Le Royaume de Bretonnie
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 [Récit] la quête improbable

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Kaops
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MessageSujet: [Récit] la quête improbable   Jeu 12 Mar 2015 - 2:08

Bonsoir Bretonniens et Bretonniennes!

J'ai créé ce post en ces lieux pour vous faire parvenir un petit récit... Bon en même temps c'est le but de la section, donc arrêtons là les fanfaronnades et rentrons dans le vif du sujet!


Il y a quelques mois maintenant, j'ai participé au grandissime tournoi de Havras deuxième du nom, écrit par nostre bien-aimé Baron Pas Bis, avec mes personnages: Hjalmar Oksilden et Cédric le Normand. Et j'avais prit grand plaisir à écrire les présentations et autres interludes pour participer au RP du schmilblick. Tellement que je me suis mit à écrire un petit récit, juste pour le fun, histoire de continuer un peu avec ces personnages que j'aimais tant.

A la base, je voulais le garder uniquement pour moi et MagnanXXIII (ce qui explique certaines inside jokes). Mais vu que le truc prenait de l'ampleur, j'ai décidé de vous faire parvenir le bordel pour vous en faire profiter.


Certaines recommandations:


  • Il est évidemment plus que recommandé de lire le Tournoi de Havras deuxième édition pour comprendre un brin le début:
    http://labretonnie.forumactif.com/t6840-les-dix-ans-du-forum-le-grand-tournoi-de-havras-2
    *Pub Gratuite! bounce *

  • Je ne prétends pas être un écrivain de renom, je suis même plutôt nouveau dans le domaine... (Depuis le tournoi de Havras en fait  Mr.Red)  Donc le style d'écriture risque d'être hasardeux et encore perfectible. Mais je m'acharne pour essayer d'améliorer le tout pour le rendre cohérent et sympathique à lire!

  • Dernier point et je vous laisse tranquille. Je vous mettrais le récit sous deux formes: pdf et format foroume. Le format foroume étant le plus accessible, je me sens un peu obligé de le mettre. Mais il sera plus long à mettre en place, du moins au début.
    Le format pdf/word est le format sous lequel j’écris à la base. Donc évidemment la mise en page est plus soignée et je rajoute pleins de jolies illustrations Like a Star @ heaven
    C'est la version "luxe" du récit qui ne demande qu'un petit téléchargement pour être lue. Je vais mettre les chapitres en pdf sur le prochain post. Le-dit post sera mis à jour à chaque nouveau chapitre. Et à la fin je mettrais le roman entier. Les nouveaux post afficheront les chapitres version foroume
    Ainsi à chaque post de ma part, vous serez averti de l'apparition de la suite et vous pourrez choisir votre méthode de lecture.



Voilà, je pense avoir tout dit. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture!


Dernière édition par Kaops le Mar 27 Oct 2015 - 15:16, édité 2 fois
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Jeu 12 Mar 2015 - 2:10

Voici le post à chapitres pdf

Le lien pdf:

La quête improbable


Chapitres individuels:
 


Dernière édition par Kaops le Sam 27 Fév 2016 - 20:13, édité 22 fois
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Jeu 12 Mar 2015 - 2:24

Et maintenant le récit Version Foroume!



Premier chapitre : Hjalmar Oksilden


Dans la région de Couronne, au nord-est de la capitale, au milieu de l’hiver. Nous sommes dans une des nombreuses forêts que compte la Bretonnie aux environs de midi.


George, dit le soiffard, était heureux. Lui et sa bande avait enfin réussi à intercepter deux voyageurs qui passait par la clairière de la marmotte moisie comme l’appelaient les paysans du duché. Outre ce nom plus que douteux, c’était leur terrain de chasse privilégié, même si les attaques d’hommes-bêtes ne leurs facilitaient pas la tâche. Ces derniers étaient plus présent que d’habitude et les cibles de George et sa bande se faisaient donc plus rare… Mais apparemment il en restait certains qui étaient assez fous ou inconscient pour passer par là.
Positionnés en cercle au milieu de la clairière la vingtaine de coupe-jarrets s’esclaffaient bruyamment, excités à la seule idée de détrousser les pauvres voyageurs qu’ils entouraient. Mais alors que George rejoignait les autres, il remarqua que les deux futures victimes agissaient étrangement. Ils semblaient discuter, ou plutôt l’un donnait des ordres à l’autre.


Le premier était un grand gaillard chauve, une sorte de prêtre impérial, se disait-t-il en étudiant ses habits. Le marteau à deux mains qu’il portait lui donna l’indice final. Il parlait à un barbu énorme qui faisait deux têtes de plus que lui. Vêtu d’une armure lourde noire et d’une grande hallebarde avec une sorte de ruban poisseux autour du milieu de la hampe, il était plus effrayant que ce que George imaginait. Et les autres armes qu’il arborait le faisaient plus ressembler à une armurerie ambulante qu’à un être humain.





George le soiffard se rapprocha pour essayer de comprendre ce qu’il disait :

« -Bon… Vous avez compris ? Je m’occupe de parlementer avec eux et vous ne faites STRICT-TE-MENT-RIEN ! S’énervait le prêtre-guerrier »

Le nordique lui répondit par un haussement d’épaule et un grognement résigné. Remarquant les regards interrogateurs des bandits autour de lui, le sigmarite se retourna vers celui qui semblait avoir le plus de dents, et donc probablement leur chef :

« Bonjour… messieurs … hésita le prêtre qui se demandait comment appeler ces bandits sans les vexer, mais il se reprit et parla d’une voix forte. Je m’appelle Jean Coteaz des Entommeures! Haut prêtre de l’église de Sigmar ! Participant du Grand Tournoi de Havras ! Pourfendeur de 3158 créatures du chaos ! »

Devant le peu de réaction de ses interlocuteurs, qui ne devait même pas savoir ce qu’était un haut prêtre, il rajouta en pointant le norse :

« Et je suis votre seul rempart contre cet homme.»

Tous regardèrent alors le nordique qui baillait allègrement en regardant les arbres environnants. Il semblait s’ennuyer à mourir.

« Heu… Ça nous fait t’une belle jambe tiens ! lança Jeannot le boiteux, provoquant des éclats de rire chez les bandits. T’veux nous dire q’tu nous protège du bestiau ?!
-‘Ten un peu Jeannot… J’crois l’avoir vu le bonhomme. Au tournoi de l’aut baron tiens ! Com qui disait le chauve ! blêmit Patoche le manchot. Parait qu’il a foutu par terre GRUNDARK… deux fois d’suite ! »

Suite à cette déclaration, les bandits perdirent leur sourire une fois qu’ils se rappelèrent qui était GRUNDARK le tyran ogre et ce qu’un tel exploit impliquait. On entendit la voix de George le soiffard qui s’éleva :

« Ouais, l’a battu l’ogre le barbu, et moi j’suis l’duc de Brionne en robe de bal !! Allez, maint’nant t’arrête d’raconter d’la merdre et vous nous donnez vostre phynance !! »

Les voleurs reprirent du poil de la bête, ragaillardit par le discours de leur chef. Jean Coteaz haussa la voix :

« -Bien, attaquez-nous. Si vous avez tant envie de vérifier si la légende est vraie… »


Mais les bandits n’avaient pas l’air de vouloir écouter. De son côté, Jeannot se rapprocha du grand barbu et remarqua, à sa grande surprise, qu’il somnolait sur sa hallebarde. Profitant de la situation, il tendit la main vers la corne à boire qui pendait à la ceinture du nordique, et la prit. Il releva les yeux pour vérifier que la victime du larcin dormait toujours. Mais son regard ne croisa que les yeux injectés de sang du norse qui venait de se réveiller et semblait fou de colère… Ce dernier décrocha à Jeannot un revers de la main gauche qui broya la moitié de son visage et l’envoya valdinguer deux toises plus loin. Tout le monde dans la clairière s’était arrêté net et regardait le cadavre à la nuque disloquée de feu Jeannot le boiteux tandis que le nordique récupérait tranquillement sa corne à boire et retournait à sa place.


George regarda alors Jean Coteaz qui se prenait le visage dans ses mains en marmonnant ce qui semblait être des insultes… Mais Jean se reprit et dit :

« -Comme vous avez pu le voir, cet homme est…plutôt dangereux. Donc soit vous nous laissez passez, soit je le laisse vous donner un aller simple pour le royaume de Morr.
-D’accord, répliqua un George mortifié. Foutez-moi l’camp ! Et ne revenez jamais ici ! disait-il tout en tournant les talons. »

Très vite la bande partit en courant pour s’éloigner le plus possible de ces deux fous dangereux.


Une fois seuls dans la clairière Jean Coteaz se rapprocha du nordique et lui lança :

« Dites… Hjalmar… Vous avez fait exprès de lui broyer le crâne, non ?
-On ne vole pas mon hydromel. C’est comme la barbe, c’est sacré. répliqua Hjalmar.
-Pard… Vous avez failli nous faire tuer juste parce que ce bandit vous a pris une gourde d’hydromel ?! explosa le prêtre. »

Il s’ensuivit une flopée d’injures et de reproches qui durèrent toute l’après-midi pendant que les deux compagnons d’infortune continuèrent leur chemin. Le nordique ne disait rien, il savait que le sigmarite finirait par se calmer. Après un certain temps, Jean aborda un autre sujet :

« Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi vous me suivez depuis que nous sommes partis de Havras.
-Ca me semblait amusant de vous suivre. J’espérais trouver plus de répurgateurs sur votre route…
-Est-ce qu’il y a un seul moment de votre vie où vous ne pensez pas à tuer ou frapper quelqu’un ou quelque chose ? rétorqua Jean. De plus, vous saviez que les répurgateurs étaient morts, vous en avez tués plusieurs je vous rappelle... Et durant la bataille de la saincte cave, vous avez affronté plusieurs fous complétements tordus qui racontait des inepties à dormir debout. Ça ne vous suffit pas ?
-Ah oui, il y en avait un bizarre qui essayait de violer les gens autour de lui… Bien fait de le décapiter d’ailleurs… songea Hjalmar. Mais non, ça ne me suffit pas, ça me suffira quand je serais mort, partit rejoindre les dieux !
-Et ça y est, il est reparti…grommela Jean. »

Le dialogue de sourd continua jusqu’au soir où après avoir établi un campement précaire, ils dinèrent de quelques rations qu’ils leurs restaient du tournoi. Hjalmar qui était parti ramasser du bois, en fit un petit tas après avoir enlevé la neige qui restait sur le sol. Il raffermit sa prise sur sa sa hallebarde qui s’embrasa instantanément, un vieux tour qu’il avait appris il y a longtemps et alluma le tas de bois.


Jean Coteaz annonça à Hjalmar qu’il partirait vers l’est pour Altdorf le lendemain, sans le nordique de préférence… Ce dernier fut quelque peu déçu de la nouvelle mais ne s’en offusqua pas. Après tout, le sigmarite l’empêchait de se battre à sa façon. Le lendemain, ils arrivèrent au village de Chantillon où Jean put enfin acheter un cheval et après de rapides adieux, nos deux compagnons d’infortune se séparèrent.


Dernière édition par Kaops le Dim 23 Aoû 2015 - 13:32, édité 3 fois
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Jeu 12 Mar 2015 - 2:37

Second chapitre : Les deux chevaliers



Deux jours auparavant, près du village de Chantillon.


Deux chevaliers en armures avançaient, montés sur leurs chevaux, sur la route enneigée. Le premier, Guillaume de la tour d’Alsacie, était Gasconnien et arborait donc des couleurs bleues et rouges cerclées d’or. Ses équipements richement décorés étaient plutôt bien entretenus car peu utilisés…
Le second cavalier, Cédric le Normand, était plus sobre en revanche, les couleurs grises, blanches et noires de Brionne n’offrent que peu de diversités chromatiques. Il arborait fièrement plusieurs haches de tailles et formes différentes aussi bien en blason qu’en armement. Son heaume ornementé d’ailes rouges augmentait encore sa carrure déjà imposante.





Un troisième cavalier, Gasconnien lui aussi, arriva de derrière eux. Il s’agissait de François, le cousin de Guillaume :

« Guillaume ! Nous arriverons bientôt à Chantillon, lança-t-il en arrivant à leur niveau. Les éclaireurs ont repérés la ville, elle se situe à un jour de marche environ.
-Fort bien mon cousin, préviens les troupes de cette nouvelle ! répondit Guillaume le comte de la tour d’Alsacie à son cousin qui repartit. Hé bien nous arrivons finalement dans un endroit civilisé, cela faisait un certain temps. N’est-ce pas Cédric ? »


Cédric le Normand répondit par un grommellement, puis devant le regard insistant de son ami répondit :

« Oui, oui… Fantastique... Il ne nous aura fallu que deux semaines pour arriver à faire un trajet qui ne demande que cinq jours.
-Arrêtez vos sarcasmes, au moins nous étions en sécurité durant le voyage.
-Ça c’est sûr, avec les trois-quarts de la garnison de votre village derrière nous ce serait un comble que nous ne soyons pas en sécurité !
-Vous exagérez toujours… Il n’y a que la moitié de la garnison, répliqua Guillaume qui se mit à bouder dans son coin.
-Mais cela encore je peux le supporter. C’est le fait que vous soyez obligé de créer une tour provisoire avec un campement autour à chaque fois que nous nous arrêtons!
-Elles sont utiles mes tours ! On voit mieux les ennemis arriver ! »

Cédric soupira et abandonna la conversation qui, il le savait, finirait par tourner en rond comme d’habitude. La fatigue du voyage qui succédait aux évènements houleux du tournoi de Havras avait fini de fatiguer le Brionnais qui devenait irritable. Une nuit de sommeil dans une vraie ville leur feraient le plus grand bien…


Le lendemain, dans l’après-midi, ils arrivèrent enfin à Chantillon. Après avoir donné des ordres à sa garnison et à son cousin pour qu’ils installent le camp près de la ville, Guillaume s’y rendit suivit de Cédric. Ce dernier partit immédiatement vers la taverne la plus proche, ‘le cafard mourant’, pour réserver une chambre et une chope de bière. Une fois installé à une des rares tables de l’auberge qui semblait ne pas s’effondrer à cause de la moisissure, Guillaume entama la conversation :

« Dites-moi, combien de temps resterez-vous en ma compagnie ?
-J’avais prévu de vous suivre jusqu’à Haguenheim.
-Ah ? S’étonna Guillaume, heureux de cette nouvelle.
-Vos résultats à la joute  n’étaient pas fameux je vous rappelle… Je compte vous entrainer un peu plus efficacement que les dernières fois, le prochain tournoi sera le bon ! lança Cédric.
-Ha… murmura Guillaume qui en perdit son sourire.
-Allez, un peu plus d’entrain ! Quand on gagne le titre de chevalier il faut aussi se battre pour l’honorer !
-Bien, mais promettez-moi de ne plus me faire charger des orcs noirs…
-Juré ! dit Cédric avec un sourire aux lèvres. »

Les deux amis éclatèrent de rire mutuellement en passèrent la soirée à se remémorer leurs souvenirs de bataille.


Le jour qui suivit, Cédric se baladait dans le centre de la ville quand il aperçut une assemblée autour d’un homme qui semblait gesticuler et crier comme un forcené. Il ressemblait à un marchand itinérant. Alors que Cédric s’approchait pour voir de quoi il en retournait, il porta la main au manche de sa hache. Après tout, les cultistes et autres fous était monnaie courante dans les villages ces temps-ci. Mais à peine les villageois reconnurent-ils un chevalier bretonnien, qu’ils accoururent et se mirent à implorer la dame qu’il les aide contre un quelconque danger. La cacophonie ambiante qui en résultait était impossible à comprendre.

« Assez ! » tonna le chevalier et les paysans se turent immédiatement.

« Maintenant expliquez-moi ce qui se passe… Un à la fois, se reprit-il en voyant que la populace était sur le point de recommencer ses discours multiples.
-Nous sommes bénis ! cria l’homme qui semblait attirer l’attention des paysans. Un chevalier de la dame est venu nous sauver de ces odieux morts-vivants !
-Morts-vivants ? s’inquiéta Cédric.
-Oui, monseigneur ! Je viens de Hautmont, plus au sud, et les morts se baladent dans les montagnes la nuit ! Je les ai vus ! hurlait le pauvre homme qui semblait pris de folie. Ils sont en train de manigancer un quelconque rituel nécromantique là-bas ! Il faut les arrê…
-Calmez-vous bon sang ! J’aimerais comprendre, pourquoi êtes-vous venu jusqu’ici alors que Couronne est bien plus proche, ça ne fait aucun sens.
-Mais j’en viens de Couronne. Et ils ont envoyé des chevaliers ! Mais ils n’ont rien trouvé là-bas et ils n’ont plus voulu m’écouter après. Mais je vous assure que ce que je dis est vrai ! »

Cédric leva les yeux au ciel en comprenant que cet homme devait être un charlatan qui divaguait complétement. Il tourna les talons pour rejoindre son auberge en ignorant les suppliques de la foule.



Durant la nuit, Cédric fut réveillé par un hurlement et des bruits d’escarmouche. Il se leva en bond de son lit, prit sa hache naine et s’équipa d’une cotte de maille. En suivant les cris, il arriva jusqu’au campement de Guillaume en bordure de la ville où les hommes d’armes affrontaient une demi-douzaine de centigors qui attaquaient la place forte de Guillaume. Ce dernier était en haut de sa tour et donnait des ordres tout en tirant avec sa fidèle arbalète sur les envahisseurs.

Cédric rejoignit les rangs des soldats qui avaient encerclés les bêtes, l’une d’entre elles reçut un carreau d’arbalète directement dans la mâchoire. Le monstre hurla et rua, renversant deux soldats qui furent piétinés vifs. Evitant les soubresauts du centigor, Cédric passa sur son flanc et lui lacéra la jambe avant, coupant les tendons. La bête tomba puis fut empalée promptement par les hommes d’armes qui l’entouraient. En regardant autour de lui, Cédric remarqua que la bataille faisait toujours rage. François, le cousin de Guillaume abattit un des quatre centigors restants et Guillaume en tua un autre d’un carreau bien placé. Les centigors survivants fuirent, comprenant que la bataille était perdue d’avance, mais l’un des trois fut intercepté par les hallebardes des soldats d’Haguenheim.  

Le combat terminé, Cédric aida Guillaume et François à remettre le camp en état et à sauver les blessés. Il en profita pour demander à Guillaume ce qu’il s’était passé.

« Ils sont arrivés sans crier gare, déboulant de la ville en pourchassant ce pauvre homme, dit-il en pointant du doigt un cadavre déchiqueté. Malheureusement, comme vous pouvez le voir, ils l’avaient tué avant que nous ne puissions intervenir. »

Cédric retint un sarcasme sur l’efficacité de la tour de Guillaume qui permettait de, soi-disant, mieux voir les ennemis arriver… Mais l’heure n’était pas aux plaisanteries. En s’approchant du défunt, il remarqua que ses habits ressemblaient à ceux du marchand fou qui parlait de morts inexistants.

« Guillaume ! Venez-voir un instant, l’appela-t-il. J’ai vu cet homme aujourd’hui, il parlait d’un complot mené par des morts-vivants, ou quelque chose du genre... Mais apparemment les chevaliers qui sont allés voir n’ont rien trouvé.
-Et ? Il devait simplement délirer…
- Cela me semble étrange qu’une escouade de centigors vienne dans une ville aussi grande juste pour tuer un homme et repartir.
-Mais quel serait le rapport avec les morts ?
-Je n’en sais rien, je me pose peut-être trop de questions…
-M’sieur le comte ! M’sieur le comte ! cria un homme d’armes qui accourait vers eux une torche à la main. On a trouvé quelq’chose sur l’plus gros bestiau ! V’nez voir ! »

Les deux seigneurs suivirent le bonhomme jusqu’au cadavre de la bête. La taille de ses cornes indiquait clairement qu’il était le chef du groupe. Le carreau d’arbalète tiré par Guillaume était fiché dans son crâne. En regardant de plus près, on pouvait remarquer un médaillon rouge sang qui luisait faiblement autour de son cou.

« Ne le touchez surtout pas ! Il pourrait s’agir un artefact chaotique, dit Cédric en s’approchant du médaillon qu’il regarda longuement.
-Votre verdict ? lui demanda Guillaume.
-Vampirique.
-Quoi ?
-Ce médaillon est typiquement d’origine vampirique. La forme et les runes utilisées le prouvent.
-Mais qu’est-ce que cela signifie ?
-Que nous allons devoir nous rendre à Haumont mon cher ami, répondit Cédric en regardant Guillaume un sourire aux lèvres. Et sans votre troupe.
-Hein ?! Mais pourquoi ? paniqua Guillaume.
-Parce qu’ils doivent retourner à votre village pour se ravitailler et aussi pour protéger vos terres. François les y emmènera.
-Mais on peut très bien faire le détour avec eux !
-Ce problème me semble bien trop important pour être laissé tel quel. Nous devons partir pour Hautmont au plus vite, dit Cédric d’un ton héroïque en tournant les talons.
-Mais pourquoi pas avec eux ?! s’époumonait le Gasconnien »

Les complaintes de Guillaume n’avaient aucun effet sur Cédric qui étaient trop heureux d’avoir enfin trouvé un prétexte valable pour emmener son ami en quête. Les soldats les rejoindraient à Haumont tandis qu’ils partiraient à la poursuite des centigors fuyards. Les traces dans la neige les mèneraient surement jusqu’à eux.



Le jour suivant, Cédric, tout équipé, retrouva Guillaume aux abords du campement qui était en pleine déconstruction.

« Bien, êtes-vous prêt ?
-Oui… maugréa le Gasconnien.
-Cela comptera comme un entrainement et je vous laisserai tranquille avec cela pendant un bout de temps, donc prenez-le comme une bonne nouvelle. Maintenant, allons-y ! lança-t-il en clopinant vers le chemin de forêt que le centigor avait emprunté. »

Après quelques instants, il se rendit compte que Guillaume restait sur place à regarder dans le vide. Cédric fit demi-tour pour le rejoindre.

« Eh bien, que faites-vous ? On les retrouvera vos hommes d’armes… et votre tour. Vous pouvez bien vous en…
-Oui, oui, j’ai compris cela ! le coupa-t-il.  Mais est-ce que vous reconnaissez cet homme là-bas ? Je crois l’avoir vu au tournoi. »

Cédric regarda dans la direction pointée par son ami et eu une demi-attaque cardiaque en reconnaissant Hjalmar Oksilden qui arpentait le champ de bataille de la veille.

« Et meeeerdreee, pensa-t-il. Bon si on part assez vite, on réussira peut-être à éviter ce fou furieux

-Hé Ho ! L’ami ! cria Guillaume en allant vers Hjalmar. Je crois que vous connaissez Cédric, je vous ai vu au tournoi de Havras !
-Et MEEEEEERRRDRREEEEEEE, hurla intérieurement Cédric quand il vit que Hjalmar lui faisait un salut de la main avec un large sourire aux lèvres. »

Cédric et Hjalmar ont effectivement un certain passif ensemble. Le bretonnien avait rencontré le nordique en plein milieu d’une quête pour tuer un démon, quelque chose de fréquent en Bretonnie. Hjalmar était arrivé en plein milieu d’une embuscade dans laquelle Cédric était tombé et l’avait ainsi sauvé en massacrant les assaillants. Une fois mit au courant de la quête, Hjalmar proposa immédiatement son aide pour tuer le démon. Mais Cédric avait vite déchanté quand il apprit à connaitre le personnage qu’était Hjalmar Oksilden. Mais au final, le chevalier avait réussi à s’en débarrasser au tournoi du baron de Havras. D’où le fait qu’à cet instant, Cédric, derrière son heaume, était mortifié.


Dès que Hjalmar apprit la raison de leur quête, à nouveau, il se proposa immédiatement pour les suivre. Il avait acheté un cheval en même temps que Jean Coteaz et pouvait donc les accompagner. Guillaume était heureux de ne plus être seul et Cédric était horrifié à l’idée de devoir supporter ce malade durant tout leur voyage. Mais il devait reconnaitre qu’il était habile avec les armes et plutôt bon pisteur, surtout dans la neige grâce à son expérience de chasse en Norsca. Cédric finit donc par accepter à son tour la présence du norse.
Les trois compagnons partirent alors ensemble à la poursuite du centigor blessé. Commençant ainsi une quête plus que prometteuse.

Ailleurs, pendant ce temps-là, bien au-delà des forêts impériales. Volkhart Von Verfall riait.


Dernière édition par Kaops le Dim 23 Aoû 2015 - 13:38, édité 2 fois
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Jeu 12 Mar 2015 - 18:43

Troisième chapitre : Premier sang


Dans l’ouest de la Sylvanie au château Korthenhoff, non loin de Siegfriedhof.


Le seigneur vampire Volkhart Von Verfall était affalé dans un fauteuil rouge bordeaux au milieu du salon principal du château. La grande salle possédait de longues tentures noires avec le sceau familial des Korthenhoff brodé d’or en leurs centres. Elles couvraient les  fenêtres hautes de la bâtisse. Les meubles ornementés étaient organisés en cercle au centre de la pièce. Volkhart tentait de reprendre son souffle après le fou rire incontrôlable qu’il venait d’avoir.

« Vous devriez voir votre visage comtesse ! s’esclaffait Volkhart. Il est à mourir ! »

La comtesse Korthenhoff était droite comme un piquet, les yeux grands ouverts et un verre de sang dans la main. Ce qu’elle venait d’entendre l’avait tant abasourdie qu’elle voulait vérifier :

«Vous avez… embauché des hommes-bêtes ?!
-Exactement ! s’esclaffa Volkhart.
-Mais ?... Pourquoi ?... Comment ?
-Pour les avoir affrontés souvent, je sais qu’ils peuvent être extrêmement efficaces dans le massacre de masse une fois qu’ils sont dirigés. Et pour le « comment », hé bien, je préfère garder ce secret pour moi… ironisa Volkhart un large sourire aux lèvres dévoilant ses canines.
-Je n’arrive toujours pas à comprendre le but de votre manœuvre…soupira  la comtesse. Mais si cela aide nos plans sans entacher ma réputation, je suis d’accord.
-Bien ! Maintenant, parlons des dépenses… »

Les portes de la salle s’ouvrirent violemment sur un serviteur affolé. Il portait la marque des Von Verfall sur son cou.

« Monseigneur ! Un message venant de la mission en…
-Tais-toi esclave !cria Volkhart qui se calma par la suite. J’arrive… Excusez-moi comtesse. »

Il rejoignit son esclave et le suivit jusqu’à une salle adjacente.

«Qu’y a-t-il ?
-Le seigneur Rütger vous informe que les travaux avancent comme prévu. Mais il y a eu un incident… » Devant l’air intrigué de Volkhart le serviteur continua. « Un marchand itinérant, probablement en quête de matériaux a vu les opérations. Il a réussi à s’échapper mais les renforts qu’il a envoyés ont été détournés efficacement. Le seigneur Rütger a donc décidé de traquer cet impertinent qui risquait de ramener plus de bretonniens à sa cause.
-Sans ma permission ?! implosa Volkhart. Comment ose-t-il prendre des initiatives sans me tenir au courant ! »

Dans sa colère Volkhart détruisit un vase avoisinant d’un revers de la main. Il posa son regard sur le pauvre serviteur terrifié et dit lentement:

« Continue…
-Appa…Apparemment, le seigneur Rütger… a envoyé une escouade de centigors tuer la cible. Et après deux semaines de traque, ils y sont parvenus après l’avoir retrouvé dans un village du nord de la Bretonnie. Mais…
-Mais… quoi ? insista lourdement le vampire.
-Mais… quatre centigors ont été tués, dont celui qui avait l’amulette de contrôle. Le seigneur Rütger ne sait pas comment cela s’est passé. Il a vaguement aperçu des chevaliers se battre avec les bêtes. Les survivants sont censés retourner au campement dans les montagnes, mais le seigneur Rütger pense qu’ils sont suivit… »

A l’annonce de ces nouvelles, Volkhart ne tenait plus. Il hurla de rage en dégainant son fouet barbelé et leva son bras pour frapper…



Quelques instants plus tard, la comtesse Korthenhoff entra dans la pièce suivit de gardes des cryptes pour constater l’étendue des dégâts. La pièce était tachée de rouge et au centre de l’éclaboussure, Volkhart Von Verfall se tenait debout, son fouet à la main.

« Aviez-vous réellement besoin de réduire en charpie cet esclave ? fit remarquer la comtesse. Un débordement si soudain… serait-ce lié à une quelconque mauvaise nouvelle qu’il vous aurait appris ?
-Non… Non… grommela Volkhart. Rien d’inquiétant je vous assure. Notre opération se porte bien !
-Je l’espère pour vous. Vous avez peut-être une armée nombreuse Von Verfall, mais j’ai une garnison de dragons de sang qui seraient impatients de régler vos… nos problèmes.
-Cela ne sera pas nécessaire puisqu’il n’y a pas de problème, rétorqua sèchement le vampire. »

La comtesse commençait à vouloir s’impliquer de trop près dans cette affaire, se disait-il. C’était compréhensible après tout, elle fournissait tous les moyens nécessaires en puisant dans les ressources immenses des Korthenhoff, donc elle voulait savoir où allait son argent… Il faudrait régler cette question prochainement… C’est alors qu’un garde de Von Verfall arriva à son tour dans la pièce. Il alerta les seigneurs des lieux que leurs campement était attaqué par des impériaux. Volkhart s’élança immédiatement pour rejoindre la bataille et repousser les sigmarites dissidents.




Les troupes impériales avaient déjà commencé à mettre en place leurs plans. Il consistait à attirer les hommes-bêtes de la garnison de Von Verfall vers la forêt avoisinante pour qu’ils soient pris en embuscade par les archers.

La tactique marchait plutôt bien et les rangs des monstres diminuaient rapidement. Mais les sigmarites ne savaient pas que ces bêtes étaient liées aux vampires et quelles ne fut pas leur surprise de voir arriver des morts-vivants qui prêtaient main forte aux hommes-bêtes. Les rangs des chevaliers impériaux tinrent bon et ils arrivèrent à repousser les rangs des monstres jusqu’aux archers qui tirèrent dans la masse grouillante d’ennemis. Le prêtre-guerrier qui menait l’assaut chantait des litanies qui faisaient tomber en cendres les morts et repoussait les hommes-bêtes. Tout indiquait que les impériaux gagnaient le combat, jusqu’à ce qu’une nuée de chauve-souris déferlent sur les troupes, les désorientant suffisamment pour que les groupes de morts-vivants créent une percée dans les lignes humaines.

La panique commençait à gagner les rangs, et elle ne fit que s’accroitre quand Volkhart arriva sur le champ de bataille suivit par ses gardes des cryptes. Le prêtre-guerrier essayait tant bien que mal de gérer ses troupes et ainsi les empêcher de fuir vers une mort certaine. Il lança une prière de protection qui fut dissipée par un nécromancien proche. Fou de rage, le prêtre hurla et, par une manœuvre audacieuse, se lança sur les flancs vampiriques. Mais juste avant de frapper les rangs d’impies, une masse difforme frappa son cheval qui s’effondra sur lui.





Une bête noire gigantesque était sortie des fourrés avoisinants et attendait en embuscade que l’on attaque les flancs du seigneur vampire. Elle meugla tandis qu’elle broyait le prêtre-guerrier sous ses griffes. On pouvait entendre les éclats de rire du vampire tandis que deux autres monstres sortaient des bois pour prendre en tenaille la cavalerie lourde qui se fit déchiqueter promptement. Sans leur chef, les impériaux prirent la fuite, mais furent rattrapés et tués.

A la fin de la bataille, Volkhart Von Verfall était debout au milieu des cadavres empalés des cavaliers du Stirland, avec un immense sourire aux lèvres. Il était fier de son carnage, et surtout de l’efficacité de ses troupes. Cela devrait convaincre la comtesse que leur affaire n’était pas en danger. Il aurait ainsi plein pouvoir sur les opérations…


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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Jeu 12 Mar 2015 - 18:48

Quatrième chapitre: Rencontres inattendues



Dans les marches de Couronne, trois jours plus tard.




La plaine s’étendait sur une distance immense, elle ne semblait s’arrêter qu’au pied des montagnes grises que l’on pouvait apercevoir au loin. Trois cavaliers allaient au pas dans la neige. Hjalmar était plus en avant, en train de chercher des traces. La traque des centigors survivants suivait son cours depuis un certain temps et les compagnons n’avaient toujours pas rattrapé leurs cibles. Alors qu’ils traversaient un ruisseau à peine dégelé, Guillaume profita de leur éloignement avec le norse et demanda à Cédric :

« Dites-moi… Je connais assez peu ce nordique finalement. Je ne l’ai vu que se battre au tournoi et les trois derniers jours, il n’a pas dit grand-chose puisqu’il était constamment en train de traquer ces bêtes. Il ne semble jamais vouloir s’arrêter.
-Si vous saviez, soupira Cédric. »

Le Gasconnien regarda Cédric d’un air interdit pendant quelques secondes puis continua :

« Heu… Bien… Mais que pensez-vous de lui ? Vous l’avez côtoyé plus longtemps que moi durant cette quête que vous avez accomplie tous les deux.
-A la base, nous nous sommes rencontrés par hasard et il ne nous a accompagnés, moi et les chevaliers de la quête, qu’une semaine. Nous avons occis le démon et nous sommes allés au tournoi de Havras juste après. Voilà les faits. Mais avant de vous répondre, à moi de vous poser une question. Que pensez-vous de lui ?
-Ha… hésita Guillaume surprit par la question qu’on venait de lui retourner. Eh bien, je pense que c’est un combattant dangereux et probablement fou, même si il a un sens de l’honneur apparemment.
-Pour ce que j’en sais vous avez raison. A ceci près que sa folie, qui est due à son amour inconditionnel du duel, cache surtout le fait qu’il s’ennuie à mourir la plupart du temps.
-Sérieusement ? Il semblait si joyeux durant tout le tournoi…
-Il se battait tous les jours, c’était un rêve pour lui. Mais s’il ne se bat pas contre quelque chose de nouveau il va finir par s’ennuyer. Voilà qui est Hjalmar… Et si vous vous demandez s’il est digne de confiance, oui il l’est. Ne le confrontez pas en duel et vous irez bien. »

A peine rassuré par les paroles de son ami de longue date, Guillaume retournait à ses pensées quand Hjalmar revint vers eux au galop.

«Ils ne devraient plus être loin, lança-t-il.
-Ha, c’est seulement la cinquième fois qu’ils sont proches, à force d’être si près on devrait finir par les voir au bout d’un moment, non ? ironisa Cédric. »

Hjalmar ne releva pas la remarque et il rebroussa chemin en grommelant.

«Votre animosité envers lui par contre, je ne me l’explique pas… dit Guillaume.
-Vous n’avez pas dû le supporter durant une semaine alors qu’il était impatient de se battre… »

Et les cavaliers se remirent en route. Le crépuscule commençait à s’installer quand les chevaliers remarquèrent que Hjalmar venait de partir au galop. Ils le suivirent immédiatement à bride abattue. Après une chevauchée éprouvante, ils le rejoignirent sur une colline avoisinante.

