Le Royaume de Bretonnie
Bienvenue en Bretonnie, manant(e) ! N'oublie pas, avant toute chose, de te présenter selon le Sainct Patron de Présentation dans la section prévue à cet effet : http://labretonnie.forumactif.com/t1-presentation-voici-le-patron-que-vous-devez-suivre



 
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 Tournoi de trébuchets d'Alsacie.

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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Jeu 8 Fév 2018 - 3:11

Avis : Le présent sujet est destiné uniquement à la publication des résultats de tours, ainsi qu'aux développements scénaristiques des participants. Les remarques connexes n'ayant pas trait à l'action elle-même (commentaires sur le fond, la forme, questions éventuelles, etc.) sont à poster dans le sujet de discussion ; ce afin de préserver l'évènement des digressions et de conserver sa trame scénaristique. Tout message contrevenant à cette règle d'or sera impitoyablement effacé par l'un de nos estimés modérateurs. Bon amusement aux concurrents et aux lecteurs de passage.

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Prélude

De retour sur ses terres après une expédition en Gasconnie à la recherche d'indices sur le Saint Graal, Mictlantecuhtli avait rapidement dû faire face aux devoirs de sa charge. Afin de répondre au voeu du Roy, il lui fallait interrompre temporairement sa quête pour organiser un nouveau tournoi de trébuchets.  

A l'issue de la première compétition du genre, le monarque en personne l'avait convié à passer quelques jours en sa compagnie dans la capitale du royaume. Le seigneur d'Aurevallis était bien décidé à profiter de la faveur qui lui était accordée pour obtenir des privilèges supplémentaires ; mais rien ne devait se dérouler comme il l'avait espéré. Loin de produire des résultats, ce séjour à la cour s'était avéré en fin de compte n'être qu'une monumentale perte de temps. Enthousiasmé par le succès populaire du premier tournoi, Louen n'avait pas la tête aux affaires d'Etat. Incapable d'aborder avec lui le sujet d'une concession de nouvelles terres ou d'une élévation dans la hiérarchie nobiliaire, Mictlantecuhtli n'eut d'autre choix que de lui promettre de renouveler l'expérience dans les plus brefs délais avant de prendre congé.

Les mois suivants virent de nombreux émissaires parcourir le royaume. Sans relâche, et dans chaque duché, ils invitaient les nobles à poser leur candidature à l'hébergement de la compétition. Au terme d'âpres débats, le comte Guillaume d'Alsacie fut finalement désigné par ses pairs afin d'accueillir le prochain tournoi dans les Marches de Couronne.  

Cette question à peine expédiée, il était déjà temps d'ouvrir les inscriptions et de rédiger les différents articles du règlement. A présent attablé dans l'unique pièce de vie de sa piètre demeure forestière, Mictlantecuhtli fulminait en noircissant rageusement plusieurs parchemins de longues lignes de texte. L'attitude du Roy lui restait en travers de la gorge. Lui qui espérait élever sa seigneurie en baronnie afin d'être totalement débarrassé de l'autorité du duc d'Artenois, le voila qui se retrouvait pour ainsi dire à la case départ. Traçant sa signature d'un geste sec au bas d'un document, il interpella son fidèle bras droit :    

Capitaine ?

Après des heures passées à attendre en silence que son maître achève ses travaux d'écriture, l'officier s'était laissé aller au sommeil et se tenait à présent prostré dans un coin de la pièce, la tête sur les genoux. Déjà courroucé par les paperasseries qui monopolisaient son temps si précieux, Mictlantecuhtli n'était pas disposé à attendre un réveil spontané.

BALDWIN ! DEBOUT !

Recevant l'équivalent sonore d'un seau d'eau glacée en pleine figure, le capitaine de la garde se mit au garde-à-vous en un instant.

Oui monseigneur ! Mille excuses ! Ca ne se reproduira plus ! Je ...

Ca va, ça va ! Venez plutôt par ici et prenez ces différentes missives. Elles contiennent une invitation officielle à participer au tournoi de trébuchets et un exemplaire du règlement. Assurez-vous que des chevaucheurs rapides aillent les porter dans les chefs-lieux des principales provinces du royaume. Vous engagerez également des crieurs pour convier ces illettrés de paysans à se rendre sur les terres du comte d'Alsacie. Non pas que leur absence me chagrinerait, mais on aurait tort de ne pas tondre le peuple lorsqu'une occasion se présente.

Je m'y mets sans tarder, monseigneur. D'autres directives ?

Pas dans l'immédiat. Il faudra apprêter un convoi à destination de Couronne, mais nous avons facilement un mois devant nous ; le temps que la nouvelle se propage.

Je prendrai toutes les dispositions nécessaires en temps utile, mon maître.

Après s'être incliné, le capitaine sortit, laissant Mictlantecuhtli seul dans la faible clarté des bougies et du feu qui crépitait dans l'âtre. Le sire d'Aurevallis ruminait toujours ses idées noires lorsqu'il gagna sa couche. Le sommeil fut long à venir, car il restait encore une foule de détails à régler avant l'ouverture officielle de la compétition.

Sur le petit domaine perdu au coeur de la sombre forêt d'Arden, la neige se mit doucement à tomber.  

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Les concurrents et spectateurs non joueurs éventuels ont jusqu'au 11 février à minuit au plus tard pour poster une présentation scénarisée de leurs personnages.
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Jeu 8 Fév 2018 - 13:09

Alrick Barbe Thorte restait pensif. Accoudé à la fenêtre, il regardait au loin les plus hauts sommets des Montagnes Grises scintiller au soleil levant...

L'affaire était d'importance, non pas de premier plan certes, mais quand même cruciale, de son point de vue tout du moins...

Les dernières nouvelles des Principautés Frontalières, où les relations avec les différents Princes-Ducs-Roi et autres titres nobiliaires alambiqués, ont toujours été fructueuses mais compliquées, laissaient un sombre nuage de doute quant au devenir commercial de celles-ci...

Pour résumer ce qu'il en avait compris, le Duc de Bourgoÿgne, son allié, descendant de la maison de Val d'Oïs, semblait lorgner sur les terres de son cousin, le Roi Philippe, ceci avec l'aide du Roi d'Angles-Terres Edouard, cousin des deux pré-cités.

Parallèlement, les Montagnards des Montagnes Sombres, théoriquement dépendants de l'Empire et en paix avec le Duc, multipliaient les manoeuvres diplomatiques maladroites pour tenter de s'accaparer certains territoires du Comte de Savoÿe (vassal du Duc), alors que celui-ci, bien qu'agonisant, avait nommé son fils comme héritier ...

Pour un Seigneur Nain comme lui, les méandres des complots humains pour quelques lopins de terres perdues au confins du Monde le laissaient autant sans voix qu'indécis... C'est vrai!!! Les ennemis ne manquent pas!!! Entre les Peaux-vertes, les Skavens, les Guerriers Chaotiques des sommets des Montagnes, sans parler des Elfes, ces Briseurs de Serment, il y a déjà de quoi s'occuper et plus encore!!!

Sans parler de cette manie de ce trahir entre cousins... Impensable chez les Nains!!!...

Tout cela ne lui disait rien qui vaille...

Pragmatique, comme à son habitude, il avait pris la décision cette nuit de s'enquérir de quelqu' informations militaires complémentaires: état des différents châteaux-forts, nombre et qualités des troupes, etc... Les précautions d'usage quoi...

Tout était référencé dans la bibliothèque de la forteresse mais une bonne mise à jour ne fait jamais de mal, après tout les dernières informations avaient déjà cent ans... Ce n'est rien pour un Nain, mais tout pour un humain...

Reste l'inconnue des machines de guerre...

Pas celles de l'Empire, elles sont oeuvres des Nains et n'ont aucun secrets pour eux, non, se sont ces "trébuchets" qui l'inquiètent...

Pour les avoir vu à l'oeuvre lors de la dernière invasion Orc repoussée il a trois mois, les engins, bien que rudimentaires, aux yeux des Nains s'entend, restaient terriblement efficaces... Il vaut mieux être du bon côté lorsqu'elles tirent sinon...

Un espion, envoyé au tournoi organisé loin au delà des Montagnes Grises, en Bretonnie,  par le Seigneur Mictlantecuthli serait plus à même de se renseigner sur ces terribles engins...

Le plus difficile a été de trouver la bonne personne... Il faut un Ingénieur compétent, capable de retenir la masse d'informations récoltées, ceci sans se faire identifier comme espion... Pas facile... En prime il ne faut surtout pas que celui-ci soit au courant de l'objectif réel de sa mission sinon tout échouera... Les Nains sont incapables de mentir...


Quelqu'un frappa à la porte.

- "ENTREZ!!!"

- "Seigneur, l'Ingénieur Brombur Fière Barbe est là comme vous l'avez ordonné..."

- "BIEN, faites le entrer!!!"



Un Nain, plutôt jeune d'aspect, apparu dans l'encadrement de la porte, se courbant selon l'usage pour saluer son Seigneur, il tripotait machinalement son calot marqué par le cambouis et l'usure...


"ALLONS MON BON BROMBUR APPROCHEZ... J'AI UNE MISSION POUR VOUS..." (...)




Cela faisait maintenant trois nuits que Brombur Fière Barbe réfléchissait au problème sans trouver de réponse:

- Comment promouvoir le savoir faire Nain en Bretonnie???

Ces Humgis sont tellement habitués à leur piquette qu'ils appellent vin qu'il sera très difficile de faire valoir les qualités indéniables des bières Naines...

La richesse de leurs multiples saveurs de houblons fermentés, l'incroyable reflet de la lumière dans ce liquide d'une gamme et d'une intensité de couleurs au delà de l'imaginable...

Le goût inoubliable à la fois subtil et corsé, riche en minéraux, fort en protéines...

Tous ces arguments ne sauraient suffire face à une telle concurrence....


Soudain l'idée de génie (que seul les Nains peuvent avoir) lui vint à l'esprit!!!

Camouflons notre opération commerciale sous la participation au tournoi de trébuchet qu'ils organisent!!!

En plus cela tombe bien Fraïn Tête d'Acier, l'ingénieur à moitié fou, vient de concevoir un engin de ce type au format Nain (plus solide, plus équilibré, plus rapide, plus tout quoi...)...

Avec Draïn Forte Voix et Glaïrn Main de Fer l'équipage sera au complet, ne reste plus qu'à trouver les chariots pour les tonneaux, ceux pour la machine, quelques gardes pour le trajet et cela devrait suffire...

Mince, non il manque quelque chose... Ha oui!!!! Avertir le Seigneur Mictlantecuhtli de la participation d'un équipage de machine de guerre de Karak-â-Khaône au tournoi pour lequel il nous a convié...

Bon, ne reste plus qu'à bien relire son extrait du règlement pour vérifier que les Gobelins sont autorisés comme projectiles, contacter les cousins pour en être pourvu en quantité suffisante et les festivités pourront commencer...
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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Jeu 8 Fév 2018 - 13:19

Le baron de Joli-Tonneau était en pleine analyse œnologique lorsqu’un serviteur vint le déranger :

- Mon s’ieur ! Une missive du seigneur Micantitchitchy !

- Hips ! Connais pas, donne.
Le baron lut silencieusement le parchemin...

- Mictlantecuhtli ! Bougre d’âne ! Mi-ctlan-te-cu-htli !

- Euh... Mi-c’an-teu... et flûte ! St’est trop compliqué vaux nom...

- Disparaît avant que je ne te fasse trancher la langue !!!

Se tournant vers un autre serviteur : « Va me chercher le maître charpentier, plus vite que ça ! »
Un quart d’heure plus tard le maître charpentier se présenta devant son baron. Il utilisait une béquille pour marcher et son bras droit était toujours immobilisé par une attelle.

- Bonne nouvelle, tu vas encore pouvoir démontrer tout ton savoir-faire. Le seigneur Mictlantecuhtli nous invite à une seconde session du tournoi de trébuchet.

- M... mais ! Je ne me suis même pas encore remis du dernier tournoi !

- Qu’à cela ne tienne, ton apprenti dirigera la manœuvre.

- Mais, je n’ai pas eu le temps de finaliser le Couillard 2 .

- Alors bricole-moi quelque chose ; il faut qu’on parte dans une semaine.

- Une... une semaine seulement ! Rien que pour faire une ébauche de plan, il m’en faudrait le triple !

- Ha ! Ne me fais pas regretter d’avoir autant dépensé pour te soigner ; tu as intérêt à avoir mis quelque chose au point dans une semaine.


C’est un maître charpentier apeuré qui se précipita, clopin-clopant, aussi vite qu’il put à son atelier.

La semaine passée, le baron fit irruption dans l’atelier de charpenterie :

- Alors, cette bricole !

- Elle... Elle est prête, monseigneur. Voici Franck, mon apprenti qui sera à la manœuvre, le roux et le vèt’ l’assisteront.

- Bien, mettez tout ça dans les chariots : on part demain matin.
La Bricole et ses servantes:
 

Le baron de Vigne-Bleue attendait son compère, le baron de Joli-Tonneau, à côté de l’accueil des participants. Il avait appris la participation de son ami au tournoi et était venu le supporter, et vendre du vin. Pour ce faire, il avait pris rapidement contact avec l’organisateur et était arrivé depuis plusieurs jours avec une dizaine de tonneaux de son domaine. A part la présence de cette immonde boisson que l’on appelait « Bière », et que les locaux semblaient apprécier, le tournoi se présentait plutôt bien : vu le succès du premier tournoi, et malgré la concurrence farouche des autres crus Bretonniens présents, il y aurait assez de chevaliers pour qu’il soit sûr de liquider sa marchandise.

Il aperçut sur le chemin la silhouette d’un chevalier en armure qui lui était familière. Il alla à la rencontre de son ami, mais en approchant il fut surpris de voir que le convoi Joli-Tonnien avait été malmené. Le tabar du baron était déchiré en plusieurs endroits et sali par ce qui semblait être un combat acharné, les hommes d’escorte était trop peu nombreux pour être leur nombre initial et avaient tristes mines ; quant à Jacques, le fidèle bras droit du baron de Joli-Tonneau, il portait quelques bandages et il avait l’air fatigué.

- Que vous est-il arrivé mon ami ! » demanda le baron de Vigne-Bleue.

- Comme pour le premier tournoi de trébuchet nous avons fait courir la rumeur que nous transportions une cargaison précieuse. Si les brigands semblent être devenues plus méfiants à l’encontre des rumeurs venant de la baronnie, la rumeur est arrivée aux oreilles des orques et l’une de leurs bandes nous est tombée dessus lorsque nous nous sommes approchés des montagnes grises.

- Et comment êtes-vous sûr qu’ils aient entendu parler de votre fausse rumeur ? Les orques ont pour habitude d’attaquer les convois à vue.

- Parce que leur chef a crié : « TRAPEZ LA CARGUESON PESIEUZZZZ ». On en est venu à bout, mais ils étaient assez nombreux.

- Venez à ma tente vous reposer, mon ami, en attendant que vos hommes montent la vôtre.


Le baron suivit son ami, laissant ses gens. Jacques donna les ordres nécessaires pour que le camp de son seigneur soit établi. Dans la charrette transportant la bricole, un maître charpentier livide murmurait en boucle « …je savais que je n’aurais pas dû y retourner, je savais que je n’aurais pas dû y retourner, je savais que je n’aurais pas dû y retourner… » ; son apprenti et ses deux assistants commençaient à se demander s’ils n’avaient pas fait une erreur en acceptant de venir, avant de se rappeler qu’on ne leur avait pas laissé le choix.


Dernière édition par Calidus5 le Ven 9 Fév 2018 - 20:44, édité 1 fois
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Ven 9 Fév 2018 - 19:46

En ce froid matin d'hiver, le bourg de Rèmes se réveillait lentement. Ses habitants s'activaient à déblayer la neige afin de rendre praticables ses principales artères et accessibles ses différents commerces (d'aucuns remarquèrent que les tavernes furent très rapidement accessibles).

Dans cette effervescence arriva un cavalier au port altier et à l'air hautain, sur de lui, ce qui tranchait avec les habitants du bourg.

- Faites place, vils manant ! Je dois me rendre sans délai au château Bressac ! Faites place où il vous en cuira !

Les gens s'écartèrent vivement devant la menace et jetèrent à son encontre des regards lourds de sens, alors qu'il passait au trot d'un air dédaigneux. Les jeunes damoiselles qui croisaient son passage gloussaient soudainement, sous l’œil désapprobateur des anciens, et celui envieux des gaillards présents.

Notre cavalier arriva finalement devant les portes du château et se présenta aux sentinelles qui le laissèrent entrer.

Dans la salle d'audience du donjon, le Lord del Insula subissait un véritable supplice : cela faisait plus d'une heure qu'Orasio Gustavo, étudiant assidu de l'école d'artillerie de Miragliano, lui exposait en détail et avec beaucoup d'enthousiasme ses idées sur la manière d'utiliser au mieux un trébuchet bretonnien et qu'il espérait pouvoir faire démonstration de ses théories dès que possible. Ce sujet passionnait le Lord autant que l'étude botanique des forêts de la lointaine Lustrie. C'est donc avec joie qu'il accueillit l'annonce de l'arrivée du cavalier.

- Sieur Gustavo, je vous remercie pour votre exposé très sopo... sophistiqué. Je serai ravi d'en entendre davantage, mais il est des choses urgentes que je dois régler séance tenante.
Ma, ye n'est pas grave. Ye rouviendrai plou tard Melord. Milla grazia.

- Après le départ de l'ingénieur, le messager du Lord fut introduit auprès de son seigneur.

- Allons donc, Fulbert, avez-vous bien accomplit votre mission ? - interrogea le Lord - Quelles sont donc les nouvelles du Seigneur D'Aurevallis ?

- Oui Milord, je vous apporte des nouvelles concernant ce tournoi. Je puis vous dire ce que l'on m'a apporté à la connaissance. Un missive de la plume du Seigneur d'Aurevallis est également en ma possession, qui vous donnera les détails qui échappe à ma connaissance – répondit le chevalier en tendant un parchemin.

- Narre-moi ce que vous en savez, dit le Lord saisissant la missive.

- Eh bien pour commencer, votre candidature a rencontré fort succès.

- Fort bien, fort bien. Allons-nous donc accueillir cet événement comme nous l'escomptions ?

- Oui Milord. Toutefois, ça ne sera pas pour cette fois. Il semblerait que le Comte d'Alsacie ait proposé un site qui soulève un véritable enthousiasme.

- Fis-donc. Dois-je comprendre que notre domaine est retenu pour une future édition ?

- C'est cela même Milord. Le Seigneur d'Aurevallis vous transmet néanmoins ses félicitations et vous invite à participer au tournoi organiser en Alsacie.

-Fort bien. Il serait de bon ton de s'y rendre. Après tout, nous sommes les vainqueurs du premier tournoi. L'honneur commande de défendre ce titre. Grâce à la Dame, nous avons conservé le trébuchet – déclara le Lord, omettant sans s'émouvoir un seul instant la perte accidentelle des servants – nous irons.

À l'entente du mot de trébuchet Orasio, qui était resté en retrait, explosa de joie.

- Ma, c'est oune bénédiction, par la Madonne ! Melord, ye demande l'ounneur di diriger votre trébuchet ! Ye montrerez au monde entier que mi théories sont youste !

Sachant que le tiléen ne lâcherait pas prise, le Lord accepta la requête de celui-ci, non sans rappeler préalablement les dangers auxquels il s'exposait. Mais rien ne freinait l'enthousiasme exubérant du jeune ingénieur. Après que celui-ci soit parti découvrir le trébuchet, le calme se fit et le Lord étudiait maintenant la missive du Seigneur d'Aurevallis, tandis que Fulbert attendait devant lui, l'air fier de lui, et guettant du coin de l’œil d'éventuelles damoiselles à courtiser. À la lecture du message, le Lord sembla soudain se raidir, son regard devenant soucieux. Au bout d'un moment, il releva les yeux sur son chevalier et l'interrogea d'un ton égal.

- Merci de votre diligence sur cette mission. Mais dites-moi, comment s'est déroulé votre voyage ? N'avez-vous pas rencontré quelques péripéties lors de votre traversée de la forêt d'Arden ?

- Je n'ai guère rencontré de brigands ou autres rejetons du Chaos Milord. Aucun fait notable à vous rapporter j'en ai peur, se venta le chevalier.

- Allons donc – insista le Lord – Auriez-vous la mémoire défaillante ? N'y a-t-il pas le moindre frasque à signaler ? N'ommeteriez-vous pas de me signaler quelques accidents regrettables ?

Fulbert commença à perdre en prestance à mesure que le ton du Lord se faisait de plus en plus piquant et lourd de menace.

- Maintenant que vous me le rappelez, je crois me souvenir avoir eu une rixe avec quelques chevaliers d'Artenois. Mais je vous assure que je ne les ai point provoquer – balbutia Fulbert.

- Même pas par rapport à la vertu d'une jeune demoiselle ?

- Je dois avouer que oui Milord – concéda Fulbert – Enfin pas d'une seule.

Le Lord soupira. Aussi loin qu'il s'en souvienne, Fulbert était un coureur de jupon invétéré doublé d'un orgueilleux bagarreur qui avaient un don pour se mettre les Dames dans le lit et les cocus/pères/frères à dos. Il pensait qu'une mission de la sorte contribuerait à le garder éloigner de ces frasque. Une fois de plus, il s'était trompé.

- Le Seigneur d'Aurevallis attend une réponse à sa missive. Je vais vous envoyer lui apporter. Vous aurez ainsi l'occasion de répondre de vos actes.

- Milord, vous n'y pensez pas !

- Peut-être préférez-vous escorter Dame Gaea de Grunere en partance pour la lointaine Albion ?

La mention de cette alternative sapa toute volonté de contestation de la part du chevalier. S'il y avait un genre de dame qui ne se laissait pas conter par ses numéros de charme, c'était bien les servantes de la Dame. Depuis que Dame Gaea l'avait éconduit en le transformant en crapaud (le Lord dut négocier longtemps l'annulation du sortilège), il redoutait sa compagnie.

- Fort bien. Puisque Milord et l'honneur le commande, j'irai porter cette missive – accepta-t-il avec amertume.

L'après-midi même, le cavalier repartait vers le couvert épais de la forêt d'Arden, transportant le message suivant :

 
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Kaops
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 10 Fév 2018 - 17:21

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     Les montagnes grises en vue et le domaine quitté depuis bientôt trois jours, la délégation seigneuriale de Mélinor et son trébuchet flambant neuf étaient en bon chemin. Encore quelques jours de marche et le domaine d’Alsacie devrait apparaître à leurs yeux…. Du moins, c’était ce qu’espérait le seigneur Valmond. Même si le voyage avait beau être court, les deux domaines étant plutôt proches l’un de l’autre, le bretonnien souhaitait ardemment y arriver le plus tôt possible. C’était une question de principe d’abord, mais aussi de frustration. Il pensait que s’il arrivait le plus tôt possible, il pourrait repartir aussi plus tôt. Dans les faits, c’était impossible, mais le seigneur de Mélinor n’appréciait que peu l’idée de laisser son domaine sans défense pendant une période aussi prolongée. Alors il rongeait son frein à sa manière. Cela impliquait nombre de froufroutements, causés par ses mouvements secs, aux multiples drapeaux bariolés qui l’ornaient.

    Et pourtant, à peine Valmond avait-il reçu la missive du seigneur d’Aurevallis qu’il avait ordonné un branle-bas de combat général. La réponse à peine sèche avait été télescopé dans les bras d’un courrier, un trébuchet avait été sélectionné dans l’instant, plié, empaqueté et embarqué avec quelques péquenauds qui disaient savoir manier la machine. Puis, son vassal, Cédric le Normand avait été désigné d’office comme guide puisqu’il connaissait bien le comte d’Alsacie et la délégation était enfin partie avec quelques gardes autour. C’était plus que suffisant d’après Valmond, mais malheureusement, cette maudite neige à laquelle il n’était pas habitué continuait de tomber ! Sur le front de mer, il n’y avait guère que quelques flocons tout au plus, pas cette broussaille blanche qui les ralentissait toujours plus !

     Et les servants qui se plaignaient qu’il allait trop vite ! Ce qu’il ne fallait pas entendre ! Ils n’avaient qu’à tirer plus fort…

     Après un long soupir prolongé où pointait une bonne dose de rage sourde, Valmond se redressa sur sa selle et tenta de penser à autre chose en balayant du regard les monts à l’horizon, en vain. Alors qu’il allait gémir à nouveau, une petite main se plaça sur la sienne.

      « Valmond, lui dit alors Dame Constance depuis sa monture. »

     L’intonation de son nom prononcé sur un ton aussi calme et rassurant inquiéta quelque peu le seigneur de Mélinor. Il connaissait assez sa femme pour deviner ses intentions. Néanmoins, sa fatigue lui fit tenter une approche plus agressive que d’habitude.

     « Heum, oui ma douce ?
     — Votre attitude n’est pas digne de votre rang, vous en êtes conscient ? »

     Un léger sourire jovial suivit la question plus que rhétorique, mais Valmond le savait froid comme les glaces des côtes de Norsca.

     « Oui… Pardon Constance…
     — C’est mieux, lui dit-elle sobrement après quelques secondes d’attente. »

     Intérieurement, Valmond souffla de soulagement. L’échange aura été formel. Tant mieux. S’il y avait bien quelque chose qu’il ne voulait pas ajouter aux affres de ce voyage, c’était bien une remontrance calme et posée de sa femme. La dernière en date lui laissait encore des sueurs froides la nuit… Histoire de désamorcer la situation, il pensa à remettre en place le riche manteau blanc de sa bien-aimée en place.

***

     A l’avant du convoi, Cédric le Normand se reconcentra sur la route devant lui, son seigneur semblant s’en être tiré sans trop de mal. Enfin, ce qui restait de la route sous le manteau neigeux. Mais le chevalier aux couleurs d’argent et de sable avait l’habitude de ce genre de situation. Contrairement à son seigneur, la neige, il connaissait et bien même. Il fallait dire que quelques échanges avec des norses dans leur comptoir à domicile, ça vous plongeait bien vite dans le bain.

     Et puis, autant dire qu’il connaissait par cœur la route jusqu’au domaine de son ami Guillaume comte de la Tour. Le massif Vougien était en vue, d’ici la fin de la journée, ils l’auraient atteint et après, c’était un jeu de piste plutôt simple avec les diverses tours à suivre. Un voyage somme tout simple, si on omettait les quelques attaques d’hommes-bêtes qui pimentaient un peu la traversée.

     Tout aurait pu très bien se passer donc… si le seigneur Valmond n’avait pas décidé de venir.

     La première erreur de Cédric aura été de ne pas l’en dissuader. Son empressement fanatique les avait mal préparés au voyage et ils avaient même recruté un norse qui passait par là comme servant ! Cet idiot devait être trop alcoolisé pour comprendre ce qu’on lui demandait quand Valmond était arrivé en furie à Brestnorrois pour chercher Cédric… Et la missive de réponse à Mictlantecuhtli, qui était passée entre les mains du chevalier brionnais… Par la Dame, elle était tellement bâclée qu’on aurait dit de la calligraphie orque. Et c’était là que Cédric avait commis sa deuxième erreur : avertir Dame Constance pour lui montrer la missive. En un sens, c’était bien puisque la dame avait rectifié le tir et envoyé une lettre autrement mieux présentée, mais de l’autre, elle s’était subitement décidée à venir elle aussi ! Et on ne pouvait pas dire non à sa demande polie et joyeuse. Non, jamais.

     En repensant à tout ce charivari, Cédric passa lentement son gantelet sur son heaume ailé dans un raclement de cuir usé. Tout cela était terriblement mal parti… Surtout que depuis la semi-humiliation de sa victoire au précédent tournoi – une sombre histoire de balance et de jeux de mots – Cédric savait pertinemment que Valmond voulait, en plus de gagner, obtenir une véritable récompense. Oh, il le cachait bien, mais son seigneur n’avait pas digéré le fait d’avoir reçu un outil de pesée alors qu’il avait sacrifié un trébuchet et tout son équipage. Tout le jeu de ce nouveau tournoi allait donc être d’empêcher le marquis de Mélinor d’étriper le seigneur d’Aurevallis à vue. Un programme qui donnait déjà la migraine au chevalier. Avec de la chance, la menace joyeuse de dame Constance le dissuaderait de passer à l’acte.

     Lâchant la bride de sa monture d’une main, le chevalier brionnais la posa sur une hache de facture impériale à son flanc. C’était un réflexe nerveux qui l’aidait à se calmer. Vivement le moment où il allait enfin pouvoir se reposer, une bière locale entre les mains. Il allait en avoir besoin.
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Toison d'or
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 10 Fév 2018 - 22:51

Penthésilée huma à pleins poumons l'air glacial de cette froide matinée d'hiver et éperonna sa monture pour s'élancer sur la pente glacée. Le froid lui claqua le visage, comme la liberté de ces grands espaces qui s'ouvraient à elle. De derrière lui parvint un autre bruit de galop. Elle ne se retourna pas. Elle ne le fit pas non plus lorsque la voix essoufflée de Brionne retentit :
- Ma dame, ne vous éloignez donc ... pas seule, ... vous savez bien que courez moult ... grands périls ...
Haussant les épaules, Brionne se coucha sur le cou de sa haquenée dont il éperonna à son tour les flancs. Il perdait du terrain face à sa jeune et fougueuse maitresse. Il ne pût que bougonner :
- Que ne lui ai-je appris la sagesse plutôt que la science de l'escrime ...

Au soir, tout le monde se retrouva à l'auberge : Penthésilée accueilli son vieux maître d'arme avec un sourire narquois, elle l'attendait depuis bientôt deux heures. Ce n'est qu'à la nuit tombée que Charles-Hubert, baron de Gransette les rejoignit, suivi du lourd charroi portant le trébuchet et son triste équipage de servants. L'heure du tournoi approchait et ces derniers commençaient visiblement à comprendre quel sort peu enviable les attendait probablement. L'entrée du baron dans la grande salle de l'auberge ne passa pas inaperçue : ayant ouvert la porte d'un coup de pied, il commença à jurer contre le froid, l'état déplorable des routes alentour et la mauvaise foi des rouliers qui l'accompagnaient, il se posa lourdement près du feu, éloignant d'une bourrade quelques manants qui sortirent sans demander leur reste.
Une nouvelle fois un sourire éclaira le visage de Penthésilée : son frère de fort méchante humeur, son maître d'arme qui tournait en bourrique et un nouveau tournoi en perspective, l'avenir se révélait plein de promesses !
Il ne restait que quelques jours avant d'arriver en Alsacie, ce voyage la changeait délicieusement de la routine du château de Gransette. Que son frère continue de penser qu'elle pourrait y trouver -enfin- un parti digne d'elle et de son caractère affirmé, elle comptait surtout profiter de l'occasion pour s'amuser tout son saoul ...

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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 11 Fév 2018 - 16:14

Du haut de son donjon, le comte Guillaume de la Tour avait une vue imprenable sur la plaine d'Alsacie actuellement recouverte d'un manteau de neige. Depuis sa fenêtre il voyait une petite troupe impériale qui quittait le Fort Strutt au loin. Il était un peu inquiet, pour sa sécurité principalement, mais aussi pour le déroulement du tournoi. Le comte d'Alsacie était toujours soucieux de sa protection à tel point que c'était devenu une paranoïa. Il avait rêvé cette nuit qu'une troupe d'assassin Hommes-Rats le poursuivaient dans les rues de sa ville. Peut-être un présage ? Dans tous les cas il valait mieux prendre ses précautions, porter une troisième couche de cotte de mailles, doubler la garde et surtout rester à bonne distance de la fenêtre pour éviter de se prendre un trait mortel tiré depuis l'extérieur. De toute façon le froid glacial de cette période ne donnait pas envie de mettre la tête à l'extérieur et le comte avait encore une fois attrapé un vilain rhume, le gasconnien avait vraiment du mal à s'habituer des hivers du nord...

Le comte inspecta encore le paysage, tout avait l'air d'être normal, les sentinelles de la Ligne Tour-Ginot étaient en faction, le télébuchet semblait fonctionnel - d'ailleurs un message venait d'être envoyé depuis la Ligne - le champ de Klaus était transformé en un gigantesque terrain de Blood Bowl réservé pour les trébuchets et des patrouilles longeaient les routes du marquisat tout en surveillant les gueux affairés à déblayer la neige des voies.

« Bon, se dit le comte, tout est en o... o... a... ATCHAAA ! éternua-t-il... En ordre, snif, une petite prière à la Dame devrait suffire à assurer la paix aujourd'hui »

Il ferma le vitrail et verrouilla la grille anti-assassin de la fenêtre. Puis il descendit à la salle des fêtes pour prendre son petit déjeuner, un bon bol de lait cacaoté (Cacao : fruit exotique venu de Lustrie) avec des céréales en forme de fleur de lys de la marque Lady Flakes (il avait testé les Khorne Flakes une fois, mais trop "violent" à son goût), puis des tartines de la taille d'un pain avec de la confiture de quetsches (prunes impériales). Mais à peine eut-il le temps de se mettre à table qu'un garde arriva dans la pièce et annonça avec un fort accent reikspiel:

« Messires, vous afez reçu ein télécourrier, ces les impériaux messires.
-Ah ! Ils nous attaquent ! Tous au combaaaa... a... ATCHAAA !
-Nein messire, chuste ein message, ils se tisent frustré t'ne pas être invité au tournoi.
-Snif, arf, si c'est chuste cha, heu... Juste ça. Bah, ils peuvent venir si ils veulent, nous avons bien des nains qui participent.
-Ach ja messire.
-De toute façon il est trop tard pour les inscriptions, ils n’avaient qu'à être plus réactifs.
-Aber, ils sont déterminés à participer, z'ils veulent enfoyez obus und boulets sur notre terrain depuis l'côté Florhin.
-Qu-qu-qu-QUOI !!! Donnez-moi ce courrier !
-Ach ja messire. »

Le comte lu frénétiquement les lignes du parchemin froissé. Il marqua une pause et demanda au garde :
« Ça veut dire quoi de nouveau "Blitzkrieg" ?
- Pen, ein blitzkrieg, c'est ein blitzen krieg oder, ein schnell-kuerre, du weißt.
- Une guerre rapide ?
- Ja, ja, eine kuerre rapide.
- Mmh... merci.
- kein problem messire. »

Les yeux de Guillaume lâchèrent le courrier pour se perdre dans une brume invisible au plafond. Le comte fut tout déconfit. Tout allait pour le mieux jusqu'à l'arrivé de ce message. Après quelques minutes à regarder son bol de Lady Flakes il se leva brusquement et ordonna à ce qu'on scelle son destrier et qu'on prépare une barge pour traverser le Florhin, il allait discuter avec les impériaux. Il avait un argument de poids, si un seul tir d'artillerie impériale est tiré sur le marquisat durant le tournoi, ce sera cent tirs de trébuchets qui répliqueront.

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Chez Mantic nous irons,
Au Neuvième âge nous jouerons,
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Gromdal
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 11 Fév 2018 - 20:12

« Wanrag ? Wanrag armit Drekgiti ? » [Où ? Où est le Voyageur ?]

Le vieux nain était entré en trombe dans le corps de garde où s’équipaient plusieurs rangers, et ces derniers s’arrêtèrent pour le regarder. Petit, plus encore que la moyenne, il arborait sur sa cotte de maille une lourde cape et des insignes de la Guilde des Ingénieurs. Son front plissé, il fusilla de ses yeux cerclés de rides les quelques nains de l’antichambre, jusqu’à ce qu’un d’entre eux lui indique la sortie, que le vieux nain emprunta sans plus attendre.

Il déboula sur l’étroite vallée qui s’étendait devant cette sortie mineure de la forteresse de Karak Norn, et la lumière du soleil sur l’épasse couche de neige le fit plisser les yeux, et lui arracha un juron. Une fois sa vue adaptée à la luminosité extérieure, il put contempler trois nains finir de bâcher un imposant chariot à la cargaison tout aussi volumineuse. Piaffant par intermittence, non moins d’une demi-douzaine de poneys attelés attendaient signe du départ de l’équipage. Mais le vieux nain fixa son regard sur un quatrième nain, assis sur un rocher non loin, qui regardait les autres s’affairer à leurs préparations. Aussitôt, il dévala les quelques pas de plaine enneigée qui les séparait : bientôt, l’intéressé se retourna pour faire face à l’ingénieur courroucé.

« Vous ! Vous ! Encore vous ! » fulminant, le vieux nain ne put articuler que ces quelques mots à travers ses dents serrées.

Son interlocuteur ne se laissa pas décontenancer et, lissant son épaisse barbe rousse soigneusement tressée, il s’inclina légèrement en direction de l’ancien. 

« Tromm, vénérable ancien. » lui dit-il en guise de salut.
Mais ses manières ne firent qu’irriter encore plus le vieil ingénieur.
« Vous êtes devenu fou ! 
— Je vous demande pardon ? » L’étonnement se lisait sur le visage du « Voyageur ». 

« À chaque fois que vous passez par ici, vous foutez tout en l’air ! Vous êtes pire encore que ces wazzocks de rangers du coin ! » C’était à peine s’il se retenait de cracher aux pieds du Voyageur. Ce dernier haussa tout de même un sourcil face au comportement du vieux nain.
« Expliquez-moi la raison de votre courroux. »

L’ingénieur ne fit qu’avoir l’air encore plus en colère –pour autant que cela fut encore possible.
« J’ai entendu dire que vous aviez inscrit le vieux Baladrik à un tournoi de catapultes de ces retardés d’umgi à l’Ouest ? 
— Un tournoi de trébuchets. » précisa l’intéressé en hochant la tête. À ces mots le vieux nain perdit tous ses moyens : 

« DAMMAZ ! Vous ne pouvez pas faire ça ! La Guilde l’a interdit de manipuler toute sorte de machine de guerre lors de combats jusqu’à sa 7e génération de descendants ! 
— Ce tournoi n’est pas un véritable tournoi, répondit le Voygeur sans se démonter. Et, il me semble, vous avez banni Baladrik de la Guilde il y a de cela quelques dizaines d’années. 
— Eh… oui, mais cela n’a pas de rapport avec notre discussion, répondit sèchement le vieux nain.
— J’ai bien peur que oui, car cela signifie que vous n’avez pas plus d’autorité sur lui que sur moi : nous n’avons pas à répondre de vous. »

Sous le regard inflexible du jeune nain, le vieil ingénieur de put que fulminer : il savait que le Voyageur avait raison. Finalement, après s’être balancé d’un pied sur l’autre tout en fusillant ce dernier du regard, l’ancien arriva finalement à une conclusion de sa réflexion intérieure et pointa un doigt accusateur vers son interlocuteur :

« La Guilde n’approuve pas vos actions ! Et c’est pourquoi, en tant que Maître Ingénieur et membre du Conseil des Anciens de la Guilde des Ingénieurs de Karak Norn, je suivrai les agissements de Baladrik de très près… Et attention, il reste un ancien ingénieur de la Guilde ; ses actions pourraient se refléter durement sur lui-même et sur vous. » Sans détacher son regard dédaigneux du nain en face de lui, le vieil ingénieur avait sorti un lourd tome de sous sa cape. « Je n’ai peut-être pas l’occasion d’écrire vos noms dans le Livre des Rancunes de la Guilde pour le moment, mais je ne raterai pas la prochaine qui se présentera. »

Le jeune nain, mit un moment à répondre, surpris par le revirement de situation. Finalement, il haussa les épaules.
« Eh bien, si vous voulez vous accommoder du voyage, alors je ne vois pas pourquoi nous refuserions votre compagnie, Grakk de la Guile des Ingénieurs. »

Le vieux nain hocha la tête, une expression sévère ayant remplacé celle, bouillonnante de rage, d’auparavant : le moment n’était plus à la colère aveugle.
« Fort bien, dit-il. Je m’attends à ce que vous me traitiez avec le respect dû à ma barbe et à mon rang. »

Comme le Voyageur s’inclinait légèrement, l’ancien lui lança un dernier regard dédaigneux avant de faire volte-face, ce sur quoi il monta à l’arrière de l’imposant chariot sans aucun regard pour les trois nains qui, ayant fini de sécuriser le chargement, le regardèrent sans rien dire.

Finalement, le plus âgé des trois lança un regard interrogateur au Voyageur, qui hocha la tête en retour : ils pouvaient enfin partir. Lâchant un petit soupir de soulagement, le vieux nain qui n’était autre que le fameux Baladrik monta à l’avant du chariot et se saisit des rênes des poneys. Il fut rejoint par le Voyageur, et ses deux apprentis, dont un jeune nain à la courte barbe blonde : Ordin. Ce n’était autre que son fils. Enfin, pour ainsi dire : le vieux nain était en réalité son oncle, mais, une fois le véritable père du jeune nain décédé aux combats, Baladrik l’avait élevé comme son propre enfant, comme le voulaient les antiques coutumes des nains.

Le dernier apprenti était un nain d’âge incertain, Torgund, chauve et aux sourcils noirs broussailleux. Taciturne, il parlait si peu que beaucoup le considéraient comme un simplet… et qu’il en soit un ou non n’avait jamais vraiment été établi. Toujours était-il qu’il accomplissait ses devoirs d’artilleur sans fléchir. C’étaient lui et Baladrik qui s’étaient faits bannir par la Guilde des Ingénieurs pour les inventions trop… avant-garde… du maître ingénieur.

Une fois tous les voyageurs bien installés, le chariot se mit en branle. Derrière eux, les rangers, qui avaient eux aussi fini de se préparer, commencèrent à se disperser dans les sous-bois : ils escorteraient discrètement le convoi pendant un moment, avant de partir en reconnaissance à la frontière des terres de la forteresse naine ; ils ne reverraient pas Karak Norn avant quelques semaines, voire plusieurs mois.
 
À l’arrière du chariot, le vieil ingénieur fulminait lentement, Baladrik, son fils et son apprenti ne perdaient rien pour attendre. Pas plus que Gromdal Drekgiti. Il trouverait bien une occasion d’inscrire leurs noms de son sang dans le Livre des Rancunes de la Guilde. Et à ce moment-là…

Un grognement sourd provenant de derrière lui le sortit de ses pensées. Se retournant, il ne vit que les grandes caisses et autres conteneurs bâchés que contenait l’imposant convoi. Bizarre, se dit-il. Il aurait juré entendre le cri d’un squigg…


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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 13 Fév 2018 - 0:06

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Introduction

Depuis près d'une semaine, les principaux axes routiers du comté d'Alsacie avaient été pris d'assaut par un flot continu d'attelages, de charrettes, de cavaliers et de marcheurs. Jamais le domaine n'avait connu une telle animation, et certainement pas en pleine période hivernale. La neige avait beau tomber en gros flocons duveteux, elle ne parvenait pas à blanchir un pouce carré des voies de circulation. Ecrasée sans relâche par des milliers de talons, de roues et de sabots, elle se mêlait au sol détrempé pour former une boue glacée et collante dans laquelle les voyageurs peinaient à circuler. Sur les bas-côtés, quelques corps rigides et bleuis par le froid mordant témoignaient de l'impitoyable rigueur des éléments qui prélevait un lourd tribu parmi les gueux. Leurs guenilles mitées et déchirées n'offraient qu'une protection dérisoire contre les vents déchaînés.  

Malgré ces conditions qui auraient pu passer pour extrêmement défavorables, la population locale ne masquait pas son enthousiasme. Ainsi scandait-elle à qui voulait bien l'entendre un célèbre dicton de la région des Soeurs Pâles : Terrain boueux, tournoi merveilleux ! Cet optimisme forcené  ne rassurait guère les voyageurs qui préféraient le réconfort d'un feu dans l'une des nombreuses auberges du comté.

Mais la raison de cette intense agitation était bien là : au terme d'une procédure d'appel d'offre âprement disputée, le comte Guillaume de la Tour avait remporté le droit d'accueillir sur ses terres la nouvelle édition du désormais célèbre tournoi de trébuchets. Attirés par la renommée de cette compétition, des visiteurs venus d'aussi loin que la méridionale Gasconnie affluaient à présent vers la ville d'Havenheim en une colonne ininterrompue.

Sur la route de Strosheim, une riche litière tirée par six chevaux blancs au port altier progressait  au milieu des gueux en haillons. De lourdes tentures de velours bleu décorées en fils d'or des symboles du Graal protégeaient ses occupants des bourrasques et les dérobaient à la vue de la plèbe. L'identité de ces hauts personnages n'en était pas moins connue de tous : en tête de convoi, un écuyer portait haute et fière la bannière de gueule ornée d'un bourdon géant. Ce détail, associé aux décorations uniques de la litière, ne pouvait signifier qu'une chose : Mictlantecuhtli d'Aurevallis escortait l'Enchanteresse en personne jusqu'au tournoi d'Alsacie.    

Et de fait, le seigneur artenois était en ce moment allongé auprès de l'Enchanteresse sur une imposante pile de coussins qui peinait à amortir les cahots de la route. Un nouveau choc causé par une ornière raviva son mal de dos et le fit copieusement pester. La dame s'abstint de tout commentaire ; ayant appris avec le temps qu'il valait mieux se faire oublier lorsque son compagnon de route commençait à s'énerver. Arrivé à destination, le massacre de quelques gueux suffirait certainement à lui rendre sa bonne humeur.

Pour sa part, Mictlantecuhtli regrettait intérieurement de n'avoir pu voyager par la voie des airs. Mais il lui fallait bien s'incliner devant les contraintes techniques d'un tel voyage. Comme il en avait récemment fait la douloureuse - et humide - expérience, sa monture n'aurait pas manqué de geler au bout de quelques lieues. Qui plus est, la galanterie lui imposait de veiller sur l'Enchanteresse durant son trajet dans la région troublée des Marches.  

Passant timidement la tête entre les draperies, le capitaine Baldwin, vint informer les passagers de leur avancement :

Madame, monseigneur, nous entrons à l'instant dans la vallée du Florhin. Les portes du comte Guillaume ne sont plus qu'à une ou deux heures de route.

Heureux de l'entendre, rétorqua Aurevallis. Aucun émissaire ne s'est encore présenté pour nous accueillir ?

Non messire. Mais il faut dire que les routes sont très encombrées et dégradées. Avec une telle cohue, il est d'ailleurs probable que toutes les troupes disponibles soient affectées à la sécurité d' Havenheim.

Sans doute. Il n'empêche que cette façon de procéder n'est guère protocolaire.

L'organisateur ès tournois de trébuchets eut tout juste le temps de finir sa phrase qu'une grande clameur s'éleva au dehors, vite interrompue par un terrible fracas qui ébranla la litière elle-même.

Par le Saint Slip ! Mais qu'est-ce donc que ce foutoir !?

Mictlantecuhtli sauta sans tarder du véhicule, la main sur la poignée de son épée enchantée. Il régnait alentours un désordre indescriptible. Les paysans s'enfuyaient dans tous les sens en hurlant, tandis que les cavaliers de l'escorte peinaient à calmer leurs montures. La cause du trouble paru vite évidente : à tout juste une toise de la litière un imposant bloc de pierre venait de creuser un petit cratère. Si l'on en jugeait par les bras et les jambes qui dépassaient en dessous, un paysan semblait avoir été trop lent pour l'éviter ; à moins que l'imbécile n'ait tenté une réception.

Chose étrange pour un rocher visiblement projeté par une machine de guerre, celui-ci avait été rainuré sur toute sa circonférence afin d'y loger une cordelette de laquelle pendait un petit rouleau de parchemin. Bien que n'y ayant jamais été confronté, Mictlantecuhtli identifia au premier coup d'oeil le résultat d'un tir de télébuchet, le fameux système de communication local.

Sur l'ordre de son seigneur, le capitaine Baldwin s'approcha du projectile et dégaina son poignard pour récupérer la missive. Une fois entre ses mains, Mictlantecuhtli brisa le seau de cire qui représentait une épée posée sur un champ tiercé et commença à lire. L'écriture grande et hardie était sans aucun doute de la main du comte Guillaume.

Soyez tous deux les bienvenus en Alsacie !

J'espère que votre voyage fut agréable et que votre séjour parmi nous vous laissera des souvenirs inoubliables.

Aux portes d'Havenheim, merci de décliner votre identité à l'une des sentinelles. Je serai rapidement averti de votre arrivée et ne manquerai pas de venir vous saluer en personne.

Bien cordialement.

Guillaume de la Tour, Comte d'Alsacie, Marquis d'Havenheim

PS : Embrassez votre charmante compagne pour moi.


Tout en bas de la feuille figurait une mention rédigée en pattes de mouches par une autre plume : Service Seigneurial de Communication par Télébuchets - Poste émetteur d'Havenheim

Mictlantecuhtli fit demi-tour vers la litière où il tendit le message à l'Enchanteresse qui le parcouru en silence avant d'ajouter :

Que voilà un post-scriptum bien cavalier.

J'en conviens. Mais le comte fait toujours montre d'une certaine franchise dans sa correspondance. On peut en tout cas louer la précision des artilleurs à son service. Si l'équipe d'Alsacie est à l'avenant, le tournoi pourrait être rapidement plié.

Pas trop vite tout de même. Il me déplairait d'avoir entrepris un tel voyage pour rien. D'ailleurs, ne pourrions nous reprendre la route ? Il me semble qu'il ne nous reste que peu de temps avant l'ouverture prévue du tournoi.

Je ne peux qu'approuver, madame, répondit Mictlantecuhtli avant de se tourner vers son bras droit. Capitaine, remettez sans tarder ce convoi en ordre de marche et faites forcer l'allure. Si des nids de poule dans la route sont de nature à nous freiner, comblez-les avec des gueux ! Pour une fois, ils serviront à quelque chose.

L'officier s'inclina et commença à distribuer ses ordres. Dans la litière, Mictlantecuhtli et l'Enchanteresse poursuivaient leur discussion :

Ce télébuchet est tout de même un moyen particulièrement tordu de communiquer, ne trouvez-vous pas mon ami ?

Assurément. Mais n'oubliez pas que nous nous rendons en Alsacie, la terre qui a inventé la choucroute du même nom. Vous ne vous attendez tout de même pas à ce que des gens pareils soient parfaitement sains d'esprit ?  

La dame se contenta de hausser délicatement les épaules, ne trouvant rien à redire à ce constat. Quelques minutes plus tard, l'attelage s'ébranlait et reprenait sa progression vers Havenheim.

L'estimation la plus optimiste s'avéra être la bonne. Une heure plus tard, l'organisateur et son indispensable alliée étaient au pied des hautes murailles de la ville hôte. Reconnaissant là des visiteurs importants, un gradé de la milice urbaine s'empressa d'aller à la rencontre des nouveaux venus. Un assistant le suivait comme son ombre et portait un nécessaire d'écriture afin de consigner les arrivées.

Soyez les bienv..., commença-t-il avant d'être interrompu par Mictlantecuhtli qui n'était pas d'humeur à échanger des amabilités avec un prolétaire.

Va dire à ton maître que l'Enchanteresse et le seigneur Mictlantecuhtli d'Aurevallis sont arrivés et souhaitent le voir.

Quoi qu'un peu désarçonné par cette abrupte entrée en matière, le militaire entreprit de répondre avec tout le tact qu'exigeait le protocole lorsqu'il devait s'adresser à un noble.

Seigneur, je ne manquerai pas de le lui signaler, mais sachez que le comte est fort occupé en ce moment et ...

Capitaine ...

Sans avoir besoin de plus de précisions, Baldwin décocha comme par réflexe une baffe monumentale à l'imprudent contradicteur. Suite au choc - qui aurait pu à lui seul lui briser la nuque -, quelques dents prirent congé de sa mâchoire. Mictlantecuhtli poursuivit à son attention sur un ton égal :

Reprenons. L'Enchanteresse et le seigneur Mictlantecuhtli d'Aurevallis sont arrivés et souhaitent voir le comte d'Alsacie.

Voui mon feigneur ! Baragouina-t-il la bouche pleine de sang. V'envois tout de fuite un homme pour le ferfer, monfeigneur !      

Brave petit.

Et sans plus de cérémonie, la délégation s'engouffra sous la herse pour pénétrer dans l'artère principale d'Havenheim.

Le dépaysement fut complet. Habitués qu'ils étaient aux agglomérations traditionnelles de Bretonnie, les voyageurs furent surpris d'évoluer dans des rues couvertes par les encorbellements des bâtiments. Les maisons arboraient des façades à colombages dont le crépi avait été blanchi à la chaux. Le peu de lumière qui parvenait à passer entre les toits se trouvait ainsi réfléchi et évitait aux passages d'être plongés dans une semi obscurité.

Les rues étaient bondées. S'y croisaient des paysans issus des quatre coins du royaume et même - chose étonnante pour qui n'était pas bien informé - quelques nains. Les odeurs de cuisine se mêlaient les unes aux autres. De nombreux fourneaux devaient tourner en permanence afin de sustenter une foule aussi nombreuse. Lorsque les effluves caractéristiques d'une choucroute parvinrent aux narines de Mictlantecuhtli, son teint vira légèrement au vert. L'Enchanteresse fut rassurée d'apprendre qu'il ne s'agissait là que de quelques séquelles du tournoi de Couronne.

Lorsqu'ils débouchèrent enfin sur la vaste place centrale d'Havenheim, l'organisateur et sa comparse purent enfin se dégourdir les jambes, entourés d'un rempart de gardes qui les mettait à l'abri des bousculades.

Au sein de cette marée humaine, Mictlantecuhtli reconnu du coin de l'oeil un visage familier. Le curieux personnage était encadré de deux soldats qui veillaient à sa sécurité et s'avançait d'un pas nonchalant, comme s'il effectuait une simple promenade au milieu d'un pré désert. Ce flegme proverbial conforta Mictlantecuhtli dans son identification.

Messire del Insula ! Cela faisait longtemps.                      

Le Lord, car c'était bien lui, se retourna pour adresser à son interlocuteur un sourire que l'on aurait pu croire fatigué.

Messire d'Aurevallis. Heureux de vous revoir. Alors dites moi, comment vont les choses aux tréfonds de la forêt d'Arden ?

Fort bien. J'y suis peu ces derniers temps, mais mon fidèle intendant s'occupe bien du domaine. Nous n'avons eu à déplorer que quelques raids d'hommes-bêtes et la perte d'une centaine de paysans lors d'une épidémie.

Rien de grave donc.

Nullement. Oh ! Avant que je n'oublie, j'ai quelque chose à vous restituer.

Sur un claquement de doigts, le jeune Fulbert de Gaudriolle, messager du Lord en Artenois, quitta d'un pas raide la suite qui patientait derrière Mictlantecuhtli. Ses yeux écarquillés étaient le reflet d'une terreur sourde qui s'embla s'intensifier lorsque le seigneur d'Aurevallis posa un main sur son épaule avec un sourire carnassier.

Vous m'avez prié de bien vouloir inculquer quelques préceptes de savoir-vivre à notre jeune ami ici présent. Comme promis, je vous le restitue en un seul morceau, ou peu s'en faut, et débarrassé de ses mauvaises habitudes envers le beau sexe. N'est-ce pas Fulbert, ajouta-t-il d'un ton glaçant.

Ou-oui m-mon se-se-seigneur ..., fut tout ce qui parvint à sortir de la bouche de l'intéressé qui tremblait maintenant de la tête aux pieds.

Le Lord fronça les sourcils, surpris du changement spectaculaire qui s'était opéré chez cet incurable coureur de jupon. Plus étrange était sa voix, qui semblait être devenue plus aigue. Et quelle était cette curieuse manie de se tenir les mains fermement serrées au niveau de la ceinture ?

A présent, si vous voulez bien m'excuser cher ami, je vois le comte d'Alsacie et son escorte qui s'approchent. Il me faut encore m'entretenir avec lui des derniers détails.        

Et sur d'ultimes formules de politesse, les deux hommes prirent congés l'un de l'autre.

Fendant la foule, une forte troupe armée portant haut les couleurs d'Alsacie et d'Havenheim se fraya un chemin jusqu'au convoi de l'organisateur. Sans ménagement, elle bousculait la plupart des gueux sur son passage en criant à tue-tête : "Faites place au comte d'Alsacie, vils manants !" Quelques instants plus tard, le propriétaire des lieux déboulait devant Mictlantecuhtli d'un pas terriblement pesant, certainement du au port d'une cotte de maille quadruple épaisseur. Sa paranoïa ne s'arrangeait décidément pas. Son visage était malgré tout illuminé du sourire propre à l'hôte d'une compétition renommée.

Cher sire d'Aurevallis ! Soyez le bien -ATCHA !- venu ! Veuillez m'excuser. Petit rhume de saison. Je suis ravi de pouvoir enfin m'entretenir avec vous autrement que par messages interposés. Snif. Madame, vous accueillir en ma bonne ville d'Havenheim est autant un honneur qu'un plaisir, ajouta-t-il à l'attention de l'Enchanteresse.  

Je suis également bien content de pouvoir enfin me passer d'intermédiaires, répondit l'organisateur. Ceci étant, bravo pour l'efficacité de votre système de télébuchets. À peine avons nous posé le pied sur vos terres que votre message nous est parvenu.

Mon message ? Quel message ?, rétorqua le compte visiblement troublé avant de se moucher avec grand bruit.

Mais celui-ci voyons.

Et Mictlantecuhtli sortit de sa longue tunique le parchemin replié qu'il tendit à son auteur. Après l'avoir rapidement parcouru, le comte s'esclaffa :

Ah ! Désolé ! Il y a clairement eu méprise. Je ne savais même pas quelle route vous emprunteriez, aussi il m'était impossible de vous envoyer un message. Celui-ci était destiné au vicomte de Villebasse, qui nous vient du nord avec sa jeune maîtresse.

Du nord vous dites ?

Absolument.

Un bruit sourd interrompit cette discussion : l'Enchanteresse venait de s'évanouir. Des pages s'empressèrent de la redresser et de l'éventer, mais il fallu quelques flacons de sels pour qu'elle regagne enfin ses esprits. Interloqué, le comte d'Alsacie ne comprenait pas la raison de cet émoi :  

Pourriez-vous -A-A-A-ATCHAAAM ! Bon sang !- me dire de quoi il retourne ?

Oh, trois fois rien. Prendre conscience qu'elle a bien manqué se faire écraser par un rocher qui devait partir au nord alors que nous progressions sur la route de l'ouest l'a sans doute secouée. Vous connaissez les femmes, répondit Mictlantecuhtli avec sarcasme.

Ce n'est que ça ? Vous savez, le système est un peu surchargé avec l'organisation du tournoi. Nous avons dû engager de nouveaux artilleurs sous contrat d'apprentissage. Ils sont encore en rodage.

Mictlantecuhtli se demandait encore quoi répondre à cela quand l'Enchanteresse lui posa une main légèrement tremblante sur le bras.

N'en parlons plus, voulez-vous. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, j'aimerais me rendre sur le site du tournoi et commencer à lever les brumes magiques. Dans mon état, ça me demandera plus de temps que d'habitude.

Avec la bénédiction commune, la dame se leva et, soutenue par deux pages, fut hissée dans la litière qui prit sans tarder la direction des champs. L'assistance la regarda partir avec un regard inquiet, espérant que cette frayeur ne l'empêcherait pas de se livrer à son art. Le cas échéant, le tournoi ne pourrait avoir lieu. Après un instant de flottement, Mictlantecuhtli reporta son attention sur le comte.

Bon, puisque l'incident est clos, si vous me faisiez les honneurs de vos installations ?

Le comte Guillaume retrouva instantanément sa bonne humeur et s'empressa d'accéder à cette requête. Tout en parcourant la ville, il commentait à son invité les différentes mesures prises afin de faire du tournoi une véritable réussite.

Je pense que vous serez très satisfait, dit-il entre deux reniflements. J'ai eu l'idée de coupler la compétition avec un salon du trébuchet qui s'est déroulé durant la semaine écoulée. Il touche à présent à sa fin, mais voyez : nous arrivons aux stands d'exposition.

Force était de constater que le comte avait pris son rôle d'hôte très au sérieux. Autour de grandes esplanades, la foule se pressait pour admirer différents modèles de trébuchets. Le panel avait visiblement été enrichi avec les machines des concurrents. Bien qu'en cours de démontage, elles étaient toujours très reconnaissables aux multiples écus colorés qu'on y avait apposés afin de faciliter leur identification à distance. Chargées dans des chariots de transport, elles s'apprêtaient à partir pour le champ de bataille.  

Parmi les badauds, Mictlantecuhtli identifia les nains de Karak-â-Khaône à leur livrée de sable et d'or. Fidèles au caractère de leur race, ils allaient et venaient d'une machine à l'autre, les examinant jusqu'au moindre rouage avant d'échanger des regards exaspérés ou d'émettre quelques remarques condescendantes. La mécanique bretonnienne ne semblait pas trouver grâce à leurs yeux et ils se réjouissaient ouvertement à l'idée de démontrer leur supériorité technique sur le terrain. En quelques occasions, les échanges avec les ingénieurs humains semblaient sur le point de virer à la rixe. Fort heureusement, la milice du comte veillait.

La délégation de Karak Norn - reconnaissable à ses surcots de sinople - déambulait elle aussi entre les machines. À sa tête, Gromdal Drekgiti jetait un oeil intéressé aux différents modèles, tout en écoutant les nombreux commentaires surexcités d'un vieux nain qui se tenait à ses côtés. Si ce dernier semblait dans son élément, on ne pouvait pas en dire autant d'une petite figure voûtée et à la mine sévère qui le suivait comme son ombre. Au milieu de la liesse générale, son air sombre et courroucé était pour le moins étrange, mais les passants n'y prêtaient pas la moindre attention. Ils étaient au contraire captivés par la curieuse pile de boites cerclées de fer, autour de laquelle un jeune nain et son compagnon au crâne rasé n'avaient de cesse de tourner. D'inexplicables spasmes les agitaient sporadiquement et menaçaient de tout faire basculer.  

Malgré la confusion, toutes les rues et les espaces ouverts d'Havenheim semblaient déborder d'une joyeuse animation.

Impressionnant déploiement de moyens, messire comte, annonça Mictlantecuhtli. Qu'est-ce qui vous a donné l'idée d'organiser cette gigantesque foire ?

Vous. Du moins indirectement. Votre contrat d'organisation stipule que vous percevez 90% des recettes directes du tournoi. Il fallait bien que je trouve un moyen pour rentabiliser l'opération.

Mictlantecuhtli ne pu se retenir de sourire. En introduisant le principe du brevet, il avait été en mesure d'imposer aux futurs hébergeurs une série de mesures draconiennes et toutes à son avantage. Si le premier tournoi avait été un gouffre financier, il comptait bien dégager un confortable profit de ceux qui suivraient.

Alors qu'ils prenaient sous forte escorte la direction du champ de bataille, Mictlantecuhtli pu apercevoir quelques nouveaux et anciens concurrents qui vaquaient à leurs activités. Devant un débit de boissons improvisé, Brombur Fière Barbe, représentant de Karak-â-Khaône, était en grande discussion avec les membres d'une guilde de vignerons au sujet des qualités supérieures de la bière naine par rapport au vin d'Alsacie. Vautrés non loin, ronds comme des queues de pelles, le baron de Joli-Tonneau et son inséparable comparse de Vigne-Bleue s'étaient improvisés membres du jury. Entre deux chansons paillardes, ils réclamaient à grands cris qu'on leur serve de nouveaux échantillons pour affiner leur verdict.

Zuis pas 'core sûr d'avoir bi gout- hips ! -té toutes les zubtilités du Geweurztra ... geuberstrauss ... 'fin, du p'tit vin blanc là ! R'met m'en une ch'tite goutte !

J'dirais mêm' plus : en'core un fond d'Bugman !  

L'organisateur ne se faisait guère de souci pour ces deux là. Le baron de Joli-Tonneau était un oenologue réputé et sa capacité à engloutir des litres d'alcool était directement proportionnelle à ses facultés de récupération. Nul doute qu'il le recroiserait dans les tribunes sur ses deux pieds.            

Après une vingtaine de minutes de marche, l'escorte du comte rallia enfin le grand espace dévolu au tournoi. L'Enchanteresse avait fait du bon travail, car le terrain octogonal cerné de ses huit tours de pierre était entièrement recouvert d'une brume épaisse qui dissimulait jusqu'à la nature du sol. A l'abri des regards, le service technique devait certainement être à l'ouvrage, occupé à assembler les machines de guerre sur les emplacements désignés.

Entre les hautes tours, de nombreuses rangées de bancs avaient été installées à destination du peuple et étaient déjà prises d'assaut. La vision du comte quittant la ville pour le champ de bataille avait été aussi efficace qu'un régiment entier de crieurs. Ainsi, c'est toute l'agglomération qui s'était vidée peu à peu à son passage afin de ne pas manquer le début du tournoi.

Si vous voulez bien -snif- vous donner la peine.  

Le comte Guillaume s'était adressé à Mictlantecuhtli en l'invitant à le précéder dans un engin élévateur à contrepoids qui devait les transporter rapidement et sans effort jusqu'au sommet de la tour d'honneur. Là, tout le gratin de la noblesse les attendait - en ce compris le roi -, confortablement installés dans des sièges entre lesquels s'intercalaient de petits braseros. La populace n'avait pas ce luxe et devait grelotter une vingtaine de mètres plus bas. La chance leur souriait pourtant, car la neige avait enfin cessé de tomber.

L'ouverture du tournoi n'était plus qu'une question de minutes, aussi Mictlantecuhtli mit-il ce temps à profit pour saluer les invités de marque qu'il n'avait pas encore rencontrés. Le chevalier Cédric le Normand vint à lui spontanément afin de présenter son suzerain, le seigneur Valmond de Mélinor, et son épouse Constance. Le marquis ne cachait pas une certaine acrimonie vis à vis de l'organisateur. Le sourire un brin narquois que lui adressa Mictlantecuhtli sembla sur le point de le faire basculer dans une rage folle, mais son épouse intervint sans même hausser le ton ou bouger d'un cil.

Valmond ...

L'irritable marquis vit sa colère s'éteindre, aussi sûrement que la braise écrasée sous un talon, et répliqua penaud :

Oui, ma mie. Navré ma douce.

Valmond n'était clairement pas le couteau le plus affûté du tiroir, mais Mictlantecuhtli fut tout de même impressionné par le contrôle ferme et subtil que cette dame semblait exercer sur lui ; et cela sans jamais se départir de son calme olympien ou de son éclatant sourire. L'organisateur lui adressa ses hommages au travers d'un baisemain qu'il espérait de nature à titiller un peu plus encore son rustre de mari. Aussi ajouta-t-il :

Sont-ce là, madame,  les doigts délicats auxquels je dois la splendide lettre calligraphiée qui m'a annoncé l'incomparable plaisir de votre venue ?

Touché : la dame rosit de façon presque imperceptible tandis que son époux virait très clairement au vermillon. Dans le froid ambiant, de la vapeur s'éleva de son front, mais il s'abstint d'émettre la moindre protestation.

Oh ! Vil flatteur ! répondit dame Constance avec un petit rire cristallin, tout en rabattant une mèche de cheveux derrière son oreille.  

Non point, madame. Ni plus ni moins qu'observateur.

Le marquis semblait sur le point d'exploser, aussi Aurevallis ne jugea-t-il pas opportun de pousser plus avant son petit jeu. Nul besoin qu'un incident vienne entacher le début du tournoi.  

A peine en avait-il fini avec les Melinor qu'un noble mal dégrossi venait le saluer d'une franche poignée de main ; démarche qui n'était guère coutumière entre gens bien nés. L'individu se chargea des présentations avec les quelques mots succincts qui sont le propre d'un homme terre à terre, pressé d'aller à l'essentiel.    

Baron Charles-Hubert de Gransette.

Puis, désignant une jeune femme qui se tenait un peu en retrait à son côté :

Ma soeur, Penthésilée.

Réitérant le baisemain qui avait eu tant de succès auprès de Constance de Mélinor, Mictlantecuhtli prit le temps d'examiner pendant quelques secondes le regard étrangement vif et profond de la dame. Voyant que sa main demeurait captive, Penthésilée se pencha délicatement en avant pour murmurer à l'oreille du sire d'Aurevallis.

Ne me rendrez-vous point ma liberté, messire ? S'il le faut, sachez que je suis capable de la reconquérir à la pointe de l'épée.

Il m'a toujours semblé que l'aiguille à broder était le seul objet pointu digne d'être manié par une dame distinguée, rétorqua son geôlier sur le même ton.  

Il faut croire dans ce cas que je ne suis pas une dame distinguée.

Sur ce bon mot, Mictlantecuhtli relâcha doucement sa prise. Avec un dernier sourire et un hochement de tête la soeur emboîta le pas du frère pour gagner les places qui leur étaient réservées. Amusé par cet échange, l'organisateur se dit qu'une dame nantie d'un tel esprit de répartie était assurément à surveiller.  

Sa réflexion fut interrompue par l'arrivée du capitaine Baldwin, venu lui annoncer que tout était en ordre pour l'ouverture de la compétition. C'était donc l'instant fatidique et tant attendu. S'avançant jusqu'à la balustrade, il s'inclina devant le Roy, comme le voulait l'étiquette, avant de se retourner vers le terrain. La vue offerte par cette position surélevée manqua de lui couper le souffle. L'idée d'utiliser des tours d'observation était décidément excellente et à porter au crédit du comte d'Alsacie. Tout autour du terrain, le peuple grouillait telle une horde de fourmis innombrables. Chacune des sept autres tours était garnie à craquer de nobles en costumes colorés. La scène était véritablement à peindre.

Déjà fort excitée par la perspective du spectacle et les récits de ceux qui avaient assisté au tournoi de Couronne, la plèbe criait et chantait dans une indescriptible cacophonie. Etendant les bras, Mictlantecuhtli leva les paumes afin d'exiger le silence. L'information fut relayée par des crieurs tout autour du terrain, jusqu'à ce que le calme s'installe et lui permettre de prendre la parole d'une voix forte.

Majesté, nobles seigneurs et bon peuple de Bretonnie, en ma qualité d'organisateur des tournois de trébuchets, je suis heureux et fier de vous accueillir pour cette seconde édition placée sous l'égide du comte Guillaume d'Alsacie !  

Sans surprise, un tonnerre d'applaudissement s'en suivit. L'assistance était heureusement attentive, et un nouvel appel au calme lui permit de poursuivre rapidement.

Sept équipes sont à présent dispersées sur le terrain, dans l'attente du signal de départ. Comme vous devez le savoir, chacune pourra à tour de rôle envoyer un guetteur au sommet de sa machine pour émerger du brouillard mystique et examiner le terrain afin de calculer son tir. Les commanditaires ont eu tout le loisir de communiquer leurs instructions et sont désormais coupés de leurs représentants.

Mictlantecuhtli laissa quelques instants s'écouler afin de s'assurer que ces principes de bases avaient bien été assimilés par les esprits les plus simples, puis il reprit :

Au terme du précédent tournoi, une grande flamme symbolisant la pérennité de la compétition avait été allumée. Dans cet esprit, nous allons la raviver ici, sur ces terres des Marches !

Les vivas fusèrent de toute part, comme il s'y attendait. Sur un signe convenu, des assistants s'empressèrent de retirer le voile qui recouvrait une grande vasque ornementée, juchée sur un haut échafaudage à l'arrière de la tour d'honneur. Avec cérémonie, le capitaine Baldwin apporta à son maître la torche destinée à l'allumage. Alors qu'il s'apprêtait à gravir les marches, Mictlantecuhtli se ravisa et s'adressa au comte d'Alsacie en lui tendant le flambeau.

Messire, ce tournoi est vôtre. Nous ferez vous l'honneur ?

Toujours aussi rayonnant de fierté, le comte Guillaume monta quatre à quatre les marches qui le séparaient de la vasque avant de plonger la torche dans l'épais liquide noir. Une gigantesque flamme en jaillit aussitôt, manquant de peu lui griller les sourcils. C'est sous les ovations du public que conclut l'organisateur :

QUE LE TOURNOI COMMENCE !            

Par dessus les cris de la foule en délire, le son grave des trompes d'appel se fit entendre.  

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Cotes des paris :

- Prochain éliminé : cote de 6 pour 1 sur chaque équipe.
- Prochaine perte : cote de 10 pour 1 sur chaque équipe.

- Coup au but ou déviation : cote de 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : cote de 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 40 Co
- Calidus5 : 0 points ; 100 Co
- Gromdal : 0 points ; 40 Co
- Kaops : 0 points ; 100 Co
- Lord del Insula : 0 points ; 100 Co
- MagnanXXIII : 0 points ; 100 Co
- Toison d'or : 0 points ; 100 Co

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Le premier tour est officiellement ouvert ! Les concurrents ont jusqu'au 18 février au plus tard pour me faire parvenir leurs coordonnées de tir et texte d'accompagnement éventuel par message privé. Vos textes de réaction au début du tournoi peuvent être postés par vos soins directement ici. Bonne chance à tous !
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 13 Fév 2018 - 23:34

Alors que la voix du Seigneur d'Aurevallis lançait les festivités sous les acclamations de la foule, le Lord del Insula affichait un sourire de connaisseur. Malgré son flegmatisme, ce dernier appréciait tout le talent de son voisin d'Artenois pour organiser un événement de cette envergure et d'en assurer l'animation avec entrain. Il reconnaissait également que le Comte d'Alsacie avait placé la barre très haut en terme d'infrastructures et d'accueil. Pas étonnant que sa candidature ait emporté les suffrages !!!

Une partie de lui ressentait devant cela une très légère excitation. Il allait devoir redoubler d'imagination et d'entrain pour arriver à proposer un accueil digne de celui-ci. Mais pour l'heure, il chassa ces réflexions pour se concentrer sur l'ambiance présente et sur l'occasion d'échanger avec quelques grands seigneurs, nobles dames et preux chevaliers de sa connaissance. Se tournant vers Fulbert de Gaudriolle, dont la physionomie traduisait une grande inquiétude, il l'invita à le suivre saluer le Baron de Gransette et sa chère sœur.

- Bien le bonjour Messire de Gransette. Je constate que vous vous joignez à cette sympathique compétition. Avez-vous fait bon voyage ?
- Épouvantable Milord
– répondit bougon l'imposant Baron. - L'état des routes est déplorable et mes gens conduisent comme des patates !!! Et pas moyen de faire des pauses par dessus le marché – ajouta-t-il avec un regard furieux en direction de sa sœur.
- Que mon frère me pardonne ! – se défendit Dame Penthésilée qui arborait un sourire radieux. - J'avais si hâte de découvrir ce lieu que j'ai hâté la marche.
- Je comprends votre enthousiasme, chère Dame – répondit le Lord en la saluant respectueusement. - Après tout, il s'agit toujours d'un événement qui mérite le coup d’œil. Soyez donc indulgent devant l'empressement de votre sœur cher Baron.

Tandis que ce dernier grognait, le Lord introduit Fulbert auprès d'eux.

- Laissez-moi vous présenter Fulbert de Gaudriolle. Un brillant jouteur et un de mes meilleurs chevaliers.
- Enchanté de faire votre connaissance Noble Sire et belle Dame – répondit celui-ci dont le corps retrouvait sa constance en présence de Penthésilée. - Je crois en vérité que la Dame bénit ma destinée que de me mettre en si galante compagnie. Oserais-je vous proposer de vous tenir compagnie, charmante Demoiselle ?

Alors que le Lord levait les yeux aux ciels, que le Baron de Gransette perdait son air maussade et marquait soudain un grand intérêt à la chose, et que Penthésilée pestait intérieurement devant ce soupirant impromptu, Fulbert sentit soudain comme un poids peser sur lui. Ses yeux quittèrent le visage souriant de Penthésilée pour se porter derrière elle et croiser le regard de Mictlantecuhtli.

- Je dois malheureusement prendre congé de vous, – balbutia-t-il rapidement. - Si vous voulez bien m'excuser.

Et il s'empressa de prendre ses distances, à l'étonnement de ses interlocuteurs.

- Votre chevalier est fort charmant cher Lord. – commenta  Penthésilée - À ce propos, je ne vois point Silvère de Castagne. J'eus aimé échanger avec lui.
- Malheureusement ma chère, vous ne pourrez satisfaire ce plaisir. Silvère ne viendra point, occupé qu'il est à poursuivre sa quête. Néanmoins, si vous passez prochainement dans les terres du Chesnois, peut-être aurez-vous la chance de le rencontrer entre deux de ses expéditions.
- Comme cela est dommage. Transmettez-lui mes amitiés.

Après avoir promis de porter ces paroles, le Lord prit congé de la fratrie pour se diriger vers le Comte d'Alsacie et son ami Cédric le Normand. Il comptait bien proposer quelques paris à ces deux-là afin d'égayer le tournoi.

Pendant ce temps, Fulbert se dirigeait vers la buvette avec la ferme intention de noyer ses souvenirs d'Aurevallis dans la meilleure cuvée de Bordeleaux qui y serait vendue !
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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mer 14 Fév 2018 - 1:28

Le baron de Joli-Tonneau s’était installé à la place qui lui était réservée à côté de son ami de Vigne-Bleu. Tous deux se tenaient la tête dans leurs mains en gémissent légèrement.

- Par la Dame ! Cette boisson était d’une violence inouïe ! » se plaignit Joli-Tonneau.
- A qui le dites-vous ! J’ai bien cru que j’allais tomber dans les pommes ! » renchérit son compère. « Au fait, qu’avez-vous demandé à Jacques de faire du marchant ? »
- Durant l’attaque surprise des orques nous avions utilisées une partie des munitions de la bricole. Il nous en manquait pour le tournoi, mais je viens juste régler le problème. »
- Je vois. » répondit de Vigne-Bleu qui se sentaient tout d’un coup un peu mieux, et se redresser pour ne rien rater du premier tir.
- Je vous laisse un instant. Je vais me chercher une coupe de vin, ça devrait atténuer les effets de cette redoutable boisson ! »
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mer 14 Fév 2018 - 3:28

Après de longues discussions avec les producteurs locaux, il apparaissait de plus en plus clairement à Brombur que l'attrait des Humgis allait bien plus vers leur production locale de vins blanc que vers la bière Naine... De fait il est vrai que celle-ci, bien que douce pour les Nains, semblait être déjà trop forte pour ces "demi-portions" de chevaliers Bretonniens...

Que voulez-vous, tout le monde ne peut pas être Nain...

Du côté de l'équipage de la machine de guerre, la circonspection était aussi de rigueur... En effet, profitant de l'exposition de diverses machines, Fraïn et ses acolytes avaient profité de l'aubaine pour regarder de plus prêt ce dont ces Humgis sont capables...

Ce qu'ils avaient découvert les laissaient sans voix!!! Comment peuvent-ils faire de tels engins sans être capable d'utiliser la moindre mesure identique d'une machine à une autre???

La première chose que l'on apprend aux compagnons Nains, alors que leur barbe ne dépasse pas encore un pouce, c'est la connaissance et la maîtrise du système métrique Nain.

Précis à l'extrême tant sur les longues distances que pour les mesures les plus minuscules, il est à la base de la réputation de qualité de toutes les productions Naines, toutes échelles confondues; il a aussi donné aux artilleurs Nains leur réputation d'oeil expert...

Pas la moindre Forteresse, le plus simple des Clans, ne se permettraient de produire quoique se soit sans y mettre un soin méticuleux à l'extrême pour que chaque produit soit de la même qualité que les cent précédents et les mille suivants... Impensable!!!

Chez les Humgis rien de tout cela!!! Les calculs varient du pied, pouce, toise et autres mesures!!! Pas un plan établi scrupuleusement avec force dimensions et cotes, tout est affaire d' "inspiration", de test, d'essais sans cesse corrigés sans jamais être finalisés sur le papier...

Impensable et pourtant cela fonctionne!!!... Reste cependant une constante après toutes les discussions: la précision "floue" des engins en question...


De fait, les nombreux tirs auxquels ils ont pu assister pour le fameux système de messagerie local confirment la précision toute "relative" des machines en question... Bon les équipages sont loin d'être des artilleurs dignes de ce nom mais quand même...

Plutôt une bonne nouvelle en fait se dit Fraïn... Bien que d'une conception nouvelle leur machine correspond aux standards Nains: cotes précises, plan vérifiés maintes et maintes fois, maquettes à différentes échelles pour divers tests, prototypes correctifs et modifications des plans se sont suivis pour obtenir au final l'engin en question...


Brombur réussi enfin à trouver une place confortable et bien située dans l'une des tours d'observations mises à dispositions pour le publique issu de la Noblesse locale. Non sans mal d'ailleurs, les Humains ne sont que peut habitués aux Nains dans cette contrée, et seule la présentation de la lettre du Seigneur Mictlandecuhtli lui a donné l'accès au bâtiment convoité...

A peine assis le voilà qui remarque un Nain, de fort belle prestance, portant la livrée de Kark-Norn... Fichtre un autre équipage issu de son peuple!!!??? Piqué par la curiosité il se décida sur le champ d'aller se présenter au cousin...
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Gromdal
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Lun 19 Fév 2018 - 2:05

Quelques instants plus tôt, au pied des tribunes…
 
« Ha, dawri ! »
Le cri, en khazalid, fit se retourner Gromdal et Baladrik, et coupa se dernier dans ses critiques véhémentes –mais enthousiastes– des machines de guerre humaines. Même Grakk l’Ancien, qui les suivait non loin, s’approcha d’eux pour voir d’où pouvait venir l’appel en langue naine.
 
De la foule émergea un nain à l’air jovial, probablement d’âge moyen car sa barbe était un peu plus longue que celle de Gromdal, et d’après son attirail, c’était un ingénieur. Sans que ses deux compagnons ne le remarquent, le Voyageur poussa un petit soupir de soulagement alors que le nain inconnu leur adressait un grand sourire.
 
« Tromm, camarades et maître nain. » Il avait ajouté le dernier salut à l’attention de Grakk, à l’âge avancé plus qu’apparent, qui de plus était de la Guilde des Ingénieurs lui aussi. « Quelle surprise de croiser d’autres nains par ici ! Je m’appelle Fraïn Tête d’Acier, de Karak-à-Khâone. On me dit que vous venez de Karak Norn pour porter ses couleurs au tournoi ? » dit-il en pointa les capes vertes que portaient Gromdal et Baladrik.
 
Mais avant que ces deux derniers ne puissent répondre, ce fut Grakk l’Ancien qui prit la parole d’un air dédaigneux.
 
« Absolument pas ! » En effet, la livrée de Karak Norn était de rouge et de blanc, et les capes des deux nains étaient celles traditionnellement portées par les rangers nains, d’un vert sombre en hiver, et plus clair en été. Mais le vieil ingénieur n’en avait pas fini. « Ils ne sont venus que du fait du Drekgiti que vous voyez là, ce wazzock qui a invité un banni de la guilde à un tournoi de machines de guerre ! »
 
Fraïn ne put cacher sa surprise face à la hargne du vieux nain. Mais Gromdal ne broncha pas face aux insultes de ce dernier, et se contenta de répondre à l’ingénieur de Karak-à-Khâone avec un sourire aimable.
 
« Je ne fais que rendre un service à un ami, dit-il en pointant Baladrik. Certains ingénieurs de la Guilde de Karak Norn ont trouvé ces inventions trop avant-gardistes à leur goût. » expliqua-t-il simplement.
 
Ce fut autour de Grakk d’être surpris lorsque, au lieu d’arborer l’expression dédaigneuse à laquelle il s’était attendu, le visage de Fraïn s’éclaira d’une sympathie non feinte.
 
« Ah bon, vraiment ? Eh bien, l’on me prend moi-même pour presque fou dans ma propre Guilde ! » À l’entendre parler si frivolement de ce problème, Gromdal et Grakk ne pouvaient qu’acquiescer. « Mais qu’avez-vous donc fait ainsi ? Personnellement, ma dernière invention s’opère autour d’une catapulte d’un genre nouveau, avec un bras de levier et un mécanisme entièrement revu, et… »
 
Tout d’un coup, c’était comme si les deux ingénieurs se connaissaient depuis cent ans. On ne pouvait plus arrêter Fraïn, et Baladrik acquiesçait à chaque nouvelle parole, répondant parfois sur tel ou tel point, jusqu’à ce que ce fut son tour de parler, et les rôles s’inversèrent.
 
Grakk poussa un long soupir emplein de lassitude : il ne pouvait plus rien faire. Lui-même savait comment les ingénieurs pouvaient discuter entre eux, comme coupés du monde.
 
« Je n’ai plus rien à faire ici, dit-il simplement. Retrouvez-moi au convoi. » Et il disparut bientôt dans la foule, entre les passants. Gromdal lui contempla les deux nains pendant un moment, subjugué, comprenant quelques bribes de conversations –sur leurs inventions, leurs avis sur la machinerie bretonnienne, et ainsi de suite– avant qu’ils ne partant dans des termes trop techniques. Se sentant dépassé, il se décida de laisser les deux ingénieurs discuter tranquillement pendant le peu de temps qui leur restaient avant leur départ sur le champ de « bataille ».
 
Il eut le plaisir, à son arrivée dans les tribunes, de se retrouver assis à côté d’un compagnon nain nommé Bombur qui s’avéra d’être une des plus agréables compagnies.
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 20 Fév 2018 - 0:26

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Premier tour

ArrowPosition de trébuchet de Brombur Fière Barbe (Alain de Saint Jean) :

Juché sur l'un des montants de la machine de guerre Fraïn scrutait avec peine l'horizon autour de lui.

Partout une brume magique empêchait une vision claire du terrain environnant, difficile d'y voir quoi que ce soit, pas plus d'entendre quelque son que ce soit aussi d'ailleurs ...

Tout semblait déformé, comme pris dans un tourbillon silencieux rompant les distances de vue et l'audition claire des bruits habituels liés à ces machines.

Glaïrn l'interpella dans un chuchotement, la brume autour d'eux imposant d'elle même un silence à mi chemin entre le respect religieux et l'effroi irrépressible.

"Tout est bon en bas, les derniers coups de clés ont été donnés, on tire où maintenant ?"

"Comment veux-tu que je le sache !? Il n'y a que la brume qui soit visible !"

"On peut toujours faire un tir d'essai pour voir s'il n'y a pas besoin de derniers réglages pour le cas où ..." proposa Draïn, "Cela nous permettra de viser avec plus de sûreté pour le prochain coup."

"Ce n'est pas bête ... Bon, pivotez la machine de trois degrés sur la droite, nous allons viser non loin du pied d'une de leurs tours."

"Z'êtes sûr de votre idée là ?"

"Ben oui pourquoi ?"

"Sauf votre respect, l'engin n'a pas été validé par la guilde, donc pour la précision du tir c'est encore a prouver ..."

"C'est tout prouvé c'est pas une vulgaire machine de conception d'Humgi, mais du travail Nain ! Qualité, précision et efficacité sont les mots d'ordre de notre guilde, je vous le rappelle les gars ..."

"Bon, bon ..." répondit Draïn, "trois degrés à droite c'est fait ! Pour la tension ?"

"On tente un coup à pleine puissance, je veux voir ce qu'elle a dans le ventre ..."

"C'est fait ! On charge à quoi ?"

"Boulet classique. Je veux analyser la courbe de trajectoire pour voir ce que cela donne."

"D'acc'..."

Le souffle court, la voix de Glaïrn se fît entendre: "C'est bon!"

"Parez ? Feu !"

Le son caractéristique des câbles mis en tension se détendant d'un seul coup se fît entendre, le projectile parti en direction de sa cible ...

ArrowPosition de trébuchet du baron de Joli-Tonneau (Calidus5) :

Dans le brouillard magique l'équipe de Joli-Tonneau venait d’arriver à la position qu’on lui avait assignée. Les courageux servants montèrent la bricole aussi vite qu’ils le purent, sous le regard acéré du maître charpentier :

- 10 minutes ! Vous êtes beaucoup trop longs, bougres d’ânes ! Cette machine doit être montée en moins de 7 minutes !
- C’est le brouillard, ça nous a ralenti. essaya de se défendre son apprenti.
- Ne cherche pas d’excuse, fainéant ! lui rétorqua le maître charpentier en lui assénant un coup de béquille.
- Vous vous amusez bien ? demanda une voix glacée derrière eux.

Les quatre hommes présents regardèrent dans la direction d’où provenait la voix et virent se détacher dans le brouillard une silhouette qu’ils ne connaissaient que trop bien. Tout le monde dans la baronnie de Joli-Tonneau craignait le bras droit du baron, principalement à cause de sa réputation inquiétante ; mais depuis qu’ils l’avaient vu combattre les orques et savaient de quoi il était capable, ils le craignaient d’autant plus. Mais Jacques - tel était son nom - n’était pas arrivé les mains vides, il tenait par la bride une mule maladive qui tirait une petite charrette branlante sur laquelle étaient entreposés des tonneaux et un homme ligoté.

- Le baron vous apporte le complément de munitions que vous aviez demandé. déclara Jacques, comme si la nature de sa cargaison était normale. Vous balancez tout : les tonneaux, la charrette et la mule dans l’ordre que vous voulez. Mais le baron veut que vous commenciez par lui. continua le limier en désignant le pauvre bougre ligoté.
- Heu … bien. Et qu’a fait ce vilain ? se risqua le maître charpentier.
- Le baron n’aime pas sa boisson.
- Ah ! J’imagine qu’il vend de la piquette.
- Non, pire ! De l’eau de source de montagne. répondit Jacques en repartant.

Les quatre hommes restèrent bouches bées, jusqu’à ce que la trompette annonçant le début des festivités retentisse. Le maître charpentier sursauta d’un bon mètre et donna ses dernières instructions à la volée avant de prendre ses jambes à son cou : chargez le type, vous pouvez tirer au hasard mais arrangez-vous pour que le tir reste dans le terrain !

ArrowPosition de trébuchet de Gromdal Drekgriti (Gromdal):

Sur l’étendue herbeuse, et boueuse là où la terre n’était pas gelée, les trois nains s’affairaient autour de leur prototype de catapulte, revisité pour satisfaire les critères d’entrée du tournoi.
Baladrik fronçait les sourcils : c’était là le baptême du feu, et il n’y aurait probablement pas de second essai. Il adressa rapidement une prière aux dieux ancestraux, Grungni, Grimnir et Valaya. Il s’octroya également une pensée pour Gromdal, le Voyageur, qui avait aimablement cédé à sa requête de l’inscrire au fameux tournoi : le vieil ingénieur avait tenu à avoir enfin un vrai combat avec ses inventions, quitte à ce que ce soit son dernier.

Son regard se posa sur ses deux coéquipiers, qui le regardaient à présent, l’attente dans leur regard, tout particulièrement le jeune nain blondinet. Ordin, son fils.

Sa résolution était faite : il fallait qu’Ordin soit fier de lui.

«Hardi les gars !» fit-il en s’emparant d’une caisse d’où émergea un cri féroce. «Il est temps de leur montrer de quoi les dawi sont capables !»

ArrowPosition de trébuchet de Valmond de Mélinor (Kaops) :

Jean-José, artilleur de métier, observa les environs d’un œil perplexe. Cela faisait des années qu’il servait loyalement son seigneur, Valmond de Mélinor, mais là… Là, ça sentait le purin.

Son regard se perdit un instant sur les tours démesurées qui agrémentaient les contours de la surface de tir octogonale. Il savait que son seigneur devait le vriller du regard depuis la tour au loin, tentant peut-être de lui hurler ses ordres mentalement. Connaissant le vieil aigri, Jean-José se disait que c’était fort possible ! Mais ce n’était pas cela qui l’inquiétait à vrai dire. Pas plus que l’idée de mourir sur ce champ de bataille exotique – quand on vivait à Mélinor, on s’habituait rapidement à l’idée qu’on pouvait crever du jour au lendemain à cause du voisinage un peu actif. Non, c’était plutôt ses deux compagnons qui étaient la source de ses soucis.

D’habitude, il maniait son trébuchet avec ses camarades sur les fortifications du château. Et ça allait très bien comme ça ! Mais là, naaaan, fallait de la diversité ... Et voilà qu’on lui avait refilé un jeunot à peine dégourdi qui avait eu le malheur de se plaindre de la mort de ses frères et de son père au dernier tournoi. La sentence pour faire perdre du temps au seigneur de Mélinor était souvent rapide, mais le vieux Valmond était d’humeur joueuse ces derniers temps fallait croire.

«Eh ! Qu’est-ce que dois-je faire maint’nant ? beugla quelqu’un en bas.»

Jean-José soupira une nouvelle fois. L’accent de son interlocuteur trahissait facilement sa provenance du pays norse. Sigismundr qui s’appelait, c’t’andouille de presque deux mètres. Jean-José, lui, l’appelait le deuxième problème du jour. C’était un colosse absolument antipathique qui ne comprenait pas bien ce qu’il fichait ici et qui parlait à peine la langue. D’ailleurs, personne ne savait ce qu’il fichait ici en fait. Paraîtrait qu’il avait été recruté au petit bonheur la chance à Brestnorrois. Et forcément, il n’y connaissait rien en trébuchet ... Son seul avantage étant qu’il pouvait porter les projectiles sans problème avec sa carrure de poutre de soutènement.

«L’est chargée la bête ? demanda Jean-José.
Bête ? Quelle bête ? Moi, pas voir monstre ici !
Du trébuchet, j’parles !
Aaah, d’accord. Já.
Bien, maugréa l’artilleur »

Jean-José descendit de la machine et effectua les derniers réglages avec l’aide quelque peu brouillonne mais silencieuse de Paulot. Après s'être dit que les gens avaient vraiment des noms bizarres des fois, l'artilleur enclencha le tout au signal.

Le roc s’envola avec une grâce toute bretonienne sous les yeux du trio. Sigismundr trouva le spectacle amusant et lâcha un grand rire franc. Paulot semblait accepter son sort plus qu'autre chose et Jean-José trouva néanmoins dommage que les tirs enflammés aient été interdits plus tôt par l’organisateur. Fallait avouer que de temps à autre le vieux Valmond avait de bonnes idées pour rendre le tout plus festif.

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

Pendant que la foule s'amassait autour du terrain et que les tours se garnissaient du gratin de la noblesse bretonnienne, les équipages en compétition apprêtaient leurs machines. À l'emplacement du trébuchet défendant les couleurs du Lord, la finalisation de l'édification du trébuchet provoqua une altercation.

Orasio Gustavo s'était émerveillé devant l'exposition de trébuchets qui se tenait dans la ville et avait étudié avec fascination les différents modèles présents ... du moins l'aurait-il fait si le Lord lui en avait laissé l'opportunité. Son examen se limita donc à quelques échantillons, mais cela suffisait à alimenter sa réflexion ainsi que ses théories balistiques.

Cela n'était pas du goût de Riton, qui se gargarisait d'en connaître un rayon en terme de construction de trébuchet, héritage de son défunt grand père. Ce dernier revendiquait la paternité de pas moins de trois trébuchets, ce qui faisait de lui l'un des plus grands constructeurs connus du Chesnois. Orasio et Riton échangeaient donc vivement leurs divergences d'opinion en matière de rouage, contrepoids et angles, tandis que le Claude attendait piteusement que les choses se décantent.

- Ye tou dis qu'avec oune modification là, tou augmentes l'angle de pénétration et tou fiabilises la visée.
- J'entends rien à vot' charabia. Ce trébuchet l'a été construit comme ci, y a pas de raison d'en changer.
- Ma, tou as bien vu au saloon qué les trébouchets y en a di parfaits exemples de différents riglages.
- Justement, y a point deux machines de pareilles. Chacun donne sa patte selon c'qui pense, puis on s'adapte aux matériaux. Le bois n'est pas le même pour eux-autres.
- Ye n'en peux plou. Ye vais demander au Lord dé régler ça.

C'est à ce moment que la flamme fut allumée par le Comte d'Alsacie, lançant par là même le début du tournoi.

- Serais d'avis de vous décider – commenta le Claude. - J'connaissions bien le Lord pour savoir ce qu'y fera de nous autres si on balance pas la caillasse en même temps que les autres.

Ce rappel à la réalité contribua à solder la dispute et l'urgence commanda donc de garder la structure mécanique traditionnelle. Le tiléen espéra se consoler en démontrant ses talents d'artilleurs, et c'est avec enthousiasme qu'il régla la hausse du tir pendant que les deux bretonniens chargeaient les projectiles.

ArrowPosition de trébuchet du comte Guillaume d'Alsacie (MagnanXXIII) :

Tandis que réunion se fit entre le Comte, le Normand et le Lord pour discuter paris, les servants du trébuchet d'Alsacie préparaient précipitamment leur tir de trébuchet.

Les membres de l'équipage Alsaçois étaient quelque peu atypiques, il y avait Paulus, servant de télébuchet (appelé aussi télébucheur) qui fut contraint de participer à cette dangereuse compétition après avoir été pris en flagrant délit de somnolence au travail. Ensuite il y avait Herwig, le seul télébucheur assez fou pour participer de son plein gré au tournoi dans l'espoir d'obtenir une augmentation d'une soupe supplémentaire par mois. Finalement il y avait Stefan Von Rienenbergen, un diplomate impérial qui n'avait rien demandé. Il fut envoyé par le Comte d'Alsacie en réponse aux impériaux qui se plaignaient de n'avoir pas reçu d'invitation pour le tournoi.

Herwig venait de terminer la préparation du fameux projectile de choucroute compactée, celui-là même qui avait fait la promotion de la spécialité de la région et qui n'était sûrement pas étranger dans la victoire de la candidature d'Havenheim en tant qu'hôte du tournoi de cette année.

"Pon, lança Herwig, che crois que c'est le moment du kri de kuerre !
- De quel cri de guerre parlez-vous ? interrogea Stefan Von Rienenbergen.
- Ach, une spécialité des télépucheurs d'chez nous.
- Dans ce cas, qu'est-ce que vous attendez par Sigmar ! Tirons vite ces boulets. Plus vite nous gagnerons, plus vite je pourrai quitter ce pays de fou !
- Tout te suite :

La tour du comte est tellement grosse qu'on l'appelle compensation !

- Mais quelles débilités avez-vous prononcées ?
- Pah, cette fois ci le comte ne nous a pas tonné de consigne pour les kri de kuerre, tu coup j'improvise.
- Mes dieux ...
- Hé Paulus ! Réveille-toi ! Faut envoyer la sauce !"

Paulus se réveilla, le levier tourna, la corde grinça et la choucroute vola ...

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Tandis que les différentes équipes achevaient leurs préparatifs sous le couvert de l'épais manteau de brume, une grande animation régnait dans les gradins. Au sommet de la tour d'honneur - haute, droite et particulièrement massive -, les commanditaires et invités de marque échangeaient les innombrables mondanités dont la noblesse seule a le secret.

Légèrement à l'écart de toute cette agitation, Mictlantecuhtli était en grande conversation avec le capitaine Baldwin à propos de sujets bien plus terre à terre.

... et enfin, vous veillerez à ce que leurs corps démembrés soient convertis en chair à saucisse que vous incorporerez aux prochaines fournées de choucroute d'Alsacie. Voila. Ce sera tout.

C'est ... comment dire ... très raffiné, monseigneur, rétorqua l'officier un peu blême quand il lui fut enfin loisible d'en placer une. Mais pensez-vous vraiment que ce type de sanction soit approprié ? Je vous rappelle qu'il n'est question que d'une bousculade entre deux gueux avinés. Ces ivrognes ronflent à présent tête contre tête dans une cellule de dégrisement.

Bonne remarque capitaine, je vous en félicite. Il m'arrive parfois d'oublier l'essentiel.

A votre service, monseigneur. Dès lors, quelques heures au pilori ? Ou une dizaine de coups de fouet peut-être ?

Non : on ne change rien à mon programme, mais on attend qu'ils aient désaoulé. S'ils sont aussi imbibés que vous me les décrivez, ils ne se rendraient compte de rien.

Où avais-je la tête, répondit Baldwin avec un soupir réprimé. Ce léger problème mis à part, il me fallait encore vous informer de l'arrivée du commentateur officiel du tournoi.

Ah ! Il était grand temps ! Où est-il cet énergumène ?

A son poste, mon maître.

De son doigt pointé, le capitaine désigna un homme entre deux âges et au regard éteint qui patientait sans bouger derrière un pupitre, non loin des juges de la compétition. Mictlantecuhtli l'étudia de la tête aux pieds avant de se retourner vers son bras droit.

Vous êtes sûr de votre choix, capitaine ? Il me semble aussi éveillé que le Lord qui assisterait à une course d'escargots anémiques.

N'ayez crainte, monseigneur. C'est un spécialiste très connu dans la région, mais il ne s'anime véritablement qu'au moment de prendre la parole.

Son nom ?

Pierre, mon maître. Pierre dit "pue des arpions", pour des raisons que je n'aurai pas à vous expliquer si vous l'approchez d'un peu trop près. Etrangement, il préfère être surnommé "PPDA".

Le sire d'Aurevallis demeurait visiblement sceptique et peu enthousiasmé par cette description, aussi l'officier s'empressa-t-il d'ajouter :

Vous n'avez aucun souci à vous faire. Ce type est régulièrement décrit comme une véritable marionnette que l'on manipule à sa guise. Contrairement au commentateur du premier tournoi, celui-ci ne vous posera pas le moindre problème. J'en répondrai devant vous.

Soit. Je vous fait confiance ; même si écarter un problème ne fait guère de différence dans ce tournoi de fous.

Pendant ce temps, les différentes équipes avaient été appelées à tour de rôle pour examiner le terrain et estimer les réglages nécessaires à leur premier tir. Quand la tête du septième observateur eut disparu sous la brume, l'organisateur convia chacun à regagner son siège pour assister aux premiers tirs.  

Lorsque le dernier spectateur fut confortablement installé, le capitaine Baldwin vint se positionner à distance respectable de PPDA avant de le pousser dans le dos d'un petit coup de manche à balais. Tel l'un de ces automates que construisent quelques fois les nains pour amuser les enfants, le commentateur perçut cette secousse comme le signal de son entrée en jeu et s'anima sans transition :

Madame, monsieur, bonswâââââââr ...

Décontenancé, Mictlantecuhtli rappela discrètement Baldwin à son côté.

Mais qu'est ce qui lui prend ? Nous sommes à peine au milieu de la matinée !

Il faut l'excuser, seigneur. D'ordinaire, il est chargé de crier les nouvelles à 20h pile. Ses années de service l'ont tellement conditionné qu'il est incapable de débuter autrement.

Voila qui promet ...

Et PPDA de poursuivre pendant ce temps :

Nos sept équipes concurrentes viennent d'achever leurs phases d'observation respectives et sont à présent en attente du signal de tir général qui sera donné d'un instant à l'autre. Rappelons pour ceux qui nous rejoignent en cours de route que l'élimination d'un servant adverse est récompensé d'un point et celle d'un trébuchet de trois points.

Cet utile récapitulatif expédié, Mictlantecuhtli prit le temps de vérifier auprès du comte d'Alsacie que tout était en ordre et ordonna aux musiciens de sonner la première salve. Au son profond des trompes répondirent sans tarder le claquement et le grincement des machines qui catapultèrent leur projectiles vers les cieux. Le public s'attendait à quelques surprises en matière de munitions, et il en eut assurément pour son argent.

S'élevant bien plus haut que les autres du fait de son poids plume, un individu ficelé comme un saucisson fut suivi par des milliers de paires d'yeux écarquillés. Sa longue ascension et sa tout aussi longue - mais fatale - descente devaient l'amener à s'écraser à l'est du terrain ; non sans avoir eu tout le temps d'hurler à pleins poumons :

BUVEZ DÉVIAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !!!

Dans les gradins, l'Enchanteresse interrogea le comte sur sa volonté d'introduire des encarts publicitaires dans la compétition, tandis que l'organisateur dodelinait de la tête en laissant échapper un long soupir exaspéré.

Cette ouverture ne masqua heureusement pas le vol des autres projectiles. Une énorme choucroute garnie vint ainsi s'écraser au centre du terrain sous les acclamations enthousiastes de la foule, trop heureuse de voir enfin le légendaire patrimoine gastronomique local entrer en action.

Des rochers bien plus conventionnels vinrent s'ajouter au tableau, criblant d'impacts les différents quadrants du terrain. Le hasard semblait avoir magnifiquement guidé la main des artilleurs, car les tirs se répartissaient assez harmonieusement sur la surface disponible. Loin de ces considérations stratégiques, la plèbe se délectait du fracas des rochers au sol en les saluant systématiquement d'un grand viva.

L'organisateur, qui s'était remis à scruter le terrain, nota pour sa part que le brouillard magique réagissait comme prévu : aux alentours immédiats d'un point d'impact, le sol demeurait visible. Satisfait de ce constat, il ne manqua pas d'adresser ses compliments à l'Enchanteresse qui avait bien rempli sa mission malgré des conditions difficiles.    

Alors que les arbitres s'attelaient à dénombrer les cratères, un projectile retardataire jaillit de la brume à la surprise générale. Sa seule nature expliquait que le tir ait été un peu plus long à préparer, car ce n'était rien de moins qu'un énorme squig des cavernes bavant et gesticulant qui fendait à présent les airs dans un hurlement strident. Cette petite comète rouge fila en direction du bord ouest où elle se fracassa dans un pitoyable bruit de cornemuse crevée. Certainement aidés par les terribles gaz digestifs du monstre, des éclats d'os et des lambeaux de chair furent propulsés à grande vitesse dans toute la zone environnante.

Et de sept ; le compte y était.

C'était une excellente phase d'exploration et l'organisateur s'apprêtait à donner le signal du second tour quand PPDA annonça à grands cris :

OUVERTURE DE SCORE !

Effaré, Mictlantecuhtli se rua vers la balustrade et se mit à scruter le champ de débris à l'aide d'une longue-vue. C'était à peine croyable, mais c'était vrai : la première salve avait fait une victime. Les précisions du commentateur engendrèrent un incroyable tumulte dans l'assistance :

Mesdames et messieurs, c'est extraordinaire ! L'un des servants de Brombur Fière Barbe gît à présent sur le terrain, une canine de squig fichée en pleine poitrine !

Le constat était par trop énorme : les nains, si fiers de leurs machines de guerre et de leur supériorité technique, venaient en effet de verser le premier sang ; mais par le biais d'un tir fratricide !  

Si la majorité des bretonniens riaient de l'absurdité d'une telle situation, ce n'était pas le cas des nains. Assis à côté de Brombur, Gromdal Drekgiti était la cible du regard noir particulièrement appuyé lancé par son collègue. Il était bien sûr inévitable que les nains en viennent à lutter les uns contre les autres à un certain stade de la compétition, mais personne n'aurait parié sur un tel retournement. Face à une position insoutenable, où la moindre de ses paroles se serait retournée contre lui, le Voyageur choisit de se murer dans un silence digne. Cette sage décision le mettait à mi chemin entre les lamentations sur un frère tombé et la joie manifeste d'avoir pris la tête du classement. Intérieurement pourtant, il redoutait que ce malheureux évènement ne remonte jusqu'aux oreilles du vénérable Grakk. Après un coup pareil, le vieil ingénieur ne manquerait pas de se saigner aux quatre veines pour faire figurer son nom et celui des membres de son équipe en lettres capitales dans le livre des rancunes de la guilde.  

L'équipe verte prend donc la tête avec 1 point ! conclu PPDA sous les cris d'encouragement de la foule.

Ces grandes effusions prirent fin abruptement lorsqu'un huitième projectile inattendu vint s'écraser au milieu des gradins occupés par le peuple, juste au pied de la tour d'honneur. Tétanisée, l'assistance fit silence. Tous les regards se tournèrent vers le comte d'Alsacie et l'organisateur, en apparence les seuls à même de fournir une explication plausible.

Sans avoir besoin de directives, le capitaine Baldwin dévala l'escalier central de la tour afin de constater les dégâts. Sur son chemin, la foule s'ouvrait puis se refermait sans le moindre bruit, ce qui lui permit de rallier sa destination rapidement et sans encombre. L'examen des lieux fut rapide. Si la surprise avait été grande, on ne pouvait pas en dire autant des dégâts. Le rocher était de petite taille et s'était contenté d'écraser en roulant une demi-douzaine de gueux. Pas de quoi crier au drame. Pendant quelques secondes, le zélé capitane farfouilla autour du projectile avant de lever les yeux vers le sommet de la tour. Son maître était penché à la balustrade, dans l'attente de son rapport. Aussi déroula-t-il un petite morceau de parchemin avant de lire d'une voix haute et claire qui résonna jusqu'à l'autre bout du terrain :

De madame la vicomtesse au vicomte de Villebasse :

Tant qu'à aller faire les courses en Alsacie, profite du voyage pour acheter une livre de choucroute locale. Le château est infesté de rats et il serait temps de s'en débarrasser.

N'oublie pas de te couvrir d'une petite laine.

Bises.

Gertrude.

Après une telle tension, le public éclata d'un grand rire tandis que le fameux vicomte s'enfonçait dans son siège sous le regard courroucé de sa jeune maîtresse. La mort de quelques paysans était déjà oubliée, effacée par la jubilation que provoque toujours chez le vulgaire la révélation d'une sordide affaire privée. Dans la tribune d'honneur, Mictlantecuhtli se retourna avant de faire peser sur son hôte un long regard suspicieux.      

Dites-moi cher comte, vous n'auriez pas omis de suspendre l'activité de votre réseau de télébuchets dans ce secteur par hasard ?

La question était purement rhétorique ; aussi l'intéressé se contenta-t-il d'arborer un léger sourire gêné et de blâmer une forte charge de travail fort propice aux petites distractions. C'est dans ce climat de liesse renouvelée que Mictlantecuhtli regagna son siège en adressant aux musiciens le signal de lancement du second tour.  
     
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Impacts :

Alain de Saint Jean : W23 => déviation nord-est de 1 case => V24
Calidus5 : M27 => Hit ! => M27
Gromdal : M4 => Hit ! => M4
Kaops : G21 => déviation nord-ouest de 2 cases => E19
Lord del Insula : W10 => déviation sud-ouest de 2 cases => Y8
MagnanXXIII : O15 => Hit ! => O15
Toison d'or : O27 => déviation sud de 2 cases => Q27

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 1,3 pour 1 (équipe de Brombur) et de 5 pour 1 (autres équipes).
- Prochaine perte : 1,2 pour 1 (équipe de Brombur) et 8 pour 1 (autres équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 40 Co
- Calidus5 : 0 points ; 100 Co
- Gromdal : 1 point ; 40 Co
- Kaops : 0 points ; 100 Co
- Lord del Insula : 0 points ; 100 Co
- MagnanXXIII : 0 points ; 100 Co
- Toison d'or : 0 points ; 100 Co

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Ainsi s'achève un premier tour surprenant ! Le second tour s'ouvre et les concurrents ont désormais jusqu'au 25 février au plus tard pour me faire parvenir leurs coordonnées de tir et texte d'accompagnement éventuel par message privé.
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 24 Fév 2018 - 12:31

Cette première manche constituait un très joli départ. L'enthousiasme des spectateurs redoublait de vigueur, d'aucuns spéculant sur le nombre de tours avant l'élimination de l'équipage nain, tandis que d'autres commentaient la saveur suave produite par la célèbre choucroute. Un débat houleux ne tarda pas à éclater entre partis qui acclamait ou accablait ce fameux plat. La pugilat fut évité de peu par l'intervention opportune et musclée du service d'ordre du Seigneur d'Aurevallis, et quelques vilains furent crucifiés pour l'exemple.

Loin de s'émouvoir de ce spectacle, le Lord pestait intérieurement : il avait manqué de temps pour proposer quelques paris qui lui aurait rapporté quelques succès. Sa main à couper qu'un tir allait cibler le centre du terrain !!!
Tant pis relativisa-t-il, au moins le jeu était lancé et d'autres occasions se présenteraient. Il s'adressa donc à Guillaume d'Alsacie et Cédric le Normand avec l'intention de les entraîner dans un petit pari.

-N'est ce pas un fameux démarrage Messires ? Déjà une perte, et une belle question à élucider : cet équipage sera-t-il le premier éliminé ? Et dans combien de manche ?

- En cela réside une énigme auquel seul le temps peut répondre – répondit Cédric le Normand.

- J'ajouterai que le maintien du fonctionnement de mon réseau de télébuchet ne pourrait pas être sans incidence – informa le Comte dans un reniflement.


Bien sûr, il était essentiel que le réseau de télébuchet reste opérationnel tout le long du tournoi. Certes cela apportait un manquement certain de sécurité, mais d'un côté le comte d'Alsacie ne pouvait point imaginer son système de communication mis au silence. Il devait absolument être alerté si une invasion impériale se présentait, la sécurité du royaume est en jeu, pire encore, il y risquait sa propre vie de comte !

- Ma foi, tout cela ne manque pas de sel – s'enthousiasma avec flegme del Insula – Devant tant d'incertitude, deviner ce qu'il va advenir relève du pari. C'est justement ce que je vous propose Messires. Spéculons ensemble quelques pièces d'or afin d'égayer ce tournoi par quelques enjeux supplémentaires. Cela vous convient-il ?


- Fort bien, parions donc ! - s'exclama le Comte Guillaume. - Une petite mise pour commencer en douceur. Je parie donc 10 pièces sur la prochaine perte de servant ne faisant PAS partie de l'équipe de Brombur. Ce serait trop facile sinon. De plus, m'est d'avis que... m'est avis qu'AH AH AH... ATCHA ! *Snif* Pardon. M'est avis qu'il est grand temps de sortir un projectile exceptionnel, il serait fort malheureux de ne ne pas en profiter avant l'élimination, élimination qui semble arriver plus tôt que prévue, comme peut en témoigner l'équipage d'un de nos amis nains.

Le chevalier normand esquissa un sourire à la remarque de son ami. Ses excès de prudence semblait donc dépasser le seul stade militaire, pour embrasser aussi celui des jeux.

- Venant de vous cher Comte, ce conseil ne manque pas de sel – railla-t-il. - Mais force est de reconnaître que cela ne manque pas de pertinence. Il faudrait que j'en touche deux mots au Seigneur de Mélinor.

Le Lord au contraire semblait faire preuve d'insouciance face à ce risque.

- Je préfère pour ma part attendre encore un peu - déclara-t-il. - Certes, le danger est bien présent de se prendre une élimination subite, mais cela reste peu probable. En tout cas je le juge par trop pessimiste.


- Non pas que soit pessimiste, je prend juste mes précautions, et je vous conseille de faire de même mes amis. Messires - annonça le comte, - qu'on apporte de la pierraille à mon équipage ! Il va falloir explorer le terra... AH AH... ATCHOUM ! Terrain... *Snif*


Alors que la demande du Comte était dument enregistré par les services de l'organisation, et que celui-ci se mouchait, le Lord recentra la conversation sur les paris.

- Mon cher Comte, voilà un pari bien osé. Il me semble intéressant de miser sur une perte touchant un autre équipage. Et vous Messire Cédric, qu'en pensez-vous ?

En vérité, le chevalier normand commençait à se prendre au jeu.

- Je suis bien aise de miser 5 pièces sur l'élimination d'un servant autre que celui de ces nains. Bien que cela ne crée guère d'enjeux entre nous, qui puissent rendre la chose plus stimulante – regretta le chevalier. - Mais vous même Milord, qu'escomptez-vous parier ?

- Assurément, les grands esprits se rencontrent ! - S'exclama del Insula – Je compte également parier 5 pièces sur une perte touchant une autre équipe. Que diriez-vous de corser un peu se défi en indiquant chacun quel concurrent la subirait ?


- Dans ce cas je parie 5 pièces sur la perte d'un membre de votre équipage Milord et 5 pièces sur la perte d'un servant de Valmond – proposa  spontanément le Comte d'Alsacie. - Ce n'est pas très stratégique et je pense perdre dans l'affaire, mais un peu de tension sportive entre nous en sera bien plus excitant. *Snif *

- C'est en effet fort audacieux de votre part – reconnut le Lord. - Et vous Messire Cédric ? Sur quelle équipe pensez-vous que la mort frappera d'abord ?

Pour sa part, le Normand prit un instant de réflexion avant d'indiquer son choix.

- Excusez-moi de ne pas entrer dans votre petit jeu cher Comte – s'excusa-t-il. - Mais pour ma part il me semble que la Dame ne sourit guère à mon seigneur aujourd'hui et je vois bien l'équipage du Valmont essuyer la prochaine perte. Voilà donc où je mise mes 5 pièces.


- ATCHA !!! Pardonnez- moi Messires *snif*... Ma foi, vous avez beau jeu de me railler mon ami – reprit le Comte Guillaume. - Vous me semblez particulièrement peu confiant.


- Je ne fais que suivre mon intuition, rien de plus - se défendit le chevalier. - Et vous Milord, que choisissez-vous ?

Sirius del Insula pris un air prophétique avec l'impression de celui qui s'attendait à ce que la réussite lui sourit.

- Je ne parierai sur aucun de vos deux équipages... du moins pour l'instant. Je suis pour ma part convaincu que ces nains vont vouloir se faire justice et riposter sur leur homologues. Et si la chance leur sourit, ainsi qu'à moi, il toucheront un des servants de l'équipage de ce Gromdal. Je mise donc 5 pièces sur la tête d'un de leurs servants.
Mais ça n'est pas tout !
- surenchérit-il - Je suis certain que l'équipe de ce Brombur sera tout de même le premier éliminé ! Et c'est pour cela que je ferai le pari, pour 10 pièces !

- Voilà qui est tout aussi audacieux. Ainsi donc les jeux sont fait comme le dit le dicton – énonça Cédric.

- Il ne nous reste plus qu'à aller au guichet pour entériner tout çATCHOUM !!!!!!!!!

C'est dans un véritable concert d'éternuements que les trois hommes enregistèrent leurs paris.
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 24 Fév 2018 - 13:02

Brombur faisait grise mine...

Il est vrai que perdre un servant dès le début d'une telle compétition était chose exceptionnelle, mais le perdre sur un tir fratricide était plus rare encore!!!

A côté de lui Gromdal était dans ses petits souliers, partagé entre la joie et la fierté mélangées de la précision du tir effectué par son équipage, tout en étant visiblement gêné qu'une telle efficacité se soit démontrée à l'égard de compatriotes issus d'un autre clan...

Tous deux connaissaient que trop bien l'esprit "chatouilleux" des guildes Naines pour ne pas ignorer les conséquences d'une telle "malchance": de nouveaux chapitres dans le Livre des Rancunes de la forteresse à laquelle la guilde "lésée" appartient, en l'occurrence Karak-â-Khaône...

Il bredouilla rapidement des excuses auprès de Gromdal et descendit en direction de l'infirmerie/morgue/étable réservée aux victimes du tournoi...

Après force bousculade pour pousser les gueux sur le trajet il arriva enfin à destination: dans un coin de l'étable étonnamment "propre" pour des Humgis, gisait Draïn, une canine de Squigg plantée dans l'épaule, c'était moche mais pas mortel, tout le contraire des soins que voulaient lui prodiguer les infirmiers locaux...

Poussant ceux-ci Brombur prodigua les premiers soins comme seuls les Nains savent le faire: "Serre les dents mon gars çà va faire mal..."

Puis il arracha d'un coup la dent, pris du fil et une aiguille (équipement standard chez tous les Ingénieurs Nains...), referma celle-ci après l'avoir nettoyée et lui mis un onguent de la guilde des Soigneurs pour faciliter tant la cicatrisation que le combat des germes...


Après cela il pris ses dispositions pour le faire installer dans une auberge pas trop inconfortable avant la fin du tournoi, puis il remonta en grognant: la location de la chambre (prise pour quatre Nains...) allait lui coûter cher...


Puis il entendit une discussion entre des nobles locaux concernant des paris... Le déclic se fît rapidement, et quelques minutes plus tard Brombur se trouvait devant le guichet dédié à ceux-ci...


" Bonjour je voudrai faire des paris..."

" Z'êtes à la bonne place pour c'là, qu'est-c'qu'voulez pariez d'sus???"

"Heu... 5 Co sur le quart qui recevra le plus de tir, et cinq autres Co pour les prochaines pertes c'est possible???"

"Bensûr qu'c'est possib mon bon m'sieur, mais qu'est-ce qu'vous v'lez désigner com' quart et com pertes???"

Gromdal, méfiant, fît signe au guichetier de se baisser et lui murmura les coordonnées, celui-ci hocha la tête d'un air entendu et pris la monnaie...
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Kaops
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 25 Fév 2018 - 14:11

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     Depuis les tribunes d’honneur, Valmond et Constance avaient observé les divers tirs et autres incidents qui allaient avec. Et, pour une fois, les deux époux étaient à peu près du même avis : c’était n’importe quoi. Or, cet avis commun ne partageait pas le même but. En effet, là où Valmond pestait contre l’inaptitude de son équipage à viser proprement, probablement parce qu’ils n’avaient pas un bon vieux projectile enflammé d’après lui, Constance s’exaspérait sobrement du spectacle qui se présentait à elle par le biais d’un soupir aérien.

     Ayant une oreille avertie et entrainée à repérer ce genre de situation, Valmond sauta sur l’occasion pour demander des nouvelles de sa mie :

     « Tout va pour le mieux, ma chère ? Vous ne semblez pas apprécier le spectacle.
     — Pas plus que vous apparemment, rétorqua-elle calmement sur un léger haussement de sourcils. »

     Elle ne lui avait même pas retourné la question. Décidément, elle lisait en lui comme dans un livre ouvert.

      « Hmm, certes, mais si vous le souhaitez, je peux demander à Cédric de vous esco…
     — Ce ne sera point la peine. » – Constance se tourna alors à demi vers un coin des tribunes – « Et puis, votre vassal semble s’amuser. Il serait dommage de l’importuner, n’est-ce pas ?
     — Oui ma douce… »

     Alors que Constance se tournait à nouveau vers le terrain de tir, le seigneur de Mélinor suivit discrètement la direction précédente pour apercevoir son vassal aux côtés du comte d’Alsacie et du Lord Del Insula. Mais quel impertinent ! Il devrait se trouver à ses côtés pour honorer ses vœux… et accessoirement l’aider avec dame Constance. Mais il fallait se rendre à l’évidence, Valmond était coincé ici. Il valait donc mieux qu’il trouve un moyen d’améliorer sa situation et vite.

     C’est alors que le seigneur de Mélinor entendit l’organisateur, Mictlantecuhtli, discuter avec quelqu’un plus haut dans la tribune. Le sang du marquis ne fit qu’un tour en se rappelant la présence de l’odieux personnage. Il allait devoir lui apprendre quelques manières à celui-là ! Valmond passa alors distraitement sa main sur le fléau d’armes à sa ceinture, son arme de prédilection qui lui avait tant servie. Il était temps de le faire chanter à nouveau.

     Mais au moment où il allait se lever, une petite main se posa sur la sienne.

     « Seriez-vous jaloux ? murmura Constance avec un air amusé. »

     Valmond renâcla quelque peu, lâcha son arme contondante et rabattit quelques drapeaux de sa tenue dans un geste rageur. Ceci provoqua d’ailleurs un petit rire cristallin chez la marquise.

      « Peut-être …Oui, finit-il par grommeler. Ce rustre vous a…
     — Souhaité la bienvenue, Valmond, rien de plus, le coupa-t-elle. Disons qu’entendre un compliment pour une fois aura été agréable et je dois avouer m’être laissé porter par le jeu. »

     La pique n’était pas tombée dans l’oreille d’un sourd et le marquis s’empressa de faire marcher ses méninges au pas de course pour trouver quelque chose de mélioratif et d’approprié à dire à sa bienaimée. Cependant, Constance le pris de court.

     « Savez-vous pourquoi je ne m’amuse point devant ce tournoi ? »

     Après quelques clignements d’yeux, l’esprit de Valmond redémarra et tenta de bredouiller quelque chose pour rattraper cette discussion qui lui échappait à vue d’œil.

     « Heum, je crains que non ma mie.
    — Point assez de dégâts pour le moment, s’amusa Constance.
    — … Hein ? fut la seule réponse que Valmond pu formuler.
    — Eh bien, ce spectacle est fort navrant, à n’en point douter. La Dame doit avoir honte depuis son domaine à mon humble avis… Mais je confesse m’être habitué à vos jeux guerriers au domaine de Mélinor. Ainsi, … »

     Valmond n’en revenait pas. Constance cherchait ses mots ? C’était une première ça. A vrai dire, il n’en revenait pas tout court de ce qu’elle avait bien pu dire juste avant ! Le marquis de Mélinor perdit alors son regard dans le vide. Sa femme s’intéressait à la guerre maintenant. Il ne savait pas s’il devait se réjouir de la voir rejoindre ses centres d’intérêt ou céder à la panique la plus totale. Si elle s’occupait de la défense du domaine, il allait se retrouver au chômage forcé… Après quelques secondes de flottement, Constance reprit, son sempiternel sourire gracile toujours présent sur ses lèvres.

     « Ainsi, j’attends des prochains tirs qu’ils touchent au but. J'attends avec grande impatience les réactions disproportionnées des divers nobles qui se disent bien pensants de cette tribune. Cela promet d'être exquis. »

     Sans prévenir, Constance posa à nouveau sa main sur la sienne alors que le cor annonçant le début des tirs se faisait entendre. Valmond regarda alors le visage de sa bien-aimée. Il n’y vit qu’un havre de paix traversé par une légère révulsion à l’idée que le ballet mortel allait reprendre. En voyant cela, le marquis souffla légèrement. Il fallait croire qu’il s’était trompé, son épouse s'amusait souvent en le voyant s'exalter durant la défense du château de Mélinor et elle s'attendait, à raison, à retrouver ce genre de comportement chez les autres concurrents. Quand on vivait dans un château constamment attaqué, on se trouvait des passes-temps là où on pouvait.

     A peu près rassuré, le marquis se concentra sur les tirs, même si sa curiosité vagabondait vers ses voisins de tribune. Finalement, l'idée de sa femme pourrait peut-être apporter son lot d'amusement passager...
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Gromdal
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 25 Fév 2018 - 19:56

Gromdal n'en avait pas cru ses yeux lorsqu'un des servants de son fort sympathique voisin nain avait été la première victime du tournoi. Il n'en avait pas cru ses oreilles non plus lorsqu'on avait annoncé que le tir était celui de "sa" propre équipe, qu'il avait fait entrer en son nom.

Ce n'avait pas été prévu ! Voilà qui résumait bien ce début de tournoi. Le Voyageur, lui qui tirait une certaine fierté de dépasser en taille la plupart des membres de sa race, aurait bien aimé grandement rapetisser, voire même disparaître, sous les regards des tous les bretonniens de la tribune, forts amusés de cette situation des plus cocasses. Heureusement pour lui, son voisin nain Bombur n'avait pas eu l'air de trop prendre ombrage de la semi-offense : raisonnable, l'ingénieur nain avait l'air de comprendre que le tir n'avait pas été intentionnel. Cela dit, il l'avait laissé seul au milieu des tribunes, un peu honteux et entouré des visages mi-amusés mi-moqueurs des bretonniens qui lui étaient inconnus.

Grakk l'Ancien n'avait pas aussi bien pris la nouvelle. Isolé dans le coin inférieur des tribunes, sur la même rangée qu'eux, il lui adressait un sourire mauvais. Nul doute qu'il faudrait aller s'expliquer avec la Guilde des Ingénieurs pour faire passer ce que le vieux longue-barbe inscrirait sur son livre. Quelques heures de débats à la naine (c'est à dire beaucoup de dialogues de sourd à se taper mentalement la tête contre les murs pour faire avancer LENTEMENT le débat) n'enchantaient pas le moins du monde le Voyageur, qui n'avait rien à faire avec les affaires de la guilde.

Ce début de tournoi ne commençait pas sous les meilleurs auspices pour Gromdal... Venir avec Eärwen à ce genre d'évènements pourtant sympathiques ne semblait définitivement pas une bonne idée si d'autres nains venaient eux aussi au tournoi, comme c'était le cas avec Bombur. Peut-être l'inviter à une joute serait plus avisé, et sûrement plus spectaculaire et moins... barbare que d'observer des pauvres paysans s'écraser les uns les autres à grands coups de trébuchets.

Puis il se rappela le Tournoi du Fort de Sang, et finalement les tournois de trébuchets lui parurent plus calmes et posés.

En parlant du tournoi, il lui semblait avoir entraperçu une cape brodées de multiples emblèmes qui n'était pas sans lui rappeler un certain participant du Fort du Sang qu'il avait alors vu dans l'arène. Gromdal chercha dans l'assemblée s'il y avait d'autres nobles qu'il pourrait reconnaître du ... tumultueux évènement orchestré par Von Essen.

C'est alors qu'un éclat de voix parvint à ses oreilles, un rire cristallin qui n'était pas sans lui rappeler celui d'un elfe : plus haut dans l'assemblée, à côté d'un colosse à la mine patibulaire, Penthésilée de Gransette riait doucement à quelque parole du vieil homme à son côté.

Comment oublier la malheureuse victime de l'enlèvement de Von Essen, qu'il avait alors croisée lors de son passage au donjon du Fort de Sang ? Gromdal était curieux d'avoir des nouvelles de la jeune dame courageuse, qui lui avait laissé une forte impression suite à sa... spectaculaire évasion du bastion vampirique. Alors que les servants sur le terrain s'apprêtaient à relancer une salve dévastatrice, le nain se décida à quitter sa place pour aller rendre visite aux Gransette une fois les tirs terminés.
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Mictlantecuhtli
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Lun 26 Fév 2018 - 20:50

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Deuxième tour

ArrowPosition de trébuchet de Brombur Fière Barbe (Alain de Saint Jean) :

Fraïn et Draïn se regardaient encore tout effarés.

Une telle malchance dès le premier tour ne laissait présager rien de bon pour les suivants ...

Le seul "réconfort" était de savoir que le tir provenait d'une machine Dawi. La précision du tir, la netteté de la courbe, la "munition" utilisée, tout démontrait la provenance Naine du projectile, et, en conséquence, les dégâts occasionnés.

"Bon on fait quoi maintenant ?" demanda Draïn.

"Nous n'avons pas trop le c0oix, mets le filet à Gobs faut viser large en espérant toucher quelque chose ..." lui répondit Fraïn.

"Vous avez conscience que les chances sont limitées là quand même ?"

"Bien sûr mais tu veux faire quoi à la place ?"

"... ouais, y'a pas trop l'choix c'est vrai. Du coup on tire où ?"

"Droit devant dans la direction de mon bras cela te va ?"

"Pourquoi pas, après on fait quoi ?"

"Ben on s'planque, il risque de pleuvoir sévère sur nos têtes ..."

ArrowPosition de trébuchet du baron de Joli-Tonneau (Calidus5) :

- Mince ! ct'ait pas prévu qu'il y aurait des squigs se plaignit le Vèt'.

- L'monstre l'est arrivé sur un nain. Précisa le Roux, monté observer.

- Logique. commenta Franck.

- Faut s'débarrasser d'la mule ! Ça attire les squigs ! Dit le Vèt'.

- On va la balancer sur les nains ! Chargez la ! Ordonna Franck.

ArrowPosition de trébuchet de Gromdal Drekgriti (Gromdal):

Lorsqu'ils entendirent la nouvelle de la réussite de leur tir, les trois nains de l'équipage eurent un élan de fierté ... qui fut bien réduit par la nouvelle autrement moins joyeuse que la victime de leur tir avait été un des nains de l'équipe de Fraïn, avec lequel Baladrik s'était si bien entendu.

Néanmoins, le vieil ingénieur se sentit satisfait de la performance de son engin. Compte tenu qu'il avait dû lui faire subir quelques "dégradations" pour qu'il puisse satisfaire les critères des machines simplistes et barbares que les bretonniens utilisaient pour ce tournoi, cela montrait bel et bien l'efficacité de l'ingénierie naine ... et sa propre ingéniosité également, ce qui n'était pas non plus pour lui déplaire.

Baladrik eut une petite pensée pour le pauvre nain qui s'était retrouvé avec le croc de squig fiché dans la poitrine. Avec un peu de chance, le projectile n'aurait pas trop traversé sa cotte de maille, et la constitution naturellement solide des nains ferait l'affaire. Il ne manquerait pas de s'enquérir de ses nouvelles si lui-même ressortait du champ en un seul morceau. Mais pour le moment ils avaient mieux affaire.

Faisant signe à Torgund et Ordin de charger cette fois un classique boulet de pierre (certes de taille imposante, et gravé d'une prière aux dieux ancestraux), il s'apprêta à remonter les mécanismes complexes de la machine.

"Essayons de viser ailleurs cette fois-ci. Grimnir guidera notre bras !"

ArrowPosition de trébuchet de Valmond de Mélinor (Kaops) :

Jean-José observait depuis le haut du trébuchet le capharnaüm ambiant qu’était le champ de bataille … et les gradins à moitié détruits aux abords de la surface de tir. Eh bien, dis donc, il y en avait un qui s’était bien loupé !

En contrebas, une série de claquements secs se faisait entendre. Paulot, le pauvre gamin, était tombé dans les vapes sitôt que les tirs divers avaient atteint leurs cibles. Paraissait que ça lui rappelait la mort des membres de sa famille au précédent tournoi. En tout cas, Sigismundr tentait de le ranimer « à la norse », ce qui impliquait quelques tartes lancées avec des paluches utilisées d’ordinaire pour assommer des phoques.

Etrangement, ce fut efficace et le jeune gaillard se réveilla, mais il ne sentait plus ses joues. Ni sa tête d’ailleurs.

« Bon, les gars, va falloir envoyer ! lança Jean-José en descendant de la machine de guerre. »

Quelques tours de manivelle et déplacement de rocher plus tard, l’équipage hétéroclite de Mélinor était prêt à envoyer son morceau de château côtier – petite signature locale du marquis – à la tête des équipages ennemis …

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

Alors que le commentateur annonçait l'ouverture du score, l'équipage du Lord manifesta sa déception. Orasio s'imaginait déjà comme le meilleur tireur et par la même occasion celui qui ouvrirait le score.

- Ye n'est pas possible. Y'avais bien dit qué la machina n'était pas bien riglée – maugréa-t-il.

- J'vous dis que c'machine là elle est réglée comme qu'il faut – pesta Riton. Z'avais qu'à mieux viser, pour sûr.

- Stupido !!! Ma ce n'est pas grave. C'est le temps du la prendre à mano. Ye sens que ye vais y arriver.

Quand leur tour fut venu, le tiléen monta se percher au sommet du trébuchet et scruta le terrain.

- Ye vois oune mort à l'ouest. Ye vais essayer de découvrir où y est son trébouchet.

Puis, descendant de son poste d'observation, il commença à régler la hausse de la nacelle, sous le regard critique de Riton.

- Si tu pouviez me filer un coup d'main – l'interpella le Claude qui s’apprêtait à charger la nacelle – serait point de refus.

L'autre bretonnien s’exécuta, non sans râler :

- Je sois sûr que ce tir là va rien donner non plus – prophétisa-t-il.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Profitant d'un moment d'intense discussion entre le comte d'Alsacie, le chevalier Cédric et le Lord, le seigneur Mictlantecuhtli s'était éclipsé afin d'obtenir quelques rafraîchissements au débit de boissons. Chemin faisant, il manqua bousculer Brombur Fière Barbe qui se dirigeait vers le monte-charge d'un pas décidé. Le nain semblait très pressé de regagner la terre ferme, sans doute pour se rendre au chevet de son artilleur blessé. Si les rebouteux bretonniens ne l'avaient pas déjà achevé, cette attention était susceptible de lui sauver la vie.

À peine était-il parvenu au long bar de chêne massif qu'un serviteur accourut pour prendre note de sa commande. Bien qu'encore jeune, son échine souffrait d'une courbature congénitale le contraignant à une posture de révérence permanente ; une particularité rendue encore plus comique par sa voix mielleuse et ses tournures de phrases alambiquées.

L'humble serviteur de votre auguste seigneurie peut-il lui être d'une quelconque utilité afin de satisfaire sans délai les légitimes désirs de libations successifs aux incomparables talents oratoires dont elle vient de gratifier nos indignes oreilles ?

Je souhaiterais commander à boire, en effet, répondit l'organisateur après quelques secondes d'analyse de cette indigeste logorrhée. Qu'avez-vous d'intéressant à proposer ?

Pour vous servir, votre sublimissime magnificence, il m'est possible de livrer à votre exigent palais un jus de raisin fermenté aux surprenantes propriétés effervescentes qui raviront vos papilles et ...

Un vin avec des bulles, si je vous suis bien ?

Sublimement résumé, ô sagace détenteur des savoirs oenologiques ! Nous le nommons Crécrécrémant en ce modeste comté qu'éclaire par sa seule présence votre inestimable personne.

Quel nom ridicule.

Ce n'est que trop vrai, grand parmi les grands. Il ne faut y voir que le fruit d'une imbécile évocation - ourdie par le vulgaire - du bruit de la dive boisson lorsqu'elle tapisse les parois de la coupe dans laquelle vous ...

Ca va, ça va ! Vous m'en mettrez deux verres.

Je m'y attelle sans procrastination postposatoire, votre excellence aux goûts irréprochables.

Tandis que l'horripilant personnage s'afférait derrière son comptoir pour préparer la commande, Mictlantecuhtli laissa son regard se promener sur les rangs des spectateurs de la tour d'honneur. A la vision des deux délicieuses créatures rencontrées quelques instants plus tôt, il rappela le tenancier bavard :

Vous ferez également porter un verre de ce breuvage à dame Constance et un autre à damoiselle Penthésilée, avec mes compliments. Pour finir, mmmh ...

Le larbin se garda bien d'interrompre son client, alors que ce dernier promenait un index devant les nombreuses bouteilles qui garnissaient l'étagère adossée au mur du fond. Au bout d'un instant, il s'arrêta en désignant un flacon de verre noirci qui lui semblait prometteur.

Qu'est-ce que ceci ? demanda-t-il les yeux plissés par l'intérêt.

Oh, que votre supérieure luminescence m'excuse mais ...

Désireux d'en venir plus rapidement aux faits, Mictlantecuhtli passa vivement la main au dessus du bar avant d'empoigner le col de son interlocuteur et de le soulever à cinquante centimètres du sol.

La version courte je vous prie.

Battant des pieds dans le vide et visiblement terrorisée, sa victime révisa rapidement sa façon de communiquer :

Pardon monseigneur ! C'est pas pour boire ! C'est de l'alcool de tubercules après une quintuple distillation ! On s'en sert juste pour récurer le bar ! Pitié votre seigneurie !

A cette nouvelle, le visage de Mictlantecuhtli fut traversé par un horrible rictus qui n'augurait rien de bon. La réponse sembla pourtant le contenter, puisqu'il reposa délicatement le tenancier au sol, où il se mit à trembler de tout ses membres.

Voila qui est parfait, reprit Mictlantecuhtli sans adoucir son expression. Il serait discourtois de ne pas offrir à boire à ceux qui escortent ces dames. Vous ferez donc servir un verre de cette mixture au baron de Gransette ainsi qu'au sire de Mélinor, de la part d'un admirateur anonyme, cela va sans dire.

Les yeux du tenancier manquèrent se désorbiter sous l'effet de la surprise.

Mais ... monseigneur, vous n'y pensez pas ! C'est ...

Mictlantecuhtli adorait ce stade du dressage d'un gueux. Quand les conséquences funestes d'une contestation s'étaient bien gravées dans sa maigre cervelle, un seul regard suffisait à le ramener dans le droit chemin. Et de fait, il n'en fallu pas plus pour couper court aux protestations du barman et l'envoyer accomplir sa pénible mission d'un pas traînant.

De retour vers son siège avec un verre de Crécrécrémant dans chaque main, le sire d'Aurevallis savourait déjà la suite des évènements. Titiller le bouillant Mélinor l'amusait, c'était incontestable. Quant à Charles-Hubert de Gransette, ce dernier lui semblait fort contemplatif. Il était temps de lui fouetter les sangs.        

Alors qu'il reprenait place en tendant un verre à l'Enchanteresse qui le remercia avec un grand sourire, les trompes annoncèrent l'imminence de la seconde salve de tirs. Juste à temps. De nombreux nobles qui étaient en grande conversation s'empressèrent de regagner leurs sièges afin de ne rien manquer du spectacle qui s'annonçait. La découverte de l'équipage de Brombur Fière Barbe semblait avoir donné le coup d'envoi des paris et le petit guichet dévolu au dépôt des mises ainsi qu'au retrait des gains était encore pris d'assaut dans ces derniers instants avant le début du second tour. La prudence avait heureusement incité Mictlantecuhtli à faire encadrer ce bureau par deux des meilleurs membres de sa garde rapprochée. Lorsque les hallebardes des deux colosses s'entrecroisèrent dans un crissement métallique, plus aucun retardataire n'eut l'inconscience de réclamer l'accès au guichet.  

Sans tarder, l'on sonna l'ordre de tir et les premiers projectiles décolèrent.

Le premier à émerger des brumes fut accueilli avec autant de surprise que d'amusement. Attachés ensemble par les chevilles de façon à former un filet, neuf gobelins s'agitaient en tous sens et cherchaient à se dépêtrer des liens qui les retenaient captifs. Mais les grands cris amusés de la foule qui saluait leur envol eurent tôt fait de les distraire de cette entreprise. En chacun d'eux s'éveilla alors le sentiment enivrant qui pousse bon nombre de peaux-vertes à se porter volontaires pour devenir les projectiles vivants des catapultes à plongeurs de la mort. Grisés par l'altitude, la vitesse et l'attention dont ils faisaient l'objet, ces inconscients émirent de longs "ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !" stridents tout en saluant leur public avec de grands gestes. Leur instant de gloire ne dura guère, puisqu'ils s'écrasèrent brutalement quelques secondes plus tard au sud du terrain.

Pourriez-vous m'expliquer ce qu'était cette chose ? demanda l'Enchanteresse à l'organisateur en tentant de se faire entendre par dessus l'hilarité générale.

Rien d'autre qu'une petite faveur accordée à l'équipe de Brombur, madame. Les montagnes autour de Karak-â-Khaône sont semble-t-il infestées de gobelins. Le brave nain ne demandait qu'une manière originale de se débarrasser de son surplus de prisonniers. Je lui ai donc bien volontiers accordé le droit de remplacer la pierraille conventionnelle par ce que vous venez de voir.

La bonne humeur ne quittait pas les spectateurs après une telle démonstration et même les enfants croyaient avoir assisté à un bref spectacle de marionnettes. Pourtant, d'autres projectiles fendaient déjà les airs, obligeant l'assistance à se focaliser sur autre chose que les petites flaques vertes qui parsemaient à présent le sol. Professionnel, PPDA s'empressa de reprendre le commentaire de la compétition en attirant l'attention de ses auditeurs sur l'action en cours :

Mesdames et messieurs, après ce magnifique spectacle offert par l'équipe de Karak-â-Khaône, nous assistons au vol très régulier et bien calculé du rocher de la délégation de Gransette. Le voilà qui fonce vers le sol et ... Owww ! Quelle frappe ! Un nouveau servant de l'équipe naine vient d'être violemment fauché par les projections du rocher et gît à présent inconscient sur le champ de bataille ! Est-il mort ? Est-il juste blessé ? Nous n'en savons rien mais tout n'est pas perdu, car un dernier nain est toujours fidèle à son poste et continuera à ...

HIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN ! *SBAF !*

Aie ! Finalement non ... Voici qu'un âne ou un mulet - difficile à dire vu ce qu'il en reste - vient de surgir de nulle part et de s'écraser un peu plus à l'ouest du tir précédent, noyant le dernier des servants nains sous un déluge d'entrailles. Je me tourne vers les juges et ... oui ... on me confirme, c'est bien un projectile improvisé de l'équipe de Joli-Tonneau qui a porté le coup fatal !

Et voilà. C'en était fait de la première équipe naine. Les observateurs les plus fair-play soulignèrent le manque de chance de l'équipe de Brombur, qui n'aura pu livrer son plein potentiel dans de telles conditions. Tous pourtant ne faisaient pas montre d'un tel sens sportif. Ainsi Mictlantecuhtli pu-t-il surprendre les commentaires d'un couple quelques rangs derrière :

La pauvre bête !

De qui parlez-vous ma chère, du nain ou de la mule ?

Conscient qu'il était impératif de faire honneur au savoir-vivre bretonnien en de telles circonstances, l'organisateur se leva et, tourné vers le commanditaire de l'équipe éliminée - qui avait entre temps regagné sa place -, applaudit le valeureux concurrent. Le reste des gradins ne tarda pas à lui emboîter le pas pour un hommage conforme aux usages.                        

Mais cet instant solennel ne dura pas longtemps : déjà, un énorme bloc de maçonnerie s'arrachait aux brumes impénétrables pour filer en direction de la limite sud du terrain. A cette vision, le comte d'Alsacie se pencha vers son ami Cédric :

Ne serait-ce pas là un morceau du château de Mélinor ? Snif. Cette gargouille qui orne l'une des faces me rappelle étrangement quelque chose ...

Que oeil vous avez ! rétorqua le Normand. C'est en effet un fragment d'une tour de guet endommagée durant le dernier siège. A vue de nez ce doit être celle du nord-est, ajouta-t-il en plissant les yeux. Le marquis aime le concept de recyclage utile.

En matière d'utilité, celle de ce projectile fut cependant limitée, car il s'écrasa entre les gobelins de Brombur sans autre effet que de dégager un peu plus le terrain.

La relève fut assurée par deux rochers bien plus conventionnels - quoique l'un sembla gravé de runes suspectes -, envoyés par les équipages de Gromdal et du Lord del Insula. Le projectile du nain dévia sur la fin de sa course et manqua de peu d'atteindre les rangs de la plèbe lorsqu'il s'écrasa au nord-est. Aucune victime ne fut cependant à déplorer, que ce soit sur le terrain ou à côté. Tel ne fut pas le cas du rocher du Lord. Filant en direction de la position de trébuchet de l'infortuné Brombur, il frappa le sol un peu plus au nord que les deux précédents tirs de Gransette et Joli-Tonneau.

Aaaaaaaaaaaaargh !

Une nouvelle équipe vient d'être découverte mesdames et messieurs ! Le temps de faire le point avec la longue-vue et ... voilà ... c'est un artilleur de Mélinor ! L'équipe noire vient de perdre son premier servant !

Avec un quasi simultanéité, le chevalier Cédric adressa au Lord et au comte d'Alsacie un regard qui devait signifier "je vous l'avais bien dit" tandis que Valmond ne tenait plus sur son siège. Dame Constance, qui ne le lâchait pas des yeux, semblait soudainement partagée entre laisser libre cours aux élans de son époux ou le ramener au calme par quelques mots bien placés. L'agitation n'avait pas gagné que les rangs des Mélinor, car le public tout entier s'avéra fort surpris de cet enchaînement de pertes si tôt dans la compétition.

Un dernier retournement attendait encore les spectateurs effarés. Tel un feu d'artifice minéral, une volée de petits boulets de pierre jaillit du sol pour se disperser en un large éventail. Sans le moindre doute possible, c'était là l'oeuvre de l'équipe du comte d'Alsacie qui clôturait ce second tour par l'usage d'un spectaculaire projectile spécial. Une série de bruits sourds accompagnés de petits geysers de brume accompagnèrent l'arrivée des munitions sur la zone ciblée. Les applaudissements enthousiastes des spectateurs saluèrent ce bouquet final et le brouhaha des discussions commençait à peine à s'élever quand PPDA annonça d'une voix forte :

Dernier retournement ! Alors que le terrain devient aussi grêlé que le visage d'un pestiféré, je constate qu'une des pierres de l'équipe d'Alsacie a touché au but ! L'on distingue très clairement la livrée d'or d'un artilleur du baron de Gransette.

On avait peine à y croire. Si tôt dans la compétition, une équipe venait d'être éliminée et deux autres découvertes dans la foulée. Cette nouvelle édition s'avérait bien plus violente et rapide que la précédente. Comme à son habitude, Mictlantecuhtli s'enferma dans une profonde réflexion silencieuse, occupé à évaluer les conséquences d'une perte trop rapide de concurrents. Le destin ne souriait décidément pas aux nouveaux venus dans ce tournoi. Tout à ses considérations, l'organisateur ne pensa même pas à jeter un oeil aux réactions du baron de Gransette et de sa soeur.

Je pense qu'un récapitulatif serait le bienvenu à ce stade, reprit PPDA. Grâce à l'élimination d'un servant adverse, le baron de Joli-Tonneau, le baron de Gransette, le Lord del Insula et le comte d'Alsacie empochent chacun 1 point. Ils se bousculent donc sur première marche du podium avec l'équipe naine de Gromdal Drekgiti. De plus, poursuivit-il, pour avoir porté le coup fatal à l'équipe de Karak-â-Khaône, le baron de Joli-Tonneau gagne le droit de sélectionner gratuitement un bonus ! Précisons pour finir que, si l'équipe de Brombur Fière Barbe quitte malheureusement la compétition, son trébuchet est toujours intact sur le champ de bataille.

Voila qui résumait bien les nombreuses actions du tour. Mictlantecuhtli était toujours perdu dans ses pensées quand une large main tapota doucement son épaule.

Dois-je faire sonner le signal du troisième tour, monseigneur ?

Faites donc, capitaine, faites donc. J'ai la désagréable impression que les choses échappent une fois de plus à tout contrôle, mais il fallait s'y attendre. Prions la Dame pour que ces andouilles ne s'éliminent pas trop rapidement au point de finir à un contre un sur un terrain à moitié exploré, ajouta-t-il en reposant son dos au contact du dossier.      
 
Deux minutes plus tard, alors que des conversations enfiévrées agitaient la tribune d'honneur, les trompes d'appel se firent à nouveau entendre.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


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Pas de tir de télébuchet durant ce tour.

Impacts :

Alain de Saint Jean : Ab16 => déviation sud-est de 1 case => Bb17
Calidus5 : O4 => déviation sud-est de 1 case => P5
Gromdal : I23 => déviation est de 2 cases => I25
Kaops : Ab16 => Hit ! => Ab16
Lord del Insula : M7 => déviation ouest de 1 case => M6
MagnanXXIII : H23 => déviation ouest de 1 case => H22
Toison d'or : P7 => Hit ! => P7

Paris résolus :

- Alain de Saint Jean :

5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (Toison d'or) : Raté
5 Co dans la catégorie Concentration (Quart S-E) : Mise rétrocédée (égalité avec les quarts N-E et S-O)

- MagnanXXIII :

5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (Kaops) : Raté
5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (Lord del Insula) : Raté

- Kaops :

5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (Kaops) : Raté

- Lord del Insula :

5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (Gromdal) : Raté
10 Co dans la catégorie Prochain Eliminé (Alain de Saint Jean) : Gagné (versement de 13 Co)

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 1.5 pour 1 (équipes de Mélinor et de Gransette) et 5 pour 1 (autres équipes).
- Prochaine perte : 2 pour 1 (équipes de Mélinor et de Gransette) et 7 pour 1 (autres équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 35 Co Hors jeu
- Calidus5 : 1 point ; 40 Co
- Gromdal : 1 point ; 40 Co
- Kaops : 0 points ; 95 Co
- Lord del Insula : 1 point ; 98 Co
- MagnanXXIII : 1 point ; 30 Co
- Toison d'or : 1 point ; 100 Co

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Voila qui conclut le second tour et marque l'ouverture du troisième. C'est malheureusement déjà l'heure pour Alain de prendre congé du champ de bataille, mais ses personnages sont toujours libres d'agir et d'interagir dans les rangs des spectateurs. Les concurrents restants ont désormais jusqu'au 04 mars au plus tard pour me faire parvenir leurs coordonnées de tir et un éventuel texte d'accompagnement par message privé.
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Toison d'or
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Jeu 1 Mar 2018 - 22:13

Lorsque le dernier morceau de roc s'écrasa dans le champs noyé de brouillard, la clameur des gueux amassés sous les tours fit sursauter le sire de Gransette.
- Mmmmh ? Quoi ? UNE ATTAQUE ?  affraid
Le rire de Penthesilée retentit, sonore et clair.
- mon cher frère, si vous aviez fait moins honneur au plat local, vous sauriez qu'il n'en est rien. Trop de choucroute et trop de cette étrange boisson fermentée naine nuise visiblement à votre vigilance.
- ... Riez, riez tout votre saoul. Il me fallait faire honneur à notre hôte : c'est que j'ai des responsabilités céans, moi.

La moue dédaigneuse de la belle montra clairement en quel estime elle considérait ces charges.
- Vous allez bientôt pouvoir les exercer, ces "responsabilités " : ces clameurs saluaient la perte d'un des servants de notre équipage. Édouard, surnommé l'couillu, a été navré de fort méchante façon. Il semble même que notre hôte soit à l'origine de ce funeste coup.
L'équipage de Mélinor se trouve réduit aux mêmes extrémités, forcé de ne compter que sur la chance pour survivre aux prochains tirs.

Réveillé par trop brutalement le sang du baron ne fit qu'un tour, il se leva subitement et s'écria  :
- Que le diable emporte ce maudit comte d'Alsacie, je vais lui faire manger son rocher, item sa maudite choucroute !rambo
Des regards désapprobateurs convergèrent vers le malotru, tant et si bien qu'il se rassît, vaguement honteux.
Pour se donner une contenance, il se tourna vers Brionne dont le regard méprisant  n'exprimait aucune sympathie.
- Brionne, mon bon Brionne, pourriez vous vous charger de miser quelques deniers sur ... disons l'élimination du sire de Mélinor ?
Et, se penchant vers le vieux maître d'arme, il ajouta plus bas :
- et faites donc charger quelques barriques de cette boisson naine sur notre charroi, je la trouve fort rafraichissante. drunken
Brionne, d'un ton glacial demanda :
- Et pour Édouard ? Que faisons nous ?
- Et bien, s'il est mort qu'il soit enterré décemment, s'il est vif, qu'on le porte aux écuries sur une litière fraîche.

Brionne haussa les épaules et arracha presque des mains du baron la bourse rebondie pour s'engouffrer dans l'escalier de la tour. S'il s'acquitta correctement des deux premières missions, il fit prodiguer au pauvre Édouard des soins dans une chambrette propre par un des meilleurs médicastre de la région - aux frais du baron, ça va de soi - Mr.Red

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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Ven 2 Mar 2018 - 13:52


     « Excusez-moi, puis-je vous déranger un moment ? »
     L’appel fit se détourner les Gransette : c’était un nain à l’imposante barbe rousse et au grand sourire, qui s’inclina devant eux.
     « Je m’appelle Gromdal. Gromdal Drekgiti. Vous vous souvenez peut-être de moi, dame Penthésile : nous nous sommes croisés au Fort de Sang il y a de cela… quelques temps déjà. »
     Comment l’oublier ? Le nain avait franchi avec une improbable nonchalance les portes du donjon vampirique. Elle qui l’avait cru pour mort, comme elle ne l’avait jamais revu sortir de la place fort, voici qu’il était là à se tenir devant elle.
     « Que nous vaut… le plaisir de votre présence ? » demanda-t-elle poliment, se demandant ce qu'un tel personnage pouvait faire ici.
     « Je souhaitais m’enquérir de votre santé. Votre condition était toute autre lors de notre dernière entrevue, et je voulais savoir si votre passage dans le bastion de la Non-Vie ne vous avait point laissé trop grande séquelle. »
     Penthésilée ne savait pas trop quoi répondre à cet étrange nain qu’elle ne connaissait pas. Aussi opta-t-elle pour la simplicité :
     « Grâce soit rendue à la Dame, j’ai pu revenir saine et sauve parmi les miens.
     - Voilà qui fait plaisir à entendre ! » En effet, il avait l’air vraiment heureux de la nouvelle. « J’en aurais voulu à ce filou de Von Essen s’il vous était arrivé quoique ce soit. Cela dit, d’après ce que j’ai entendu de votre spectaculaire évasion, je ne pense pas qu’il ait pu faire quelque chose contre vous… Ah ! J’aurais aimé le voir en face de vous, au lieu de votre geôlier d’alors ! »
     Le nain avait décidément un avis… particulier sur les évènements.
     « Vous ne semblez pas beaucoup craindre le sombre sire non plus. » constata-t-elle avec une pointe d’amusement.
     Gromdal lui renvoya un sourire presque insouciant.
     « Que nenni ! C’est un drôle, et ce sont ses mots qui piquent plus que ses coups ! Entre nous, les vampires, j’en fais affaire de ma hache ! »
     Effectivement, il devait être doué au maniement de cette dernière : à ses mots, sa hache avait jailli dans ses mains, presque comme par magie, ce qui avait fait sursauter le baron et les gardes autour d’eux. Mais l’arme, d’excellente facture, disparut presque aussitôt pour retourner pendre à la ceinture du voyageur.
     « Mais, dites-moi… » Penthésilée était toujours curieuse de la raison qui avait amené le nain au Fort en premier lieu. « Lui aussi vous aurait-il joué quelque mauvais tour ?
     - Ah ! C’est un peu compliqué, une affaire de concours littéraire en Sylvanie… Peuplé de vampires qu’il était ! Et d’elfes des bois aussi, imaginez-vous ! Avant que je ne sache tout ça, je lui avais déjà signé un prêt, pour s’acheter un château au quelque chose… Comment m’a-t-il fallu le poursuivre pour revoir mon or... ce fieffé félon !»
     La jeune dame pouffa.
     « Vous m’avez l’air de mener une vie pleine de rebondissements, maître Drekgiti. »
     Le nain se permit un petit rire lui aussi.
     « Appelez-moi simplement Gromdal… Mais oui, depuis ces concours de récits, ma pauvre routine s’en trouve bien bouleversée… Déjà qu’elle n’était pas bien en point, la pauvre. »
     Il fut interrompu par un serviteur, porteur de deux coupes de vin, qu’il déposa devant la dame et le Baron de Gransette. Pour ce dernier, il fallait croire que c’était le cadeau d’une admiratrice…
     Penthésilée vit le regard du nain s’allumer à la vue du breuvage alcoolisé…
     « Oui, une bonne bière, pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! » s’exclama-t-il, comme pour lui-même. « Bombur et son équipage ont ramené de la Bugman, et je n’en ai même pas profité pour égayer le spectacle ! Quel piètre nain fais-je… »
     Il se retourna vers les nobles sires et dame.
     « Si vous voulez bien m’excuser, je vais m’en aller quêter quelques chopines pour moi et mes compagnons… C’était un plaisir de converser avec vous, gente dame. »
     Et, avec une petite courbette en guise d’adieux, il s’en alla d’un pas énergique.
     Quel étrange personnage, se dit Penthésilée de Gransette en le voyant s’éloigner. La rencontre avait été pour le moins incongrue, ce qui avait l'air d'être une caractéristique du nain, pour l'avoir vu au Fort de Sang... Une part dans son esprit se demanda s'il était aussi baroque qu'il était adroit aux combats. Dommage que la question reste sans réponse, le spectacle aurait sûrement été amusant.
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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Ven 2 Mar 2018 - 18:59

Le baron de Joli-Tonneau observait attentivement le terrain, il avait le droit à un avantage gratuit et il comptait bien l’utiliser à bon escient. Sa décision prise il écrit sa réponse sur un bout de parchemin qu’il confia au page qui commençait à s’impatienter.

Cela fait, il lui restait un problème bien plus délicat à gérer : c’était son équipage qui était crédité de l’élimination de l’équipe naine de Karak-â-Khaône et il devait agir prestement s’il ne voulait pas avoir l’honneur de figurer sur leur livre de des rancunes.
Heureusement, lorsqu’il avait appris que des nains participaient, il avait rajouté à ses bagages un des rares tonneaux de Bugman XXXXX que sa cave comportait. Tonneau d’autant plus irremplaçable que la fameuse bière n’était plus produite, mais il allait bien falloir ça pour se faire pardonner. Il ordonna à son page d’aller chercher le précieux tonneaux, et se mit à la recherche Brombur Fière Barbe.
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 4 Mar 2018 - 2:49

Assurément, cette manche apportait son lot de surprises et laissait entrevoir un suspense endiablé pour la suite !

Alors que les spectateurs exultaient et que nombres de seigneurs spéculaient déjà grand train sur les paris à prendre, le Comte d'Alsacie, Cédric le Normand et le Lord del Insula commentaient leurs résultats respectifs.

- Je suis bien aise que mon équipage remonte au score. Mais vous me voyez fort contrit que cela soit au dépend de votre Suzerain, Messire Cédric - s'excusa del Insula.

- Point besoin de vous excuser Milord - estima le chevalier normand. - Cela fait parti du jeu. D'autant que je l'avais parié !

- Peste que ce mauvais timing ! - regretta prêt de lui Guillaume d'Alsacie - Si votre équipage avait tiré plus tôt Milord, Cédric et moi-même aurions eu pour notre argent ! *snif*

- Je reconnais que vos paris eurent été opportuns - concéda le Lord. - Malheureusement, les équipages des Seigneurs de Gransette et de Joli-Tonneau nous ont damné le pion !

- Pour votre part Milord, vous avez eu le nez creux de miser sur l'élimination des nains - Reconnut Cédric tandis que le Comte éternuait subitement. - Même si vous n'escomptiez pas qu'elle soit si rapide si je me rappelle votre propos.

- Je vous avoue avoir tenté quelque coup de bluff. Mon pari était sur ce coup sans risque, dans tous les cas, et je saurais me vanter de ce coup. Mais un nouveau tour arrive, avec son lot de défi. Que diriez-vous de remettre ça ? - invita le Lord.

- Ma foi, malgré nos déboires, il est fort tentant de se laisser prendre au jeu – s'amusa Cédric. - Aussi est-ce avec grand plaisir que je remets le couvert.

- Voilà qui fait plaisir à entendre ! – se réjouit del Insula – Sur quelle occurrence allez- vous donc miser ? Je gage que vous anticipez quelques nouvelles déconvenues pour le Seigneur de Valmond.

- Non point Milord – démentit le chevalier normand. - Du moins si je ne fais grand cas des chance de mon suzerain, je pense que l'équipage de Gransette se trouve en facheuse posture lui-aussi. Je parie 10 pièces qu'ils subiront la prochaine perte !

- Voilà qui est osé ! - reconnut le Lord – Pour ma part, je songe que votre trébuchet attirera plus l'attention des tirs, car la proximité du trébuchet de ces malheureux nains est tout proche. Je miserais bien volontiers sur la destruction de ce dernier si cela était autorisé... à défaut, je mise 10 pièces sur une plus forte concentration de tirs sur le quart nord-ouest du terrain.

- Ça ne manque point d'audace non plus ! – renifla le Comte - Grand est le risque de voir les tirs se répartir entre les deux positions supposées des deux trébuchets.

- C'est le jeu Messire. Mais vous-même, qu'avez-vous décidé ? Nous laisseriez-vous jouer sans daigner participer ?

- J'hésite, après ce coup du destin il ne me reste plus de quoi faire trois mises de 10 pièces chacune. Je pense qu'il est bien plus sage d'attendre d'autres éliminations avant de miser gros, moins de participants c'est moins de tirs, moins de tirs c'est moins de risques pour les paris, moins de risques pour les paris c'est heu...  moins de risque pour les paris !

- C'est bien toi - soupira Cédric - toujours sur la défensive. Le goût du risque te rend allergique, même concernant des petits paris sportifs inoffensifs...

- Moi ? Allergique au-ah-AH-AH... ATCHA ! Bweuh, snif... Très bien, mais je ne vais pas boire la potion pour prendre des paris tout de même.

- Tu ne trouveras jamais le Graal avec une potion de courage, un jour tu devras faire sans.

- J'espère que ce jour ne viendra pas de si tôt. Pour l'instant je préfère ne pas parier, c'est mon choix. La patience est mère de toutes les vertus.

- Toutes mes lentes excuses - intervint le Lord - mais quelle est cette histoire de potion ?

- Ne vous excusez pas Milord, j'ai honte de ne pas vous avoir introduit ce magnifique breuvage avant de l'évoquer. Alors voyez vous, on pourrait appeler ça une "potion magique". Tout commence en 50 avant Gilles le Breton, toute la Bretonnie était occupée par les hordes de la Destruction. Toute ? Non ! Un village peuplé de courageux Bretonni résistait encore et toujours à l'envahisseur...

Et c'est ainsi que tandis que ses deux compagnons enregistraient leurs paris, le comte commença une assommante histoire obscure concernant une vielle recette de cuisine importée par les barbares de Norsca.
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Alain de Saint Jean
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Dim 4 Mar 2018 - 20:23

Brombur, accoudé à un tonneau, méditait sur la malchance de son équipage en sirotant une bière issue de l'un des fûts qu'il avait apporté...

Fraïn avait été mis KO par un éclat du premier projectile qui avait touché la position du trébuchet au deuxième tour, Draïn avait été plus chanceux, il n'avait eu à subir qu'une projection d'entrailles d'un misérable mulet balancé par l'un des trébuchets Bretonniens... Mais il ne pouvait sortir de la chambre louée sans être dorénavant suivi par tous les chiens les plus faméliques et pouilleux du patelin, les bains ne suffisent visiblement pas à se débarrasser de l'odeur...

"Décidément ces gens sont étranges, ils utilisent vraiment n'importe quoi comme projectile, mais réussissent quand même à faire des dégâts..." pensa-t-il, ceux de Karak-à-Khaône ne le croiront qu'avec peine c'est sûr...

Autant dire qu'il va être trèèèèèès compliqué d'éviter que la guilde ne fasse porter quelques rancunes à l'intentions des différents propriétaires des équipages de trébuchets responsables de l'élimination de l'équipe Naine...

La bonne nouvelle, c'est que l'opération commerciale de promotion de l'artisanat Nain semble porter ses fruits, un certain noble à l'allure austère, du nom de Brionne, venait de lui prendre deux fûts de "Feu des Gobelins", une gueuze alambiquée de premier choix!!! Le tout pour une belle somme en plus...

Bon, c'est vrai qu'une bonne demie-douzaine de pintes aident toujours pour les négociations....


Perdu dans ses pensées il ne vit point arriver à lui un Bretonnien à la noble prestance, suivi d'un misérable gueux soufflant comme un boeuf sous le poids d'un lourd tonneau de facture Naine.


Un raclement de gorge le fît sortir de celles-ci

"Pardon mon bon Maître Nain, je me présente, Baron de Joli-Tonneau, je suis le propriétaire de l'équipage qui a malheureusement mis hors d'état de nu... DE JOUER, vôtre valeureux équipage!!!!"


Brombur le salua d'un hochement de tête, l'air renfrogné:

"Que voulez-vous, c'est le jeu noble Sir..."



"Certes, certes... Cependant je vous avoue sans peine que cela me naaaaavre au plus haut point de voir votre magnifique équipe éliminée tantôt de l'épreuve...

Aussi, pour me faire pardonner je me permets, en toute franche et cordiale amitié, de vous apporter ce modeste cadeau issu de ma cave personnelle...

Je suis sûr que les représentant de votre guilde sauront l'apprécier comme il se doit..." Dit-il en présentant d'un large geste du bras le tonneau que le gueux venait de poser à ses pieds...

Brombur resta ébahi, un tonneau de la célèbre bière XXXXX de Bugman!!!



"Ma foi c'est effectivement un dédommagement à la hauteur de votre noblesse Messire, notre Guilde sera vous en être reconnaissante, et portera, sans aucun doute, un regard tout à fait différent au différent qui va nous opposer..."


A ces mots le baron pâlit comme un linge... Les Nains sont connus pour leurs nombreuses rancunes, aux coûts forcément exorbitants...

"Voulez-vous goûter à notre production locale, elle est, certes, moins célèbre que la Bugman, mais croyez-moi, elle vaut le détour..." lui dit-il en lui donnant une choppe avec un sourire carnassier... Il était temps de passer aux choses sérieuses et de commencer à négocier...
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Toison d'or
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Lun 5 Mar 2018 - 18:13

Gromdal une fois parti, Penthésilée et son frère contemplèrent chacun leur coup de liquide ambré. Si les bulles qui crevaient la surface de la coupe dévolue à la jeune fille semblaient alléchantes à souhait, le liquide épais et sirupeux destiné au sire de Gransette l'était un peu moins. Avec circonspection, chacun gouta ...
Si le visage de la jeune fille s'éclaira d'un large sourire ... Very Happy , le baron recracha le liquide aussitôt ... affraid
Le reste du contenu de sa coupe répandue sous sa chaise, le baron chercha des yeux le domestique qui s'était faufilé à travers la foule : mieux valait pour le drôle qu'il ne croise pas à nouveau le chemin du sire de Gransette. rambo

... Et, sous sa chaise, des bulles surgissaient au contact du calcaire ... scratch

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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Mar 6 Mar 2018 - 2:08

LE TOURNOI DE TRÉBUCHETS D'ALSACIE :
Troisième tour

ArrowPosition de trébuchet du baron de Joli-Tonneau (Calidus5) :

Quelque part dans un brouillard impénétrable, deux paysans Bretonniens attendaient qu’un troisième perché au sommet d’une machine de guerre leur fasse son rapport :

- Quesque tu ziot’ le Roux ? demanda Franck.
- L’mulet l'a aplati l’dernier des nains, répondit le Roux.
- Ch’connais des guerres qui ont commencé pour moins que ça, dit le Vèt’.

Jacques sortit du brouillard :

- J’ai des instructions pour vous, de la part du baron : vous accrochez solidement les tonnelets à la charrette et vous lancez le tout sur l’équipe noire.
- Mais c’est beaucoup trop lourd, intervint Franck, on n’arrivera jamais à envoyer la charrette et sa cargaison !
- C’est pour ça que je vous amène un servant supplémentaire pour ce tir, répondit Jacques. Je vous présente l’ogre.

A ces mots, une silhouette deux fois plus grande qu’un homme est trois fois plus large se découpa dans le brouillard. Il en sortit un ogre, aux habits aussi bariolés que la variété de leurs provenances.

- Un mangeur d’hommes ! chuchota le Vet’ pour lui-même.
- Përshëndetje ! salua l’ogre.
- Mais on ne comprend rien à ce qu’il dit ! se plaignit Franck.
- Ce n’est pas grave, on lui a déjà expliqué ce qu’il devait faire, conclu Jacques en repartant.

L’équipe de Joli-Tonneau apprêta la charrette et la plaça dans la fronde de la bricole, sous le regard gourmand du mangeur d’hommes. Les réglages effectués, les Joli-Tonnois se saisirent des cordes, imités par l’ogre. Lorsque les trompettes retentirent, ils tirèrent tous ensemble. La bricole, qui n’avait pas été conçue pour une telle charge, gémit et grinça. Franck crut bien que la machine ne tiendrait pas le coup. Mais grâce à la force de l’ogre, la charrette et tout son chargement partit dans la bonne direction.

Sa tâche accomplie, l’ogre couru pour se mettre à l’abri en adressant un « Shihemi së shpejti në pjatë ! » d’au revoir aux humains.

ArrowPosition de trébuchet de Gromdal Drekgriti (Gromdal):

S'ils comprirent (à leur grand dam !) que leur tir n'avait pas touché plus de cibles qu'un motte de terre gelée, les trois nains entendirent bel et bien l'annonce signifiant que leurs confrères nains s'étaient fait éliminer ... Décidément, les humains avaient littéralement sauté sur l'occasion que Baladrik leur avait tendue de par son premier tir.

Mais une équipe humaine avait également été révélée, non loin de la position de Fraïn, et Baladrik avait encore en tête les coordonnées de son premier tir, qui n'avait pas du atterrir très loin des hommes du dénommé "Mélinor". Il était temps de donner un exemple à ces satanés bretonniens !

Alors même que Torgund, qui chargeait les boulets, se mettait seulement à souffler après le dernier tir, Baladrik se saisit de la manivelle pour tourner la machine vers la position supposée de l'équipe Mélinor.

Voyant son père se remettre au travail, Ordin se saisit presque immédiatement d'un levier qui permettait de rabattre le bras de l'engin et le recharger. Voir son fils agir ainsi gonfla de fierté le coeur du vieil ingénieur qui s'écria :

"Allez, dawral, rechargez-moi ça, et vite : squigg, rocher, tout me va ! On va leur montrer de quel charbon on se chauffe dans les montagnes ! "

ArrowPosition de trébuchet de Valmond de Mélinor (Kaops) :

Paulot avait fini sous un caillou de taille conséquente. Au vu de ses antécédents familiaux, c’était à prévoir.

Comprenant que sa situation était plutôt complexe, Jean-José décida qu’il était temps d’attendre. Après tout, s’il connaissait bien son seigneur, ce dernier allait lui envoyer de quoi répliquer sous peu ... Et il eu bien raison. Il ne fallut que quelques minutes pour qu’un projectile comme ils les aimaient à la seigneurie n’arrive à son trébuchet. D'après ce qu'il voyait, il s'agissait d'un morceau du rempart est des ruines datant de l'époque du seigneur Frodo de Mont-Haban.

Un sourire aux lèvres, Jean-José, qui se savait quasiment condamné à présent, se dit qu’il était temps de partir en fanfare. Il descendit enfin du poste d’observation, et fit signe à Sigismundr d’arrêter d’essayer de réveiller le cadavre de Paulot à grands renforts de baffes. Ils ne seraient pas trop de deux pour monter cette bête en place.

Ils voulaient du spectacle, alors ils allaient en avoir !

ArrowPosition de trébuchet du Lord del Insula (idem) :

La réussite de ce deuxième tir rendait Orasio euphorique. Gesticulant sur le poste d'observation, il manqua de tomber à la renverse, sous le regard perplexe des deux servants bretonniens. Appliquant de légères modifications au réglage de la hausse, il s'impatientait en gesticulant.

- Ye vais vous montrer qué y'ai raison !

Les deux bretonniens haussaient les épaules. Riton marmonnait au sujet de la chance et de ses aléas, tandis que le Claude se préoccupait davantage de sa gourde, remplie d'un breuvage sympathique pour se donner du cœur à l'ouvrage. C'était du reste fort utile lorsqu'il fallait déplacer d'imposants morceaux de roche en présence d'un exubérant tiléen et d'un grincheux compatriote !!!

ArrowPosition de trébuchet du comte Guillaume d'Alsacie (MagnanXXIII) :

- Magnifique ! s'exclama Herwig. Ein coup au pute !
- Pardon ? s'indigna Stefan Von Rienenbergen.
- Ch'ai tis, ein coup au pute !
- Ah, d'accord... "un coup au but". Vous avez un drôle d'accent Reikspiel ici en Alsacie.
- Pein non, nous on a bas d'accent, c'est les imbériaux comme fou qui en ont.
- Évidement ... abandonna Stefan.
- Pon, c'est l'heure du kri de kuerre. Che l'avais ouplié la dernière fois :

La tour du comte est tellement grosse qu'il y a un décalage horaire entre deux de ses fenêtres !

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Le signal de tir du troisième tour tardait à se faire entendre. Face aux multiples demandes de projectiles spéciaux, le service technique s'était retrouvé submergé ; ce qui contraignit les spectateurs à patienter en prenant un verre ou en discutant de la compétition.

Brombur Fière Barbe et le baron de Joli-Tonneau s'adonnaient à ces deux distractions simultanément. Plantés de part et d'autre d'un large tonneau frappé d'un quintuple X, ils devisaient du dédommagement à prévoir pour l'élimination de l'équipe de Karak-â-Khaône, entrecoupant leurs arguments respectifs de longues rasades de bière. Au rythme où allaient les choses, les deux personnages ne tarderaient pas à oublier les évènements du tournoi pour signer un juteux contrat commercial.  

Le comte d'Alsacie, le Lord et le chevalier Cédric s'étaient une fois encore plongés dans une discussion très animée au sujet des paris et de la tournure qu'allait prendre la compétition. A n'en pas douter, leurs longs débats s'achèveraient une fois encore par quelques mises bien placées. Pour sa part, Gromdal Drekgiti s'en était allé saluer la demoiselle de Gransette. A la vue du nain jouant de la hache devant la belle, le service de sécurité faillit s'élancer pour le plaquer au sol. Fort heureusement, l'arme retourna en un éclair à la ceinture de son propriétaire, évitant l'incident diplomatique.

Demeurée seule avec l'organisateur, l'Enchanteresse tuait le temps en prenant des nouvelles des certains participants de la première heure.

Dites moi, mon ami, sur les six seigneurs à avoir aligné un trébuchet au précédent tournoi, je n'en vois que quatre à nous avoir rejoints aujourd'hui. Qu'est-il advenu des deux autres ?    

Vous faites référence au duc de Guyenne et au seigneur de Nehepalà, madame. Pour ce dernier, j'avoue que j'ignore s'il a reçu mon invitation. Sa seigneurie se trouve très loin d'ici. Les consignes données à mon messager se sont d'ailleurs résumées à "vers le sud puis tout droit, aussi loin que nécessaire".

Et il n'a pu trouvé le destinataire ?

Je n'en ai pas la moindre idée. Il n'est toujours pas revenu.

Et concernant le duc de Guyenne ? poursuivit l'Enchanteresse.

L'affaire est plus compliquée. Sa réponse faisait état de problèmes urgents sur lesquels il devait se pencher en priorité. Entre temps, j'ai eu vent de certaines rumeurs à propos de l'imminence d'une attaque sur son domaine.

Et c'est cela qui l'a empêché de nous rejoindre ? Les attaques sont pourtant monnaie courante en ce royaume.

Vous n'y êtes pas madame. Le duc ne pouvait tout simplement pas se permettre de gâcher des vaches à la veille d'une invasion en catapultant un troupeau entier avec son trébuchet.

Je ne vous suis pas, répondit la dame avec perplexité. Quel rapport y a-t-il entre du bétail et une invasion ?

L'ignoreriez-vous, madame ? Les défenses du duché sont constituées de ... comment dire cela avec élégance ? ... résidus digestifs bovins.

La dame eut instantanément un mouvement de recul et afficha une moue qui manifestait très clairement sa répulsion pour ce genre de chose.

Comment !? Et c'est dans un endroit aussi affreux que vous avez déjà choisi d'héberger un prochain tournoi ! Mais avez-vous un seul instant songé à moi ?

Vous supportez fort bien les relents méphitiques de la choucroute d'Alsacie à ce qu'il me semble. N'ayez donc aucune crainte, la différence entre ces deux parfums est vraiment minime.

Sur cette légère pique, l'Enchanteresse se renferma dans quelque bougonnerie où l'on percevait de temps à autre les mots "déjà manqué me faire écraser par un rocher", "quelle idée stupide" ou encore "pourquoi ne pas organiser ça près de la capitale ?". Avec toute la galanterie qui le caractérisait, le seigneur d'Aurevallis la laissa manifester son mécontentement sans y prêter la moindre attention.

Enfin, après quelques minutes d'attente supplémentaires, le signal de tir se fit entendre et l'attention du public se reporta vers le terrain.

Deux premiers projectiles décolèrent presque simultanément, avant même que ne meurent les derniers échos des trompes. Le premier était un énorme rocher - un bonus, à n'en pas douter - qui partit de la position supposée de l'équipe de Gransette. Le second était de taille plus modeste, mais non moins impressionnant. Sculptée dans un bloc de granit, une énorme tête dotée d'une bouche béante fendait à présent les airs dans un rugissement grave. Croyant à une manifestation surnaturelle, la plèbe eut un mouvement de panique qui engendra de multiples bousculades. Quelques nobles mieux informés ricanèrent de l'ignorance dont faisait preuve la roture. Ce projectile nain - car son origine ne faisait aucun doute - avait clairement été taillé afin que la cavité de la bouche génère un son effrayant durant le vol. Il fallait bien avouer que l'effet était très réussi. Fidèle au poste, PPDA reprit sans tarder le commentaire des évènements :

Alors que s'ouvre le troisième tour, voici que les projectiles des équipes jaune et verte convergent vers la même position. Le doute n'est pas permis : c'est l'équipe de Mélinor qui est prise pour cible et s'apprête à subir un important bombardement. Oh ! Voici déjà venir la riposte !

Et de fait, avant que les premiers rochers ne l'atteignent, l'équipe de Mélinor venait d'envoyer son propre projectile géant qui prit le chemin de l'est.

Le suspens est à son comble mesdames et messieurs ! Les deux premiers tirs se rapprochent de plus en plus ! Ils sont presque coude à coude ! Qui va atteindre sa cible le premier !? Et c'eeeeeeeeest ...

CRRRRRAAAAAAAAAAC

PPDA n'acheva pas sa phrase, tant le spectacle était inattendu. L'énorme tête envoyée par les nains avait achevé sa course en orientant sa bouche vers le sol, si bien qu'elle avala littéralement le trébuchet de Mélinor. L'impact fit éclater la pierre et pulvérisa le bois en une multitude d'échardes qui balayèrent les alentours en jetant les deux derniers servants au sol, morts ou grièvement blessés. Comme pour parachever le carnage, il ne fallu pas deux secondes au projectile de Gransette pour s'écraser à courte distance. Tout un nuage de poussière et de terre gelée fut propulsé sur de nombreux mètres, rendant impossible l'observation du terrain dans cette zone.

Cher public, la situation est floue du côté de Mélinor, mais nous n'avons pas le temps de nous y attarder : le rocher géant de cette équipe arrive lui aussi à destination !

Bien que les artilleurs qui l'aient envoyé soient probablement hors d'état d'en profiter, le projectile de l'équipe noire s'approchait en effet du but. Un grand bruit sourd accompagné de cris à peine perceptibles sembla indiquer que sa mission était accomplie, mais l'écran de fumée soulevé par le choc ne permettait pas encore de s'en assurer. PPDA reporta donc son attention sur l'autre côté du terrain.

Nous sommes à présent en mesure de constater que l'équipe de Mélinor est bel et bien hors-jeu. Les juges de la compétition me confirment à l'instant que cette élimination est à porter au crédit du sieur Gromdal, dont les artilleurs ont devancé celle de Gransette d'un cheveu ; ou plutôt d'un poil de barbe, si vous me passez l'expression. Les trois points du trébuchet et les deux points pour les servants restants propulsent donc le Voyageur en tête de classement avec 6 points ! Voilà une avance très confortable. Nous rappelons à l'heureux concurrent qu'à ce succès s'ajoute le droit de sélectionner un bonus gratuit.

Braquant à nouveau sa longue-vue vers l'est, PPDA examina les dégâts causés par l'équipe fraîchement éliminée avant de reprendre :

Remarquable baroud d'honneur pour l'équipe de Mélinor ! Le plus grand rayon d'action de son dernier tir lui a permis d'atteindre les deux servants restants du baron de Gransette ! Elle quitte donc le champ de bataille en emportant un adversaire dans la tombe ! Deux points lui sont accordés pour cet ultime coup d'éclat !

A présent familier du principe, le public tout entier se leva pour applaudir chaleureusement les deux éliminés ; mais ces effusions furent une fois encore interrompues par le tir des autres équipes.
   
Munition fort peu conventionnelle, une charrette bourrée de tonneaux, tonnelets et barriques se dégagea péniblement du brouillard. En se fracassant non loin de la position de Mélinor, les récipient éventrés laissèrent s'échapper des torrents d'eau qui inondèrent les profonds cratères creusés par les tirs précédents. Nul besoin de demander qui était derrière cette idée saugrenue. Outre le vendeur d'eau minérale, il semblait bien que le baron de Joli-Tonneau soit également décidé à se débarrasser de toute sa néfaste marchandise.  

Les servants du Lord ne tardèrent pas à apporter leur touche personnelle. Faisant honneur à la philosophie de leur seigneur, les artilleurs arrivèrent après la bataille en envoyant un rocher qui s'écrasa sur le corps d'un des servants de Mélinor et souleva un grand geyser d'eau et de boue. L'acharnement qu'avait subi l'équipe noire avait de quoi laisser pantois. De sa position initiale, il ne restait à présent qu'une vaste zone marécageuse où des cratères boueux alternaient avec des nappes d'eau trouble. De ci de là, tels des îles sur une mer brune, pointaient encore un fragment de pierre, un madrier brisé ou un membre arraché.      

Comme un salut de fin de tour, la choucroute d'Alsacie clôtura le spectacle en s'élevant très haut dans le ciel. Le mélange choux/saucisses devait cependant manquer d'homogénéité, car l'infâme préparation se mis à virevolter de manière imprévisible. Bien qu'elle ait sans doute été destinée à l'équipe de Gransette, elle s'éloigna largement de sa cible jusqu'à frapper le point précis que l'équipe d'Alsacie avait atteint au tour précédent. Les plus humanistes des spectateurs se réjouirent à mi-voix qu'aucune victime n'ait encore été mise au compte de cette terrible préparation.

Afin de clarifier la situation, PPDA profita de l'attention de l'audience pour dresser un dernier récapitulatif :

Mesdames, messieurs, le troisième tour s'achève par l'élimination de deux équipes. Seules quatre sont encore dans la course pour le titre de dernier survivant. Au niveau des scores, le sieur Gromdal se tient loin en tête avec six points, suivi par les deux points de Mélinor. La troisième marche du podium est occupée par le baron de Joli-Tonneau, le Lord del Insula, le comte d'Alsacie et le baron de Gransette, tous à égalité avec un point. Rien n'est encore joué à ce stade ! Les concurrents restants devront rivaliser de précision et de stratégie pour espérer décrocher un titre de vainqueur !

Tout était dit. Signal fut rapidement donné aux musiciens de sonner les préparations du quatrième tour. Quoi qu'un peu secoué par la violence du spectacle et la rapidité des éliminations, le public retourna de plus belle à ses discussions.  

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Pas de tir de télébuchet durant ce tour.

Impacts :

Calidus5 : K8 => déviation ouest de 2 cases => K6
Gromdal : K8 => Hit ! => K8
Kaops : J19 => déviation sud-est de 1 case => K20
Lord del Insula : L8 => déviation est de 1 case => L9
MagnanXXIII : K19 => déviation nord-est de 3 cases => H22
Toison d'or : K8 => déviation nord de 1 case => J8

Paris résolus :

- Alain de Saint Jean :

5 Co sur dans la catégorie Prochain Éliminé (Kaops) : Gagné (versement de 7,5 Co)

5 Co dans la catégorie Concentration (quart nord-ouest) : Gagné (versement de 10 Co)

5 Co dans la catégorie Prochaine Perte (Toison d'or) : Raté

- Kaops :

10 Co dans la catégorie Prochaine Perte (Toison d'or) : Raté

- Lord del Insula :

10 Co dans la catégorie Concentration (quart nord-ouest) : Gagné (versement de 20 Co)

- Toison d'or :

40 Co dans la catégorie Prochain Éliminé (Kaops) Gagné (versement de 60 Co)

Cotes des paris :

- Prochain éliminé : 5 pour 1 (toutes équipes).
- Prochaine perte : 7 pour 1 (toutes équipes).

- Coup au but ou déviation : 1,1 pour 1 sur les déviations et 1,3 pour 1 sur les "Hit".  
- Concentration : 1,5 pour 1 sur les moitiés de terrain et 2 pour 1 sur les quarts.  

Tableau des scores et trésorerie :

- Alain de Saint Jean : 0 points ; 37.5 Co Hors jeu
- Calidus5 : 1 point ; 40 Co
- Gromdal : 6 point ; 40 Co
- Kaops : 2 points ; 25 Co Hors jeu
- Lord del Insula : 1 point ; 108 Co
- MagnanXXIII : 1 point ; 30 Co
- Toison d'or : 1 point ;  60 Co Hors jeu

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Que de violence ! Le troisième tour s'achève et deux équipes supplémentaires quittent la partie. Les survivants ont jusqu'au 11 mars au plus tard pour me faire parvenir leurs coordonnées de tir et un éventuel texte d'accompagnement par message privé.


Dernière édition par Mictlantecuhtli le Mar 6 Mar 2018 - 2:10, édité 1 fois
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Gromdal
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Ven 9 Mar 2018 - 2:53

     Seul dans son coin inférieur droit des tribunes, Grakk l’Ancien contemplait le terrain d’un air maussade. Tout se déroulait très bien pour l’équipe de Baladrik. En fait, tout se déroulait trop bien.
     Le doyen eut une moue de dégout et cracha par dessus le rebord des tribunes vers le terrain embrumé. Ces maudits  manges-boue... à cause d’eux, il se pourrait que le bannissement de Baladrik soit remis en question s’il maintenait de telles performances ! Tout ça à cause des bretonniens et de ce maudit Voyageur…
     « Une bière ? »
     La voix de Gromdal surprit le vieux nain, qui se retourna à demi pour voir le Voyageur poser une chope remplie du fameux liquide mousseux et ambré devant lui. Il tenait dans son autre main une deuxième chope, qu’il avait visiblement déjà entamée. Grakk le gratifia d’un regard noir.  
     « Vous pensez que je vais boire ce que ces umgi au nez remplis de crottin osent appeler bière ? »
     Le vieux nain ne s’attendit pas à ce que Gromdal lui réponde par un grand sourire.
     « Ce que vous voyez là est tiré du tonneau de l’un des meilleurs brassages de Karak-â-Khaône, que j’ai payée au prix fort. Humez-en donc le fumet, elle en vaut le prix. »
     Effectivement, le nez du doyen frémit de plaisir lorsqu’il se saisit de la chope. Grakk aurait presque souri… mais il fallait garder les apparences.
     « Hmpf. Cela fera l’affaire. Pour l’instant. »
     Et il entreprit de siroter le plus dignement possible un bon tiers de sa chope, puis la reposa sur le rebord de la tribune.




     « Une sacrée performance, n’est-ce pas ? »
     Gromdal venait de prendre la parole, les yeux tournés vers le champ de bataille. Grakk s’efforça de ne pas avoir l’air impressionné.  
     « Il fait ce que n’importe quel membre de la Guilde ferait à sa place… Il a bien fait de ne pas faillir à ces attentes. »
     Gromdal se contenta de sourire dans le lointain.
     « Certes, mais s’il continue comme ça… Une revue de son bannissement devrait être à prévoir, me trompe-je ? »
     Le goût de bière dans la bouche du vieux nain prit soudain un goût un peu trop amer, et il manqua de tousser. Il ne répondit pas, pour ne pas s’aventurer en terrain glissant. Ce maudit Voyageur voyait juste, trop juste… Lui aussi demeurait un mystère que Grakk avait encore à élucider. D’où venait-il ? Qui était-il vraiment ? Le nain était beaucoup trop intelligent pour être un simple ranger… Sa prestance, sa connaissance son respect des coutumes les plus anciennes, parlaient pour lui.
     Un jour peut-être, Grakk saurait qui était véritablement le voyageur. Pour l’instant, il fallait prier pour que Baladrik ne réussisse pas. Enfin, qu’il réussisse, mais pas trop brillamment : il fallait qu’il défende la supériorité de l’ingénierie naine. Mais en même temps, le vieux nain voulait-il vraiment rayer son nom de la liste des bannis de la Guilde ?
     Le vieux nain frappa du poing le rebord des tribunes, avant de s’emparer rageusement de sa chope pour en siroter le contenu.
Maudits bretonniens ! Il fallait compter sur eux pour tout compliquer !  
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Kaops
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Ven 9 Mar 2018 - 17:20

.
     Depuis les tribunes, Valmond de Mélinor enrageait, mais à moitié. Certes, son équipage avait été détruit relativement tôt dans la compétition et ses rêves de damer le pion à l’organisateur avaient été brisés en même temps que son trébuchet… Mais de l’autre côté, il était sorti en éliminant un autre concurrent. Il y avait pire comme baroud d’honneur.

     Sentant un regard appuyé à sa gauche, Valmond observa alors Constance qui semblait s’amuser de la situation. Il fallait dire que les gesticulations du marquis n’étaient pas passée inaperçue… Dépité et avec une moue boudeuse, Valmond se rassit calmement, les bras croisés. Or, sa femme pouffa à nouveau devant l’air renfrogné qu’il affichait. Décidément, il ne manquait plus qu’un commentaire désobligeant de l’autre énergumène d’Aurevallis pour couronner le tout !

     « Heum… Monseigneur ? », fit la voix fluette d’un serviteur à côté du couple.

     Surpris, Valmond pris quelques secondes avant de réaliser qu’un jeune homme portant un plateau avec deux coupes était là. D’après son air perdu, il avait l’air d’avoir attendu un moment avant qu’on ne le remarque. Et d’après la marque rouge vive sur le côté de son front, Valmond lui avait envoyé un soufflet sans faire attention durant son éclat.
     Avec un soupir exaspéré, le marquis de Mélinor sortit une pièce de sa bourse et la posa sur le plateau du jeune homme, pour la peine qu’il lui avait infligée, avant de le renvoyer d’un geste de la main. Mais le bonhomme resta étonnement en place.

     « Heum, commença-t-il à nouveau tout en massant son front endolori. Mes excuses, mais il se trouve que ces coupes vous sont destinées. Celle de gauche est d’ailleurs pour vous spécifiquement, monseigneur
     — Pardon ? s’insurgea Valmond qui n’avait rien commandé.
     — Un cadeau de l’organisateur. »

     A peine avait-il fini sa phrase que le serviteur tendit le plateau au couple. Valmond n’était pas idiot, il savait très bien de quelle personne on parlait. Le comte d’Alsacie était trop occupé par ses paris pour penser à cela. Fichu seigneur d’Aurevallis… Oser lui envoyer à boire pour fêter sa défaite ?!

     Alors qu’il allait renvoyer le jeune homme en maugréant sa colère, Constance pris les devants et se saisit des deux récipients au grand dam de son mari.

     « Mais…
     —  C’est une délicate attention que nous ne pouvons refuser, Valmond.
     — Fichue étiquette, grogna alors le marquis.
     — Je savais que cela vous ferait plaisir à vous aussi, répondit Constance sur son sempiternel ton calme. Vous pouvez disposer. »

     Le jeune homme s’inclina et disparu derrière les gradins en titubant. C’est que le vieux marquis avait encore de la ressource dans ses coups, même involontaires.

     Constance tendit ensuite un des deux verres à Valmond et, sur un geste distingué, entreprit d’entamer l’autre. Le seigneur de Mélinor fixa le liquide d’un œil expert et l’huma pour tenter d’y déceler un quelconque poison. On ne restait pas seigneur d’un des fiefs les plus dangereux du royaume sans survivre à quelques tentatives d’assassinats et sa connaissance des produits mortels était plus que respectable… Mais ici, rien ne lui sembla hors de propos. Il n’avait pas tiqué pour le verre de sa femme non plus, elle savait y faire elle aussi et il aurait été plus qu’étonnant qu’elle soit la cible du jeu de Mictlantecuhtli.
     Résigné et sentant le regard bienveillant de son épouse qui lui perforait le crâne, Valmond but… Et   à sa grande surprise, le breuvage était fort bon. Voilà qui était d’autant plus improbable ! Il se serait attendu à ce que le verre soit au moins piégé et se brise dans ses mains, mais il n’en était rien !

     Soudain, Constance eu un léger hoquet qui lui fit mettre délicatement la main à la bouche. Valmond s’inquiéta l’espace d’un instant, mais il connaissait assez son épouse pour savoir qu’elle allait bien.

     « Mes excuses, ce breuvage est un peu plus corsé que je n’imaginais. Mais rien de bien folichon, cela lui donne un peu de corps. »

     Valmond voulut jeter un œil à la coupe de sa femme pour en avoir le cœur net, mais cette dernière pointa subitement un coin de la tribune.

     « Ah ! Je crois que nous avons un cas sublime qui se présente à nous. »

     En effet, un noble se roulait par terre en tenant encore un billet qui lui servi à placer son pari. La scène était si ridicule que même Valmond ne put s’empêcher de glousser de rire, oubliant un instant sa défaite récente.

     Tandis que Valmond regardait ailleurs, Constance soupira lentement. Ce qu’il ne fallait pas faire pour éviter un incident diplomatique tout de même. Par moment, cet endroit virait plus à la garderie d’enfants turbulents qu’à un rassemblement de la noblesse du royaume.
     Puis, calmement, la dame vida le reste du liquide inconvenant derrière son banc avec un calme olympien.
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Calidus5
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 10 Mar 2018 - 15:06

Il existe un dicton dans la baronnie de Joli-Tonneau qui dit : « Un tonneau de perdu dix de retrouvés ». Si vous tenez en compte le fait que la baronnie est un grand producteur de tonneaux en bois de chêne, vous aurez une certaine interprétation de ce dicton ; si par compte vous vous souvenez plutôt de la cave fort bien garnie du seigneur des lieux et de son expertise reconnue en termes de boissons alcoolisées, vous en aurez sûrement une toute autre interprétation.

Le baron de Joli-Tonneau, lui l’interprète comme ça l’arrange selon les circonstances. Lorsque Brombur lui avait proposé sa marchandise, le baron s’était immédiatement détendu et ce pour deux raisons : tout d’abord la conversation s’orientait vers son domaine de prédilection, à savoir les boissons alcoolisées  drunken , ensuite un nain qui accepte de vous vendre sa marchandise ne vous en veut pas mortellement. Sa réserve d’alcool naine étant au plus bas, il décida d’en profiter pour en réapprovisionner sa cave. Ce n’est donc pas un ou deux tonneaux que le baron ambitionnait d’acheter mais plutôt deux ou trois dizaines.

Mais, chose plutôt rare pour un humain, Joli-Tonneau s’y connaissait plutôt bien en bière naine (expérience acquise lors de sa quête du Graal), que ce soit en zythologie ou sur leur valeur réelle. C’est donc après avoir goûté plusieurs fois chaque échantillon proposé par Brombur, que le baron fit la sélection de ce qu’il considérait comme étant d’excellente qualité (même selon les standards nain) et entama une longue et âpre négociation avec le ressortissant de Karak-â-Khaône. Car les négociations avec les nains sont toujours très longues et très âpres…  I don't want that

Joli-Tonneau n’était donc pas dans les meilleures dispositions lorsqu’il vit ce que ses « incapables de paysans » firent de son projectile spécial.
Puis il retourna voir Brombur pour continuer les négociations.  :glou:
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Lord del Insula
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MessageSujet: Re: Tournoi de trébuchets d'Alsacie.   Sam 10 Mar 2018 - 16:17

Comme les discussions reprenaient de plus belle, le Comte D'Alsacie concluait son fameux récit évoquant la mystérieuse potion.

- ...Et donc, un antique druide serait le dépositaire de cette recette au combien légendaire. Les rumeurs prétendent qu'il se serait retiré pour une vie d’ermite, si bien que personne n'en a plus entendu parler depuis. Mais la légende a tout de même traversé les âges, racontée de génération en génération jusqu'à nous.

- Quelle histoire passionnante ! - ironisa Cédric - Mais qui pourrait croire qu'un tel pouvoir pourrait exister, qui semblerait surpasser ceux de la Dame ! Que je sois transformé en menhir si cela est vrai !

- Pour ma part je trouve une curieuse similitude entre cette fameuse potion et le Graal de notre Dame, louée soit-Elle ! – remarqua le Lord - Bien que je n'ai encore ouï de récit dans lesquels de Saints chevaliers combattaient à mains nues ou lançaient des menhirs...

Pendant que le Comte D'Alsacie rétorquait quelques arguments au Chevalier Normand, notamment à propos de l'excellente réputation du duo de ménestrels à la source de la diffusion de cette légende, le Lord de Insula songeait par lui-même que cette histoire l'inspirait fortement et qu'il devait bien y avoir des choses à faire avec un menhir.

- Il semblerait en tout cas que seule cette potion vous empêche de craindre que le ciel ne vous tombe sur la tête messire Comte ! – rétorqua Cédric - À ce propos, je remarque que votre réseau de télébuchet reste muet pour l'heure. Je ne me rappelle pourtant pas vous avoir vu donner des ordres dans ce sens.

- Il ne doit s'agir que d'un encombrements momentanée du réseau – répondit Guillaume d'Alsacie en haussant les épaules. - La ligne rencontre parfois des coupures passagères, le temps de réajuster un télébuchet.

Il fallait bien sûr entendre par là qu'un tir avait été mal ajusté, ou bien qu'il fallait remplacer un opérateur, victime d'un regrettable accident de travail mettant fin de manière brutale, sanglante et définitive à son service.

- Souhaitez-vous que j'aille m'enquérir de la situation ? – questionna le Comte.

- Ce serait fort volontiers, d'autant que votre dispositif suscite ma curiosité – acquiesça le Lord. - Mais avant cela, continuons-nous notre petit défis concernant les paris ?

- Pour ma part je préfère renoncer pour l'instant à ce petit jeu Milord – déclara Cédric.

- Vous avez beau jeu de moquer ma prétendue couardise si vous me rejoignez sur la voix de la temporisation – fit remarquer non sans malice Guillaume d'Alsacie. - De mon côté, j'attends d'y voir plus clair avant de m'y risquer à nouveau.

- Je vous comprends fort bien messires – concéda Sirius del Insula. - Pour ma part, la fortune m'a pour l'instant sourit et je peux tenter quelques mises plus ou moins hasardeuses. Je pense par exemple miser sur la perte d'un de vos servant cher Comte. Allons régler cela et nous vous suivons.

Et après que le Lord ait misé 5 pièces sur l'élimination d'un servant du Comte d'Alsacie et 5 autres sur l'élimination de l'équipage du Baron de Joli-Tonneau, les trois hommes se dirigèrent vers le sommet de la tour.
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