Le Royaume de Bretonnie
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 Le bouseux tournoi de Géorgie

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MagnanXXIII
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MessageSujet: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 19 Déc 2015 - 22:08

Le Bouseux Tournoi de Géorgie



Introduction



La grande salle du trône était étrangement calme ce jour-là, le Roy Louen s'occupait de quelques affaires inintéressantes du duché. Quand soudain, un messager de la cour arriva en courant et interpella le roi de vive voix :

- Mon Roy, Mon Roy !
- Qui a-t-il ? Parlez mon cher Marc, parlez.
- C'est à propos d'un chevalier de votre famille…
- Malebaude ! s'exclama le Roy. Encore lui ! Que la Dame maudisse Moussillon et ses habitants !
- Non sire, c'est votre cousin…
- Brocard ? Il cherche toujours des embrouilles avec Thégan celui-là, le duché n'est jamais calme avec eux.
- Excusez-moi mon Roy, mais je ne viens pas vous parler de  Brocard. C'est à propos de l'autre cousin.
- Par la Dame et tous les dieux du panthéon ! jura le Roy qui sentait la fatigue l'envahir. Non pas lui ?! Georges ?
- Oui messire, et il veut anoblir un de ses roturiers.
- ENCORE ?!!
- Oui sire…
- Cela doit bien faire dix fois que je lui refuse une telle demande ! Vous connaissez ma réponse, allez la lui transmettre.
- Mais mon Roy. Il insiste, il vous propose même un marché.


Louen se frotta le front en signe de fatigue, lui qui pensait avoir un jour de tranquillité. Après un court silence, il lança :

- J'écoute.
- Heum, et bien voilà. Sachant que votre réponse serait négative, il propose de prouver à tout le royaume la légitimité de sa demande en organisant un tournoi. Il inscrira le roturier en question et s'il venait à gagner, il serait autorisé à devenir chevalier.

Le roi réfléchit un court instant avant d'accepter :

- Fort bien, fort bien. Transmettez mon accord au baron Georges. Il pourra organiser son tournoi et son roturier pourra être anobli s'il remporte la victoire. De mon côté je ferai tout pour qu'il perde. Allez annoncer le tournoi dans tout le royaume et précisez que le Roy récompensera généreusement le vainqueur de l'événement.
- Ce sera fait ô mon bon Roy.

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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 19 Déc 2015 - 22:16

Premier jour des inscriptions


Après avoir vaincu la bête d'Huntervil, le baron Gérald, dit de la Rive, reprit sa quête du Graal. Consultant son parchemin de quête enchanté que lui avait confié la prophétesse Sophie, il décida de faire la quête secondaire intitulée "Gagner le bouseux tournois de Géorgie". Ainsi, comme à son habitude, il suivit la direction indiquée par la fleur de lys de son parchemin qui faisait aussi office de carte. Après quelques jours de voyage dans le massif des Sœurs Pâles, Gérald entra dans un village qui lui semblait en ruine, il vit une occasion de débloquer une nouvelle quête secondaire. Il interpella un paysan qui semblait s'occuper de ce qui restait de sa masure:

« Holà mon brave ! Pouvez-vous me dire ce qui a causé la ruine de vostre humble patelin et de vostre humble demeure ? ».

Le paysan le regarda d'un air hébété et lui répondit:

« Beeeen, m’sieur, je ne vois pas de quoi vous parlez, le village va très bien, m’sieur, et ma baraque aussi, d’ailleurs c'est la plus belle du coin ».

Gérald eu du mal à le croire, ce tas de boue, de bois et de buisson était une maison pour les paysans de ces terres. Toujours très étonné, Gérald demanda le nom du patelin au paysan car sa carte magique n'affichait aucune information sur ce lieu, ce dernier lui répondit avec un air de routine:

« Bah, vous savez, les nouveaux hameaux comme le nôtre n'ont pas encore de nom, on doit encore se développer et attendre que le Georges nous en donne un ».

Après avoir échangé avec le paysan, Gérald continua son chemin toujours en suivant la fleur de lys de sa carte. Cette dernière indiqua l'entrée dans la baronnie de Géorgie et affichait le blason du Seigneur qui dirigeait ces terres.


Après être sorti du hameau, le paysage changea radicalement. Là où sur sa route il y avait montagnes et forêts, s'étendait maintenant devant lui un océan infini de champs, d'arbres et de boue. Avant même de parcourir une lieue, Gérald arriva déjà au deuxième village, semblable au premier. Il ne s'y attarda pas et espéra de tout cœur que les agglomérations de la région ne seraient pas toutes pareilles. En deux ans de quête il n'avait jamais vu une campagne aussi pourrie. Même à Moussillon les masures avaient au minimum 2 murs et un semblant de toit. En s'enfonçant dans les terres, Gérald traversa encore une dizaine de hameaux difformes avant de rentrer dans un village un peu plus grand et à l'architecture un brin plus évoluée. Après l'horrible spectacle que lui avaient procuré les patelins précédents, Gérald était prêt à s’émerveiller devant les masures aux murs et aux toits de boue, certaines bâtisses avaient même un peu de chaume. Il fut tellement satisfait de voir que ce village était enfin nommé qu'il ne s'étonna guère de l'exagération de son appellation: "Paumé sur bois".

Au loin il pouvait apercevoir une forteresse imposante sur une haute colline, sa carte indiquait sa direction. A l'idée de revoir le confort d'un château seigneurial et de quitter cette malodorante campagne, il accéléra le pas de son destrier. Après avoir traversé le village de "Paumé les bains", Gérald arriva à "Paumé sur bourg", le village au pied de la forteresse. Cette dernière agglomération avait un aspect nettement plus évoluée que les autres villages, certaines maisons avaient des fondations en pierre et avaient des toits en tuiles. Bien que l'ensemble des maisons ressemblait à un quartier pauvre de Mousillon, la commune avait au moins le mérite de correspondre à un quartier structuré avec des routes partiellement pavés. Gérald aperçu une taverne, mais contrairement à ses habitudes, il n'y rentra pas, son attention était principalement tourné vers l'immense forteresse qui se dressait devant lui. La place forte avait plusieurs niveaux de murs. Certains avaient au moins de plus de 30 mètres de hauteur. La forteresse était constituée d'une multitude de hautes tours et de donjons. Le donjon principal était si grand qu'il semblait toucher le ciel.

Gérald, tout en gardant la tête levé vers le fort, s'approcha du pont levis qui séparait la ville de la forteresse. Quand les gardes apprirent que Gérald était un chevalier venu participer au tournoi, ils le laissèrent entrer sans problème après avoir soufflés dans une corne. Ils hurlèrent "Un chevalier est arrivé !".

Dans la cours de la forteresse on voyait, des centaines d'hommes d'arme courir dans tous les sens. Un garde, qui, au vue de son équipement, semblait être un officier vint rapidement à la rencontre de Gérald. A moitié essoufflé, il le salua poliment et l'invita à le suivre. Ils traversèrent ensemble la partie inférieure du fort, une petite ville constituée de nombreuses casernes et diverses installations militaires. Partout où ils allaient des hommes d'armes étaient au garde à vous et les étendards de la Géorgie était déployés. Après avoir franchi le dernier rempart, on prit le cheval de Gérald pour l’emmener à l'écurie. Le gradé qui accompagnait Gérald fit entrer le chevalier dans le donjon principal. Après avoir traversé l'antichambre gardée par une vingtaine d'hommes d'arme en armure lourde, Gérald pénétra dans une grande salle richement décoré. Au fond de celle-ci, un immense trône vide...

« Par la Dame, le premier chevalier est venu ! Acclama un page qui s'avança vers Gérald
- Eh bien, on sait accueillir dans votre château. Mais je ne dirais pas autant de vos villages. Où est le baron ? Je viens m'inscrire pour le tournoi, demanda Gérald.
- Milles excuses noble chevalier, mais notre Seigneur est parti à la chasse aux gueux, c'est une activité sportive de chez nous. Quand il sera rentré il vous souhaitera personnellement la bienvenue.
- Bien, dit Gérald d'un ton fade comme s'il attendait quelque chose.
- Oh, pardon, je ne me suis pas présenté, je me nomme André, frère André, fidèle serviteur du baron Georges et clerc de l'église du château. C'est moi qui suis chargé de m'occuper des participants du tournoi et de les inscrire. Veuillez me suivre noble sire. »

Gérald suivit André jusqu'à une table dans un coin de la salle. Le jeune moine s'assit et ouvrit un manuscrit qui servait de registre. Il y inscrit les informations concernant Gérald et lui indiqua sur un plan de la forteresse ses appartements.

« Merci gamin, lui adressa Gérald avec ses valeurs de respect qui lui son propre, mais je peux facilement trouver ma loge grâce à mon parchemin. D’ailleurs il devrait se mettre à jour. »

Une inscription était apparue sur le parchemin de Quête du chevalier « Quête secondaire mise à jour : ''Gagner le bouseux tournois de Géorgie : Rendez-vous dans vostre chambre'' »

« Et j'oubliais, le code de la Quête m'interdit de dormir deux nuits au même endroit, il me faudrait autant de chambre que de jour pendant toute la durée du tournoi ».

Sur ces mots, Gérald partit dans les couloirs du château à la recherche de ses appartements en suivant la fleur de lys de la carte magique sous les yeux curieux d'André. Il n'avait jamais vu de chevalier de la quête de sa vie et trouvait cela passionnant. Il faut dire que peu de seigneurs osent pénétrer dans les terres de Géorgie. Seuls les membres de la famille de Georges viennent de temps en temps sur invitation et à dos de pégases ou d'hippogriffes...

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Kaops
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 19 Déc 2015 - 22:22

Sa monture allant au pas, un chevalier descendait le tas de boue que les locaux appelaient une route. On pouvait remarquer, attaché au flanc de son destrier, son écu qui portait d’or sur croix de sable. On pouvait remarquer aussi sa chevelure blonde et son armure presque resplendissante en comparaison avec son environnement. Mais ce qui marquait le plus avec ce chevalier,  c'était sa capacité à garder sa posture fière et charismatique malgré les déplacements hasardeux de son cheval. Un véritable miracle selon les dires des passants.

Néanmoins, Fulbert, dit le vaniteux, était passablement excédé. Entre autres parce que son seigneur l’avait envoyé de force dans un trou paumé pour participer à un tournoi dont il n’avait cure. Mais surtout parce que « trou paumé » ne décrivait que trop bien l’endroit où il se trouvait. Paumé-sur-midi, Paumé-sur-prairie, Paumé-sur-ferme… tels étaient les noms surréalistes des villages que Fulbert traversait et où il avait pu déchiffrer le nom. Tous se ressemblaient et se succédaient sans fin. Un véritable calvaire si on y rajoute les gueux à l’intelligence proche d’un pèlerin fanatique qui surgissaient de nulle part pour vous demander une bénédiction.

Tout en se dirigeant vers le château, Fulbert arriva devant une sorte de village en meilleur état que le reste. « Paumé-sur-bourg » déclamait fièrement le panneau de bois rongé par l’humidité. Après un soupir exaspéré, le chevalier pressa sa monture pour en finir au plus vite. Les habitants du village semblaient mieux habillés que les autres et ils avaient l’air de le savoir. Ce qui fait qu’un concours pittoresque de fausse noblesse se présentait devant les yeux de Fulbert. Pour lui, ces « bourgeois », comme ils semblaient s’appeler, étaient ridicules. Et il s’amusa grandement en regardant les regards hébétés qu’ils lui lançaient quand il passa dans le village. Leur pseudo-fierté fondant comme neige au soleil devant sa prestance.


Une fois arrivé au château, Fulbert fut amené devant un page prénommé André. Ce dernier enregistrait les noms d’autres chevaliers venu pour le tournoi. Le jeune moine regardait, émerveillé, les chevaliers se présenter comme s’il n’en avait jamais vu. Ses yeux se mirent à briller littéralement quand Fulbert se présenta à son tour, même s’il envoyait quelques piques à l’encontre de ses futurs adversaires. C’est alors que Fulbert fut sorti brusquement de ses railleries quand il entendit un cri rauque à sa droite. Un autre chevalier avait mis pied à terre et agrippait un des bourgeois au col.

« Répète ?! Qu’est-ce que tu viens de dire misérable pouilleux ? » hurlait le chevalier dont l’armure qui semblait un poil trop grande pour lui cliquetait en même temps qu’il secouait le pauvre bougre.

« Holà ! Mon brave ! Quelles sont ces manières ! héla Fulbert. »

L'inconnu releva la tête vers Fulbert. Quand il comprit qu’il avait affaire à un chevalier, l’inconnu ne put réprimer une certaine pointe de dégout.

« J’apprends les bonnes manières à ce gueux qui a insulté le nom de ma famille ! grogna l’inconnu.
-Messire ! supplia le bourgeois. Aidez-moi ! Il est d’venu fou après m’avoir entendu me moquer du vieux Bastian !  
-Comment a tu osé ??
s’étranglait le chevalier. »

Fulbert s’approcha de la mêlée et s’interposa entre le chevalier et le bourgeois.

« Arrêtez de vous ridiculisez, bon sang. Laissez-le tranquille ! De plus, vous effrayez les dames… »

Fulbert se tourna vers une des bourgeoises les plus jolies et lui adressa subtilement son sourire le plus charmeur. Puis il se retourna vers son interlocuteur :

« Vous êtes venu pour le tournoi ?
-Moué… maugréa le chevalier qui foudroyait du regard le bourgeois à terre.
-Dans ce cas, inscrivez-vous ici,
dit Fulbert en pointant André. Et gardez votre fougue pour l’arène, vous en aurez bien besoin contre moi… »
Sur ces mots, Fulbert partit en se gaussant vers le château.

Le chevalier grommela quelques remarques à l’encontre de son jeune congénère et se plaça devant André.

« Bonjour monseigneur, fit un André toujours aussi jovial. Quel est votre nom ?
-Connardos de Connardie,
maugréa le chevalier.
-Bien Connar… »

Le reste de la phrase s’étrangla dans la gorge d’André alors qu’il comprenait ce qu’il venait d’entendre. L’orgueil piqué au vif, André reprit :

« Connardos… ?
-De Connardie,
reprit le chevalier passablement exécré.
-Vous vous moquez de moi ? demanda André en fronçant les sourcils.
-N’insultez pas plus mon nom ! hurla Connardos qui pointait du doigt le page. Écrivez-ça dans votre registre qu’on en finisse ou vous tâterez de ma lame ! »

Quelque peu inquiété par les menaces de ce forcené, André s’exécuta en vitesse. Au point que quand il partit, le page avait quelques gouttes de sueur qui perlaient sur son front. Ces inscriptions s’annonçaient bien plus difficiles et moins plaisantes que prévues…

De son côté Connardos se jurait que le prochain à utiliser ce maudit sobriquet qui faisait honte à sa lignée depuis des siècles le regrettera. Il n’avait pas fait tout ce chemin depuis son île natale de Connardie pour se faire ridiculiser de la sorte. Il redorera son blason, quoi qu’il en coûte ! Et ces maudits continentaux et leur foutu « honneur » comprendront que l’on ne se moque pas impunément de lui…
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Kaops
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Mer 23 Déc 2015 - 20:43

Deuxième jour des inscriptions


Du haut d’une colline, surplombant la vallée qui subissait la baronnie de Géorgie, un chevalier un peu particulier attendait. Ses armoiries et son armure indiquait son appartenance à l’ordre éminent des chevaliers du Graal, même si étrangement on avait du mal à y croire. Sa prise sur sa lance était plus qu’hasardeuse et semblait encore relever de l’expérimentation plutôt que de l’expérience. Mais on sentait néanmoins qu’il essayait.

« Heu… Ma Dame ? dit Léonard d’une voix hésitante. »

Quelques longues et pesantes minutes passèrent sans aucune activité notable. Léonard commençait à désespérer. Il l’avait appelée pendant au moins un quart d’heure sans qu’elle ne réagisse.

« Nawenn ?! Vous êtes là, oui ou non ? désespérait-il. » Le jeune chevalier du Graal, soupira bruyamment. « Bon, quand faut y aller, faut y aller, se dit-il à lui–même sans grande conviction »

Léonard talonna son destrier et partit vers le château de Géorgie.


Une heure plus tard, dans le lointain domaine de la Dame. Nawenn se réveilla en sursaut dans sa demeure.

« Bon sang ! dit-elle paniquée. Je l’avais complètement oublié ! »

Après s’être rapidement préparée, elle se téléporta magiquement jusqu’au dernier endroit où elle avait entendue Léonard. Un flash blanc apparut au bas de la colline et Nawenn remonta en vitesse la pente.

« J’espère que ce n’est pas pour se plaindre de ce tournoi, grommelait-elle toute seule. Il y ira un point c’est tout ! Il a besoin d’être reconnu parmi ses pairs et un tournoi est parfait pour ça ! Pourquoi est-ce qu’il…. »

Nawenn était bouche bée. En arrivant en haut de la colline elle vit ce que Léonard avait vu avant elle. La Géorgie est un spectacle sensoriel unique en son genre après tout, autant par le visu que par l’odorat. Et la région Est où Léonard était arrivé est la plus percutante de toutes. Si les terres de Géorgie semblaient malades, sa région Est était en phase terminale d’un cancer du sida. Le village de Saucisse tenant la palme avec sa spécialité culinaire régionalement connue pour sa haute toxicité.

« Naweeeeeeen ! » entendit-elle au loin.

La dame se téléporta en urgence aux environs de l’endroit d’où venait la voix. Elle trouva Léonard au milieu d’une place, entouré de cadavres. Le chevalier essayait de maitriser son cheval paniqué. Nawenn lança un sort d’apaisement sur la monture qui se calma immédiatement.

« Nawenn ! pleurnicha Léonard. Enfin !
-Mais qu’est-ce qu’il se passe ici ?
-Des… Des…. Des skavens… Partout…
»

Léonard était en état de choc. Quand Nawenn regarda de plus près les cadavres elle remarqua que différencier les hommes-rats des habitants locaux était plutôt difficile. Elle s’approcha de Léonard et posa sa main sur son dos.

« Bon… On se calme, fit-elle d’une voix rassurante. On va aller voir le seigneur de la baronnie et on lui parlera de ce problème, d’accord ? Mais pour le moment, tu vas t’inscrire au tournoi.
-D’a…D’accord…
-Et… S’il te plaît Léonard.
-Oui ?
-Récupère ta lance…
s’exaspéra Nawenn. »

Elle regarda le chevalier partir vers le château en jetant des regards paniqués tout autour de lui. La dame se mit la main sur le visage en pestant. Comment avait-elle fait pour ne pas se rendre compte que cette baronnie était un tel cloaque ! En même temps, le fait que le sort Albionais de « Geomantic Positioning Spell » ait eu autant de difficulté à trouver l’endroit était un signe en quelque sorte… Résignée à accepter la situation, Nawenn se téléporta à nouveau dans sa demeure, loin de ce paysage d’horreur. Elle appréhendait néanmoins les heures de travail supplémentaires que ce tournoi allait lui imposer…


Et en parlant d'heure supplémentaires, André le jeune page était en train d'en faire. En plus des chevaliers errants qui cherchaient la gloire, des gueux arrivait de toute la baronnie pour s'inscrire au tournoi. André se fit la réflexion que les deux types de participants se ressemblaient par certains aspects, ce qui n'améliora pas son moral. Et pour couronner le tout, le seul chevalier du Graal qui se présenta ce jour-là faisait peine à voir...

Décidément, quand le baron Georges reviendrait, le moine comptait bien lui demander toute une cargaison de vins de Bordeleaux pour se remettre de ces inscriptions.
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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Lun 28 Déc 2015 - 17:04

Après avoir longuement voyagé sur les routes de Parravon et de Montfort et traversé le massif des sœurs pâles, un étrange chevalier à l'armure baroque et à l’accent impérial arriva à la frontière de la Géorgie. Il aperçut l'océan de champs et de boues que constituait la région et regretta bien vite les beaux paysages qu'il venait de traverser. Mais son impatience à participer à un tournoi masqua rapidement son dégoût. Optimiste, il se disait que cela contribuait à la diversité du pays et que finalement cela avait un aspect très ''pittoresque''.

Il traversa les champs et les hameaux nauséabonds non sans éveiller la curiosité des paysans qui étaient à la fois émerveillés par la venue d'un noble et effrayés par l’étrange aura maléfique qui émanait du chevalier. Ce dernier ignora en partie les roturiers. Il jetait tout de même des regards inquiets aux gueuses de la région, aucune n’était attrayante, soit elles étaient recouvertes de boutons et de cicatrices soit elles avaient un air maladif rappelant au nouveau venu certains de ses serviteurs… Arrivé au village de Paumé sur Bourg au pied du château, le chevalier était soulagé de voir des roturières bien portantes. Bien que celles qu'il avait croisées fussent loin d'incarner la beauté, il jura de refaire un tour en ces lieux se disant qu'ici au moins il aurait une chance de trouver une ''prise'' décente.
Arrivé à l’entrée du château, apprenant qu'il participait au tournoi, les gardes le laissèrent rentrer sans lui poser de question. Mais au moment de franchir la seconde muraille, une voix l’interpella du haut des murs, un chevalier était assis sur un merlon et lui adressa la parole :

« Holà le bougre ! C'est quoi ce destrier ? Ses couleurs ne correspondent même pas à ton écu. Tu ne l'aurais pas volé par hasard ? »

Le ton franc et inquisiteur du chevalier ne plut pas au nouveau venu, il lui répondit par politesse bien que cela l’agaçait :

« Messire, comment osez-vous m'accuser de la sorte alors que vous ne vous êtes même pas présenté ?
- Connardos de Connardie ! reprit le chevalier agacé. Vous êtes content maintenant ? Je peux vous aider pour le cheval volé vous savez, alors ne fait pas de remarque sur mon nom ! D’accord ?
- Mon nom est Von Essen » répondit l'impérial d'un ton assez gêné. Ne sachant pas quoi répondre face à l'absurdité du patronyme de son interlocuteur, il reprit :
«  Ce destrier n'est point volé, je l'ai adopté. Son propriétaire a rejoint le royaume de Morr de mes propres mains après m'avoir agressé sans aucune raison.
- Ouais, ouais, je connais. J'ai aussi fait cela en venant. Écoute, si ça t’intéresse, j'ai dans mes bagages de la peinture qui a servi à refaire le blason sur mon cheval volé, je peux te la prêter, moyennant phynance bien sûr.
- Merci messire… Connardos, mais j'irai quérir un artisan couturier dans un village pour qu'il me fasse la délicate besogne.
- Comme tu voudras, lança Connardos avant de cracher depuis les remparts sur un homme d'arme qui patrouillait en bas. »

Von Essen pressa le pas de son destrier pour arriver au donjon principal. Il fut accueilli par frère André qui demanda son nom afin de l’écrire dans le registre. Sa culture géographique réduite ne lui fit pas remarquer l'exotisme du nom du chevalier, car en effet le tournoi était par principe réservé aux nobles bretonniens. André demanda au chevalier de retirer son heaume comme la procédure de l'inscription l'exigeait. Von Essen le retira sans gêne, laissant apparaître ses traits vampiriques.

« Vous avez grise mine messire, la route a dû être éprouvante. Vous pouvez vous reposer dès maintenant dans vos appartements. » répondit André ignorant totalement la définition du mot vampire.
Von Essen remercia André et emprunta un couloir en direction de ses appartements fredonnant une mélodie qui fit frissonner tous les gardes qu'il croisait.

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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Jeu 31 Déc 2015 - 16:22

Troisième jour des inscriptions



Il faisait plutôt bon ce jour-là, l'hiver était relativement doux cette année. Frère André décida donc de placer son bureau dehors à l'entrée du donjon pour profiter du soleil. Surtout que la veille, le jour de la venue de Von Essen, le temps était étrangement très mauvais.
De l'autre côté du château, un homme richement habillé attendait dans la grande cour de l'hospice, un immense ''H'' était dessiné sur le sol. L'homme n'était rien d'autre que le baron Georges. Le baron était âgé d'une cinquantaine d'année, et bien que ses rides, ses cheveux et sa barbe grises lui donnent un air de vieillard, Georges était plein d'énergie, il envisageait même de partir en Quête du Graal dans un futur proche, mais étant le seul noble de sa baronnie il ne pouvait pas laisser ses terres et ses paysans sans seigneur.

Georges attendait debout avec patience tout en scrutant le ciel, jusqu'au moment où un hippogriffe apparu à l'horizon. Le monstre tenait dans ses serres une cage avec à l’intérieur un cheval effrayé. A ses côtés volait un pégase et sur son dos se tenait un chevalier, le comte Estienne d'Ajol de la baronnie d'en face. Il avait prévenu Georges de sa venue et le baron lui avait aussitôt envoyé un pégase et un hippogriffe pour que son confrère ne patauge point dans les sentiers boueux et plein d'immondices de la campagne de Géorgie.

Les créatures volantes atterrirent dans la cour, au centre de la lettre ''H'' dessinée par terre dont les gardes du château ignorent exactement sa signification, certains disent que cela vient du mot « Hospice », d'autres pensent que cela vient du mot « Hippogriffe » et d'autre pensent que ça vient du mot « Saucisse ».

Le comte d'Ajol salua le baron Georges :
« Mon ami ! Cela faisait longtemps !
- En effet Estienne, depuis la guerre contre les impériaux qui voulaient s'emparer du comté Est de la Lorraine.
- Mais vous n'êtes pas resté longtemps dans notre baronnie, vous avez poursuivi les impériaux de l'autre côté des Sœurs pâles jusqu'en Alsacie, continua Estienne.
- Oui, je voulais de nouvelles terres, mais c'est un chevalier gasconnien qui s'est approprié les régions que je convoitais. Mais c'est du passé tout ça. »

Georges invita son hôte à manger quelques mets en guise de bienvenue. Estienne d'Ajol accepta et Georges commença à parler de sujets culinaires :

« Toujours aussi bonnes vos fameuses andouilles ? Cette étrange mixture mélangeant viande et estomac de porc, d’obscures épices et de vin blanc, le tout fumé au bois de hêtre, et réputée dans toute votre région.
- Bon sûr mon ami, toujours aussi bonne. Et vos fameuses saucisses sont-elles toujours aussi mauvaises ? Cet étrange concentré de viandes pourries et de vapeurs de marais putride au goût de fiente d'orque craint dans tout le pays.
- Évidement mon cher, toujours aussi mauvaise. »

Après que le baron Georges eu expliqué les effets dévastateurs de la saucisse de Géorgie en combat, Estienne voulu apprendre un peu plus sur les participants du tournoi. Georges commença :

« Alors, attendez. En premier lieu était venu un certain Gérald, un chevalier de la quête. Ensuite il y avait Fulbert dit le vaniteux, il porte d’ailleurs bien son nom. Il cherche toujours des embrouilles avec Connardos, un chevalier étranger assez désobligeant.
- Connar… s'étonna Estienne.
- Oui, vous avez bien entendu, Connardos. Il insulte souvent mes hommes d'arme, c'est embêtant.
- Je les comprends, compati Estienne.
- Si vous le dites, mais c'est surtout qu'après ils viennent tous chez moi se plaindre, comme si ne n'avait pas d'autres affaires de roturiers à punir en cours…
- Ah oui, bien sûr, répondit Estienne qui ne s'attendait pas à une telle réponse, et les autres participants ?
- J'y viens, j'y viens. Hier se présenta un chevalier errant assez maladroit du nom de Léonard. Il se prétend chevalier du Graal mais j'ai du mal à le croire, mais au moins sa compagnie est plus agréable que Fulbert ou Connardos. Après vint un certain Von Essen, un vampire impérial, j'ai été étonné que quelqu’un fasse un si long voyage jusqu'à ici pour participer à ce tournoi.
- Ah oui un vampire, fort bien… Estienne ne réalisa pas immédiatement la valeur de ces propos. Il répéta en manquant de s'étouffer :
- Un vampire ! Vous en êtes sûr ?!
- C'est vrai qu'on en voit pas tous les jours, mais sa dentition et son teint pâle prouve qu'il est bel et bien un vampire, il me l'a même affirmé quand je lui ai rendu visite en fin d'après-midi, répondit Georges d'un ton neutre et naturel. »

Estienne n'était pas très rassuré :

« Vous êtes fou messire ! Vous ne pouvez pas accueillir une telle créature démoniaque sous votre toit ! Ils apportent chaos et corruption. Il ne passera pas une nuit sans que des dizaines d'homme se fassent vider de leur sang, ici même, dans votre château !
- Calmez-vous mon cher, il a affirmé qu'il ne s'attaquera pas aux participants du tournoi et qu'il se contentera de roturières à Paumé sur Bourg. De tous les participants jusqu'à maintenant c'est l'homme ayant le plus de bonne manière, on peut lui faire confiance.
- Faire confiance à un vampire ? Par la Dame, m'en voilà rassuré… gémit Estienne non sans sarcasme.
- Attendez, je vais demander à un garde de vous chercher de la saucisse à l'ail, vous serez sûrement plus tranquille avec. On dit que les vampires en ont horreur.
- Non, merci Georges, je crois que je supporterai plus l'idée de la présence d'un vampire que de porter constamment une saucisse de Géorgie sur moi.
- Comme vous voudrez. »

Georges se caressa la barbe, le bouseux tournoi de Géorgie risquait d'être plus mouvementé que prévu.