«Que vous arrive-t-il ?demanda Guillaume.
-J’espère que vous n’aviez pas besoin des deux… »

Leur dit-il en pointant du doigt les restes de ce qui semblait être un centigor. Le cadavre était déchiqueté et sa tête était plantée sur une lance de piètre qualité.

«Merdre !pesta Cédric. Qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?
-J’ai remarqué de nombreuses traces qui rentrait en contact avec celles des centigors. Et vu la lance, je dirais que ce sont des…
-Orcs, l’interrompit Guillaume.
-Heu… Oui c’est ça. Vous êtes spécialiste en la matière ?
-Non, plutôt parce qu’une bande d’orcs est en train de nous charger… dit-il en sortant son épée. »


Cédric et Hjalmar se retournèrent pour apercevoir une dizaine de torches tenues par des pillards orcs. Et ils semblaient énervés.

« Ça devait être leur garde-manger, dit Cédric en dégainant sa hache naine. Hjalmar ? Vous êtes prêt pour… »

Mais il ne parlait qu’au cheval du norse car son cavalier était actuellement en train de courir vers les orcs, sa hallebarde en main. Cédric jura intérieurement et partit à sa suite au galop avec Guillaume à ses côtés. Les deux chevaliers dépassèrent le nordique qui semblait sourire à pleine dent.

« Qu’est-ce que je vous disais !cria Cédric à Guillaume. »

Les bretonniens armèrent leurs bras pour frapper les peaux-vertes avec toute la force de la dame et anticipèrent le choc de la charge. Ils rentrèrent dans les rangs d’orques avec fracas en criant leurs cris de guerre respectifs. Ils peinèrent à traverser la marée verte qui essayait de les submerger par leur nombre, mais ils n’étaient pas de taille pour les deux chevaliers qui se taillait un chemin de sang. Dans la cohue, Cédric fut attrapé par un orc plus grand que les autres qui lui fit vider les étriers. Le Brionnais s’écrasa au sol et avant de pouvoir se relever l’orc était sur lui. Sa massue levée, il beugla :

« Chef Sprou’tch tuez toi !! »

Dans un large mouvement, le bout de bois s’approcha du crâne de Cédric. Pour être bloqué par la hallebarde de Hjalmar qui repoussa le chef orque d’un coup de tête bien placé. Partant d’un rire dément, il fonça sur sa future victime en embrasant sa hallebarde. Les orques s’écartèrent devant cette arme de feu inattendue, ce qui laissa le champ libre au norse pour attaquer.
D’un geste simple, sa hallebarde porta un coup sur l’épaule du chef orque qui fut déstabilisé. L’ouverture dans sa défense étant faite, le norse le décapita sans sommation. Guillaume rejoignit ses deux compagnons et ils formèrent un cercle défensif pour riposter contre les orcs. Mais ces derniers hésitaient, ils ne savaient plus vraiment s’ils devaient attaquer ou tenter de prendre la place vacante de chef.

« Hé bien ! Vous venez ou non ?! hurla Hjalmar. »

Devant l’absence de réponse, le nordique prit les devants et sauta dans les rangs ennemis. Les deux chevaliers ne purent qu’observer le massacre qui s’ensuivit. On voyait des bras et des jambes enflammés qui volait un peu partout autour de l’endroit où se tenait le norse. Les rares attaques qui le touchaient étaient repoussées par des éclairs bleutés qui semblait provenir du médaillon autour du cou du norse. Profitant de la panique causée par leur compagnon de voyage, les bretonniens se décidèrent finalement à se jeter eux aussi dans la mêlée pour faire fuir les orques restants. Après quelques minutes, l’escarmouche était terminée. Les pillards avaient fui pour leurs vies.


Le soir-même, les trois compagnons campaient en bas d’une colline non loin.

« Bon, nous avons probablement perdu la piste de nos centigors à présent, déclara Cédric. Mais il est clair qu’ils se dirigeaient vers les montagnes Grises. Nous irons vers Haumont dès demain. »

Les deux autres approuvèrent et finirent le sanglier que les orcs avaient utilisé pour transporter leurs équipements.


------------------


Pendant ce temps-là en Sylvanie



« Les centigors sont quoi ??! hurla Volkhart. »

Le pauvre serviteur qui venait de lui annoncer la mauvaise nouvelle se prit de plein fouet le poing du vampire. Ce qui le tua sur le coup et l’envoya planer sur plusieurs toises.
Le capitaine de Von Verfall qui se trouvait à côté lui fit remarquer :

«- Dites, si vous pouviez essayer de tuer moins de serviteurs, ce serait pratique… Ils sont difficiles à trouver ces temps-ci vous savez !
-Nous partons dès ce soir pour la Bretonnie, j’ai apparemment quelques affaires à régler par moi-même… Et je fais ce que je veux avec mes serviteurs ! hurla le vampire.»


----------------


Deux jours plus tard, ils arrivèrent aux abords de Haumont.
Ils surent qu’ils étaient arrivés quand ils aperçurent une tour de plutôt bonne qualité entourée par un campement d’hommes d’armes d’Haguenheim… Guillaume partit au galop pour rejoindre ses hommes dès qu’il la vit. Au grand désarroi de Cédric qui se prenait la tête entre les mains en voyant un tel édifice. Hjalmar, de son côté, ne comprenait pas grand-chose à ce qu’il se passait…

Ils passèrent la nuit qui suivit dans le campement, tandis que François leur annonçait qu’il avait cherché des informations comme demandé par Cédric.

D’après les locaux, le marchand s’était aventuré non loin d’un pic proche de la Vale Florida. La région était assez brumeuse en cette saison, et donc dangereuse. Mais il en fallait plus pour décourager les trois compagnons qui partirent dès le lendemain. Cédric et Hjalmar partiraient en éclaireur et Guillaume les suivrait avec sa troupe.


---------



Cela faisait quelques heures que Hjalmar et Cédric arpentait la montagne à la recherche d’un quelconque signe d’activité. Les habitants de Haumont leurs avaient indiqués de vieux châteaux en ruine qui datait d’une vieille guerre contre l’empire. Après avoir été rasé, ils n’avaient jamais été reconstruits par manque de moyens ou à cause de leur éloignement.



Alors qu’ils s’approchaient d’un énième château qui était caché par une crête, Hjalmar prit de l’avance pour vérifier les alentours. A peine avait-il dépassé la crête qu’il interpella Cédric :

« Dites, c’est normal ça aux alentours d’un château bretonnien ? »

Cédric qui venait d’arriver tourna la tête pour apercevoir ce dont parlait Hjalmar. Et il vit des dizaines de cadavres affalés par terre, le crâne broyé, à quelques toises du pont qui menait aux ruines.

«-Par la dame ! Allez, chercher Guillaume. Je crois que l’on tient nostre château…
-J’en déduis que ce n’est pas une décoration habituelle, fit remarquer Hjalmar. Dommage, c’était original.»

Cédric, qui se questionnais sincèrement sur le raisonnement mental de Hjalmar, oublia cette remarque et partit examiner les corps tandis que ce dernier partait. Il attacha son cheval à un tronc d’arbre proche et s’approcha des cadavres.

« Tiens, les corps sont plutôt anciens mais ils ont été tués récemment… pensa-t-il. C’était surement des gardes zombies. Mais qui a pu les tuer ? »

Mais alors qu’il se relevait, il ressentit un choc à l’arrière de son crâne et sombra dans l’inconscience…


--------------


Une heure plus tard, Hjalmar et Guillaume arrivaient aux abords du pont.

« -Où est Cédric ? demande Guillaume. Son cheval est pourtant là… »

On entendit alors une explosion provenant du château et d’autres bruits distants de combats.

« Espèce de… Il ne m’a même pas attendu ! grogna Hjalmar qui traversa le pont en courant.
-Non attendez ! cria en vain Guillaume... Bon sang… »

Il vit disparaître Hjalmar dans le château qui l’instant d’après recracha des hordes de morts-vivants d’un autre sortie.

« Finalement il avait vu juste…Soldats ! En position ! »

Les hommes d’armes se positionnèrent aux abords du pont, leurs hallebardes en avant pour réceptionner les troupes ennemies. Si Guillaume n’était pas un combattant émérite, il était avant tout un fin stratège. Et il était décidé à sauver son ami.

« -Ce château tombera ! Maintenant en avant pour la Dame !
-POUR LA DAME ! reprirent en chœur les hommes d’armes »


La bataille pour le château en ruine avait commencée.


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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Jeu 12 Mar 2015 - 18:57

Chapitre quatre (suite)



Cédric se réveilla dans un cachot miteux. Il remarqua avec surprise qu’il avait encore tous ses équipements sur lui. En levant la tête il vit le zombie qui gardait sa cellule.

« Cela explique pourquoi j’ai encore mes affaires… Ils sont trop débiles pour penser à me les enlever… se disait-il. »

En regardant autour de lui, il dû vite se rendre à l’évidence qu’il ne sortirai pas de sitôt d’ici. La grille, même rouillée, semblait assez résistante et ne plierais pas sous ses coups. Il ne lui restait plus qu’à attendre que Guillaume ou Hjalmar n’arrive pour le chercher. Il entendit alors des bruits de batailles venant de la fenêtre de la cellule.

« Ça a commencé… J’espère que Guillaume va bien… »

Il s’assit par terre et commençais à réfléchir à un plan d’évasion quand soudain le mur en face de sa cellule explosa dans une gerbe de flammes, carbonisant le garde zombie. Les barreaux de la cellule furent balayés par les pierres qui volaient en tous sens.

Quand il se releva Cédric remarqua la présence d’un homme au milieu des flammes. En y regardant de plus près il ressemblait à un répurgateur de l’empire qui… prenait la pose ?

« HA HA, ria-t-il d’une voix forte et assurée. Aucun mur ne peut résister à Holger Von Wütend !!! »

Un zombie arriva pour intercepter le répurgateur. Mais il était bien plus rapide que le mort-vivant et il pointa son bras vers sa cible. La bague à sa main gauche brilla intensément tandis qu’il hurlait :

« Un être dissident ?! MEURT DANS LES FLAMMES PURIFICATRICES !! »

Une gerbe de flamme sortit de sa bague et enveloppa le zombie qui fut carbonisé dans la seconde… Et Holger Von Wütend ria de plus belle.

« Quand vous aurez fini vos débilités, est-ce que nous pourrons avancer ? lança une nouvelle voix féminine qui sortait du trou dans le mur. J’en ai assez de vos méthodes…explosives. Alors par Sigmar arrêtez de faire sauter chaque morceau de ce château avant qu’il ne nous tombe dessus !  

La prêtresse guerrière de Sigmar annonçait ses arguments  en pointant un de ses deux marteaux sur l’inquisiteur. Son armure ouvragée indiquait qu’elle occupait un poste important dans le clergé impérial.

« -Mais… Mais… La purification…Les morts dissidents…implora Holger.
-Pas de mais !le coupa-t-elle. On m’a demandé de vous surveiller durant cette mission. Et j’ai bien l’intention de revenir en vie de ce château maudit. Donc vous vous calmez !! »


Après un débat houleux, les deux impériaux remarquèrent le chevalier bretonnien debout dans sa cellule qui les regardait en essayant de comprendre ce qu’il se passait…

« -Ahem… Bonjour ? hésita Cédric. »

Les impériaux restèrent interdits et dévisagèrent le bretonnien.

« -VAMPIRE ! hurla Holger en brandissant sa bague.
-NON ! Je viens de vous dire de réfléchir un peu plus bon sang ! cria la prêtresse
-C’est ce que j’ai fait, un mort qui parle, c’est un vampire. Donc je le crame !
-Hé ! Attendez une minute, je suis un chevalier bretonnien bien vivant, dit-il en enlevant son heaume. »

Cédric remarque une lueur de déception dans les yeux de Holger tandis qu’il rangeait sa bague. La prêtresse de Sigmar continua :

« -Bien, vous m’avez l’air assez vivant selon moi. Mon nom est Sieghilde Ingrimm, haute-prêtresse de Sigmar dans la province du Reikland. Et voici Holger Von Wütend, le répurgateur qui m’accompagne dans ma mission de purification de ce château.
-Je me nomme Cédric le Normand, seigneur de Brestnorrois. Mais comment avez-vous su que ce château était envahi ? Et je n’avais jamais vu de prêtresse…
-Je suis une des rares exceptions dans le clergé sigmarique, le coupa-t-elle. Mais ne me prenez pas à la légère… Pour ce qui est du château, nous n’en savions rien jusqu’à avant-hier. Holger a suivi les traces d’un vampire jusqu’ici. »

Cédric regarda le répurgateur qui brulait les cadavres environnants, un sourire aux lèvres.

« Malgré son tempérament…excentrique. Il sait se montrer d’une aide précieuse contre les serviteurs du chaos et les vampires.
-Si vous le dites…
-Vous semblez inquiet. Il y a un problème messire Bretonnien ?
-Disons que j’ai un compagnon d’un tempérament proche. Et j’ai peur du moment où ils vont se rencontrer… »

Sieghilde lui lança un regard interrogateur pendant un instant, puis se remit en marche.

«- Bien, notre mission n’est pas terminée, nous avons un vampire à tuer. Vous nous accompagnez messire ?
-Je n’ai pas trop le choix je pense. Mes amis sont en train de se battre sur le pont pour atteindre le château.
-Ha c’est donc votre équipe qui cause tout ce chahut… Bon allons-y ! »



L’équipe nouvellement formée repartit dans les couloirs sombres des ruines. Ils rencontrèrent quelques gardes squelettes au détour du couloir. Holger sortit son marteau à deux mains et fonça en hurlant sur les squelettes.

« Magnifique ! De nouvelles pièces pour mes osselets !! »

Au grand étonnement de Cédric, le marteau de Holger se disloqua en plusieurs petits marteaux tous reliés au manche. Le résultat était un gigantesque fouet –marteau terrifiant. Le répurgateur criait des onomatopées ridicules pendant qu’il tournoyait son arme étrange. Les dégâts engendrés étaient monstrueux, les squelettes partaient en morceaux tandis que l’inquisiteur frappait en tous sens.
La prêtresse-guerrière faisait elle aussi son office, elle psalmodiait des prières à son dieu tutélaire tout en fracassant les crânes des morts-vivants de ses deux marteaux dorés. Cédric se reprit quelque peu, et chargea avec son cri de guerre, abattant sa hache bretonienne. Son écu ensorcelé le protégeant efficacement.
En peu de temps, ils avaient vaincu les morts et repartirent dans les couloirs.


-----------


Dehors, la bataille commençait à tourner en faveur des bretonniens. Ils profitaient du pont pour amenuiser la force du nombre des morts-vivants, tout en les pilonnant de tirs d’arbalètes.
Guillaume haranguait ses troupes depuis l’arrière et les dirigeait avec talent. Il lança la charge finale pour briser les rangs des zombies. Les hommes d’armes chargèrent et enfoncèrent les lignes de morts-vivants. Certains d’entre eux tombaient du haut du pont à cause de la force de l’impact.

Les troupes d’Haguenheim prirent possession du pont assez facilement et rentrèrent dans le château. Les combats reprirent, mais cette fois c’était des squelettes qui attendaient les soldats. Ces derniers avaient plus de mal à avancer, surtout sans le soutien des arbalétriers restés derrière. Mais ils tenaient bon, car leur comte était derrière eux.

Guillaume voulait finir cette bataille au plus vite pour retrouver ses compagnons…et pour rentrer chez lui le plus rapidement possible.


---------


La nuit commençait à tomber. Hjalmar arpentait les couloirs depuis un certain temps et il n’avait rencontré que peu de résistance. Le gros des forces morts-vivantes étant occupé sur le front. Un squelette lui sauta dessus depuis un renfoncement, mais il fut réceptionné par la hallebarde du nordique qui finit de lui enlever ce qu’il lui restait de visage. Le norse n’avait pas l’intention de ralentir et continuait à courir à travers les couloirs du château qui se révélait bien plus grand que prévu…

Après un moment Hjalmar déboucha à l’extérieur, de l’autre côté du château. Il remarqua qu’il se trouvait dans une sorte de cimetière, mais un grand nombre d’outils de constructions jonchait le sol.

« Tiens, nous avons de la visite, dit une voix de l’autre côté du cimetière. »

Le seigneur vampire Rütger attendait avec plusieurs de ses troupes d’élites à l’abri pendant que la bataille faisait rage à l’entrée du château. Même s’il était acculé dans ses derniers retranchements il essayait de garder la face. Après tout, ses meilleures troupes étaient là, il pouvait bien se débarrasser d’une petite armée bretonienne… Et de ce barbu étrange qui venait d’apparaître.

« Tuez-le ! ordonna-t-il à ses troupes. »

Les gardes des cryptes  émirent un long râle tandis qu’ils s’approchaient en formation du nordique. Mais étrangement celui-ci semblait sourire à pleines dents…
Hjalmar embrasa sa hallebarde et rentra dans les gardes des cryptes. Le vampire remarqua avec horreur que ses troupes n’arrivaient pas à ralentir le nordique qui le chargeait littéralement. Ses frappes brutales mais néanmoins précises brisaient les gardes sans qu’ils puissent riposter. A ce moment-là, apparurent des hommes d’armes à la suite du nordique qui débouchait du château.  Les gardes des cryptes durent se reformer pour absorber la charge des bretonniens et laissaient passer le norse qui finit par atteindre le vampire.

« Je suppose que tu es le commandant… Bien, pied à terre, et battons-nous ! ordonna Hjalmar. »

Le vampire ricana devant une demande aussi ridicule et obéit à Hjalmar, juste pour l’humilier.

« Tu penses pouvoir battre un seigneur vampire ? Tu es pathétique ! »

Rütger se jeta à une vitesse surhumaine sur Hjalmar, mais il dû esquiver au dernier moment la hallebarde du norse qui était plus rapide que prévu. Ils échangèrent quelques passes et Rütger commença à se dire que cet homme était bien plus habile qu’il ne le pensait… Hjalmar frappa avec la pointe de sa hallebarde dans la jambe du vampire qui hurla quand l’acier enflammé perça sa chair. Rütger répliqua en frappant Hjalmar du revers de la main, le faisant lâcher prise sur son arme.

« Pas si mal pour un mortel, quand je t’aurai tué, tu seras un excellent membre de ma garde personnelle ! dit-il en jetant la hallebarde au loin.
-Si tu continues de parler c’est d’ennui que je vais mourir… ironisa Hjalmar après avoir craché un peu de sang. Au fait, tu frappes comme une lahmiane. »

Rütger se sentit profondément insulté par la dernière réplique de Hjalmar et hurla en courant vers lui. Le nordique dégaina une épée avec sa main gauche et une hache dans sa main droite et ils reprirent leur combat.


Au même moment, Cédric, Sieghilde et Holger arrivèrent sur le champ de bataille et rajoutèrent une pression de plus sur les morts-vivants qui commençaient à faiblir. Mais ils semblaient se relever en permanence à cause de la présence de Rütger. Sieghilde remarqua alors le duel entre le vampire et le norse.

« C’est votre ami là-haut ? demanda-t-elle à Cédric.
-Apparemment… »

La prêtresse continua à fixer le nordique qui combattait un vampire au meilleur de sa forme à armes égales, et le tout avec un grand sourire aux lèvres. Définitivement, il ressemblait bien à Holger se disait-elle.


Le duel continuait et Rütger commençait à avoir du mal à contrer les bottes étranges de Hjalmar. Il semblait mélanger différents styles de combats pour créer un ballet mortel et imprévisible. L’assurance du norse le déstabilisait au plus haut point. Une frappe d’estoc le fit reculer de quelques pas.

« Alors, on fatigue déjà ? se moqua Hjalmar. »

La rage au ventre, Rütger chargea à nouveau pour se faire intercepter par les armes du norse.

« C’était amusant au début, mais là tu commences à me décevoir. Je pensais que tu avais plus que ça à offrir… »

Cette fois, Hjalmar perdit son sourire et commença à accélérer le rythme de ses frappes. Le vampire n’arrivait plus à suivre et prenait de plein fouet les différentes attaques. Après une quinzaine de coup, Rütger tomba à genoux et regarda, horrifié, Hjalmar qui s’approchait de lui, son regard était dur et sans la moindre once de pitié.

« Bonne nuit… lui murmura-t-il. »

Hjalmar abattit sa hache sur le vampire, le décapitant instantanément.



Sur le champ de bataille, les morts tombaient en poussière ou finissaient d’être tués par les troupes d’Haguenheim ou les flammes d’Holger. L’escarmouche terminée, la troupe finit par se rejoindre :

« Cédric, tu es toujours vivant ! lui dit Guillaume. Mais qui sont ces gens ? »

Les présentations faites, Sieghilde expliqua sa présence. Peu de temps après, Hjalmar fut abordé par Cédric :

« Vous allez bien ?
-Parfaitement bien oui, pourquoi ?
-Vous saignez un peu…partout en fait.
-Oh, ça, ce n’est rien, dit-il en regardant ses blessures. J’irais mieux d’ici demain.
-Vous êtes sûr ? Ca saigne quand même beaucoup là… »

Cédric s’arrêta de parler un instant quand il vit que Hjalmar cautérisait ses plaies avec sa hallebarde. Le norse semblait insensible à ces soins précaires. Finalement Cédric reprit :

« J’ai remarqué que vous battiez bien mieux sans votre hallebarde. Pourquoi l’avoir prise au tournoi dans ce cas ?
-Cela rajoute une difficulté supplémentaire. Les combats n’en sont que plus jouissifs !
-Vraiment… Je ne vous comprendrai jamais, soupira Cédric. »

Mais alors que Cédric s’apprêtait à continuer, Holger aborda Hjalmar :

« Tu es un nordique ?
-Ouais, répondit laconiquement Hjalmar.
-Et tu as tué ce vampire ?
-Ouais.
-Magnifique, ça me donne deux raisons valables de te tuer ! Tu es un guerrier du chaos et tu as tué ma proie !cria Holger avec un air de défi tout en déployant son marteau-fléau.
-Intéressant…»

Les deux guerriers se mirent en position, ils souriaient chacun de plus belle.

« Holger ! cria Sieghilde.
-Ce n’est pas la peine, lui répondit Cédric. Je pense qu’il est trop tard maintenant. Laissons-les se battre entre eux. A moins que vous n’ailliez envie de les en empêcher… »

Sieghilde ravala sa fierté et se promit de réprimander Holger pour sa conduite indigne une fois rentrée à Altdorf. Les deux chevaliers et la sigmarite remarquèrent alors la présence d’une caverne qui était bloquée par le vampire et ses troupes auparavant. Ils décidèrent de l’emprunter après avoir demandé aux soldats de Guillaume de surveiller les deux combattants… Ces derniers étaient en train de détruire tout ce qui se trouvait autour d’eux. Les flammes jaillissaient sur Hjalmar qui se protégeait grâce à son amulette ensorcelée tandis qu’il feintait pour atteindre l’inquisiteur. Cédric et Sieghilde détournèrent le regard pour rentrer dans la caverne en soupirant.


Cette dernière était gigantesque. Une ouverture béante sur le flanc de la montagne permettait à une cascade de se déverser vers l’extérieur. Les deux chevaliers et l’impériale arpentèrent la caverne pour en arriver à la même conclusion. S’il y avait quelque chose ici-même, elle n’y était plus. Il ne restait plus que quelques outils de construction.

«Qu’est-ce qu’un vampire pouvait chercher en ces lieux selon vous ?demanda Cédric
-Un artefact peut-être, répondit Guillaume.
-Nous pourrions chercher dans la bibliothèque de Marienburg des informations sur cet endroit, proposa Sieghilde. La ville n’est pas très loin.
-Pourquoi pas, mais le vampire est mort. Il n’y a plus de menace de toute manière.
-D’après Holger, le vampire que votre ami a tué n’était qu’un subalterne. Le capitaine Rütger qui obéit à un certain Volkhart Von Verfall. C’est un vampire puissant, mais je ne comprends pas ce qu’il essayait de faire ici.
-Nous ne sommes donc pas plus avancé qu’avant… »

Ils ressortirent de la caverne pour remarquer que Holger et Hjalmar avait fini de carboniser les alentours et que leur duel était fini. Ils étaient ensemble, bras dessus, bras dessous, en train de boire de la bière avec les hommes d’Haguenheim. Cédric et Guillaume regardaient la scène avec des yeux ronds, puis se regardèrent mutuellement et éclatèrent de rire. Sieghilde, quant à elle, semblait désespérée.

« Je vous rassure, on finit par s’y faire, lui dit Cédric. »

Quelques heures plus tard, un cri se fit entendre :

« M’sieur le comte ! cria un des éclaireurs de Guillaume. Des morts ont réussi à s’enfuir ! On les a repérés en bas de la vallée!
-Donnons la chasse ! répondirent en chœur Hjalmar et Holger.
-Pour une fois je suis d’accord avec eux, allons-y ! dit Cédric.»

Et la petite armée se remit en marche pour poursuivre les morts-vivants. Hjalmar et Holger en tête qui se jaugeaient en disant qu’ils tueraient plus de zombies que l’autre…


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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Jeu 26 Mar 2015 - 12:31

Cinquième chapitre : Cauchemars Merveilleux


Sentant qu’il bougeait, Cédric commença à se réveiller. Tandis qu’il reprenait ses esprits, il se demanda comment il avait pu s’endormir pour commencer. Alors qu’il essayait de se relever, il remarqua qu’il était attaché à son cheval. Il obtint la réponse à ses questions en ouvrant ses yeux. Un bestigor se tenait à côté de lui et de son cheval. Cédric essaya de bouger sa tête autant que lui permettait ses liens pour remarquer qu’il y en avait d’autres… Ils marchaient en ordre militaire vers une destination qui lui était inconnue. Le regard de Cédric se porta alors vers les environs. Ils étaient sur le flanc d’une grande vallée enneigée. Cédric en déduit qu’il n’avait pas été très loin depuis sa sieste inopinée.

Cédric tenta alors de se rappeler comment il avait bien put en arriver là…

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Bien plus tôt, en bas du château en ruine

« Chargez ! » criait la petite armée breto-barbaroimpériale. Hjalmar et Holger était en tête, courant de plus en plus vite pour se rapprocher de leurs cibles.
L’attroupement de zombies fuyards s’était regroupé au milieu de la vallée et ils semblaient seulement attendre de se faire rouler dessus par les vivants en colère qui fonçaient droit sur eux.
Au grand désarroi de Hjalmar, ce fut Holger qui parvint à frapper le premier. Son marteau-fléau emportant avec lui la tête d’un malchanceux mort-vivant. Mais le nordique rattrapa son retard en en embrochant un autre.
Les hommes d’armes de Guillaume arrivèrent peu après avec Sieghielde, Cédric et Guillaume -dans cet ordre- rajoutant ainsi au chaos ambiant. Les zombies se faisaient déchiqueter sans ménagement, tant et si bien qu’il n’en restait plus aucun en quelques instants.

« Victoire ! Mort aux morts ! » criaient les hommes d’armes tandis que leurs victoire venait d’être assurée.
« Cela aura été vivifiant, dit Cédric en s’approchant de Guillaume.
-Si vous le dites  mon ami, rétorqua ce dernier en roulant des yeux. D’ailleurs, où sont nos deux berserkers ? Ils devraient être en train de… » s’arrêta Guillaume quand il remarqua que Hjalmar et Holger semblaient aux aguets.
« Il y a un problème ? leur demanda-t-il.
-Il n’y a pas de vampire ou même de nécromancien ici… Comment est-ce que ces morts dissidents ont-ils pu arriver jusqu’ici ?! marmonnait Holger. »

Hjalmar de son côté scrutait les bois environnants. La bataille avait été trop simple. L’absence de maître pour ces morts soulignée par Holger, l’emplacement à découvert, tout cela l’inquiétait.
Un épais brouillard apparut soudainement, plongeant la petite armée dans la fumée. Les troupes se regroupaient pour ne pas perdre de vue leur comte. Un murmure d’inquiétude commença à se répandre parmi les hommes.
« Bah, la région est brumeuse ces temps-ci. Ce temps est plutôt normal » dit Guillaume qui essayait de rassurer ses troupes. Il n’y avait rien de pire pour un seigneur bretonnien qu’un homme d’arme effrayé, car ils sont quasiment irrécupérable une fois qu’ils s’enfuient…

Hjalmar rejoignait l’attroupement quand il entendit un craquement derrière lui. En se retournant, il aperçut plusieurs figures dans la brume qui venait vers eux. Et d’après son expérience, les cornes, haches et masses qu’ils arboraient n’était pas des symboles de paix…
« Bougez-vous ! On est attaqués !» hurla le nordique à ses alliés non loin. Ces derniers commençaient à remarquer la menace environnante et se mettaient en formation. Hjalmar eut à peine le temps de brandir sa hallebarde qu’il était surplombé par une bête immense qui le frappa de plein fouet.

Cédric vit le norse voler sur plusieurs toises pour atterrir dans ce qu’il pensait être des fourrés au loin.  Il reprit une de ses haches en main et chercha les ennemis dans la brume. Mais cette dernière s’épaississait tellement qu’il avait du mal à apercevoir le bout de la formation d’homme d’armes. Un hurlement à sa gauche le fit galoper dans cette direction.
Le chevalier Brionnais tomba rapidement sur des hommes-bêtes qui étaient en train de terminer un homme d’arme malchanceux. D’un geste leste, Cédric en décapita un puis blessa mortellement un autre à la tête. Les autres reculèrent dans la brume, hors de portée du chevalier. Cédric entendit alors des bruits d’escarmouche tout autour de lui. Il repartit immédiatement vers les combats les plus proches.
Tandis qu’il essayait de poursuivre, une gerbe de flamme apparut devant lui. Holger se trouvait à sa source avec Sieghilde. Cette dernière semblait blessée à la jambe, mais continuait à se battre. Cédric la débarrassa d’un bestigor imprudent qui essaya de la prendre à revers.

« Merci ! souffla-t-elle. Le brouillard est d’origine magique. Je vais essayer de le dissiper, mais cela va me prendre du temps !
-Bien, nous vous protègerons pendant ce temps, répondit le chevalier.
-Là ! Un sorcier ! » hurla soudainement Holger qui, prit dans un accès de rage soudain, s’enfonça dans la brume pour rejoindre ce qui semblait être une sphère lumineuse.
« Holger ! Attendez ! » lança Sieghilde qui partit à sa suite laissant à nouveau Cédric seul au milieu d’un champ de bataille qu’il pouvait entendre mais pas voir…

En tentant de rattraper les impériaux, Cédric fut arrêté brusquement par un centigor qui déboulait de nulle part. Son cheval rua et le chevalier failli être désarçonné. Profitant de sa faiblesse, le centigor tenta de frapper Cédric de sa lance. Mais au moment où le monstre allait s’exécuter, il s’arrêta net quand son système nerveux remarqua l’épée qui lui transperçait le torse. Sans même pouvoir émettre un bruit, il s’effondra sur le sol.
En remontant le long de l’épée qui l’avait sauvé, Cédric reconnut Guillaume qui semblait exténué.

« Ces hommes-bêtes nous attaquent de partout à la fois. Nous n’avons aucun moyen de connaître leurs emplacements et mes troupes sont dispatchées un peu partout… Il n’y a pas dire, on est dans la merdre. » dit Guillaume avec un calme et un pragmatisme qui étonna Cédric. Alors qu’il allait répliquer, un meuglement monstrueux se fit entendre non loin.
« Bon sang, mais qu’est-ce que c’est ça encore ? grommela Cédric. Vous avez vu Hjalmar ? En général c’est lui qui s’occupe des grosses bestioles.
-Depuis son vol plané, malheureusement non… »
Cédric jura à nouveau tandis que les deux chevaliers se mettaient en position défensive. On pouvait entendre des hurlements non loin, humains comme bestiaux.
« Sonnez la retraite Guillaume ! Si on reste ici plus longtemps on va se faire massacrer ! » cria Cédric par-dessus la cohue ambiante. Guillaume acquiesça et sortit un cor de sa ceinture. Le son caractéristique se fit bientôt entendre dans toute la vallée et on entendait aux bruits de courses que c’était la débandade complète. Un homme d'armes que l’on autorise à fuir est un homme d’armes heureux après tout.



Au moment où les chevaliers allaient repartir, le monstre qu’ils entendaient depuis le début de la bataille leur sauta dessus. C’était une sorte de minotaure gigantesque. Il était  encapuchonné et portait des pièces d’armures sur la plus grande partie de son corps.
Profitant de l’effet de surprise il attrapa la lance que Guillaume essayait de brandir, et la brisa net. Guillaume recula rapidement et tenta  de sortir une potion de sa ceinture, mais le monstre utilisa la hampe pour frapper le chevalier à la tête et ce dernier tomba inconscient sur son cheval.
Dans un accès de rage, Cédric chargea pour venger son ami mais il fut intercepté par la bête qui était incroyablement rapide pour sa taille. Cédric parvint néanmoins à lui faire une estafilade au bras. Même si la profondeur apparente de la blessure ne semblait pas gêner le minotaure qui répliqua immédiatement après. Cédric vit le bras titanesque de la bête arriver vers lui, puis plus rien. C’est la dernière chose dont Cédric arrivait à se souvenir…


Toujours attaché sur son cheval, Cédric regarda derrière lui cette fois, espérant trouver une connaissance qui aurait été faite prisonnière. Il reconnut Guillaume affalé sur son cheval à quelques mètres. Sa présence réconforta le Brionnais qui se disait que les hommes-bêtes ne l’auraient pas amené s’il était mort.
« Bon…On est pas dans la merdre tiens, pensa le chevalier qui soupirait. Mais où peuvent bien être les autres ? »

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Plus à l’est, dans une petite forêt de pins, deux silhouettes marchaient dans les congères.



« Mais où sont-ils par Sigmar ? demanda Sieghilde Ingrimm.
-Qu’est-ce que j’en sais ! Probablement en train de se décomposer dans l’estomac des bestioles… rétorqua Holger Von Wütend.
-Toujours aussi charmant… D’ailleurs en restant sur le sujet, est-ce que vous pourriez vous débarrasser de cette tête de shaman, c’est une infection !
-Si on ne peut même plus ramener des souvenirs … »Holger grommela quelques insultes bien pensées à l’encontre du clergé sigmarique et accepta de jeter le crâne de l’homme-bête au loin.
« Cela va faire une matinée que nous les cherchons et nous n’avons vu ou entendu personne, reprit-il. Vous faites ce que vous voulez, mais moi je-me-barre ! Cherchez des vampires montagnards, c’est drôle une journée, mais je n’ai pas signé pour me troncher des bouquetins et sauver des bretonniens!» l’inquisiteur tourna les talons et partit en ruminant sa rage.
La prêtresse de Sigmar devait reconnaître que Holger avait raison sur ce point. Leur mission commençait à prendre une tournure trop hasardeuse selon elle. Sieghilde se tourna vers Holger qui avait déjà pris de la distance, et elle lui lança :

« Est-ce que vous savez où vous allez ?
-A-BSO-LU-MENT-PAS ! cria le répurgateur. »

La prêtresse prit quelques secondes pour soupirer et partit rejoindre l’inquisiteur qui tournait déjà en rond. Ils parcoururent quelques lieues puis Sieghilde demanda :

« La Sylvanie… Ça vous intéresse ?
-Un peu que ça m’intéresse ! ... Mais pourquoi on irait là-bas ?
-On y trouve des vampires non ? Ça me semble être un bon départ pour trouver des indices sur l’un d’entre eux.
-Bien dit ! » Holger avait retrouvé le sourire de meurtrier de masse qui le caractérisait. Et les deux impériaux reprirent leur chemin de plus belle

-------------------------------------

Dans une clairière ensoleillée de le Bretonnie, aux environs de midi.



Hjalmar se trouvait dans un lieu qu’il ne connaissait pas. Mais dans un rêve c’était plutôt commun comme situation.
S’il savait qu’il n’était pas dans la réalité, ce n’était pas parce qu’il y était arrivé sur le dos d’un griffon borgne à huit pattes avec des ailes aux couleurs de l’arc-en-ciel, mais tout simplement parce qu’il n’avait pas d’armes sur lui. Chose impensable pour Hjalmar, vous en conviendrez…
Le norse se rappela du coup qu’il avait pris au début de l’attaque surprise des hommes-bêtes. Il n’avait pas été assommé par un coup aussi rapidement depuis 35 ans. Quand le troll des cavernes -qui servait de chien de garde pour son village d’origine- l’avait confondu avec son diner hebdomadaire… Etre un norse n’est pas vraiment de tout repos.

Hjalmar regarda autour de lui. La forêt typiquement bretonienne qui l’entourait arborait des couleurs si vives qu’il était parfois difficile de ne pas être ébloui. On pouvait sentir une odeur de thym dans l’air et des abeilles butinaient les fleurs environnant le norse. Une rivière coulait non loin, une licorne s’y abreuvait avec des petits cerfs à ses côtés. Hjalmar sourit devant la scène…

La broche enfin positionnée sur le feu, Hjalmar put commencer à cuire ses récentes proies. Ce n’est pas parce que l’on est dans un rêve que l’on n’a pas le droit de se faire un peu de gibier braisé de temps en temps.

Son repas terminé, le nordique décida de se balader dans la forêt. Ce rêve ne semblait pas vouloir finir, alors autant s’occuper. Quelques heures passèrent puis Hjalmar entendit des cris à sa droite. Il courut pour en trouver la source.
Arrivé dans une clairière, il s’arrêta net. Ce qu’il voyait le laissait perplexe. Des chevaliers bretonniens couraient en tous sens pour essayer d’attraper ce qui ressemblait à mélange entre un dinosaure Lustrien et un pingouin… En rose… Qui vomissait des arcs-en-ciel (Décidément un schéma se répète dans ce rêve).



Ce déluge de couleur liquide semblait assez glissant, puisque certains chevaliers tombaient à la renverse en marchant dessus. Un des chevaliers finit par attraper cette impossibilité ésotérique vivante. Il fut rejoint par un autre et ils l’emmenèrent jusqu’à une charrette qui contenait une cage.
Hjalmar qui restait stoïque devant ce spectacle, tourna lentement les talons en se demandant encore ce qu’il venait de voir.

Malheureusement pour lui, à peine avait-il tourné la tête que son cerveau était à  nouveau mit à l’épreuve puisqu’il n’était plus dans la forêt, mais en haut de montagnes enneigées. Il se tenait à côté d’un barbare aux longs cheveux noirs de jais. Ce dernier avait un air de ressemblance avec Holger…



« Bon sang, on y voit comme à travers une pelle ici ! » grogna le barbare. Définitivement Holger se dit Hjalmar.
Un grondement sourd se fit entendre quand un dragon survola l’endroit où ils se tenaient.
« Ha Ha ! Je le savais ! » cria héroïquement le faux-Holger. Et il partit en courant à la poursuite du dragon.
Hjalmar reçut de la poudreuse au visage et quand il l’enleva pour y voir clair, il se retrouva à nouveau dans la forêt sur-colorée.
« Mais ce n’est pas bientôt fini oui ! » s’énerva le nordique.

En enlevant la neige qui lui restait sur les épaules, Hjalmar remarqua qu’il n’était pas seul dans cette clairière. En levant la tête, il vit Cédric et Guillaume, tout en armure dans un lac de lave. Ils y étaient plongé jusqu’à la taille. Mais ces derniers ne semblaient pas s’en offusquer. Au contraire, ils se baladaient dedans comme dans de l’eau.
Guillaume tenait une canne à pêche qu’il agitait frénétiquement quand Cédric lui indiquait une cible. Hjalmar comprit rapidement qu’ils essayaient de pêcher des poulets qui tombaient du ciel dans la lave.




Sentant que son bon sens avait définitivement abandonné le combat, Hjalmar essaya de reprendre ses esprits. Lorsqu’il rouvrit les yeux, il était affalé sur le sol d’un autre lieu. Cette fois l’environnement était plus normal. Mais il se sentait bien trop léger quand il se releva. En regardant son bras, il le trouva bien fantomatique. Quand il vit son corps toujours affalé dans la neige à travers, il soupira.
Hjalmar entendit un bruit de sabots à sa gauche. La Mort se tenait à côté de Hjalmar, son habituelle longue robe noire recouvrait son corps squelettique. Il (oui, il, car la Mort est un mâle) était sur son inséparable cheval blanc. Sa longue faux reposant sur son épaule.
Hjalmar ne s’inquiétait pas de la présence du faucheur à ses côtés. Son style de vie impliquait en général une durée de vie proche de celle d’un Halfling jeté dans les terres sauvages. Il était donc normal de rencontrer la Mort plutôt souvent. Ce dernier descendit de son cheval et commença à marcher vers le nordique. La longue cape noire flottait au vent et ses pieds produisaient des cliquetis sur le sol. Une plaque de verglas vint gâcher l’effet impressionnant :

« OH FAIT CHIER… » La Mort faillit tomber mais se rattrapa in extremis.
« Hey…
-BONJOUR, CA FAISAIT LONGTEMPS. » fit la Mort qui essayait de se ressaisir. Même si sa voix sonnait comme des plaques de marbres qui s’entrechoquaient, il affichait un grand sourire. En même temps, quand on est un crâne, on peut difficilement en faire autrement.
« Et ouais… La dernière fois c’était contre le buveur de sang, non ?
-C’EST ÇA.
-Il ne m’avait pas loupé ce foutu démon.
-TU N’ES PAS EN MEILLEUR ETAT POUR LE MOMENT.
-Oui, je vois ça…
-TU SEMBLE DEÇU.
-Je n’ai même pas pu tuer le minotaure. Comme mort glorieuse au combat, on a fait mieux… »

La Mort semblait gêné.

« -A CE PROPOS, TU N’ES PAS VRAIMENT MORT.
-Hein ? s’étonna le nordique.
-A VRAI DIRE, TU AS FAILLI Y PASSER. MAIS QUELQU’UN DE HAUT-PLACÉ SEMBLE S’AMUSER A TE VOIR COURIR PARTOUT.
-Heu… Je dois me sentir honoré ? Mais pourquoi tu es venu dans ce cas ?
-POUR LA FORME… ET AUSSI POUR TE DIRE QUE TU Y PASSERAS QUAND MÊME SI TU NE SOIGNE PAS CES BLESSURES. »
Cette tentative de gentillesse avec le charme d’une pierre tombale laissa Hjalmar de marbre. La Mort avait un peu de mal à comprendre les sentiments humains, mais il essayait au moins.
« Bon et bien, adieu dans ce cas…
-PLUTÔT AU REVOIR. »
Hjalmar ressentit un malaise et tomba dans l’inconscience pour se réveiller dans son corps. Cette fois-ci, se relever fut quelque peu plus douloureux… Après s’être remit l’épaule en place, Hjalmar récupéra sa hallebarde qui était tombée non loin et se mit sur la trace du minotaure.

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Le lendemain

Cédric somnolait sur sa selle. La nuit était tombée depuis un moment déjà mais il n’arrivait pas à dormir entouré d’hommes-bêtes. Ces derniers avaient allumé une ou deux torches pour garder un œil sur les prisonniers.
Guillaume s’était réveillé plus tôt dans la journée au soulagement de Cédric. Mais quand les deux chevaliers avaient commencé à échanger, un bestigor leurs avait hurlé dessus des propos inintelligibles. Le genre de propos qui vous font comprendre que vous devriez arrêter ce que vous étiez en train de faire. Cédric remarqua que les hommes-bêtes semblaient nerveux, et ce depuis hier. Ils avaient envoyé des éclaireurs mais ils n’étaient toujours pas revenus pour ce qu’il en savait.
Du moins jusqu’à ce qu’une tête volante de gor ne vienne brutalement heurter un de ses congénères. Après la surprise, les hommes-bêtes paniquèrent quelque peu en reconnaissant la tête d’un éclaireur. Ils se préparèrent à recevoir l’assaut en meuglant ce qui devait être des insultes et des prières aux dieux noirs.

Après ce qui parut être une éternité, un deuxième projectile fit son apparition. Un gigantesque trait enflammé arriva directement sur l’œil droit du minotaure monstrueux qui était au milieu de la harde. Quand il se ficha dans son crâne, le monstre hurla à la mort et se débattit avec violence. Dans sa rage, il écrasa quelques centigors malchanceux.
Cédric observait la scène de son cheval, il espérait juste survivre à cet ouragan meurtrier. De son côté Guillaume regardait le trait enflammé et il lui sembla reconnaître une hallebarde… Le minotaure réussit à enlever l’arme qui avait cautérisé sa plaie. Une voix résonna dans la clairière :

« Ça c’était pour le coup de la dernière fois… Maintenant, c’est le match retour ! »

Hjalmar sortit de la pénombre pour sauter sur le minotaure en chantant un cri de guerre norse. Au passage il frappait les hommes-bêtes qui se trouvaient sur le chemin de son épée et de sa hache.
Il fit un détour pour rejoindre Guillaume et Cédric. Après avoir broyé le crâne de leurs gardiens, il les libéra en coupant rapidement les liens qui les retenaient :

« Ça c’est fait… Maintenant la bestiole. Essayez d’occuper les autres, je n’ai pas envie de me faire interrompre. » leur dit-il sur son ton laconique habituel. Il leur envoya deux haches qu’il avait récupéré sur de récentes victimes puis repartit en trottinant vers sa nouvelle cible.

Le minotaure bouillonnait de rage et chargea droit sur le norse qui esquiva facilement la masse en furie en sautant sur le côté. Hjalmar répliqua tout simplement par un coup de hache dans le tibia du monstre qui s’étala de tout son long en meuglant.

Cédric et Guillaume, quant à eux, se vengeaient de ces jours de captivité au quintuple sur les hommes-bêtes. Si Guillaume avait un peu de mal manier la lourde hache, Cédric était aux anges. Le Brionnais faisait voleter son arme dans tous les sens, provoquant des gerbes de sangs à chaque coup dans la masse grouillante de  bêtes qui l’environnait. Guillaume essayait de rester plus sur la défensive. Son écu magique le protégeant plus qu’efficacement, il en profitait pour lancer des contre-attaques mortelles.

Le minotaure se relevait difficilement, le dernier coup avait handicapé une de ses jambes. Son ex-œil droit le faisait toujours autant souffrir, mais il voyait toujours le barbare qui se tenait droit devant lui. Il semblait attendre, un grand sourire aux lèvres. Utilisant la douleur comme un stimulant, le monstre se mit en mouvement, levant ses bras en beuglant pour gagner plus de force dans sa prochaine frappe. Quand il arriva à portée, il abattit ses couperets de toute sa force. L’impact était impressionnant, mais le minotaure constata que son attaque avait été stoppée par une sorte de champ magique bleuté qui entourait le nordique.
Hjalmar répliqua de suite en tranchant les tendons des bras du monstre qui lâcha ses armes. A terre et épuisé, le minotaure ne pouvait que regarder le norse qui s’approchait de lui. Pour la première fois, la bête ressentait la peur. Le genre de peur qui vous fait comprendre que votre heure est venue. Hjalmar leva sa hache et l’abattit sur le crâne encapuchonné du minotaure. En voyant cela, les autres hommes-bêtes survivants prirent la fuite rapidement. Aussi stupide et bornée qu’ils pouvaient être, l’instinct de survie arrivait parfois à se frayer un chemin jusqu’aux rares neurones encore actifs qu’ils possédaient.

Cédric et Guillaume rejoignirent le nordique qui levait le bras en signe de victoire. Hjalmar fit sept pas vers eux puis tomba lentement en avant dans la neige. Les deux chevaliers se précipitèrent à son chevet pour se rendre rapidement compte que le nordique était en piteux état. Les combats des dernières semaines avaient été particulièrement rudes et le corps du norse commençait à ne plus suivre…

« Je vais préparer une civière, dit Cédric. Pendant ce temps-là, essayer de trouver une idée de l’endroit où nous pourrions aller pour le soigner.
-Pourquoi pas Marienburg ? Sieghilde avait mentionné une bibliothèque qui pourrait nous renseigner là-bas.
-Mais on ne sait même pas où l’on est dans ces montagnes !
-Actuellement, si. Je suis déjà passé sur ce sentier plusieurs fois pour rejoindre la Gasconnie depuis Haguenheim et Marienburg n’est pas très loin.»

Les deux bretonniens se mirent d’accord sur la route à suivre et mirent le cap sur la cité portuaire impériale.


Dernière édition par Kaops le Lun 12 Oct 2015 - 22:37, édité 3 fois
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Dim 26 Avr 2015 - 16:00

Sixième chapitre: Tourisme à la bretonienne


Cela faisait plusieurs jours que Cédric et Guillaume arpentaient les steppes séparant Marienburg des montagnes grises. Les deux chevaliers étaient fatigués par ce voyage dont la durée était considérablement rallongée à cause de l’état de Hjalmar. La civière du norse était attachée au cheval de Cédric et était parfois parcourue de soubresauts quand le cadre en bois heurtait un caillou de la route.

Hjalmar n’avait pas ouvert l’œil depuis son combat contre le minotaure encapuchonné, ce qui inquiétait ses compagnons qui vérifiaient son état de santé régulièrement. Ils avaient miraculeusement put récupérer quelques affaires parmi les cadavres des hommes d’armes emmenés par les hommes-bêtes après la bataille dans la vallée. En cherchant un peu, ils avaient trouvé des bandages, quelques vivres et leurs armes, ce qui leur avait permis de tenir jusque-là. Alors que la nuit commençait à tomber, ils établirent un petit feu de camp sur le bord de la route. Tandis, que Guillaume sortait la viande séchée des sacoches de son cheval, Cédric lui demanda :

« Encore combien de temps avant que nous n’atteignions Marienburg ?
-Si je me souviens de la route, et vu notre vitesse, je pense que nous l’atteindrons demain dans l’après-midi.
-Ah ! Magnifique ! Je n’en pouvais plus de ne voir que cette maudite route à longueur de journée…
-Vous prendrez le premier tour de garde, je suis trop épuisé pour le tenir. » lui dit Guillaume en mordant dans la viande. Le chevalier Brionnais acquiesça du chef en se maudissant intérieurement de ne pas avoir été plus rapide pour proposer l’inverse.

La nuit passa sans encombre, les steppes au sud de Marienburg n’étant pas très habitées, on n’y rencontre que rarement des bandits de grand chemin à moins de prendre la route vers la Bretonnie. Après avoir vérifié l’état du nordique, les bretonniens se remirent en route.


De son côté Hjalmar se réveilla à moitié après un choc plus brutal que les autres causé par un caillou mal placé. Il ne ressentait pas de douleurs, ce qui était une amélioration par rapport aux derniers jours. C’est à ce moment-là que son système nerveux -qui était en pause syndicale- reprit la main faisant regretter amèrement au norse les dernières secondes d’accalmie.

Mais avant de sombrer dans l’inconscience, Hjalmar aperçu une forme sombre qui se déplaçait à côté de lui et des chevaliers. Le grand cavalier tourna sa tête vers lui et lui sourit. En même temps, un crâne ne peut en faire autrement.
Juste après, Guillaume crut entendre un grognement venant de Hjalmar. Il ralentit le pas pour laisser Cédric passer devant lui et vérifier si le norse s’était réveillé. Mais il s’aperçut bien vite qu’il dormait toujours, même s’il semblait étrangement contrarié. Guillaume regarda aux alentours pour s’assurer qu’aucune menace ne pesait sur eux.

« Il y a un problème ? lui demanda Cédric.
-Non, non. Ça doit être dut à la fatigue… » maugréa le Gasconnien en reprenant le rythme avec son cheval.

Cédric jeta un œil vers un Hjalmar somnolent, puis vers Guillaume. Sa curiosité tenta une percée vers son propre cerveau, mais elle partit rejoindre la file des « requêtes mentales en attente » qui s’était créée depuis la semaine dernière à cause de la fatigue. La réponse fut la même que les derniers jours, un haussement d’épaule, un soupir et le regard qui se braque de lui-même vers la route. Sauf que cette fois-ci, en plus du 5863 e caillou octogonal aux bords verts,  ses yeux aperçurent au loin les fortifications imposantes de la cité portuaire de Marienburg.


C’est avec une joie non dissimulée que les deux chevaliers forcèrent le pas de leurs montures pour rejoindre au plus vite une auberge qui possède quoi que ce soit qui ressemble de près ou de loin à un lit. Alors qu’ils approchaient de la cité, les murailles ne cessaient de grandir à vue d’œil. En effet, la grande cité portuaire de Marienburg était entourée d’un immense mur d’enceinte dont les fondations dataient  d’avant l’arrivée des hommes en ces lieux.


A la base, la ville avait été créée par les elfes et les nains qui avaient participé à sa construction en érigeant des défenses gigantesques capable de supporter les inondations du fleuve Reik qui la traverse. Avec le temps, les deux races finirent par se crêper le chignon à cause d’un malentendu causé par des elfes noirs, et la guerre qui en résulta fit raser la ville.
Les hommes arrivèrent quelques millénaires plus tard et reconstruisirent la cité avec l’aide des nains. Ils édifièrent le grand mur et profitèrent de l’organisation en ilots de la ville pour créer un dédale de canaux tous reliés entre eux et qui servent de moyens de communication dans la ville.




La ville devint un port si important qu’elle est actuellement en situation de quasi-monopole dans le vieux Monde. La concurrence a été écrasée par des manœuvres économiques audacieuses et les habitants bénéficient d’accords avec les hauts-elfes qui leur donnent l’exclusivité sur les transports vers les lointaines Lustrie et Ulthuan.
Les Marienbourgeois sont ainsi devenus des spécialistes en marchandage (entendez détroussage en bon et due forme) au point d’arriver à faire chanter l’empire pour obtenir leur indépendance en les menaçant de blocus sur la capitale impériale d’Altdorf. Cette dernière étant située plus en amont sur le Reik.

Leur relation avec l’Arabie et les lointaines contrées de Nippon et Cathay leur ont permis d’élargir encore plus leurs éventails de marchandises. A tel point qu’il est dit que la seule chose que l’on ne peut acheter à Marienburg, c’est un terrain sur lequel bâtir. En effet, la ville est quasiment surpeuplée avec tous ces peuples d’origines différentes qui habitent chacun leurs quartiers respectifs. Et les Marienbourgeois sont donc experts en construction improbable et gain de terrain. Au final, la ville ressemble à un gigantesque enchevêtrement de maisons plus ou moins bien organisées en fonction de la richesse des quartiers.



Dans les grandes lignes, on trouve  au centre le Suiddock : le plus grand port du vieux monde qui s’étend sur plus d’un kilomètre. Le Goudberg abrite les grandes instances de la ville, là où la pauvreté est condensée dans le Doodkanaal. Dans le Tempelwijk, sont recensées plus d’une cinquantaine de religions différentes (sauf les dieux chaotiques, faut pas déconner non plus) et leurs temples respectifs, sans compter les petites chapelles et lieux de cultes disséminés à travers la ville.
Et c’est dans ce joyeux bordel que nous retrouvons Cédric le Normand et Guillaume de la Tour d’Alsacie… et Hjalmar Oksilden, oui, mais il dort dans une civière pour le moment.


La petite troupe arriva par la route de Gisoreux. En passant sous les grandes portes du mur d’enceinte, ils remarquèrent de nombreux gardes et artilleurs sur les remparts. A peine eurent-ils dépassé le passage, qu’ils furent interpellés par un garde :

« Hé ! Les deux tapisseries en armures ! Passez par ici ! » leur lança-t-il.

Cédric et Guillaume voulurent sortir leurs armes respectives mais la fatigue calma leurs ardeurs et ils obéirent calmement. Le garde portait les armoiries de la ville brodée sur sa veste et avait aussi une petite coiffe noire et molle.

« Ça vous f’ra deux Gu pour rentrer dans Marienburg, la grande et magnifique » récita le garde sur un ton qui sentait bon le discours apprit depuis plusieurs mois.

Guillaume sortit deux pièces de sa bourse et les lança au garde qui les réceptionna habilement.

« Splendide, et passez un bon séjour dans nostre belle cité  messeigneurs ! » dit-il en s’inclinant avec un grand sourire aux lèvres. Cédric, interloqué, continua à regarder le garde en suivant Guillaume sur le pont qui menait à la ville. Il se rapprocha de son compagnon pour lui demander son avis mais Guillaume le coupa avant qu’il ne puisse parler :

« Oui, c’est normal, commença Guillaume sur un ton las. Un marienbourgeois avec de l’argent est un marienbourgeois heureux. Et ils sont habitués à refouler la majorité des gens qui veulent entrer dans la ville, donc quelqu’un qui paye c’est une aubaine. »

En entendant cela, Cédric se demanda dans quel genre de ville il avait bien put atterrir.


Les deux chevaliers continuaient leur chemin à travers le Winkelmarkt pendant que Guillaume expliquait le fonctionnement de la ville à un Cédric perdu qui ne comprenait guère comment cette ville pouvait subsister. Le flot de gens était tel dans ce quartier que leurs montures devaient marcher au ralenti pour permettre aux cavaliers de n’écraser personne, ce qui leur laissait le temps de discuter.

« Donc, pour essayer de faire simple, dit Guillaume. La ville est censée être un régime démocratique. Je dis bien censée parce que la démocratie est apparemment surtout pour les riches. Tout en haut, on a le Staadtholder, Van Ræmerswijk  qui préside le Staadsraad : le conseil de la ville. Ce dernier est divisé en deux chambres, mais celle qui compte est le Burgerhof, la deuxième étant composées de doyen et de haut-prêtres ne sert pas à grand-chose… »

Guillaume fut coupé dans sa description par une charrette qui passa en trombe à l’intersection qu’ils empruntaient.

« Va te faire voir chez les trolls ! lança Guillaume.
-Bouseux ! » répondit le charretier.

Devant l’expression effarée de Cédric, Guillaume enchaîna :

« C’est une sorte de politesse ici. Bon, reprenons, j’en étais au Burgerhof je crois. Il décide des lois qui régissent la ville, Nyeut Gingrijk est son président. C’est un habile requin qui sait manier le conseil pour obtenir ce qu’il veut. Mais même lui n’est rien en comparaison du vrai pouvoir à Marienburg : le directorat, ou devrais-je dire le conseil des dix maisons marchandes » ironisa Guillaume tandis qu’il esquivait le contenu inconnu d’un seau lancé depuis une fenêtre plus haute.
Sans être gêné d’aucune manière, Guillaume continua son explication :

«  Normalement, le directorat propose des lois au Staadsraad qui les votent, mais les membres du directorat sont plutôt doués pour convaincre leurs confrères. En sachant que le Staadtholder est en quelque sorte un pantin des dix maisons, on finit très vite par savoir à qui appartient le pouvoir.
Et on en arrive au plat de résistance : les dix maisons marchandes. Ces maisons sont chacune organisées par une famille de marchands, d’où son nom. Et ils se livrent à une guerre sempiternelle pour le pouvoir et le contrôle absolu de la ville. Les grandes familles n’hésitent pas à utiliser les moyens les plus retors pour se débarrasser des gens gênants. Et vu qu’ils disposent de milices respectives, il ne vaut mieux pas se frotter à eux à moins de vouloir finir dans le Reik à barboter avec les requins. »

Cédric écouta la tirade en essayant d’assimiler autant d’informations que possible. Après quelques instants, Cédric posa une question à Guillaume :

« Et dans tout ça, il n’y a personne qui gère les familles ?
-Le staadtholder a une certaine emprise. Il gère les gardes de la terre, les coiffes noires que tu as déjà rencontrées, et les gardes des fleuves. Mais même les deux corps de gardes ne se supportent pas, donc leur utilité est parfois relative.
-Eh ben, ce n’est pas gagné pour trouver des renseignements dans cette ville.
-Et encore tu n’as pas pris en compte les syndicats et la ligue des gentilshommes entrepreneurs.
-Ah ! Enfin des gens sensés dans cette ville je suppose ? se rassura Cédric.
-C’est la guilde des voleurs et des assassins. »soupira Guillaume. Et devant l’incompréhension de Cédric, il continua :

« Vous vous attendiez à ce qu’il marquent ‘Guilde des voleurs’ en lettres dorées sur leur quartier général peut-être ?
-Non, mais bon… Au fait, je me demande, comment avez-vous acquis une telle connaissance de cette ville ?
-Mon domaine n’est pas si loin d’ici, du coup je venais chercher des fournitures rares de temps en temps. D’ailleurs, quand nous trouverons le temps, il faudra que j’envoie une missive à Haguenheim pour prendre des nouvelles de mes troupes et de François. J’espère qu’il a réussi à les ramener en entier.
-Je l’espère aussi, compatit Cédric. »


Après avoir traversé un énième pont, Guillaume se tourna vers Cédric et lui dit :

« -Nous arrivons dans le Suiddock, je connais une auberge dans le quartier. Et… Cédric, interpella Guillaume en se retournant vers son ami.
-Oui ?
-N’acceptez aucun marché que l’on vous propose si vous tenez à votre bourse.
-Heu… Bien. »


La remarque de Guillaume finit de confirmer l’inquiétude du chevalier Brionnais qui ne se sentait vraiment pas à l’aise dans cette ville à l’atmosphère étouffante. Cédric préférai les grandes plaines bretoniennes à toute cette agitation. Mais il trouva un peu de réconfort en entendant chanter des oiseaux perchés sur la gouttière au-dessus de lui, du moins ceux qui toussaient en rythme.

En arpentant un peu les docks, ils trouvèrent la taverne dont parlait Guillaume.  Elle n’avait pas bonne mine, mais elle semblait plus solide que la plupart des édifices du quartier. Une fois les chevaux attachés derrière le bâtiment, les deux chevaliers sortirent Hjalmar de sa civière pour le transporter à l’intérieur.  Juste avant de passer la porte, Cédric aperçut une enseigne qui affichait « Le Merlan frit » avec une écriture étrange. Un peu comme si le texte et le dessin de poisson qui l’accompagnait avaient été faits après une soirée trop arrosée par un client qui voulait faire une mauvaise blague au tenancier.



L’air empli d’alcool frappa Guillaume de plein fouet quand il entra à l’intérieur de l’auberge. L’endroit était assez mal éclairé, probablement à cause du fait que les vitres étaient si couvertes de crasses qu’on aurait pu croire qu’elles faisaient partie du mur. Les clients étaient pour la plupart installés à des tables et jouaient à des jeux de cartes ou buvaient tranquillement leurs verres. Un violoniste jouait un air de marin dans le fond de salle, enfin c’est ce que l’on devinait entre deux fausses notes.
Guillaume aida Cédric à placer Hjalmar sur un banc près du bar et partit demander une chambre au tenancier. Une fois celle-ci payée ils montèrent difficilement les marches vermoulues qui faillirent craquer sous le poids supplémentaire du norse.
La chambre était composée de trois paillasses et de bancs autour d’une petite table. Ils étaient sous les combles et entendaient parfois un chat qui passait sur les tuiles au-dessus d’eux.

« Mouais, ce n’est pas le grand luxe ici mais on fera avec, grommela Cédric. J’espère juste que Hjalmar ne va pas attraper une infection quelconque rien qu’en s’alitant.
-Allez ! Ça pourrait être pire, au moins on a des lits ! »

Cédric appuya sur le matelas d’un des lits pour se rendre compte que non seulement il semblait suinter d’un liquide fortement alcoolisé d’après l’odeur, mais aussi qu’il ne reprenait pas sa forme originale après qu’il a enlevé son poing. Le regard qu’il lança à Guillaume fut sans équivoque.

« Bon d’accord, c’est de la merdre cette endroit. Mais on n’y restera pas longtemps.
-Dire que c’est de la merdre, c’est insulter la merdre… » murmura Cédric tandis qu’il sortait de la chambre.
Ils installèrent Hjalmar dans le lit qui semblait en meilleur état que les autres et sortirent de l’auberge. Quand Cédric se dirigea vers l’écurie, Guillaume s’adressa à lui :

« Pas la peine de prendre les chevaux, ils nous ralentiraient dans ce dédale. Nous irons voir Arkaat Fooger, le chef de la famille du même nom. En tant qu’un des dix chefs des maisons marchandes il devrait avoir les ressources nécessaires pour nous aider. Et avant que vous ne posiez la question, il est en quelque sorte le protecteur des races et peuples étrangers, Bretonnien comprit. Donc il est pratiquement la seule personne que nous pouvons aller voir.
-Il y a une raison à cela ?
-Il est le seul directeur non humain de la ville puisqu’il est un nain. Je  m’entends bien avec lui, nous parlons architecture de temps en temps.
-Ah d’accord, ça explique la résistance de vos tours… »


Les deux chevaliers se dirigèrent alors vers le dwergsbezit : le quartier nain situé au bout du Winkelmarkt. Ils trouvèrent bien vite la demeure de la famille Fooger puisqu’elle ressemblait plus à une forteresse qu’à autre chose. Le donjon hexagonal à six étages avec ses pierres de taille immense détonnait dans la ville portuaire. Après tout, les nains aiment bien emporter leur art avec eux et de la façon la plus grandiloquente possible. Le but étant, selon leurs dires, d’en « foutre plein la vue à ces tapettes d’elfes ». La maison Fooger étant construite de façon à être dans le champ de vision de l’Eflgemeente, ou elfeville, qui abrite le consulat haut-elfe. En s’approchant de l’entrée, Cédric et Guillaume approchèrent un des gardes nains qui gardait la lourde porte d’entrée en pierre taillée.

« Bonjour, je suis Guillaume de la…
-Ouais, ouais je sais qui t’es…le coupa le nain. Tu viens tous les ans avec une garnison de soldats, c’est plutôt difficile à oublier. Enfin bon, si tu viens voir Arkat, il n’est pas là. Il vient de partir pour une soirée dans le Goudberg à la maison des De Rœlef. »

Guillaume mit quelques secondes à se remettre de l’humiliation qu’il venait de subir. Tout seigneur bretonnien qui se respecte doit énoncer ses titres quand il se présente et ils en tirent grande fierté, donc en interrompre un durant ce rituel est plutôt vexant.

« Ha… Bien… Merci messire nain » hésita Guillaume tandis qu’il rebroussait chemin avec Cédric.
« Le manque de respect, c’est aussi une coutume dans le coin ? ironisa Cédric.
-Oui, bon ça va… La maison des De Rœlef est de l’autre côté du fleuve, on va prendre une barque, ça ira plus vite. »


En se dirigeant vers le port, ils prirent une énième bifurcation dans le dédale de rues de la ville, mais Cédric et Guillaume remarquèrent qu’ils étaient bien seuls dans l’allée. A l’exception de quelques personnes à l’allure peu recommandable au bout de la rue. Un rapide coup d’œil par-dessus l’épaule les informa qu’il y en avait d’autres derrière eux.

Les voleurs de Marienburg sont plutôt bien lotis. La ville étant peuplée principalement de marchands, les cibles étaient faciles et payaient bien. Ce qui faisait que les coupe-gorges étaient nombreux dans certaines parties du sud de Marienburg. Et ce système, Jaan, dit brise-trachée, l’avait bien comprit.

« Bonjour… » fit Jaan. C’était le genre de bonjour qui vous disait de vous vider les poches de tout ce qu’elles pouvaient contenir de valeur dans la minute. Les autres voleurs sortirent leurs rapières et autres gourdins.
« Ca y est, se disait-il, maintenant ils vont commencer à paniquer et à lâcher leurs objets de valeur. Deux bretonniens en belles armures, ça devrait rapporter… Il a une belle hache celui à gauche, par contre pourquoi il ne la pose pas ?... Mais c’est qu’il me chaARGE BORDEL ! »

Avant qu’ils n’aient pu saisir l’idée qu’une de ses cibles puisse répliquer, Jaan reçut de plein fouet l’écu de Cédric sur le nez.

« Maintenant j’en ai MARRE de cette foutue ville à la mords-moi-le-nœud ! » cria Cédric tandis qu’il fracassa le crâne d’un autre voleur ahuri devant la violence de l’assaut.

Guillaume soupira devant le manque de sang-froid de son ami et dégaina sa lame en se retournant vers les assaillants dans leur dos. De leur côté, les bandits commencèrent à réaliser qu’ils allaient se faire massacrer s’ils ne faisaient rien. L’un d’entre eux, plus vif que les autres se plaça devant Cédric, l’épée brandie maladroitement. Devant le spectacle pittoresque qu’on lui offrait, Cédric grommela :

« Bon sang, vous êtes même pas capable de tenir une épée ? Si je dois me faire tuer, autant que ce soit par quelqu’un qui sache se battre ! Ça fait combien de temps que tu en utilise une ?
-Heu… Quelques mois ? répondit le bandit, hagard.
-Bon, écoute, on va faire comme ça. Je peux… ? » Cédric prit la main du voleur et guida sa main pour lui montrer une meilleure posture.

« Alors, tu fais comme ça… Ton pied va là… Oui… Non, trop loin… On ramène ça là… Le bras plus tendu…. Plus serré sur la poignée… Voilà, et ton épée… rentre dans ta jambe. »

Le hurlement qui suivit la percée de la lame dans le tibia du voleur permit à Guillaume de se débarrasser d’un voleur supplémentaire tandis qu’il détournait le regard. Cédric finit d’achever le blessé en l’assommant avec le plat de sa hache. Les survivants ne tardèrent pas à prendre leurs jambes à leur cou, ne laissant que Cédric et Guillaume sur la place.

« Dites, c’était nécessaire la leçon improvisée ? demanda Guillaume tout en essuyant son épée sur la veste d’un des cadavres.
-J’ai toujours voulu essayer. A vrai dire, je ne pensais pas que ça marcherait ! » Puis Cédric éclata de rire. Pendant qu’il se tenait le ventre, Guillaume soupira mais ne put s’empêcher de sourire en voyant son ami si joyeux.
« Allez, reprenez-vous. Les barques ne sont plus loin. »

Effectivement, les petits bateaux étaient attachés sur le ponton qui se trouvait juste de l’autre côté du pâté de maison.
Un fois un passeur trouvé, ils purent traverser le Reik, tout en prenant garde à ne pas tomber dedans. En général, partir nager dans le Reik est synonyme d’aller simple. Et encore, dans certaines zones, le fleuve est un tel état que pour pêcher il est nécessaire de sauter à pieds joints sur l’hameçon. Les chevaliers voyaient déjà la maison des DeRœlef s’approcher.




Un fois un passeur trouvé, ils purent traverser le Reik, tout en prenant garde à ne pas tomber dedans. En général, partir nager dans le Reik est synonyme d’un aller simple. Et encore, dans certaines zones, le fleuve est dans un tel état que pour pêcher il est nécessaire de sauter à pieds joints sur l’hameçon. Les chevaliers voyaient déjà la maison des DeRœlef s’approcher.

Pendant ce temps-là, à l’auberge du Merlan frit, Hjalmar dormait. Il commençait à comprendre qu’il était dans quelque chose de plus mou que sa civière ce qui n’était pas pour le déplaire. Il avait enfin un peu de repos.
« TU NE PEUX PAS DIRE QUE JE NE T’AVAIS PAS PREVENU. » fit une voix qui sonnait comme une montagne qui s’écroule.
A l’auberge du Merlan frit, Hjalmar ne dormait plus.

Le norse se risqua à ouvrir un œil pour voir que la Mort attendait à côté de lui, assis sur un banc. Devant cette vision qui en avait fait trembler plus d’un, Hjalmar soupira d’agacement. En y regardant de plus près, il remarqua que la Mort tenait une coupe de verre dans sa main et une brochette de cubes de fruits dans l’autre. Son haussement de sourcil fit comprendre au faucheur qu’il lui devait une explication :

« J’ETAIS A UNE SOIREE.
-Pourquoi tu es là alors ? semblait dire Hjalmar.
-J’ETAIS D’HUMEUR POUR UNE PETITE VISITE DE COURTOISIE.
-Ah... Et sinon, ta soirée se passe bien ?
-OUI, MAIS L’AMBIANCE VA VITE RETOMBER JE PENSE.
-Pourquoi ?
-ILS PENSENT TOUS QU’A MINUIT JE VAIS ENLEVER MON MASQUE. »


Pendant que Hjalmar ‘discutait’ en haut, au rez-de-chaussée on parlait d’autre chose. George le soiffard était regroupé avec ses camarades dans un coin.

« Bon, les gars, z’avez vu comme moi l’grand barbu d’la dernière fois. » Un hochement de tête collectif confirma ses dires.
« Faut profiter d’ce moment ! On va s’refaire avec lui ! Alors on y va et on lui coupe les oneilles pendant qu’il roupille ! chuchota-t-il.
-Ouais ! chuchotèrent les autres. »

Georges et sa bande ne s’étaient pas remis de l’humiliation  que le nordique leurs avaient infligés, alors quand Cédric et Guillaume sont rentrés dans la taverne en portant Hjalmar ils avaient failli s’étouffer en le voyant. La douzaine de voleurs entra dans la chambre de Hjalmar après avoir crocheté la serrure avec tout l’art de la rapine bretonienne, donc en tapant très fort dessus à coup de gourdin. En s’approchant du nordique endormi, ils remarquèrent qu’il semblait parler à quelqu’un. Mais ils n’en avaient cure, ils voulaient juste se venger. George leva sa massue au-dessus de la tête de Hjalmar, une grimace folle lui tordant le visage.

« BON, JE TE LAISSE. ON SE REVERA BIENTÔT » dit La Mort en s’évaporant, laissant place à un gourdin qui se déplaçait trop vite au goût du nordique.

George jubilait en regardant son arme s’approcher de sa cible, tellement qu’il ne remarqua pas qu’elle ne bougeait plus au bout d’un moment. En regardant plus haut, il aperçut une main agrippée au bois.  Par pur réflexe, le corps du norse avait agi sans même demander la permission au cerveau.

« Ghné ? » fit-il tandis qu’il se réveillait pour de bon. George lâcha son arme et se recroquevilla derrière ses amis. Hjalmar cligna des yeux quelques fois pour s’accoutumer à l’obscurité. Il aperçut enfin les mines déconfites des voleurs agglutinés devant lui. Tout en jetant le bout de bois au loin, il s’adressa à eux :

« George ? Tiens, ça faisait longtemps ! » Les voleurs n’étaient pas très rassuré devant ce spectacle.
« Reste un peu pour parler avec tes amis. Tiens prends une chaise ! » dit Hjalmar en désignant un meuble à côté des bandits. Ces derniers suivirent le bras imposant du géant nordique jusqu’au banc qu’il tenait au bout de sa main. Cette fois, c’est Georges qui n’appréciait pas la vitesse de l’objet. Hjalmar faucha les voleurs d’un seul coup avec son arme improvisée, les envoyant voler à l’autre bout de la salle.

« ‘bruti » grommela le norse qui était fort mécontent d’avoir été réveillé de cette manière. Le  nordique se remit debout et s’étira quelque peu, histoire de remettre quelques muscles en place. Une fois sûr que les bandits ne lui causeraient plus de problème, il récupéra ses équipements. Hjalmar sortit en baillant à l’extérieur et observa l’endroit où il était.

« Bordel, je suis où là ? » grogna-t-il en tentant de remettre ses vagues souvenirs en ordre. Son petit exploit précédent ayant épuisé ce qu’il lui restait de force, le norse était d’humeur massacrante.

« Bah, j’espère qu’il y aura de quoi s’amuser dans le coin… Mais avant d’y aller, une bière. » se dit-il en faisant demi-tour pour rentrer dans la taverne.

Après une bonne bière, il sera temps pour le nordique de se remettre dans la course des évènements. Cela faisait bien trop longtemps qu’il s’ennuyait dans cette civière. Hjalmar avait besoin de se défouler sur quelque chose. Et ce quelque chose va passer un sale quart d’heure.


Dernière édition par Kaops le Dim 23 Aoû 2015 - 20:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Ven 15 Mai 2015 - 13:02

Septième chapitre: Un impérial, des nainpériaux


Un peu plus tard dans la soirée, après avoir demandé quelques informations, Hjalmar se dirigea vers le Noormanswijk. C’était le coin des nordiques de Marienburg et il  avait quelque chose à y faire en priorité. Mais nous y reviendrons plus tard. Au même moment, Cédric et Guillaume arrivaient au palais DeRœlef après avoir traversé les quartiers richement décorés du Goudberg. On pouvait y trouver des architectures fortement différentes, en partie à cause de la proximité avec Cathayville et le quartier Nippon. Mais le palais en lui-même était assez simple d’après les standards du quartier. De grands murs en pierres taillés surmontés de tours aux quatre coins. Le blason des DeRœlef : un griffon anthracite sur fond blanc avec la patte avant posé sur une bourse était brodé sur des étendards près de l’entrée.

Les deux chevaliers n’eurent aucun problème à rentrer à l’intérieur puisque la soirée autorisait les costumes, ils n’eurent donc pas à enlever leurs armures. La réputation de Guillaume dans la ville fit le reste. La salle des fêtes était imposante avec son plafond haut en voutes, les étendards affichés sur les murs, la baie vitrée qui donnait sur la ville… On pouvait même voir la statue gigantesque d’un cavalier dans le fond. Les bretonniens se dirent qu’il devait s’agir d’un ancêtre de la maison.



La plupart des invités portaient des masques plus ou moins excentriques qui couvraient leur visage. Cédric et Guillaume déteignaient quelque peu avec leurs armures cabossées et à peine nettoyées depuis leur arrivée dans la ville. Mais les invités semblaient trouver leur présence amusante ou « pittoresque » pour reprendre leurs termes. Après tout, un peu de nouveauté dans une soirée mondaine était toujours la bienvenue.

En cherchant un peu, les chevaliers trouvèrent Arkat Fooger qui discutait avec une dame. Le nain vieillissant avait une barbe blanche tressée et bien entretenue. L’œil de Cédric fut d’abord attiré par la hache d’apparat de bonne facture à la ceinture du nain. On remarquait ensuite les nombreuses pierres précieuses qu’il portait. La dame qui parlait à Arkat semblait relativement jeune en comparaison avec les autres invités et elle portait de nombreux bijoux de qualité semblable à ceux d’Arkat. Alors qu’ils s’approchaient, Guillaume murmura à l’oreille de Cédric.

« Tu as la chance d’apercevoir Clotilde DeRœlef, la dirigeante de la famille du même nom. Elle a un sacré caractère alors essaie de ne pas la vexer. »

Cédric acquiesça du chef, mais intérieurement il se demandait si quelqu’un dans cette ville pouvait avoir un caractère normal. En arrivant au niveau des chefs de famille, Guillaume fut remarqué par Arkat qui le salua à bras ouverts:

« Guillaume de la tour d’Alsacie ! Ben tiens, ça faisait un bout de temps ! Assieds-toi donc avec ton ami.
-Ce ne sera pas la peine Arkat, je ne suis que de passage, répondit poliment Guillaume. Je vous présente Cédric le Normand, un ami de longue date, nous revenons d’un tournoi en Bretonnie.
-Ah, et tu l’as perdu aussi celui-là ? s’esclaffa Arkat.
-Dès le premier tour oui, ça aura été rapi… » Guillaume n’eut même pas le temps de rire que Cédric lui avait asséné un taquet à l’arrière du crâne. Il n’appréciait pas l’habitude de son ami à rire de ses défaites. Tout en se massant l’arrière de crâne, Guillaume continua sous les regards interrogateurs de ses interlocuteurs.

« Il est un peu soupe au lait… Mais bon, Cédric je te présente Clothilde DeRœlef.
-Ma dame, répondit solennellement Cédric.
-Monseigneur » répondit à son tour Clothilde. Arkat prit à partie Guillaume, laissant Clothilde et Cédric faire connaissance.

«  Il n’a pas l’air très loquace ton ami dis donc.
-C’est un de ses avantages, il préfère ne dire que ce qui est nécessaire.
-Ça devrait plaire à Clothilde pour le coup, ricana Arkat.
-Probablement oui… Mais je suis venu pour te demander de l’aide.
-Ha quoi comme ? demanda Arkat tandis qu’il se servait une autre chope de bière.
- Tu connaitrais un spécialiste des montagnes grises ? J’aimerais avoir des renseignements sur une montagne en particulier.
- Je peux savoir pourquoi tu as besoin de tels renseignements ?
-Un problème avec un vampire. On est un peu dans le flou en ce moment.
-Ah. Ben il y aurait bien le vieux Friedrich Adler. C’est le conservateur de Clothilde, il devrait être dans la bibliothèque à l’étage.
-Merci encore, tu devrais recevoir quelques barriques de bière locale dans les jours qui viennent, lui murmura Guillaume dans le creux de l’oreille.
-Voilà pourquoi j’aime faire affaire avec toi.» dit Arkat un grand sourire sur le visage.

En retournant chercher Cédric, Guillaume remarqua que Clothilde n’avait pas encore essayé de lui coller une baffe, ce qui était plutôt bon signe.

« Madame, je m’excuse, mais nous avons à faire. J’espère vous revoir bientôt »  dit-il à Clothilde puis il se tourna vers Cédric.

« On va à l’étage.
- Ca aura été plutôt rapide. Au revoir ma dame… » lança-t-il par-dessus l’épaule tandis que Guillaume l’emmenait au loin.
« Laisse-moi deviner, tu lui parlais de haches ?
-Entre autres. Je lui ai aussi demandé d’envoyer un médecin pour soigner Hjalmar.
-J’espère qu’il est toujours en vie celui-là…
-J’espère surtout qu’on en à bientôt fini avec cette ville, ça ne semble pas en finir. »

Tandis que les chevaliers s’éloignaient, Arkat revint vers Clothilde, un choppe à la main.

« Maintenant que ce petit contretemps est passé, pouvons-nous revenir sur notre affaire ?
-Bien sûr, fit Clothilde pensive.  Vos amis sont assez originaux, il faudrait que vous les invitiez plus souvent, ça me changerais de tous ces croutons avares.
-Les bretonniens ont un emploi du temps plutôt chargé… Mais au fait, qu’est-ce que vous voulez dire par croutons avares ?! se vexa Arkat. »

Alors que Clothilde essayait de calmer un Arkat furieux dans la grande salle, Cédric et Guillaume montèrent un escalier en colimaçon pour arriver dans un long couloir bordés de portes qui menait à la bibliothèque. Mais la porte était gardée par deux joueurs d’épée imposants, enfin à peu près aussi grands que Cédric. Guillaume s’approcha d’eux et leurs parla dans un impérial légèrement teinté d’accent bretonnien.

« A ce que je vois, tu t’es amélioré dans la langue » lui dit Cédric. Un des deux gardes répondit à Guillaume dans la même langue.
« Bon, ils ne veulent pas nous laisser passer, même après leur avoir annoncé gentiment que je venais de la part d’Arkat.
-Et ben tu leur dit gentiment qu’ils ont plutôt intérêt à ouvrir la porte. » les menaça du poing un Cédric agacé. Le garde de droite regarda le chevalier et dit quelque chose à Guillaume.
« Heu…
-Eh bien, traduit !
-Il conseille au « débile emplumé » d’enlever son poing de sous son nez. »
Cédric prit très mal cette pique contre son heaume ailé qu’il appréciait particulièrement.
« Il le prend comme ça… Dis-lui que s’il n’ouvre pas cette porte je lui enfonce un poulet dans le fondement, histoire qu’il me dise ce que ça fait de se faire picorer de l’intérieur !! » cria Cédric. Mais Guillaume n’eut même pas besoin de traduire puisque le garde semblait lui aussi lancer des insultes. Aucun des deux ne se comprenait, mais leurs tons respectifs suffisaient à faire passer le message universel de la haine. Après plusieurs minutes, les deux hommes étaient presque à court de quolibets et Cédric dit à Guillaume:
« -Il n’en démord pas le bougre !
-Au fait, pendant que tu te chamaillais avec l’autre, j’ai convaincu le second garde qu’on pouvait passer.
-Ah… Euh… Bien » déclara un Cédric décontenancé qui rentra tout penaud dans la bibliothèque.


Des rayons gigantesques s’élevaient sur plusieurs toises jusqu’au plafond. Tout semblait classé selon un ordre très précis, mais dont la logique n’était comprise que du libraire. A peine était-ils entrés qu’ils entendirent un grand cri dans une pièce sur leur droite, les deux chevaliers y coururent aussitôt suivit par les deux joueurs d’épée. En arrivant dans le petit bureau, quatre hommes étaient à terre, blessés mortellement. Au milieu du carnage se tenait un grand guerrier armé d’une épée et d’un petit bouclier. Sa longue tunique rouge couvrait son visage avec une capuche.



Les deux joueurs d’épée coururent sur l’agresseur avec leurs Zweihänder levées. Ce dernier esquiva habilement un soldat et dévia la lame de l’autre de son bouclier. Il profita de cette faiblesse dans leurs défenses pour asséner un coup rapide au torse d’un des joueurs d’épée qui s’effondra en grognant. Mais l’agresseur n’eut pas le temps de porter un autre coup, car son épée fut bloquée par l’écu de Guillaume. Quand le guerrier remarqua la présence des deux chevaliers, il prit immédiatement la fuite par la fenêtre, évitant de peu une hache lancée par Cédric.

« On ne pourra pas le suivre avec nos armures, dit Guillaume. Occupons-nous d’abord de savoir si ce Friedrich est toujours en vie. »

Cédric entendit alors un fracas dans le bureau adjacent. Sans hésiter, le chevalier défonça la porte d’un coup de pied bien placé.Friedrich Adler se tenait assit sur son siège, terrorisé par ce qui venait de se passer. Il fallut quelques minutes au garde survivant pour calmer le conservateur.



Après avoir cherché des secours, Cédric et Guillaume apprirent que l’assassin cherchait à tuer Friedrich et qu’il semblait avoir été envoyé par la ligue des gentilshommes entrepreneurs. La raison de cette tentative d’assassinat était inconnue en revanche. Une fois la situation calmée, les chevaliers firent part de leur requête à Friedrich qui les guida vers un rayon dans la bibliothèque. Une fois arrivé devant l’ouvrage qui semblait l’intéresser, il s’adressa à eux de sa voix tremblotante:

« C’était bien le château du baron François de Gisoreux sur le pic des trois flocons ?
-Heu… Peut-être, hésita Guillaume qui ne s’attendait pas à tant de détails.
-Désolé, on n’a pas eu le temps de demander son adresse au vampire avant qu’il ne se fasse décapiter, grommela Cédric.
-Ah… Et bien on fera avec ce qu’on a. »

Friedrich choisi un vieil almanach et le déposa sur une table à côté. Après avoir feuilleté plusieurs pages en marmonnant dans sa barbe, il leva un doigt triomphant :

« Ah ! Je crois que je l’ai ! Alors sous votre château, il peut y avoir : un trou avec une cascade, un culte au dieu poulet, un lieu de rendez-vous pour des trafics d’organes qui avaient lieu il y a 150 ans, un autre trou avec une cascade, un cimetière de dragon, l’antre du lapin de Caerbannog…
-Attendez ! le coupa Cédric. Ce que vous venez dire, ça pourrait être ce qui intéressait le vampire.
-Le lapin de Caerbannog ? s’horrifia Guillaume.
-Le lap… ? Non ! Le cimetière de dragons évidemment, si c’était le lapin nous serions tous déjà mort. » dit Cédric qui frémit à cette idée.

« Euh… Oui, reprit Friedrich. C’est sous le pic du canard qui boite. Ce serait un lieu de rassemblement pour des dragons appartenant à la même lignée qui iraient y mourir.
-D’accord. Et d’après vous, quel est l’endroit le plus proche où un vampire aurait pu emmener les cadavres de ces dragons ? demanda Cédric.
- Il y aurait bien le château du comte sans-tête, une forteresse assez imposante bien que peu utile sur le plan stratégique. Elle avait été délaissée assez rapidement après sa construction.
-On sait où aller maintenant. Et quelle serait la route à suivre ? »




Pendant que Cédric et Guillaume discutait de leur plan de voyage, des personnes peu recommandable étaient rassemblées au Pont Trois-Penny, aussi plus communément appelée « Allée du meurtre » dans le Suiddock. Puisque c’est ici que se trouve le quartier général de la ligue des gentilshommes entrepreneurs.

Le dirigeant de la ligue, Phillipe Henschmann dit le baron, était quelqu’un d’un naturel très calme, trop calme diraient ceux qui l’ont rencontré. Ses yeux froids faisaient ressortir encore plus son visage ciselé qui était rehaussé par un bouc travaillé. C’est ce regard dérangeant qui faisait que malgré sa stature peu imposante en comparaison avec ses hommes de main, il obtenait toujours ce qu’il voulait. Aujourd’hui, le baron passait en revue les affaires en cours dans sa petite entreprise. Installé dans son bureau, il écoutait patiemment ses lieutenants.

« …Et c’est ainsi qu’on a trouvé que sa boutique de jouets n’était qu’une couverture pour ses actes nécromantiques, dit sans assurance un voleur au baron.
-Ah. Vraiment ? On m’a plutôt dit que tu avais attaqué un honnête marchand de jouets parce qu’il t’avait bousculé dans la rue.
-Euh… Non ! » répliqua le voleur qui cherchait des yeux un moyen de sortir de la pièce.

« Tu sais que je n’aime pas qu’on me mente, mais j’aime encore moins les meurtres inutiles. C’est mauvais pour les affaires. » Le voleur se dit que la fissure dans le plafond offrait peut-être une chance de sortie finalement.
« Mais de toute manière je sais que tu me raconte n’importe quoi puisque j’ai mené ma petite enquête de mon côté. Tu vas donc recevoir une promotion.
-Hein ? » En entendant cela, même la sueur du voleur s’arrêta de couler de stupéfaction.
« Oui. Ton salaire est officiellement multiplié par zéro et tu as droit à une visite du Reik.
-Le Reik ? Mais je le connais le fleuve, je le vois tous les jours. » dit le voleur qui ne comprenait pas encore sa situation. Le baron sourit devant ces propos. C’était le genre de sourire à glacer le sang d’un iceberg.
« Qui a dit que tu irais sur le Reik ?
-Ben…Vous. Sans vouloir vous offenser m’sieur le baron.
-Ah non, nous nous sommes mal comprit. Tu vas aller dans le Reik, avec une brique comme bateau et du plomb pour ramer. »

Le baron attendit quelques secondes pour que la peur fasse son effet avant de donner l’ordre de l’emmener. C’est un petit plaisir personnel.

« Bon au suivant, dit le baron.
-Bonchou’ monchieur l’ba’on , dit une voix étouffé par des bandages.
-Vous êtes… Brise trachée ? » demanda le baron en parcourant sa liste. L’homme balafré répondit du chef.
« Bien… Ah oui, le petit Jaan, c’est vrai. Alors, si tu essaie de te donner un style avec ton turban raté et ton nez bouché, ce n’est pas une réussite. Si ce n’est pas le cas, qu’est-ce qu’il s’est passé ? »

Jaan passa quelques minutes à expliquer tant bien que mal comment son embuscade avait échoué.

« …et submergez pa’ le nomb’e de deux, nous abons dû fuir.
-Un malheureux incident effectivement.
-Vos deux bretonniens, l’un d’entre eux portait un heaume ailé et l’autre des couleurs plus vives ? » dit une voix derrière Jaan. Il s’agissait du guerrier vêtu de rouge qui revenait du palais DeRœlef.
-Boui, balbutia Jaan.
-Malheureusement Jaan, reprit le baron qui se voulait réconfortant, tu es tombé sur deux personnes qui intéressent un de nos clients. Puis il se tourna vers le guerrier en rouge. La mission s’est bien passée ?
-Non, ils sont arrivés trop tôt.
-Dommage, mais nous avons d’autres ordres dont nous devrons parler. Quant à toi Jaan, tu es relocalisé temporairement dans une zone plus sûre. Il serait dommage que tu gènes nos opérations à nouveau.» Les déclarations lentes du baron firent comprendre à Jaan qu’il faudrait mieux obéir sous peine de gagner une expédition sous-marine.



Au même moment, Hjalmar arrivait au Noorsmanwijk en claudiquant. En cherchant un peu il trouva rapidement une taverne qui répondait au doux nom du « caribou crevé ».
Hjalmar se plaça devant la porte, se releva autant qu’il le pouvait et enfonça la porte d’un coup de pied puissant qui faillit lui fracturer sa jambe déjà bien abimée. Mais son entrée théâtrale fut interrompue quand un tabouret vint faire la connaissance de son occiput frontal. En se remettant du coup, Hjalmar remarqua que la salle était en effervescence à cause d’une baston générale qui avait été causée parce qu’un nordique avait traité un nain d’elfe.



Mais la rixe s’arrêta bien vite quand les bagarreurs remarquèrent la présence d’un barbu de 2 mètres 30 à l’entrée et dont le regard indiquait qu’un meurtre était sur le point de se produire. D’habitude, Hjalmar se serait jeté dans la bataille en rigolant avec les autres, mais là il était fatigué et irascible. Les derniers combats s’arrêtèrent tandis que le tavernier, un grand gaillard deux fois plus large que les autres, s’approcha de Hjalmar et lui tendit une corne remplie d’hydromel. Le norse se calma immédiatement à la vue du breuvage et vida la corne d’un trait.

« Alors comme ça tu es de passage dans le coin Hjalmar Oksilden » déclara le tavernier tandis qu’il guidait Hjalmar à l’extérieur. A l’annonce de son nom la plupart des nordiques blanchirent de peur. Hjalmar avait une réputation plutôt bien établie en Norsca et quand on vient de balancer un tabouret à la face d’une légende vivante qui est réputée pour être un fou furieux, même selon les standards nordiques, on ne se sent pas trop de recommencer. Mais le tavernier du caribou crevé connaissait Hjalmar depuis son enfance, ils avaient grandi dans le même village et s’étaient revu de temps en temps pour un raid ou une chasse.

« Ouais. Pas vraiment de mon plein gré, maugréa Hjalmar. Mais je me suis rappelé de ton auberge et puisque je ne connais pas cette ville, je suis venu te demander une information : où est-ce que je peux trouver un autel des dieux ?
-Il y en a un dans la rue d’à côté.
-Merci, à la prochaine. »

Le tavernier soupira en voyant repartir Hjalmar. Il était habitué à ces discussions courtes où le norse sortait de nulle part et repartait aussitôt. Mais il était rassuré de voir que son vieux compagnon était toujours en vie après tout ce temps. Et il savait qu’il reviendrait encore puisque Hjalmar ne pouvait pas se passer de son hydromel.


Une fois arrivé dans le petit temple précaire, Hjalmar s’assit en tailleur devant une idole en fer grossièrement fabriquée. Elle ressemblait fortement au pendentif que portait le norse. Hjalmar ferma les yeux et adressa une prière à ses dieux guerriers.

« Bon, les gars, commença-t-il. Je vous remercie de m’accorder votre protection mais un petit message ou un signe histoire de me dire où je suis censé aller, ça pourrait aider aussi vous savez. Parce que là, je suis un brin paumé dans cette ville. »

Hjalmar rouvrit les yeux et attendit que quelque chose se passe. L’idole se mit à briller intensément et un flash de lumière bleue manqua de brûler les rétines du nordique. Alors qu’il se frottait les paupières par réflexe, il lui sembla entendre une voix lointaine qui disait « Doodkanal ».

« Ah ben merci ! Comme si je savais où c’était votre truc ! » s’énerva le norse. Un autre flash survint à nouveau.
« AH ! Mes yeux bordel !
-Ouais ben on fait ce qu’on peut pour t’aider, alors démerde-toi ! entendit-il. »

Hjalmar fit la moue en se disant que ses dieux se moquaient un peu de lui avec leurs messages à deux pièces d’or. Mais jusque-là les dieux l’avaient plutôt bien aidé, donc si c’est ce qu’ils veulent, autant obéir se dit-il. Quand Hjalmar sortit du petit temple, il remarqua que quelqu’un l’observait. Il portait une longue cape en cuir, un chapeau haut et ses multiples armes et autres objets cabalistiques indiquait qu’il ne devait pas être un marchand de poteries gobelines.

Le répurgateur arma ses deux pistolets armés de balles purifiées d’un mélange de larmes de prêtres-guerriers et de semence d’écureuil. Il paraitrait que ça marchait contre les démons lui avait-on dit. Il garda Hjalmar en vue jusqu’à ce qu’il tourna à un embranchement vers un canal. Pour le répurgateur, cet hérétique venait de démontrer sa liaison avec des dieux chaotiques durant un rituel magique impie lui aussi.
Après tout, selon la logique des inquisiteurs, quand ça clignote dans couleurs autre que jaune, c’est que c’est forcément chaotique. L’ordre des chevaliers de la pureté qui opérait à Marienburg était officiellement illégal. Mais ces fanatiques du dieu Sigmar n’en avait cure, ils pensaient vital de purifier la ville de tout les mutants et cultistes déviants qui l’habitaient.

Tandis que l’inquisiteur suivait Hjalmar de loin, ce dernier se fit hélé par un jeune homme dans une gondole.

« Dites ! Vous semblez perdu ! Je peux vous emmener quelque part ?
-Le doodkanaal ça vous parle ?
-Oui ! Evidemment ! Montez à bord. »

Hjalmar fut bien content d’avoir trouvé un moyen de transport pour arriver à sa destination sans avoir à chercher trop longtemps. Alors qu’il montait à bord, le répurgateur tourna les talons et partit rejoindre son quartier général. Une mission de grande envergure était à prévoir.


Dernière édition par Kaops le Dim 23 Aoû 2015 - 20:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Mer 24 Juin 2015 - 20:26

Huitième chapitre : Solutions draconiennes



Dans une veine fluviale étroite du sud de Marienburg naviguait une petite embarcation avec Hjalmar à son bord. Le nordique était perdu dans ses pensées quand le gondolier l’avertit qu’ils arrivaient à destination. Cela faisait plus d’une heure qu’ils avaient quittés le Noormanswijk et Hjalmar commençait presque à s’endormir d’ennui. Il jeta un regard aux alentours et pu contempler la luxuriante laideur du quartier le plus malfamé de Marienburg.
Chaque ville, aussi riche et puissante soit-elle, possède un quartier comme le Doodkanaal. Un quartier qui concentre la populace la plus pauvre et les pires spécimens en un seul endroit. L’espérance de vie est tellement incertaine dans le Doodkanaal que l’on considère que ce quartier n’a pas des habitants, mais des résidents. Le Reik ralentit significativement dans ce quartier, ce qui fait que l’on plongeait difficilement dans le fleuve, mais on s’y étouffait assez vite. Les bâtiments branlants tanguaient au gré des remous du fleuve. En regardant bien, on pouvait voir passer quelques skavens entre deux allées.



Le bateau s’arrêta à une sorte de ponton moitié bois-moitié moisi sur lequel le gondolier s’arrima comme il put. Une fois le gondolier payé, Hjalmar descendit prudemment sur la berge, de peur que le sol ne se dérobe sous ses pieds. Et après avoir vu la consistance du fleuve qui passait là, il préférait ne pas tomber. Alors que le bateau repartait aussi lentement qu’il le pouvait sur le fleuve, Hjalmar remarqua que les rares gens qui arpentaient les rues regardaient furtivement dans sa direction. Ils chuchotèrent quelques mots et s’éparpillèrent en courant dans les rues adjacentes.

En regardant derrière lui, Hjalmar vit que le gondolier semblait faire un signe à quelqu’un, un sourire aux lèvres. Quand Hjalmar se retourna, il était encerclé par des personnes dont la compagnie était peu recommandable. Leur apparition était si soudaine qu’ils semblaient avoir été crachés par la maçonnerie environnante. Ils arboraient de grands sourires sur leurs visages burinés. Le résultat était plus terrifiant en soi que leurs armes elles-mêmes. L’un d’entre eux s’approcha de Hjalmar, son visage était recouvert de bandage mais on pouvait voir dans ses yeux une lueur d’avidité.

« Bonvour mon gars, zozota Jaan à travers ses bandages. T’as l’air bien f’eul. C’est danveureux de se balader dans le coin tu f’ais… »

Jaan s’approchait lentement de Hjalmar. La main sur la dague à sa ceinture, il récitait le discours habituel de la guilde des voleurs. On aborde gentiment la personne pour qu’elle ne s’enfuie pas dans la seconde et, une fois assez près, on la savate pour récupérer le pognon. Ça marchait bien sur les touristes perdus et sans défense, mais Hjalmar ne rentre pas vraiment dans cette catégorie. Jaan était tellement impliqué dans son discours qu’il ne vit même pas que Hjalmar l’avait complétement ignoré et qu’il venait de le dépasser. Le voleur le suivit du regard, ahuri, alors que le nordique continuait son chemin la hallebarde sur l’épaule. Maintenant qu’il y regardait de plus près, Jaan trouvait Hjalmar assez effrayant, mais il se ressaisit en se disant qu’ils étaient à dix contre un.

« Eh ! L’barbu, t’va m’écouter ou merdre ?! » cria-t-il à Hjalmar, mais sans plus d’effet. « On a peur c’est ça ! Viens là espèce de gobelin peureux ! » dit-il en tirant sa lame. Cette fois-ci l’insulte avait fait son œuvre puisque Hjalmar s’était arrêté net. Les jointures des mains du norse blanchirent alors qu’il se retenait de répliquer avec des arguments plus percutants que des mots. Sans même tourner la tête, droit comme un i, Hjalmar s’adressa à ses agresseurs :

« Je ne vais pas me répéter. Toi et ta bande de danseuses, vous me laissez passez où je vous arrache la mâchoire et je vous la replante dans les yeux… En finissant par toi. » siffla le nordique entre ses dents, puis il reprit sa marche.

Jaan se dit que son petit couperet aiguisé était bien ridicule finalement. Mais son instant d’hésitation disparut bien vite pour faire place à la formidable stupidité des hommes de main. Une spécialité dans laquelle ils excellent, au point que c’en est presque une tradition. Ce qui fait que la seule réponse de Jaan à sa peur du nordique fut la violence.

Le voleur sortit un petit gourdin de poche et chargea Hjalmar qui lui tournait le dos. Son cri quelque peu étouffé par les bandages, il brandit sa massue et frappa à la tête le géant nordique. Le bout de bois s’abattit sur le crâne de sa victime avec le bruit caractéristique des traumatismes crâniens. Hjalmar fit un pas de côté à cause du choc. Il se baissa un peu en grognant et alors qu’il se tenait la tête entre les mains, sa hallebarde tomba non loin.

Jaan regarda ses compagnons en s’esclaffant, ce qui avec les bandages sonnait comme un gorille asthmatique qui aurait abusé de bananes. Mais leurs clameurs s’arrêtèrent bien vite pour faire place à des hoquets de surprise quand Hjalmar se releva lentement en grondant de colère. Un peu de sang coulait de sa blessure à la tête sur le sol. Le norse se tint droit, les poings serrés. Ses épaules se levaient et retombaient violemment au rythme de sa respiration rauque. Puis il se calma soudainement.

« Tu m’as frappé à la tête. » dit lentement Hjalmar sur un ton grave qui se voulait aussi chaleureux qu’une tractopelle. Jaan, qui ne voyait pas le visage de Hjalmar, se mit à trembler de peur en tenant son gourdin à deux mains.
« Tu sais que tu aurais pu me tuer.
-Argl.» balbutia Jaan qui tremblait tellement qu’il aurait aussi bien pu être sur l’épicentre d’un séisme.
« Ça veut donc dire que tu voulais me tuer.
-Argl. »

Hjalmar tourna sa tête telle une tourelle de tank à vapeur vers Jaan. Un large sourire sanguinaire se dessinait sur son visage, dévoilant toutes ses dents. Les yeux du norse étaient braqués sur sa future cible. Ses pupilles fixes rendaient son regard insoutenable pour Jaan.
« Donc quoi que je te fasse, tu n’as aucune raison de te plaindre. » dit sereinement Hjalmar.



Alors que Jaan allait émettre un appel à l’aide, le poing ganté de Hjalmar fut plus rapide. Hjalmar sentit des os se briser chez sa cible alors que son poing entrait en contact. Pour Jaan ce fut comme être frappé par une masse à deux mains manipulé par un troll enragé. La puissance du choc souleva le voleur qui s’envola sur quelques mètres pour atterrir complétement sonné sur les quais. Hjalmar se retourna vers les autres bandits effarés.

« Vous vous rappelez de ma menace de tout à l’heure ? Ça vous dit de passer de la théorie à la pratique ? » leur demanda Hjalmar en contenant difficilement sa colère. Son sourire carnassier toujours gravé sur son visage, il fit craquer sa nuque et courut vers les bandits. Ces derniers furent plus réactifs que leur chef et dégainèrent leurs armes pour contre-charger le nordique.

Hjalmar esquiva un coup d’estoc et décrocha un uppercut au premier bandit à sa portée qui finit la mâchoire en sang. Un deuxième bandit passa derrière le norse au même moment et, alors que Hjalmar se retournait, lui planta une dague dans le ventre. Le bandit sourit bêtement en se disant qu’il avait réussi à vaincre ce fou furieux. Mais en relevant la tête pour constater le résultat de son coup, il vit que Hjalmar était toujours vivant et encore plus énervé. Hjalmar considéra la lame plantée dans son abdomen, l’air de ne pas comprendre, et demanda au bandit :

« Pourquoi tu me donne une arme ? »

Sans sourciller, le nordique retira la dague et d’un geste habile la retourna dans sa main pour la planter dans le crâne de son agresseur. Ce dernier émit un dernier petit gargouillis avant de s’effondrer, le visage figé de stupeur.Les bandits restants étaient regroupés en cercle autour du nordique. Hjalmar se redressa de toute sa hauteur et leur cria :

«Je vois que vos mâchoires sont toujours en place. Laissez-moi régler ça ! » grogna le nordique d’une voix déformée par la colère puis il s’élança vers ses proies en hurlant…

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Le massacre qui s’ensuit dans le récit ne sera pas décrit au nom de la convention de Marienburg… et aussi parce que l’auteur est une grosse feignasse.
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Un peu  plus tard, un bandit bondissait dans une allée aussi vite qu’il pouvait avec une jambe brisée et un bras en sang. Il respirait bruyamment et jetait de temps en temps un regard derrière lui. Ne voyant rien, il s’arrêta un moment pour reprendre son souffle. Mais à peine s’était-il arrêté, qu’une forme traversa rapidement la rue à sa droite et s’engouffra à nouveau dans le dédale de rues du Doodkanaal. Le bandit émit un petit cri de détresse qui ferait passer une pucelle de 15 ans pour un solide gaillard en comparaison et repartit de plus belle.

Il courut jusqu’à une intersection et tourna à gauche. Mais dans sa fuite éperdue, le bandit n’entendit pas tous les petits cliquetis provenant d’une multitude d’armes qui s’enclenchent. Il ne s’arrêta de courir que lorsqu’il entendit une voix crier : « PURIFICATION !! ». Une vingtaine d’armes à feu tirèrent en même temps, suivit par d’autres tirs divers et variés. Le corps du bandit était agité de tremblements alors que les balles rentraient dans sa chair.

« Cessez le feu ! Cessez le feu, bordel ! » cria la voix et les tirs s’arrêtèrent en chœur. Mais un petit globe tomba à côté du cadavre sanguinolent qui était autrefois le bandit. Après quelques secondes, il explosa en une gerbe de flammes qui carbonisa le corps.

« Mais qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans CESSEZ LE FEU ! » s’énerva la voix. Un dernier tir se fit entendre et un corps tomba d’un toit donnant sur la rue. Les répurgateurs se tenaient de l’autre côté de la rue et sur les toitures des maisons environnantes. Le corps de feu le bandit gisait au milieu de la rue, il était réduit à un tas de chair plombée cuite à point.

« Mais vous avez tué Klaus ! s’égosilla un des répurgateurs.
- Il n’a pas obéi aux ordres, c’est un acte qui incite à l’indiscipline, donc au désordre, donc au chaos. Conclusion… L’était chaotique le p’tit Klaus, lui répondit le capitaine.
-Ah. Vu comme ça, d’accord. »

Le capitaine de l’ordre des chevaliers de la pureté souffla sur le bout de son pistolet et constata les dégâts.

« Bon… Je l’imaginais plus dangereux ton gars, commença le capitaine.
-C’est normal, c’était pas le bon, lui répondit un autre répurgateur.
-Ah ? Ben merdre alors… grommela le capitaine. De toute façon il avait l’air un peu chaotique quand même ce gars-là. »

Les autres répurgateurs acquiescèrent immédiatement en soutenant qu’ils l’avaient vu briller un peu ou qu’il avait un bras mutant. La mauvaise foi des agents de l’ordre de Marienburg qui se trompent est légendaire elle aussi.

« Ca aura été un bon exercice messieurs ! Mais maintenant il va falloir le retrouver et l’exterminer ! Donc dès qu’on le retrouve, on fait la même chose…
-Ouais ! s’exclamèrent en chœur les répurgateurs.
- Mais en mieux ! Avec plus de bombes et tout !
-Ouais ! reprirent-ils.
-Super ! Je suis impatient de voir ça, ricana Hjalmar. »

Les répurgateurs se retournèrent tous en même temps vers le nordique qui se trouvait à côté d’eux. Sa hallebarde était en position pour frapper et un rictus était gravé sur son visage ensanglanté.

« Cessez le feu ? » dit d’une voix tremblotante le capitaine des répurgateurs.

La hallebarde de Hjalmar s’abattit en feulant dans l’air.



Plus loin, dans le Suiddock, Guillaume et Cédric arrivaient à l’auberge du merlan frit. Un peu plus tôt, ils avaient fait leurs adieux à Arkat et Clothilde après les avoir remerciés de leur aide. En rentrant dans le bâtiment l’aubergiste vint les tenir au courant des dernières nouvelles. C’est avec stupeur qu’ils apprirent que Hjalmar n’était plus dans la chambre qu’ils avaient réservé. Chambre qui, d’ailleurs, était jonché de cadavres de voleurs éparpillés dans la pièce. En demandant aux clients s’ils avaient entendu quelque chose à propos de Hjalmar, l’un d’entre eux leur répondit que quelque chose de grave devait s’être passé au Doodkanaal puisque les environs du quartier étaient surveillés par les coiffes noires depuis peu. C’est donc d’un commun accord que les chevaliers partirent pour le Doodkanaal.

Après avoir marchandé avec un gondolier pour qu’il les emmène à l’endroit d’où partait les rumeurs, ils arrivèrent sur le lieu du crime. Plus personne n’arpentait les rues autour du bain de sang qu’était devenu la place. En regardant les tas sanguinolents par terre, Guillaume s’adressa à Cédric :

« D’après vous, c’est son œuvre ?
-Il n’y a pas de doutes, cette façon méthodique et précise de tailler la jugulaire avec une brique, ça ne peut qu’être lui.
-Qu’est-ce qu’il y a dans les yeux de ces pauvres gars ?
-Je préfère ne pas savoir… »

Cédric remarqua alors du mouvement non loin du quai. En s’approchant il vit un homme au visage couvert de bandages qui regardait au loin sans bouger. Quand Cédric s’approcha de lui, il tourna la tête pour le regarder et une lueur de terreur apparu dans ses yeux.

« Oh non, pas lui ! C’est pas bientôt fini de me taper dessus ! Laissez-moi tranquille à la fin !... »

Guillaume arriva et mit quelques minutes à calmer Jaan. Ce dernier leur expliqua qu’il était inconscient au début du combat, mais qu’en se réveillant il avait vite compris qu’il valait mieux continuer de dormir. Jaan avait du mal à trouver les mots pour décrire ce qu’il avait vu, mais il finit par leur proposer de le suivre jusqu’à un endroit où Hjalmar pourrait être. Cédric était récalcitrant à l’idée de devoir chercher le nordique dans toute la ville, mais il valait mieux empêcher Hjalmar de se balader seul dans un endroit si peuplé.

Les deux chevaliers accompagnèrent le voleur jusqu’à ce qu’il arrive devant ledit bâtiment dans le Suiddock. Ce dernier ne déteignait pas vraiment dans le paysage ambiant, les docks étaient bordés de nombreuses maisons faites d’un enchevêtrement de bois et de roches et celle-ci ne faisait pas exception. Mais cette maison normale avec ses deux fenêtres, une petite porte, trois gardes armés et un petit géranium sur la fenêtre de gauche avait captée l’attention des deux chevaliers. Alors qu’ils s’approchaient, Guillaume murmura à Cédric :

« Personne ne fait pousser de géranium dans cette ville. C’est louche.
-Ouais… Et les gardes armés c’est normal par contre, ironisa Cédric.»

Un des gardes les regardait tandis qu’ils s’avançaient. L’air méfiant, il tenait sa main sur la garde de son épée courte. Alors que Guillaume et Cédric allait demander à Jaan de quoi il en retournait, ce dernier cria :

« Butez-les les gars ! Ils m’ont pris en otage ! ». Sauf que les bandages ensanglantés ont traduit cela en yaourt et quand Jaan partit en courant dans les rues, personne n’avait vraiment compris ce qu’il avait dit. Un des gardes s’approcha néanmoins.

« Vous devriez pas rester là, vous et votre ami bizarre… Conseil d’ami. »

Les deux chevaliers se regardèrent et eurent une sorte de petit ricanement. Cédric s’adressa à eux :

« Allez mon gars, on veut juste rentrer à l’intérieur. Ne me force pas à user de diplomatie.
-Bon les guignols peinturlurés, vous vous bar… » fut-il interrompu quand diplomatie, le bien-nommé écu de Cédric, lui caressa le visage avec la douceur d’un grizzly mal réveillé. Une fois son revers de la main patriarcal terminé, Cédric dégaina sa hache et se mit en position de combat. Les deux voleurs restants sortirent leurs dagues et leurs foncèrent dessus.

« Oh, mais ils veulent donner leurs avis ? demanda Guillaume. Laissons parler la démocratie dans ce cas. »

Le chevalier Gasconnien brandit démocratie, sa lame qu’il détenait de son père. Pourquoi démocratie me direz-vous ? Parce qu’il y en a pour tout le monde. Guillaume para aisément le premier voleur de son écu magique et l’empala instantanément. Cédric de son côté réduisait en bouillie le crâne du second.


Au même moment, Jaan courait comme un dératé pour partir le plus loin possible de cette ville. Mais dans sa fuite, il heurta quelque chose qui le fit tomber à la renverse.
« Tu te rappelles que je t’avais dit que je finirais par toi ? » fit une voix bien trop familière pour Jaan qui malgré son effroi parvint à balbutier quelques mots.

« Oui !! C’est ce que tu avais dit ! Mais il en reste plein là-bas !
-J’ai menti. »

Jaan poussa un dernier cri qui finit étouffé par un craquement sinistre.



De leur côté, les chevaliers finissaient le dernier voleur à grands coups d’allégorie. Une fois cette formalité terminée, les chevaliers enfoncèrent la porte d’entrée et chargèrent à l’intérieur de la maison, bien décidé à en finir avec cette chasse à l’homme inutile. Leur entrée fracassante fut malheureusement interrompue par un groupe de lances. Même si les voleurs qui les tenaient ne semblaient pas savoir s’en servir, leur nombre suffisait à rendre la formation suffisamment menaçante. Le guerrier rouge referma la porte et se plaça derrière eux, son sabre levé.

« Eh bien, vous nous causez bien des problèmes messieurs, dit le baron qui attendait de l’autre côté de la pièce. Maintenant jeter vos armes à terre. »

Cédric et Guillaume obéirent à contrecœur et Guillaume lui demanda :

« On est censé vous connaître ?
-Non, mais moi je vous connais. Excusez mes mauvaises manières, je suis Phillipe Henschmann, le directeur de la ligue des gentilshommes entrepreneurs. Il se trouve que vous tombez plutôt bien, j’ai justement un contrat à vos noms qui est arrivé la semaine dernière. J’apprécie donc le fait que vous veniez de votre propre chef... »

Pendant le discours du baron, Cédric grinçait des dents et marmonna à Guillaume :

« La prochaine fois, tu me rappelleras que la charge sans chevaux c’est une idée de merdre.
-…Et donc messieurs voilà pourquoi vous allez mourir. Mais comme je ne suis pas un monstre, vous serez tués par Hakim, un assassin d’Arabie récemment arrivé dans notre ligue, dit-il en désignant le guerrier rouge. Une vraie force de la nature. Il a tué une de ses cibles avec une poire à 8 toises de distance. Et il est très doué avec son sabre.»

Le baron leva sa main pour donner l’ordre d’exécution quand il entendit une voix forte à l’extérieur.

« Phiilliiiipe ! Je sais où tu te caches ! Viens ici que je te bute sale enculay ! »

La porte d’entrée sortit de ses gonds violement et partit dans un bandit qui n’avait rien demandé. Une forme massive se trouvait dans l’encadrement de la porte. Le guerrier rouge se retourna, étonné et commença une danse compliquée avec son sabre pour menacer le nouveau venu. Ses mouvements étaient assez impressionnants, mais il eut plus de mal à les faire quand une hallebarde lui rentra dans le thorax. Le guerrier rouge recula d’un pas et tomba en avant, la hampe de la hallebarde le bloquant dans sa chute. Il semblait être une marionnette désarticulée tenue grossièrement par un bout de bois.

« Hjalmar ? s’étonna Guillaume.
-Je veux savoir… C’est qui est le plus fort ici ?  » tonna le norse tandis qu’il entrait en tenant par le col le corps d’un homme dont le visage était, autrefois, couvert de bandages ensanglantés. Toute l’assemblée désigna feu Hakim qui pendouillaient au bout de la hallebarde.

« Ah bon ? s’abasourdit Hjalmar. Ben dis donc, ils sont à chier vos gars » dit-il au baron. Ce dernier avait toujours le bras levé, il semblait déçu de ne pas avoir pu lancer son ordre

« C’est vous le baron ? demanda Hjalmar. Vu l’organisation que vous dirigez vous devez être plutôt fort comme adversaire. Allez, sortez votre arme qu’on en finisse.
-Je vous demande pardon ? s’étonna le baron.
-Vos gars ont bafoué mon honneur, il faut donc que je tabasse le chef. » déclara solennellement Hjalmar qui devant l’air circonspect du baron continua ses explications. « Vous en l’occurrence…
-Il n’est pas sérieux j’espère ? » demanda le baron à Guillaume et Cédric qui hochait lentement la tête. On pouvait sentir que même eux avaient pitié du baron. Après quelques instants de réflexion, le baron se redressa et s’adressa à Hjalmar, triomphant.

« Mais vous avez déjà gagné votre défi. J’ai le droit de choisir un champion pour me remplacer, dit-il en désignant Hakim. Sauf que vous l’avez déjà vaincu. Nous sommes donc quittes.
-Kwé ? murmura Hjalmar. Tu t’fous pas un peu de ma gueule là ?
-Hjalmar c’est bon, tu peux t’arrêter maintenant, lui dit doucement Cédric en lui mettant la main sur l’épaule. Faut qu’on rentre là, on a un vampire à tuer tu sais. »

Le nordique sembla surpris quand Cédric lui parla.

« Tiens, vous êtes là vous ?
-Oui, soupira Cédric. Allez, on y va. »

Hjalmar avait l’air perdu, la répartie du baron avait réussi à le faire douter. Ce qui est assez gênant quand on est en plein milieu d’une série de meurtres sanglants. Sur le chemin de la sortie, Guillaume récupéra la hallebarde de Hjalmar sur le corps d’Hakim qui s’effondra mollement sur le plancher. Mais à peine étaient-ils sortit du bâtiment qu’ils furent accueillit par une garnison complète de coiffes noires les attendaient.

« Nom d’une vache borgne éclopée, c’est pas bientôt fini ! s’exclama Guillaume.
-Nanméoh, va s’calmer là le gars ! cria l’adjudant des coiffes noires avec un accent du sud de l’estalie. Vous allez nous suivre gentiment, au nom d’la loi, jusqu’au poste. Vous avez le devoir de la bouclez et de ne pas vous plaindre à propos de votre avocat désigné d’office. » L’officier bedonnant récitait son discours en tenant sa ceinture avec cet air du fonctionnaire qui préférerait être chez lui plutôt qu’ici à arrêter des meurtriers de masses.

« Moi j’vous l’dit, z’êtes mal barré. Avec multiples homicides et effraction chez une-personne-respectable-dont-je-ne-connais-pas-le-nom…
-Nous sommes envoyés par Clothilde DeRoelef, dit calmement Guillaume.
-…Et c’est pourquoi nous allons vous raccompagner aux portes de la ville, proposa le garde qui avait changé de ton en un éclair. »

C’est ainsi que Hjalmar qui était en train d’être calmé par Cédric et Guillaume, partirent escortés pour sortir de Marienburg sans trop d’encombre.


Dans le quartier général de la ligue, le baron tapotait machinalement son bureau de ses doigts.

« Vous pouvez sortir vous savez, ils sont partis.
-Vraiment ? » lui répondit un rideau à sa gauche qui dévoila un homme aux cheveux noirs bien coiffé mais au teint blafard. Sa robe cabalistique noire et rouge indiquait qu’il était un sorcier.

« Ce contrat que vous m’avez donné. J’ai peur de devoir le refuser, dit le baron.
-Dommage, dit le sorcier d’une voix racleuse. Mon maître en sera fort mécontent.
-Avec tout le respect que je dois aux clients, vous pourrez lui dire qu’il n’a qu’à se démerder tout seul avec eux. Rien qu’en recrutement j’ai perdu plus d’argent que ce que le contrat ne m’aurait donné ! »

Le sorcier  se dirigea vers la sortie et sur le chemin tendit la main vers Hakim. Un éclair verdâtre sortit de sa paume pour frapper le garde rouge qui se mit  à se relever lentement.

« Nous trouverons d’autres moyens dans ce cas. » dit le nécromancien.



Hjalmar, Cédric et Guillaume sortirent de la ville par là où ils étaient entrés. Sauf que cette fois-ci il leur fut plus facile de passer. Les coiffes noires les saluèrent avant de s’éclipser rapidement. Le petit groupe commença à s’éloigner de la ville sur leurs montures qu’ils avaient pu récupérer entre temps.

« ENFIN ! exulta Cédric. On est enfin sortit de cette ville !
-Ouais, ce n’est pas trop tôt, il respecte rien ces gars-là, dit Hjalmar. »

Alors que les chevaliers et le norse s’échangeaient les dernières nouvelles de leurs aventures respectives, une voix familière se fit entendre.

« Ohé ! Les gars ! On vous a enfin trouvés ! »

En regardant d’où venait la voix, ils reconnurent Holger Von Wütend et Sieghilde Ingrimm. Leurs équipements semblaient avoir passablement souffert du voyage. Après des retrouvailles plutôt brèves mais chaleureuses, les deux sigmarites entreprirent de mettre au courant leurs compagnons de leurs découvertes de ces dernières semaines. C’est ainsi que Sieghilde commença le récit de leur escapade Sylvanienne tandis que la petite troupe se mettait en marche vers les montagnes grises.


Dernière édition par Kaops le Dim 23 Aoû 2015 - 20:28, édité 1 fois
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Mer 24 Juin 2015 - 20:36

Neuvième chapitre : Mauvais sang


Bien loin de Marienburg, de l’autre côté de l’Empire, Holger Von Wütend et Sieghilde Ingrimm arrivaient au terme d’un long voyage. Une fois sortit des montagnes grises, ils se sont dirigés vers Eilhart, un village qui longeait la rivière Reik, pour embarquer sur un bateau à vapeur. Le statut de Sieghilde dans l’ordre sigmarite lui permit d’obtenir quelques vivres supplémentaires et une des meilleures cabines. Holger, quant à lui, ronchonna dans son coin parce qu’il lui avait été interdit de s’entraîner à « purifier le mal par le feu et le combat » tant qu’il serait sur le navire.

En remontant le Reik, ils firent escale à Altdorf pour faire leurs rapports sur les événements de la dernière semaine. La plus grande cité du Vieux Monde s’étendait au confluent du Reik et de la Talabec. La capitale était divisée en plusieurs quartiers hétéroclites qui possédait chacun un bâtiment imposant d’une école de magie. En arrivant aux abords des docks situés au nord-ouest de la ville, ils pouvaient voir un marché au poisson qui s’était installé sur la grande place, même si le temps nuageux et humide annonçait de la pluie.

Une embarcation de la garde fluviale arrêta le bateau à vapeur et les gardes embarquèrent pour procéder à un contrôle de routine obligatoire pour rentrer dans la ville. Généralement, ils vérifiaient les cargaisons et confisquaient les armes qui pouvaient être rendues à leurs propriétaires contre une autorisation signée lors de leur sortie de la ville. Mais même les gardes les plus endurcis n’osèrent pas demander son armement au répurgateur qui venait d’arriver sur le pont. Déjà parce que cela prendrait une demi-heure d’en faire l’inventaire, mais aussi parce que les répurgateurs sont assez susceptibles et ont la détente facile. Fort heureusement pour les gardes, ils font partie des personnes autorisées à garder leurs équipements par décret impérial.

« Dites, il y a des gus de la garde qui attendent dehors. Je vous laisse vous en occuper » lança Holger derrière lui en s’éloignant de la porte.

Sieghilde sortit à sa suite et se dirigea vers les gardes en ruminant son exaspération envers l’administration impériale. De son côté, Holger partit attendre sur le pont en mangeant un morceau de pain le temps que la procédure se finisse. Les gardes se rapprochèrent en formant un cercle autour de la prêtresse, mais à peine Sieghilde avait-elle déclarée son rang que les gardes tournèrent les talons en parfaite synchronisation pour s’intéresser aux autres voyageurs. Dans le coin, on préférait laisser tranquille le clergé, sous peine de se retrouver avec une accusation d’hérésie et la visite intime d’un inquisiteur qui va avec.

Une fois arrivée à quai, ils partirent pour le district de la Domplatz  où se trouvait le grand temple de Sigmar. Sieghilde ordonna à Holger de se présenter devant l’ordre du marteau d’argent, qui est le plus grand ordre d’inquisiteurs de l’empire. Alors que la prêtresse-guerrière partait, le répurgateur dû ravaler sa fierté avant de partir s’y présenter car il détestait les membres de l’ordre. Selon lui, ils étaient des amateurs incapables qui ne comprenaient pas ses méthodes qu’il trouvait bien plus directes que les leurs. Cette différence de point de vue avait fait exclure Holger de l’ordre qui avait fini par opérer en solitaire. Mais avec le temps, l’ordre commençait à reconnaitre l’efficacité de ses techniques radicales et finirent par lui donner quelques missions à l’occasion, même si les relations entre Holger les dirigeants de l’ordre sont toujours aussi tendues.



En arrivant à l’arrière de la cathédrale, Holger passa non loin du palais impérial. Ses tours à l’architecture baroque semblaient crever les nuages de leurs pointes. Le siège du pouvoir impérial était à l’image du pays : ancien et immense. En continuant, il trouva rapidement l’entrée du quartier général de l’ordre. Une petite forteresse s’élevait entre des tours de gardes parcourues de symboles sacrés et de parchemins bénis.

Après s’être annoncé au garde en faction, il fut amené dans un petit bureau peu éclairé par la fente qui servait de fenêtre. Un grand inquisiteur l’attendait derrière son bureau, ses vêtements sobres de répurgateur le faisant se confondre encore plus avec l’obscurité. Seule la petite broche dorée en forme de comète à deux queues distinctive de son rang trahissait sa présence. Holger s’installa nonchalamment dans le siège et croisa lentement les jambes sur le bureau du grand inquisiteur. Avec le regard vide et pourtant lourd de sens qu’il lui lançait, Holger était l’incarnation du mépris. Après quelques longues secondes, le grand inquisiteur commença sur un ton neutre:

« Von Wütend.
-Herr Johannsen, maugréa Holger.
-Je vois que votre affection à notre égard est toujours aussi manifeste.
-Tu m’excuseras de ne pas t’embrasser, je n’aime pas les effusions de joie »dit Holger qui examinait distraitement la pièce. Après quelques instants, il regarda à nouveau son interlocuteur.

« Tu devrais mieux éclairer ton bâtiment. Parce que là les deux andouilles qui sont planqués dans l’échafaudage ne doivent rien y voir. » Les jointures des mains de Johannsen  blanchirent alors qu’il tentait de canaliser sa colère. Il parvint néanmoins à contrôler le niveau de sa voix.

« Bon, siffla Johannsen. Dans notre intérêt commun, il vaudrait mieux finir ça rapidement.
-Nous sommes d’accord.
-Décrivez-nous en détail le déroulement de la mission.
-Je suis partit d’Altdorf après avoir reçu l’ordre de mission… »

Holger passa plus d’une heure à détailler les faits qui étaient survenus les derniers jours : qui avait-il rencontré, qui avait-il tué… Johannsen écouta sans sourciller le récit. A son poste, on avait suffisamment d’expérience pour ne plus être étonné de rien. Mais à l’entente de certains noms, Holger remarqua une légère réaction chez le grand inquisiteur.
Une fois cette fastidieuse liste terminée, Johannsen indiqua à Holger qu’il pouvait partir, ce qu’il fit sans plus attendre. A peine le répurgateur avait-il passé la porte que deux formes tombèrent du plafond.

« On doit le suivre ? demanda un des deux répurgateurs.
-Non. Ça ne servirait à rien, dit-il en se tenant le front. En revanche, vous allez informer les quêteurs de la vérité de la position d’Oksilden. Je crois qu’ils le cherchent depuis un certain temps. Et il va falloir que j’aille voir le clergé sigmarique pour comprendre ce que cette haute-prêtresse faisait avec lui. »



Au même moment, Sieghilde Ingrimm arriva sur la Domplatz et put contempler le grand temple de Sigmar. Elle s’arrêta un instant pour regarder le bâtiment immense en forme de marteau. Son dôme d’or brillait malgré l’absence de soleil. La prêtresse-guerrière ne put retenir un soupir de nostalgie quand elle se rappela ses jeunes années dans le cloître de la cathédrale. Malgré les années, le bâtiment lui faisait toujours le même effet.

Derrière elle, la clameur de la foule sur la Domplatz lui parvint aux oreilles. Sieghilde se retourna pour voir qu’une exécution publique était en cours. Les condamnations étaient de plus en plus fréquentes depuis quelques années. Les habitants voyaient le chaos partout et ce n’est pas les répurgateurs qui allaient s’en plaindre. Le supposé cultiste était installé sur un échafaud au milieu de la place. Même si la foule l’insultait copieusement, ils semblaient adorer le spectacle. Sieghilde détourna le regard avant que l’accusé ne finisse consumé par les flammes sous les hourras de la foule qui couvraient ses hurlements de douleurs. Ce spectacle, elle l’avait vue bon nombre de fois, mais elle n’arrivait décidément pas à s’y faire.

La prêtresse de Sigmar traversa rapidement le parvis et entra dans la cathédrale. La nef gigantesque s’étendait devant elle. Des centaines de fidèles étaient en train de prier en silence, assis sur les bancs. Elle salua discrètement la statue géante de Sigmar portant son marteau à l’autre bout de l’édifice par pur réflexe et partit vers les transepts latéraux au bout de la nef.
L’endroit avait été aménagé pour permettre aux nains de venir y prier avec des autels de leurs dieux. Ils avaient gagné ce droit depuis leur aide durant la dernière guerre contre le chaos. En remerciement, les nains avaient offerts la statue de Sigmar à leurs alliés. Mais dans les faits l’endroit était souvent désert. Les nains préféraient souvent rester dans le Metallschlack district, le district de la communauté naine, pour vénérer leurs dieux comme ils l’entendaient. C’est pour cette raison que Sieghilde y rejoignit le grand prêtre de Sigmar qui l’attendait dans une des petites salles de prière aux murs de granit. Le grand prêtre était un homme colossal au crâne chauve comme beaucoup d’autres guerriers du clergé. Son armure en plaques d’or était parcourue de nombreux symboles sigmarites. Sieghilde s’assit quelques sièges en retrait du grand prêtre.

« Ta mission s’est bien passée j’espère ? dit-il d’une voix forte mais bienveillante.
-A peu près, hésita Sieghilde. »

La prêtresse raconta elle aussi les évènements à son supérieur dans les moindres détails. Même si elle appuyait beaucoup sur les agissements répréhensibles d’Holger. Une fois le récit terminé, le grand prêtre hocha lentement la tête.

« Je vois. En sachant tout cela, je suis inquiet.
-Pourquoi donc ? demanda Sieghilde
-Tout d’abord parce que ces vampires s’agitent trop à mon goût. Et parce que tu ne sembles pas comprendre que ce répurgateur n’est pas ton ennemi. En ces temps difficiles, il serait peut-être temps que tu comprennes que nous ne pouvons pas nous passer d’alliés compétents.
-Tss, compétent… Ce qu’il faut pas entendre, grommela Sieghilde.
-Pardon ?
-Non ! Rien ! » se rattrapa la prêtresse qui se mit à rougir. Le grand prêtre lui lança un regard réprobateur par-dessus l’épaule et reprit :

« Le marteau d’argent a dû prendre connaissance de ton rôle dans l’histoire depuis le temps. Il va falloir faire avec. Cela valait mieux qu’il ne soit pas au courant de ton… tutorat, hésita le grand prêtre. Von Wütend est un agent efficace et je voulais savoir s’il était contrôlable. C’est apparemment le cas.
-Ouais, enfin façon de parler.
-Et tu vas donc continuer cette mission. Tu pars pour la Sylvanie je crois.
-Oui.
-Dirige-toi plutôt vers les Korthenhoff, ils se sont montrés très actifs ces derniers temps d’après les rapports. Finalement leurs liens avec les Von Verfall prennent un autre sens à présent. »

Sieghilde salua le grand prêtre et sortit de la cathédrale. Une fois dehors, elle vit Holger sur le parvis qui l’accueillie avec un de ses grands sourires carnassiers qui lui sont propre. Elle partit à sa suite en soupirant devant l’ampleur de la tâche qui l’attendait.



Ils reprirent un bateau à vapeur et quelques jours de pluie plus tard, ils arrivaient en Sylvanie à la bordure orientale de l’empire en remontant le Stir. Cette région du Stirland n’était pas vraiment un endroit où il faisait bon vivre. Suite à la Geheimnisnacht de 1111, durant laquelle une pluie de malepierre s’abattit sur la région, les premiers morts-vivants étaient apparus. Les sylvaniens durent vivre avec et utilisèrent parfois la nécromancie pour survivre. Des mages noirs prirent le pouvoir pour le perdre aussitôt, rendant la région invivable.

Les vampires conquirent la région en remplaçant les faibles nobles en place. Vlad Von Carstein, le premier seigneur vampire arrivé dans l’empire, était resté plusieurs années à son poste de comte électeur avant d’être découvert. Mais même après avoir pris connaissance de sa nature, les sylvaniens acceptèrent avec joie sa présence puisqu’il apportait un peu d’ordre dans cette région oubliée de l’empire. La Sylvanie peut se considérer comme étant un état indépendant, même si Manfredd Von Carstein, le dernier descendant de ladite famille, fut détrôné il y a peu par les armées impériales lors d’une attaqué ratée contre l’empire. Ainsi, la Sylvanie a été rattaché de force au Stirland, au grand malheur des sylvaniens qui ne supportent par leurs voisins. Les vampires restants demeurent majoritairement dans leurs châteaux, attendant une occasion pour frapper l’empire.

Quand Sieghilde et Holger arrivèrent à Siegfriedhof, ils purent constater à quel point la Sylvanie était en retard par rapport au reste de l’empire. Les outils étaient arriérés et la poudre à canon était plus considérée comme de la magie qu’autre chose. Le capitaine du bateau à vapeur les laissa descendre et repartit aussi sec dans l’autre sens sans demander son reste. Aucune personne saine d’esprit ne souhaitait rester plus longtemps que nécessaire dans cette région maudite.
Les deux impériaux arpentèrent les rues vides de la ville sous une pluie fine qui ne semblait pas s’être arrêtée depuis des lustres. Même si l’hiver se finissait, les températures étaient glaciales. Ils marchaient difficilement dans le terrain boueux qu’était la route principale. Au loin, ils pouvaient apercevoir un château colossal sur une colline en dehors de la ville. Les nuages épais qui couvraient le ciel créaient une sorte de crépuscule permanent.



Sieghilde était mortifiée devant ce paysage de cauchemar. Elle n’avait jamais mis les pieds dans cette région reculée de l’empire et se sentait bien loin de la civilisation. En regardant Holger, elle comprit l’intérêt de son chapeau à longs bords caractéristique des répurgateurs. En plus de lui donner un air menaçant, il le protégeait de la pluie qui ruisselait malgré tout sur son manteau en cuir. Alors que de son côté, l’eau glaciale s’infiltrait dans son armure de plates, la faisant grelotter.
Mais ce qui la choqua le plus, c’est le moment où elle remarqua que Holger souriait devant ce paysage qu’il avait vu tant de fois. Il se sentait chez lui, sur son terrain de chasse favori.

En s’approchant de la place centrale, ils entendirent quelqu’un haranguer une petite foule d’une voix forte. Quand ils se rapprochèrent, ils virent un bûcher improvisé sur lequel était attaché une sorte d’abomination mutante qui gigotait en meuglant. Elle était attachée par des cordes entre lesquelles étaient insérés des parchemins. D’un simple coup d’œil, Sieghilde comprit qu’il s’agissait de textes sacrés sigmarites.



Un répurgateur se tenait à côté du bûcher, une torche à la main. Il récitait un verset du livre de Sigmar avec véhémence à la foule. De temps en temps, il improvisait un passage où il conspuait la créature. Son discours enragé ne semblait pas avoir de fin et les spectateurs regardaient la scène sans montrer d’intérêt particulier. Ce genre de spectacle était fréquent dans la région qui était une véritable zone de guerre pour les répurgateurs les plus extrémistes et certains se laissait aller à des exécutions de masses. Mais alors qu’il finissait enfin son discours, la foule regarda derrière le répurgateur qui s’approchait de la créature pour l’immoler malgré la pluie. Après quelques instants, les locaux partirent tous assez rapidement, une sorte de sourire en coin sur le visage. De son côté, le répurgateur bataillait pour allumer le feu. Holger s’approcha de lui et le salua :

« Hey, besoin d’aide ?
-HÉRÉT… »  commença le répurgateur en levant la main. Mais il comprit bien vite son erreur. « Oh pardon confrère. Je ne vous avais pas reconnu. Si vous voulez m’aidez à brûler cette abomination, ce sera avec grand plaisir ! Mais le bois est mouill… »

Holger leva la main gauche et sa bague brilla intensément tandis que le sortilège prenait effet. Une langue de flamme apparut brusquement et vint lécher les brindilles qui commencèrent à se calciner devant un répurgateur médusé.

« Mais… Mais, la magie… C’est interdit dans l’ordre !  balbutia-t-il.
-Pas si ça aide à purifier » dit Holger en regardant les flammes qui dévoraient la créature qui hurlait. Le fanatique tremblait de rage.

« Vous êtes le répurgateur impie qui a été radié de l’ordre !
-Radié, oui. Impie… Je trouve que vous y aller un peu fort mon vieux, lui fit remarquer Holger.
-Vous le touchez et c’est vous qui serez radié, tonna Sieghilde qui se rapprocha. Maintenant Holger, arrêtez de vous extasier devant ce… » La prêtresse hésita en regardant les flammes imposantes qui jaillissaient à côté d’elle « …feu de joie et partons d’ici.
-Comme vous voulez, acquiesça Holger. »

Le répurgateur fanatique ne l’entendait pas de cette oreille, mais au moment où il allait les menacer, il entendit des bruits de pas cadencés. En regardant derrière lui il aperçut toute une troupe armée qui venait vers eux. Une grimace sordide sur le visage, il partit à leur rencontre pour leur demander de l’aider à interpeller ces deux hérétiques. Leur ordre avec l’arme à l’épaule le mit en confiance par rapport à leur discipline. Mais sa demande mourut dans sa gorge quand il découvrit qu’il s’agissait de morts-vivants en armure. Des lambeaux de chairs pendaient des jointures de leurs plastrons et leurs orbites vides brillaient d’une lueur bleutée. Le fanatique hurla un « Pour Sigmar ! » et chargea aussitôt la troupe de zombies. Holger et Sieghilde se retournèrent en l’entendant charger, comprenant la situation par la même occasion. Le fanatique sortit un pistolet de sa ceinture et tira dans le crâne d’un mort qui s’écroula aussitôt. De sa rapière, il en embrocha un autre. Mais sa fine lame resta bloquée dans les côtes du zombie qui tentait de le mordre frénétiquement. Le fanatique sentit sa fin arriver alors qu’il se voyait encerclé par les morts qui pointaient leurs lances sur lui.

C’est alors que Sieghilde fracassa le crâne de l’un d’entre eux avec un de ses marteaux dorés. Holger dégaina son marteau-fléau qui se déploya aussitôt. Les multiples chaines formèrent une tornade mortelle qui déchiqueta les zombies alors que Holger hurlait des noms d’attaques improbables, tels que « chaîne nébulaiiiiiire ! ». Les pauvres soldats zombies ne pouvaient pas résister contre une attaque aussi violente. Très vite, l’escouade mort-vivante fut dispersée et les impériaux se tenaient victorieux sur la Grand-Place. Mais, ils remarquèrent bien vite que le répurgateur fanatique était déjà mort, empalé par une lance.

« Par Sigmar, cet abruti n’a vraiment pas eu de chance » compatit Sieghilde qui se rapprocha de son cadavre pour lui administrer les derniers rites de Morr. Mais alors qu’elle s’approchait, une gerbe de flamme engloutit son cadavre, manquant de lui brûler les mains.

« Aaaaah ! Mais vous êtes malade ! hurla-t-elle à l’intention de Holger.
-On prend pas de risques avec les morts-vivants. » dit un Holger laconique qui continua son œuvre incendiaire avec les autres cadavres. Il semblait y prendre un peu trop de plaisir au goût de Sieghilde qui le regardait, horrifiée.

« Vous avez failli me cramer !
-Pas mon problème. Fallait pas vous mettre devant, maugréa le répurgateur.
-Non mais ! Que… Quoi ?! » Sieghilde comprit vite que Holger ne lui répondrait pas et décida de passer sur l’incident. Après tout, il avait raison pour les cadavres. N’importe lequel d’entre eux pouvait se relever sans prévenir. En le regardant faire, elle vit surtout un homme qui avait vu suffisamment de morts pour ne plus refaire les mêmes erreurs. C’est à ce moment-là qu’elle comprit que ce qui venait de se passer était son pain quotidien.

« Pas étonnant qu’il soit comme ça, se dit-elle.
-Ça va ? Vous semblez pensive. » Holger regardait Sieghilde un sourcil levé, la bague encore fumante à sa main gauche. Les cendres qui voletaient autour de lui donnaient l’impression qu’il était au milieu d’un brasier.

« Euh, Non ! Tout va bien, se reprit Sieghilde. Il va falloir repartir. Je n’ai pas envie de rester ici.
-Je vous suis. » Sans regarder, Holger lança une dernière gerbe de flamme à sa gauche sur le dernier cadavre et emboita le pas de la prêtresse.

Ils sortirent de la ville pour se diriger vers le château que l’on voyait au loin. Le chemin qu’ils empruntaient était, comme toujours, à l’image de la région : boueux. Le malaise de Sieghilde ne fit qu’empirer quand elle crut reconnaître des ossements sur le bord de la route. Elle regarda à nouveau leur destination pour penser à autre chose. Le château se situait au bord du bois de la famine, qui n’avait pas obtenu son nom par hasard au vu de l’allure décharnée des arbres. La grande structure faisait penser à une cathédrale fortifiée à cause des formes compliquées de son architecture.

Mais alors que Sieghilde regardait le paysage, Holger lui tapota l’épaule. Elle jeta un coup d’œil à son compagnon qui regardait derrière eux d’un air grave. La prêtresse se retourna et vit un cavalier arriver derrière eux suivit d’une petite troupe armée. Ils portaient les couleurs noire, rouge et blanche de la ville de Carroburg.



Le cavalier semblait être le commandant de la troupe. Ils s’approchèrent jusqu’à environ quinze mètres puis le cavalier beugla :

« Soldats ! En formation ! » Le capitaine du régiment leva la main et relaya l’ordre mollement. Les hallebardiers se mirent en position en grommelant. Ils semblaient réticents à appliquer les ordres de leurs commandant.

« En avant… CHARGEZ !! » hurla le cavalier qui fonça à bride abattue vers Sieghilde et Holger. Les soldats à sa suite.
Mais avant que les deux impériaux n’aient le temps de répliquer, ils s’arrêtèrent dans leurs mouvements quand ils virent qu’un des hallebardiers avait trébuché dans la boue. En tombant, il provoqua une réaction faisant chuter tout le régiment. Le cavalier, quant à lui, dégaina son épée qu’il pointa vers l’avant en criant « Pour Carroburg ! ». Il tourna à angle droit et partit dans les champs, vers un vieux tronc d’arbre moisi. D’un geste habile et brutal, il raccourcit la bûche d’un bon pied.
Alors que Holger et Sieghilde se demandait ce qu’il pouvait bien se passer, le capitaine carrobourgeois se présenta à eux. Il était recouvert de boue et semblait particulièrement fatigué. Son armure était cabossée et certains rivets étaient manquants.

« Bonjour à vous, prêtresse-guerrière et répurgateur. Je me nomme Hans Grimmel, capitaine de l’armée de Carroburg. Et le cavalier là-bas, c’est le comte Wilhelm Gotthardt. »

Holger et Sieghilde suivirent la direction pointée par le capitaine pour voir que le comte continuait son œuvre de destruction forestière.

« Bon…jour, hésita Sieghilde. Vous pouvez m’expliquer ce que vient de se passer ?
-Je m’excuse d’avance pour ce spectacle. Pour tout vous dire, le comte est quelque peu… excentrique. Il y a un mois, il nous a emmenés moi et mes hommes pour une expédition sur un coup de tête. Evidemment il ne nous a pas dit la destination. Et du coup, nous voici en Sylvanie en train de participer à une « croisade contre le mal qui ronge l’empire », dit Hans avec force mimique exagérées. Enfin, c’est ce qu’il nous a dit il y a une semaine.
- Vous avouerez que c’est assez surréaliste comme situation, déclara Holger.
-Et pourtant c’est bien vrai, soupira Hans. Et vous ne connaissez pas son cousin, le comte Stark. Ils partagent le même fanatisme pour la charge. »

Le comte Gotthardt avait fini d’occire le tronc et revenait vers la troupe en sifflotant.

« Une bien belle victoire mon cher Grimmel ! exulta-t-il. Ce maudit homme-fétu n’a eu aucune chance !
-Effectivement, monsieur le comte. » Hans regarda Holger et Sieghilde avec l’air de l’homme qui avait supporté ce manège depuis trop longtemps.

Le comte prit un pistolet à sa ceinture et le pointa sur l’avant de la visière de son heaume, le canon vers le haut. Puis, sans la moindre hésitation, il fit feu avec son arme, ce qui eut pour effet de relever brutalement la visière de son casque. La détonation fit sursauter Holger et Sieghilde qui n’en revenait pas que cette pratique suicidaire puisse seulement exister.

« Ah Ah ! Mais qu’avons-nous là ! s’amusa le comte. Une prêtresse et un répurgateur ? Iriez-vous vers le château des Korthenhoff ?
-Eh bien oui, mais… commença Holger.
-Magnifique ! Il est toujours bon d’avoir quelques renforts en ce pays maudit ! Et maintenant partons vers l’ennemi, la tête haute ! » Et le comte fit partir son cheval au trot vers le château, son épée pointée vers sa cible.

De leur côté, Sieghilde et Holger n’avait toujours pas réussit à comprendre la moitié des évènements qui venait de se dérouler et se regardaient d’un air hagard.

« Vous finirez par vous y habituer, comme nous tous, dis Hans d’un ton las. »

Sieghilde et Holger se dirent qu’attaquer le château avec la troupe était peut-être la meilleure idée. Au moins, ils pourraient les empêcher de se faire massacrer. C’est ainsi qu’ils suivirent presque à contrecœur le comte fou et sa troupe désespérée jusqu’au château des Korthenhoff, même si Holger avait le sentiment d’être épié depuis les fourrés environnants.
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Lun 12 Oct 2015 - 22:27

Dixième chapitre : Sang pour sang


Les impériaux arrivèrent non loin de l’entrée du château, le comte se trouvait à l’avant de la formation. Les troupes de ce dernier le suivait tant bien que mal dans sa marche effrénée. Sieghilde et Holger accompagnaient le mouvement quelque peu à contrecœur. L’édifice se tenait devant eux, des nuages sombres qui ne semblaient jamais vouloir partir assombrissaient la région. La pluie avait cessé mais on pouvait voir des éclairs déchirer les nuages au loin. Les impériaux frémirent devant ce paysage cauchemardesque.




C’est alors que la voix d’Holger se fit entendre :

« Mouais, pas trop mal, dit-il en regardant les alentours. Elle sait y faire pour l’ambiance, mais franchement ça manque d’originalité. Une fois, j’ai été surpris par un vampire de l’est qui empalait des…
-Merci Holger, le coupa sèchement Sieghilde, mais ce n’est pas le moment pour des comparaisons décoratives. »

Blessé dans son orgueil, Holger se renfrogna et grommela dans son coin sous le regard réprobateur de la prêtresse-guerrière. Si cette petite scène de ménage détendit l’atmosphère, les impériaux restèrent néanmoins sur leur garde. En continuant sur leur chemin, ils atteignirent le pont qui menait à l’entrée du château. Malheureusement pour eux, ils n’étaient pas les seuls à l’emprunter, car une petite troupe de morts-vivants s’avançaient vers eux en claudiquant.

Les soldats impériaux se préparèrent au combat en courant immédiatement vers leur comte pour l’empêcher de foncer seul dans la mêlée comme à son habitude. Ils se disaient qu’avec de la chance, ils l’atteindraient avant qu’il ne remarque les morts-vivants. Mais à peine furent-ils à son niveau, que le comte se releva de toute sa hauteur, brandit son épée et hurla :

« Soldats !!...
-Et merdre, grogna Hans Grimmel en accélérant le rythme. Grouillez-vous les gars !
- …Chargeons ces impurs et vils crachats de magie noire qui se dressent devant nous ! Allons de l’avant ! La tête haute ! dit le comte qui commençait à faire avancer son destrier. Pour l’empire ! Pour Carrobuuuurg !
-Bon j’en ai marre, il va se faire estourbir à ce rythme ! s’exaspéra Hans. Abattez son cheval les gars ! Abattez son cheval !! »

Une fois l’ordre donné, une pluie de projectiles divers et variés -majoritairement constitué de hallebardes et de lances- partirent en direction du comte. Mais sa monture était trop rapide et les tirs ratèrent leur cible. Le comte carrobourgeois partit au galop en plein dans les rangs ennemis. Il faisait des moulinets dévastateurs avec son épée, réduisant en miettes les macchabés  sur son chemin. On pouvait l’entendre hurler à plein poumon le cri de guerre ancestral de sa famille : « YOOOOOLOOOOOO ! ».

De son côté, Sieghilde regardait la scène, abasourdie, en se demandant comment ils avaient pu survivre aussi longtemps avec des techniques pareil. Sieghilde se retourna vers Holger pour savoir ce qu’il en pensait. Mais le répurgateur n’était plus présent à ses côtés.

« Oh non, c’est pas vrai, soupira-t-elle. »

En regardant à nouveau le pont, elle vit Holger en plein milieu de la mêlée, son marteau-fléau en plein action. « BUUULIIIIAAAA » hurlait l’inquisiteur alors qu’il réduisait en charpie un hallebardier mort-vivant. Les carrobourgeois rejoignirent le carnage pour tenter de récupérer leur comte, rajoutant une bonne dose de chaos à l’escarmouche. Mais dans tout ce fatras, Sieghilde remarqua que les morts ne semblaient pas réagir. Ils ne répliquaient pas et continuaient leur route sans sourciller. La prêtresse rejoignit comme elle put les impériaux sur le pont pour les prévenir qu’il n’y avait aucun danger. Malheureusement, le comte Gotthardt avait atteint l’entrée principale. Sans arrêter sa charge folle, il s’y engouffra, toujours sur sa monture. Les soldats du comte en firent de même et Sieghilde se retrouva entrainée par la masse sans pouvoir rétorquer quoi que ce soit.

« Eh, mais attendez-moi ! » fit Holger en remarquant le mouvement de troupe. Le répurgateur avait aussi remarqué que les soldats zombis ne répliquaient pas vraiment, ce qui lui gâchait un peu son plaisir. Il devait s’agir d’un bataillon de reconnaissance envoyé par la comtesse avec comme seule directive d’aller d’un point A à un point B sans réfléchir. Cette dernière tâche étant le domaine de prédilection du zombi de base. Mais alors qu’Holger allait entrer dans le bâtiment, quelque chose d’imposant et rapide lui rentra dans le flanc. Le choc fut si violent que Holger fut soulevé du sol et son envol impromptu le fit basculer du pont. Incapable de réagir, le répurgateur chuta de plusieurs mètres dans la forêt en dessous. Dans sa dégringolade, il heurta plusieurs branches d’arbres qui le ralentirent douloureusement mais efficacement. En atterrissant brutalement sur le sol marécageux, le répurgateur se sentit sombrer dans l’inconscience alors qu’il apercevait subrepticement entre les arbres cette ombre qui les suivait depuis Siegfriedhof.



Au même moment, Sieghilde et les carrobourgeois étaient entrés dans le château. Les hauts murs qui se finissaient par un plafond en voute donnaient à l’ensemble une allure de cathédrale abandonnée et sordide. Les multiples escaliers qui partaient de l’allée principale rendaient l’endroit labyrinthique. Il était donc presque impossible pour les impériaux de savoir où était parti le comte.

« Chiure de griffon ! jura Hans. Où est-ce qu’il est passé encore ?
-Plutôt que de rester ici à hésiter, on ferait mieux de se mettre en marche, fit remarquer Sieghilde. On finira bien par le retrouver dans le château. Et puis, je préfère ne pas faire du surplace dans un château de vampire. Les embuscades peuvent venir de partout. »

Les soldats acquiescèrent timidement et suivirent la prêtresse dans les couloirs. Après quelques mètres, Sieghilde s’exclama :

« Mais d’ailleurs, où est Holger ? Quelqu’un l’a vu entrer ?
-Non m’dame, mais il nous suivait y’a même pas deux minutes, lui répondit un soldat.
-Magnifique… Maintenant on a perdu un deuxième cinglé incontrôlable dans un dédale rempli de morts-vivants, soupira Sieghilde. Mais je m’inquiète moins pour lui. Mettons-nous en marche, il faut que l’on se dépêche. »

Même si le comte restait la priorité, la prêtresse de Sigmar était impatiente de retrouver Holger pour lui faire rentrer dans le crâne -à l’aide de ses marteaux principalement- ce principe élémentaire qu’était la prudence. En continuant plus avant dans le château, les soldats durent allumer des torches à cause de l’obscurité ambiante qui s’épaississait de plus en plus à chaque mètre parcouru dans les couloirs et cela était dû, en grandes parties, aux grands rideaux qui couvraient les fenêtres, occultant encore plus le peu de lumière qui arrivait de l’extérieur.

Les ombres projetées par les flammes, additionnées aux nombreux bruits de grattements et hurlements lugubres, inquiétaient grandement les pauvres soldats de Carroburg. La paranoïa allait bon train et les petits cris de stupeur étaient fréquents durant l’exploration. La troupe avançait en rang serré, les torches brandies pour voir le plus loin possible.
Après une intersection ils arrivèrent devant une lourde porte en bois. A travers les quelques fissures dans les planches on pouvait voir poindre un peu de lumière.

« Restez en formation, je vais ouvrir la porte, déclara Sieghilde.
-Je vais vous aider, dit un des hallebardiers. »

En poussant un peu, la porte s’ouvrit en faisant gémir ses gonds qui n’avaient pas été utilisés depuis longtemps. Une petite chapelle se révéla à eux, la lumière venant d’un petit -mais néanmoins ouvragé- vitrail. Quelques bancs brisés jonchaient la salle. Les impériaux rentrèrent rapidement dans la pièce, mais Sieghilde, qui inspectait l’endroit, tonna :

« Restez derrière ! Ne vous approchez pas ! Et surveillez cette porte !
-Il y a un problème m’dame ? demanda Hans. »

Sieghilde lui pointa l’autre côté de la pièce où un chevalier en armure entouré de vapeurs magiques se relevait lentement.




« Ah, ouais. Bordel. » dit simplement Hans qui s’en retourna vers ses troupes sans pouvoir quitter des yeux le chevalier. Des émanations bleutées sortaient d’entre les jointures de son plastron et à travers la visière de son heaume. Le chevalier inconnu récupéra  une épée longue sur le sol devant lui et se mit en garde.

« Il doit être un énième chevalier errant qui cherchait la gloire en tuant du vampire, leur dit Sieghilde. Je m’occupe de l’exorciser. Faites attention à ce que rien ne rentre par la porte. D’autres zombis pourraient venir nous prendre à revers. »

Des paroles qui ne pouvaient pas mieux tomber puisque les soldats près de la porte entendirent des grognements rauques dans le couloir qu’ils avaient empruntés.

« Je crois que c’est des goules capitaine !
-Préparez le mur de lances ! cria Hans. On va les repousser. Vous cinq, avec moi sortez vos épées, on va rester derrière et tuer celles qui passent. Faites gaffe à leur griffes, il parait que ça t’empoisonne ces saloperies là. »

Tandis que les soldats se préparaient au combat, Sieghilde s’approchait du chevalier fantôme en récitant une litanie. Ce dernier ne voulut apparemment pas lui laisser le temps de la finir et se fendit d’un estoc que la prêtresse esquiva au dernier moment. La lame laissa une entaille sur le tissu recouvrant le plastron de la prêtresse. Tout en continuant à réciter sa prière, Sieghilde frappa de ses marteaux le chevalier. Ce dernier, plutôt habile, en para un mais il reçut l’autre sur son épaulière ce qui le fit chanceler.
Sieghilde entendait les troupes carrobourgeoises se battre de l’autre côté de la salle contre les goules qui venait d’arriver. Elle devait se dépêcher d’en finir pour pouvoir aller les aider.

Le chevalier recula de quelques pas et prit une posture plus agressive, mettant son épée au-dessus de sa tête. Sieghilde n’ayant pas de heaume, il voulait frapper son principal point faible. Au même moment, Sieghilde avait fini son incantation et ses marteaux se mirent à briller d’une faible lueur dorée. Le chevalier sembla le remarquer et recula d’un pas. Mais il repartit à la charge, son épée brandie. Cette fois, Sieghilde était plus préparée et frappa avant le chevalier, le premier marteau dévia la lame et le deuxième fracassa le heaume dans une gerbe d’étincelle dorée. Le chevalier tomba lourdement à la renverse en criant d’une voix éthérée. Sieghilde se plaça au-dessus de lui et énonça des mots de pouvoir pour bannir l’âme qui contrôlait l’armure. Une brume immatérielle apparue devant elle en sortant brusquement de l’armure. Sieghilde distinguait clairement des bras tendus pour l’attraper. Mais la prêtresse réagit rapidement, une fois encore, et frappa la forme de ses marteaux. Le spectre se désagrégea sur le coup après une longue plainte qui sonna comme un soupir de soulagement selon Sieghilde.

La prêtresse resta quelques instants, pensive, devant l’armure vide du pauvre chevalier maudit. Mais les éclats du combat proche la firent revenir à elle. Elle se rua vers la porte pour voir que les carrobourgeois avaient réussi à repousser les goules. Les cadavres des nécrophages recouvraient le sol, brisés et agonisants. Trois soldats étaient morts, et deux autres étaient blessés, mais ils s’en tiraient à bon compte. Sieghilde aida les survivants à se remettre en les calmants avec une prière qu’on lui avait apprise durant sa formation.
C’est alors qu’un cri de guerre retentit à travers les couloirs, suivit de plusieurs gémissements de douleurs. Pour Hans Grimmel et ses hommes, c’était forcément le comte. La troupe se remit en marche, le moral un peu remonté par cette victoire.



Holger se réveilla lentement en se prenant le crâne entre ses mains. Il n’avait aucune idée du temps qui avait pu passer durant son inconscience. En regardant autour de lui, il put récupérer son cher marteau et quelques autres équipements manquants. C’est alors qu’il entendit un grognement sourd non loin de lui. Il regarda dans la direction du bruit pour voir un énorme loup juché sur une pierre qui regardait dans sa direction.

« Un loup-garou, s’exaspéra Holger à haute voix. Quand je disais qu’elle n’avait aucune originalité celle-là. » Le répurgateur déploya son marteau-fléau pour former un mur protecteur de chaîne. « Allez viens là, sac à puces ! On va voir ce que tu sais faire ! »

Même s’il fanfaronnait, Holger savait que le combat contre un loup-garou pouvait s’avérer difficile. Ces créatures étant douée de régénération il fallait les tuer rapidement, sous peine de se voir prit dans un combat d’usure qu’un simple humain ne pouvait pas gagner. La bête sauta de son perchoir et se mit à courir rapidement autour du répurgateur, cherchant une faille dans la défense ésotérique. Après quelques tours, sans prévenir, le monstre se jeta sur Holger toutes griffes dehors en rugissant. Une chaîne lui arriva dans les côtes mais sans vraiment le gêner. Holger fut propulsé contre un arbre quand que le loup-garou le balaya avec ses mains. Les griffes entaillèrent profondément le cuir, blessant le répurgateur au bras droit.

Holger se releva en chancelant et recommença son tourbillon de chaîne. Mais cette fois quand le loup-garou repartit à la charge, Holger abattit toutes les chaînes sur la bête qui se fit broyer sous la violence du coup. Presque planté dans le sol, le loup-garou était en train de régénérer lentement ses plaies quand Holger se plaça à côté de lui. Il posa la tête de son marteau-fléau -qui s’était reformé- à ses pieds et s’adressa au loup-garou agonisant.

« Au fait, tu as dû le remarquer, mon fléau n’est pas en argent. » Holger appuya vers le bout du manche ce qui provoqua un petit cliquetis. Il attrapa le bout et tourna, détachant ainsi un quart du manche du marteau qui se révéla être un pieu en métal. « Ce truc par contre, il l’est. »

Holger enfonça violemment le pieu en argent dans le cœur du monstre qui poussa un jappement et s’effondra définitivement.

« L’argent, y’a que ça de vrai » ricana Holger qui essuya le pieu et le replaça dans le manche du marteau-fléau.

Une fois sa plaie pansée, le répurgateur repartit vers le château, mais par les niveaux inférieurs cette fois-ci. Il entra dans une grotte qu’il avait aperçue auparavant, le loup-garou semblait en être venu au vu des touffes de poils accrochés aux saillies rocheuses. Au fur et à mesure qu’il avançait, Holger rencontra de plus en plus de pierres taillées et autres ouvrages plus humains que naturels. Il finit par rencontrer des escaliers qu’il monta en grommelant contre l’architecte pour en avoir fait autant. Une fois en haut, Holger déboucha dans une grande pièce avec une herse baissée de l’autre côté. Au milieu de la pièce, on pouvait voir une table avec des pièces sculptées sur un damier. En s’approchant de la table, Holger vit que les pièces pouvaient être bougées et que certaines cases avaient des motifs particuliers.



« Et merdre, une énigme ! Font chier ces vampires avec ces conneries, pourrait pas mettre un levier caché tout simplement ? s’emporta Holger. Non ! Il faut tester l’intelligence du premier couillon qui vient… » Pendant qu’il poussait force jurons, Holger essayait de résoudre l’énigme pour rentrer dans le château. Une heure, quelques insultes et une explosion de colonne voisine plus tard, le répurgateur avait trouvé la solution et la grille s’ouvrit lentement. L’inquisiteur en profita pour détruire la table avec le damier en guise de vengeance avant de s’engouffrer par l’ouverture.


Il déboucha sur une série de couloirs et d’escaliers, mais une porte retint son attention. Holger pouvait entendre quelqu’un s’y battre avec acharnement. En arrivant au niveau de l’embrasure de la porte, Holger vit le cadavre du cheval de bataille du comte Gotthardt. Sans réfléchir, une habitude pour Holger, il s’engouffra dans la pièce pour y retrouver le comte aux prises avec deux goules. Le noble avait déjà occis trois autres nécrophages avec son épée mais il était en mauvaise posture puisque sa lame était coincée dans les côtes de sa dernière victime. Holger arriva à son secours en broyant avec finesse les deux goules restantes.

« Bien le merci, messire répurgateur ! s’exclama le comte quelque peu essoufflé qui dégagea son épée. Mais le combat n’est point terminé. Notre véritable ennemi est de l’autre côté de la salle ! »

Holger regarda dans la direction pointée par le comte pour apercevoir un nécromancien vieux et rachitique qui ricanait en agitant son bâton cabalistique. Il ressemblait à un novice en magie noire qui en 50 ans n’avait jamais réussi à atteindre le grade de nécromancien. Mais il y croyait très fort.

« Vous êtes deux maintenant ? brailla le nécromancien. Tant mieux, ça n’en sera que plus amusant ! Mes goules, mes zombis et surtout mes terribles hommes-fétus auront raison de vous !
-Pfeuh ! se gaussa Holger. Envoie-les nous tes… Attendez QUOI ? » Holger était tellement désemparé devant une telle absurdité qu’il en avait arrêté net ses railleries habituelles. « Des homes-fé… ?! Mais c’est qu’il se fout de nous en plus !
-Malheureusement non ! Ces terribles engeances sont ses créations, je les pourchasse depuis des mois ! »

Comme pour appuyer les dires du comte, de nombreuses formes sortirent des ombres. Les terrifiants hommes-fétus s’approchèrent lentement du comte et du répurgateur médusé. Ces bouts de bois difformes et maigrichons étaient tout saufs menaçants, mais le comte semblait prendre la menace très au sérieux. Bouche bée et le regard dans le vague, Holger ne réagissait pas. Le nécromancien se plaça au milieu de ses hommes-fétus et railla ses adversaires :

« Vous n’avez aucune chance pauvres mortels ! Ils sont invincibles !... »

Et c’est pendant le discours du nécromancien, qui gesticulait tellement qu’il semblait avoir une attaque cardiaque, qu’un mécanisme primaire du subconscient de Holger se mit en route : dans le doute, bute tout le monde.

«Mais tu vas la boucler avec tes bâtonnets maudits ! Nécromancien de mes deux !  » Le répurgateur leva son bras gauche et sa bague brilla plus intensément que d’habitude. Holger semblait animé par une volonté nouvelle. Un désir tellement simple et primal que ce sentiment irradiait. Holger commença visiblement à briller d’une lueur rougeâtre. Soudainement, une gerbe de flamme titanesque sortit du bijou, enveloppant la salle dans un véritable enfer.

« BRULEZ  DANS LES FLAMMES PURIFICATRICES ! MOUREZ LES FACES DE TRONCS ! » hurlait-il comme un possédé.

Le feu s’attaqua aux hommes-fétus qui gigotèrent grossièrement tandis qu’ils s’embrasaient. Ils finirent rapidement tous carbonisés sur place et tombèrent en morceau. Le nécromancien, dont la robe n’était pas ignifugée, prit feu lui aussi et mourut consumé par les flammes purificatrices à son tour. Après quelques minutes à purifier, Holger se calma et l’enfer finit par s’éteindre. Il semblait épuisé par son dernier exploit. Le rubis, encore rougeoyant, fumait à son doigt. Le comte s’approcha du répurgateur tout sourire :

« Eh bien, vous n’y allez pas de mains mortes ! Merci pour nous avoir débarrassé de ce fléau ! Une fois retournés à Carroburg, vous  recevrez une forte récompense pour votre bravoure. Mais maintenant, je crois que nous allons nous occuper de votre problème. Il y a une comtesse vampire dans ce château, non ?
-Heu… oui. Mais vous avez dit que je vais avoir de l’argent ? »

Holger avait un autre gros défaut, un appât du gain plutôt prononcé. Son coup de sang oublié, et malgré la fatigue, Holger parla longuement de la récompense promise avec le comte sur le trajet. Ce dernier n’en prenait pas offense et restait concentré sur sa cible.


Une fois arrivés vers le sommet du château -puisque c’est toujours là que les vampires mégalos se trouvent, ça doit être une convention parmi eux- ils retrouvèrent Sieghilde et les soldats qui tentaient de défoncer les portes. En cherchant dans le château ils avaient fini par se perdre et étaient arrivés sans le vouloir tout en haut. Sieghilde avait décidé d’en profiter pour s’occuper de la comtesse et ainsi rendre plus simple la recherche du comte. Quand ils aperçurent ce dernier et Holger, les soldats se précipitèrent à leur rencontre. Après avoir rapidement résumé les rencontres respectives de chaque groupe, ils entreprirent de s’attaquer à nouveau à la porte.

Ils avaient décidé que le comte et ses soldats resteraient à la porte pour défendre leurs arrières tandis que les sigmarites iraient confronter la vampiresse. Sieghilde commença à réciter une prière d’enchantement pour ses marteaux.  Pendant que les soldats s’occupaient de la porte, les rêveries vénales d’Holger prirent brusquement fin quand le répurgateur se rappela pourquoi ils étaient là. Derrière cette porte se trouvait sa cible. La vampiresse qui leur apporterait les précieuses informations dont ils avaient besoin… La vampiresse qui lui tape sur le système avec ses pièges foireux et ses nécromanciens en carton. Lentement mais surement, la rage combinée à la haine viscérale des créatures de la nuit prit le dessus sur Holger. Il bouillonnait sur place. Son attention toute entière était ancrée sur la porte. Juste avant le coup décisif dans le bois de cette dernière, qui était sur le point de céder, Holger s’interposa.

« NON ! Arrêtez-vous là !
-Mais ?... Pourquoi ? lui demanda un des soldats.
-C’est à moi d’ouvrir la porte. A moi seul !! » cria-t-il sur le pauvre garde qui recula de peur.

Holger se tint devant la porte. Il semblait vouloir la faire exploser avec son seul regard. Sieghilde, à côté, rassura le garde avant de se replacer non loin d’Holger. Elle remarqua que le répurgateur était à bout de nerfs. Ou extrêmement impatient, elle ne savait pas trop. Finalement, Holger s’approcha de la porte. Leva son pied et frappa de toutes ses forces dans la porte, ouvrant les deux battants à la volée.

« INQUISITION ! RENDEZ-VOUS ! ET AU NOM DU DIEU EUTHANASIE JE SERAIS CLEMENT ! » hurla Holger à plein poumons. Il déploya en même temps son marteau fléau qu’il fit virevolter en l’air. La grande pièce circulaire contenait quelques meubles organisés en cercle. De longues tentures couvraient les fenêtres. Sur l’un des sofas, la comtesse Korthenhoff attendait patiemment, un verre de sang à la main. Habillée d’une robe noire ouvragée mais néanmoins simple, elle souriait poliment aux sigmarites.

« Bonjour, dit-elle. Vous avez l’air fatigués, prenez un siège. »

La comtesse indiqua un fauteuil brodé d’or non loin d’elle. Il ne redevint qu’un tas de brindilles et de tissus quand Holger l’écrasa sans pitié l’instant qui suivit.

« Keskeldit avec sa bouche ?!? aboya Holger qui réarmait son fléau.
-Que vous devriez vous calmer ! tonna Sieghilde derrière Holger, elle se tourna ensuite vers la comtesse. Et merci pour l’invitation, mais nous sommes là pour…
-…Te faire bouffer tes dents, ma botte et mon marteau !!! » gueula Holger qui cette fois reçu un taquet derrière la nuque par Sieghilde pour lui faire comprendre que des fois, il faut savoir la fermer. Mais la prêtresse commençait à s’inquiéter. En présence d’un vampire, Holger semblait perdre tout contrôle.

Sieghilde se tourna vers la comtesse pour se rendre compte que non seulement elle n’était plus à sa place, mais que la rapière qu’elle maniait se déplaçait très rapidement dans sa direction. Par pur réflexe, la prêtresse esquiva la lame mais elle reçut une estafilade à la joue droite. La comtesse se réceptionna habilement derrière les sigmarites et se remit en garde, sa rapière pointée vers le bas.

« Il n’y a pas besoin d’être omniscient pour comprendre la raison de votre venue, dit-elle. Alors faites-moi plaisir et cessons les bavardages inutiles. J’ai d’autres choses à régler. »
A peine avait-elle finie sa phrase que les portes de la pièce se refermèrent en claquant. Les cris que l’on commença à entendre de l’autre côté impliquaient que les soldats étaient en mauvaise posture.

« On est d’accord, s’exclama Holger. »

Le répurgateur ne tenait plus et se lança à corps perdu dans un duel avec la comtesse. Son marteau-fléau voletait en tous sens vers la vampiresse qui esquivait les coups sans grande difficulté. Elle avait l’air de glisser sur le sol, ses déplacements étant presque fantomatiques. Mais ses attaques, elles, étaient chirurgicales. Chaque frappe passait à travers les chaînes de Holger comme si elles n’étaient pas là. Et le répurgateur commençait à accumuler les blessures.
Une rapière est majoritairement utilisée pour percer les armures, mais elle n’inflige que peu de dégâts en comparaison avec ses homologues. En revanche, avec sa vitesse et sa maniabilité, elle peut devenir un parfait outil de harcèlement. Et dans les mains d’un expert, une rapière peut vous délivrer une mort aussi lente que douloureuse.
Sieghilde avait eu le temps de finir sa litanie avant de rentrer et ses marteaux brillaient de leur lueur dorée habituelle. Mais la tempête d’acier qu’était Holger l’empêchait de s’approcher au risque de se faire prendre dans le tourbillon. La prêtresse ne pouvait que regarder en serrant les dents. La comtesse attaqua à nouveau, cette fois elle planta profondément sa lame dans l’épaule déjà blessée de Holger. Il grogna de douleur quand la lame pénétra sa chair. Holger pouvait voir que la comtesse souriait de plus belle en voyant le sang du répurgateur couler.

«Vous êtes une proie amusante, vous savez. A vous débattre inutilement avant la fin… »

La comtesse s’arrêta quand elle vit que Holger souriait lui aussi à pleine dents. Dans son amusement, elle n’avait pas entendu le petit cliquetis provenant d’un des pistolets de Holger, dont le canon était placé sous le menton de la vampiresse.

« On sourit, le petit plomb va sortir ! ricana Holger »

La décharge du pistolet se répercuta dans toute la pièce tandis que le projectile blessait la vampiresse à la mâchoire. A cette distance, impossible de rater sa cible.
La comtesse tituba en arrière en se tenant le visage. Un cri de douleur étouffé parvint à se frayer un chemin entre ses dents serrées. Quand elle enleva sa main, une balafre était apparue sur sa mâchoire inférieure, dévoilant l’os. L’argent de la balle empêchait la blessure de cicatriser. Au contraire, cette dernière fumait légèrement. Mais aucune goutte de sang ne coula. Les vampires étant morts par définition, leur cœur inerte n’irriguait plus les vaisseaux sanguins. En revanche, ce qui était bien vivant, c’était le sentiment de haine pure que dégageait la vampiresse. Elle chargea immédiatement Holger, sa rapière pointée vers le cœur du répurgateur. Mais cette fois, ses réflexes surhumains lui permirent de se rétracter pour éviter le marteau de Sieghilde.

« C’est vrai… Vous êtes deux, fit remarquer la comtesse. Autant équilibrer le jeu alors. »

Une vitre se brisa alors qu’un loup-garou passa à travers. Mais son atterrissage fut un peu plus gauche puisqu’il s’étala de tout son long en dérapant sur le marbre poli au sol.

« Attends, je le reconnais celui-là ! s’exclama Holger.
-Lui ôtez la vie n’est pas gage d’efficacité en ces terres vous savez, ironisa la comtesse. »

D’un mouvement rapide de la main de la comtesse, le loup-garou se releva maladroitement. Son regard vide et les plaies béantes qu’il arborait indiquait qu’il avait vraisemblablement été zombifié il y a peu. Il braqua ses yeux vitreux vers le répurgateur et le chargea sans attendre. Holger, blessé, essaya tant bien que mal de résister à l’assaut certes plus lent, mais surtout inlassable du loup-garou. Son instinct de survie étant passé aux oubliettes, la bête fonçait sans se soucier des dégâts reçus. Du coup, Holger passait son temps à reculer en le pilonnant de coups. Tandis que Sieghilde regardait Holger se démener pour rester en vie, elle entendit une voix à sa droite.

« A nous maintenant… Cela ne devrait pas être long maintenant que le seul membre compétent en combat est occupé.
-Seul… Compétent? répéta lentement Sieghilde.
-Quoi ? s’étonna la comtesse. Vous voulez me faire croire que vous avez une chance ? Tiens, je vais plutôt vous en laisser une. Partez dans le coin là-bas avec vos marteaux lumineux, on manque d’éclairage pour mieux voir le combat. »

La comtesse se désintéressa de la prêtresse pour regarder Holger se battre. Les vampires anciens ayant une expérience considérable, peu de choses les étonnent. Ce qui fait qu’ils ont généralement la durée d’attention d’une purée de radis. Cette fois, c’est Sieghilde qui fulminait. Ses marteaux se mirent à briller d’une intensité nouvelle. Intensité que la comtesse put apprécier de très près quand Sieghilde lui asséna un coup particulièrement violent dans l’abdomen. La comtesse partit plusieurs mètres en arrière. Elle se réceptionna tant bien que mal en se tenant le ventre. Le choc avait été plus brutal qu’elle ne l’imaginait. En regardant la prêtresse, la comtesse ressentit quelque chose qu’elle avait oubliée depuis longtemps. Une petite démangeaison qui vous parcoure la colonne qu’on appelle aussi la peur. Les yeux écarquillés, la comtesse regardait Sieghilde s’approcher d’elle. Ses marteaux dorés étaient presque incandescents, son visage n’était que colère. Et ses yeux étaient imprégnés de la fureur de Sigmar lui-même. Sieghilde finit par s’arrêter devant elle, son bras armé pour frapper. Elle remarqua que la comtesse plissait les yeux, presque aveuglé par la lumière qu’elle dégageait.

«  Tu ne vois pas bien ? Attends… Laisse-moi éteindre la lumière. »

Sieghilde abattit son marteau sur la vampiresse avec toute sa rage. On pouvait entendre des os se briser alors que l’arme faisait son œuvre. Et la comtesse sombra dans l’inconscience. La lumière fit place à l’obscurité.


Quand elle se réveilla, elle sentit rapidement la douleur de ses blessures récentes. Mais ce qui la gênait encore plus, étaient les liens qui la maintenaient attachée. En regardant autour d’elle, elle reconnue une des geôles du château. Devant elle, se tenait Holger et Sieghilde. Le répurgateur était couvert de bandages en tout genre et il semblait fatigué.

« Elle se réveille enfin, commença Holger. Ce n’est pas trop tôt. Tu aurais pu y aller plus doucement.
-C’est vous qui me dites ça ? s’indigna Sieghilde. »

Holger ne releva pas la pique tandis que Sieghilde s’approchait de la comtesse.

« J’adorerais vous arracher chaque information personnellement, siffla Sieghilde. Mais mon collègue ici présent est bien plus efficace que moi en la matière. Je vous laisse donc entre ses mains expertes.
-Sieghilde, si vous voulez bien quittez la pièce.
-Faites ce que vous avez à faire. »

La prêtresse sortit de la pièce en lançant un regard haineux à la comtesse.

« Faut croire qu’elle ne vous aime pas vraiment, dit Holger en s’approchant. En même temps je la comprends. Je suppose que tu ne vas pas me donner la moindre information ? »

La comtesse cracha au visage du répurgateur avec un petit sourire satisfait.

« Je préfère ça ! ricana Holger. Continue de résister surtout, c’est ce qui rend la chose bien plus drôle. »

Holger récupéra une torche sur le mur adjacent. La lumière tremblotante éclaira une table placée non loin que la comtesse n’avait pas encore remarquée. Et elle n’avait pas envie de connaitre les instruments en tout genre posés dessus. Elle commençait à trouver le répurgateur de plus en plus inquiétant. Au point que la prêtresse incandescente n’était pas si mal en comparaison. Holger gloussait presque en baladant ses doigts sur les instruments.

« Je vais être gentil et éviter la gorge et les poumons. Il faudrait que tu puisses parler à la fin… Mais au fait ! » Holger se retourna brusquement vers la comtesse, le regard fou.  « Tu n’as pas encore fait la connaissance de ma bague ! Laisse-moi te présenter ! »



Plusieurs heures passèrent, durant lesquelles Sieghilde avait presque pitié pour la comtesse.  Holger avait une certaine réputation dans le milieu. Ceux qui avaient déjà assistés à une séance d’interrogatoire mené par le répurgateur préféraient garder ce souvenir enfermé à double tour dans un coin de leur tête et ne plus jamais en reparler. Pour le moment Sieghilde était avec les soldats carrobourgeois. Ces derniers avaient réussi à tenir la porte pendant que Sieghilde et Holger affrontaient la comtesse, mais au prix de lourdes pertes. Elle aidait donc les blessés à se remettre. Holger revint enfin des geôles en s’époussetant. Un sac à la main.

« Alors ? demanda Sieghilde. Où est la comtesse ? »

Holger lui montra le sac.

« Je jetterais ça dans la première rivière qu’on trouvera. Pour le moment, on retourne en Bretonnie. Je vous expliquerais pourquoi en chemin. »

La compagnie impériale sortit du château avec le comte et les quelques soldats restants. Quand ils arrivèrent enfin à l’air libre le comte s’exclama sans crier gare.

« Nous sommes enfin sortis de ce maudit château !! Victoire mes camarades ! Nous pouvons enfin rentrer et prendre du repos ! »

Les soldats poussèrent un soupir de soulagement collectif. Le comte sortit un pistolet à sa ceinture et le plaqua sur l’avant de son heaume. Sieghilde et Holger se rappelèrent de la manie particulière du comte et plaquèrent leurs mains sur leurs oreilles. Le coup partit, relevant la visière du heaume. Mais cette fois, un autre bruit étrange se produisit. Celui d’un corps qui s’étale de tout son long dans la boue. Horrifiés, la troupe regardait le cadavre du comte Gotthardt qui venait de tirer son dernier coup un peu trop bas…

« Euh, commença Sieghilde. Est-ce qu’il vient réellement de… ?
-Oui, la coupa un Hans affligé. Il l’a finalement fait cet abruti. »

Les impériaux restèrent sans voix devant le cadavre encore fumant du comte pendant quelques secondes avant que Hans ne reprenne la parole.

« Vous pouvez y aller. Nous n’allons pas vous retenir plus longtemps.
-Merci… hésitait Sieghilde. Toutes mes condoléances pour le comte.
-Bah, il est mort comme il a vécu : n’importe comment. Nous ramènerons son cadavre à Carrobourg. Merci encore pour votre aide.
-Merci à vous, répondit Holger. Et bon courage ! »

Les impériaux se quittèrent ainsi devant le château Korthenhoff. Sieghilde et Holger partirent alors vers la Bretonnie. Leur périple de retour fut moins long qu’à l’aller, car ils ne s’arrêtèrent pas à Altdorf. Et c’est ainsi que, après quelques voyages en bateaux à vapeur, nous les retrouvons en compagnie de Hjalmar, Guillaume et Cédric non loin de Marienburg.
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Kaops
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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Mar 12 Jan 2016 - 20:05

Onzième chapitre : Plus on est de fous, plus on rit



La nuit arrivait à son terme, les lueurs de l’aube se découvrant derrière  l’horizon. Assis en cercle autour d’un feu, impériaux, bretonniens et barbare profitaient de leur premier vrai instant de repos qui durait un bon moment déjà. Holger et Sieghilde venaient de finir leur histoire après avoir écouté celle de Cédric et Guillaume. Hjalmar, lui, était resté relativement silencieux, comme à son habitude. Quelques minutes supplémentaires passèrent avant que Guillaume ne brisa le silence :

« Et donc, quel est le plan de Volkhart ? Domination du monde ou quelque chose du genre ?
-Quelque chose du genre, répondit Holger.
-Il souhaite résoudre un problème qu’il a malencontreusement lui-même créé, enchaina Sieghilde. Il y a plusieurs années, Volkhart a affronté un adversaire qui a failli le tuer…définitivement. Dans une tentative finale pour le vaincre, Volkhart l’a maudit en le bannissant du monde des vivants… » Sieghilde s’arrêta et prit un air gêné alors qu’elle appréhendait la suite. « Ou du moins il a essayé vu que son sort a quelque peu raté…
- Un véritable fiasco d’après la comtesse, renchérit Holger en la coupant.
-Volkhart a moins maudit son ennemi qu’il n’a endommagé son âme, l’obligeant ainsi à se nourrir continuellement d’autres âmes pour rester en vie.
-Et quel est le problème ? demanda Cédric. Un guerrier, aussi terrible soit-il, ne tiendrait pas longtemps avec une telle malédiction. »

Hjalmar, qui avait repris de l’intérêt à la conversation à la mention du guerrier,  prit un air grave. Comme s’il savait déjà de qui on parlait.

« C’était un seigneur du chaos, laissa tomber Sieghilde. Et en chaotique qui se respecte, mutations oblige, il a appris à utiliser cette malédiction à son avantage…
-Oh, dirent en chœur les chevaliers.
-Et Varskrom - tel est son nom - est du genre rancunier. Cela fait des années qu’il traque Volkhart pour le tuer et ainsi briser la malédiction.
-Oh. »

Les chevaliers comprirent bien vite que Volkhart ne souhaitait pas vraiment recevoir la visite dudit Varskrom.

« Donc l’armée possible de dragons mort-vivants c’est pour battre Varskrom ?
-Et dominer le vieux monde, dit Holger. C’est un vampire, même dans la merde jusqu’au cou, il cherchera à dominer un truc. » Holger se racla la gorge «  Et j’ai déjà vu ce Varskrom à l’œuvre, j’ai participé à un tournoi où il était présent.
-Et ? demanda Guillaume. On a une chance ?
-Il a pulvérisé tous les participants, perpétué un génocide de masse sur la garde de la ville pour s’occuper et n’a été blessé qu’en finale.
-Oh…
-Ah, et il a failli détruire la ville entière en se transformant en semi-démon, semi-géant. Mais ça, c’était occasionnel.
-Et on va tomber dessus incessamment sous peu ?
-En confiance avec sa nouvelle arme, Volkhart l’a invité à son château, dit Holger. Donc, oui.»

Le silence qui venait de s’installer était aussi pesant qu’une blague zoophile faite  à l’enterrement d’un philatéliste. D’instinct, Cédric regarda vers Hjalmar. Mais au lieu de voir le nordique s’agiter et crier de joie à l’idée de pouvoir affronter un ennemi aussi fort, le norse semblait préoccupé.

« Dans tous les cas, je ne veux voir aucun de ces deux malades remporter la victoire, dit Holger en haussant le ton. Alors, puisqu’on n’a pas vraiment d’autre choix, autant aller directement les rejoindre. On a une longueur d’avance sur les deux camps, on peut donc être capable de les arrêter »

Les autres personnes autour du feu voulurent émettre des protestations, mais se rendirent compte bien vite qu’ils n’avaient pas d’autres propositions. Guillaume sortit soudainement de sa réflexion comme frappé par son idée.

« Volkhart sait que nous arrivons, mais il est beaucoup plus occupé par Varskrom. On pourrait surement profiter de leur haine mutuelle.
- Si on ralentit les plans de Volkhart, on pourrait garder Varskrom en vie suffisamment longtemps. Et on attaque le vampire directement alors qu’il baisse sa garde… Il y a une chance, continua Cédric.
-Mais il restera le seigneur du chaos particulièrement énervé à gérer, répliqua Sieghilde. Même si on le libère de sa malédiction, je ne suis pas sûre qu’il nous laisse en vie pour nous rem…
-Je m’occupe de Varskrom, la coupa Hjalmar. » Son ton dur et froid ne laissait pas de doute sur sa détermination. Et il indiquait explicitement que ce choix n’était pas négociable.
« Heum… Bien, bégaya Sieghilde.»

Les bretimpériaux étaient plutôt mal à l’aise, Hjalmar semblait ailleurs. Mais pas comme d’habitude. Ils s’échangèrent quelques regards inquiets pour vérifier si l’un d’entre eux savait pourquoi il se comportait ainsi. Malheureusement, même Cédric était perplexe.


Le léger malaise passé, la petite troupe sella ses chevaux et se mit en route vers les montagnes grises pour la deuxième fois.
Quelques jours passèrent durant lesquels le paysage changea pour devenir de plus en plus montagneux. La neige, qui avait à présent disparue des contrés impériales en ce début de printemps, s’imposait toujours sur les hauteurs froides des pics. Quelques fourrures furent nécessaires pour que les bretimpériaux se réhabituent aux températures glaciales. Même si Hjalmar, de son côté, ne s’en préoccupait guère. Il lui en fallait bien plus pour qu’il ne daigne sortir ne serait-ce qu’une cape. Alors qu’ils installaient leur campement de fortune, Cédric s’approcha de Sieghilde et lui marmonna :

« Vous ne trouvez pas que Hjalmar est étrange ces derniers temps ?
-Parce qu’il s’éloigne chaque soir pour faire des mouvements bizarres dans son coin ? répondit nonchalamment Sieghilde. On dirait qu’il s’entraine, rien de plus.
-Justement… Il s’entraine, grommela Cédric. C’est là le problème. Je n’ai jamais vu Hjalmar se préparer à un combat, même pendant le tournoi de Havras… »

Ils regardèrent du côté du norse qui était justement en pleine séance d’entrainement. Sans arme, Hjalmar mimait des fentes et autres techniques martiales diverses. De temps en temps, il s’arrêtait en plein mouvement, pestait et reprenait une autre passe.

« Si même Hjalmar a besoin de se préparer, c’est que les combats à venir sont peut-être plus difficiles que ce que j’imaginais… soupira Sieghilde.
-Au fait, est-il normal que Holger se balade en ramassant des trucs partout ? demanda Cédric
-Ça lui arrive de temps en temps. Il appelle ça du papillonnage, une de ses mauvaises manies. Mais si on part là-dessus, dois-je évoquer le fait que Guillaume passe deux heures à chaque arrêt à monter une tour de guet dans un arbre ? Et qu’il tire à l’arbalète sur tout ce qui bouge ?»

Sieghilde et Cédric se regardèrent. Puis ils regardèrent leurs compagnons, en silence, pendant quelques minutes. Tels deux parents qui regarderaient leurs enfants turbulents en se demandant comment ils ont fait pour tenir jusque-là. Cet épisode gênant passé, la troupe continua sur sa lancée. Un chemin de montagne après l’autre.



Jusqu’à ce qu’un cor résonne dans la vallée. Puis un autre, suivit par un troisième.  Arrivé dans une clairière, la troupe mit pied à terre, sauf Hjalmar. Ils savaient qu’en arrivant aux abords de la forteresse de Volkhart, ils seraient accueillis par un comité d’accueil. Rapidement, des hommes-bêtes sortirent de derrière les arbres, entourant nos héros.
Un d’entre eux sortit de la masse. Probablement un shaman, vu qu’il hurlait des propos plus compréhensibles que les autres. Un exploit au vu des capacités d’articulation de créatures semi-bovines. Il tenait la tête d’un minotaure entre ses mains. Cédric et Guillaume le regardaient, perplexe.



« Il veut ruer les meuniers de Kislev ? hésita Cédric.
-Tuer les meurtriers de son chef je crois, essaya Guillaume.
-Aaah, d’accord. »

Le shaman laissa tomber la tête du minotaure au sol et leva les mains tout en psalmodiant une incantation. Un épais brouillard commença alors à sortir du sol.

« Ah non ! Pas encore ! s’exclama Holger. »

C’est alors qu’un petit cube doré atterrit au pied du shaman. Un flash de lumière intense se produisit, faisant lâcher un glapissement de douleur à l’homme-bête. Le brouillard s’évapora immédiatement, comme repoussé par la lumière de l’artefact.

« Je savais que j’avais bien fait de récupérer ça à Altdorf, dit Sieghilde. Bon, maintenant on s’en débarrasse.
-Il suffit de demander… ricana Holger.»

L’escarmouche commença et prit rapidement des allures d’abattoir alors que les hommes-bêtes tombaient sous les coups impitoyables des bretimpériaux. Mais Hjalmar, lui, était resté allongé sur son cheval pour faire la sieste. Un combat contre des ennemis aussi peu intéressants n’attirerait certainement pas l’attention des dieux, alors autant se reposer en attendant.
Un gor vint malgré tout tenter de briser le repos du norse. Ses insultes macabres envers la famille de Hjalmar prirent un tout autre ton une fois la hallebarde du nordique plantée dans sa glotte. Cet inconvénient réglé, le nordique reprit sa sieste.

Une fois les derniers hommes-bêtes mis en déroute, la troupe reprit son chemin vers sa destination. Cette embuscade étant le signe qu’ils étaient sur la bonne voie, ils pressèrent leurs chevaux pour y arriver plus vite. Ainsi, en passant un énième col, un petit village abandonné, enseveli sous la neige, se dévoila devant eux. Plus déterminés que jamais, les compagnons se mirent en route vers les masures…





Au même moment, un peu plus haut dans la montagne, quelqu’un voyait son moral ironiquement tomber au plus bas. Volkhart Von Verfall était accoudé à une des rares balustrades qui ne tombait pas en ruine. Même si ses serviteurs avaient fait des miracles en rénovant ce château en urgence, aux yeux du vampire, le résultat laissait encore à désirer. Une moue rageuse commença à déformer son visage quand il prit toute l’ampleur de la situation annoncée par le messager. Ce groupe hétéroclite commençait à l’agacer à arriver toujours au mauvais moment. Et Volkhart détestait par-dessus tout être agacé. Cela, son serviteur allait le comprendre bien vite quand son fouet barbelé lui arriverait brutalement sur l’occiput.  Mais quand Volkhart se retourna pour assouvir sa rage, il se retrouva nez-à-nez avec une pancarte en bois entourée par un certain nombre de serviteurs passablement en colère.

« Monfeigneur ! crachota un serviteur avec plus de neurones que de dents. Nous vous fervons depuis longtemps avec loyauté ! Mais nous ne fuportons plus de nous faire maltraiter sans raifon !
-Kwé …? Hésita Volkhart.
-Nos rangs ne font que diminuer ! Ainfi, nous avons formé un syndicat pour repréfenter nos droits et nous faire entendre ! D’ailleurs les bêtes font aussi de notre côté ! » Alors qu’il finissait sa phrase, le serviteur s’approcha de la balustrade et agita sa pancarte. Quelques meuglements contrariés lui répondirent d’une cour en contrebas. En regardant de plus près, Volkhart vit le dernier seigneur minotaure encore en vie au milieu des gors et bestigors. Et il n’avait pas l’air d’avoir apprécié le sort de ses congénères.

Volkhart était dévasté. Son moral venait de toucher le fond et continuait de creuser avec acharnement pour voir jusqu’où il pourrait aller. Mais alors qu’il allait perdre son sang-froid définitivement, un autre serviteur ouvrit la porte de la salle violemment. Tous les regards se braquèrent sur le nouveau venu, sauf celui du serviteur à la pancarte qui continuait à déblatérer son discours polémique sur la lutte des classes.

«S-S-S-Seigneur… bégaya le serviteur avec un teint plus blafard que d’habitude. Il… Il arrive… »

Cette fois, Volkhart eu peur. Et cette peur lui fit comprendre qu’il devait agir vite et en personne… Mais d’abord, il restait la question du syndicat à régler.



Une heure plus tard, la petite troupe se baladait toujours dans le village à la recherche d’habitants ou au moins d’un abri utilisable pour se reposer un peu. Tant que l’épais brouillard qui couvrait les hauteurs serait là, ils ne pourraient pas avancer sous peine de se perdre dans les bois environnants. Et perdre autant de temps était inacceptable au vu des circonstances. Les compagnons avaient laissés leurs chevaux dans ce qui restait d’une grange pour pouvoir explorer plus en détail les environs. Les bottes de cuir et d’acier crissaient sur la neige, brisant le silence pesant qui habitait ces lieux lugubres.

Cédric se rapprocha de Hjalmar pour lui glisser un mot :

« Vous semblez connaître Varskrom, dit le chevalier.
-Ouais, répondit laconiquement Hjalmar.
-Vous n’avez pas l’air de le porter dans votre cœur non plus…
-Il vole l’âme des guerriers qui l’affrontent, siffla Hjalmar entre ses dents. Il les empêche de rejoindre les dieux à leur mort. Ce n’est même plus un châtiment, c’est de la cruauté pure. Le combattre c’est tout risquer, y compris ce qui vient après…. »

Subitement, Hjalmar releva la tête et se mit à regarder autour de lui, comme s’il cherchait la provenance d’un bruit. Le norse finit par jeter son dévolu sur le toit d’une église à leur droite. Les bretimpériaux suivirent son regard pour rencontrer celui, froid et impitoyable, de Volkhart Von Verfall qui se tenait au clocher de l’église.

« Vous êtes donc là !dit Volkhart qui déroulait son fouet en se préparant à fondre sur les aventuriers qui sortaient déjà leurs armes.  Je vous imaginais plus impressionnant je dois dire… Mais ce n’est pas ce qui m’importe. Pour le moment, vous me gênez, et les gêneurs je m’en déba... » fut-il coupé par une hallebarde qui se planta à quelques centimètres de son visage sur le toit du clocher.

Toujours en état de choc, Volkhart comprit que venir en personne était peut-être une erreur quand il vit qu’un norse imposant escaladait le mur de l’église à mains nues. Mais ce qui inquiéta Volkhart au plus haut point était son sourire carnassier. Le genre de sourire qui vous fait comprendre que vous êtes la proie et non le chasseur. Par réflexe, Volkhart battit en retraite pour se mettre hors d’atteinte du nordique. Une fois arrivé en haut, Hjalmar détacha sa hallebarde du bois, ricana, et se lança à corps perdu sur le vampire.

« Ah non ! cria le répurgateur qui commença à partir vers l’église. Il est à moi celui-là !
-Holger… grommela Sieghilde.
-Il est hors de question qu’il tue ce vampire sans moi !
-Holger !!
-Quoi ? se reprit le répurgateur
-On a un plus gros problème. » La prêtresse pointait une forme dans le ciel qui se rapprochait à grande vitesse vers eux. La forme commençait méchamment à ressembler à un dragon à bien regarder.

Le reptile stoppa son plongeon pour se poser maladroitement sur une maison qui s’effondra à moitié sous son poids. Une fois la poussière et la neige retombée, les compagnons purent contempler toute la laideur du monstre. La carcasse pourrissante de la bête tenait par pur miracle, les tendons apparents semblaient prêts à craquer au moindre mouvement. Mais aussi vétustes qu’il semblait être, le dragon mort-vivant n’en restait pas moins menaçant et il semblait parfaitement capable de trancher un homme en deux sans se forcer.





Répondant à leurs instincts chevaleresques, Guillaume et Cédric se mirent en position et dégainèrent leurs armes respectives. Guillaume était quand même légèrement derrière Cédric, il avait beau être bretonnien c’était son premier dragon et il tenait à rester en vie. Mais à leur grande surprise, le dragon restait immobile et les fixait de son regard sans vie. Un rire sardonique brisa le silence quand un homme en robe rouge et noire apparut en dessous du dragon. Bien coiffé mais quelque peu âgé, ses vêtements teint de rouge et noir arboraient différents symboles cabalistiques nécromantiques.



« Nyahahaha ! ricana-t’il. Je suis Naglareffe ! Retenez mon nom car je serais celui qui vous enverra dans la tombe… temporairement.
-Super, un mégalo de plus, grommela Cédric.
-Je vois que mon maître s’occupe de votre ami. Il est moins chanceux que vous, le seigneur Von Verfall est sans pitié avec ses adversaires ! »

Le nécromant repartit d’un rire orgasmique qui fut progressivement couvert par un cri qui se rapprochait. Sans prévenir, Volkhart Von Verfall s’effondra lamentablement dans la neige à côté de Naglareffe. En reconnaissant son maître, ce dernier ne savait plus vraiment où se mettre.

« Tu disais, le mage ? ironisa Holger. »

Volkhart se releva difficilement en se tenant à Naglareffe. Il se rapprocha du visage du nécromant pour lui murmurer quelques mots.

« Je… Je vais opérer une retraite tactique.
-Mais…
-Pas de mais ! cracha Volkhart. Le nordique est un vrai malade et j’ai un autre problème plus important qui arrive ! Donc je te les laisse. Occupe-toi en vite. » Le timbre de voix du vampire avait pris quelques octaves quand il remarqua que le nordique était en train de le regarder du haut d’un toit adjacent. L’instinct de survie prit le dessus et Volkhart se dématérialisa en une ombre et disparu au loin le plus vite possible. Hjalmar le pourchassa aussi vite qu’il le pouvait.

« Heum… hésita Naglareffe. Nyaha ! C’était… une ruse !... Oui ! De mon seigneur !... » Le nécromant perdait lentement pied tandis que son discours se ridiculisait. Voyant qu’il était en mauvaise posture, il se mit à hurler au dragon : « Oh et puis merdre ! Bouffe-les ! »

Le nécromant s’éclipsa discrètement alors que le monstre décrépit se jeta sur les compagnons en rugissant. Cédric et Guillaume furent renversés par cette charge violente et finirent projetés contre les maisons environnantes. Le dragon s’envola immédiatement après pour garder un avantage sur eux. Sieghilde se retira pour préparer une prière alors que Holger restait prêt à la protéger en cas de besoin. Son marteau-fléau étant déjà déployé pour repousser le monstre.
Alors que les chevaliers se remettaient du choc, la bête fondit sur Cédric et s’écrasa sur la maison à côté de lui. Heureusement pour Cédric, il avait réussi à esquiver le coup. Mais, sortant de la poussière, la tête nécrosée du reptile s’approcha pour le happer. Le dragon ouvrait grand la gueule pour attraper sa proie.

« Couchée, sale bête ! » hurla Holger alors qu’il abattait son fléau sur le flanc de la créature qui arrêta brièvement son mouvement pour regarder le répurgateur. Cédric en profita pour se relever et asséner un violent coup de hache sur le crâne du dragon. Etourdie, la bête se débâtit brutalement pour écarter ses assaillants et s’envola aussitôt.

« On arrivera à rien comme ça ! cria Guillaume à leur attention. Comment fait-on pour tuer un dragon mort?
-On le tape plus fort qu’un dragon vivant, rétorqua Holger. »

Guillaume resta sur place à attendre la suite d’un plan qui n’existait pas. Quand Holger repartit vers le dragon, Guillaume soupira bruyamment et le suivit.
Le combat continua pendant de longues minutes. Les compagnons évitaient les attaques du monstre qui fondait sur eux à intervalle régulier pendant que Sieghilde préparait une prière. Mais à cause d’un mauvais placement, Cédric et Guillaume furent happés par l’aile du dragon et finirent leur envol dans un mur. Et avant que Holger ne puisse leur venir en aide, le monstre le plaqua au sol avec ses griffes. Sieghilde n’ayant pas finie sa prière, elle n’était pas au courant du sort de son congénère impérial.

Le dragon commença à approcher sa mâchoire putride de la tête de Holger qui appréhendait en silence son sort… Qui ne vint pas vraiment. Quand Holger rouvrit les yeux, il vit la hampe d’une hallebarde devant la mâchoire du monstre. En la remontant, il vit Hjalmar qui tremblait sous l’effort que représentait un tel acte. Agacé, le dragon se redressa et se désintéressa de Holger pour se concentrer sur le norse.

« Le vampire était trop rapide pour moi, dit Hjalmar essoufflé. J’ai préféré revenir pour m’occuper du gros gibier. »

Le répurgateur lui offrit son plus beau sourire et se releva tant bien que mal. Le dragon zombie beugla avec ce qui restait de ses cordes vocales et tenta de mordre Hjalmar. Mais le norse était rapide et il esquiva sans mal l’attaque. Profitant de cette possibilité, Hjalmar grimpa sur le cou de la bête, plantant sa hallebarde dans son échine pour se  maintenir. Le monstre commença à se débattre pour faire tomber le norse, mais ce dernier tint bon. Voyant les deux chevaliers arriver, le dragon s’affala pour prendre de l’élan. Juste avant qu’il ne s’envole, Hjalmar s’adressa aux bretimpériaux :

« On se rejoint au château ! hurla-t-il. »

Dans un bond prodigieux, le monstre partit vers les cieux en tournant sur lui-même. Désemparés, Cédric et Guillaume ne savaient plus quoi faire. Holger en revanche était toujours sur ses gardes.

« Messieurs… commença le répurgateur. On est apparemment en retard. »

Guillaume et Cédric regardèrent derrière eux pour apercevoir avec horreur une ligne de braseros de l’autre côté de la vallée. Un bruit sourd qu’il n’avait pas entendu jusque-là se fit entendre. Le son lourd, menaçant et cadencé  des bottes d’aciers d’une armée en marche. Sur la neige, les troupes formaient une ombre noire au loin qui avançaient lentement mais surement vers eux.

Mais un battement se fit plus fort. Il était plus près, non loin d’eux. Il commençait même à accélérer. Les trois compagnons se mirent en position, redoutant d’accueillir ce qui approchait. Sans prévenir, une forme énorme défonça les débris d’une maison à côté d’eux. Un guerrier de plus de 2 mètres, couvert par une armure lourde, atterrit lourdement sur le sol. Maniant deux haches d’acier imposantes, il se redressa et courut vers Holger en faisant virevolter ses armes. Les symboles tels que l’étoile à 8 branches qu’il arborait ne laissait aucun doute quant à sa nature chaotique.

La scène avait été trop rapide pour que les chevaliers ne puissent faire quelque chose pour aider Holger qui se retrouva seul face à une véritable machine à tuer sur pattes. Le répurgateur ne put que dégainer un de ses pistolets durant ce court laps de temps. Par réflexe, le répurgateur évita les deux lames qui lui fondaient dessus et déchargea son arme sur le guerrier. Mais la balle ricocha dans un éclat de lumière, égratignant à peine l’armure. Cédric engagea le guerrier et ils commencèrent une passe d’armes. Rapidement, même si Cédric dominait le combat, il devint clair que le guerrier maitrisait un art martial d’un autre niveau que celui d’un soldat classique. Comme infatigable, le guerrier enchainait les attaques brutales et encaissait des coups directs sans broncher.

Sieghilde arriva alors que le duel continuait, ses marteaux brillaient de mille feux. Déterminée, elle fonça sur le guerrier en levant ses marteaux. Face à deux adversaires, le guerrier du chaos finit par céder du terrain et il se fit terrasser plutôt rapidement, les marteaux de Sieghilde broyant son heaume.

« Bordel, il était costaud celui-là ! grogna Cédric.
-Et il n’était probablement qu’un éclaireur, continua Sieghilde. On devrait bouger, et vite. »

Même s’ils étaient quelque peu essoufflés par les récents combats, les compagnons décidèrent d’un commun accord qu’il valait mieux se déplacer au plus vite. La brume commençait à se lever et les hauteurs  devenaient enfin visibles. Décidé à en finir au plus vite, les bretimpériaux se mirent en route une fois leurs montures récupérées. Et tandis qu’ils montaient encore plus haut vers les pics, ils purent observer au loin l’édifice massif qui déchirait les nuages.




Dans le château, Volkhart se faisait un sang d’encre. Ces perturbateurs étaient bien plus dangereux que prévu. Et les lumières dans la vallée ne laissaient aucun doute, Il était arrivé. S’enfonçant un peu plus dans les méandres du château, le vampire finit par arriver à une balustrade qui surplombait une gigantesque caverne traversée par un ruisseau.

« Quand seront-ils prêt ? demanda Volkhart à un serviteur qui s’affairait non loin.
-Ils le sont, seigneur noir. Ils n’attendent que votre ordre. »

Volkhart regarda en contrebas. Sa confiance retrouvée, il commença à sourire comme un possédé.

« Allez-y alors, gloussa-t-il. »





Un grondement sourd commença à emplir la caverne alors que de multiples carcasses de dragons se mirent en branle. Sortant de l’eau pour la plupart.
Les monstres putréfiés se déplaçaient tels des pantins désarticulés dans un spectacle grotesque et terrifiant à la fois.
Les dragons zombis s’envolèrent les uns après les autres et s’engouffrèrent en hurlant comme des damnés par la sortie.




Au même moment, dans la vallée, l’armée du chaos était en marche, imperturbable. Des rangs de guerriers du chaos se succédaient, avançant au pas cadencé des tambours de guerre. Les cavaliers lourds étaient placés sur les flancs, leurs montures démoniaques grognaient et piaffaient d’impatience, faisaient cliqueter leurs armures noires. Au centre de la formation, inratable, étaient l’unité d’élite. Inratable parce qu’ils faisaient une tête de plus que les autres et leurs armures baroques aux motifs complexes feraient pâlir des cathédrales gothiques devant tant de détails. Certains avaient des flammes aux couleurs impies qui sortaient de leurs heaumes. D’autres portaient des stigmates de la corruption du chaos, tels qu’un tentacule qui claquait come un fouet ou bien une pince tranchante à la place d’un avant-bras.

A l’avant de ce régiment, deux silhouettes discutaient. La première d’une taille moyenne tandis que la deuxième la dépassait d’au moins une tête et demie.

« Est-ce pour bientôt, mon Jarl ? » demanda le plus grand d’une voix grave. Son armure rouge ne laissait aucun doute sur son affiliation à Khorne, le dieu du Sang. Il jouait nerveusement de son marteau aux proportions monstrueuses, impatient de pouvoir l’utiliser.

L’autre guerrier, à l’armure plus simple et intégralement noire, se mit à rire. C’était un rire caverneux, profond, vide, qui vous grattait la surface-même de votre âme. Sa large capuche révéla son heaume en forme de crâne Le heaume d’acier bougeait quand il parlait, comme s’il faisait partie intégrante du guerrier. Au fond des deux trous sombres qu’étaient ses yeux brillait une lueur bleutée intense.

« Oui, dit-il. Bientôt, la fin va commencer. »



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MessageSujet: Re: [Récit] la quête improbable   Sam 27 Fév 2016 - 20:11

Douzième chapitre : Ambiance mortelle





L’escadrille de dragons morts-vivants se transforma en un essaim d’une centaine de monstres. Criant leurs tripes littéralement, dégoulinant de flux magiques nécromantiques, les reptiles entamèrent leur descente vers les troupes chaotiques en contrebas. On pouvait voir aussi une armée de morts-vivants descendre du château dans leur direction. Les guerriers du nord, en voyant les dragons arrivés, s’étaient mis en formation desserrée pour limiter les pertes à venir. Une formation condensée de piques aurait fait fuir des dragons vivants, mais ceux-là s’en moquaient bien. Même si la présence des dragons était un problème pour les chaotiques qui s’approchaient de l’entrée du château à grands pas, les serviteurs des dieux sombres ne flanchaient pas. Et Varskrom, de son côté, ne détachait plus son regard du ciel. Il ne montrait aucune émotion comme à son habitude et gardait son calme morbide.

Plusieurs dragons - les premiers à être sortis - arrivèrent jusqu’aux nordiques de l’avant-garde qui furent happés par les monstres qui les écrasaient de tout leur poids avant de repartir en s’envolant. On pouvait entendre jusqu’ici les jubilations de Volkhart Von Verfall qui riait à gorge déployée depuis un balcon du château. Le vampire se désintéressa du spectacle assez rapidement, convaincu de sa victoire. Et alors qu’il se retournait, il desserra sa prise sur le col du serviteur malchanceux qui lui avait servi de repas. Le corps desséché tomba en poussière lorsqu’il heurta le sol. Volkhart essuya ses lèvres d’un revers de la main. Une semaine sans se nourrir et il se faisait vaincre aussi facilement par un barbare… Ridicule, se disait-il. Cette fois, il était prêt à les accueillir.

Sur le champ de bataille, les nordiques avaient réussi à mettre à bas deux dragons au prix de durs efforts. Les cavaliers tournaient en tous sens pour éviter les monstres et même les guerriers les plus endurcis frissonnaient devant un tel déferlement. Au centre de la formation, Varskrom baissa la tête et poussa un petit rire abyssal.

« Pas mal Volkhart… A mon tour. »

Varskrom grogna un ordre à un de ses subordonnés qui opina immédiatement du chef. Le guerrier sortit une corne de brume imposante et souffla de toutes ses forces dedans. Le son grave emplit la vallée, couvrant presque les bruits des combats et les cris des monstres. Puis vint un silence pesant. Le genre de silence qui annonce les pires catastrophes. De l’autre côté de vallée, le son de la corne avait créé de l’effervescence alors qu’une équipe de nains corrompus s’affairaient à maintenir en place une structure gothique imposante qui tremblait en tous sens. Le canon était parcouru de symboles cabalistiques et de nombreux crânes ornaient ses flancs.

« Par les dieux ! s’exclama un des nains du chaos. Ce foutu démon s’excite bien trop ! Maintenez les chaînes ! »

Les nains finirent à la va-vite leur besogne et une fois sûr que la machine resterait en place. Ils s’approchèrent avec précaution du mécanisme de tir. Une prière aux dieux plus loin, l’ingénieur enclencha la bête. L’explosion fut assourdissante, mais surtout terrifiante car elle sonnait comme une concentration intense de hurlements humains criés en même temps. Les arbres en première ligne furent carbonisés instantanément et le  sol trembla sous l’impact. Le projectile constitué de magie pure traversa l’éther à une vitesse folle et partit s’écraser sur un dragon mort-vivant au milieu de la formation. Et si le tir était impressionnant, la déflagration à l’arrivée était bien pire. Le dragon fut pulvérisé sans avoir le temps de réagir. La déferlante de magie noire qui suivit inonda le ciel de scintillements violets, bleu et rouge.

Volkhart retourna en trombe à son balcon après avoir entendu la détonation. Broyant presque la pierre sous ses mains, le vampire abasourdi enragea de voir que Varskrom avait ramené un canon apocalypse sur le champ de bataille. La machine démoniaque bombardait impitoyablement le ciel, désintégrant littéralement plusieurs dragons à la suite. En bas, les nordiques avaient repris leur marche inexorable vers le château puisque les dragons n’approchaient plus de l’armée chaotique sous peine de se subir un sort peu enviable.

« Au moins Naglareffe a eu le bon réflexe de les éloigner… grommela Volkart. Le canon n’est apparemment là qu’en soutien, mais il va falloir s’en débarrasser au plus vite… »

Tandis que chaque camp utilisait de nouvelles tactiques pour surprendre son adversaire, Sieghilde, Holger, Cédric et Guillaume étaient en train de continuer leur chemin vers le château. Leurs montures leur avaient donné un avantage certain pour contourner les régiments de morts-vivants qui descendaient dans la vallée.

« Bordel, s’exclama Holger. Ils ont un de ces canons possédés !
-Ce n’était pas prévu ça, grommela Sieghilde.
- On n’a pas le temps de s’attarder pour ça, il faut qu’on se dépêche ! dit Cédric en accélérant sa monture. »

Après quelques minutes de montée, les quatre compagnons arrivèrent à une entrée secondaire du château qu’ils avaient repéré plus tôt. Ils surplombaient l’entrée principale qui était devenu un champ de bataille dont les clameurs résonnaient jusqu’à eux.

« Vous voyez Hjalmar ? demanda Guillaume. »

Comme pour répondre à la question du bretonnien, un dragon passa en trombe à côté de leur position. Son vol erratique intrigua les bretimpériaux jusqu’à ce qu’ils entendent le rire tonitruant et franc du nordique qui semblait s’amuser comme un petit fou sur le dos du monstre. Quelques voltiges plus loin, le reptile mort-vivant finit sa course dans un des murs de l’entrée du château qu’il traversa vraisemblablement.

« Je crois que oui… soupira Cédric.
-Je pars le chercher en bas, vous, continuez vers le haut du château, ordonna Sieghilde en pointant la tour la plus haute. J’ai aperçus d’étranges lumières là-haut. Peut-être qu’un nécromancien qui dirige les dragons s’y trouve. »

Holger et les deux bretonniens acquiescèrent en silence et s’engouffrèrent dans l’entrée tandis que Sieghilde empruntait un escalier qui descendait vers l’entrée.




Marches après marches, couloirs après couloirs, Guillaume et Cédric suivaient Holger dans le dédale qu’était le château. Le répurgateur agissait tel un chien de chasse qui coursait sa proie et guidait ainsi les bretonniens. Guillaume se demanda tout de même si l’impérial se dirigeait à l’instinct uniquement où s’il courait partout en espérant trouver quelque chose à brûler… Mais la tactique finit par payer. Ils arrivèrent enfin, essoufflés, à une antichambre bien gardée par des gardes des cryptes. La présence des squelettes en armure alors que presque tout le château était vide confirmait la présence du vampire en ces lieux.

« Pour la Daaaaaame » hurlèrent Cédric et Guillaume en chargeant les squelettes qui levaient leurs hallebardes rouillés. Le combat fut bref mais difficile. Les gardes des cryptes ayant gardé une bonne partie de leurs réflexes d’antan. Mais c’est une fois le combat terminé que Guillaume et Cédric s’aperçurent que Holger n’était plus là.

« Peste ! Où est-il passé ? cracha Cédric.
-Il a peut-être continué ?
-On n’a pas le temps de le vérifier, il faut en finir au plus vite… »



Cédric enfonça la lourde porte avec son épaule et arriva dans une grande salle dans le plus pur style vampirique. Tenture rouge et noire aux murs, le sol maculé de sang et de grandes colonnes de marbre noir, tout était là. Le classicisme de la scène amusa presque Cédric avant qu’il n’aperçoive la figure sombre de Volkhart de l’autre côté de la pièce. Le vampire, à côté de son balcon souriait de toutes ses dents en voyant les deux bretonniens entrer dans la salle. Mais on pouvait sentir que Volkhart contenait sa colère.

« C’est si gentil de venir me voir. J’avais besoin de me passer les nerfs sur quelque chose…
-Dans tes rêves, dit Cédric. »

L’impétueux bretonnien allait charger le vampire quand il remarqua une petite cage recouverte d’un drap à côté du trône. Par prudence, Cédric arrêta son mouvement et se mit en garde. Le vampire était un adversaire retors et il valait mieux prendre ses précautions, surtout que ce dernier avait l’air plus vigoureux que la dernière fois.

« Mais pourquoi prendre la peine de me débarrasser de vous moi-même… J’ai des larbins pour ça… Et même mieux encore. » Le vampire marcha lentement vers la cage. « Je le réservais pour Varskrom, mais il a besoin d’entrainement après tout. »

Volkhart releva le drap brusquement et révéla l’occupant de la cage. Un petit lapin blanc dont les yeux rougeoyants brillaient dans la pénombre se tenait tranquillement assis. Il regardait d’un regard sans vie les deux bretonniens. Ces derniers, en voyant le lapin, soufflèrent  « Caerbannog ! » en reculant lentement le bouclier levé.

« Je le savais ! s’exclama Guillaume.
-Guillaume, dit Cédric.
-O…Oui ? bredouilla-t-il.
-La ferme. »

Cédric était sur le qui-vive, dès que Volkhart relâcherait ce monstre, leur chance de survie allait drastiquement baisser… Après tout, le lapin de Caerbannog, même mort-vivant, devait être capable de causer des dégâts abominables. Volkhart se mit à rire à gorge déployée devant la retraite des bretonniens.

« Il y a quelques mois, si on m’avais parlé de cette légende bretonienne absurde, je me serais bien moqué du conteur ! Mais il faut admettre que votre pays abrite de bien étranges créatures… Et quelle ne fut pas ma surprise de rencontrer le cadavre de cette petite bestiole dans une caverne perdue des montagnes grises ! »

Volkhart mit sa main sur l’entrée de la cage et l’ouvrit sans ménagement.

« Maintenant, voyons voir si la légende est vraie ! »





Au niveau de l’entrée, la bataille tournait en faveur des morts-vivants, au grand étonnement de Sieghilde. Le canon apocalypse avait arrêté de tirer après le passage d’un dragon qui, en s’affalant sur la machine, avait brisé plusieurs des chaînes qui le retenaient. Mais au lieu de faire taire le canon, cela l’avait libéré. Et la structure démoniaque rendue folle et assoiffée de sang par le combat s’était ruée telle un char sans conducteur vers le champ de bataille, roulant sur tout ce qui passait devant elle. Mais l’artillerie était enfin arrêtée et les dragons purent reprendre leur œuvre au grand déplaisir de Varskrom. Lassé par tout cela, le seigneur noir lança un autre ordre, une autre corne retentit alors dans la vallée. Les premiers rangs des guerriers du chaos se retirèrent brusquement. Devant leur retraite, les morts-vivants continuèrent leur marche impitoyable. Mais à force d’avancer, ils ne remarquèrent pas que de grandes formes rouges formaient une ligne que traversaient les guerriers qui se repliaient. Tant et si bien qu’il ne resta qu’un mur de guerriers rouges sang après quelques dizaines de secondes seulement. Presque surprit devant cette apparition, le nécromancien sur le front arrêta net son armée.



Le piège était en place. Les guerriers de Khorne, impassible jusque-là, regardait sombrement leurs adversaires. Ils dégainèrent lentement leurs armes et se mirent en marche.
La marche s’accéléra. Elle devint une course, puis une charge. Et c’est là, et uniquement là que vint le cri. Un cri de guerre puissant, empli de la rage du dieu du sang en personne. Le son empli la vallée alors que les premiers berserkers entrèrent en contact avec la masse de mort-vivants, enfonçant littéralement leurs rangs.

Et si les morts-vivants ne ressentaient rien, Sieghilde frissonna. Une charge de guerriers de Khorne avait un effet presque tétanisant sur ses victimes. Ces derniers finissants bien souvent hachés et démembrés dans les secondes qui suivaient avec une brutalité sans pareille. La prêtresse se détacha de la vision de cauchemar et se reporta vers la carcasse immobile du dragon qui s’était écrasée dans le grand hall d’entrée. Heureusement pour elle, les morts-vivants étaient trop affairés à courir vers le combat pour la remarquer, elle put donc s’avancer sans peine. Quelques déblayages plus loin, elle s’étonna de ne pas voir Hjalmar aux alentours des restes du dragon. En s’éloignant, elle trébucha sur quelque chose qu’elle identifia être la hallebarde du nordique. Sieghilde la récupéra non sans peine car l’arme était plutôt lourde.

« Excuse-moi, je la reprends. » fit une voix qui surprit Sieghilde à sa gauche. Elle se retourna vivement pour se retrouver face à un Hjalmar plein de poussière et de débris qui tombaient encore de ses cheveux et sa barbe. Quelque peu abasourdie par son apparition, elle reprit de l’assurance et tendit l’arme au nordique qui s’ébouriffa un peu.

« Bon, on y retourne ? demanda Hjalmar sur le ton de la discussion.
-Heu… Oui, hésita Sieghilde.
-Occupe les péquenauds, je vais voir Varskrom. »

Et Hjalmar partit sans plus attendre dans la mêlée, sa hallebarde virevoltant déjà en tous sens, coupant des membres décomposés et entaillant la chair. Sieghilde ne soupira pas cette fois. Elle souriait même. En fait, elle s’amusait presque de l’absurdité de la situation et de la folie presque naïve de cette homme du nord que rien ne perturbait.  Tout en riant pour elle-même, la prêtresse invoqua son dieu tutélaire et ses marteaux jumeaux brillèrent d’une intensité renouvelée. Elle partit alors dans la bataille en faisant le plus de bruit possible.

Rapidement, un meuglement immonde lui parvint aux oreilles et un minotaure gigantesque sauta sur elle. Sans trop de difficulté, Sieghilde esquiva la bête qui renversa nombre de morts-vivants sur son passage. Sieghilde regarda le monstre et comprit bien vite que lui aussi avait été zombifié. Mêmes les alliés des vampires n’avaient pas la vie facile, se dit-elle. Le minotaure mort-vivant criait presque autant qu’il vomissait du sang et chargea à nouveau Sieghilde qui fit voler ses marteaux dans sa direction. La prêtresse souhaitait tout de même faire durer le combat, elle avait vu que le nécromancien sur le champ de bataille ne pouvait pas maintenir le front contre les guerriers de Khorne et sa créature en même temps. Alors autant continuer à l’occuper.

De son côté Hjalmar se taillait son chemin parmi les morts-vivants dont les rangs se clairsemaient de plus en plus sous les coups furieux des guerriers de Khorne. Même si ces derniers voyaient leur nombre diminuer pareillement. Aussi féroces soient-ils, à force de négliger la défense ils se mettaient forcément en danger. Le nordique redirigea néanmoins son avancée pour aller directement vers le plus grand des guerriers chaotiques. Un véritable géant qui fauchait plusieurs corps par coup en hurlant son plaisir dans le massacre.

Une cible intéressante pour Hjalmar donc. Le norse se fit remarquer par le géant rouge qui en le voyant arriver s’écria pour le défier :

« Viens te battez ! Je t’attendre !
-Même pas capable de lancer une insulte proprement, se dit Hjalmar en soupirant. Voyons si son jeu de jambes est aussi bon que sa conjugaison est mauvaise. »

Le géant repoussa d’un geste les zombis qui l’encerclaient et sortit un marteau énorme qu’il fit tourner autour de sa tête en gueulant comme un forcené. Hjalmar arriva au contact, esquiva la masse qui s’écrasa dans le sol avec une force prodigieuse. Mais il était bien trop lent. Le nordique se redressa tel un serpent en plantant la pique de sa hallebarde directement dans le heaume du géant. On entendit un gargouillis difforme mais le guerrier tenta de se relever. Hjalmar dégagea son arme vers le haut, forçant le géant à découvrir son cou. D’un geste ample, Hjalmar décapita le guerrier de Khorne et le cadavre tomba à terre dans un fracas terrible.Le norse épousseta son épaulière et posa son hallebarde dessus. Cette fois, pas de sourire ou de rire moqueur, car son prochain adversaire était d’un autre niveau. On ne rigole plus… On gagne.

La forme menaçante de Varskrom s’avança jusqu’à Hjalmar. Le guerrier noir dépassait le norse d’une bonne tête. Les deux guerriers se jaugèrent du regard pendant quelques instants. Varskrom fut le premier à briser le silence.

« Tu viens à moi pour me défier à ce que je vois.  Je devrais donner l’ordre à ma garde d’élus de te tuer dans l’instant pour avoir tué mon second.
-Mais tu ne le feras pas.
-Ah et pourquoi cela ? demanda Varskrom, intrigué.
-Parce que je sais que ta seule envie est de prendre mon âme de mon corps encore chaud après m’avoir humilié en combat singulier.
-Tu me connais bien apparemment… » Le guerrier sourit, en même temps un crâne ne peut en faire autrement. Varskrom se retourna vers un de ses lieutenants. « Continuez l’attaque. »

L’ordre donné, le seigneur du chaos s’équipa d’une faux à la lame bleutée et se mit en garde. De nombreux guerriers du chaos se mirent en cercle autour des deux combattants en entonnant des psaumes impies, scandant un rythme entrainant. Hjalmar enflamma sa hallebarde et plaça la tête de l’arme vers le sol. Une faux était une arme dangereuse pour son utilisateur et au maniement difficile mais à la trajectoire changeante. Et entre les mains de Varskrom, une telle arme créait un champ de mort autour du guerrier où il ne valait mieux ne pas mettre les pieds. Hjalmar resserra sa prise sur la hampe de la hallebarde, les flammes qui entouraient les lames réchauffaient doucement son corps. Et il chargea.






L’explosion fut retentissante. Sonné et presque sourd, Cédric se releva difficilement. Ses pieds se dérobèrent sous lui quand il se mit debout, mais il se rattrapa in extremis contre un mur derrière lui. Un regard circulaire lui confirma la présence de Guillaume qui était en meilleur état que lui car il s’était trouvé plus loin de l’épicentre de la déflagration.
Cédric ne comprenait pas vraiment les derniers évènements. Quand Volkhart avait ouvert la cage, le Caerbannog lui avait sauté dessus malgré la dizaine de mètres de distance. Ce maudit lapin avait failli l’égorger et seul son bouclier enchanté l’avait sauvé. Même si ce dernier avait été sévèrement endommagé.

En repoussant le monstre, Cédric avait aperçu Guillaume qui était en train de boire sa « potion de courage », une décoction norse qui le mettait dans un état proche du berserk pour lui ‘remonter le moral’ et le forcer à aller au combat. Et ils en avaient bien besoin, s’était-il dit. Même si Cédric était parfois inquiet des effets secondaires d’une telle potion. Les deux chevaliers s’étaient mis en garde côté à côte pour faire face au lapin qui trottinait au milieu de la pièce. Volkhart, dans le fond, ricanait grassement, comme satisfait de son dernier jouet.  Cédric sursauta en se rappelant la suite des évènements. Une sphère jaune avait rebondit sur le sol juste à côté du Caerbannog en tombant du plafond.

« A terre ! Sainte grenaaaaaade ! avait hurlé Holger depuis une alcôve au-dessus »

Mais à peine les chevaliers avaient-ils compris ce qu’il se passait que la détonation avait eu lieu. Cédric secoua la tête vivement pour se remettre les idées en place. Il entendit alors des bruits de combats devant lui. C’était Holger qui avait engagé Volkhart, son marteau-fléau volant en tous sens.

« Montez ! hurla Holger. Je l’occupe ! »

Cédric serra les dents et se prépara à foncer sur le vampire quand même pour s’en débarrasser une fois pour toutes. Ce fut le cri de guerre de Guillaume, qui était comme possédé par la rage de la potion, qui ramena Cédric à la raison. Son compatriote avait déjà grimpé quelques marches. Cédric grommela et couru à sa suite, non sans jeter un coup d’œil à Volkhart et Holger en espérant que l’impérial allait survivre.

Une fois en haut de la tour, Cédric trouva Guillaume devant Naglareffe. Ce dernier tenait un bâton qui rayonnait d’une lumière verte et il psalmodiait d’étranges vers. Des flux magiques impies entouraient la tour de toutes parts, créant des sortes d’aurores boréales.

« Que le saaaaaang tooooombe du cieeeeeeeeeel ! criait Naglareffe comme un possédé au bord de l’orgasme.
- Eh ! cria Guillaume. Face de rat ! Viens par-là que je te fourre l’épée dans la glotte !
-Et c’est reparti… soupira Cédric. »

Naglareffe se retourna, presque surprit par leur présence. Mais le nécromancien se reprit bien vite et leur décocha un sourire narquois.

« Tiens, vous voulez jouer ? Parfait… Le primarque s’occupera de vous… »

D’un geste de la main, une forme imposante se détacha de l’essaim de dragon au loin. Un dragon zombi bien plus grand que les autres s’approchait à tire-d’aile.

« Et merdre… cracha Cédric en chargeant le nécromancien. »

Il fallait le mettre hors d’état de nuire pour arrêter les dragons au plus vite ou la situation allait dégénérer…

« C’est tout ce que t’as ? gueula soudainement Guillaume, encore sous l’effet de la potion. »

Le bretonnien courut vers la rambarde alors que le dragon s’approchait de la tour… Et sauta dans le vide sous les yeux médusés de Naglareffe et Cédric.

« Ha… AHAHAHAHA ! Bien ! Très bien ! Suicidez-vous tant qu’il est encore temps, se reprit Naglareffe en riant. »

Le primarque hurla alors qu’il passait en trombe au niveau du haut de la tour avec un Guillaume passablement énervé sur son dos. Et le bretonnien remontait vers la tête du monstre.

« AHAHAHAHAaaaa… Attends… Mais… Oh NON ! fit Naglareffe horrifié.
-Le primarque est plus qu’un gros dragon alors, ricana Cédric dont le sourire était visible à travers son heaume.
-Espèce de… »

Le bretonnien pria la Dame de permettre à Guillaume d’achever le dragon au plus vite pour en finir. Apparemment ce dernier était important pour Naglareffe et c’était suffisant pour savoir qu’il fallait le tuer. Cédric engagea un combat avec le sorcier. Ce dernier utilisa son bâton pour lancer de puissants éclairs de magie que Cédric déviait avec son bouclier. Si le sorcier esquivait le corps à corps, il arrivait néanmoins à parer les quelques feintes du bretonnien. Un combat âpre s’annonçait…

Sur le dos du primarque, Guillaume continuait son ascension.

« J’vais te massacrer… J’vais te massacrer… répétait-il en boucle. »

Il utilisait son épée comme appui qu’il plantait entre deux os du dos du monstre. Ce dernier se débattait comme il pouvait pour faire tomber le bretonnien. Une fois arrivé à la base des cervicales, Guillaume sentit comme un malaise.

« J’vais te massacrer…. J’vais… J’vais… » Guillaume cligna des yeux et regarda autour de lui. « J’vais… J’vais mourriiiiiiiir !! »

La potion ayant fini de faire effet, la raison avait fini par revenir. Le pauvre chevalier se tint fermement à la moindre prise qu’il avait à sa disposition, pleurant presque de peur. Mais quelque chose finit par attirer son attention. Une sorte de lueur étrange à la base du crâne du primarque. Entre deux coups d’ailes, Guillaume reconnut un cristal de la même forme que celui sur le bâton de Naglareffe. Prenant son courage à deux mains, Guillaume finit son ascension et arriva au niveau du cristal. Quand il dégaina son épée, le dragon redoubla de vigueur dans ses soubresauts, mais Guillaume était trop terrifié pour lâcher prise et ses jambes enserraient le coup du dragon comme un étau. Levant haut sa lame, Guillaume frappa d’un coup rageur la gemme qui se brisa en mille morceaux.

Le dragon poussa un cri perçant qui s’arrêta net quelques secondes plus tard. Et il commença à tomber, avec Guillaume toujours sur lui. Le bretonnien vit les toits du château s’approcher de plus en plus vite et il se cacha derrière le crâne imposant du dragon pour se protéger des débris comme il pouvait. Néanmoins, le choc fut violent et ils passèrent à travers le plafond.

En haut de la tour, Naglareffe cria d’horreur devant un tel spectacle. Cédric en profita pour foncer vers le nécromancien, bouclier devant. Le sorcier se prit le choc de plein fouet et finit contre la rambarde, son bâton tombant au sol. Sa lueur s’était éteinte depuis quelques secondes.

« Qu’avez-vous fait ? crachota le nécromancien. Je n’ai plus de contrôle sur ces monstres maintenant !
-Mais c’est toi qui les maintient éveillés, non ? demanda Cédric.
-Hein ? Oui ! Mais qu’est-ce qu’on s’en moque ! Ils nous foncent dessus ! »

Effectivement l’essaim avait apparemment changé de cible, l’afflux magique en haut de la tour les intéressant plus que les guerriers au sol.

« Bien… C’est tout ce que je voulais savoir, dit Cédric. »

Et le bretonnien, d’un nouveau coup de bouclier bien placé, fit choir Naglareffe à la renverse du haut de la tour. Alors que le sorcier tombait en maudissant chaque membre de la famille de Cédric, il se fit happer par un dragon qui fondit sur lui. Quelques secondes après, tous les dragons eurent un soubresaut… Et tombèrent du ciel, comme inanimés. Le sort était apparemment rompu. Une pluie de cadavres géants s’abattit sur le château délabré et ses environs. Plusieurs ailes de l’édifice furent détruites instantanément sous le choc.
Cédric ne resta pas longtemps à contempler l’impressionnant spectacle, car la santé de Guillaume était bien plus importante pour le moment. Le bretonnien dévala alors les escaliers, à la recherche de son camarade.

Quelques couloirs plus loin, Cédric déboucha sur une grande salle qu’il remarqua être l’entrée. Décidément, ils tombaient tous sur la grande salle se dit-il…
En arrivant, Cédric remarqua très vite Guillaume qui se tenait  à côté du monstre. Le chevalier tremblotait sur place. Cédric se rapprocha de son compatriote et plaça une main sur son épaule.



« Alors là… Bravo.
-Heu… Merci, dit Guillaume à voix basse alors qu’il se remettait de ses émotions.
-Mais il n’empêche que c’est sous l’effet de la potion que tu as fait ça, donc tu n’échapperas pas à l’entrainement quand on rentrera.
-Hein ? s’indigna Guillaume »

Et les deux chevaliers éclatèrent de rire, plus pour évacuer le stress qu’autre chose. Les grognements bruyants non loin d’eux les rappelèrent néanmoins à la réalité. Quand Cédric s’avança pour repartir, il s’aperçut malheureusement que Guillaume était blessé plutôt gravement à la jambe. Tout en s’en voulant de ne pas l’avoir vu plus tôt, il remarqua qu’il était lui aussi en piteux état… Bras dessus, bras dessous, les deux chevaliers s’avancèrent vers l’entrée néanmoins. Ils étaient trop fiers pour laisser un combat se terminer sans eux. Et à ce moment précis, même Guillaume pensait cela.

Sieghilde avait le bras gauche en sang. Un coup de corne chanceux avait réussi à lui ouvrir une plaie assez profonde. Mais elle avait répliquée violemment en broyant le crâne du minotaure d’un coup de marteau bien placé. Son autre arme était toujours dans sa main gauche, même si elle ne pouvait pas la lever. Les deux armées avaient subis de lourdes pertes suite à la chute inattendue des dragons. Le canon apocalypse s’était fait écraser lui aussi et avait explosé en emportant avec lui de nombreux morts-vivants et guerriers. Le combat suivait son cours malgré tout, mais à plus petite échelle, des escarmouches éclatant un peu partout entre les ruines de l’entrée.
 
Et maintenant, Sieghilde attendait que les morts-vivants autour d’elle avance. Ils la maintenaient en garde avec leurs lances et autres ustensiles agricoles récupérés à la va-vite. La prêtresse jeta un coup d’œil vers l’extérieur. Elle ne savait pas comment se débrouillait Hjalmar là-bas, mais quelques tintements et cris inhabituels lui signalait qu’il continuait son œuvre. Alors que Sieghilde attendait la fin avec calme, un cri de guerre bretonnien retentit et Cédric et Guillaume descendirent en clopinant un tas de débris pour rentrer en plein dans les zombis. Profitant de l’occasion, Sieghilde lança un coup circulaire qui envoya un mort dans la tombe définitivement. Leur petit engagement se termina rapidement et après s’être enquit de l’état de chacun, le petit groupe parti ensemble vers Hjalmar.



Fouet barbelé contre marteau-fléau, la technique et l’expérience contre la brutalité et l’improvisation, tels étaient les mots d’ordres du combat qui se déroulait au centre du château. Holger et Volkhart envoyait tout ce qu’il pouvait pour exterminer leur adversaire. Le vampire était enragé depuis la destruction du Caerbannog et il comptait bien se venger du répurgateur. Le fouet claquait dans les airs de tous les côtés alors que Volkhart se déplaçait dans la pièce en harcelant Holger, tout en profitant des ombres pour surgir de nulle part. Ce dernier tentait tant bien que mal d’utiliser son arme pour créer une zone de protection autour de lui. Mais le vampire était au meilleur de sa forme et les coups finissaient par toucher. Accumulant de nombreuses coupures plus ou moins sévères, la veste en cuir de Holger était en piteux état. Le répurgateur tenait bon néanmoins, il tirait même quelques fois sur le vampire avec ses pistolets. Ils les rechargeaient en plusieurs fois quand une accalmie se présentait.

D’ailleurs, Holger remarqua que le vampire n’était pas revenu depuis un moment. Et l’excitation du combat laissa la place à la prudence et à la curiosité. Le répurgateur finit de remplir son deuxième pistolet et le rengaina tout en rangeant la poire à poudre à sa ceinture. Prêt à brandir son arme si besoin, Holger arpenta le couloir où Volkhart l’avait repoussé.  Des grondements sourds s’étaient fait entendre depuis peu, comme si des poings gigantesques frappaient le château et ses environs. C’était après ces bruits étranges que Volkhart avait disparu.

En arrivant à la salle du trône à nouveau, Holger aperçut Volkhart qui se tenait devant ce qui restait du balcon. Il ne bougeait plus et regardait dehors. Prévoyant, Holger vit une occasion de surprendre le vampire et il avança lentement vers lui. En se rapprochant, il crut l’entendre ruminer quelque chose à propos de dragons, mais Holger ne comprit que peu les élucubrations du vampire. Sortant enfin de sa cachette, Holger abattit son marteau recomposé sur le vampire… qui s’était retourné. Le répurgateur n’en fut pas vraiment surpris mais il était toujours impressionné par la vitesse des maîtres de la nuit et leurs réflexes surnaturels. Volkhart réceptionna le marteau, le visage déformé par la haine. La main du vampire bougea encore plus vite et agrippa Holger au col, l’arrêtant enfin dans son mouvement.

« Un dernier mot avant de mourir ? cracha Volkhart.
-Tu peux y aller, j’écoute ! ricana Holger. »

Le répurgateur dégaina un pistolet et le déchargea sur le vampire qui esquiva la balle au dernier moment. Mais Volkhart n’avait pas prévu de reculer et il trébucha en tombant en arrière. Sa dernière prise était sur le manche du marteau de Holger.

« Je vais te… ! » *Clic*

Volkhart se sentit tomber. Le marteau de Holger s’était coupé en deux vers le tiers du manche et le répurgateur souriait à pleine dents. Mais cela n’avait pas d’importance, il lui suffirait d’utiliser ses pouvoirs pour se transformer en ombre et revenir sur le balcon. Un jeu d’enfant…Quand on n’a pas un pieu en argent planté dans le torse par un répurgateur qui vient de se jeter sur vous. La brulure causée par l’argent était insupportable pour le vampire qui n’arrivait plus à penser clairement. De plus, ses pouvoirs lui étaient inaccessibles avec le pieu dans son corps.

C’est donc un Volkhart en rage et un Holger aux anges qui tombèrent sur plusieurs mètres depuis le château, directement sur des ruines en contrebas. Et c’est donc deux bretonniens et une prêtresse qui furent surprit de voir Holger les rejoindre de cette manière.

Alors que Sieghilde accourait vers Holger pour le sortir des gravats, le duel entre Hjalmar et Varskrom continuait et il tournait en faveur du guerrier du chaos. Varskrom jouait presque avec le norse qui essayait de se défendre comme il pouvait. Hjalmar avait utilisé une bonne partie de ses bottes et il se fendait de toutes les manières possibles et imaginables pour passer les défenses magiques du seigneur du chaos, mais sans grand succès. Au final, Hjalmar avait hérité de quelques cicatrices de plus et Varskrom de quelques rayures sur son armure.

« Tu es bien plus solide que je ne croyais, mais il est temps d’en finir, dit Varskrom calmement en regardant vers l’entrée du château. J’ai autre chose de plus important à faire… »

Varskrom fit chanter sa faux dans les airs et chargea Hjalmar qui tenta de parer le coup. Mais Varskrom changea la trajectoire de la lame au dernier moment et emporta la hallebarde du nordique en utilisant sa faux comme un crochet. L’arme d’hast vola dans les airs et partit se planter plus loin et s’éteignit. Hjalmar, sans se décontenancer lança un crochet du droit dans le casque de Varskrom. Le choc le décontenança un peu, mais sans plus. D’un revers de la main, Varskrom frappa Hjalmar au visage d’un coup qui aurait dû lui briser le cou, mais le norse était toujours debout.  Varskrom recula, prêt à frapper. Toutefois, il se rendit compte que Hjalmar était complètement sonné. Ricanant pour lui-même, Varskrom asséna un coup de hampe sur le crâne du norse qui s’effondra pour de bon en arrière.

« Finalement, reste ici. