main et devançaient tous les autres en envoyant un rocher plein nord. Pour la seconde fois, il sembla que la cible devait être le trébuchet abandonné du baron de Gransette. Après les vaines tentatives des hommes de Joli-Tonneau et un premier essai infructueux, le Lord allait-il enfin progresser dans le classement grâce à un providentiel coup au but ?

La trajectoire semblait bonne et le rocher bien parti pour régler définitivement son compte à la machine de guerre, mais tout se joua une fois encore à peu de choses. Que ce soit dû à un léger déséquilibre du projectile, à une torsion malencontreuse du bras du trébuchet ou à l'une des bourrasques glaciales qui balayaient le champ de bataille par intermittence, la pierre s'abattit un poil plus à l'oust que celle qui l'avait précédée. Un nouveau coup pour rien qui ne fit qu'attiser les doutes de l'organisateur. Si ça continuait ainsi, le baron de Gransette pourrait rentrer chez lui avec une machine intacte et ne déplorer que la perte mineure de ses servants. Pour le moment, elle avait déjà écrasé le records de longévité d'un trébuchet après la découverte de son équipage.    

Ce fut ensuite au tour de l'équipe d'Alsacie de passer à l'offensive. La choucroute - dont les artilleurs disposaient décidément en quantités astronomiques - partit en direction de l'équipe verte. Ou tout du moins pouvait-on le supposer, car seul un servant avait mordu la poussière jusqu'à présent, ce qui laissait planer un doute quant à l'emplacement réel de sa machine.

Ayant visiblement choisi d'attaquer à l'ouest de la première victime, les hommes du comte - sur qui planait toujours une redoutable mise à prix - avaient été mal inspirés. S'il parvinrent peu ou prou à atteindre la zone souhaitée, la dispersion de leur choucroute s'opéra sans rencontrer le moindre obstacle.

Un rocher lancé par l'équipe de Joli-Tonneau ne tarda pas à renforcer ce constat. Après avoir subi une fois de plus une terrible altération de sa trajectoire, le projectile sans doute destiné à frapper l'équipe rouge tomba bien trop court pour finir à côté de son prédécesseur. Son atterrissage contribua à disperser d'avantage la spécialité alsaçoise et à la mélanger à des monceaux de boue gelée. A ce stade, on frisait le qualificatif d'arme de destruction massive.

Enfoncé dans son siège, Mictlantecuhtli songea pendant un instant à envoyer une équipe d'assistance technique pour aider l'équipe blanche, mais finit par y renoncer. Si leur matériel était endommagé à cause d'une charge déraisonnable, les artilleurs en étaient les seuls responsables. Qu'ils se débrouillent donc seuls. Et puis, en un sens, avoir un engin dont le tir était systématiquement aléatoire amusait beaucoup le public. Il n'était pas question de le priver de ça.

Quoi qu'il en soit, ce rocher avait permis de réduire considérablement l'espace dans lequel le trébuchet du Voyageur pouvait encore se cacher. Son propriétaire pouvait légitimement redouter les conséquences du huitième tour.    

Mais l'esprit combatif des nains ne pouvait être entamé pas des considérations aussi futiles qu'un décès par écrasement ou par noyade sous la choucroute. Pour clore le spectacle, le vieil ingénieur offrit à son public une réédition du projectile qui avait englouti le trébuchet de Mélinor durant le troisième tour : une nouvelle tête sculptée s'envola gracieusement en tournant lentement sur elle-même, produisant un grondement sourd et saisissant par le biais de sa bouche grande ouverte.

GRUNGNI ! scandèrent en coeur Gromdal et le vieux Grakk après s'être levés d'un bond.

Ce genre de détail échappait probablement à n'importe quel bretonnien, mais la sculpture devait revêtir les éléments caractéristiques de cette importante figure du panthéon des nains. Saluer son passage par un cri enthousiaste et fervent n'était donc pas totalement dépourvu de sens.    

Mais la bénédiction d'une divinité n'assure pas pour autant le succès. Les spectateurs rangés le long du bord ouest n'auraient certainement pas affirmé autre chose, tant le rocher passa près des bancs sur lesquels ils étaient assis. Depuis le début du tournoi, leurs nerfs étaient mis à rude épreuve et ce n'était pas le premier projectile à mettre leurs vies en danger. Cependant, et à la décharge des différentes équipes prenant part à la compétition, il fallait tout de même reconnaître qu'aucun tir n'avait encore franchi les limites du champ de bataille. Dans ce domaine, le tournoi de Couronne avait été bien pire.

Cette frayeur passée, on pu constater que les nains cherchaient habillement à dissiper le brouillard dans certains recoins inexplorés où une équipe pouvait encore se terrer sans être inquiétée. Si ce dernier tir n'avait pas fait de victime, il était une utile contribution à l'exploration du terrain.

Ainsi le septième tour s'acheva-t-il sans la moindre perte, à la grande surprise de bon nombre de parieurs. Certains amateurs de la première heure en profitèrent pour préciser à ces derniers que ce cas de figure n'était pas sans précédent : lors du premier tournoi, le grand seigneur de Nehepalà avait lui aussi survécu plusieurs tours après sa découverte. Cependant, si le Lord était toujours debout à la fin du huitième tour, le premier records serait pulvérisé.

Mictlantecuhtli ne prêtait pas vraiment attention à tous ces bavardages. Même si les meilleures dispositions venaient d'être prises afin d'assurer la sécurité des spectateurs et la bonne tenue du tournoi, trop de choses lui échappaient encore pour qu'il ait l'esprit apaisé. D'ici à ce que débute le prochain échange, il espérait sincèrement qu'un de ses agents lui apporte le fin mot de l'histoire. Le tournoi approchait de sa fin, mais ce n'était pas une raison pour baisser sa garde.

Déboulant par la porte de l'escalier central, Brombur Fière-Barbe et son compagnon Glaïrn entrèrent dans la tribune d'honneur avant de se diriger vers l'organisateur d'un pas décidé. D'une main, chacun tenait l'extrémité d'un sac de toile qui semblait agité d'étranges soubresauts ...

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Pas de tir de télébuchet durant ce tour.

Impacts :

Calidus5 : Ab20 => déviation nord-ouest de 3 cases => X17
Gromdal : P2 => déviation sud de 1 case => Q2
Lord del Insula : J21 => déviation ouest de 2 cases => J19
MagnanXXIII : X19 => déviation sud-ouest de 1 case => Y18

Paris résolus :

- Calidus5 :

20 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Gagné (versement de 30 Co)

- Lord del Insula :

30 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Gagné (versement de 45 Co)

- MagnanXXIII :

30 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Gagné (versement de 45 Co)

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 2 pour 1 (Gromdal, Lord del Insula) et 4 pour 1 (autres équipes).
- Prochaine perte : 2 pour 1 (Gromdal, Lord del Insula) et 5 pour 1 (autres équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 32.5 Co Hors jeu
- Calidus5 : 2 point ; 55 Co
- Gromdal : 6 point ; 40 Co
- Kaops : 2 points ; 25 Co Hors jeu
- Lord del Insula : 4 point ; 63 Co
- MagnanXXIII : 2 point ; 60 Co
- Toison d'or : 1 point ;  60 Co Hors jeu

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Voila qui met fin à un septième tour moins animé que ses prédécesseurs (ça arrive). Les coordonnées et textes du huitième tour doivent m'être envoyés pour le 8 avril au plus tard.

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Kaops
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 7 Avr 2018 - 0:22

.
    Depuis l’arrière d’une colline reculée du massif boisé des Vouges, un complot était ourdi. Du moins c’était ainsi qu’était appelée toute opération skaven. Et, justement, le bon déroulement de cette dernière était surveillé de près, très près, par un chef homme-rat dépêché sur place en toute hâte pour monter toutes les installations le plus rapidement possible.

    Equipé de restes d’armures bretonniennes rafistolées et juché sur son presque fidèle destrier – un rat bouffi aux proportions grotesques – le chef skaven foudroyait autant que possible du regard le moindre écart de conduite. De temps en temps, il ajoutait un hurlement ou deux et, s’il se sentait d’humeur, une petite charge montée avec broyage d’esclave en prime. C’était plus festif.
    En somme, il était une parodie absurde et déformée de seigneur bretonnien.

    En tout cas, le traitement dictatorial affichait des résultats puisque la marée d’esclaves s’affairait sur une énorme structure branlante de bois et de métal rouillée d’une vingtaine de mètres de haut et lui donnait forme. Le tout donnait l’impression qu’on avait fait passer une machine de guerre bretonienne dans un hachoir à viande et qu’on avait voulu recoller les morceaux à l’aveugle. Mais il tenait.

    Alors que le chef revenait d'une nouvelle expédition punitive, un guerrier arborant sur son bouclier miteux l’emblème du clan Charcutax – un assemblage de saucisses – s’approcha alors dudit chef et engagea la conversation de sa voix chevrotante :

    « Heum, hésita-t-il. Ô grand-grand et magnanime seigneur le… *SBAF* »
   
    Apparemment son lige n’était pas si magnanime que cela puisqu’il lui avait envoyé la hampe de sa lance en pleine tête, le coupant dans sa tirade flatteuse.

    « Non-non ! hurla ce dernier d’une voix suraiguë. Vermisire !! Combien de fois-fois vais-je devoir le répéter ! Notre grand et bienveillant Vermisire Bharon-Duk Charcutax XVIIe du nom-nom a été clair-clair. La hiérarchie noble-noble du clan Charcutax a ses propres titres-appellations !
    — Pardon-pardon… Vermisire Morchoukroute… *SBAF*
    — Rat-valier ! C'est Vermisire Ratvalier Morchoukroute pour toi-toi, espèce de rat-gueux idiot !
    — Oui-oui, tenta de prononcer l'homme-rat en même temps qu'il chassait les étoiles devant ses yeux. Mais le catabuchet à maleviande est terminé-fini.
    — Ah ? »

    Morchoukroute, dont le nom provenait directement de l’arme bactériologique utilisé par les choses-hommes d’Alsacie, leva les yeux vers la machine avec circonspection. D’après lui, il manquait encore beaucoup de morceaux de la structure… Or, quand il les questionna du regard, les quelques ingénieurs du clan Skryre qu’ils avaient engagés pour la construction du prototype lui firent de grands signes d’approbation. A moins que ce ne soit de la panique ? Il était toujours difficile de savoir avec ces skavens tordus aux lunettes étranges, grommela Morchoukroute intérieurement.
    En tout cas, la maleviande modifiée à base de saucisse de Géorgie, de choucroute alsaçoise et de malepierre n’allait pas tarder à arriver. La substance étant hautement explosive, il fallait la mélanger à l’impact pour que le projectile soit efficace. Ce qui impliquait un mécanisme de mélange complexe qui avait ralenti toute la création de la machine de guerre. Il allait donc falloir faire avec ce retard avant de pouvoir raser la région au nom de la Saucisse Cornue.

    « Bien-bien, un tir d’essai-feu doit être effectué.
    — Tout à fait-fait, mon vermisire », ajouta le guerrier des clans tout en tentant frénétiquement d’éviter la mâchoire baladeuse de la monture de son seigneur.

    Soudain, Morchoukroute se tourna vers le guerrier. Depuis les interstices de son heaume grossièrement déformé, on pouvait apercevoir une très mauvaise nouvelle qui avait germée dans son cerveau malade : une idée.

    « Et tu vas en faire partie, oui-oui.
    — Bien-bihein… ? » s’arrêta subitement le guerrier.

    D’un geste de la main, le seigneur homme-rat indiqua le guerrier du clan et il fut saisi aussitôt par plusieurs vermines de choc. Un autre geste d’autant plus explicite indiqua le catabuchet à maleviande qui avait été remonté pour l’occasion. Tout en ricanant pour lui-même, Morchoukroute observa le martyr skaven supplier pour sa vie tout du long de son trajet jusqu’à la machine de guerre. L’opération n’avait pas encore commencée, mais au moins, il allait pouvoir s’amuser un peu tout en donnant un exemple.

    En moins de temps qu’il ne fallut pour le dire, le guerrier du clan était attaché dans la fronde au bout de la machine. Un signe plus tard et la bête était mise en branle dans un mélange de craquements et des hurlements de la victime qui fila dans les airs à une vitesse respectable. Le catabuchet perdit quelques pièces dans l'opération et une corde lâcha brusquement, tranchant en deux une dizaine d'esclaves malchanceux sur son trajet. Mais rien de bien grave qui ne puisse pas être remplacé en quelques minutes.

    Soudain, alors qu’il contemplait le vol du rat hurlant, Morchoukroute se rendit compte d’un détail : cet andouille filait droit vers le tournoi de trébuchet.

    « Bandes de crétin-imbéciles ! hurla un Morchoukroute progressivement mortifié. Il fallait tirer-tirer ailleurs ! Pour ne pas attirer l’attention des choses-hommes ! »

    Dans sa rage, le chef skaven décapita quelques-uns des artilleurs qui n’avait rien demandé et en appela d’autres. Ils allaient devoir accélérer la progression du plan... Mais pour le moment, le chef espérait juste que sa victime précédente n’allait pas causer trop de tapage… Avec de la chance, il passerait inaperçu avant de se transformer en bouillie.
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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 7 Avr 2018 - 14:02

Quelque part dans les souterrains, entre deux échafauds de mines, un groupe d’une dizaine de gardes traine de force deux étranges individus, un prêtre-guerrier et son compagnon joueur de mandoline.

« Mais lâchez-moi ! Pouisqué yé vous dit qué yé souis thane !
– Ja, ja, tu auras l’occasion de le tire au comte plus tard. Pour l’instant tu es plutôt prisonnier.
* tintinlintintintintin *
– Mais comment fait-il pour chouer de la kuitare afec des menottes ?!
– Olé ! Ola !
– Pon, on arrife pientôt, les cachots c’est par ici. On va enfin se tébarasser te fous… »

Mais alors que le groupe armé s’approchait de la grande salle des cachots, servant aussi d’entrepôt et de carrefour aux huit galeries, qu’un autre groupe fit son entrée, c’était l’escorte du comte d’Alsacie qui marchait dans la direction opposée. Et, venant d’une autre galerie, un chevalier à la livrée d’argent déboula dans la place en interpelant le comte, il était de son côté suivi que quelques soldats tenant fermement un autre prisonnier. S’ensuivit un dialogue chaotique entre plusieurs individus tous aussi étonnés de se rencontrer en pareil lieu.

« Guillaume ! Tu…
– Cédric ?! Qu’est-ce que…
– Monseigneur vous…
– Ma qué ?! Mais c’est Frankis…
– Steve ?!
– Choses-Hommes !
* tintinlintintintintin *
– …n’a pas honte de nous lâcher comme ça !
– … tu fais là ?!
– … ici ?
– … notre pêcheur ! Comment tou vas ?
– Ben je n’ai pas trop la pêche en ce moment.
– Pas le choix-option ! Nous faire-agir ! Oui-Oui !
* tintinlintintintintin *
– Oui, oui, évidement, tu vas encore trouver une excuse !
– Ah mais non ! Ce n’est pas ce que tu crois !
– Mais pourquoi amener autant t’hommes messire ?
– Bah, Miguel va té jouer oune petit air de mandouline et ça ira mieux.
– Si tu le dis.
– De vos cachettes sortir-attaquer ! Vite-vite !
* tintinlintintintintin *
– Tu es l’un des hommes les plus important de l’événement, tu dois regagner la tribune !
– Mais j’ai failli mourir ! Une étoile d’assassin empoisonnée est passé à ça de ma tête !
– Et ces Hommes-Rats monseigneur, ils sont avec fous ?
– Ma qué ? Elles sont en papier vos chaînes ! Ye les ai brisé d’oune mouvement de bras !
– La pêche aux skavens est ouverte !
– Yaaaaah ! Tuez-tuez !
* tintinlintintintintin *
– Embuscade ! Vite ma hache…
– Par la Dame ! Ils m’ont suivi !!!
– On nous attaque ! En formation serrée ! Défentez le comte !
– Ah ah ah ! Y’ai de nouveau mon marteau ! C’est parti !
– Technique du poisson squelette nehekharien de profil !
– Squiiik !
* tintinlintintintintin * »

Devant la violence de cette scène, nous préférons vous montrer ce document consacré à la langouste:


_________________
Au revoir, au revoir, Gros Wilains !
Chez Mantic nous irons,
Au Neuvième âge nous jouerons,
Dans tous les cas nous resterons bretonniens !


Les batailles au Moyen Âge étaient si simples...:
 
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 7 Avr 2018 - 14:33

Fulbert portait des coups d'épée de droite et de gauche, se concentrant sur sa survie. Il n'avait pour l'instant aucunement le loisir de penser à sa malchance. En effet, sa fuite précipitée dans les couloirs des tunnels l'avait amené à se retrouver cerné, et tout cela avait débouché sur la rencontre inopinée avec les différents groupes qui s'y trouvaient.

C'est ainsi que le chevalier du Lord se retrouvait à présent à combattre aux côtés de ses compagnons de fortune contre ces vermines d'hommes rats.
________________________________________________________________________________________________


Le Lord, malgré son apparent flegmatisme, traversait pour l'heure un ouragan intérieur qui mobilisait toutes son attention.

Primo, il se réjouissait de la survie prolongé de son équipage ainsi que de ses gains relatifs aux paris. Avec 60 pièces à sa disposition, il pouvait dès à présent utiliser un bonus.

Cela amenait à son secundo : lequel employer et surtout, pourquoi ces deux abrutis s'acharnaient sur le trébuchet de la Gransette alors qu'ils avaient tout intérêt à mettre la main sur les équipes encore cachées.

Il lui semblait donc que le moment était opportun pour reprendre les choses en mains et donner des consignes à ces deux débiles. Restait à évaluer quel projectile serait le plus opportun pour augmenter la surface révélée. Entre le roc et la pierraille, son cœur balançait. Il aurait bien demandé son avis à Gustavo Orasio. Malheureusement, ce dernier était inconscient, il fallait donc se passer de ses conseils.

Tertio, le Seigneur du Chesnois s'inquiétait du cas de son chevalier fugitif. Celui-ci se mettait systématiquement dans de beaux draps, et il allait encore lui revenir d'aller tirer les marrons du feu.

Enfin, planait toujours cette histoire de saboteur et le Lord n'avait aucune information sur l'évolution de l'enquête du Comte. Il fallait remédier au plus vite à cette lacune, afin de pouvoir réagir à temps d'une éventuelle catastrophe.

Cherchant du regard ses vassaux, il avisa Gaëlec de Soudé, en train de déguster un des nombreux breuvages disponibles.

- Messire Gaëlec, approchez je vous prie – le héla-t-il.

Le chevalier se hâta de rejoindre son suzerain.

- Que puis-je pour vous Milord ?

- Écoutez-moi bien, je vais vous transmettre quelques consignes de la plus grande importances qu'il vous faudra transmettre puis mettre en œuvre. Ai-je votre attention ?

- Yes, Milord !

- Trouvez quelques hommes de notre fief et menez-les aux services du Comte d'Alsacie. Pour vous résumez la chose, il semble qu'un saboteur sévisse lors de ce tournoi. Enquerrez-vous de la situation, envoyez-moi un messager et apportez votre concours à la recherche en cours.

- Bien Milord. J'y vais de ce pas.

- Attendez ! Je veux être certain que vous n’omettriez rien, je veux que vous répétiez ce que je vous demande.


Gaëlec de Soudé sembla soudain se métamorphoser en écolier craignant d'échouer à sa récitation. Il énuméra donc hésitant les missions à accomplir.

- Ben trouver nos gars...
- Ensuite ?
- Heu... leur dire de me suivre.
- Pour ?
- Trouver Messire le Comte.
- Et... ?
- Chercher le saboteur.
- Parfait !


Cette satisfaction soulagea Gaëlec de Soudé. Il avait à cœur de remplir les ordres du Lord, mais cela arrivait fort rarement, la Dame sait pourquoi !

- Un dernier détail, si lors de ces recherches vous tombez par hasard sur Fulbert, faîtes en sorte qu'il reste sous votre protection. Ce dernier s'est encore attiré des ennuis.

- À vos ordre Milord !!! - s'exécuta le chevalier en partant immédiatement accomplir sa mission.

Maintenant que ce point était géré, le Lord se retourna vers les questions épineuses que posait le tournoi.

Il s'approcha du commentateur et lui murmura quelques mots à l'oreille. Ce dernier réagit immédiatement et c'est avec son ton enjoué coutumier qu'il déclara :

Belles Dames, nobles Seigneurs et hommes de peu, je tiens à vous annoncer un événement fabuleux ! Le Lord de Insula choisit de faire tirer le Roc à son équipe pour le tour à venir. Cela promet un fameux spectacle à n'en pas douter !

Sans attendre la fin de l'annonce, le Lord s'était vivement dirigé vers le service employés à la logistique du tournoi. Il s’entretint avec l'un des hommes chargé de conduire le projectile jusqu'aux servants de son trébuchet.

- Pourriez-vous transmettre un message à mes hommes ?

- Ferions selon vot' exigence vot' seigneurie.

- Fort bien. Dans ce cas, dîtes-leur d'arrêter de viser ce trébuchet et de viser une zone non découverte. Sans quoi, précisez-leur que je me ferai un plaisir de les employer comme projectile pour le prochain tir !


Ses consignes transmises, le Lord s'en retourna à sa place. Son regard fut alors attiré par le spectacle des deux nains qui se dirigeaient vers le Seigneur d'Aurevallis avec un fardeau fort intrigant. Sa curiosité piquée au vif, le seigneur du Chesnois se fraya un chemin en leur direction.


Dernière édition par Lord del Insula le Dim 8 Avr 2018 - 15:45, édité 1 fois
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 7 Avr 2018 - 23:01

Alors qu'ils parcouraient les tribunes, les fouillant du regard pour y retrouver le baron de Joli-Tonneau, ils perçurent les sourires ironiques de certains nobles Bretonniens et crurent entendre quelques propos sarcastiques concernant leur absence récente... Il est vrai qu'ils n'avaient pas pris le temps de se dépoussiérer, ne serait-ce qu'un peu, avec les événements de l'auberge; d'ailleurs terre et poussière ne sont rien pour les Nains, tout le contraire de la noblesse d'ici, soucieuse de sa toilette pour les dames et de ses atours pour les hommes...


Brombur vit finalement le Seigneur d'Aurevallis et se dirigea vers lui, ne sachant trop à qui d'autre faire part de sa "découverte"; alors qu'il atteignait le rang ou celui-ci était assis il vit un autre Noble Bretonnien se diriger vers eux visiblement intrigué par le contenu du sac.

Brombur s'approcha De Lord Mictantecuhtli, lequel fixa le sac gigotant puis le Nain d'un regard à la fois interrogateur et inquisiteur, imité en cela par le second Noble Bretonnien qui les avait finalement rejoints.


- Brombur fît signe à Fraïrn, lequel se rapprocha et vida le contenu de son sac aux pieds des deux nobles Bretonniens éberlués de voir le Coureur d'Egout, les yeux exorbités, reniflant et couinant à qui mieux mieux...


" Ceci est un Skaven, c'est plus précisément un éclaireur Messires. Ils les appellent "Coureurs d'Egouts", habitués qu'ils sont de passer par ces endroits pour remplir leur sinistre besogne faite d'assassinats et autres perfidies du même genre..."




Dans les travées alentour le silence s'était fait après les quelques cris d'épouvantes poussés par certaines nobles dames les plus proches du "paquet"... L'assemblée toute entière envisageait les Nains sous un autre regard, sourires et moqueries s'étaient évanouis...

Avec un rapide hochement de tête à l'intention des gardes qui se saisirent prestement du "paquet"  pour le remettre derechef dans le sac, le Lord se leva et fit signe aux Nains ainsi qu'au Lord del Insula (car s'était son nom) de le suivre en direction des escaliers. Ceux-ci menaient à une petite pièce discrète ou la conversation pouvait reprendre son cours, loin d'yeux et d'oreilles indiscrètes...

- "Que signifie cela je vous prie???" demanda avec calme le Seigneur d'Aurevallis, visiblement plus qu'agacé,  à Brombur.


- "Tout simplement qu'une attaque se prépare contre le tournoi" lui répondit Brombur en regardant alternativement les deux nobles qui lui faisaient face...


-"Plait-il!!!???..."  éructa d'Aurevallis.


- "Ils sont les yeux et les oreilles des Skavens, si vous en voyez un il y en a mille derrière tapis dans l'ombre... Croyez-moi... Et celui-là n'était pas seul..."


Glaïrn et Fraïrn opinaient sombrement du chef derrière lui...



- "Où se trouve le reste de cette engeance???..." demanda le Seigneur d'Aurevallis d'une voix froide faisant trembler toute l'assistance d'un frisson de peur incontrôlée...

- "Cela ne va pas être trop long à connaître" lui répondit Brombur en faisant un signe de la tête à Fraïn...Celui-ci souleva d'une main la tête du Skaven en la tenant par les mâchoires, tout en commençant à lui arracher des dents avec une pince de belle dimension...

Les couinements de souffrance du Skaven, mêlés aux effluves de peur qu'il retenait à grand'peine incommodaient visiblement une large part des gardes alentour, il y eut même quelques vomissements...

A la sixième dent arrachée, avec lenteur et force vrille, le Nain fît une pause, écrasant de l'un de ses deux pieds les membres tordus du Skaven parcouru de spasmes de douleur...

D'une voix emprunte de mille colères il lui parla en Khuzdul: " D'abord: tes dents, après: tes griffes, ensuite: ta queue, puis les oreilles, puis ta peau... Mais jamais tu ne mourras, JAMAIS!!!! Sauf si tu parles..."

Aurevallis vit alors quelque chose qu'il n'aurait jamais soupçonné chez les Nains: le feu de la vengeance dans le regard de Fraïn... Il interrogea du regard Brombur, lequel lui répondit en un murmure emplit de haine "Ils ont pris et torturé son frère, il s'agit d'une dette de sang..."

Une nouvelle dent arrachée fini de convaincre le Coureur d'Egout de parler: "Vous mort-mort ! Grande-grande invention à nous-nous vous tuer-tuer depuis forêt ! Vous bientôt plus que viande-viande pour la race supérieure-supérieure !!!"



Prestement d'Aurevallis saisit le misérable Skaven par la gorge en criant: "L'INVENTION!!! QUELLE INVENTION!!!??? PARLE ENGEANCE CHAOTIQUE!!!..."; celui-ci, terrorisé, lâcha complétement son musc de peur sur le Noble provocant encore plus de vomissements que précédemment...

D'Aurevallis senti l'odeur immonde, il senti aussi le côté gluant du musc qui recouvrait son plus beau pourpoint, et serra d'un geste vif et impitoyable la gorge de l'animal, lui rompant instantanément la trachée puis la nuque...

A peine avait-il jeté le cadavre au sol que celui-ci se décomposa dans une fumée âcre, ne laissant du Skaven qu'une flaque de liquide verdâtre corrosive en ébullition sur le parvis de la tour...


Ebahi il regarda Lord del Insula puis Brombur, celui-ci ne cilla pas un seul instant en soutenant son regard devenu noir de colère.

- "Je vous l'ai déjà dit Messire, nous allons être attaqués..."
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 10 Avr 2018 - 3:10

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Huitième tour

ArrowPosition de trébuchet du baron de Joli-Tonneau (Calidus5) :

- "On a encore grave dévié !" dit le roux. "Et au même endroit en plus."
- "C’est une bonne nouvelle, ça !" répondit Franck.
- "Comment ça ?" demanda le Vet’.
- "Si on dévie toujours au même endroit ça veut dire que l’on peut réajuster le tir. C’est juste la visée qui n’est plus bonne."
- "D’accord, mais vise quand même un coin du champ de tir au cas où ça se remet à tirer droit."

(Test de stupidité réussi : 2)

- "Mouais, tu as raison. On n’est jamais trop prudent."

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

Leur survie prolongée n'avait pour l'instant pas de prise. Les deux servants avaient un échange concernant le dernier tir. Du moins, le Claude essayait-il de sortir son camarade de son état de dépit.

- Arrête donc de bouder mon gars. C'est pas passé loin au final.

- ...

- Allez, quoi. Z'avions encore à faire un tir.

À ces mots, une lueur d'espoir apparut dans les yeux de Riton.

- Non, j'avions dit que ça n'était plus question de le refaire - répondit l'autre en devinant ce qu'espérait son compagnon.

Alors que Riton commençait une diatribe sur le fait qu'il lui fallait un troisième essai, que c'était la faute du vent, des déréglages commis par le tiléen et que c'était pas juste, un chariot apparut à travers la brume.

- B'jour les gars. J'vous apportions vot'projectile pour ce tour. Ordre de vot'Lord - leur annonça le conducteur.

Les deux hommes avisèrent la taille du rocher à lancer. C'était du lourd.

- Avec ça, j'serions sûr de l'toucher ce fichu trébuchet - s'enthousiasma Riton.

Le Claude soupira mais le conducteur l’empêcha de rétorquer une réponse.

- Sommes ben désolé de vous démentir, mais vot' seingeurie à ben précisionner qu'il faut tirer dans l'brume. Et que sinon seriez à vous d'être balancés par le machin.

- Tu vois ben qu'zavions pas le choix - constata le Claude.

L'opération du déchargement et de la préparation du tir se déroula sous le flot constant de la mauvaise humeur de Riton. Ce dernier bouda ensuite dans son coin, tandis que le Claude remerciait les hommes du chariot de les avoir aidés, alors que ceux ci repartaient en leur lançant des encouragements.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Un verre de Crécrécrémant à la main, Guy Zerozerosept flânait parmi les rangs de la noblesse en laissant traîner ses oreilles. Avec satisfaction, il constata que ses récents efforts avaient porté leurs fruits. La dernière mission qu'Aurevallis avait confiée à son espion n'était pas chose aisée, mais il pourrait bientôt se vanter d'un succès total.    

**********

Quelques instants plus tôt ...

Vas-tu attendre comme un imbécile sur le pas de la porte jusqu'à ce que l'un de nous meure de vieillesse ?

Ainsi sermonné par son employeur, Guy se décida à franchir le seuil d'un petit local vide situé sous la tribune d'honneur. L'odeur infecte qui l'avait poussé à garder ses distances lui assaillit les narines avec une force redoublée, l'obligeant à se plaquer une manche sous le nez.

Dans la pièce sombre, uniquement éclairée par une étroite meurtrière, Mictlantecuhtli l'attendait les mains croisées dans le dos. A sa droite, aussi imperturbable qu'un rocher sous la tempête, le capitaine Baldwin jetait un regard peu amène au nouvel arrivant.

Pardonnez-moi votre seigneurie, mais ça empeste le rat crevé ici !

Sans qu'il ait le temps de réagir - et d'ailleurs, qu'aurait-il fait ? -, deux poings serrés lui défoncèrent l'estomac ; l'un de l'organisateur, l'autre de son bras droit (métaphoriquement). Les consignes étaient claires concernant Guy : s'il était nécessaire de le sanctionner, interdiction de porter atteinte à son visage, car c'était son outil de travail. Même dans son désir aveugle de servir son seigneur, Baldwin n'oubliait pas ce genre de détail.

Ca je le sais, abruti ! lui hurla Mictlantecuhtli, alors qu'il gisait au sol en tentant de reprendre son souffle. Crois-tu que je t'ai convoqué pour entendre tes considérations olfactives ?

Pardonnez ... huuuu ... moi ... huuuu ... monseigneur. Je suis ... huuuu ... à vos ordres ... huuuu ...    

Son plexus enfoncé lui faisait un mal de chien et l'amenait presque au bord de la détresse respiratoire, mais il parvint tout de même à se redresser sur ses genoux. Visiblement, quelque chose avait profondément contrarié ce monstre à qui il devait allégeance. Il n'était pas temps de laisser échapper un mot de travers.

Ecoute moi bien à présent, poursuivit Aurevallis sans donner signe d'accalmie. Ces demi-portions sans cervelle ont été assez stupides que pour exposer une bête mutée au beau milieu de la tribune d'honneur ! Voila ce qu'il en reste, ajouta-t-il en pointant une flaque verte qui fumait au sol derrière lui. Si nous ne faisons rien, la panique risque de gagner tous les spectateurs et nous nous retrouverons avec une émeute sur les bras au beau milieu d'une situation de crise.

Afin de ne prendre aucun risque, Guy jugea préférable de hocher sobrement du chef pour marquer sa compréhension et son approbation.

Voici par conséquent ce que j'attends de toi : tu vas sans tarder réintégrer la tribune où tu t'arrangeras pour faire comprendre à Brombur et à sa clique qu'ils ont tout intérêt à garder le silence sur cette affaire. Ceci fait, tu mèneras une politique de désinformation pour convaincre la noblesse qu'aucun homme-rat ne menace leur divertissement. Est-ce bien clair ?

Vu le ton sur lequel cette ultime question avait été formulée, seule la réponse "oui" était susceptible de le garder en vie. Guy s'empressa donc de donner à son maître toutes les garanties de succès, quand bien même il doutait que la tâche soit réalisable. Heureusement, il serait toujours temps de prendre la clé des champs si les choses tournaient au vinaigre.

Mictlantecuhtli ne s'attarda pas et quitta la pièce, tout en maugréant sur la nécessité de changer sa tunique imprégnée de musc de skaven. Dans le lointain, on pu encore l'entendre crier ses ordres à un serviteur pour qu'il lui prépare un bain chaud en quatrième vitesse, puis sa voix s'éteignit.          

Guy se releva alors péniblement et fut presque surpris de trouver Baldwin immobile devant lui. Les deux hommes se vouaient de longue date une haine réciproque, et à présent qu'Aurevallis les avait laissés en tête à tête, les faux-semblants pouvaient passer à la trappe.

Toujours le bon toutou à son maî-maître, hein Baldwin ? Toujours à te tenir dans son ombre comme si t'avais un balais dans l'...

Guy n'eut pas le temps d'achever sa bravade, car l'officier le saisit au cou avec sa poigne de fer et le foudroya d'un regard où brillait à la fois colère, mépris et dégoût.

Surveille bien tes paroles, petit insecte. Si notre seigneur t'a donné l'apparence d'un noble, tu resteras toujours un vulgaire bouseux tiré de sa fosse à purin.

Ouiii ... Mais Aurevallis a besoin de moi ... Alors pas touche ... laissa difficilement échapper Guy avec un sourire narquois.

Pour l'instant, annonça froidement Baldwin avant de projeter l'espion contre un mur qu'il heurta violement. Les pouilleux dans ton genre ne peuvent saisir la notion d'honneur. Votre cervelle de moineau est si vite échauffée par les privilèges qu'on vous accorde ... Aussi sûr que du sang de Cuileux coule dans mes veines, je garderai un oeil sur toi. Donne moi une seule raison de douter de ta loyauté envers notre seigneur et je me ferai un plaisir de t'arracher la tête pour la déposer à ses pieds.

Sur cette menace on ne peut plus sérieuse, le capitaine quitta la pièce d'un pas martial et sans se retourner.

Resté seul dans la demi pénombre, Guy massait son épaule douloureuse en songeant à la petite erreur commise plus d'un an auparavant et qui lui avait valu l'animosité de Baldwin. Le bras armé d'Aurevallis avait la rancune tenace et ne pardonnait pas plus facilement l'erreur que son maître.

Conscient qu'il ne faisait pas le poids face à l'officier d'élite, il se promit de redoubler de prudence en sa présence et franchit à son tour la porte pour retrouver l'air frais des couloirs.  

**********

Guy avait en effet de quoi se vanter. Mictlantecuhtli ne lui avait pas spécifié de marche à suivre, aussi s'était-il montré diplomate avec les nains. Brombur Fière-Barbe n'avait pas usurpé son patronyme et répugnait à troquer la fierté du devoir accompli pour la discrétion. Fort heureusement, les pintes de bière aidant, il avait fini par accepter l'idée qu'une foule désemparée qui courait en tous sens nuirait à la défense commune. Des mots tels que "ordre", "discipline" ou "planification" trouvaient généralement écho sous le crâne épais des nains ; aussi Guy en usa-t-il copieusement. Et c'est ainsi qu'après plusieurs minutes de palabres, la délégation de Karak-â-Khaône accepta de jouer la carte du silence pour préserver le tournoi d'une funeste agitation.    

Manipuler les nobles qui avaient été témoins du déballage du skaven s'était finalement avéré bien plus facile que prévu. En quittant les nains, Guy s'était intégré à un groupes de dames en qui il avait reconnu certaines des plus grandes commères du royaume. Moins d'un quart d'heure plus tard, un jeune chevalier surexcité lui rapportait ses propres mensonges :

Connaissez-vous la nouvelle, messire ? La bête immonde que les nains ont jeté tout à l'heure aux pieds de l'organisateur, vous voyez ? Et bien c'était une mauvaise blague ! Un vulgaire automate dont les nains ont le secret, recouvert d'une peau de bête mitée ! Drôle de sens de l'humour, hein ?

Vous m'en direz tant ! lui répondit Guy avec un grand sourire. Il conviendrait d'avertir tout le monde.

Mais c'est ce que je vais faire ! annonça fièrement le porteur de fausses nouvelles avant de partir en courant.

Lorsqu'il vit enfin Mictlantecuhtli rejoindre sa place au premier rang, Guy était on ne peut plus satisfait. Sa mission était un succès, même si les nains risquaient de ne pas apprécier le prétexte choisi, et il pouvait présenter son rapport la tête haute.

Tout en slalomant entrer les groupes de spectateurs et les nombreux serviteurs aux bras chargés de plateaux, il remarqua que son employeur avait revêtu une nouvelle tunique. Sans doute s'agissait-il de son vêtement d'apparat, prévu pour un séjour à la cour, et seule alternative valable dont il disposait dans ses bagages. Sur la longue tunique écarlate qui lui descendait jusqu'au chevilles, d'innombrables entrelacs de fils d'or dessinaient une volée de bourdons sur le torse et le flanc des jambes. Sa taille était étroitement cernée d'une large ceinture noire au fermoir serti d'un énorme rubis qui envoyait quantité de feux. Le tout était digne des plus grandes cérémonies royales mais un peu surchargé pour un tournoi.

Monseigneur, votre volonté est faite, déclara Guy en s'inclinant.  

C'est bien, tu peux y aller, lui répondit l'organisateur d'un air maussade en agitant sa main comme s'il chassait une mouche.

Il fallut quelques secondes pour que l'espion réalise le peu d'intérêt qu'Aurevallis accordait à ses efforts ; quelques secondes durant lesquelles il resta figé devant lui comme une statue de sel, incapable de faire un mouvement.

Tu as autre chose à me dire ? interrogea Mictlantecuhtli à qui la moutarde semblait remonter au nez.

Euh ... non votre seigneurie. Veuillez m'excuser. Un instant d'égarement.

Retrouvant sa mobilité, Guy s'éloigna en direction de l'escalier de service et veilla à être suffisamment éloigné avant de laisser libre cours à sa frustration. Plusieurs mètres derrière lui, et sans le quitter des yeux, le capitaine Baldwin se pencha vers l'un de ses subordonnés pour lui glisser quelques mots à l'oreille. Après avoir posé sa lance contre le mur, le soldat emboîta le pas de l'espion tout en conservant une distance raisonnable.            

Tandis que ces personnages s'éloignaient, la profonde sonnerie des trompes donnait le signal de la huitième salve.

Les nains furent les premiers à tirer, sous l'oeil attentif du vieux Grakk et du Voyageur. Leur équipe semblait bien décidée à passer en revue tout le panthéon des nains, car ce fut cette fois une tête sculptée à l'image de Valaya - déesse de la famille et du foyer - qui prit le chemin des airs.    

Valaya est une déesse protectrice, certes, mais sa protection ne s'étend pas aux humains, comme les spectateurs des bancs nord-ouest n'allaient pas tarder à le constater. Filant dans l'habituel rugissement de sa bouche grande ouverte, la sculpture partit de travers et sa trajectoire s'altéra de plus en plus à mesure que son vol se poursuivait. Que ce soit le fait d'une volonté divine ou d'une erreur de calcul dont les nains n'étaient pas coutumiers, de nombreux gueux comprirent que, cette fois-ci, ils allaient déguster. C'est au milieu d'un groupe totalement terrifié que la tête acheva sa course ; et avec sa vitesse acquise, seuls quelques spectateurs furent en mesure de s'écarter avant qu'il ne soit trop tard. Des cris épouvantés succédèrent au fracas de la roche contre le bois des estrades, ce qui rendit la situation d'autant plus confuse. Sur les lèvres des nobles qui profitaient du spectacle depuis la sécurité de leurs tours ne se trouvait qu'une seule question : parmi tous ces cris d'agonie, est-ce qu'au moins un venait d'un artilleur ?

PPDA se chargea de répondre à cette question dès qu'il fut en mesure d'examiner le site de l'accident :

Cher public, ce tir de l'équipe verte n'est pas particulièrement réussi, mais il n'est pas totalement raté non plus. Le rocher n'a fait aucune victime - du moins aucune qui vaille la peine d'être mentionnée - , mais il est parvenu à lever un petit coin de brume, là-bas, près de ... SI CES POUILLEUX VEULENT BIEN S'ARRÊTER CINQ MINUTES DE COURIR DANS TOUS LES SENS, ON Y VERRAIT PLUS CLAIR !, acheva-t-il de hurler à destination des survivants frappés d'hystérie qui s'agitaient comme des poules décapitées.

Une description plus poussée n'était pourtant pas nécessaire, et un second tir l'obligea à abandonner cette partie du champ de bataille pour se concentrer sur le sud.

L'équipe de Joli-Tonneau ne nous laisse pas le temps de souffler, mesdames et messieurs ! Voici qu'elle catapulte son rocher vers ... difficile à dire ... ce pourrait être leurs adversaires nains ou ... non ! Ce sont les hommes du Lord qui sont visés ! La trajectoire n'est pas mauvaise cette fois et l'espoir est donc permis ! Le huitième tour sera-t-il enfin annonciateur de chance pour ces artilleurs en blanc ?

Le bruit du rocher rencontrant le sol apporta une réponse à cette question. Les observateurs bien positionnés purent remarquer qu'un bref éclair blanc avait illuminé la brume juste sous le rocher une fraction de seconde avant qu'il ne s'y enfonce, mais ce fut le seul effet notable. Le camouflage fut repoussé sur plusieurs mètres jusqu'à atteindre la limite du terrain, mais une observation attentive à la longue-vue permit à PPDA de confirmer l'absence de victime.

Une fois encore, il ne lui était pas possible de s'appesantir sur les résultats, car la choucroute d'Alsacie n'avait pas attendu la dernière minute pour s'envoler. Traversant le champ de bataille, elle vint porter la désolation à l'équipe du Lord. C'est un cri où se mêlaient la peur et la répugnance qui concorda avec l'impact ; et quand la brume fut enfin dissipée, un servant à la livrée rouge se distinguait nettement sur le sol gelé. Dans un ultime effort pour sauver sa vie, le malheureux au dos chargé de choucroute tendit une main tremblante pour se tracter sur quelques centimètres. Mais le choc était trop grand, le poids de la choucroute terrible et l'odeur insupportable : ses forces l'abandonnèrent et cette main tendue vers un hypothétique abris retomba mollement pour ne plus bouger.        

Cette scène poignante fut accueillie par un tonnerre d'applaudissements et les grands slogans nationalistes que scandait le peuple d'Alsacie, fière de son équipe. Le Lord n'était peut-être pas encore éliminé - ce qui tenait cette fois de l'exploit - , mais il venait d'offrir un point supplémentaire au comte Guillaume. Celui-ci était toujours absent et c'était donc son cousin François qui occupait son siège. Au grand désarroi de ses voisins, il ne semblait pas du tout partager l'allégresse générale. En se levant d'un bond, il déclara haut et fort que, s'il ne pouvait sauver les artilleurs des autres équipes, il ferait au moins tout son possible pour garantir la sécurité de ceux qu'on avait placé sous sa responsabilité. Et d'un pas décidé, il se dirigea vers le bureau de gestion des bonus.    

Le dernier homme survivant de la délégation du Lord mit un peu de temps avant de réaliser le dernier tir de ce tour, sans doute secoué par la perte d'un autre de ses compagnons d'armes. Suivant les instructions du seigneur du Chesnois, c'est un rocher aux proportions dantesques que le trébuchet propulsa péniblement. L'effort demandé à la machine était immense, aussi la portée du tir avait-elle été sagement revue à la baisse. Grâce à cette seine précaution, le bloc de pierre franchit la distance souhaitée sans dévier de sa trajectoire et s'écrasa au milieu de la brume dans un vacarme assourdissant qui fit trembler la terre. La cible avait été bien choisie, car c'est un important espace vide qui fut balayé et dévoilé à la vue de tous. Si rien ne s'y trouvait, le tir n'en constituait pas moins une formidable avancée dans l'exploration du terrain.

Le calme étant revenu, PPDA fut en mesure de reprendre la parole pour conclure :

Cher public, le huitième tour s'achève avec le gain d'un point supplémentaire pour le comte d'Alsacie ! Le Lord est toujours dans la course, mais son élimination ne saurait hélas plus tarder. Alors que la surface dissimulée par la brume diminue, les différentes équipes réaliseront encore une salve commune, avec peut-être de nouvelles découvertes à la clé.

Sa phrase était à peine achevée qu'un projectile étranger à la compétition se fracassait sur le terrain. Visiblement séduite par le vocable du prêtre guerrier qui s'était improvisé commentateur, le peuple salua cette arrivée d'un grand "OLÉ !" avant d'éclater de rire. Peu après, c'est un autre corps étranger qui fit son entrée et récolta le même accueil.

Deux tirs de télébuchets ? L'organisateur en fut fort intrigué. Jusqu'ici, ces tirs parasites ne survenaient qu'une fois de temps en temps, et certainement pas plus d'une fois sur la durée d'un tour. Pour en avoir le coeur net, il balaya le champ de bataille avec sa longue vue, à la recherche des deux rochers messagers. Le premier était on ne peut plus ordinaire, sphérique, de petite taille, avec une rainure pour fixer un message à l'aide d'une corde. Alors pourquoi le second se résumait-il à une flaque de sang, des os et quelques de touffes de fourrure brune ?

Mictlantecuhtli se retourna vers Baldwin avec un sourire satisfait.

Capitaine, avez-vous noté d'où venait le dernier tir à avoir frappé le champ de bataille ?

Oh, euh ... je dirais plus ou moins de par là, répondit l'intéressé avec un bras tendu vers le nord-est.

Précisément, susurra Mictlantecuhtli dans un sourire qui dévoilait toutes ses dents avant de braquer son instrument d'optique vers le massif des Vouges. Ces skavens viennent de commettre une erreur fatale. Ne me demandez pas comment ni pourquoi, mais ils ont dû catapulter l'un des leurs vers nous. Un accident, très probablement. Aaaah ! voilà ce que je cherchais ! annonça-t-il triomphalement en s'immobilisant. Voyez, là-bas, dix degrés environ à droite de cette tour et à mi-pente du massif.

Baldwin se saisit de la longue-vue qui lui était tendue et fit le point sur l'endroit désigné. Un étrange assemblage de bric et de broc y dépassait de la cime des arbres. En l'examinant attentivement, on eût pu croire à une parodie de trébuchet dont l'immense bras était en ce moment abaissé avec lenteur.

Le voilà le fameux complot dont parlait le captif des nains ! La menace est bien réelle, mais elle se trouve loin ; peut-être trop pour que nous soyons en mesure de l'atteindre avant qu'il ne soit trop tard.

Messire ! Messire ! cria une voix dans leur dos.

Aurevallis et Baldwin se retournèrent pour découvrir Poppon, l'espion des bas-fonds, qui courait vers eux à en cracher ses poumons.

Messire, j'ai retrouvé la trace du comte Guillaume : il est près des geôles, dans les tunnels, fut tout ce qu'il parvint à dire avant de s'effondrer par terre pour tenter de récupérer.

Alors ça, c'est ce qu'on appelle une heureuse coïncidence ! déclara l'organisateur d'excellente humeur. Puisqu'il en est ainsi, tu ne vas pas encore te reposer, brave Poppon. Le temps d'écrire un message et tu fileras le lui remettre.

Peu après, l'espion dévalait les escaliers en transportant sous sa cape un parchemin dont dépendrait peut-être la survie de tous les invités du comte :

Au comte Guillaume de la Tour d'Alsacie, salut.

Il est de mon triste devoir de porter à votre connaissance les évènements graves qui menacent la sécurité du tournoi.

Depuis le massif Vougien où ils ont assemblé une machine de guerre, des hommes-rats en nombre indéterminé s'apprêtent à bombarder le champ de bataille et ses alentours.

En votre absence, les différentes unités combattantes à notre disposition ont été mises sur le pied de guerre et sont en attente de mes ordres. Compte tenu de la distance qui nous sépare des positions ennemies, je crains cependant que nous manquions de temps pour rallier les troupes depuis les sites stratégiques où elles ont été réparties et pour marcher sur ces vermines.

Je prends dès à présent toutes les dispositions nécessaires afin de contrer cette menace, mais vous enjoins à agir de votre côté si vous disposez d'une solution plus efficace.

Mictlantecuhtli, Aurevallis Dominus.

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Tir de télébuchet en W11
Tir de skaven en J15 !  

Impacts :

Calidus5 : Ab20 => déviation sud-est de 1 case => Bb21
Gromdal : K2 => déviation nord de 3 cases => H2 (case fantôme ; seules des projections se trouvent dans le terrain)
Lord del Insula : R20 => Hit ! => R20
MagnanXXIII : Ab20 => Hit ! => Ab20

Paris résolus :

- Calidus5 :

10 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Gagné (versement de 15 Co)

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 1,5 pour 1 (Lord del Insula), 2 pour 1 (Gromdal) et 4 pour 1 (autres équipes).
- Prochaine perte : 2 pour 1 (Gromdal, Lord del Insula) et 5 pour 1 (autres équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 32.5 Co Hors jeu
- Calidus5 : 2 point ; 60 Co
- Gromdal : 6 point ; 40 Co
- Kaops : 2 points ; 25 Co Hors jeu
- Lord del Insula : 4 point ; 3 Co
- MagnanXXIII : 3 point ; 0 Co
- Toison d'or : 1 point ;  60 Co Hors jeu

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Fin du huitième tour. Notre nouvelle échéance pour les textes et coordonnées est celle du dimanche 15 avril.

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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Jeu 12 Avr 2018 - 22:21

Le soleil brillait, une brise douce soufflait sur son visage, et les escargots gambadaient paisiblement sur l'herbe grasse de la plaine.
Riton savourait cette sensation paisible depuis sa barque, bercé par le flot du courant de la Grismérie. Il s'adonnait à la pèche, son activité favorite, pendant laquelle il pouvait profiter de ces rares moments de contemplation et de rêverie.

son attention fut tout à coup rappelée à sa canne à pèche. Son bouchon disparaissait soudain sous la surface de l'eau, et Riton commença à ferrer sa prise. Mais la créature se débattait avec force et le bretonnien peinait à remonter sa prise.

- Tou devrai loui laisser plous de ligne, sinon tou vas le perdre !
- C'estoit pas un tiléen qui va m'donner des leçons de pèche !


Au final, la prise cessa de lutter et Riton put remonter sa prise. Il se retrouva alors avec une saucisse dans les mains !!!
Interloqué, il tourna les yeux vers les flots, et eut un sursaut de frayeur : à la place de l'eau, il voyait maintenant s'écouler de la choucroute.
En proie à un sentiment de panique, il voulut prendre les rames de son embarcations, mais celles-ci étaient déjà prise par Orasio Gustavo.

- Ye m'en occoupe. Ye soui oune pro de l’ingénierie.

Et il lança les rames l'une après l'autre, visant une pomme de terre qui flottait à quelques encablures, la touchant à chaque fois.

- Tou vois !!! - s'exclama-t-il fièrement.

Affolé, le bretonnien voulut tendre la main pour attraper l'une d'elle, mais la barque chavira et il se retrouva en pleine choucroute.
Il se débattit, mais chaque mouvement l’empêtrait davantage. Peu à peu submergé, il poussa un cri de terreur... et se réveilla en sursaut dans l'infirmerie de fortune.

- Du calme jeune homme - le rassura une prêtresse de Shallya qui s'affairait non loin de lui. - Vos jours ne sont plus en danger.

En sueur, le servant regarda autour de lui et ses souvenirs refirent peu à peu surface. Le tournoi de trébuchet, le tiléen, le défi, sa guigne au tir, et ce terrible ordre du Lord de cesser de viser le trébuchet !!! Il se remémora également le chaos du dernier tir. Il avait réussi à esquiver le rocher grâce à l'avertissement du Claude, et avait rugi un défi au ciel. Ce faisant, il avait vu foncer droit sur lui la terrible mixture et il était resté tétanisé devant cette vision d'effroi. Puis le trou noir, aucun souvenir du choc.

Cela était assurément une expérience traumatisante, mais cela était maintenant derrière lui. Il pouvait maintenant souffler.

- Qu'est cé qué yé ai manqué ? - demanda une voix dans le lit à côté de lui.
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 15 Avr 2018 - 14:27

Dans le tunnel, un combat héroïque se déroulait dans un tumulte indescriptible. Submergés en nombre par les skavens, cernés et sans issue de fuite, les hommes combattaient dos à dos avec l'énergie du désespoir. Certains, tel Cédric le normand ou Fulbert de la Gaudriole, possédaient un talent martial très appréciable pour estourbir leurs assaillants. Les trois prisonniers faisaient eux aussi montre d'une grande habileté en la matière. Mais personne n'atteignait la fureur mortelle du comte Guillaume. Ce dernier, galvanisé par l'énergie du désespoir et commandé par son instinct de survie, avait bu de la potion du Berserker. En additionnant les effet de cette dernière et de sa peur, sa rage atteignait maintenant des sommets, ce qui se traduisait par de lourdes pertes dans les rangs de la vermine. Malheureusement, certains gardes commençaient à faiblir, des blessés s'accumulaient et les assauts de ces perfides hommes-rats menaçaient de les déborder d'un instant à l’autre.

- Allez-allez, bandes d'incapables. Les choses-hommes sont à notre merci-lame. Tuez-tuez ! - encourageait depuis l'arrière le chef skaven.

Soudain, une clameur se fit entendre depuis un des accès voisin. Et un groupe d'une dizaine de bretonniens surgit soudainement d'un tunnel pour s'élancer dans la mêlée.

- Chesnois, Saint Brennac !!! - hurla à leur tête Gaëlec de Soudé.

Ce renfort inattendu provoqua un moment de flottement dans les rangs skavens. Devant à présent combattre sur deux fronts, les viles créatures relâchèrent l'étau autour du groupe du Comte d'alsacie, ce qui permit à Cédric et Fulbert de mener une contre-attaque en direction de leur chef.

- Misérables pourceaux, reformez les rangs-boucliers. Ne laissez pas les choses-hommes percer-tuer !!!

Mais la situation avait basculé et les skavens perdaient leur cohésion et reculaient sous les assauts. À cette vue, leur chef couina de dépit.

- Battez-vous mes rats-guerriers ! Tenez bon la ligne-front. Je vais chercher aide-renfort !

Et il prit la poudre d'escampette. Malheureusement, cet ordre n'obtient guère d'écho. Sitôt que leur chef avait tourné les talons, chaque skavens encore en vie jugea préférable de l'accompagner, histoire d'être certain que ce dernier n'ait point la mémoire défaillante. Cela acheva de faire céder la ligne skaven qui s'écroula sous les coups des hommes qui les affrontaient, provoquant de grandes pertes dans leurs rangs.

- Messire Gaëlec, c'est bien la première fois que je suis en joie de vous voir ! - s'exclama Fulbert.

- J'en dirais autant de votre part Messire Fulbert - lui répondit ce dernier. - Le Lord m'avait justement confié de vous prêter assistance pour enquêter sur un sabotage. Serait-ce ces vermines qui en seraient la cause ?

- Cela est fort probable - constata le chevalier normand en se joignant à la conversation. - Guillaume !!! Ne commencez pas à vous débiner !!!

- Mais enfin !!! Vous avez dit à l'instant que ma place est dans les tribunes - se défendit le comte.

- C'est juste ! J'ai d'ailleurs pour ordre de vous y escorter - précisa Gaëlec.

- Mais quid de ces skavens ? - interrogea Cédric.

- * tintinlintintintintin *
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 17 Avr 2018 - 0:18

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Neuvième tour

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

Depuis le sommet du trébuchet, le Claude méditait sur l'infortune qui s'était abattue sur son camarade. Échappant de peu à l'écrasement par un rocher, son esquive l'avait mené tout droit sous la perfide mixture que les servants d'Alsacie envoyaient avec leur trébuchet. Le bretonnien essaya de chasser de son esprit le moment effroyable précédant la collision nauséabonde. Riton lançait un cri de défi à l'adresse des artilleurs adverses, levant les yeux au ciel, lorsque l'épouvante l'avait gagné à la vue de la choucroute plongeant droit sur lui. Le choc fut terrible et le Claude était parvenu tant bien que mal à dégager le jeune homme de cette nasse, lui sauvant du même coup la vie.

Frissonnant à ce souvenir, le Claude tenta de se concentrer sur l'immédiat. Il n'avait que peu de temps afin d'évaluer la situation.
Que faire, se demanda-t-il ? Vu la situation, ce tir risquait fort d'être le dernier, et il fallait à tout prix finir en beauté. Pour cela, rien de mieux que d'arriver à accrocher un des deux équipages encore camouflés. Et la partie nord du terrain restait encore immaculée de cratères, ce qui ne manqua pas de retenir son attention.

- V'là d'jà où j'allons viser. Y a pu qu'à compter sur la Dame pour que ça tombe juste.

Redescendu à terre, il avisa les rochers stockés près du trébuchet du Lord. Seul, cela ne sera pas une mince affaire.

- Bon ben j'avions pas le choix - marmonna-t-il. - L'est temps d'utiliser la potion secrète !

Et il saisit à l'intérieur de sa chemise une fiole remplit d'un breuvage qu'il but d'un trait. Son corps brilla alors d'une aura dorée tandis qu'il lévitait soudainement. Puis l'effet s'estompa, et ses pieds atterrirent de nouveau au sol. Ce dirigeant vers un rocher, il le saisit et le souleva sans effort, puis le transporta pour l'installer dans la nacelle de tir, le tout en donnant l'impression qu'il transportait un petit caillou !!!

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Depuis le sommet de la tribune d'honneur, où il se tenait les bras croisés, Mictlantecuhtli dressait un bilan de la situation à ce stade du tournoi.

À sa grande satisfaction, les différentes équipes semblaient avoir récupéré leurs représentants : Brombur Fière-Barbe et le baron de Joli-Tonneau étaient récemment rentrés de leur escapade en sous-sol et Valmond se trouvait à nouveau au côté de son épouse. En ajoutant le Lord qui avait accompagné Aurevallis dans ses récentes investigations, ainsi que le Voyageur et le baron de Gransette qui étaient sagement restés à leurs places, tous étaient enfin présents.

Tous ? Non. Un certain comte d'Alsacie échappait encore et toujours aux devoirs de sa charge. Heureusement, sa seule absence était déjà moins frappante ; d'autant que son cousin se chargeait bon gré mal gré de le représenter. Dans le contexte actuel, la présence des commanditaires dans les tribunes contribuerait à maintenir l'ordre, tout en étouffant les rumeurs inquiétantes que certains répandaient pour justifier leurs sorties prolongées.

En relevant la tête pour plonger son regard dans le lointain, Mictlantecuhtli afficha une mine plus sombre. Rendue presque invisible par la distance qui la séparait du terrain, la machine infernale des skavens se trouvait là-bas, au nord. De ce qu'il avait pu en voir, l'engin était gigantesque et demanderait donc un bon moment avant d'être prêt à tirer, mais cette épée de Damoclès n'en était pas moins inquiétante. Une fois le neuvième tour achevé, il espérait vraiment recevoir de bonnes nouvelles du comte Guillaume ou d'un de ses espions.    

Pour l'instant, il fallait avant tout maintenir les apparences et ne pas gâcher l'ambiance de la compétition. Sans précipitation, l'organisateur redescendit vers le premier rang via l'une des allées latérales. En chemin, il échangea quelques commentaires avec des invités de marque mais fut distrait par un mouvement du baron de Joli-Tonneau : celui-ci quittait son siège et semblait prendre la direction d'un escalier. Alors qu'Aurevallis était sur le point de se lancer à ses trousses pour le ramener à sa juste place, il fut soulagé de constater que le baron s'arrêtait auprès du préposé chargé de la gestion des bonus.

Rassuré de ne pas devoir à nouveau rassembler des brebis égarées, il se laissa tomber dans son propre siège sous le regard amusé de l'Enchanteresse.

C'est une idée ou vous êtes encore bien fatigué ? demanda-t-elle avec un rire réprimé.

C'est tout sauf une idée, madame. Rien de grave cependant. Juste les nombreux impondérables d'un tournoi, vous savez ce que c'est.

L'Enchanteresse savait. Durant le tournoi de Couronne, elle avait pu assister aux nombreuses crises de nerf qui avaient émaillé la journée de l'organisateur ; aussi n'était-elle nullement surprise de le voir ainsi lessivé.

Ce tournoi sera plus long que le précédent, c'est à présent une certitude. Vous tiendrez le coup j'espère ? s'enquit-elle avec un réel intérêt.

Il faudra bien, répondit Mictlantecuhtli en soupirant. Mais rappelez-moi de remercier le comte Guillaume pour son aide précieuse depuis le début du tournoi, ajouta-t-il sur un ton où le sarcasme se disputait à la colère refoulée.

Il doit être retenu par d'importantes affaires d'Etat cher ami, soyez compréhensif.

Mouais, c'est ça. Moi aussi je vais faire mumuse dans mes caves quand j'ai des affaires urgentes à traiter ..., marmonna l'organisateur.

Vous dites ?

Rien, rien. Voyez plutôt : le dernier observateur vient de replonger sous la brume. Le signal de tir ne devrait plus tarder.

Et de fait, plus aucune tête ne dépassait du brouillard qui perdait de plus en plus de terrain. A de rares exceptions près, les zones périphériques de l'octogone étaient désormais fouillées. Les équipes participantes semblaient s'être focalisées en priorité sur ces régions stratégiques, oubliant momentanément l'espace central. Dans ce contexte, le dernier tir du Lord inaugurait peut-être une nouvelle phase d'exploration destinée à lever ce voile insondable.  
     
Lorsque retentit enfin le signal de tir, la machine du Lord fut la première à réagir et à envoyer son rocher. Dans la mesure où il ne subsistait de cette équipe qu'un unique artilleur, la rapidité dont il fit preuve pour manoeuvrer son imposante machine éveilla quelques soupçons de dopage parmi les spectateurs. Pas de quoi entacher la beauté du sport cependant : n'importe quel seigneur bretonnien était parfaitement conscient des capacités limitées des gueux et cherchait logiquement à maximiser leur faible potentiel. Ainsi, dès la première édition du tournoi, quelques expériences concluantes avaient été menées par le chevalier Cédric au moyen d'alcool frelaté.
 
Mais rapidité et précision ne font généralement pas bon ménage. Sans doute était-ce trop exiger d'un seul homme qu'il parvienne à charger son trébuchet en un temps records et à atteindre sa cible, car le bloc de pierre quitta bien vite sa trajectoire. A la décharge du servant du Lord, le tir était osé : parti du sud, il visait quasiment l'autre extrémité du terrain. Sur une telle distance, même un équipage au complet n'était pas à l'abri d'une erreur.

C'est donc après avoir largement dévié vers l'ouest que la pierre frappa le sol, juste au pied de l'une des tours d'observation. La majeure partie des projections se chargea de dissiper le brouillard environnant, mais quelques unes parvinrent à se frayer un chemin jusqu'aux rangs de la plèbe qui hurla à gorges déployées tandis que quelques bras et têtes étaient arrachés à leurs légitimes propriétaires. A défaut de pertes sur le terrain, celles des gueux amusèrent les nobles qui saluèrent ce coup par de sincères applaudissements.

Ce fut ensuite au tour des nains de tenter leur chance. Obstinés comme ils l'étaient, les artilleurs de Karak Norn ne pouvaient supporter l'échec de leur précédente tentative pour explorer la limite occidentale du terrain. Aussi prirent-ils la même zone pour cible une seconde fois.

La régularité de la trajectoire était cette fois encourageante, mais les servants semblaient avoir eu la main lourde dans leurs réglages du contrepoids. Le rocher filait vite, trop vite, et quoique déjà à mi-parcours, ne semblait toujours pas entamer sa descente. Une poignée de secondes plus tard, l'une des tours ouest était frappée de plein fouet et secouée des fondations jusqu'aux créneaux. Ce fut au tour des nobles de crier et des gueux d'applaudir. "Chacun son tour !", scandaient certains entre deux ricanements.

Le tir aurait pu sembler perdu, mais il parvint tout de même à desceller plusieurs moellons du mur qui s'abattirent sur le sol à l'aplomb. Quelques mètres carrés supplémentaires de brouillard furent ainsi dissipés, mais sans révéler la moindre présence.

Face à ces deux premiers tirs qui frôlaient ou franchissaient les limites du terrain, Mictlantecuhtli songea que les artilleurs devaient commencer à fatiguer. Les risques iraient donc grandissants pour les spectateurs situés en bordure du terrain ; un facteur qu'il faudrait prendre en compte pour les prochaines éditions. Les pertes parmi le peuple étaient sans importance - on pouvait même arguer qu'elles faisaient partie des traditions bretonniennes -, mais la noblesse ne disposerait peut-être pas toujours de fortifications au sommet desquelles s'abriter. Une fois la compétition achevée, une discussion avec le Lord s'imposerait afin de fixer les mesures de sécurité du futur tournoi du Chesnois.          

Dans le même temps, alors que l'organisateur se laissait distraire par ces réflexions, l'équipe de Joli-Tonneau créait la surprise. Après avoir jailli de la brume, une grande jarre remplie à ras bord d'un composé incendiaire fila comme une comète en laissant s'échapper un long panache de fumée noire et épaisse. Quoiqu'il soit toujours délicat de manipuler ce genre de projectile, l'équipe blanche s'en était très bien sortie et semblait vouloir tirer un trait sur ses précédents déboires balistiques. Le récipient partit en direction du sud-ouest, ce qui pouvait impliquer deux cibles potentielles : le Voyageur ou le Lord.

Le doute se maintint un bref moment, puis la jarre piqua jusqu'à toucher le sol à côté de l'équipe naine. Le choc suffit amplement à briser le récipient de terre cuite, dont le contenu fut exposé à l'amorce enflammée. Les liquides volatiles que les alchimistes avaient intégrés au mélange s'embrasèrent instantanément et c'est une impressionnante boule de feu qui s'étendit sur plusieurs mètres en un rempart incandescent. Rien ne pouvait résister à une telle arme : le trébuchet des nains fut maculé de projections goudronneuses qui constituèrent autant de foyer d'incendie, rongeant les cordes, tordant le métal et réduisant les pièces de bois en cendres. Toute la machine ne tarda pas à se transformer en un gigantesque brasier qui brûlerait encore pendant de longues minutes. C'en était fait de l'équipe verte.

Les malheureux artilleurs encore présents à côté de leur machine quand le feu grégeois toucha le sol ne s'en tirèrent pas beaucoup mieux. Tous deux atteints par les flammes, leurs épaisses armures ne parvinrent pas à les protéger intégralement. Dans une scène à la fois comique et saisissante, ils se mirent à courir à l'aveuglette en criant d'une voix paniquée :

NOOOOOOOOOON ! PAS LA BARBE !

Et pour cause, leur précieux appendice pileux n'avait pas été épargné par les éclaboussures ; voilà qu'il se consumait à présent sous leurs yeux révulsés. Les souffrances qu'ils enduraient ne tarderaient cependant pas à prendre fin, car des flammes ravageuses se propageaient également sur tout leur corps.        

C'est alors qu'arriva la choucroute d'Alsacie. Obnubilé par cette spectaculaire démonstration quasi pyrotechnique, personne n'avait vraiment prêté attention au dernier lancer. C'est ainsi qu'elle prit tout le monde par surprise, en s'abattant à courte portée des nains et en les recouvrant d'un épais manteau de chou.        

Un lourd silence s'installa dans les tribunes, écho de celui du champ de bataille, à peine troublé par le crépitement du bois qui brûlait. Le résultat de cette dernière action n'était pas très clair : l'équipe du comte Guillaume avait-elle sauvé les nains en étouffant les flammes qui menaçaient de les submerger, ou les avait-elle tout bonnement achevés ? Sans doute faudrait-il attendre que le service médical les ait évacués pour en avoir leur coeur net. Pour l'instant, et malgré leur endurance hors norme, les nains reposaient face contre terre et ne bougeaient plus d'un cil. Si ils s'en sortaient vivants, ce ne serait certainement pas sans séquelles.      

Dans la tribune d'honneur, PPDA venait de s'entretenir pendant plusieurs minutes avec les juges pour démêler cette situation complexe. Etant visiblement parvenus à un consensus, ces observateurs attentifs lui communiquèrent enfin leurs conclusions avant de le renvoyer à son commentaire.

Cher public, l'évènement ex-tra-ord-in-aire dont nous venons d'être témoins a demandé quelques instants de mise au point, annonça-t-il dans son porte-voix. Le superbe tir de l'équipe du baron de Joli-Tonneau est parvenu à détruire le trébuchet des nains, ce qui lui vaut 3 points supplémentaires !

Un tonnerre d'applaudissements accueillit cette déclaration et força PPDA a s'interrompre jusqu'au retour du calme.

Ce n'est pas tout ! ajouta-t-il quand il lui fut enfin possible de poursuivre. Les deux servants encore sur le terrain ont également été touchés par les flammes. Bien que la choucroute d'Alsacie ait achevé de les mettre hors-jeu, leur découverte est également à porter au crédit du baron de Joli-Tonneau ! Si le projectile culinaire ne les avait pas assommés ou tués, le terrible feu grégeois leur aurait réglé leur compte, sans aucun doute. L'équipe blanche remporte par conséquent 2 points de plus ! Le baron de Joli-Tonneau prend la tête du classement avec un total de 7 points et évince le favori !

Les ovations qui s'en suivirent furent proprement assourdissantes. Si l'élimination des nains n'était qu'une question de temps, personne n'imaginait que le coup fatal puisse venir des hommes de Joli-Tonneau. Après plusieurs tours d'infortune, voilà qu'une équipe oubliée au fond du classement bondissait d'un coup jusqu'à la première place et supprimait dans la foulée son précédent titulaire. C'était un rebondissement comme le public les adorait.

A s'en arracher les cordes vocales, PPDA hurla un dernier commentaire important avant d'avaler un plein pichet d'eau fraîche :

POUR L'ÉLIMINATION D'UN ADVERSAIRE, LE BARON DE JOLI-TONNEAU GAGNE LE DROIT DE SÉLECTIONNER UN BONUS GRATUIT !    

L'allégresse était telle qu'il ne fut plus possible de se faire entendre avant longtemps. Les trompes qui appelèrent à une nouvelle phase d'observation résonnèrent en vain et les musiciens durent se résigner à patienter.

Mictlantecuhtli était bien embêté par cette situation : avec un tel boucan, impossible d'honorer convenablement l'équipe qui quittait la partie. Se levant de son siège, il parvint tout de même à rallier la balustrade où devaient toujours se trouver Gromdal Drekgiti et le vieux Grakk. Il fut heureux de constater que le baron de Joli-Tonneau en personne l'avait précédé et serrait chaleureusement la main des nains. Il y en avait au moins un qui n'oubliait pas le protocole.

Dès qu'ils furent libres, l'organisateur s'empressa de les saluer à son tour et tenta de glisser quelques mots à l'oreille du Voyageur pour louer le courage et la ténacité de ses artilleurs. Toute tentative de conversation étant vouée à l'échec, c'est en inclinant la tête et en souriant légèrement que Gromdal approuva ces propos. Face à l'impossibilité de poursuivre plus avant, Aurevallis se résigna à regagner sa place après avoir assuré son interlocuteur que les soigneurs feraient le maximum pour sauver ses compagnons.    

Mais, loin de partager la joie générale, il était inquiet. Poppon n'avait toujours pas reparu et il ignorait donc si sa lettre d'avertissement était ou non entre les mains du comte d'Alsacie. L'affaire prenait une tournure des plus alarmantes, aussi convoqua-t-il Baldwin d'un geste de la main pour qu'il le suive dans l'une des réserves où le bruit serait moins intense.

Des nouvelles du comte Guillaume ou de Poppon ? demanda-t-il impatiemment dès que la porte fut refermée derrière eux.

Aucune, monseigneur, je regrette, répondit son bras droit avec une mine contrite.

Nous courrons droit à la catastrophe si nous restons les bras ballants. Dites moi au moins que le rassemblement des troupes progresse.

J'ai transmis vos ordres pour que toutes les unités disponibles se rassemblent en vue d'un assaut sur les positions ennemies, mon maître, mais ...

Mais ?

Sincèrement, je crains qu'elles n'arrivent trop tard. Nous avons trop longtemps ignoré l'emplacement exact de la menace, ce qui nous a forcé à largement disperser nos troupes. Un fort contingent est déjà rassemblé dans les faubourgs d'Havenheim, mais rien ne garantit que nous ayons assez d'hommes pour lutter contre ces vermines. De plus, presque tous sont à pied. Rejoindre le massif Vougien leur prendra longtemps, même s'ils partaient dès maintenant.

Minute ! Vous venez de dire que presque tous sont à pied ?

Effectivement, monseigneur. L'on compte parmi eux un ou deux régiments de sergents montés.

Dans ce cas, nouveau plan : continuez à rassembler les troupes, mais donnez l'ordre à la cavalerie de fondre sur la machine skaven ! Qu'ils ignorent les hommes-rats et frappent directement l'engin. S'ils parviennent à l'endommager suffisamment, nous gagnerons peut-être le temps nécessaire pour organiser un assaut efficace.  

L'idée est bonne, mon maître, mais tout cela s'apparente à une mission suicide. Ces gueux n'auront jamais le courage d'enfoncer les lignes ennemies sans soutien.

Si. A condition de les motiver suffisamment. Annoncez-leur que, s'ils réussissent,  j'élèverai tous les survivants au rang de chevalier.

Vraiment !? éructa Baldwin qui n'en croyait pas ses oreilles.

Pas d'affolement, capitaine, tempéra Mictlantecuhtli avec son habituel sourire mauvais. Je doute qu'une telle expédition laisse des survivants. Et quand bien même il y en aurait, vous savez que je ne manque pas d'idées pour me débarrasser des encombrants.

Baldwin ne put qu'approuver et s'empressa de relayer ces nouvelles directives. Pendant ce temps, son maître réintégrait sa place, un oeil inquiet toujours braqué sur la sombre silhouette du massif Vougien qui se découpait à l'horizon.  

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Pas de tir de télébuchet durant ce tour.

Impacts :

Calidus5 : W19 => Hit ! => W19
Gromdal : K2 => déviation ouest de 2 cases => K0 (case fantôme ; seules des projections se trouvent dans le terrain)
Lord del Insula : B13 => déviation ouest de 3 cases => B10
MagnanXXIII : W19 => déviation nord de 2 cases => U19

Paris résolus :

- Lord del Insula :

5 Co dans la catégorie Prochain éliminé (Calidus5) : Raté

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 1,1 pour 1 (Lord del Insula) et 3 pour 1 (autres équipes).
- Prochaine perte : 1,1 pour 1 (Lord del Insula) et 4 pour 1 (autres équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 32.5 Co Hors jeu
- Calidus5 : 7 point ; 0 Co
- Gromdal : 6 point ; 40 Co Hors jeu
- Kaops : 2 points ; 25 Co Hors jeu
- Lord del Insula : 4 point ; 3 Co
- MagnanXXIII : 3 point ; 0 Co
- Toison d'or : 1 point ;  60 Co Hors jeu

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Le neuvième tour s'achève et un autre joueur quitte malheureusement la partie. Pour les trois équipes survivantes, les coordonnées et textes du dixième tour doivent me parvenir le dimanche 22 avril au plus tard.

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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mer 18 Avr 2018 - 14:19

Lorsque le baron de Joli-Tonneau vit où ses artilleurs avaient tiré, il faillit s’étouffer avec son verre de vin. Il ordonna à Apodemus d’aller acheter immédiatement cinq des meilleurs tonneaux de bière de Brombur.

Il se précipita ensuite auprès du voyageur pour le féliciter, lui et ses artilleurs, tout en expliquant que ses propres artilleurs visaient sûrement l’autre équipe et que seule un mauvais réglage de leurs part pouvait expliquer ce résultat, il leurs proposa de payer tous les frais de soins nécessaires pour sauver les artilleurs nains et conclu en leur annonçant qu’ils recevraient chacun de sa part un tonneau de bonne bière naine.

Mais la clameur populaire suite à sa remontée spectaculaire dans le classement rendit ses propos totalement inaudibles, mettant à mal ses manœuvres diplomatiques et le baron était bien trop stressé pour s’en rendre compte.
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Tournoi de trébuchets d'Alsacie.
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