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Jeu 31 Déc 2015 - 16:31

Dans les casernes du château, les hommes d'armes du baron s’entraînaient à combattre en horde sous le regard de Gaston, leur capitaine. Ils suivirent tous une formation volontairement désordonnée, sans aucune coordination, écrasant les mannequins sous le poids du nombre plutôt que par leur maîtrise de l'arme d'hast. Un sergent s'approcha du capitaine :

« - Vous m'avez fait appelé capitaine ? Demanda le sergent.
- Ah te voilà Gontran ! Ça fait des jours que je ne t'ai plus vu.
- Le baron m’entraîne ardemment pour la joute, le combat singulier est bien plus délicat que le combat de horde dont j'ai l'habitude.
- Vous savez maintenant pourquoi le baron veut que vous participiez au tournoi ? Questionna Gaston.
- Je crois qu'il veut que je devienne chevalier et que je dirige la baronnie quand il sera parti en Quête du Graal.
- Oh ! Je vois, fit Gaston sans être vraiment surpris. Mais pour remporter ce tournoi tu auras besoin de l'aide de Shallya, les chevaliers que j'ai croisé semble redoutables.
- Mais aucun n'est de taille face au baron qui est justement mon instructeur, répliqua Gontran avec un certain optimisme.
- Je n'en doute pas Gontran.
- Autre chose capitaine ?
- Non c'est tout, je voulais juste prendre de tes nouvelles, tu es quand même le meilleur sergent monté de l'armée. Gaston sourit et dit en guise d’encouragement : Je vous soutiendrais durant le tournoi.
- Merci capitaine. »

Gontran resta quelques minutes à regarder l'entraînement de ses frères d'armes. Il était honoré que le Georges le choisisse pour le remplacer en son absence, mais il était tremblant à l'idée de reprendre ses cours de lettres avec le baron, ce dernier n'était pas tendre avec lui dans l'enseignement de la lecture et de l'écriture. Il aurait préféré frère André comme maître, mais le baron le jugeait trop incapable.


----------------------------------

Frère André prenait le soleil dans la cour du château, assis devant la table d'inscription au tournoi signalée par les armes de son seigneur.
Une masse s'interposa entre lui et le soleil et un poing s'abattit sur icelle table. Sorti brutalement de sa torpeur, André contempla le nouveau venu : un chevalier massif aux larges épaules qui aurait pu paraître redoutable n'eut été son regard bovin.
- Inscrivez céans mon nom sur le registre de joute : Charles Hubert de la Bath de Gransette !
ordonna-t-il d'une voix forte.
- De Gransette, continua-t-il. Il commença a épeler : G ...R ... le silence qui suivit comme le regard désespéré qu'il jeta alentour montrèrent que ses connaissances linguistiques venaient d'atteindre leurs limites.
A quelques pas derrière lui une jeune fille partit d'un rire franc. Fraîche et jolie, ses mouvements souples et félins contrastaient singulièrement avec la lourdeur de Charles-Hubert. Manquant s'étouffer, elle parvint à articuler :
- Mais quand donc cesserez-vous de vous couvrir de ridicule dès que nous entrons en un quelconque castel ?
L'inscription faites, André contempla le couple qui s'éloignait tandis que le sire de Gransette s'emportait sur celle qui semblait être sa sœur :
- Attends que nous soyons entrés au logis, père saura te rappeler le respect que tu me dois, fois de Gransette !

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 2 Jan 2016 - 17:22

Quatrième jour des inscriptions



- Aïïïeeeuuuu !!! Mais Monseigneur pourquoi me frapper ? Pas avec le bouclier cela fait atrocement mal !
- Pour que tu te hâtes enfin vilain nabot. Tu ralentis notre bonne marche vers le fief du baron Georges et le tournoi nous attend. Au train où tu avances nous serons en retard pour les inscriptions.
- Dois-je rappeler à Monseigneur que s'il avait daigné m'accorder ne serait-ce qu'une mule ou une vielle carne nous serions déjà arrivés.


A ces mots, le baron de Jehan de Maislanchon asséna derechef un coup de bouclier à son écuyer. S'ensuivit logiquement une longue plainte de ce dernier.

- Tu as la langue par trop pendue et finasses sans arrêt mais je te ferai avancer malgré toi !!!
- Non, non Monseigneur, ne frappez plus c'est inutile. Vous allez abîmer votre écu à la longue. Je cesse de maugréer, la cause est entendue.
- Voilà qui est mieux Troussenard, je suis navré de constater que la force seule te fasse entendre raison.
- Pardonnez ma curiosité Monseigneur mais pourquoi tournoyer ? Cela fait des années que nous n'avons plus participé à des joutes. Que justifie un tel engouement ? Surtout pour ce tournoi du baron Georges...Nous sommes bien éloignés du domaine de votre Seigneurie.
- Les enjeux te dépassent Troussenard, tu ne les comprendrais point. Mais je vais tout de même satisfaire ta vulgaire curiosité.
- Monseigneur est trop bon...
- Je ne me rends pas à ce tournoi pour le simple plaisir de la joute ou pour voir de stupides donzelles tomber en pâmoison telles de stupides perruches...Sache Troussenard que j'ai eu vent d'une terrible nouvelle : un gueux de la plus basse extraction a été autorisé à tournoyer. Qui plus est, dans le cas, hautement improbable, où ce misérable viendrait à remporter la victoire, il serait anobli séance tenante. C'est félonie et je ne saurai le tolérer. Ainsi, moi, Jehan de Maislanchon, baron de Frontegoche, défenseur farouche et gardien inébranlable de l'ordre établi, mettrait tout en oeuvre pour faire obstacle à ce manant. Car enfin que se passera t'il le jour où la roture pourra accéder aux honneurs, où chacun sera reconnu selon son mérite et non par sa naissance, ce serait la fin du royaume !


Troussenard, bien que moyennement convaincu mais redoutant un énième coup d'écu, acquiesça servilement aux propos de son Seigneur et maître.

- Ah Troussenard, nous voilà enfin arrivés ! J'aperçois le castel du baron Georges. Fais sonner le tocsin pour annoncer mon auguste présence…

Avant même d'entrer à Paumé sur Bourg, Jehan et son écuyer furent ralentis par une masse de paysans levant des pancartes. Le chevalier fut hautement gêné par cet amas de roturier et se fraya un chemin en distribuant des coups de boucliers et des coups de sommation avec son épée tout en les insultants avec tous les noms d'oiseaux de la Bretonnie dont les hirondelles du Vieux Monde et les hirondelles des Terres du Sud.

Arrivé devant André, Jehan commença à se plaindre du terrible accueil qu'il avait dû endurer au village voisin. André expliqua au chevalier qu'il avait affaire à un Sindique-cas et se senti obligé de raconter toute l'histoire :

- Cela a commencé à la fondation de la baronnie, quand le château ici présent n'était qu'un vaste chantier où des milliers de gueux travaillaient. Un paysan muet du nom de Sindique voulu demander une faveur aux contremaîtres du chantier, il eut l'idée d'utiliser un bout de bois et d'y dessiner ce qu'il voulait pour communiquer. Le problème c'est qu'il dessinait tellement mal que personne ne le comprenait. Une partie des paysans comprirent une demande de renforcement de la sécurité sur le chantier, d'autres comprirent une demande d'une augmentation de pièces de boues, la monnaie courante chez les paysans de la région. Les deux camps de paysans n'étaient pas d'accord sur la façon d'interpréter les demandes de Sindique et firent leurs propres panneaux avec leurs propres dessins et allèrent voir le jeune baron Georges. La confusion était si grande que le baron dû accepter les demandes des deux partis et il fit construire une carrière de boue et renforça considérablement la garnison d'hommes d'armes du château. Depuis ce jour des groupes de gueux menés par un chef viennent fréquemment manifester au pied du château pour demander des choses avec leurs dessins sur des pancartes que le baron a souvent du mal à interpréter, ces groupes sont nommés les ''Cas Sindiques'' ou aussi ''Sindique-cas''. Aujourd'hui il semblerait que les Sindique-cas demandent un don de chaussette foudroyante de Morr au goût de carpeau pour toutes les vaches de la baronnie. Enfin, c'est ce que le baron en a déduit en déchiffrant une pancarte... ».

Jehan ne revint pas de ce qu'il avait pu entendre :

« Quelle absurdité ! Comment le baron peut-il accepter une pareille chose dans sa baronnie ? Personnellement je n'aurai jamais accepté cela, ni même ne l'encouragerait, tout comme mes descendants, je l'espère... »

Jehan s'inscrivit au tournoi et frappa son écuyer parce que, dit-il, « Cette histoire m'irrite au plus haut point ».

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 2 Jan 2016 - 17:29

Alors que la faible lueur du crépuscule disparaissait lentement à l’horizon, un cavalier approcha des portes du château. Le garde en faction, en le voyant arriver, le gratifia de son plus beau regard de travers.

« Qu’est-ce tu veux ? grogna l’homme d’arme.
-Participer au tournoi du baron, répondit le cavalier. »

Le garde se pencha un peu plus sur les remparts, du moins autant que sa bedaine et sa brigandine le lui permettait. A y regarder de plus près, à la lueur des torches placées en contrebas. Le cavalier portait une armure lourde et une lance. Le garde leva un sourcil de curiosité à la vue de ce qui semblait être un chevalier.

« T’as vu l’heure ? Le château est fermé la nuit ! Reviens demain ! »

Le garde allait faire demi-tour quand le chevalier l’interpella.

« Pourquoi le château est-il fermé ?
-Pour empêcher les gueux d’entrer pardi !
s’étonna le garde.
-Eh bien, je n’en suis pas un. Laissez-moi entrer, laissa tomber le chevalier.
-Les ordres m’interdisent de…
-Les ordres de qui ?
le coupa le chevalier.
-Du Georges évidemment !
-Le baron souhaite faire un tournoi et a convié des chevaliers à venir. Il n’a pas mentionné de restrictions horaires. Donc en m’empêchant d’entrer, vous contredisez un ordre direct du baron qui nous autorise à rentrer dans sa demeure.
-Mais… Je…
»

Le garde était perdu, ce chevalier détruisait chacun de ses arguments. Les poseurs de problèmes nocturnes étaient majoritairement des gueux stupide sur lesquels il suffisait de crier. Là, il ne pouvait suivre son argumentation. Agacé de ne plus contrôler le fil de la discussion, le garde finir par pester et ouvrit la porte a l’étranger.

Quand ce dernier passa la porte, le garde la referma aussi sec et accompagna le nouveau venu jusqu’à André. Sur le chemin, l’homme d’arme lança quelques regards vers le chevalier et se rendit compte que sa tenue était plutôt étrange. Son heaume portait un masque qui ressemblait à celui des Marienbourgeois et son armure n’avait pas l’air de lui correspondre particulièrement. Il gigotait légèrement, comme gêné par un poids dont il n’avait pas l’habitude. Une fois arrivé devant le page, le chevalier descendit de son cheval et s’approcha du frère.

« Encore un participant ? A cette heure ? » Le page soupira alors qu’il se rasseyait pesamment sur son siège. Il rouvrit son livre en grommelant. « Bon… Comment tu t’intitule ? »

Le chevalier retira son heaume ouvragé et laissa apparaître deux oreilles plus pointues que d’ordinaire.

« Ecrivez Ethgrì Wyrda, le seigneur venu des bois, capitaine du clan Du Datia Yawë… »

Alors que l’étranger partait dans une succession de noms à n’en plu finir qui sonnait plus comme une envolée lyrique, André soupira et écrivit en petit caractères : Le longues oneilles… Puis il se ravisa et écrivit l’elfe.

Avant que ce dernier ne puisse finir sa liste, André referma le livre. Les traits tirés du frère firent comprendre à l’elfe des bois qu’il valait mieux arrêter de perdre son temps avec ces incultes qui ne savaient pas reconnaitre la vraie maitrise des mots. Quelque peu ulcéré, il tourna les talons avec grâce et repartit par la porte. Au grand dam du gardien qui dû la relever à nouveau, l’étranger souhaitant séjourner ailleurs. L’elfe fit néanmoins un petit détour par une taverne de Paumé-sur-bourg pour essayer un breuvage local à base de pommes avant de s’enfoncer dans la forêt.
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Dim 3 Jan 2016 - 15:31

Cinquième jour des inscriptions



Le soleil venait de se lever, annonçant une nouvelle journée de labeur habituel pour les milliers de paysans de la baronnie. André installa tranquillement le bureau d'enregistrement dans la cour du château. Il eut à peine le temps de s’asseoir sur son siège pour accueillir les nouveaux participants qu'un chevalier arriva au galop dans la cour et cabra son cheval à moins d'un mètre d'André, terrifié. Le chevalier se présenta rapidement :

« Je suis le baron Albéric d'Armorique et je viens m'inscrire à ce fichu tournoi, je n'ai pas de temps à perdre. »

André répondit d'une voix encore tremblante:

« Dou... doucement... messire. Vous... vous êtes au bon endroit pour l'inscription, veuillez me répéter votre nom je vous prie, et retirez votre heaume... Vous pouvez descendre de cheval vous savez, les écuries ne sont pas loin. »

Le chevalier descendit de cheval en grommelant et enleva son heaume.

« Je ne le répéterai plus, je me nomme Albéric d'Armorique, descendant des anciens ducs d'Armorique, baron de Fortbiant. Je rajoute que je suis ici contre ma volonté et je m’inscris uniquement pour obtenir une faveur du roi.

- Une faveur du roi ? Demanda André par curiosité. »

Albéric répondit énervé :

« Oh, rien de très important, juste empêcher une guerre civile qui pourrait embraser l'Armorique, de Mousillon jusqu'à Lyonesse. Mais bien sûr, c'est insignifiant ! gesticulait le chevalier. Et puis qui se soucie de l'Armorique ? Qui se souvient encore de l'Armorique ? Vous vous en souvenez, vous, de l'Armorique ? Non ! Le roi a raison après tout, un tournoi, c'est bien plus important que d’empêcher un massacre ! ''L'honneur de la chevalerie en dépend'' qu'il disait… »

André ne comprit pas le ton sarcastique de ces propos et prit Alberic pour un fou furieux. Il voulut rapidement mettre fin à cette conversation.

« Votre inscription est finie messire, veuillez déposer votre destrier à l'écurie et rejoindre vos appartements.

- Oui, qu'on en finisse ! Plus vite j'aurai fini avec ce tournoi, plus vite je pourrais rentrer en Armorique avec les renforts promis de Couronne… Quand commence les épreuves ?

- Dans deux jours messire.

- C'est long, c'est beaucoup trop long, ma baronnie brûle sûrement déjà à l'heure qu'il est… »

Albéric partit avec son cheval au grand soulagement d'André, calmé mais l'air abattu. Il se retourna une dernière fois pour demander.

« Vous avez une chapelle de la Dame ou un truc du genre ici ?

- Évidement, je suis le frère qui s'occupe de la chapelle, elle se trouve dans la haute cour du château, en longeant le donjon vous ne pouvez pas la louper.

- Merci, dans ce cas on se reverra là-bas, termina Albéric sur un ton mélancolique. »

Cette fois, Alberic quitta le champ de vision d'André pour de bon. La journée commençait assez mal pour le moine, un chevalier abracadabrant était encore venu se présenter aujourd’hui, les tournois doivent porter malheur se dit-il.

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Kaops
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Dim 3 Jan 2016 - 22:21

Alors que l’après-midi touchait à sa fin, les dernières inscriptions allaient bon train. De nombreux gueux et chevaliers accouraient pour s’inscrire à la dernière minute. Mais malheureusement pour André, les participants étaient pires que les précédents : Chevaliers sans honneur, bandits espérant une amnistie, jeunes chevaliers errants inexpérimentés  en quête de frisson… Le moine désespérait presque de rencontrer un chevalier « normal » qui n’avait pas une quelconque manie.

Inscrivant un énième participant, André releva la tête pour accueillir sans grande conviction le suivant. Quelle ne fut pas sa surprise de se retrouver devant un chevalier bretonnien à l’armure impeccable et de belle stature.

« Je suis le chevalier Philibert de la Tulipe, Champion d’Arthas et Baron de Corgenon, déclama le chevalier. »

André resta pantois quelques instants, comme s’il attendait une suite.

« Il y a un problème avec mon inscription ? demanda Philibert.
-Non ! se reprit brusquement André. Aucun ! Je vous inscris de suite ! »

André était trop heureux de pouvoir rencontrer un chevalier tout ce qu’il y a de plus respectable après la flopée de participants incongrus qui était passé auparavant. Il appréciait aussi de ne pas s’être fait insulté ou hurlé dessus par le nouveau venu.

« Vous préciserez au baron Georges que le sieur Arthas est en chemin pour assister au tournoi, continua le chevalier.
-Je lui dirais, bien entendu monseigneur ! exhultait André »


Philibert repartit avec sa monture vers les écuries pour l’y installer tout en se disant que ce jeune moine était bien étrange. De son côté André ferma son grand livre, un sourire béat sur le visage. N’y croyant plus, il partit directement à la chapelle pour remercier la Dame et Shallya de la présence de ce chevalier.
En arrivant dans la chapelle, André aperçut immédiatement le chevalier Albéric qui priait sur un banc. En s’approchant, André l’entendit marmonner à propos de sa baronnie. Le chevalier semblait fort inquiet à ce sujet. Le moine décida de le laisser en paix et s’assit sur un banc non loin. Avec plus de ferveur que d’habitude, André remercia à nouveau la Dame de l’avoir fait rencontrer le chevalier Philibert.


Dernière édition par Kaops le Mar 5 Jan 2016 - 19:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Mar 5 Jan 2016 - 16:49

Premier jour des affrontements (Introduction)


Gérald se promenait sur les remparts du château, il trouvait ce dernier relativement calme aujourd'hui. Il n'avait croisé aucun participant au tournoi pour l'instant. Il demanda donc des nouvelles à un garde.

« Holà mon brave ! Savez-vous pourquoi le château est-il aussi calme ?

- Oui messire, on est le premier jour des affrontements, tout le monde est déjà parti sur le lieu du tournoi. Je regrette de ne pas pouvoir y assister, mais je dois garder le château.

- Comment ? Aujourd'hui ? J'avais complètement oublié ! »

Gérald déplia en vitesse sa carte magique de quête:

Carte Géorgie:
 



« Par la Dame je suis en retard ! fit-il en courant vers l'écurie. »

Un peu plus tard, Gérald arriva sur le lieu du tournoi. Des tentes, une arène et une grande tribune avaient été installées à la lisière du marais qui dégageait une odeur pestilentielle. Connardos qui était adossé à une rampe d'étendard accueillit Gérald :

« Ah vous voilà, on vous a fait disqualifier à cause de votre retard. »

Gérald sorti son parchemin de quête, la quête secondaire ''Gagner le bouseux tournoi de Géorgie'' était toujours active.

« Foutaise ! Si j'avais été disqualifié mon parchemin me l'aurait annoncé.

- Roh, vous n'êtes pas drôle, se plaignit Connardos. »

Gérald quitta rapidement la compagnie du facétieux Connardos. Il se rendit vers la tribune qui était divisée en trois parties, une énorme réservée aux roturiers ''bourgeois'', une modeste réservée aux chevaliers et une en hauteur réservée au baron Georges et sa cinquantaine de gardes du corps. Gérald s'approcha d'André qui regardait son registre au pied de la tribune du baron.

« C'est à quel sujet ?
- Je suis le baron Gérald de Port-petit, je suis inscrit pour les épreuves. J'ai raté l'introduction et le début des affrontements, j'espère que je peux toujours tournoyer ?

- Mmh, voyons voir… André consulta un parchemin et reprit, Vous avez de la chance, vous passez juste après le prochain duel, ce qui vous laisse juste le temps de vous préparer.

- Bien, merci ! Répondit Gérald rassuré.

- Et ne vous inquiétez pas concernant l'introduction, vous n'avez rien raté, le baron n'a même pas prononcé un mot. J'ai juste expliqué que la journée sera consacrée aux épreuves éliminatoires. Voyez-vous, le roi nous avait prédit qu'une centaine de chevaliers serai présent pour ce tournoi, finalement seul une quarantaine s'est présenté. Je ne sais pas où sont passés les autres. Même si certains rapports de gardes racontent que des chevaliers ont été aperçus faire demi-tour juste après avoir franchi la frontière de la baronnie, je ne savais pas que le paysage de la Géorgie était si répulsif…
Quoi qu'il en soit le baron a jugé le nombre de participants trop important et considère les premiers tours de duel comme des épreuves de test et s’enchaîneront toute la journée, seuls douze participants seront retenus pour les grandes épreuves qui commenceront demain. »


Gérald parti se préparer pour l'affrontement. Quand vint son tour, il dû affronter un comte de Gisoreux. Le début de la joute était plutôt délicate pour Gérald, étant un chevalier de la Quête il n'avait pas droit à une lance de cavalerie, il dû utiliser son épée de la quête ou son bouclier pour contrer la lance de son adversaire. Mais la Dame était avec lui, il remporta son premier combat.

Les autres duels s'ensuivirent toute la journée. Une fois le soleil couché, un page vint réveiller André qui s'était assoupit sur son parchemin.

« Frère André, le dernier combat s'est achevé sur la victoire de Sire Philibert de la tulipe. »

André chercha sa plume et son encrier et barra le nom du vaincu ''Comte Guillaume de la Tour d'Alsacie''. Ce dernier était tombé dans la boue nauséabonde du marais lors du combat et se plaignit au loin : « J'y crois pas, c'est pire qu'à Havras ici ! ».

Sous la lueur des torches, André se leva et annonça de vive voix les douze chevaliers acceptés pour les grandes épreuves :

-Fulbert le vaniteux (Lord del Insula)

Spoiler:
 

-Gérald baron de Port-petit dit Gérald de la rive (Calidus5)

Spoiler:
 

-Connardos de Connardie (Kaops)

Spoiler:
 

-Léonard Graaleux Malgré lui (Chevalier Rouergue)

Spoiler:
 

-Gontran malarmé (Personnage non joueur)

Spoiler:
 

-Von Essen (Von Essen)

Spoiler:
 

-Estienne d’Ajol (Nicolas de Lorraine)

Spoiler:
 

-Charles Hubert de la Bath de Gransette de Baisebaule (Toison d'or)

Spoiler:
 

-Sire Jehan de Maislanchon baron de Frontegoche (Le ménestrel enrhumé)

Spoiler:
 

-Ethgrì Wyrda, le seigneur venu des bois (ethgri wyrda)

Spoiler:
 

-Chevalier Philibert de la Tulipe, Champion d’Arthas, Baron de Corgenon (Arthas)

Spoiler:
 

-Baron Alberic d'Armorique (MagnanXXIII)

Spoiler:
 

André donna à tous ces chevaliers rendez-vous demain pour le début des grandes épreuves. Les chevaliers déjà éliminés pouvaient rester dans la baronnie autant de temps qu'ils voudraient, mais au moment de faire son discours, la majorité avait déjà quitté le pays.

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Dernière édition par MagnanXXIII le Dim 17 Jan 2016 - 15:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Mar 12 Jan 2016 - 22:50

Intermède


- « Troussenard fais-ci, Troussenard fais cela ! Comme si j’étais taillable et corvéable à merci ! »

Troussenard s’arrêta un instant et réalisa qu’effectivement son humble condition l’amenait à être taillable et corvéable à merci, notamment depuis qu’il était au service du baron Jehan de Maislanchon. Que la vie était plus douce au temps jadis où il était simple commis au relais-poste du Comté de Fligoudun pensa t’il en son âme. Sans cette ridicule partie de « renifle mon gant » qui avait mal tourné, jamais il n’aurait quitté sa vie d’antan. Il n’avait eu gère le choix cependant. Il se remémorait l’incident avec exactitude. Ce soir-là, emporté par la passion du jeu, il avait malencontreusement frappé le prévôt Grimbert avec un gigot. Le pugilat général qui s’ensuivit vira rapidement à l’émeute avec pour seul résultat final l’incendie de la chapelle du Graal du comté. Une telle profanation ne pouvait rester impunie. Troussenard n’avait dès lors que pour seul choix la fuite sauf à être atrocement supplicié en place publique. D’errance en errance, il finit par s’établir dans la baronnie de Frontegôche où il fut remarqué par le Seigneur de Maislanchon lors d’une partie de chasse. Son habileté à flairer les bonnes pistes menant au gibier lui avait valu un nouveau maître. Depuis il n’avait cessé d’être à son service.

- « Troussenard ! »

L’appel, au ton pressant, de son seigneur fit sortir Troussenard de sa torpeur.

- « Oui, oui Messire ! Me voilà ! »

Il entra précipitamment dans la tente deux grands seaux d’eau chaude à la main. Sans plus attendre, il les versa dans le baquet où se délassait le Sire de Maislanchon.

- « Bien. Après avoir brossé nostre destrier, tu déposeras chez le forgeron mon fléau d’armes, puis tu poliras mon harnois blanc. Je veux que mon armure brille de mille feux tout le long de ce tournoi. »

Passablement agaçé par ces nouvelles tâches qui venaient s’ajouter à longue liste des corvées restant à accomplir, Troussenard se permit de répliquer un brin provocateur.

- « Est-ce bien nécessaire Messire ? Qui sait ce qu’il adviendra dans la lice demain ? Nous serons peut-être bientôt de retour à Frontegôche ? »
- « Maraud, tu crois que l’on culbute le Sire de Maislanchon comme simple ribaude au bordeau ? Espères-tu quelque miracle de ces gueux autorisés à concourir dont tu t’es amouraché? »
- «  Qui sait Messire…Qui sait…Seule la Dame connaît l’avenir ! »

Piqué au vif le baron s’emporta.

- « Cela n’arrivera point ! Par la Dame j’en fais le serment, le jour où je serai vaincu par un manant, il y aura des sindique-cas à Frontegôche ! ».
- « C’est noté Messire, c’est noté »
répondit Troussenard d’un ton doucereux en s’éloignant sur la pointe des pieds.

- « En attendant Troussenard tu lustreras cet harnois blanc comme ton seigneur te l’a ordonné ! Et tu y ajouteras mon écu ! »

Troussenard récupéra le bouclier aux armoiries de son maître, trois martels d’or sur fond de gueules et sortit de la tente.


Deuxième jour des affrontements


Le deuxième jour du tournoi s'annonçait plus intéressant. En effet, certains grands seigneurs de la Bretonnie étaient arrivés pour assister au tournoi dont le baron Arthas qui eu les retours très positifs de son champion lors des premières épreuves, le grand Lord del Insula qui avait raté le début des affrontements car il avait trop traîné en chemin et enfin le comte Henry le fidèle, héraut du Roy, venu s'assurer du bon déroulement du tournoi. Le baron Georges attendait aussi un invité Impérial, Baltazar Von Taalbourg. Mais ce dernier avait traversé les montagnes grises en Pégase et eu le malheur de voler directement au dessus du Marais putride. En effet, des gueux ont trouvé au milieu du marais le corps de son pégase qui a probablement respiré les gaz toxiques du marais qui sont habituellement concentrés en altitude. Par contre personne n'a trouvé le corps de Von Taalbourg.

Malgré cet incident impérial et probablement à répercussion diplomatique sans importance, le tournoi reprit avec un discours du Baron Georges :

« Messires, Mesgueux ! C'est dans une grande joie que je vous annonce la suite de notre bouseux tournoi de Géorgie. Aujourd'hui il ne reste plus que douze participants qui s'affronteront pour prouver leur légitimité à être d'honorables chevaliers et... »

Le discours du Baron fut interrompu par des toussotements exagérés de la part de sire Henry. Georges se tourna vers le héraut du Roy.

« Quelque chose a ajouter comte Henry ? »

Le comte se leva et improvisa la suite du discours :

« Bien sûr messire, je tiens à rappeler à tous les participants les récompenses du tournoi. L'adoubement dudit champion de Géorgie s'il viendrait à gagner, ce que je doute fort. Et pour les autres, le Roy vous promet un coffre entier de pièces d'or et un équipement magique sorti tout droit de l'armurerie royale de Couronne. »

Georges reprit :

« Ceci étant dit, je vous souhaites à tous bonne chance et que la Dame soit avec vous ! Commencez le premier combat ! ».

À ces mots, André annonça les deux premiers duellistes :

« Albéric d'Armorique contre Charles Hubert de la Bath de Gransette de Baisebaule ! »

Les deux chevaliers se présentèrent dans l'arène, Albéric salua rapidement la foule et Charles fit de même mais avec une manière assez maladroite et grotesque faisant des grands mouvements de bras.

« Qu'on en finisse au plus vite, lança Albéric ».
« Qu'on lance la charge, beugla Charles »

Albéric bu rapidement le contenu de sa gourde avant d'abaisser sa visière. André donna le signal et les deux chevaliers partirent au galop, lances de cavaleries baissées.

Albéric partit tel un boulet de canon et fracassa le bouclier de Charles (Albéric : potion de Force → F9, 1T, relance joute 3T, 3B, plus de svg d'armure, 2 invus ! 1PV!).
La Dame protégea Charles du projectile armoricain et pu se maintenir à cheval le temps de la charge (Charles : 1T, 1B, 0svg, 0invu, 1PV!) blessant Albéric à l'épaule.

Après cette violente charge, Albéric sortit sa hache et Charles dégaina son épée pour se lancer au corps à corps. Les deux participants étaient visiblement sur la défensive, chacun paraît le coup de l'autre (Albéric 1T) (Charles : 1T). Pendant que Albéric continuait de feinter les coups, Charles, impatient, passa à l'offensive (Albéric : 1T), (Charles : 1T, 1B, 0svg, relance chance 1svg).

Albéric évita la blessure de justesse et décida de rejoindre son adversaire sur une posture plus offensive (Albéric : 3T, 1B, 1svg), (Charles : 2T, 1B, 1svg), (Albéric : 2T, 1B, 1svg).

Mais Albéric avait un temps de retard et Charles menait le combat tentant des attaques toujours plus agressives. Albéric était en mauvaise posture et réalisa qu'une hache avait beaucoup de difficulté pour parer des coups d'épée. Charles passa la défense de son adversaire et donna un violent coup qui fit voler les protections de plates d'Albéric et le blessa gravement au bras droit. (Charles : 3T, 3B, 1svg, 0invu, 2PVs !!!  Shocked ) Ne pouvant plus porter sa hache à cause de sa blessure, Albéric abandonna, fut dégagé de la piste et fut prit en charge par les prêtresses de Shallya.

Victoire de Charles Hubert de la Bath de Gransette de Baisebaule ! (Toison d'or)

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Mar 12 Jan 2016 - 23:08

Le premier combat terminé, on avait nettoyé autant que possible la piste pour la préparer à la prochaine rencontre. Entendez par là que des hommes d’armes ont tassé la boue pour lui donner un air un peu plus plat. Mais le baron était heureux, contre toutes attentes, son tournoi commençait bien.

« Faites entrer les suivants, demanda le baron impatient à André »

André finit d’écrire en vitesse son compte-rendu et s’adressa à la foule en annonçant le prochain combat :

« Estienne d’Ajol contre… Décidemment je n’arrive pas m’y faire à celui-là, marmonna-t-il pour lui-même avant de reprendre. Connardos de Connardie ! »

Peu de temps après l’annonce, Estienne d’Ajol arriva dans l’arène sous les acclamations de la foule déjà bien enjouée d’avoir pu s’amuser autant avec la première joute. Le chevalier leva haut sa lance pour plaire à la populace. Avant de se mettre en place, Estienne salua aussi amplement le baron qui lui rendit la politesse du haut de sa tribune. Mais, même si cela ne surprenait que peu, le comte Estienne était le seul chevalier présent dans l’arène. Son adversaire n’étant apparemment pas encore arrivé.

« Comme par hasard, grommela le baron Georges. Autant annulez le… »

Mais le baron fut coupé quand Connardos apparu de l’autre côté de la lice sur son destrier. Il partit se placer sans même un signe à la foule qui était d’ailleurs devenue bien silencieuse à l’arrivée du détestable personnage.

« Il aurait été préférable que vous arriviez à l’heure ! lui lança André.

-C’est un combat pas une réception mondaine, cracha Connardos. Annoncez le début, qu’on en finisse !

-Parfaitement d’accord,
répliqua Estienne.»

Pour le chevalier d’Ajol, cet impertinent méritait de finir dans la boue au plus vite. Estienne s’impatientait presque sur sa selle. Mais tandis qu’il attendait le départ, Estienne salua tout de même son adversaire de sa lance. Ce dernier l’ignora copieusement et continua à effectuer quelques retouches sur son armure pour la faire tenir proprement. Plus qu’excédé par ce manquement à l’étiquette, Estienne braqua son regard sur André qui pouvait sentir que, derrière le heaume, le chevalier bouillonnait de rage. Un peu mal à l’aise, le jeune moine finit par donner le départ.

Les deux chevaliers lancèrent leurs montures, les lances pointées vers leur opposant. Le contact se fit rapidement. (Charge : Estienne : Test de Cd réussi discorde, 2T, 2B, 1svg, 0invu, 1PV ! / Connardos : 2T, 2B, 1svg, 1invu, relance trompeur 0invu, 1PV !). Brutal et puissant, le choc faillit désarçonner les deux cavaliers qui finirent avec des blessures plutôt sévères aux bras et aux épaules. Mais rien qui ne les empêche de continuer. Les deux chevaliers se retournèrent en jetant leur lance dans la boue. Estienne avait ressenti une sorte de malaise étrange en s’approchant de Connardos, le heaume de son adversaire émettait une sorte de lumière malsaine qui le dérangeait. De plus, il pouvait apercevoir un bâton étrange derrière le bouclier du Connardien. Cet étranger était en train de jouer le combat à sa manière, se dit-il. Mais déterminé à voir Connardos mordre la poussière, le chevalier d’Ajol relança sa monture en dégainant son épée. De son côté, Connardos défourra sa lame crantée et contre-chargea.

« Viens par-là le continental ! cria Connardos à travers son heaume.

-Je m’en vais te faire taire ! répliqua Estienne. »

Les deux chevaliers firent tourner leur monture en arrivant au contact, frappant de leurs épées. (Estienne : Test de Cd réussi discorde, 3T, 1B, 1svg ). Là encore, Estienne plissait les yeux pour se concentrer à cause du heaume magique de Connardos mais il l’emportait sur le Connardien qui était surpassé (Connardos : 1T).

Estienne tenta de profiter de cette brèche dans la défense de son adversaire mais, sans prévenir, son bras s’arrêta de bouger ( Estienne : Test de Cd raté discorde, pas d'attaque). Hébété, le chevalier d’Ajol resta comme bloqué sur place, incapable de réellement comprendre ce qui lui arrivait. Voyant son adversaire succomber au pouvoir de son heaume, Connardos contre-attaqua (Connardos : 3T auto, 1B, 1svg). Mais malheureusement pour lui, Estienne avait repris ses esprits au bon moment et dévia le coup grâce à son bouclier. Ainsi commença une suite de passes d’armes où Estienne tentait de passer la défense de Connardos tout en résistant au pouvoir étrange du heaume de ce dernier. De son côté, le Connardien passait de la défense à l’attaque quand il apercevait une absence chez son adversaire. Connardos crachait insulte sur insulte quand le chevalier d’Ajol parait miraculeusement ses attaques malgré son handicap. La guerre d’usure s’installait lentement mais surement.

(Estienne : Test de Cd réussi discorde, 2T, 1B, 1svg/ Connardos : 2T, 2B, 2svg / Estienne : Test de Cd raté discorde, pas d'attaque /Connardos : 3T auto, 2B, 2svg / Estienne : Test de Cd raté discorde, pas d'attaque / Connardos : 3T auto, 0B / Estienne : Test de Cd réussi discorde, 2T, 2B, 2svg /Connardos : 2T, 1B, 1svg /Estienne : Test de Cd réussi discorde, 3T, 2B, 2svg / Connardos : 2T, 0B / Estienne : Test de Cd raté discorde, pas d'attaque/ Connardos : 3T, 1B, 1svg)

Les épées se croisaient, étincelaient sur les armures des chevaliers. Les chevaux tournaient en rond dans une sorte de ballet stratégique où chacun tentait de trouver le placement qui lui offrira une ouverture. La foule observait en silence. Stressés et émus à la fois, les gueux et les chevaliers regardaient ce combat à l’issue incertaine.

Estienne combattait physiquement et mentalement son adversaire de toutes ses forces. (Estienne : Test de Cd raté discorde, pas d'attaque). Mais la fatigue commençait à s’installer elle aussi et une nouvelle attaque de Connardos ne se fit pas attendre. (Connardos : 3T, 0B) Mais sans plus de succès qu’auparavant. Connardos n’était pas rodé au combat de chevaliers montés et il devint clair pour les spectateurs que sans son heaume le Connardien aurait probablement perdu bien plus tôt. Mais tel un rapace charognard, le Connardien frappait là où il fallait.

Le chevalier d’Ajol reprit ses esprits et tenta une botte qu’il réservait contre un autre adversaire. Levant son épée, il feinta et asséna un coup violent sur Connardos. (Estienne : Test de Cd réussi discorde, 3T, 1B, 1svg) mais par pur instinct de survie le Connardien réceptionna l’arme d’Estienne avec son bouclier. Le bras bloqué en l’air et sa garde ainsi ouverte, le Connardien n’hésita pas une seule seconde pour prendre l’opportunité ainsi tendue. Alors que l’épée s’approchait du flanc d’Estienne, une lueur dorée commença à apparaitre autour de la lame. (Connardos : 2T, 2B, 1svg, 1 invu à 6 !…) Mais l’intervention de la Dame disparut soudainement, emportant avec elle les derniers espoirs du comte d’Ajol. (...relance trompeur 0 invu , 1PV !)

Se tenant le flanc, Estienne fit reculer sa monture. Alors que sa vue commençait à se brouiller, il revit le bâton du début du combat dans la main de Connardos. Cette fois-ci, il brillait d’une lueur violette étrange. Comprenant au dernier moment que cette homme avait été jusqu’à lui priver de la présence de la Dame, Estienne, enragé, tomba de sa selle inconscient.

Voyant son adversaire à terre, Connardos de Connardie ricana de plaisir et fit rebrousser chemin à sa monture, fier d’avoir pu prouver ses compétences martiales. Le Connardien repartit sous les huées de la foule qui due être contenue pour éviter une émeute.

Victoire de Connardos de Connardie ( Kaops )


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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Mar 12 Jan 2016 - 23:10

Dans un recoin sombre de la taverne du village de Paumé sur vache, l'elfe boit un verre. Soudain, un homme, surnommé l'ermite dans le coin, entre et s'attable face à lui. Celui-ci est habillé d'une grande cape miteuse, qui se termine en capuchon.

"- Vous êtes fou! chuchote-t-il, À peine quelques heures, et vous avez déjà tué trois hommes! comment voulez-vous que je fasse tout disparaitre?
- J'ai encore *hips* un peu soif, c'est plus lourd que chez nous, mais pas Loec, que c'est bon!
- Pourquoi avez-vous tué ces hommes? je dois savoir pourquoi vous ruinez mon infiltration dans ce royaume.
- L'était un adepte de *hips* Nurgle, il puait encore plus que le *hips* nain! À peine ouvert sa bouche infecte  que… euh… je l'ai tué.
- Pauvre homme…
-Le second, c'était un criminu…crumeli…crininel… bandit! il avait une hache et il revenait de la *hips*foret!
- Ce sont des instincts qu'il faut calmer chez ces barbares… Et le dernier?
- Il avait une tête de con, et ça méritait bien une flèche.
"



Pendant ce temps, le dernier combat ayant déchaîné la colère de la foule, il fallut attendre un certain temps avant que les choses ne reviennent à la normale. Le baron Georges était resté maussade durant une bonne partie de l’émeute. La victoire de Connardos avait été un coup dur et il souhaitait passer à autre chose.

Heureusement, l’arène avait été débarrassée des manifestants de Sindique qui avait cru bon d’envahir la lice pour protester contre la Dame seule sait quoi. Les combats allaient donc pouvoir reprendre. André regarda le baron pour avoir son approbation, mais ce dernier semblait ailleurs. Le moine décida donc d’annoncer quand même les participants qui attendaient en dehors de l’arène.

« Le prochain combat opposera celui que l’on appelle l’elfe au chevalier Fulbert ! »

André remarqua qu’à l’annonce des participants, Lord Del Insula, le seigneur de Fulbert, s’était quelque peu agité. Il semblait aussi inquiet que curieux de voir comment son vassal allait se débrouiller dans l’arène. L’elfe et Fulbert arrivèrent en même temps des deux côtés de la lice. Le premier semblait avoir quelques difficultés à tenir droit sur sa selle et le second était arrivé à heaume découvert. Fulbert en profitait en fait pour lancer quelques regards langoureux aux dames présentes dans les gradins avant de mettre son heaume, au grand dam du Lord qui soupira bruyamment devant un tel spectacle.

Les deux participants se mirent face à face et attendirent patiemment le signal de départ qui ne tarda pas. Leurs montures lancées à pleine vitesse, les deux cavaliers se rencontrèrent au centre de l’arène dans le grand fracas habituel de la joute.

(Charge : Ethgrì : 3T, 2B, 1svg, 0invu, 1PV ! /Fulbert : Test de Cd réussi Haaaaaa, 1T, relance joute 3T, 2B (pas de coup fatal), 0svg, 0 invu (double 1) 2PVs ! )

L’elfe fut désarçonné sans sommation par le chevalier goguenard. Son talent martial n’étant apparemment d’aucune aide après quelques choppes. De son côté, Fulbert se dit que le masque de son adversaire était bien étrange à bien y penser, mais il était concentré sur les voix des jeunes pucelles du public qui criait son nom.



Victoire de Fulbert le vaniteux (Lord del Insula)
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Jeu 14 Jan 2016 - 8:44

Après la victoire prodigieuse d'un noble chevalier bretonnien, le comte Henry était plutôt confiant. Jamais un roturier ne pourrait remporter un tournoi auquel participe la fine fleur de la chevalerie du royaume.

Georges qui était au courant du programme des combats était de plus en plus anxieux, puis il sourit finalement quand André annonça les combattants suivants :

« Baron Gérald de Port-petit dit Gérald de la rive contre Gontran Malarmé ! »

A cette annonce la foule de paysan acclama de vive voix le seul participant roturier de la lice. Même les gardes qui étaient chargés de garder la tribune du baron ne tenaient pas en place. Frôlant l'émeute, le baron dû se lever pour calmer la foule. Il hurla :

« Silence ! Silence ou je lance une chasse aux gueux générale ! »

La foule se calma aussitôt, seules les vives paroles de menaces de sire Jehan envers la populace étaient restés. Une fois les menaces tus par un regard sombre du baron adressé à l’intéressé, le combat pu commencer. Gontran fit face à Gérald, pour une fois aucun des adversaires n'avait de lance de cavalerie au grand soulagement de Gérald qui n'avait toujours pas trouvé de manière efficace de contrer les lances en charge avec son épée de la quête. Gontran sorti une gourde et avala son contenu mais a peine eu-il le temps de finir qu’une voix protesta :

« Vils manigances ! Complot ! Tricherie ! Ce gueux utilise des produits illicites pour doper sa force ! »

C'était le héraut du roi qui condamnait les pratiques de Gontran. Le baron répliqua :

« Évidemment, quand un chevalier boit une potion c'est normal, mais quand c'est un gueux c'est interdit ! Avez-vous protesté quand Albéric a bu sa potion magique d'Armorique ? »

« Je suis le représentant du roi, c'est à moi de juger si le tournoi est légal aux yeux de la couronne. »

Le baron demanda à André de réciter les règles du tournoi approuvées par le roi. Quand vint le passage autorisant tout objet magique le baron se retourna pour voir la réaction de Henry. Ce dernier resta impassible et s'assit sur son siège pour montrer son renoncement à la poursuite de la condamnation.

Ceci étant fait, André donna le signal de départ et les deux participants lancèrent la charge.

Gontran fit tournoyer son fléau d'arme et Gérald brandit son épée. Les combattants se retrouvèrent au milieu de la piste. Les attaques furent violentes, Gontran donna le premier coup étant donné que son adversaire était ralenti par le poids de sa lourde épée et que la potion bue précédemment aidait le sergent dans ce sens. L'étoile du matin frappa la tête de Gérald qui commençait à saigner sous son casque (Gontran : 2T, arme ennemie non brisée, 2B, 1svg, 0invu, 1PV!). Mais l'attaque du chevalier ne se fit pas attendre, la lame était préparée pour transpercer son adversaire quoi qu'il arrive (Gérald : 2T, 2B, ignore les sauvegardes d'armures, 1invu, 1PV!). La lame était si fine et aiguisée qu'elle transperça l'armure de Gontran qui fut grièvement blessé, mais l'amulette de Shallya l'aidait à supporter la douleur.

Les chevaux ralentis, le duel pu se poursuivre dans un combat rapproché. Conscient de la dangerosité de la lame de son adversaire qui perçait son armure, Gontran lança son fléau dans la direction de l'arme de son adversaire. Les chaînes de l'étoile du matin s'enroulèrent autour de l'épée de Gérald et avant même que le chevalier eu le temps de comprendre ce qu'il lui arrivait, son arme fut brisé en deux (Gontran : 1T, arme magique ennemie brisée, 1B, 1svg).

Dépourvu de son arme principale, Gerald fouilla dans son inventaire pour retrouver une simple épée rouillée qu'il avait gagné lors de ses précédentes quêtes. Délesté des contraintes d'une épée à deux mains, Gérald profita pour sortir son bouclier qu'il n'avait pas utilisé depuis fort longtemps. (Gérald repasse avec un équipement constitué d'une arme de base et d'un bouclier et frappe en même temps que son adversaire). Gontran ne s'attendait pas à ce que Gérald prit aussi peu de temps pour sortir ses nouveaux équipements de son inventaire, c'était comme si le temps s’était arrêté au moment de l'action. Surpris, Gontran ne put parer l'attaque de son adversaire (Gérald : 1T, 1B, 1svg) mais l'épée à une main n'était pas prévue pour transpercer l'armure et les protections standards de l'unité des ''gueux d'élites'' sauva Gontran. Fatigué par le maniement de son fléau et déçu de l’efficacité de sa nouvelle épée, Gontran et Gérald s'échangèrent de nombreuses attaques sans qu'une seule ne puisse passer les défenses adverses.

(Gontran : 1T / Gérald : 2T / Gontran : 1T / Gérald : 2T, 2B, 2svg / Gontran : 1T, 1B, 1svg / Gérald : 3T / Gontran : 3T, 2B, 2svg)

A ce moment, Gérald, exaspéré du peu d’efficacité de son arme, chercha de nouveau dans son inventaire afin de trouver une meilleure arme :

-Un dé pipé, « non »
-Le Sorceleur magazine N°83, « non »
-Un morceau de la triforce, « non »
-Chiko le canard perdu du villageois nipponnais, « non »
-Un livre The End Times pour les nuls, « non »
-Un parchemin des anciens, « non »
-Une Warhaball pour Warhammon... « heu... »

Gérald jeta la Warhaball sur Gontran, sans effet (Gérald : Rien). Le sergent ne compris pas vraiment ce que son adversaire lui avait jeté. Après une seconde d'incompréhension, il redirigea son cheval et abattit son fléau d'arme sur Gérald (Gontran : 2T, 2B, 2svg), ce dernier se défendit avec son bouclier. Ne trouvant rien de meilleur dans son inventaire, Gérald se résigna à continuer le combat avec son épée rouillée (Gérald : 1T). Et le combat reprit comme avant, les deux combattants ne parvenant pas à blesser leur adversaire.

(Gontran : 2T, 1B, 1svg / Gérald : 1T / Gontran : 3T, 1B, 1svg / Gérald : 1T)

Gontran avait légèrement l’avantage, son fléau malmenait l'armure du chevalier de ma quête alors que l'épée de Gérald arrivait à peine à rayer les protections de plates du sergent monté. A force de frapper, l'armure du chevalier céda et se disloqua. Profitant de cette ouverture Gontran rassembla ses forces et alloua un puissant coup qui meurtrit la chair de Gérald. Ce dernier, fatigué, blessé et essoufflé vacillait sur son cheval. Il fallut encore un coup bien placé pour le désarçonné, ce que Gontran fit (Gontran : 1T, 1B, 0svg, 0invu, 1PV!). Gérald tenta une ultime réplique avant de tomber (Gérald : 1T), mais elle n'eut aucun effet et le quêteux fini dans la boue. Quand il se releva, il déplia son parchemin magique où il y avait écrit « Échec de la mission : Gagner le bouseux tournoi de Géorgie » puis, Gérald fut évacué de la piste. Il annonça aux prêtresses de Shallya qu'elles n'avaient pas besoin de se fatiguer pour lui, et qu'il avait un objet magique appelé « Le talisman de Respawn » qui lui permettait de réapparaître au cimetière le plus proche avec toute sa santé après une défaite. Les soigneuses pensaient sérieusement que les coups de fléaux sur la tête l'avait rendu fou et le transportèrent tout de même aux auspices.

La victoire de Gontran déclencha une hystérie générale dans la foule qui ne manqua pas de virer à l'émeute. Le comte Henry avait le regard sombre et contrarié, il jura à haute voix que le gueux n'ira pas plus loin dans ce tournoi. Le baron, bien que satisfait de voir son champion remporter la première manche, ne savait pas quoi faire pour calmer la foule, mêmes ses fidèles gardes dansèrent pour fêter la victoire de Gontran.

Après une heure de chaos, la situation se calma quand Gontran fut retourné aux casernes sur demande du baron. Le tournoi pouvait de nouveau continuer calmement...

Victoire de Gontran Malarmé ! (Personnage non joueur)

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Jeu 14 Jan 2016 - 11:57

La nouvelle émeute ayant fini par se calmer une fois que les hommes d’armes d’élite du baron se soient occupés des manifestants, le tournoi allait pouvoir reprendre.

« Eh bien, André pourquoi n’annonce-tu pas le combat suivant ?
-Heu messire, un des participants est dans les gradins…
-Quoi ?
s’étonna le baron qui regarda les tribunes d’en face. Mais qu’est-ce que… »

Le baron Georges eu la déplaisante surprise d’apercevoir le baron de Frontegôche, en armure complète, en train d’asséner de violents coups de bouclier à un groupe de gueux. Et au vues des noms de volatiles divers et variés, il était passablement en colère.

« Faites-le chercher ou il est disqualifié… soupira George. »

Même si le baron appréciait un peu la manœuvre de Jehan de Maislanchon, pour l’heure d’autres tâches plus importantes concernaient le participant. Troussenard fut averti par André et on l’envoya chercher son impétueux seigneur.

« Comment oses-tu soutenir ce misérable pouilleux devant moi ! s’enrageait Jehan. Il ne méritait pas sa victoire ! Ce n’était que félonie !!
-Heum, monseigneur ? hésita Troussenard qui redoutait les dégâts collatéraux.
-Que fais-tu là manant ?! s’exclama le baron de Frontegôche qui le frappa d’un revers d’écu.
-Aïïïïee ! Mais votre… Aïïïeuuu !!... Votre combat mon seign…Aïïïïeuu !
-Chiabrena ! Il est vrai ! Je m’en vais me qualifier pour l’affronter plus tard ! Ce foiementeor n’aura que ce qu’il mérite.
»


Dans l’arène, Léonard attendait son adversaire. Le chevalier du Graal n’était pas très à l’aise surtout que les spectateurs criait son nom comme des possédés depuis son entrée. Il avait même aperçu l’un d’entre eux peindre en cachette son portrait.

« Ça va aller… lui murmura Nawen mentalement.
-Vous êtes sûre ?
-Mais oui, ne pense pas aux spectateurs, concentre-toi sur le combat.
-Je… D’accord.
»

Le chevalier, ayant repris un peu confiance en lui, se redressa sur sa selle alors que son adversaire entrait dans l’arène. André pu alors annoncer le combat dans les règles :

« Le prochain combat opposera Jehan de Maislanchon, le baron de Frontegôche, au chevalier du Graal Léonard ! »

Le départ fut annoncé immédiatement après, les deux cavaliers s’élancèrent. Mais Léonard ne semblait pas vraiment dans son élément avec toute cette boue et un soubresaut de son cheval lui fit perdre prise sur sa lance qui tomba sans prévenir dans la boue.

« Faut vraiment tout faire à sa place, soupira la Dame qui observait le combat. »

(Léonard perd sa lance… Garde son bouclier, la dame s'est maquillé à temps, svg invu présente et passe à 4+)

Léonard dégaina son épée en urgence et reprit sa charge. (Charge : Jehan : 4T, bouclier ensorcelé 3T, 3B, 2svg, 1invu / Léonard : 2T, 1B, 1svg). La lance de Maislanchon ricocha sur l’armure du chevalier du Graal dans une gerbe d’étincelles magiques qui fut accompagné par les acclamations du public. Les interventions de la Dame étant toujours aussi appréciées. Léonard tenta de répliquer mais sans grand succès. Maislanchon jeta sa lance sur Troussenard qui en tomba à la renverse et repartit en sortant sa lame aiguisée. De son côté le chevalier du Graal semblait un peu perdu.

« Avec vos effets du lumière, je ne le voyais plus ! grommelait Léonard.
-Oui ben excuse-moi de vouloir faire ça bien ! s’énerva la Dame. Tu es un chevalier du Graal, il y a des quotas d’effets spéciaux à respecter ! »

Léonard repartit néanmoins dans la mêlée. (Léonard : 1T, 1B, 1svg). Le baron de Frontegoche, comme investi par sa mission, redoublait d’efforts et la lame du chevalier pénétra profondément dans l’armure de Léonard qui accusa la première blessure. (Jehan : 3T, 3B, 1svg, 1invu, 1PV !).
Mais le chevalier du Graal amateur se reprit et retourna son cheval pour continuer le combat malgré la douleur. Les deux chevaliers commencèrent une série de passes d’armes (Jehan : 3T, 2B, 2svg / Léonard : 2T, 2B, 2svg).
Jehan était quelque peu déstabilisé par l’absence de logique dans le style de combat de Léonard et était donc incapable de trouver un angle d’attaque. (Jehan : 2T). Léonard en profita pour frapper le chevalier au torse. (Léonard : 2T, 1B, 1svg). Malheureusement pour lui, l’armure de plates étant bien trop épaisse pour qu’une taille puisse faire quoi que ce soit. Le choc de l’arme sur le plastron manqua de briser le poignet de Léonard qui en lâcha son épée.

Le chevalier du Graal désarmé, le baron de Frontegoche n’eut qu’à asséner une série de coups rapides pour que Léonard ne tombe à terre. (Jehan : 2T, 2B, 0svg, 1invu, 1PV !).

Sans plus de cérémonies, Jehan de Maislanchon sortit de l’arène pour aller apprendre le respect des « vraies » valeurs bretonniennes  aux gueux inconscients.

Victoire de Jehan de Maislanchon baron de Frontegoche (Le ménestrel enrhumé )
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Jeu 14 Jan 2016 - 11:57

La journée touchait à sa fin. Les spectateurs commençaient à fatiguer à force de crier les hourras et leurs mains les démangeaient après tant d’applaudissements. Mais ils restaient pour voir le dernier combat. André annonça les participants :

« Le dernier combat d’aujourd’hui opposera  Von Essen dit le chroniqueur des Von Carstein au chevalier Philibert de la Tulipe, Champion d’Arthas et Baron de Corgenon ! »

On pouvait sentir que le jeune moine piaffait d’impatience quand il prononça le nom du deuxième chevalier. Ce dernier était encore à l’arrière de l’arène en train de faire les dernières vérifications sur son armure avec son fidèle écuyer Marceau. En entendant son nom, il pressa le pas pour ne pas retarder le combat.

Quand ledit chevalier Philibert rentra sur le terrain, André était le plus enthousiaste pour l’applaudir. Le paladin entreprit de faire le tour des gradins pour réveiller la foule. De son côté, Von Essen se plaça tranquillement selon les instructions données par les organisateurs. Plus curieux et excité que jamais, le vampire griffonnait quelques notes dans un carnet en regardant le ballet de Philibert. Les petites festivités rituelles terminées, le chevalier de La Tulipe revint se placer après avoir salué son seigneur dans la tribune et Von Essen lança un regard dans les tribunes à une personne inconnue.  

Le baron Georges  regardait de près ce combat malgré sa fatigue, il voulait voir comment se débrouillait le vampire. André était à deux doigts de s’évanouir d’excitation mais il annonça le début du combat. Les deux cavaliers lancèrent leurs montures, la lance prête à frapper. (Charge : Philibert : 1T, relance joute 1T, 0 blessure pas de coup fatal… / Von Essen : 3T, 2B, 1svg, 0invu 1PV !). Le cheval du chevalier de la Tulipe avait glissé sur la boue et le fier chevalier en perdit ses repères. Sa fidèle lance ne fut donc pas aussi efficace qu’il ne le prévoyait.

Cette faiblesse lui avait couté cher, car Von Essen avait frappé juste de son côté et le chevalier de La Tulipe accusait une blessure plutôt sévère au flanc. D’ailleurs André semblait être plus affecté par cette dernière que Philibert lui-même. Jetant leurs lances dans la boue ou dans les bras de son écuyer, les deux chevaliers se retournèrent et repartirent à l’assaut. Von Essen dégaina une grande lame ouvragée qui se mit à briller de plus en plus à l’approche de Philibert.  

Les deux cavaliers firent jouer leur talent martial, mais Von Essen se montrait le plus adroit. Philibert semblait avoir du mal à contrer les coups puissants du vampire qui s’amusait comme un petit fou.
Le baron de Corgenon tenta une passe plus exotique où il déviait la lame de son adversaire pour l’obliger à ouvrir sa défense. L’occasion finit par se présenter et Philibert frappa son adversaire (Philibert : 2T, 2B, 1svg, 1invu) mais à sa grande surprise son épée passa complètement au travers. La lame ne traversant que des brumes noires intangibles.
Surprit, Philibert ne put contrer le coup vengeur du vampire (Von Essen : 4T, 3B, 1svg, 0invu, 2PVs !). L’épaule littéralement broyée par le coup, Philibert tomba de sa selle en laissant échapper un cri de douleur. Malgré les acclamations de la foule, on put entendre les encouragements d’André se muer brusquement en gémissements d’horreur.

« Merci, ma dame… » murmura Von Essen, essoufflé mais heureux, à l’adresse des gradins.  Le vampire repartit aussitôt vers ses appartements pour coucher sur papier les derniers évènements.
André, mortifié, annonça la victoire de Von Essen à voix basse, comme si il ne pouvait se résoudre à voir le chevalier perdre. Le jeune moine reprit brusquement ses esprits et courut aider Marceau à relever son maître pour l’emmener au temple de Shallya pour qu’il y soit soigné.

Victoire de Von Essen (Von Essen )
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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Dim 17 Jan 2016 - 14:56

Intermède


Le dernier combat se finit en fin de journée, André annonça les participants sélectionnés pour la demi-finale qui aura lieu demain.

-Charles Hubert de la Bath de Gransette de Baisebaule ! (Toison d'or)
-Connardos de Connardie ( Kaops )
-Fulbert le vaniteux (Lord del Insula)
-Gontran Malarmé ! (Personnage non joueur)
-Jehan de Maislanchon baron de Frontegoche (Le ménestrel enrhumé )
-Von Essen (Von Essen )


Certains chevaliers retournèrent dans leurs appartements du château, d'autres firent un tour dans la région pour se moquer des gueux puants ou courtiser les demoiselles de Paumé-sur-bourg. Les chevaliers les plus grièvement blessés restèrent au temple de Shallya pour recevoir les soins miraculeux de dame Juliette. Elle était spécialisée dans les soins magiques de compétitions et faisant officiellement partie du groupe d'apothicaires officiels des équipes de Blood Bowl de Bretonnie. Elle était spécialement venue sur demande du roi. On apporta aussi le saint ruban adhésif à Gérald pour qu'il puisse réparer son arme, ruban loué à prix d'or à la baronnie de Havras.

Après avoir reçu leurs soins, les chevaliers furent convoqués par le comte Henry dans une pièce du château. Seule la moitié des participants avait répondu à l'appel. Henry parla longtemps de l'honneur chevaleresque et qu'il était inadmissible qu'un gueux remporte ce concours. Il était aussi extrêmement contrarié que Gontran soit arrivé aussi loin dans le tournoi. Il criait si fort qu'on l'entendait dans tout le donjon :

« Vous êtes la honte de la chevalerie Bretonnienne ! »

Cette scène rappela à Albéric un vieux conte armoricain datant de la période des Bretonni qui résistaient aux envahisseurs tiléens.

Henry demanda au baron Georges s'il pouvait voir l'ordre des combats du lendemain. Le baron refusa la demande de Henry justifiant que cette liste a été composé dans le secret et les combattants des différents duels ont été répartis aléatoirement et avec une parfaite impartialité. De plus, il lui fit savoir que la liste des combats se trouvait dans le bureau d'André, la pièce au deuxième étage du donjon dont l'entrée n'est jamais gardée et dont le verrou de la porte est cassé.

A cette réponse, Henry manifesta sa déception avec une certaine exagération. Il congédia les chevaliers, qui en passant étaient déjà tous partis, fuyant les sermons du comte. Seul Gérald était encore resté, il avait baissé le volume audio de ses paramètres en s'équipant de boules de cire dans ses oreilles.

Après cela, Gérald se rendit dans une taverne de Paumé-sur-bourg où il fit une entrée plutôt remarqué. Frustré d'avoir échoué sa quête secondaire, il donna un puissant coup de pied dans la porte en criant « Milice ! » comme à ses habitudes. Puis il prit quelques verres de vins pour oublier sa défaite contre le gueux, la Dame avait un drôle de sens de l'humour se disait-il, sa quête ne manquait pas de surprise. A moitié ivre, il accosta le chevalier du Graal Léonard qui buvaient quelques choppes de lait entouré de nombreux gueux qui l'admiraient. La discussion était lancée :

« Bonsoir ! Je suis Gérald de la rive ! Ah ah ! Alors mon brave, elle était comment votre quête ? Demanda Gérald avec entrain.
- Quelle quête ? Répondit Léonard un peu perdu.
- Ralala ! Mais vous savez donc… Oh et puis zut, autant oublier, je vais chasser des minotaures et des griffons, je suis plus doué dans ce domaine. »
Gérald quitta la taverne, laissant Léonard avec ses gueux fanatiques. Un roturier osa adresser la parole au chevalier du Graal :

« Bénis soyez-vous messire ! On s'était demandé, moi et mes amis, si vous acceptiez ce cadeau en guise de remerciement. Vous êtes le premier chevalier du saint Graal à avoir mis les pieds chez nous ! »

Le gueux présenta une saucisse au chevalier. Léonard remercia le paysan et dit :

« Ça tombe bien, je commençais à avoir faim. »

Mais quand Léonard manga un morceau de la saucisse, son teint devint verdâtre et il commença à gesticuler dans tous les sens en criant « Nawenn !!! Nawenn !!! Au secours ! » Avant de régurgiter le morceau de viande. Après cela Léonard eu de vives douleurs dans son corps et senti ses forces le quitter avant de tomber inconscient sur le plancher de la taverne. Il se réveilla quelques heures plus tard au Temple de Shallya, et vit dame Nawenn à son chevet. Elle lui demanda vexée :

« Qu'as-tu encore fait Léonard ?
- Je ne m'en souviens plus trop… Je crois que j'ai mangé un morceau de viande périmé.
- C'est impossible voyons, un chevalier du Graal ne peut pas être empoisonné par un aliment avarié. La bénédiction de la Dame que vous avez reçue est suffisamment forte pour que vous puissiez surmonter cela.
- Mais si, je t'assure, c'était une saucisse je crois.
- Ne soit pas bête, tu as tous les symptômes d'une tentative ratée de possession démoniaque, j'espère que tu n'es pas allé traîner dans les villages à l'est de la région, il parait qu'il y a des cultes du chaos là-bas.
- Je te le répète Nawenn, ce n'est rien d’autre qu'une histoire de saucisse qui a mal tourné…
- Tu dois être fatigué Léo, repose toi. Ton esprit a dû être bouleversé. »

Sur ces mots, Nawenn se téléporta au domaine de la Dame, craignant que cette histoire de saucisse soit une manifestation de Slaanesh. Elle voulait donc prévenir la fée enchanteresse d'une possibilité de complot chaotique en Géorgie.


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La nuit tombée, bien loin du château et pourtant plus proche que ce que l’on pourrait croire, de sombres personnages s’agitaient au nord de Paumé-sur-vache. D’après leur odeur, les formes humanoïdes revenaient du marais en courant. Ils se regroupèrent autour d’un grand arbre pourrissant. Regardant autour d’eux, apeurés, ils s’assurèrent d’être seuls pour s’engouffrer par un passage entre les racines qui était caché par un assemblage de branches mortes. Une fois à l’abri, ils soufflèrent de soulagement.

« Plus… Plus… » fit la voix sifflante de l’un d’entre eux qui essayait de reprendre son souffle.
« Plus jamais ça !
-Bien d’accord ! Mais… Les maîtres nous y renverront ssssurement , déplora un autre »

La deuxième voix alluma une torche qui éclaira faiblement la galerie, dévoilant les esclaves skavens époumonés qui l’occupaient. Rassemblant ce qui restait de leurs forces, ils partirent dans les tunnels labyrinthiques à la recherche de leurs maîtres.

Plusieurs minutes plus tard, leur tunnel déboucha sur une caverne bien plus spacieuse. Une faille souterraine habitée désormais par les hommes-rats. Leurs assemblages impies accrochés aux parois brillaient parfois d’une lueur verdâtre lorsque qu’un éclair de Malepierre traversait les tuyaux qui serpentaient un peu partout et entrelaçaient les structures. La petite troupe skaven déambula entre les ponts et cordages pour rejoindre une bâtisse relativement grande. Ils dépassèrent les vermines de chocs qui gardaient la porte en leur montrant un symbole du clan skyre. Les gardes les laissèrent passer tout en leur collant quelques coups de hampe de hallebarde méprisants dans le dos. Ils arrivèrent dans une grande salle circulaire dans laquelle des éminences skavens conspiraient. Ils étaient pour la majorité des technomages mais un prophète gris assistait aux débats depuis sa chaise dans l’ombre.

« Comment pouvons-nous laisssser passsser cette incident ! cria Acherax.
-Ça ne me plait pas de le dire, mais je ssssuis d’accord avec Acherax ! Nous marchandons avec ces gueux depuis des sssemaines et voilà qu’ils nous masssacrent ? renchérit Calicivirus. »

Scapophax écoutait depuis plusieurs heures les autres seigneurs du clan déblatérer leurs insultes. Il commençait à en avoir assez. Cet incident était plus que problématique et il risquait de le priver d’une ressource importante. Cette malviande lui avait permis d’accéder à cette place ! Aussi improbable que cela puisse paraître, ces gueux avaient créé une arme puissante dont ils gardaient jalousement le secret de fabrication. Aucun de ses technomages n’avait réussi à en percer le secret, le forçant ainsi à marchander. Scapophax connaissait bien cette arme et avait vite comprit ses opportunités. D’ailleurs, ses concurrents l’avaient plutôt mal digéré. Cette pensée déforma son museau alors qu’il se rappelait leurs cris de douleurs. Mais Scapophax fut sorti de ses pensées par l’arrivée des esclaves dans la salle.

« Nous en reparlerons plus tard…ssss. J’ai d’autres affaires à régler.
-Mais… ! s’exclama Acherax.
-Vous avez défendu votre point de vue ! hurla Scapophax. J’aviserais en conssséquence…. Ssss »

Les autres seigneurs repartirent en lançant des regards plus noirs qu’à l’accoutumé à Scapophax qui sentait qu’il perdait lentement mais surement sa mainmise sur eux. Une fois seul avec les esclaves dans la salle, il leur demanda de faire un rapport complet de ce qu’ils avaient vu.

« Un… tournoi ? s’étonna le skaven. Ssss… Problématique… Mais pas dénué d’intérêt… »

Scapophax commença à imaginer un plan, machiavélique évidemment, qui impliquait ses subordonnées. Fier de lui, il envoya les esclaves chercher plus d’informations sur les participants.  Les autres seigneurs veulent la guerre ? Ils l’auront. Et ils seront aux premières loges pour l’observer. Mais autant éviter de mentionner la présence des participants pour leur laisser la surprise…


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Connardos de Connardie était heureux. Après tout le chemin parcouru, il avait enfin pu prouver qu’il était au moins égal aux continentaux. Mais sa joie ne fut que passagère, car à fut-il peine sorti de l’arène que les insultes se mirent à pleuvoir à son encontre. Le Connardien, ayant le sang chaud, participa à la joute verbale à son tour, renvoyant chaque quolibet.
Le chevalier étranger avait subi nombres de moqueries à cause de ses origines et il avait emmagasiné chaque insulte, aussi glauque soit-elle, pour pouvoir les ressortir à l’occasion. Quelques « mordiable », « gripeminaud », et « coquebert » plus loin, les gueux qui essayaient encore de le battre à son propre jeu arrivaient à la fin de leur dictionnaire. Connardos commença à sourire à nouveau, fier de chaque victoire, aussi symbolique soit-elle.

« C… Connard ! » fit une voix désespérée à la droite du Connardien.

Le sang de Connardos se mit à bouillir de rage alors qu’il se tournait lentement vers le pauvre inconscient.

« PaaaardooOoOOOON ?!? s’époumona-t-il. »

N’écoutant que sa rage, le Connardien dégaina sa lame et fit charger sa monture. Avant que le gueux ne puisse réagir, l’épée de Connardos lui lacéra le torse. Le pauvre gueux tomba à la renverse, mort sur le coup, le poitrail éventré. Un tel spectacle eu raison du peu de courage chez les paysans qui s’enfuirent plus vite que cela ne semblait possible. Les épaules de Connardos sursautaient par spasmes alors qu’il essayait de reprendre son calme. Il s’éclipsa et partit vers le château pour se reposer dans ses appartements avant qu’on ne remarque l’incident.

Une fois arrivé là-bas, il s’appuya à sa fenêtre pour regarder la région. Même si le spectacle n’était vraiment pas beau à voir, il s’amusait à se moquer de la décrépitude continentale. Des hourras lui parvinrent de l’arène. Les combats étaient en train de se finir. Curieux de savoir qui il rencontrerait, il s’enquit auprès d’un garde pour savoir qui s’était qualifié. Après un échange d’insulte habituel, le garde daigna lui donner les noms. Connardos s’esclaffa de bonheur en apprenant la victoire du gueux. Quel royaume décadent si même les bouseux arrivaient à gagner, se disait-il.

Mais la suite des combats s’annonçait difficile. Les participants étaient tous relativement dangereux. Quelque peu inquiet, il retourna dans sa chambre. Le Connardien prit son heaume entre ses mains et le regarda comme s’il s’agissait d’un miroir. L’objet magique le représentait bien : sans honneur, retors et à l’affut d’opportunités. Il en aura plus besoin que jamais…
Plongé dans ses pensées, le Connardien sursauta quand il entendit de petits grognements dans le plafond. En levant les yeux, il crut apercevoir un gros rat entre les planches. Décidément cette baronnie était bien étrange pour le Connardien qui se décida à ne plus se séparer de son épée jusqu’à ce qu’il parte de ces lieux.


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Connardise et frustration ! pestait Estienne, ouvrant difficilement les yeux après quelques heures de coma.

Malgré l’état second dans lequel il se trouvait,  le comte d’Ajol revivait parfaitement les longues passes qu’il avait partagées avec ce maudit chevalier de Connardie. Par de vilains procédés indignes d’un véritable Bretonnien, ce vil sapajou lui avait arraché la victoire. Crachant quelques dents, il se leva et dirigea vers la sortie de l’hospice, malgré les injonctions des prêtresses de Shallya qui le sommaient de retourner s’allonger.

- Place, les gueuses ! Ce cornard et moi avons un compte à régler, et par ma foi, il en aura pour sa phynance ! Je m’en vais de ce pas lui tirer les zoneilles et lui coller ma lance dans le c [SBAAAAF]

Le comte se laissa tomber sur le postérieur qu’il s’apprêtait à évoquer. De ces yeux tout étourdis, il vit devant lui la sombre créature qui venait de réveiller sa migraine.

- ALORS C’EST COMM’CA QU’TU PARLES AUX DAMES TOA ? OU C’EST QU’TA APPRIS A CAUSER LA BRETONNIE COMME CA ? TU PEUX PAS ELOQUER MIEUX NON ? S’PECE DE P’TIT SACRIPAN !

La créature en question était un véritable monstre. Aussi haute que large, c'était la mère supérieure de l’hospice qui le regardait de ces petits yeux porcins. Sa bedaine était à elle seule un défi à n’importe quel roi gobelin.

Pris d’une terreur sans nom, le comte sortit de l’hospice à toutes jambes, envahit par une vigueur nouvelle.



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L'elfe se réveilla sur un lit, entouré par plusieurs prêtresses qui changeaient ses pansements. Le soleil était couché depuis longtemps. Il se leva soudainement, écarta les quelques érudits qui n'avaient pas hésité un instant devant l'opportunité d'observer un "habitant des bois", jeta un regard sur l'armure posée sur une chaise, mais n'y toucha pas. Il prit sa cape, et mit son masque. Soudain, un cri étrange retenti sous la tente, bientôt suivit pas les sons chaotiques des gens qui fuyaient en renversant tout sur leur passage. L'elfe sortit, monta sur son cheval et alla jusqu'au terrain de joute. Sur son chemin, les rares buveurs nocturnes et le détachement de la garde qu'il croisa se collèrent aux murs en transpirant, car le hurlement sortait toujours de son masque de carnaval. Seul un homme un peu pâle portant une jouvencelle sur l'épaule lui rendit son salut endormi.
Lorsqu'il arriva devant la lice, il pointa sa lance vers le cavalier qui était en face, un pauvre écuyer qui espérait s'entrainer à l'insu de tous en profitant du couvert de la nuit. Le cri de guerre de l'elfe se confondit avec ce qui était désormais un hululement d'outre-tombe et il chargea le pauvre cavalier qui tremblait en bégayant. Sa tête ne fut pas fendue sur le coup, mais seulement car il tremblait tellement que la lance de l'Asraï, visant le front, rentra dans l'orbite. L'elfe se tourna alors vers la tribune -vide- et se rendit alors enfin compte qu'elle était déserte.
- Qu'elle est cette traitrise? où est le Baron?
André déboula alors, en chemise de nuit, portant un long bonnet et une bougie à la main.
- Qu'est-ce que cela Messire, vous n'avez pas vu l'heure ?!
- Comment ça? Il se rendit compte alors qu'il faisait nuit. J'ai raté la joute?
- Non, non, messire, vous chargeât admirablement, et vous n'ignorez point que vous fût jeté à terre au premier assaut. Mais vous fûtes malheureusement blessé à la tête et il fallait vous reposer cette nuit!
Il aurait bien rajouté " Il était donc impératif que vous vous couchassiez séant, que vous remissiez votre cheval à l'écurie, que laissassiez dormir le château et encore mieux, que vous foutissiez le camps du pays", mais cela demandait trop de conjugaison et trop de bravoure pour le pauvre homme, ainsi qu'un léger exercice d'invention pour l'imparfait du subjonctif du verbe foutre.
- J'ai perdu? Dommage.
- Les médecins ont mit près qu'une heure à vous retirer votre armure qui était enfoncée.
- Quoi! j'ai porté cette chose!!! J'était fou
- un peu imbibé… marmonna pour lui-même le gueux.
L'elfe descendit alors de son cheval et se mit à chanter au clair de lune, sans aucune raison, un poème. André, se dit que décidément, ces gens des forets était bien étranges.


J'ai dormi au soleil
J'ai galopé la nuit
Le vin de l'avant-veille
Perturbe mon esprit

Ai-je mal à la tête
Suite à ce que j'ai bu?
Le coup que j'ai reçu
est l'excuse parfaite.

suis-je vraiment passé
à ça de l'épitaphe?
Pour la raison stupide
Que j'avais un peu soif?

Par Loec, demain
je me venge de tout
Je serai plus malin
Et me rirai de vous

Les jeunes demoiselles,
Je prendrai leurs regards.
Et plus encore pour celle
Qui vola ma victoire
En détournant la vue
De mon fière adversaire.
La fille que j'ai vu
mérite cet enfer


Cette histoire m'importune
Mais je vais l'oublier
Maintenant à la plume
je vous veux affronter


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Son armure tintait au rythme de ses pas empressés ; il se sentait rajeuni, tout son être exultait ! Von Essen rejoignit prestement les quartiers qu'on lui avait attribués, s'apprêta à refermer la porte... Il se figea en apercevant une personne svelte au port altier, belle comme la nuit et vêtue comme une duchesse, qui lui souriait. Robe noire et pourpre, fils d'or et d'argent, elle portait la coiffe des nobles dames bretonniennes, qui encadrait agréablement son visage.
L'expression de bonheur béat du chroniqueur finit par lui arracher un rire amusé ;
- Refermez donc cette porte, mon cher ! - dit-elle, portant la main devant sa fine bouche.
Tiré de sa stupeur, Von Essen acheva son geste avec une telle violence que la porte trembla sur ses gonds. Non moins amusée, sa compagne attendit patiemment qu'il vienne l'étreindre et partager un doux baiser. Jubilant, il finit par la soulever de terre par la taille, et son rire résonna comme la meilleure des récompenses à ses oreilles. Lorsqu'il la reposa, ils s'étreignirent à nouveau.
- J'ai gagné, dame. 'Nous' avons gagné.
- Ai-je à un seul moment douté de vous, de votre adresse ? Ah, que c'est bon d'être aussi heureuse...
- Et cela ne fait que commencer... - ils se regardèrent dans les yeux. - Si je ne vainc pas mon prochain adversaire, ne croyez pas que je serai malheureux, car...
Il fut interrompu par le doigt de sa douce sur ses lèvres.
- Tu vaincras au prochain combat, et au suivant.
Ses paroles tendres dissimulaient un ton qui se voulait catégorique. Von Essen n'en fut que plus exalté.
- J'ai envie de crier votre nom sur tous les toits, sur tous les champs de bataille.
Sa nature lui interdisait de rougir, mais la vampiresse n'en fut pas moins touchée.
- Mais faites donc, mon cher, j'en serai heureuse.
- J'ai envie que le monde entier vous admire, que toute cette foule de mortels défaillisse en vous voyant. Mais ce serait franchir une ligne de sécurité, n'est-il point ? Vous désirez garder votre identité secrète ?
- Une lahmiane préfère toujours le secret à la gloire, mon aimé, vous le savez très bien. De plus, si tout le monde venait à me dévorer des yeux, vous en seriez jaloux, et finiriez par occire l'assemblée entière.
Elle ne lui dit pas que de plus, elle ne pourrait plus tisser ses charmes protecteurs autour de lui, mais ce n'était pas nécessaire. Et puis, les hommes n'aimaient pas quand on leur rappelait qu'ils avaient besoin de l'aide de leurs femmes, cela les troublait... Et elle avait besoin que son amant soit sûr de lui et de sa propre supériorité sur ses ennemis.
- Vrai, dame ! Vous voyez clair en moi comme dans une boule de cristal !
Décidément, les hommes étaient facilement malléables. Le chroniqueur, cependant, semblait réunir sa volonté pour exprimer une pensée qui le démangeait.
- Dame, - commença-t-il, l'air sournois, - nul doute que vous voyez tout et savez tout. Ne trouveriez-vous pas amusant de me dévoiler le nom de mon prochain adversaire ?
Elle fit mine de réfléchir, puis asséna :
- Non, je ne trouve pas. Et vous même, avouez que vous prenez plaisir à savourer ce mystère.
D'abord étonné, Von Essen chercha, mais ne trouva rien à répliquer. Sa tendre amante avait de nouveau raison.
- Même pas un indice, n'est-ce pas ? - la résignation se lisait sur ses traits.
La vampiresse lui sourit affectueusement, puis l'invita à s'asseoir sur le lit. Une fois installés, elle prit ses mains dans les siennes, et parla à voix basse :
- Vous êtes perspicace, mon cher, et devriez au moins savoir à quels dangers vous pouvez vous attendre. Vous comme moi avez vu les combats qui se sont déroulés, n'est-ce pas ?
Le chroniqueur resta coi. De fait, il n'avait pas été en mesure d'observer, à aucun moment, suite à un temps fâcheux comme jamais : les nuages se succédaient aux éclaircies, et ses artifices pour maintenir un couvert constant semblaient se heurter à une volonté contraire, désireuse de faire régner le beau temps. Il n'avait pu que remercier sa chance en apprenant que son propre combat aurait lieu au crépuscule. A présent, il fallait tout avouer à sa chère et tendre.
Cependant, son silence prolongé fut plus expressif que des mots, et elle le devança :
- Si c'est à cause du soleil, vous auriez pu me le dire...
- Je... - il avait été trop fier pour lui confier cette faiblesse, que sa compagne ne subissait pas grâce à son pouvoir des arcanes.
La vampiresse le comprit une fois de plus à demi-mot :
- Désormais, je ferai en sorte que vous ne subissiez pas ce désagrément. Et vous, n'hésitez plus jamais à vous confier à moi, sinon j'en prendrai ombrage... - ce petit jeu de mots la fit rire intérieurement.
Muet comme une carpe, Von Essen se contenta d'acquiescer, honteux. Elle lui déposa un baiser réconfortant sur le cou, et s'esquiva habilement, taquine, lorsqu'il voulut lui rendre la pareille.
- Bien ! - lança-t-elle pour le calmer. - Je peux au moins vous donner ses quelques indices quant aux adversaires que vous pourriez affronter le lendemain... Le premier vainqueur fut le sire Charles Hubert de la Bath de Gransette de Baisebaule !
Elle sourit, tant prononcer tous ces noms l'eut amusé. Son amant, cependant, écarquilla les yeux.
- Quoi ! Cet illetré qui ne sait pas écrire son propre nom ?!
- La Dame est avec lui, je ne vous permets pas de le sous-estimer.
Von Essen prit le temps de digérer la nouvelle, puis enjoignit sa compagne à poursuivre.
- Il peut être malhabile à la plume, mais manie bien l'épée. Souvenez-vous-en.
- Bien sûr, bien sûr.

Elle lui jeta un dernier regard d'avertissement, puis continua :
- Le second vainqueur est Connardos de Connardie...
Le chroniqueur se raidit légèrement. Il avait espéré que cette brute mal embouchée se fasse éliminer dès le premier tour.
- ... Moi aussi, mon cher, j'aurais voulu que ce rustre ne soit plus un potentiel concurrent. Mais il a plus d'un tour dans son sac, méfiez-vous de son heaume !
Le chroniqueur se raidit davantage. Son imagination lui dessina le chevalier avec un casque à cornes, son adversaire embroché sur ces mêmes cornes, dans une orgie de sang et de sauvagerie.
- ... Il hypnotise quiconque voulant l'affronter, et le prive de ses moyens, le rendant à la merci de Connardos !
- Ah...
- Vous êtes soulagé ?
- L'hypnose est une technique que je maitrise, je saurai lui résister.
Son assurance plut à la vampiresse. Néanmoins...
- Il y a autre chose. Il a un sceptre enchanté, aussi j'aurai du mal à vous protéger, mon cher, si jamais votre bras venait à faillir...
- Il ne faillira pas ! - les prunelles du chroniqueur s'embrasèrent brièvement.
Toujours plus rassurée, elle lui serra tendrement les mains.

- Le troisième vainqueur est Fulbert le vaniteux, il a désarçonné Ethgri...
- QUOI !! - s'étrangla le vampire.
- Il était éméché !! - rajouta-t-elle de vive voix. - Il ne valait guère mieux que... - elle allait dire "vous, quand vous êtes saoul à la taverne", mais se retint. - ... qu'un mortel souffreteux !
Son amant était néanmoins décontenancé, surpris là où il croyait qu'on ne le surprendrait jamais. Il lui fallut prendre conscience qu'il était face à sa compagne qui le regardait d'un air inquiet, pour se reprendre.
- Désarçonné, comme ça ?
- Il a blessé son adversaire, il l'a blessé avant de tomber. Dans l'état où il était, ce fut un exploit.
- Je... Ce Fulbert, qui est-il ?
- Un pion coureur de jupons, mais apparemment il sait se servir d'une lance.
- Qu'à cela ne tienne, Ethgri, l'elfe, est un copain. Ce Fulbert devra craindre pour sa vie s'il m'affronte.
- Maitrisez-vous, mon cher. Seules les morts accidentelles sont tolérées, à moins que le baron Georges n'ordonne que le combat se fasse à mort.
- Soit, soit. Il mordra la poussière, et sera humilié devant ces dames qu'il convoite tant.
"J'aime mieux ça," - pensa la vampiresse, avant de passer enfin au vainqueur suivant.

- Le gueux ? Vraiment ?
Cette fois-ci, Von Essen se sentit au contraire enjoué. Lui-même roturier, il ressentait une sympathie toute naturelle pour l'homme d'armes qui bravait l'ordre établi des chevaliers.
- Lui-même, - renchérit sa compagne, contente de voir le chroniqueur sourire à nouveau.
- C'est un brave ! Je serais...
- Non.
Il lui lança un regard mi-amusé, mi-dépité, puis se reprit.
- Non, bien sûr.
Dommage, il aurait trouvé plaisant de laisser gagner le gueux si jamais il venait à l'affronter.
- Mon cher, pensez un peu à lui ! Vous ne croyez tout de même pas qu'il aimerait qu'on lui offre une victoire facile, qui serait indigne du titre qu'il convoite ?
Diable, elle avait de nouveau raison. A croire que les femmes connaissent mieux les hommes que les hommes se connaissent eux-mêmes. Il ne put qu'acquiescer muettement.
- Quand vous le verrez, ne vous fiez pas au fait qu'il n'ait pas de lance. Son fléau est redoutable, et vous ne voudriez pas me revenir estropié.
- Je tâcherai de l'abattre au plus vite, vous avez ma promesse.
- Et j'en suis très heureuse.
Elle l'embrassa, et ils restèrent silencieux pendant un moment, amoureusement entrelacés.

- Le cinquième vainqueur est le sire Jehan de Maislanchon, il a mis à mal le chevalier du graal.
- Dois-je le craindre ?
- Ce Léonard n'est certes pas le meilleur des adversaires pour juger des aptitudes de sire Jehan, mais sachez qu'il n'est pas du genre à laisser de chance à un ennemi. Par ailleurs, il a formé le voeu d'interdire l'adoubement au sire Gontran, et sa résolution le poussera sans doute à se surpasser face à n'importe qui.
- Voila qui me donne la résolution de le corriger. Je suis aussi roturier que Gontran, et je lui montrerai que ce n'est pas la naissance qui fait la valeur des hommes.
- C'est bien dit, mon amour. Pour être sûre, j'aimerais que vous me récapituliez tout ce que je viens de vous dire, avec concision.
- Le colosse, le rustre, le coureur, le gueux, le conservateur indigne.
- Et tu les vaincras tous, mon amour, sois-en certain, aussi certain qu'est l'amour que je te porte.
Et elle se mit à dénouer les liens de cuir qui retenaient son armure.
- Je vous aime, dame. Voila ma seule certitude.
----------------------------------------------------------------


Gérald se réveilla entre deux gueuses, la bouche pâteuse et une sacrée gueule de bois. Il  essaya de rassembler ses souvenirs :

Après avoir échangé quelques mots avec le jeune chevalier du Graal, il avait finalement opté pour visiter une autre taverne car "il faut se donner du courage pour pourfendre minotaures et griffons !". En réalité, il avait surtout la flemme de traverser toute la Bretonnie pour tuer un dragon narcotique. Après une entrée remarquée (et une porte malmené) dans une nouvelle taverne, il avait  enchaîné les shots,  offert  une tournée générale, et provoqué une émeute en payant le barman avec une pièce de cuivre !

Ensuite ça devint encore plus flou. Il se souvient avoir traîné un peu dans les rues et rencontré les deux gueuses qu'il avait invitées à une troisième taverne. Son dernier souvenir pas totalement flou est d'avoir affronté dans un concours de boisson un ogre, venu goûter la fameuse saucisse du pays.

Gérald fut tiré de sa méditation par un petit bruit. Il remarqua dans un coin de la sordide pièce un Skaven ligoté. Mais que diable faisait un Skaven ligoté dans sa chambre !? Le chevalier de la quête redoubla d'efforts pour fouiller dans sa mémoire, il n'en tira que deux souvenirs complètement flou : De Connardie lui contant que sa quête suivante consistait à le débarrasser d'un rat géant qui rôdait autour de sa chambre, avec des paroles moins polies ; et lui-même courant après cette créature, encouragé par les deux gueuses.

Le baron de Port-petit se reprit la tête dans les mains,  décidément le vin d'ici est à l'image du pays !  Puis son attention se reporta à nouveau sur le Skaven terrifié, il avait besoin de passer sa gueule de bois sur quelque chose, et un Skaven à TOUJOURS  quelque chose d'intéressant à raconter...

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Mer 20 Jan 2016 - 21:44

Intermède (2eme partie)



Le comte Estienne haletait, les poumons en feu, après une folle course pour fuir l’hospice. Tentant tant bien que mal de reprendre ses esprits, il réalisa qu’il était au comble de sa fureur : sa défaite face au vil Connardos lui restait en travers de la gorge, telle une andouille de Géorgie. Et telle une andouille de Géorgie, il lui fallait la digérer, par n’importe quel moyen…
Assailli par la faim, la soif (de vin et de vengeance), la douleur à son flanc et sa céphalée, le bon Seigneur d’Ajol laissa tomber son arrière train dans la fange qui servait de rue à l’endroit. Se balançant d’avant en arrière tel le dernier des clodos, une voix sénile lui fit reprendre ses esprits.

- Mon bon Seigneur, vous, enfin !

L’homme qui s’approchait n’avait plus d’âge. Du moins, il fallait un sacré precepteur pour apprendre à compter jusque là. De rares touffes de cheveux gris étaient disséminées sur son crâne cabossé, ses doigts et ses mains étaient calleux, signe de longues années d’ouvrage. Sa voix, aussi tremblante que ses mains, sortait d’un orifice dans lequel se battaient trois dents jaunes en truel.
Bien que fort soulagé de le voir, le comte afficha un air agacé et grognon.

- Ecuyer ! Où étais-tu donc, Foutredame ?

Ecuyer était l’écuyer des comtes d’Ajol depuis… au moins tout ça. Autant qu’Estienne le savait, Ecuyer servait déjà son père, et son grand-père avant lui. Autant dire qu’il n’était plus de toute première fraîcheur, à tel point que son nom même tomba dans l’oubli, d’où son pseudonyme, dû à sa fonction : Ecuyer. On s’étonne d’ailleurs souvent de son rôle : d’ordinaire, un écuyer est voué à être adoubé et à devenir son propre maître. Pas pour Ecuyer. Les raisons en sont bien obscures, mais les Ajolais s’accordent pour penser qu’on a simplement oublié de prévoir la cérémonie d’adoubement. L’absence de réaction de la part d’Ecuyer n’y a pas changé grand-chose. Toujours est-il que, malgré son grand âge, son dos vouté et ses doigts squelettiques, il reste un serviteur digne de confiance et de respect, ce que les comtes d’Ajol n’aiment pas trop se rappeler. Après tout,  il reste un gueux.

- Mon bon seigneur, vous pouvez pas restez à gésir ainsi au milieu de la populace ! On dirait le dernier des vilains après un festin dans la Saincte Cave. Viendez-vous en à l’auberge !
- Fort bien. Cependant, malgré l’amitié que je porte au Baron Georges, les auberges du coin ne semblent pas mieux loties que cette rue gadoueuse pleine de merdasse. Où est-elle donc, cette auberge ?
- Dans un hameau à tout proche Messire.
- Et comment se nomme-t-il ce hameau ?
- Paumé…
- Comment ? Tu t’es perdu ?
- Point, point, Messire ! Le hameau se nomme Paumé… Ah, Ma Dame, j’ai oublié.
- Pauméramie ?
- Nullement.
- Paumérément ?
- Point, point.
- Paumédisant ?
- Non plus Messire, il s’agit de Paumé sur quelque chose…
- Ah ! Que voilà un nom cocasse ! Et bien, nous allons demander notre chemin ! Il ne doit tout de même pas y avoir tant de villages de ce nom…
- Certes, mon bon Seigneur, certes…


De nombreuses lieues, crises de nerfs, taloches, tabassages et chasses aux gueux plus tard, le bon Seigneur d’Ajol et son fier écuyer Ecuyer retournèrent finalement à Paumé sur Bourg. Arpès avoir renoncé à trouver une auberge convenable, Estienne et son vaillant Ecuyer installèrent leur bivouac le long du chemin qui menait à Bourg sur Pomme.

- Ecuyer, tu dois faire quelque chose.
- Quoi donc, mon bon Sire ?
- Tu dois trouver un moyen de faire payer ce sournois Connardos de Connardie ! Ce vilain s’est battu sans honneur. Pour la Dame, il doit payer !
- J’ai bien peur de ne plus pouvoir m’acquitter de ce type de besogne, Monseigneur. De plus, les Semi-Croustillants sont loin : d’ici qu’un pigeon parvienne jusqu’à eux et que leur homme de Cathay n’arrive, le tournoi sera terminé.
- Ah ! Silence, vilain ! Cette idée était la mienne et elle était par ailleurs très bonne ! Mais je viens de songer que cela ne sera point possible. Le temps que leur homme n’arrive, le tournoi sera achevé et ce cornard de Connardos reparti dans ses confins.

Estienne d’Ajol et Ecuyer méditaient… Alors qu’ils s’apprétaient à déguster une bonne andouille bien de chez eux, deux prêtresses de l’hospice se présentèrent. Dans sa précipitation, le bon Seigneur d’Ajol avait oublié de prendre son armure, sa lance brisée, son épée, son écu, et une étrange pierre blanche dont seuls la famille d’Ajol et ses proches connaissaient l’utilité. Tandis que les demoiselles tournaient les talons, une lueur brilla dans les yeux délavés du fidèle Ecuyer.

- Mon bon Seigneur !
- Hum……..
- J’ai une idée pour vous venger du seigneur de Connardie ! Mais nous devons nous rendre au plus vite au castel du baron Georges !
- AAAAAAH PAIX, ECUYER ! J’essaye de réfléchir…

Le pauvre Ecuyer s’attela donc à la cuisson de son andouille et de ses haricots. Il faillit tout laisser choir lorsque le conte Estienne s’écria :

- J’ai une idée pour me venger du cornard de Connardie ! Mais nous devons nous rendre au plus vite au castel du baron Georges !

Ecuyer soupira et souri d’un air las.



-----------------------------------------------------------------------


Arrivés au château, Estienne d'Ajol et Ecuyer rencontrèrent le baron Albéric d'Armorique qui semblait revenir des latrines. Après avoir échangé un rapide salut, Estienne demanda :

« Que faites vous debout à cette heure ci ?
- Je passe la nuit à prier la Dame pour ma baronnie qui risque de sombrer dans l'anarchie à tout moment...
- Je prierai aussi pour vos terres si cela peut vous rassurer.
- Merci... Au fait, je ne vous ai pas vu à la réunion spéciale du comte Henry tout à l'heure.
- Une réunion ? Je n'étais pas au courant. De quoi parliez vous ?
- Le chevalier Henry, héraut du roi, souhaite ardemment la défaite du roturier. Le baron a aussi évoqué une liste de l'ordre des combats rédigée par André, elle serait au deuxième étage du donjon.
- Intéressant.
- Si vous le dites. Moi je vais me retirer à la chapelle du château, bonne nuit. »

Albéric quitta la compagnie d'Estienne. Ce dernier chuchota à l'oreille de son serviteur :

« Il faut absolument qu'on mette la main sur ces écrits. »

Les deux compagnons gravirent les marches du donjon jusqu'au deuxième étage. À ce niveau, ils croisèrent le comte Henry dans la bibliothèque, il les interpella aussitôt :

« Hé ! Vous là ! Je suis chargé de veiller au bon fonctionnement du tournoi par ordre du roi. Personne ne doit entrer dans cette pièce, elle contient des documents confidentiels traitant sur l’organisation du tournoi.
- Pardon, je l'ignorais, nous recherchons juste de la documentation sur le patrimoine de la région que je trouve fort passionnante. Émit Estienne en guise d'excuse. »

Henry leur fit comprendre qu'il n'y avait aucun moyen d'insister et Estienne revint sur ses pas. Dans le premier couloir qu'il emprunta il fut bousculé volontairement par Connardos.

« Que faites vous là ? Questionna Estienne assez surpris.
- Comme vous on dirait. J'essaye de mettre la main sur la liste des combats afin de jouer un tour à mon adversaire avant la confrontation, mais cette pourriture de Henry garde constamment un œil sur elle… »

Dans l’obscurité, Connardos n'avait pas reconnu Estienne, son précédent adversaire. Estienne fila avant que Connardos ne le remarque. Plus loin, il chuchota à Ecuyer :

« Par toutes les croix de Lorraine, cette andouille de Connardos va tout faire échouer. Je propose d'attendre demain pour mettre le plan a exécution.
- Bien messire, je vous suis. »


-----------------------------------------------------------------------


Léonard retourna sous sa tente, il avait été partiellement soigné par les prêtresses de Shallya qui étaient mortes de fatigue après une si longue journée. Il ne lui restait plus qu'une vilaine blessure sur son épaule droite. Dame Nawenn réapparu à ses côtés, la Dame du Lac en personne lui avait donné pour mission de veiller étroitement sur son chevalier du Graal.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Jeu 21 Jan 2016 - 18:06

Troisième jour des affrontements



Une nouvelle journée de combat commençait. Bien que la moitié des participants fût éliminée la veille, tous étaient présents dans les gradins, soit en tant que spectateur, soit en tant que participant.

André annonça les chevaliers qui étaient sélectionnés pour le premier combat de la journée:

« Fulbert le Vaniteux contre… Connardos ?! »

André était étonné, il se retourna vers le baron et l'informa :

« Messire, c'est incompréhensible ! J'aurai juré avoir sélectionné Charles Hubert dans le combat contre Fulbert... Que fait-on ? »

A ces dires, le comte Henry dessina un sourire narquois sur son visage. Le baron répondit :

« Votre mémoire doit vous jouer des tours mon ami. Continuez le combat, ces deux concurrents sont parfaits, depuis le temps qu'ils voulaient se battre. »

André suivit les ordres de son seigneur et invita Fulbert et Connardos à se préparer pour leur duel.

Fulbert fit le tour de la piste, saluant la foule avec un sourire éclatant et faisant des clins d’œil aux demoiselles. Notamment à Penthésilée de Gransette dont le frère, Charles Hubert de la Bath, émit un léger grognement à la vue du vaniteux. Après s'être bien fait remarqué, il voulut mettre son heaume, mais, à ce moment, un écuyer s’approcha de lui pour lui donner une pierre étrange. Fulbert ne laissa pas le mystérieux serviteur s'expliquer, il le remercia à sa façon :

« Que c'est touchant, sûrement un présent d'une de mes admiratrices ! Tenez mon brave, rapportez ceci à celle qui vous envoie et dites-lui que le grand et chevaleresque Fulbert gardera éternellement une place pour elle dans son cœur ! ».

Fulbert sortit une rose de sa tenue et d'un signe de la main, il fit comprendre à l'écuyer qu'il devait se dépêcher de partir. Finalement il rangea l'artefact dans sa poche et mit rapidement son heaume avant que Connardos n'arrive.

Comme à son habitude, Connardos se fit attendre. Quand il arriva finalement, il salua son adversaire avec le très célèbre salut de Connardie, la main ouverte, pouce posé sur son nez, et langue sortie. Sous son heaume, Fulbert était rouge de colère.

Avant que la situation ne dégénère, André donna le signal de la charge. Les deux chevaliers abaissèrent leurs lances et chargèrent. Fulbert, remplit de rage, lâcha un « Connard ! » quelques instants avant l'impact. Connardos l'avait parfaitement entendu et perdit ses moyens à l'entente de la pire des insultes à son égard. Il commença à pester :

« Comment oses-tu ? Fille de g... »

Il n'eut pas le temps de placer son insulte que la lance de Fulbert le transperça de part en part. (Fulbert : Test de Cd réussi discorde, 3T, 3B, Coup Fatal !, 0invu, Mort instantané ! 1svg, 0invu, 1PV!   affraid ). Le casque maudit de Connardos tomba dans la boue et son propriétaire, avant de sombrer dans l'inconscience et dans un élan de vengeance, redirigea sa lance vers son ennemi (Connardos : 2T, 2B, 0svg, relance chance 0svg, 1Invu, relance trompeur 1invu! 1PV) l'arme manqua le cou de Fulbert par miracle mais blessa son épaule, il faut croire que la Dame dû se résigner à protéger un des deux chevaliers malgré leurs égos démesurés. La foule resta silencieuse à la vue du chevalier embroché par la lance de son adversaire. Fulbert lâcha immédiatement sa lance et Connardos transpercé fini dans la boue. Quand tout le monde eu le temps de comprendre ce qu'il s'était passé, d'immenses cris de joie se fit entendre dans toutes les tribunes. Fulbert enleva son heaume et salua la foule avec un air de triomphe comme s'il avait déjà remporté le tournoi. Un seul chevalier n'était pas content de l'issu du combat : Lord del Insula qui cacha son visage dans ses mains. Il fut bousculé par un chevalier en armure noire, c'était le baron Arthas qui lui donna une violente claque dans le dos.

« Il se débrouille très bien votre chevalier, vous devriez être content ! Lui lança-il avec son visage pâle, son sourire et ses yeux inquiétants ».


Les prêtresses de Shallya accoururent pour porter secours à Connardos. En voyant son corps transpercé par la lance et le regard sans vie du chevalier, elles demandèrent à Juliette s'il était encore possible de le sauver. Elle répondit que rien n'était impossible et qu'elle avait déjà soigné des blessures encore plus graves dans le domaine du Blood Bowl comme des têtes et des cœurs arrachés. En voyant les prêtresses emporter Connardos, André espéra qu'il ne s'en sortirait pas.

Victoire de Fulbert de Vaniteux !


---------------------------------------------------------------------------


André était finalement content que Fulbert eu combattu Connardos, bien qu'il était toujours intrigué par la liste de son parchemin. Quand il inscrivit le résultat de la dernière joute il remarqua que son écriture ne correspondait pas à celle de la liste. Comme il ne voulait pas déranger le baron ou remettre en cause la défaite de Connardos, il fit comme si de rien n'était et annonça les concurrents suivants :

« Le baron de Frontegoche, Jehan de Maislanchon affrontera Gontran malarmé ! »

Jehan se leva aussitôt et pressa son écuyer d'avancer en tenant si fortement son avant-bras qu'il lui en briserait les os :

« Vite Troussenard ! Il est enfin l'heure d'abattre ce gueux et de mettre fin à cette chienlit de tournoi de bouseux !
- Aïïïïee ! Comme vous voudrez maître ! Mais lâchez moi je vous pris, vous me faites ma-Aïe-l ! »

Jehan ne répondit pas et continua de traîner son pauvre serviteur jusqu’à son destrier.

A l'autre bout du terrain, Gontran était prêt à entrer dans l'arène. Mais avant de monter sur son cheval un groupe d'homme d'arme l'interpella, c'était ses plus proche compagnons d'armes de l'unité des sergents montés des « gueux d'élites » qui étaient venus le soutenir.

« Ho ! Hé ! Bonne chance Gros ! Dit l'un.
- Ouep, t'en aura besoin Vieux ! Dit l'autre.
- C'est sûr, l'gars en face c'est un vrai taré, t'as intérêt à lui écaler sa tronche ! Rajouta un autre.
- Merci les gars, je sais ce que ce j'ai à faire. Que Shallya me garde, répondit Gontran en enfourchant sa monture. »

Peu après, les deux adversaires se faisaient face. Gontran salua par courtoisie son adversaire comme le baron Georges lui avait enseigné, mais Jehan semblait l'ignorer. Sur la tribune, Henry se frotta les mains et murmura « Parfait. Face à lui, le roturier n'a aucune chance. »

André donna le signal de départ, Gontran bu le contenu de sa gourde et les concurrents partirent à toute allure. Retardé à cause de son breuvage, Gontran n'avait pas anticipé la fulgurante avancé de son adversaire qui le prit par surprise. Il put tout de même donner le premier coup, bien que maladroit, car il n'avait pas eu le temps de préparer son étoile du matin (Grontran : Potion de célérité, 2T, arme magique détruite, 0B - double 1…). Son fléau tournait dans tous les sens, et au moment de la rencontre il frôla le chevalier pour atteindre son fourreau ce qui fit voler au loin l'épée de Jehan. Ce dernier était concentré sur son objectif et toucha de plein fouet le roturier (Jehan : 3T, 3B, 1svg, relance chance 2svg, 0invu, 1PV!). Gontran était en mauvaise posture, il reprit la maîtrise de son fléau et de retourna pour faire face à Jehan. Le chevalier remarqua que son épée magique était partie au loin et il dégaina sa miséricorde. Gontran fit tournoyer rapidement son fléau d'arme au-dessus de sa tête dans le but de donner un coup fatal à son adversaire et fit galoper son cheval vers Jehan. Ce dernier prit étonnement la même direction et le combat ressemblait à une course poursuite où Gontran cherchait à rattraper Jehan. Mais après deux tours de piste, Jehan arrêta brutalement sa monture en la cabrant. Gontran ne s'attendait pas à un arrêt aussi brutal de son adversaire, mais Jehan avait tout calculé et il poignarda Gontran quand il passa à toute allure à côté de lui. (Jehan : 3T, 2B, 1svg, 0invu, 1PV!). La puissance du coup désarçonna Gontran qui lâcha son arme tournoyant ainsi dans les airs. Le sergent tomba dans la boue en hurlant de douleur, la miséricorde adverse plantée dans son thorax.

A la vue de la chute de son adversaire, Jehan releva la visière de son casque et salua uniquement la tribune des chevaliers et du baron comme s'il avait accompli sa mission. De l'autre côté la tribune des gueux était sur le point d'exploser. Le baron Georges était attristé, son champion était battu et la foule allait de nouveau déclencher une émeute sans que la garde ne puisse faire quoi que ce soit. En effet, les gardes, frustrés de voir leur camarade à terre, étaient aussi très agités. Le comte Henry était au contraire très satisfait et laissa exprimer sa joie en applaudissant et félicitant Jehan depuis sa tribune ce qui énervait énormément les hommes d'armes.

Au moment où la situation allait devenir ingérable, le fléau d'arme de Gontran qui avait rejoint les airs retomba sur la tête de Jehan (Gontran : 2T, 2B, 0svg, 0invu, 2PV!). Le chevalier tomba de son cheval au pied de Troussenard qui ne s'était même pas prit la peine de réceptionner son seigneur.

À la vue de ce spectacle, les roturiers se calmèrent et regardèrent André comme s’ils attendaient quelque chose. André désemparé avait déjà noté le résultat de la joute, il accorda tout de même la victoire à Jehan étant donné que le retour du fléau n'était pas dirigé par les mains de Gontran. Georges voulu intervenir et proposer une revanche, mais le regard inquisiteur de Henry et l'émeute qui imminente l'en empêcha. De plus, les deux participants n'étaient plus en état de combattre et il devait agir rapidement s'il ne voulait pas que la foule lynche Jehan et André.
Il il fallait de l'ordre pour que les prêtresses de Shallya puissent intervenir et soigner Gontran. Le baron n'eut pas d'autre choix que de lancer une ''Chasse au Gueux Général''. Il siffla pour appeler son hippogriffe, quand le monstre arriva, tous les gueux se dispersèrent fuyant la colère de leur baron. Le tournoi pouvait continuer, même si la tribune des roturiers était vidée.

(Jehan, ayant l’initiative au deuxième tour grâce à sa vertu de l'idéal, avait frappé en premier. L'attaque de Gontran du dernier round, bien que remarquable, n'est pas prise en compte)

Victoire de Jehan de Maislanchon !

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Kaops
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Jeu 21 Jan 2016 - 18:08

Les évènements suivant le dernier combat ayant engendrés nombres de cris, pleurs, insultes et possiblement quelques décès brutaux, ils ne seront pas contés au nom de la convention de Marienburg. C’est pourquoi nous rejoignons l’arène quelques heures plus tard, la majorité des gradins à présent vides vu que les gueux en ont tous été chassés. Et le tout étant sous un ciel plus ombragé que jamais.

C’est donc sous le regard inquisiteur du baron Georges, qui ne cachait pas sa rage, qu’André annonçât le dernier combat de la journée :

« Le… Le dernier combat opposera Charles Hubert de la Bath de Gransette de Baisebaule à Von Essen, le chroniqueur des Von Cartsein !»

Charles Hubert arriva sur le terrain et se positionna avec force exagérations. Son salut martial à l’assemblée ressemblait plutôt à des beuglements contrariés. On pouvait entendre Penthésilée pouffer de rire devant un tel spectacle dans la tribune. Soudainement, les nuages se concentrèrent au-dessus de l’arène, réduisant davantage le peu de lumière qui perçait à travers. Une forme sombre qui se révéla être Von Essen apparut de l’autre côté de l’arène. Le vampire fit trotter sa monture calmement le long de la lice et il s’exclama vigoureusement :

« Noble assemblée ! Ce combat, c'est pour dame Arken que je le fais ! Que nul n'ose jamais souiller son nom, et que toute la Bretonnie sache qu'il n'y a pas de dame plus belle que ma promise ! Je vous aime, dame ! Et je vaincrai pour vous ! »

Les nobles restants étant de l’autre côté, Von Essen ne remarqua même pas qu’il s’adressait à une tribune vide. Le vampire était presque euphorique.

« Ah… Les hommes…. soupira une dame aussi belle que pâle dans le public.
- Commençons ! lança Von Essen. »

André, quoique légèrement perdu, lança néanmoins le signal du départ. Les deux chevaliers s’élancèrent tels bien d’autres avant eux. Les sabots de leurs montures frappant la boue du sol en rythme. Charles était partit bille en tête, sa lance traversa le corps de Von Essen de part en part. Mais à la grande surprise du chevalier, le vampire répliqua comme si de rien était, sa lance ne traversant majoritairement que des ombres. (Charge : Charles: 2T, 2B, 0svg, 1invu, relance trompeur 1invu, 1PV! / Von Essen: 1T, 1B, 0svg, 0invu 1PV!). Les deux cavaliers se dépassèrent en trombe.

Von Essen se tint son flanc à cause de la douleur, la magie n’avait malheureusement pas agit suffisamment vite pour empêcher la lance de lui transpercer sa chair. Elle n’avait pu que limiter les dégâts. Le bougre savait se battre, se dit Von Essen, autant redoubler de prudence dans ce cas. De son côté, Charles Hubert fit brusquement retourner sa monture et lança sa lance si fort dans le sol qu’elle s’y planta toute droite. Il entonna le beuglement de guerre de sa famille et partit vers le vampire qui en fit de même. Les deux cavaliers dégainèrent leurs épées qui se rencontrèrent dans une gerbe d’étincelles. (Charles: 2T, 1B, 1svg / Von Essen: 2T, 1B, 1svg). Leur niveau était égal sur cette passe d’armes et Von Essen avait peur d’engager une guerre d’usure contre un adversaire aussi obstiné.

Mais heureusement pour lui, Charles Hubert grogna de douleur et arrêta ses attaques à répétitions. Son cerveau venait apparemment de comprendre qu’il était blessé à l’épaule. Sa souffrance l’handicapa terriblement et il ne put continuer ses attaques (Charles: 1T). Le vampire, remarquant cette faiblesse, ne se fit pas prier et frappa de toutes ses forces le géant bretonnien (Von Essen: 3T, 2B, 1svg, 0invu, 1PV!).

Assommé, Charles Hubert s’effondra avec la lourdeur d’un tronc d’arbre sur le sol, hors de combat. Von Essen s’esclaffa et fit une rapide courbette en direction des tribunes, du bon côté cette fois. Il repartit au trot vers les écuries pour y déposer sa monture et dépassa les soigneurs de Shallya qui arrivait en nombre pour déplacer le lourd corps inerte de Charles Hubert…


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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Dim 24 Jan 2016 - 12:22

Intermède

Après une série de combats mouvementés, André annonça les trois chevaliers vainqueurs du jour:

-Fulbert de Vaniteux (Lord del Insula)
-Jehan de Maislanchon (Le ménestrel enrhumé )
-Von Essen (Von Essen )


Il leur donna rendez-vous demain pour une épreuve spéciale qui déterminera qui seront les deux chevaliers à atteindre la finale !


-----------------------------------------------------------------------


A peine le dernier combat fut-il terminé qu’un baron Georges passablement furieux se rendit à l’hospice des sœurs shalléennes. Ce fut non sans quelques protestations très musclées de la part de la mère supérieure, qui refusa net de laisser passer les gueux d’élite à l’hygiène douteuse. Sur le coup, il aurait bien envoyé cette mégère s’occuper des cochons à saucisses, mais l’urgence de vérifier l’état de son champion et le simple bon sens l’en empêchèrent. Finalement, ce fut uniquement la suite du baron, composée de quelques nobles invités et du comte Henry, qui franchit le seuil de l’hospice.

Ils passèrent quelques lits, puis arrivèrent à celui du brave Gontran. Alors, le baron se détendit quelque peu : le gueux dormait paisiblement, et la sœur qui s’en occupait assura Georges qu’il s’en sortirait avec deux cicatrices, et c’est tout.

Le comte Henry, cependant, posa une question en haussant exagérément le ton :
- Et pourrions-nous voir le sire Von Essen ?
La sœur répondit en toute honnêteté qu’il n’était point ici, et que lorsque les sœurs emportaient le sire Charles Hubert, elles avaient vu son vainqueur s’éloigner tranquillement en direction du château.
- Aha ! – lança le comte avec un air de triomphe. – Ce n’est pas normal, vous ne trouvez pas ? La lance du sire de Gransette l’avait pourtant bien amoché !
Le baron Georges, qui commençait à connaître le caractère de l’envoyé du Roy, s’impatienta :
- Crachez donc votre saucisse et cessez de tourner autour du porc !
- C’est « autour du p… » - voulut timidement glisser André, mais se tut en voyant comment les deux seigneurs se regardaient.

- Von Essen, l’estranger, est un vampire, et, chevalier ou pas, il est inacceptable qu’il participe à ce tournoi, - prononça le comte Henry, résigné à ne pas tourner autour du pot pour ne pas courroucer inutilement le baron.
Ce dernier, cependant, répondit du tac au tac :
- Je sais très bien que c’est un vampire, et alors ? C’est même moi qui vous ai dit que c’en est un, et vous n’avez rien dit !
Par la Dame, – se consterna le comte, - il s’en rappelait. Il faudrait jouer serré.
- Mais ce serait faire honte à ceux qui sont morts à Moussillon que de le laisser participer, que dis-je, de tolérer son existence !
- Mais vous ne m’avez PAS dit ça AVANT ! – le baron commençait à s’emporter, mais se disait encore qu’il pouvait faire entendre raison à cette fouine de comte.
- Imaginez seulement ce que ce serait si ce… cette créature venait à remporter le tournoi !
Le comte était manifestement sourd, - se dit le baron.
- VOUS NE M’AVEZ PAS…

Deux mains aussi fortes que celles d’un ours s’emparèrent des têtes des deux seigneurs, et les cognèrent violemment l’une contre l’autre, comme deux noix de coco. A la vue de la matriarche qui se permettait une telle violence à l’encontre de deux illustres bretonniens, André glapit de terreur, certains nobles furent sur le point de dégainer, d’autres éclatèrent de rire. La mère supérieure les balaya tous d’un regard digne d’une reine, puis indiqua la sortie de l’hospice :
- Emportez donc ces deux-là, et que je ne revoie plus personne se disputer dans cet endroit ! Comme si vous arracher les membres dans vos tournois ne vous suffisait pas… Allez ! Ouste !
Mi-intimidée, mi-courroucée, la suite du baron emporta les deux seigneurs avec toute la dignité qu’ils devaient à leur rang, et sortit du pavillon des guérisseuses.

- Bon, - le baron massait la douloureuse bosse qui avait surgi de son crâne, - monseigneur Henry, si vous ne laissez pas participer le sire Von Essen au tournoi, je vous déclare dément et vous confie aux soins de nos sœurs. Pigé ?
Le comte Henry, qui se tenait en face du trône du baron, et dont la bosse ne faisait pas moins souffrir, blêmit à la menace non voilée de Georges.
- Le… Le Roy en entendra parler… - dit-il en grinçant des dents.
- C’est ça, il entendra aussi que quand il y a un gueux en lice, alors autant laisser le vampire gagner, et dès qu’il y est plus, à la revoyure, au secours, tuez le vampire. Pigé ? Et vous avez de la chance que je n’en parle pas aux deux autres participants, car ils croiraient que vous ne les voyez pas vaincre un petit vampire de pacotille. Pigé ?
S’il était encore possible de blêmir davantage, le comte blêmit, mais ne riposta pas cette fois-ci.
- Pi… Heum, compris, messire de Georgie. Mais… - il voulait avoir au moins le dernier mot. – Mais vous en serez responsable, vous en serez responsable, et pas moy ! Par la Dame !
- Bien, vous avez fini ? Maintenant laissez moi, j’ai besoin de… - il se massa à nouveau la tête, - de réfléchir.
Le comte Henry fit une courte révérence, puis se retira, fulminant.



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Connardos n’était pas vraiment au meilleur de sa forme. Le Connardien ne sentait presque plus son bas-ventre, si tant est qu’il en ait encore un… Même si dame Juliette était relativement douée pour remettre en fonctionnement des organes précédemment séparés de leurs propriétaires, la douleur était toujours présente.
Quelques heures après le combat et une série d’opérations chirurgicales lourdes plus loin, on annonça à Connardos sa défaite lors de son réveil. Quand il apprit qu’il avait réussi à blesser Fulbert au cou, le Connardien esquissa un sourire narquois, il avait eu au moins une bonne nouvelle. Mais la douleur finit par l’emporter et le Connardien sombra à nouveau dans l’inconscience.

La nuit était tombée quand Connardos se réveilla. Il s’étonna tout d’abord de ne pas retrouver le plafond de l’infirmerie au-dessus de lui, mais la nuit étoilée. Sa deuxième surprise vint du fait que sa douleur n’était presque plus qu’un mauvais souvenir. La troisième surprise fut de s’apercevoir qu’il était sur un brancard, qui plus est en mouvement. Et la mauvaise surprise de la soirée était le fait que ce brancard était tiré par des esclaves skavens. Plus intrigué qu’effrayé par la situation dans laquelle il se trouvait, Connardos décida de faire semblant de dormir pour voir vers où les rongeurs allait le mener…

Et il ne fut pas déçu du voyage. La ville souterraine des skavens grouillait tellement autour de lui qu’il avait l’impression d’être en plein milieu d’une fourmilière à grandeur humaine. En jetant des coups d’œil rapides, Connardos remarqua qu’il était emmené vers un des plus grands bâtiments de la colonie skaven et que ses kidnappeurs essayaient de se faire discrets. Quelques couloirs plus tard, Connardos fut amené dans une pièce sombre à l’écart et sortit de son brancard. Un skaven bardé de plaques de métal mécanisées arriva devant lui.

« Bien…sss, fit le technomage. Laisssssez-nous. »

Le technomage fit un signe de la main pour accompagner son discours. Les esclaves skavens décampèrent à toute vitesse. Mais apparemment ils n’allèrent pas bien loin d’après les cris apeurés et les bruits d’échauffourées qui suivirent.

« Vous êtes du genre prudent, le rongeur ? lança Connardos»

Le technomage se retourna presque surprit de voir que le Connardien était réveillé. Mais il se reprit bien vite et ricana.

« Et vous, chose-homme ?… Je suis Scapophax et mes espions m’ont rapporté que vous n’aviez pas que des amis à la surface. » Connardos resta de marbre. « Je vois, autant aller directement au but…sssss… Je vous propose de travailler avec moi pour me débarrasser de mes sous-fifres. Ils sont devenus quelque peu gênant. » Cette fois Connardos haussa un sourcil. «  Je vais les envoyer attaquer le royaume des choses-hommes. Sans les prévenir de la présence de vos grands guerriers. Une fois ces misérables morts, je reprendrais mon commerce. Les choses-hommes de Saucissssse sont faibles et bêtes, ils oublieront vite cette bataille… »

Scapophax commença à faire les 100 pas devant Connardos. Ses équipements clinquait tellement que suivre son discours était parfois difficile.

« Et toi, chose-homme, ssss, tu me fourniras des informations sur les autres et tu détruiras leurs forces de l’intérieur. Les grands guerriers morts avec mes guerriers, tout sssssera plus simple ! Et tu seras…
-Non,
trancha Connardos impassible.
-Qu…Quoi ? …sss…
-Si je t’aide, je te fais plaisir. Or je me suis fait le serment de ne jamais faire plaisir au moindre continental ! Toi y compris, foutu rat de mes deux !
»

Alors qu’il lançait son insulte, Connardos décrocha un crochet du droit au skaven qui jappa de douleur. Connardos courut ensuite vers le brancard sur lequel trônait son épée. Lorsqu’il saisit la lame crantée, il put entendre Scapophax s’enfuir à travers les escaliers en vociférant des menaces. Connardos partit à sa poursuite, mais en sortant de la pièce il rencontra un esclave skaven qui portait diverses affaires. En voyant le Connardien, ce dernier déguerpit en vitesse la queue entre les jambes. Le paquetage que le rat portait tomba alors lourdement sur le sol répandant son contenu. Le visage de Connardos s’illumina quand il y repéra son armure… et son heaume.

« Les imbéciles… ricana-t-il pour lui-même. »

Le Connardien récupéra ses affaires en vitesse et se cacha pour s’en équiper au plus vite. Il pouvait déjà entendre les guerriers de Scapophax approcher. Connardos était content. Il allait pouvoir emmerder un continental. Rat ou pas, c’était du pareil au même pour lui. Alors que les guerriers des clans approchaient de sa position, il sortit de sa cachette en les surprenant par derrière avec tout l’art Connardien. Les pauvres bestioles ne purent rien faire face à l’art martial de Connardos et surtout contre son heaume qui marchait doublement sur les faibles d’esprits.

Une fois l’escouade massacrée - même si Connardos prit bien son temps pour enfoncer lentement sa lame dans le crâne de certaines de ses victimes paralysées – le connardien repartit dans les couloirs en courant. Etonnamment, Connardos avait un plan. Un plan qui le faisait rire intérieurement à gorge déployée. Un plan qui avait germé dans son esprit à la mention d’un certain village de la baronnie…


De son côté Scapophax était enragé et terrifié. Sa préparation méticuleuse pouvait partir en fumée à tout instant à cause de ce… connard. Son plan allait suivre son cours, mais la présence du Connardien, il en faisait une affaire persssssonnelle.

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 30 Jan 2016 - 15:40

Intermède II


Gérald de la rive regarda depuis une ruelle sombre les Skavens enlever Connardos. Le Skaven qu'il avait interrogé ne lui avait pas menti. En repensant à ce dernier, il se dit que les bouchers de Paumé-sur-Bourg n'étaient vraiment pas regardants sur l'origine de la viande que l'on pouvait leur vendre.

Le baron de Port-Petit regarda encore une fois son parchemin magique de quête. Bon, il est vrai qu'il ne s'attendait pas à avoir comme quête "sauvez Connardos de Connardrie" , mais il aurait espéré avoir un truc du style "mettre fin à la machination Skaven" ou "tuez _____ax". Rien de rien ! Le chevalier de la quête, se dit que après tout il trouverait bien plus tard la personne qui permet d'activer la quête, et alors il n'aurait plus qu'à lui dire qu'il avait déjà fait le boulot et empocher la récompense.

Gérald, suivit dans la nuit les Skavens sans faire de bruit. Marcher silencieusement avec une armure peut paraître impossible, mais après plusieurs années de quête à traquer des monstres, on finit par y arriver. Le chevalier vit les Skavens entrer dans un vieil arbre mort, à plusieurs lieues du château. Il attendit plusieurs heures avant de s'approcher de l'entrée secrète. Gérald prit une inspiration, et entra le plus discrètement qu'il pouvait dans le repère des hommes-rats. Après quelques mètres dans un tunnel sombre et malodorant, le chevalier de la quête arriva dans une première "salle" occupée par quelques gardes ; ces derniers furent tellement surpris qu'aucun d'entre eux n'eut le temps de s'enfuir.

Gérald parcourait un labyrinthe de couloir sombre, tuant tous les Skavens qu'il croisait, lorsqu'au détour d'un couloir il tomba nez à nez avec un Skaven bardé de plaques de métal mécanisées. Le rat resta quelques instants tétanisé devant Gérald, puis il pointa un doigt accusateur sur le chevalier de la quête : "qu'est-ce que chose homme faire ici ici !" dit-il avec une voix épouvantablement aiguë. Mais Gérald n'eut pas le temps de répondre, car une voix étouffée par les étroits couloirs résonna : "où t'es passé ! Pourriture de rat continental !" . Scapophax sursauta et s'enfuit par le premier couloir libre.

Gérald de la rive, se donna un instant de réflexion : il venait de retrouver Connardos de Connardie, dont il avait reconnu le doux langage, mais il n'arrivait pas à déterminer si c'était une bonne ou une mauvaise nouvelle. Le baron de Port-Petit finit par choisir la prudence et se confondit dans les ombres le temps que le douteux chevalier passe. Puis il prit un autre chemin que son collègue des îles pour continuer à foutre le bordel chez les Skavens.


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« Ponk ! Ponk ! Ponk ! »

Quelqu'un frappa à la porte de la chambre de Fulbert. Le chevalier pensa qu'une admiratrice était venue le voir. Enthousiaste, Fulbert se dirigea vers la porte en chantonnant. Quand il l'ouvrit, il fut profondément déçu en voyant Estienne. Ce dernier le salua :

« Salutation, l'ami. Je viens vous remercier. Vous m'avez vengé en éliminant ce maudit connardien ! »

Fulbert, toujours désenchanté demanda :
« Vous êtes… Un chevalier ? »

Estienne s'étonna de la question de son interlocuteur.
« Ben oui… Est-ce que j'ai l'air d'un gobelin ?!
- Dommage, répondit Fulbert qui était sur le point de refermer la porte.
- Attendez ! Je viens récupérer la pierre de chance que je vous ai prêté au moment de la joute.

Fulbert claqua la porte. Estienne frustré martela la porte de ses poings. Agacé, Fulbert rouvrit.

« Bon, qu'on en finisse. Que voulez vous ?
- Je vous l'ai dit, je viens récupérer ma pierre de chance. Vous savez, la petite pierre blanche que mon écuyer vous a apporter.
- Ah !C'est à vous ce machin ? Vous êtes un peu viril pour une admiratrice, vous cachez bien vos attraits féminin. Je suis impressionné !
- Par la Dame ! Vous me prenez pour qui ?! Je vous ai juste confié cet objet magique pour me venger, je voulais vous voir défaire Connardos.
- Bien, bien. Vous pouvez récupérer vote babiole. Sachez qu'elle ne m'a été d'aucune utilité durant le combat. Ce Connardos était un adversaire fort minable, il n'avait aucune chance face à moi... Attendez ici un instant.
 »

Fulbert referma la porte. Il ne se fit pas attendre car quelques secondes après il revint avec la pierre blanche d'Ajol dans la mains.

« Tenez et ne revenez plus. Il y a des gens compétents qui sont encore en lice et qui ont besoin de repos ! ».

Estienne n'eut pas le temps de souhaiter la bonne nuit à Fulbert qui referma rapidement la porte une fois la pierre rendue. Le comte d'Ajol resta  un instant stupéfait devant la chambre de Fulbert. Il se disait que, ne le méritant pas, il était préférable que Fulbert le Vaniteux ne remporte point le tournoi.


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Guéri de ses blessures par la magie et la tendresse de dame Arken, Von Essen déambulait à présent dans ombres de Paumé-sur-bourg, en quête d’une proie convenable. La nuit était belle, la lune inondait les environs de son doux halo argenté, quelques oiseaux de nuit emplissaient l’air de leurs gazouillis. Le vampire, cependant, figurait parmi ces êtres qui, une fois affamés, n’accordaient que peu d’attention à ce genre de détails, et le dernier combat l’avait drainé de ses forces. S’il voulait gagner ce tournoi, il devait mettre toutes ses chances de son côté…

Il traversa tout le village, et se rendit compte que toutes proies potentielles avaient déjà été utilisées au moins une fois pour sa pitance. En gourmet capricieux, il se dit que la nuit n’avait qu’à peine commencé, et qu’il trouverait bien son bonheur ailleurs. Son intuition guida ses pas vers les quelques tentes qui entouraient le champ du tournoi et les tribunes. Là, ce fut son ouïe aiguisée qui lui rendit service :

« Léo ! Pourquoi… Pourquoi es-tu ici à cette heure du soir et pas au château ?! »
« Mais… Je cherche ma lance. En rangeant mes affaires pour demain, je me suis rendu compte que je ne l’avais plus, alors… »
« Mais on a du l’enlever de la lice et la ranger quelque part depuis hier ! Tu iras demander au baron demain, mais en attendant, au lit ! »
« D’accord… »

Il ne fallut pas plus au vampire : seule une gorge de la plus haute qualité pouvait avoir une voix aussi mélodieuse. Il courut à toutes jambes, presque aussi rapide qu’un cheval au galop, passa à côté de quelques tentes, fit face à l’entrée de la lice, et perçut dans la pénombre ce qu’il recherchait : une magnifique blonde à la fleur de l’âge, elfe d’après l’odeur, légèrement vêtue par rapport à la fraicheur nocturne.
« Essenszeit ! » - lança-t-il, jubilant, avant de s’élancer.
Il évita à peine la foudre qui visait sa tête, mais cela ne fit qu’augmenter son appétit. Le deuxième éclair fut arrêté à mains nues : le vampire maitrisait suffisamment les arcanes pour venir à bout d’un sort aussi basique.
« Pour la Daaame ! »

Si l’attaque n’avait pas été aussi bruyamment annoncée et moins maladroite, Von Essen aurait été surpris. Cependant, il lui suffit de faire un pas sur le côté pour éviter la charge du jeune chevalier. Ne l’ayant pas remarqué au départ, il finit par en reconnaitre l’identité. Alors, quelque chose en lui s’enclencha :
- Attends… - il se bassa pour éviter un troisième éclair. – Mais vous permettez ! Je parle !
- Léo ! Distrais-le pendant que je tire !
- Euh… Yaaa !
Le chroniqueur évita sans peine cette attaque aussi malhabile que la précédente, mais dut faire une légère acrobatie pour esquiver deux éclairs simultanés.
- Diable, mais vous avez fini, OUI ?!
- Léo !
- Oui !
Il en eut assez. Saisissant le chevalier dans son élan, Von Essen lui plia le bras derrière son dos, et l’obligea à se mettre devant lui, face aux potentiels sortilèges de la magicienne.
- Naween ! Au secours !
- Hé ! – le vampire était sur le point d’exploser. – Je l’aurais déjà tué si je le voulais !
A l’instant qui suivit, il relâcha immédiatement Léonard de son emprise. La Dame, stupéfaite, cessa momentanément son offensive.
- C’est comme ça qu’on vous apprend à tenir une épée en Bretonnie ? Et l’équilibre ? Et la präzision ?! Quel est ton nom ?!
- Léo, ne lui réponds pas… - elle avait peine murmuré ces paroles, toujours éberluée par la conduite du vampire.
- Ton nom ! Name !
- L-Léonard.
- Leonhardt ! Perfekt ! Eh bien Leonhardt, je vais t’enseigner comment tenir une épée, comme ça au moins, le combat sera plus équitable, ja ? Déjà, pointe ton épée vers moi, pour commencer.
La Dame était muette, la situation lui échappait résolument. Un vampire qui enseignait l’escrime à Léo, elle devait rêver…
- Bien, güt !
Le chroniqueur pointa son arme à son tour, le fil de sa lame touchant celui du chevalier. Lorsqu’il appliqua une pression contre l’épée bretonnienne, il la dévia sans peine.
- Alors, quand je dis « Pointe ton épée », c’est « Pointe-la vraiment », et pas comme si tu étais un arbre remuant au gré du vent, verstehen Sie ?

Nawen demeura interdite pendant un moment, sans écouter ni comprendre les consignes de l’instructeur improvisé de son protégé. Une légère brise l’effleura.
- Il est adorable quand ça lui prend, n’est-ce pas ?
Cette seconde apparition la fit tressaillir ; exaspérée, elle aperçut à côté d’elle une jeune femme aux traits aussi harmonieux que les siens, la peau semblable à la lune et les cheveux semblables à la nuit. Elle aussi portait une simple robe en dépit de la fraicheur ambiante. La ressemblance parut si frappante, que Nawen n’en crut pas ses yeux.
- Vous… Tu… Vous êtes aussi une Dame ?
Celle-ci parut poliment embarrassée.
- Oh, excusez-moi. Dame Arken, Arken pour les intimes.
- Je… - rencontrer une de ses semblables au milieu de ce tournoi paumé remplissait Nawen d’allégresse. – Enchantée. Dame Nawen, Nawen pour les intimes.
- Enchantée également. Excusez-moi, Von Essen est plutôt imprévisible, mais quand on apprend à le connaitre, c’est un galant homme.
- Oh… Non, vous savez, ce n’est rien. Si vous saviez comment c’est parfois difficile avec Léo… Je veux dire, Léonard.
- Non… Il m’a l’air inoffensif pourtant !
- Mais c’est bien le problème ! Il doit faire bien mieux que ça pour devenir un jour chevalier du Graal, vous pensez bien !
- Ah… Bien sûr, désolée…
- Non, non c’est moi, désolée, je m’inquiète, alors parfois, vous voyez… Oh ! C’est vraiment très aimable de la part de votre chevalier d’entrainer le mien. J’aurais bien aimé trouver un précepteur, mais il faudrait alors avouer que ce n’est pas un chevalier du Graal, enfin, c’est compliqué…
- Vous pouvez me raconter, vous savez ? Ces deux-là ont l’air d’en avoir pour longtemps.
- C’est vrai ? Oh, c’est vraiment aimable, mais… J’ai un peu honte à vrai dire.
- Je vous promets de ne pas me moquer, je sais très bien à quel point ça peut être difficile.
- Oh, dame Arken, comme je vous suis reconnaissante ! Vraiment ! Alors, vous voyez, ça a commencé quand…


***


- Du sang… Du sang…
- Naween…  J-j’arrive plus à bouger… J’ai mal partout…
Les deux combattants étaient allongés par terre, sur le sable de la lice, et paraissaient agoniser. Il fallut quelques moments de plus pour que les deux femmes, qui étaient en train de papoter gaiement, les remarquent enfin.
- Oh !
- Oh les pauvres !
Elles s’esclaffèrent toutes les deux, se tenant les côtes.
- Von Essen !
- Léo !
- Non mais je vous le jure…
- Incroyable…
Sur ces quelques entrefaites, les deux « Dames » se dirent adieu comme les meilleures amies du monde, et se promirent de s’écrire de temps en temps. Puis, avant que le soleil ne se lève, toutes deux passèrent les bras de leurs chevaliers respectifs sur leurs épaules, et se volatilisèrent sans laisser de trace. La lice redevient paisible et silencieuse, troublée seulement par quelques gazouillis des oiseaux du matin.    

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 30 Jan 2016 - 21:32

Quatrième jour des affrontements


Ce matin-là, la pluie tombait sur la baronnie. L'humidité déjà présente s'accentua et les trombes d'eau rendirent les routes boueuses quasiment impraticables. Chaque carrefour était devenu un marécage.

En raison des perturbations climatiques, le baron annonça que la suite des épreuves se déroulera au château. Celle d’aujourd'hui était réservée aux épreuves de qualification pour la finale. Seul deux chevaliers sur trois seront retenus en fin de journée. Le baron donna rendez-vous aux candidats et aux spectateurs dans le grand réfectoire de la Quatrième Légion d'Hommes d'Arme du Castel. Pour une fois, les habitants de Paumé-sur-bourg n'étaient pas invités à assister au tournoi, mais une partie de la légion du Quatrième était invité. Les chaises et tables étaient disposées comme une tribune et le siège du baron était élevé par une estrade. On invita les trois participants à s’asseoir autour d'une table au centre. André leur annonça les règles de l'épreuve :

« Messires, dans l’intention de qualifier deux chevaliers pour l'épreuve finale du tournoi nous vous soumettons une série d'épreuves assez particulières. La première constituera à vous présenter à chacun un plat de saucisses de la région, le chevalier qui arrivera à en manger le plus sera qualifié pour la joute finale. Les deux autres devront s'affronter dans un duel et le vainqueur pourra lui aussi accéder à la finale. Le perdant de ces deux épreuves sera éliminé du tournoi. »

Quand André fini le parler, trois serviteurs entrèrent dans la salle avec chacun un plat de saucisse dans les mains et les posèrent devant chaque participant, c'est à dire Fulbert, Jehan et Von Essen. Une fois le début de l'épreuve annoncé, les concurrents prirent chacun une saucisse et l'avalèrent. Ces saucisses n'étaient pas plus grandes qu'un demi-pouce, elles étaient conçues pour l'épreuve sachant qu'il est très difficile et dangereux d'avaler plusieurs saucisses de taille normale. Les saucisses de Géorgie ont rarement tous la même couleur, les plats posés devant les participants contenaient des morceaux roses, rouges, bruns et même violets ou verts.

Fulbert voulant prouver sa supériorité face à cette adversité, commença à manger une saucisse bicolore composée d'un mélange de bleu et de sinople. Conscient de la réputation de ce met, il s'attendait à ce que le morceau le plus étrange soit hautement malsain. Mais il réussit à l'avaler lui laissant seulement un goût extrêmement amer au fond de la gorge et le fit toussoter. Jehan voyant son adversaire supporter le plus étrange des morceaux, prit par prudence une saucisse rose à la couleur habituelle. Au moment de poser l’aliment sur sa langue, il cracha littéralement des flammes (Tour 1 - Jehan : test d’endurance raté, perd 1PV). Von Essen inquiet, se résolut tout de même à manger une saucisse. Il se disait que les effets d'une nourriture aussi matérielle auraient moins d'impacts néfastes sur un être immortel comme lui. Il dégusta une saucisse rouge, il trouva son goût très mauvais, mais sans plus. Au moment de l'avaler, Fulbert lança, « Vous ne trouvez pas que ces saucisses ont un arrière-goût d’ail ? ». A ces propos, Von Essen transpira, son visage habituellement pâle retrouva des couleurs. Il émit un cri effroyable qui fit trembler tous les hommes d'arme qui assistaient au spectacle. Il sentit son souffle se couper et avant de sombrer dans l’inconscience, il remarqua le sourire narquois du comte Henry qui semblait prendre plaisir à le voir souffrir (Tour 1 – Von Essen : test d’endurance raté, perd 1PV) (Tour 7 – Von Essen : test d’endurance raté, perd 1PV, K.O.).

Les premières saucisses étaient avalées et il ne restait déjà plus que deux participants. Fulbert, confiant de sa première bouchée, enchaîna avec sa deuxième saucisse. Il en prit une violette et après l'avoir avalé, il regretta vite son choix. La douleur se fit sentir rapidement dans son corps. Elle était si soudaine et d'une intensité tellement hors du commun que Fulbert cru sa dernière heure arriver. Ses cheveux d'or changèrent de teinte pour virer vers le rouge, il saigna du nez et des yeux. (Tour 9 – Fulbert : test d’endurance raté, perd 1PV).

En voyant ses deux adversaires dans un état pitoyable, Jehan hésita à abandonner le tournoi. Après tout sa mission était accomplie, le roturier avait été éliminé du tournoi. Mais en voyant que des hommes d'arme le regardaient, il devait montrer les valeurs de la noblesse et ne pouvait pas abandonner lâchement. Jehan prit une nouvelle saucisse, une bleu-sinople, comme celle que Fulbert avait mangée au tout début. Malheureusement pour lui, l'effet entre deux saucisses d'une même couleur était très variable. Après avoir avalé son nouveau morceau, Jehan resta paralysé cinq minutes avant de se lever, de gesticuler et de sauter dans tous les sens. Il s’évanouit aux pieds des hommes d'arme qui se moquèrent de lui (Tour 13 - Jehan : test d’endurance raté, perd 1PV, KO). Il ne restait plus que Fulbert à table. Il se nettoya le visage avec un beau mouchoir en dentelle qui devint vite remplit de sang. Ses cheveux reprirent leur couleur habituelle juste après avoir viré au vert tacheté de rose.

Pour valider sa victoire, Fulbert devait encore manger une saucisse et ainsi dépasser le nombre de Jehan. Tremblant, Fulbert se saisit d'une nouvelle part et l'avala en vitesse espérant que cela se finisse rapidement. Avant même que André ne le désigne vainqueur, Fulbert, sans s'excuser, couru à toutes jambes vers les latrines les plus proches...

Fulbert le Vaniteux accède à la finale !
Jehan de Maislanchon et Von Essen s'affronteront à la joute pour se qualifier !



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On laissa quelques heures aux deux combattants pour qu’ils se remettent de l’épreuve de qualification. Dame Juliette ayant clairement précisé que les faire combattre dans de telles conditions n’était pas vraiment conseillé sous peine de voir apparaitre des effets secondaires… disons désagréables.

Une fois à peu près requinqués, ce qui prit peu de temps au vu de la constitution robuste des deux participants, ils furent convoqués devant un petit comité dans une arène improvisé dans la cour du château. Le baron avait maintenu son interdiction d’entrée pour les gueux et les hommes d’armes, car il craignait que la présence de Jehan n’agite la foule tant les souvenirs de la défaite de Gontran était encore dans les mémoires.

Décidé à en finir au plus vite, le baron ordonna que le combat soit lancé au plus vite. André prit donc les dispositions :

« Le combat de qualification pour la finale opposera donc Jehan de Maislanchon à Von Essen ! »

Les deux participants rentrèrent dans l’arène en même temps et se mirent en position avec quelques fois de légers haut-le-cœur quand ils repensaient à ce qu’il avait subi plus tôt… Mais ils se tinrent droit et la lance prête à être utilisée.

Le signal du combat fut lancé et les deux cavaliers partirent ensemble. La rencontre ne se fit pas attendre (charge :  Jehan= 2T, 1B, 0Svg, 0Invu, 1PV!/ Von Essen= 2T, 2B, 1svg, 0Invu, 1PV!). Les deux cavaliers s’infligèrent de lourds dégâts, leurs talents martiaux se ressemblaient au point que l’on croyait voir une chorégraphie symétrique.

Von Essen retourna son cheval et Jehan en fit de même malgré la douleur. Ils tirèrent leurs épées et repartirent au trot pour s’affronter. S’ils ne voulaient pas l’avouer, la première charge leur avait trop retourné l’estomac pour oser en refaire une nouvelle. Les effets dévastateurs des saucisses de Géorgie ayant la fâcheuse manie d’être parfois en plusieurs étapes. C’est donc après une cavalcade prudente que les deux cavaliers croisèrent le fer au centre de l’arène. Le sieur Jehan fut le premier à frapper (Jehan= 3T, 1B, 0svg, chance 1svg), sans grand succès malheureusement, le vampire parait les coups sans trop de difficulté. Ce dernier tenta lui aussi quelque passes (Von Essen= 3T, 2B, 2svg). Même si il faisait preuve de plus de précision que son opposant, l’armure de Jehan était impénétrable.

Von Essen sentit intérieurement que son estomac lui signalait qu’il ne pourrait pas continuer le combat plus longtemps. L’inquiétude commença à gagner le vampire qui se refusait à se ridiculiser de la sorte devant Dame Arken. Il concentra alors toute son énergie pour contrer les effets néfastes du poison à retardement.

Mais malheureusement pour lui, Jehan ne semblait pas souffrir du même mal. Ou l’ignorait-il amplement ? Dans tous les cas, le baron de frontegôche contre-attaqua brutalement le vampire tandis qu’il était affaibli. (Jehan =2T, 2B, 1svg, 0Invu, 1PV !) Le coup finit d’achever le pauvre Von Essen qui vida les étriers. Comprenant sa défaite, le vampire se releva très rapidement, salua son adversaire et entama une marche qui se voulait digne mais très rapide vers l’extérieur de l’arène. Une dame se leva en soupirant dans la tribune et se dirigea tranquillement vers où était parti Von Essen.

André annonça la victoire de Jehan de Maislanchon, au mécontentement du baron qui n’appréciait que peu le personnage. Mais le comte Henry jubilait presque de son côté d’avoir vu le vampire perdre de la sorte. L’assemblée en revanche remarqua que le baron de frontegôche ne bougeait plus d’un centimètre sur sa selle. Seule de légers spasmes qui agitaient son corps indiquait qu’il était encore conscient. Un gargouillis incroyablement bruyant se fit entendre, surprenant quelque peu l’assemblée. Jehan de Maislanchon descendit de sa selle machinalement et entreprit la même marche digne que Von Essen dans l’autre sens. Le baron fut intercepté par Troussenard à la sortie de la lice.

« Monseigneur ? Allez-vous bien ? »

Jehan se stoppa net dans sa course et tourna la tête tel un automate.

« Pas le temps, j’ai des choses importantes à faire ! » furent les mots que le baron tenta de dire entre ses dents serrées mais cela ressemblait plutôt à des grincements étouffés de douleur. Et Troussenard vit son maître partir rapidement en le laissant sur place, complètement perdu…



On répertoria néanmoins des cris de douleurs particulièrement violents et d’autres évènements quelque peu incongrus tels qu’une combustion spontanée ou l’apparition de Nurglings appâté par les dérèglements magiques provoqués par une telle consommation de saucisse dans les heures qui suivirent.


Victoire de Jehan de Maislanchon !

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Sam 13 Fév 2016 - 1:30

Intermède


Alentours de Paumé sur rivière, retour sur la nuit des rats.

Une ombre s'avance, mais l'oeil attentif remarquera qu'elle n'est pas seule. plus loin, les mêmes formes courbées et mouvantes sautent, disparaissent, resurgissent, se cachent. L'ombre enlève son capuchon.
-Sir, où allons-nous maintenant ?
-Silence, s'il y avait un rat, il y en avait surement d'autres au château. Ils sont plus vif que les humains, certains pourraient même nous repérer depuis les remparts.

Celui qui vient de prendre la parole se tourne vers l'est et signale un groupe qui, partant du château, suit la direction du nord-est.
-Prends quatre forestiers et va voire ce qu'il se passe là-bas. Si tu trouves nécessaire de les tuer, n'hésites-pas. Vous six, entourez le château et envoyez ce message au baron quand je vous le dirai.

Il tend un parchemin attaché à une fleche. Un autre elfe, dont le manteau est couvert de feuilles mortes, s'en empare et part au sud. Les elfes restant commencent à couper des branches mortes et à construire des pièges tout autour de la zone, dans le cas où une attaque surviendrait.

quelques heures plus tard, la compagnie est surprise par des cris venant de l'est. Un archer arrive, essoufflé.
-Sir Ethgrì Wyrda, les hommes-rats, nous avons trouvé leur repère. Le groupe que nous suivions transportait l'un des chevaliers, qui est sortit, mais un autre est rentré. D'autres rats n'arrêtent pas de courir au dehors, et des paysans arrivent de partout avec des fourches, ce qui fait partir les rats, mais d'autres reviennent! c'est le foutoir! on arrive pas à tuer tout le monde, et l'un des nôtres est à terre après avoir respire l'haleine d'un gueux!
- Tous avec moi! on y va!

Un autre cri raisonne à travers les collines, ponctué de grands fracas

-Mais… C'est le cri de Von Essen! il a bien choisis son moment pour se battre, lui… Bon, Dix là-bas, neuf avec moi!
Disant cela, il tire son épée longue et coure vers le château. La troupe fait le tour du bastion et commence à infiltrer le village par les toits. Sans un bruit, chacun tire une flèche, un couteau, une épée. Tout le monde s'approche. Dans un mètre, tout le monde sera au bout du toit... Soudain, une voix raisonne dans la tête de l'elfe:
"Messire Ethgri, dites à vos soldats de reculer, la situation vient d'être maitrisée"
"Dame Arken?"
"Tout va bien, repartez tout de suite, ces deux idiots ne sont pas une menace pour nous."
"Mais…je..."
"Hem hem."
"Oui, Dame Arken, tout de suite Dame Arken"
-demi-tour, allons aider les autres, marmonna l'elfe à sa compagnie, étonnée.

Le lendemain, après avoir passé la nuit à découper des hommes-rats, l'elfe arrive au château. la nuit avait été longue, entre le massacre des rats, des gueux, le rapatriement des blessés et l'arrivée d'une troupe de l'inquisition qui, venant du nord, déclencha tout les pièges fabriqués avec soin. Et à son arrivée, un nurgling. Oui, une créature du chaos.
"Alors, je n'ai rien bu. Ceci est un séide du chaos. Il y a donc motif attaquer, ou non?"
Mais il fut interrompu dans ses pensées par le passage des brancardiers qui portaient Von Essen, et qui écrasèrent sans s'arrêter le petit monstre.
-J'ai raté quelque chose?
-La competition de saucisse vient de prendre fin, et celui-là va pas bien, encore un de ces étrangers fragile de l'estomac…
-Comment ça?
-pas le temps. dit le brancardier en repartant.
L'elfe ne sut que dire. D'abord la créature, maintenant Von Essen malade, une histoire de saucisse, tout cela était confus. C'est alors qu'un autre chevalier, toujours sur brancard passa. Puis un troisième, courbé et les deux mains sur la bouche.
-euh.. quelqu'un peut m'expliquer?



-----------------------------------------------


Nuit succédant aux épreuves, chambre de Von Essen

Même allongé, le vampire ne traversait pas moins un calvaire. Le combat contre les saucisses se poursuivait.
Par fierté, il avait refusé les soins de dame Arken. Par ailleurs, il voulait connaître mieux ses propres limites, en avait parlé avec la vampiresse, qui eut consenti à l'épreuve.
Cela lui rappela d'abord les entrainements aux armes : douloureux, ardus et sans utilité apparente. Puis, la douleur finit par mettre à bas toute réflexion du chroniqueur. Après une éternité de crampes intolérables, il sombra dans l'inconscience.

Il lui fallut du temps pour reprendre ses esprits. Un soulagement se précisa d'abord : plus aucune trace de douleur, seulement une rare faiblesse et une soif de sang lancinante. Puis, il sentit le confort de sa situation : toujours allongé sur le lit de sa chambre.
Il faisait nuit noire.
Von Essen tourna la tête, et aperçut son amante à-demi allongée auprès de lui. Sans lui laisser le temps de parler, elle l'embrassa.

Un moment hors du temps plus tard, elle s'allongea à ses côtés, une main vagabondant sur son ventre convalescent.
- Tu vas mieux ?
- Oui.
- Heureusement pour toi. Si tu mourais, je t'aurais achevé de la pire manière possible.
- Inutile. Me séparer de toi est la pire chose qui puisse m'arriver.
La lahmiane ne répondit pas, vaincue une fois de plus par la tendre éloquence de son amant.



Pendant ce temps, quelques dizaines de mètres plus bas, sous terre...

- Creusez-creusez plus viiite !
- Viens-viens creuser si tu veux !
- Combien de choses-choses hommes derrière nous ?
- Une sssscentaine au moins !
Un croche-patte.
- IIIIIIIIIIK !
- Criez-criez pas ! Chose-chose homme nous entendre !
- Essspèce de chose-rat puant !
Une dague dans le dos.
- Ssssuffiiiit !!
- Persssonne t'a nommé chef-chef d'abord !
Un coup d'épée sur le museau.
- D'autres protessstataires ?!
- Skriiit protess...
- Tuez-tuez Skriiit !
Tabassage souterrain.
- Chef-chef ! On creuse vers où !
- Vers-vers la ssurface !
- Oui chef-chef !
Quelques mètres plus haut et un coup en traître plus tard...
- Chef-chef être moi, Chicots-pourris !
- Oui chef-chef !
Quelques mètres plus haut et un attentat raté plus tard...
- Chef-chef ! Sssurface trouvée !
- Sssa ssent quoi ?
- Choses-choses hommes ! Char-charbon !
- Sssortez devant !
Dix skavens sortis plus tard...
- Ho hisss !
Chicots-pourris termine ses fonctions de chef-chef en chute libre avec une enclume.
Les dix skavens survivants hésitent : qui va être le prochain chef ..?


-----------------------------------------------


Mannslieb était haute dans le ciel, éclairant la baronnie de ses pâles rayons traversant les derniers nuages de pluie. Un chevalier à pied se présenta aux portes du château. Il fallut plusieurs heures aux gardes pour se rendre compte de la présence de cet homme, en effet il ne prit même pas la peine d'appeler, restant impassible sous la pluie. Le garde lui demanda son identité, mais derrière son heaume, le chevalier restait muet. Le garde se rappela de la venue de l'elfe la semaine dernière, et par crainte de devoir débattre longuement sur l'autorisation ou non d'ouvrir aux chevaliers la nuit, il laissa passer l'étranger toujours silencieux.

Le chevalier abordait des armoiries de Gisoreux et dégageait une odeur dérangeante, ce qui n'embêta point les gardes habitués à l'hygiène habituelle de la roture. Le chevalier, après avoir erré quelques minutes dans les quartiers des casernes, s'arrêta et demanda à un garde d'une voix cassée, lente et sombre :

« Albéric d'Armorique ? »

Le garde le salua et indiqua le donjon du baron :

« Bonsoir m'ssire, je ne connais pas trop les noms des gars du tournoi, mais vous pouvez l'trouvez au donjon. »

Sans rien rajouter, le chevalier prit la direction du donjon. Après une âpre recherche du côté des hautes cours, il redemanda son chemin à un garde qui lui indiqua la chapelle du château. L'individu se rendit sur les lieux et trouva Albéric à genoux devant la statue de la Dame priant pour son pays. Albéric remarqua qu'il avait de la visite, il termina rapidement sa prière par un signe de fleur de lys et se tourna vers l'étrange visiteur.

« Bien le bonjour monsieur. On dirait que vous voulez me voir »

Le chevalier mystérieux lui lança maladroitement une phrase apprise par cœur :

« Messire noble Abéric, ayant volontiers nouvelles Armorique importance fortement inquiétante de royale contribution. »

N'ayant point compris ces propos, Albéric voulu lui demander de répéter, mais à peine eut il le temps d'ouvrir la bouche que l'étranger le poignarda en plein cœur avec une rapidité inattendue…

L’esprit d'Albéric loua la Dame quand il vit le poignard arrêté par un bouclier de lumière au niveau de sa poitrine. Il choisit ce moment pour dégainer sa hache et décapiter le chevalier de Gisoreux. Par un sombre maléfice, l'ennemi resta debout malgré sa tête tranchée, mais heureusement son corps resta immobile. Albéric marcha vers la tête au sol qui avait quitté le heaume, il vit un visage étrangement pâle à moitié décomposé. L'armoricain était certain à présent, un nécromancien à la solde de Mousillon était venu jusqu'ici dans le but de se débarrasser de lui. Albéric étant un fervent opposant au mouvement de rébellion du sud de Lyonnesse.

Avant de rengainer son arme, Albéric fut surpris par un croassement, un corbeau était perché à une fenêtre sans vitrail et venait de s'envoler.

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Dans un coin sombre sous les toits délabrés de Paumé-sur-Bourg, un vieil homme en manteau noir et à la peau grise pesta. Il attendit le retour d'un corbeau qu'il pulvérisa d'un claquement de doigt puis il sortit par une ouverture et descendit dans les ruelles grâce à une échelle. Il marmonna :

« Paumé-sur-village... à l'ouest, il y a une grande fosse commune, oui… Une très grande fosse commune !... »

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Un soldat des ''gueux d'élite'' frappa à la porte de la chambre du baron. Mécontent d'être réveillé en pleine nuit, surtout la veille de la finale, le baron autorisa le garde d'entrer d'une voix forte et agacé. Le garde annonça :

«  Messire, c'est le chevalier Albéric, il dit qu'il a été agressé par un mort-vivant dans la chapelle, vous devez venir !
- Un mort-vivant dis-tu ? Von Essen ?!
- Non, pas le vampire. Enfin... j'sais pas…
- J'arrive. »

Le Baron mit son manteau et se rendit à la chapelle. Là-bas il y avait André, Henry, Albéric et quatre gardes qui étaient autour du cadavre décapité. Visiblement la nouvelle s'était répandue dans tout le château.

« C'est sûrement la faute de ce maudit vampire, pesta Henry, je savais bien qu'il était dangereux, il faut le mettre sur le bûcher au plus vite !
- Messire Georges, intervint Albéric, je connais la cause de cette agression, il faut absolument que le parle au roy, c'est au sujet de la guerre.
- Vous avez de la chance mon ami, répondit Georges. Louen viendra en Géorgie à l'occasion de la finale demain, vous pourrez lui en parler. Maintenant que le tournoi se termine, je pense qu'il aura tout le loisir de s'occuper de vos problèmes.
- Que la Dame soit loué ! J'attendais ce moment depuis le début de ce maudit tournoi, proclama Albéric.
- Et le heu… mort ? On en fait quoi ? Demanda André.
- Jetez le dans les douves et mobilisez un détachement de vingt hommes pour la protection du Baron d'Albéric, ordonna Georges. »

Les gardes emportèrent le cadavre du chevalier de Gisoreux zombifié, André alla voir le capitaine de la garde pour demander du renfort, Albéric reprit sa prière et Henry continua de se plaindre de la présence de Von Essen auprès du baron sérieusement fatigué.


-----------------------------------------------


Le Lord n'arrivait pas à dormir. Le déroulement du tournoi l'inquiétait au plus haut point. En effet, Fulbert s'était montré très talentueux et avait vaincu ses adversaires les uns après les autres. Même cette terrible saucisse qu'il avait ingurgité lors de l'épreuve de sélection ne l'avait pas abattu (mais il s'en était fallu de peu).

La réussite de son champion lui faisait réaliser à quel point la situation, loin de s'arranger, commençait à être fâcheuse. La région n'était certes pas propice à des écarts de la part de son impétueux protégé, et les effets secondaires de la consommation de saucisses immobilisaient pour l'instant le tempérament fougueux et volage de ce dernier.

Mais le fait que Fulbert soit finaliste allait le faire rencontrer le Roi Louen. Connaissant l'amour de la Cours de Couronne pour les tournois, le Lord se doutait que Louen n'allait pas venir seul, mais accompagné de tout ce que la noblesse de Couronne comprend de courtisans et de favoris. Ce qui impliquait la présence de nombreuses dames susceptibles de réveiller l'intérêt de Fulbert, et de le mettre lui en fâcheuse position sur le plan diplomatique.

Pire encore, la victoire de Fulbert obligerait le Lord à organiser le prochain tournoi en son fief. Cette perspective l'effrayait au plus haut point, lui qui se rappelait fort bien comment le dernier tournoi de Havras s'était conclu, sans compter le ramassis de traine-savates et de malandrins que ce genre d'évènement attirait.

Le Lord adressa alors une énième prière larmoyante à la Dame.
« Ma Dame ! Je vous en conjure, puissiez-vous conduire le bras de Jehan de Maislanchon vers la victoire ! »

Sa prière fut interrompue lorsque l'on frappa à sa porte :
« Ouvrez Sire ! »
« Sire ! On en a gros ! »

Le Lord leva les yeux au ciel ! Cette intervention nocturne n'était pas porteuse d'espoir, et il voyait clairement se profiler une nuit blanche. Il ouvra la porte dans un élan d'humeur passablement entamé. Il se retrouva devant deux de ces chevaliers, plus connu pour leur fidélité que par leur sagacité.

« Vous avez vu l'heure, bande de coquebert ! J'espère que vous avez une raison valable de m'importuner aussi nuitamment. Sans ça, je vous fais bouffer l'intégralité des stocks de saucisses du Château! Allez ! Grouillez-vous ! On ne va pas y passer la nuit ! »

« Ce n'est pas de notre faute Sire ! » Se plaignit le premier.
« C'est le Baron qui vous a demandé auprès de lui ! Apparemment, il se trame quelques forfaits maléfiques cette nuit ! » Précisa le second.
« Vrai de vrai ! Il y aurait un culte nécromancien qui aurait attenté à la vie d'Albéric d'Armorique, sans réussite parait-il ! » ajouta le premier.
« Du coup tous le monde est sur le pied de guerre, et un conseil de guerre va se tenir dans une heure entre les Grand du forum du Royaume ! » Conclut le second.

Le Lord prit le temps de considérer ce fait nouveau avant de décider du plan à suivre, devant ses deux vassaux qui semblaient rassurés de le voir se calmer. Puis, ayant arrêté ses projets, il leur transmit ses décisions.

« Prévenez le Baron que je me rendrais à son Conseil ! Après cela, allez réveiller tous nos hommes présents au château ! »
« Même Fulbert ? » Demanda l'un des deux comparses.
« Même Fulbert ! » Précisa le Lord avec un sourire que les deux chevaliers eurent du mal à qualifier une fois en chemin.

-----------------------------------------------

Fulbert souffrait encore de maux de ventre. Décidément, les saucisses de ce comté étaient totalement indigestes. Faisant fit de la douleur, il se redressa sur sa couche, se massant la mâchoire et tâtant son épaule. Les rares blessures qu'il avait subies lors du tournoi s'étaient résorbées, grâce aux soins prodigués par les prêtresses. Il n'avait pu rester longtemps parmi elle, la mère supérieure étant courroucée par ses tentatives de séduction auprès de ses soigneuses.

Fulbert repensa à son combat face à Connardos et sourit à ce souvenir. C'était bien l'un des rare « cocu » qui n'était pas de son fait.
C'était bien là le drame : le lieu du tournoi ne recelait d'aucune conquête potentielle pour le bourreau des cœurs qu'il était. Tout au plus y avait-il quelques dames charmantes, mais ces dernières étaient inaccessible, d'autant que son Seigneur le Lord del Insula veillait à ses faits et gestes.

« Vivement demain, pensa-t-il. Avec les célébrations de clôtures, le Lord sera trop accaparé par ses obligations seigneuriales pour me materner. Je pourrais alors en profiter pour prendre du bon temps. »

Ne se sentant pas le cœur a s'endormir, il prit le parti d'aller faire un tour hors de sa chambre. Qui sait ? Peut-être allait-il trouver de quoi se changer les idées. Peut-être même allait-il quitter le château pour voir si les tavernes de cette cité ; comment s'appelait-elle déjà ; étaient animées, et si leurs vins pouvaient faire passer les effets de ces maudites saucisses.

Après avoir passé les portes du château, dont la vigile était parti du principe que si un chevalier pouvait rentrer en pleine nuit, il pouvait tout aussi bien en sortir, Fulbert entreprit de trouver une taverne, quant des bruits souterrains familiers retinrent son attention.

« Tiens, tiens. Voilà qui est amusant et qui promet une belle distraction, » pensa-t-il en dégainant son épée et en suivant la direction des bruits.
« Faut-il croire que ces vils rongeurs ont une folle passion pour nos tournois ? » S'interrogea-t-il.


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Au début Gérald et Connardos se contentèrent de s'ignorer lorsqu'ils se croisèrent, puis ils se mirent à échanger des politesses, et enfin la situation dégénéra lorsque, se rencontrant dans une salle où les Skavens enfermaient leurs esclaves, Connardos entama avec Gérald une partie de lancer d'esclaves Skavens ; chacun des deux protagonistes cherchant à atteindre l'autre en lançant une infortunée créature. Malheureusement cette innocente distraction permis à Scapophax de se ressaisir et de rassembler une troupe de vermines de choc pour mettre fin aux agissements des intrus.

Les deux Bretonniens s'allièrent momentanément, Gérald parce que son code de l'honneur l'imposait, et Connardos par ce que son instinct de survie lui ordonnait de mettre de côté son aversion pour les continentaux pour le moment. À deux ils réussirent à faire une percée, mais le chevalier des îles profita de la première occasion pour prendre le large et laisser ainsi son collègue continental aux prises avec les Skavens. Connardos arriva ainsi jusqu'à la sortie du terrier des rongeurs.

Gérald dû batailler pendant des heures, obligé de reculer sous la pression du nombre. C'est exténué qu'il arriva dans un atelier étrange où il fut acculé. Le chevalier était dans une très mauvaise posture : il n'avait plus d'endroit où retraiter, ses bras étaient lourds de fatigue, il avait été blessé en plusieurs endroits et il avait dû user de ses précieuses potions de soins rapides. En désespoir de cause il prit le premier objet qui lui tomba sous la main, il brandit une grosse saucisse de Géorgie en hurlant au Skavens qui l'encerclaient :

"Attention j'ai une saucisse ! Et je n'hésiterai pas à m'en servir !!!"

Les Skavens s'enfuirent dans la plus grande panique devant un un chevalier de la quête bouche bée par l'effet de son discours. Le baron de Port-Petit saisi sa chance, il sortit sa carte magique et retrouva ainsi aisément la sortie du terrier. Ce fut avec un grand soulagement que Gérald retrouva enfin l'air libre. Il jeta la saucisse dans l'entrée du terrier et pour mieux insulter les rongeurs urina sur l'arbre mort.

Gerald siffla son cheval qui sortit de derrière un buisson. Il s'était à peine mis en selle, que le ruisseau qu'il avait laissé atteignit la saucisse de Géorgie, créant une formidable explosion. Le destrier de guerre parti au petit galop pour s'éloigner de l'explosion avant de s'arrêter. Le chevalier pu ainsi voir un énorme nuage de poussière s'élever dans les airs, dessinant un gigantesque champignon. Une chose était sûre, le vieil arbre mort ne servirait plus d'entrée au repaire des Skavens.



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Connardos de Connardie était en chemin pour le château du baron Georges. Sifflotant avec un petit sourire en coin en repensant aux récents évènements chez les skavens, il avait un peu retrouvé le moral.

Une explosion au loin le fit se retourner, le son venait du terrier skaven. Son inquiétude se dissipa quand il vit le petit nuage noir s’élever parmi les arbres, éclairé par les lueurs matinales. Gérald de la rive avait quelques ressources apparemment, même si sa présence avait gêné quelque peu les plans du connardien. Même si en définitive, il lui avait offert une distraction bien venue. Rassuré, Connardos reprit son chemin en sifflotant un autre air de son île natale dont les vers ne seront pas retranscrits pour éviter de choquer les plus sensibles.

En arrivant aux abords du château, il remarqua que ses habitants étaient fortement agités. On parlait de raids skavens, de morts-vivants, de démons de Nurgle, d’attaques d’elfes massacrant sans distinction… La baronnie était en effervescence et Connardos décida donc de se retirer dans sa chambre, ces autres affaires ne le concernaient pas selon lui. Une fois arrivé dans sa chambre, le connardien s’assit tranquillement devant le petit bureau de la pièce. Et il se mit à réfléchir. Il allait avoir du temps pour cogiter demain, durant le combat de finale auquel il était convié, mais autant utiliser tout le temps qu’il avait à sa disposition. Une vengeance, ça se prépare. Et son escapade nocturne lui avait donnée beaucoup de nouvelles idées…


-------------------------------------


Dans les profondeurs de la baronnie de Géorgie, on s’agitait, on creusait, on reniflait, on sifflait. La machine de guerre skaven se mettait en place.
Au grand dam de Scapophax, son kidnapping raté et les retombées désastreuses qui ont suivies avaient convaincu les seigneurs de guerre du clan d’accélérer leurs plans de destruction de la baronnie. Mais selon la tradition skaven de la non-confiance, chaque chef était parti de son côté. Les éclaireurs skavens avaient tentés diverses sorties, excavation de tunnels et raids. Et tous se sont soldés par un nombre absurde d’échecs dû au manque d’organisation et à l’apparition imprévue d’autres intervenants.

Devant l'urgence de la situation, les chefs skavens se sont finalement réunis pour discuter d'un plan de bataille... Sans Scapophax qui ruminait dans son baraquement personnel :

« Ils périront tous ces gêneurs… sSsssssS… Ils veulent m’évincer… SssssSsS…. Les choses-hommes verront… Ils payeront ! SsssSS… »

Le technomage était plus qu’excédé. Non seulement ce maudit connardien s’était joué de lui, mais il avait causé suffisamment de problèmes pour lui faire perdre la face devant tout le clan ! Clan qui ne l'écoutait plus! Lui! Le chef incontesté et génie armurier!  Et ne parlons pas de l’autre chevalier qui avait fait purement fait sauter une des entrées principales du terrier !

Demain… Demain, ils verront tous pourquoi il ne fallait pas jouer avec les nerfs du technomage.

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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Lun 15 Fév 2016 - 13:21

Cinquième jour des affrontements

Finale


Le temps ne s'était guère amélioré, bien que la pluie avait cessé de tomber, le ciel restait sombre et le froid était revenu pour le grand jour. Toute la baronnie s'était levée sur le pied de guerre, des rapports signalant une agitation skaven inquiétaient le baron. De plus, c'était l'arrivé du Roy en Géorgie, la sécurité était une priorité absolue. Accessoirement c'était aussi la finale du bouseux tournoi de Géorgie, mais tous ces événements dépassaient complètement les habitants qui ne pouvaient pas tout enregistrer dans les petits poids qui leur servent de cervelles.

En milieu de matinée, le ciel ombragé accueillit un océan de créatures célestes, la cour de Couronne accompagnait le roi qui était à la tête de l'armada de pégases et d'hippogriffes. Ils étaient tous prévenus de l'impraticabilité des routes malsaines de Géorgie indignes de leurs statuts de noblesse royale. Le Roy et son monstre Béaquis atterrirent les premiers dans la cour du château à l'emplacement du H dessiné au sol. Le baron Georges ainsi que tous les personnages importants du tournoi étaient présents pour accueillir le suzerain du Royaume. >Des centaines d'hommes d'armes étaient au garde à vous, la plupart ignoraient totalement l’importance de cette visite et étaient plus ou moins distraits comme à leurs habitudes. Quand le Roy mit pied à terre devant le baron Georges, André eu le souffle coupé, il avait devant lui le plus pur des symboles de la chevalerie bretonnienne, le chevalier du Graal élu de la Dame et héritier du trône de Gilles le Breton, un homme tellement parfait que sa personnalité en était quelque peu ennuyeuse, rien à voir avec les chevaliers venus pour le tournois. A cette idée, André tomba dans l’inconscience après un sursaut surnaturel qui ne manqua pas de surprendre son entourage.

Pendant que des gardes s'occupaient de relever le page, le baron accueillit le Haut Roy du royaume, ce dernier répondit au baron avec un langage familier assez inattendu :

« Quelle joie de vous revoir cher cousin, je vois que votre baronnie continue de dégrader la réputation du duché. La constance est une vertu comme disait seigneur Thégan...
- C'est tout un honneur mon Roy de vous accueillir dans mon humble taudis.
 »

Une fois les salutations effectuées, son altesse adressa quelques mots aimables aux participants du tournoi. Connardos n'était évidement pas convié à cette cérémonie protocolaire, Fulbert réussi à couper le Louen au beau milieu de son discours et Albric commença à plaider sa cause. Le roi finit par reporter toutes discussions secondaires à la fin du tournoi, puis, accompagné de Georges et de sa garde, il se rendit dans la salle de réception du château pour y parler de tournoi et d'organisation. La suite du Roy, qui était restée en altitude, pu enfin se poser les uns après les autres sous les regards envieux de Fulbert qui repéra toutes les belles dames non-accompagnées. Malheureusement, les atterrissages à répétition étaient si compliqués à organiser qu'un chevalier et son pégase finirent leur vol dans une tour après une bavure professionnelle du roturier chargé de la signalisation. Il finit à l'hospice aux côtés d'André toujours en état de choc...

Pour plus de sécurité, la finale se déroulera au sein du château. Ainsi, comme la veille, les bourgeois dont le château était interdit d'accès, ne pouvaient pas assister au combat. Ceci déplut certains qui décidèrent de créer des Sindique-cas et manifestèrent dans Paumé-sur-bourg pour exprimer leurs incompréhensions : Pourquoi interdire le spectacle aux honnêtes citoyens alors qu'il est accessible aux étrangers ?  De plus, qu'est ce qu'il a de plus ce ''rowa'' par rapport à eux ? Les leaders des Sindique-cas criaient même le slogan « Géorgie indépendante ! » ou « À mort Louen croix-vé-bâton ! » partout dans la ville.

C'est dans cette ambiance sous tension que la finale commença. André sortit de l'hospice avec une prescription donnée par la prêtresse de Shallya : des petites pilules bleues calmantes à base d'essence de saucisse à prendre en cas de surmenage.  Les tribunes étaient tous réservées aux gens importants de la suite du Roy ou les invités et ex-participants. À part la garde personnelle du baron, les hommes d'armes ne purent pas assister à la finale car ils étaient tous envoyés patrouiller le long des remparts et au sien des villages. Au final, seul Gontran était l'unique invité gueux officiel à assister à la finale, il parcourra la tribune du regard :

Louen avait prit la place du baron dans la tribune seigneuriale, Georges était à côté et discutait avec le roi entouré de sa suite.

Sire Henry était assit dans la tribune des chevaliers et ne quittait pas Von Essen du regard.

Le vampire cherchait désespérément quelqu'un, pour une fois qu'il était dans la tribune il ne voyait pas la dame qu'il désirait.

À côté du vampire, Léonard semblait prendre un bon moment, il était bien plus à l'aise dans les gradins que dans l'arène.

Un peu plus loin, un groupe était affalé sur leurs sièges, Connardos et Gérald dormaient à moitié, fatigués de leurs aventures nocturnes.

Le Baron Arthas jouait avec son épée bleutée pour faire passer le temps, malgré les recommandations de son vassal Philibert de la Tulipe qui le mit en garde de la dangerosité de ce comportement.

Charles Hubert de la Bath de Gransette avait l'air tout aussi impatient que son voisin, mais sa sœur Penthésilée lançait des regards curieux vers le roi et les membres de sa cour.

Lord del Insula était complètement sur les nerfs, il devait imaginer un futur plutôt désagréable.

Le baron Albéric, comme dans ses habitudes, continuait de prier la Dame, même en dehors de la chapelle.

Estienne d'Ajol croisa le regarde de Gontran et lui adressa un sourire de courtoisie. À côté de lui, Ecuyer avait choisit le bon moment pour polir une pièce d'armure.

Il y avait aussi un être encapuchonné dans l'ombre, s'il pensait être bien caché il se mettait le doigt dans l’œil, on  pouvait clairement voir les traits de son étrange masque sur son visage.

Au loin Gontran aperçu ses camarades s'agiter autour du donjon, le capitaine Gaston à leur tête, ils semblaient installer sur les remparts les terrifiantes bombardes à saucisse.

Après une longue attente, les finalistes se présentèrent enfin dans l'arène. On apprit qu'on devait rechercher Fulbert de Vaniteux dans tout le château et qu'il fut trouvé en compagnie d'une dame dans une chambre du donjon. Sire Jehan de Maislanchon était prêt depuis longtemps, mais il était occupé à donner une leçon à Troussenard qui avait cabossé une de ses plaques d'armure par maladresse.

Le combat pouvait enfin commencer !

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Kaops
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Lun 15 Fév 2016 - 14:28

L’attention des spectateurs était entièrement reportée sur les deux finalistes. Anciens participants ou nobles venus pour l’occasion, à peu près tous étaient en train de retenir leur souffle dans l’attente de l’envoi.
Fulbert fit le tour de l’arène, levant sa lance vers le ciel pour récupérer les nombreux rubans que lui envoyaient ses admiratrices. Ces acclamations bruyantes gênaient quelque peu Jehan qui ne considérait que cette attitude ne fût pas digne d’un vrai chevalier. Un rappel à l’ordre d’André intima a Fulbert de se replacer, la lance du chevalier ressemblant presque à une guirlande le jour du carnaval de Marienburg.

Le baron décida finalement de ne plus faire languir le public plus longtemps et après avoir obtenu l’approbation du Roy, il demanda à André de lancer le combat.

« Cette finale du grand tournoi de Géorgie opposera Jehan de Maislanchon, baron de Frontegôche au chevalier Fulbert !
-L’heure de la défaite est venue ! lança Jehan.
-Oui, qu’est-ce que cela te fait ? ricana Fulbert. »

Alors que Jehan fulminait de rage, André donna le signal du départ et les deux chevaliers s’élancèrent tous deux l’un vers l’autre. Fulbert était déterminé à en finir au plus vite comme avec ses précédents opposants. Il misait tous sur sa charge qu’il souhaitait impressionnante pour s’attirer les faveurs de quelques demoiselles supplémentaires. Une victoire rapide était souvent synonyme de prouesse martiale pour le chevalier vaniteux. Enivré par les potentielles conquêtes, Fulbert redoubla de hâte dans sa charge. (Charge: Jehan = 3T, 2B, 1svg, 0invu, 1PV! / Fulbert= 2T, relance 2T, 1B, 1svg).

Malheureusement pour lui, l’empressement de Fulbert avait ouvert la voie à Jehan qui avait trouvé la faille que les précédents combattants n’avaient pas trouvé. Déterminé à rabattre son caquet à ce jeune impertinent, Jehan plaça son bouclier selon un angle précis qui dévia la dangereuse lance de Fulbert. La lance du baron enfonça l’armure ouvragée de Fulbert qui lâcha un cri de douleur autant que de surprise en voyant son attaque être déviée si facilement.

Sa blessure était sévère mais Fulbert n’en démordait pas moins de son caractère si particulier. On le devinait presque sourire sous son casque.

« Ah ! Une passe bien menée ! s’exclama le chevalier. Presque aussi ingénieuse que les miennes ! »

Fulbert fit retourner son cheval, lança sa lance avec grâce dans les mains d’un page qui attendait sur les bords de la lice tout en récupérant les rubans accroché à son arme.

« Mesdames, je ne vous décevrais point ! Et je vaincrais ce vil et grossier personnage en votre nom ! »

Fulbert redirigea son regard vers l’autre côté de l’arène et dégaina son épée…  (Jehan = 3T, 3B, 2svg, 0invu, 1PV!) … pour recevoir le pommeau de l’épée d’un Jehan lancé à pleine vitesse dans le bas-ventre.

Sonné par le choc et le souffle coupé net, Fulbert chancela sur sa selle. Tenant toujours haut les rubans dans sa main, le chevalier vaniteux finit par tomber lentement de sa monture et s’étala de tout son long sur le sol de l’arène. Emmenant dans sa chute les cris déchirants d’un bon nombre de dame dans l’assemblée. Mais on pouvait néanmoins entendre Lord se réjouir plus que nécessaire de la défaite de son vassal...


Victoire de Jehan !


Jehan de Maislanchon remporte le tournoi de Géorgie!
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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Ven 19 Fév 2016 - 17:38

Après la victoire écrasante de Sire de Maislanchon, le roi se leva pour féliciter l'heureux vainqueur du Bouseux Tournoi de Géorgie ! Il se tourna vers Georges pour lui demander :

« Messire Georges, il est maintenant temps de récompenser notre champion. Veuillez demander à vos hommes d'apporter la récompense promise.
- Avec joie, mon altesse. André ! Veuillez chercher la récompense du tournoi !
- Mais, seigneur, je… je viens de me rappeler qu'on l'a laissé sur le champ de boue de l'ancien emplacement des combats. Vous savez, la tente près du marais gardé par trente-quatre hommes d'arme.
-Miséricorde ! C'est vrai ! Mon roi, je crains qu'il nous faille nous déplacer.
-Pourquoi donc ? Ne pouvez-vous pas faire quérir le trésor par l’intermédiaire de vos hommes ?
-Le problème, sire, c'est que la région est sous la menace Skaven, transporter un trésor aussi précieux dans toute la baronnie est trop dangereux, de plus, je n'ai pas assez d'hommes d'armes disponibles pour assurer la protection d'un tel convoi, en effet, ils sont tous à leurs postes de combat. En plus, la voie des airs est condamnée à cause des vapeurs toxiques qui montent dans le ciel aux alentours du marais.
-Soit, soupira le Roy. Allons donc nous salir nos bottes dans votre boueuse campagne en espérant que ce ne soit pas trop long... »

Quelques instants plus tard, les chevaliers sortirent du château pour se rendre sur l'ancien lieu du tournoi où devait se dérouler la cérémonie de clôture. Ils durent affronter les manifestations des Sindique-cas, la boue et les odeurs répugnantes de la campagne de Géorgie. Le Roy regretta un instant d'avoir accepté l'organisation d'un tel tournoi... Le groupe de chevalier arriva finalement au lieu-dit, les nobles de Couronne se pincèrent le nez pour ne pas respirer les gaz malodorants du marécage voisin. Le lieu était désert, les gueux avaient investis le terrain et s'amusaient à simuler des combats de chevaliers dans l'arène de boue.

« On ne devrait pas s'attarder ici messire, conseilla Henry au Roy, on doit récupérer la récompense et retourner au château, cette escapade en territoire bouseux a suffisamment entaché votre saint statut.
- Laissez Henry, un chevalier du Graal doit savoir de temps à autre retrouver une attitude plus humble dans les situations les plus dégradantes. »

André parti chercher les récompenses du tournoi dans la tente gardée par une trentaine de soldats qui vaquaient tous à leurs occupations tels que l'alcool et les jeux. Le page loua la Dame quand il vit que le coffre était toujours à sa place. Il demanda à un garde à côté de l'aider à transporter le coffre jusqu'au roi. Mais quand ils sortirent, les hommes d'armes à l'extérieur avaient tous lâchés leurs bouteilles, leurs dés et leurs figurines en boue pour dégainer leurs armes. Au loin on entendait des cors de guerre et les tocsins. André se dépêcha de rejoindre les nobles. Ces derniers ne savaient point quelle aptitude adopter. Le Roy et Georges s'échangèrent quelques mots, puis Louen annonça :

« Bien, terminons !
- Oui qu'on en finisse ! Approuva Alberic de vive voix.
- J'invite Sire Jehan de Maislanchon baron de Frontegoche à se présenter devant son Roy. »

Après avoir donné un dernier coup à Troussenard, Jehan s'avança. Louen reprit :

« Pour avoir montré à tout le royaume vos capacités martiales et votre honneur de chevalier en remportant ce tournoi, ma sainte personne vous offre ce glorifiant présent comme promis. »

Son altesse ouvrit le coffre et en sortit une masse dorée qu'il présenta à Jehan.

« Voici la sainte et magique masse de Gilbert le renverseur, elle assomme quiconque en fait la rencontre avec son crâne. Grand champion du tournoi, soyez-en digne. »

Jehan ne put cacher son émotion, il avait enfin l’objet qui lui permettrait de faire taire efficacement tous gueux qui viendrait l'importuner. À ce moment un coup de canon à saucisse se fit entendre au loin. Ceci obligea le Roy à accélérer la cérémonie :

« Bon, pressons, tenez, ce coffre remplit d'or. Voilà, vous êtes heureux tout ça, tout ça, merci d'avoir battu ce gueux et au-revoir !
- Ach ! C'est décha fini ?! Pesta un homme à l'accent impérial. »

C'était Baltazar Von Taalbourg, noble impérial et connaissance du Baron George invité au tournoi, il n'avait plus donné de signe de vie depuis le premier paragraphe du Deuxième Jour des Affrontements. Il expliqua rapidement que son pégase avait fait une chute mortelle dans le marais et qu'il avait dû errer seul pendant des jours, perdu dans cet enfer ratant ainsi tous les événements du tournoi.

Les témoins de la scène n'eurent pas le temps de proclamer cette miraculeuse réapparition qu'un léger tremblement de terre se fit sentir.

« C'est les skavens... quand j'y pense, un tel tremblement a dû détruire la totalité des masures de la région… Fit remarquer le baron.
- Par la Dame, on aurait dû rester dans le château, vous vous rendez compte des dangers que nous faisons prendre au Roy ? Râla Henry.
- Je n'ai point peur, répondit Louen, hâtons-nous de rejoindre le castel ! »

À ces mots, les chevaliers de dépêchèrent de quitter l'endroit, mais sur le chemin du château, ils furent stoppés à Paumée-les-Bains. En effet, les fragiles masures du village s'étaient tous écroulées sur elles-mêmes suite au séisme mais, en plus de cela, les hommes d'armes de la baronnie guerroyaient des abominations. Une marée de squelettes et autres morts-vivants avaient investi le village et la campagne !

Albéric déduisit que l'armée de mort venait le chercher et il s'enfuit seul vers l'est en direction de Paumé-sur-Gueux. Il vu juste car aussitôt le chevalier parti, la funeste légion des morts marcha dans sa direction. C'est dans ce chaos que chaque chevalier prit un chemin différent, laissant le roi se défendre seul face à un raz de marée de zombie-gueux… Finalement Albéric arrêta rapidement sa course, une fois arrivé au village d'à côté, il vit une armée d''innombrable Skavens venir de l'Est. Cerné entre deux fronts, Albéric ne savait plus quoi faire et décida bêtement de rester sur place pour prier la Dame...

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MagnanXXIII
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MessageSujet: Re: Le bouseux tournoi de Géorgie   Mer 2 Mar 2016 - 17:35

Gérald s'était rangé au côté du roi parmi une poignée de chevaliers qui n'avaient pas effectué un retrait tactique individuel. Il avait été soulagé de constater le changement de direction de la horde de morts-vivants. Ils avaient ainsi pu la contourner et galopaient à présent pour amener le roi jusqu'au château.

Le chevalier de la quête pensait être sorti d'affaire, lorsque son parchemin magique de quête vibra dans sa poche. Il sortit le parchemin enchanté et lut la nouvelle ligne : "quête principale : sauver sire Albéric". Le baron de Port-petit se garda de jurer en présence du roi, mais il n'en pensait pas moins. Il laissa donc le roi et sa petite escorte passer les portes du château en les regardant d'un air envieux. Il fit faire demi-tour à sa monture et il fonça au galop vers le point indiqué sur sa carte magique. " J'espère que je n'arriverai pas trop tard " murmura-t-il pour lui-même.

_____________________________________________________


Von Essen n'avait voulu rater aucune miette de la cérémonie de récompense, et avait ainsi discrètement accompagné le cortège royal parmi les autres participants au tournoi. Ses os lui disaient que le Roy de Bretonnie l'avait remarqué, et qu'une fois son titre de participant expiré, son immunité aux yeux des dizaines de chevaliers ici présents cesserait d'être... Ils avaient fort heureusement tout prévu avec sa chère et tendre, et le vampire comptait bien disparaître au nez et à la barbe des mortels dès que l'occasion se présenterait.

Toutefois, lorsque toute l'affaire commença à sentir le roussi, il comprit qu'on n'irait pas lui chercher des noises dans l'immédiat, et galopa joyeusement à la suite du cortège jusqu'au château du baron. Ce fut à ce moment-là qu'il vit l'un des participants,  un certain Gérald de la Rive, se détacher du groupe, et... galoper en direction du chaos qui s'annonçait non loin.

"Non mais il est complètement marteau, ce quidam..."
Mais en lui-même, le chroniqueur sentit le sang bouillir dans ses veines pâles.
- CHARRRRRRRGEEEEEZ !
Sur les créneaux du château, les gardes virent un second chevalier cavaler comme un dératé en direction des marées mortes et poilues au loin. Von Essen, quant à lui, se réjouit de gagner en vitesse et de dépasser le mortel.
- JE  SERAI  LE  PREMIER ! NANANANNERL !!!
Il se retourna vers l'avant, et commença à incanter les sorts primaires des arcanes vampiriques :
- HOKUTO ! VANHEL DESU !
- VIGUEUR INFERNALE NO JUTSU !
Tel un supervampire, il commença à crépiter de magie noire, et c'est tel un boulet de canon, le cri "SKUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUB !!! aux lèvres, qu'il percuta les rangs des hommes-rats.

_____________________________________________________

Gérald rattrapa le vampire et repéra Albéric grâce à sa carte magique. Il trouva l'armoricain entouré de skavens qui n’osèrent s'approcher de lui, quelque chose les terrifiaient, Albéric lui était comme fou, il levait la tête et tournait sur lui même en acclamant "Des Anges ! La Dame m’envoie des anges pour me sauver !". Gérald eu lui même du mal à le croire, en effet, deux anges tournaient au dessus d'Albéric. Mais il eut à peine de temps de se frotter les yeux que des vagues de cadavres, de sang et de chairs volèrent dans leurs directions, Von Essen sortit des rangs skavens, la bouche remplie de sang, l'épée entourée de boyaux et ses bras chargés de magies insolites. Von Essen s'arrêta un instant pour regarder les anges au dessus d'Albéric, puis il lança au chevalier:

"A ta place je ne resterai pas à côté de ces Banshees..."

Quand ces paroles atteignirent les oreilles d'Albéric, ce dernier devint aussi pâle que le vampire, il fixa une des sinistres créatures qui le fixa à son tour de ses sinistres yeux de défunte gueuse, à ce moment la créature ouvrit sa terrifiante bouche et s’apprêta à pousser le cri tant redouté. A ce moment Von Essen claqua des doigts et les spectres disparurent. Le vampire émit:

"Pff, De la magie des arcanes de bas étage."

Puis il se retourna contre les skavens qui trouvèrent Von Essen bien plus terrifiant que les fantômes. De son côté Gerald valida la fin de sa quête, mais deux nouvelles apparurent,
"Tuer le chef skaven" et "Tuer le nécromancien". Voyant que Von Essen s'était tourné vers les hommes rats, Gérald et Albéric firent front à l'armée de zombies et de squelettes qui venait d'arriver.

_____________________________________________________


Connardos se sentait en pleine forme. La victoire de Maislanchon sur un Fulbert qui s’était fait humilié devant toutes ses admiratrices… Un vrai délice à regarder pour le Connardien.
Mais si les autres participants étaient partit avec le cortège royal pour la cérémonie finale, Connardos était resté au château. De toute façon sa présence aurait gêné les autres chevaliers qui l’auraient probablement forcé à y rester. Donc, plutôt que d’assister à une cérémonie inutile et ennuyeuse, Connardos s’assit sur les remparts du château en regardant vers l’est. Ce qui fait qu’il put voir de son observatoire la débandade des continentaux et leur altercation avec une armée de mort-vivant.

Mais Connardos regardait surtout ce qu’il estimait être le camp des skavens. Ces derniers sortaient de trous qu’ils avaient creusés dans le sol et leurs troupes se déversaient dans toute la région Est de la baronnie. Leurs machines de guerre sortirent de terre elles aussi, c’étaient d’imposantes structures impies crépitant d’énergie. Et ils convergeaient vers le château en masse.

Quelques éclaireurs skavens arrivèrent au niveau des murs de la baronnie, pépiant et crachant alors qu’il grimpait en utilisant leurs griffes pour s’accrocher entre les briques. Mais ils étaient repoussés par les hommes d’armes du château sans trop de difficulté, leur nombre étant encore gérable. Et ceux qui avaient le malheur d’arriver au niveau de Connardos tombaient sous l’influence de son heaume. D’un simple regard, le connardien les bloquaient dans leur mouvement et les rats, statufiés tombaient des remparts qu’ils escaladaient dans les douves et s’y noyaient sans pouvoir bouger… Ce qui amusait grandement le connardien.

Mais en réalité, Connardos attendait un évènement bien précis. Et c’est avec un sourire carnassier aux lèvres qu’il appréhendait cet instant à venir, son regard fixé sur les terriers skavens…

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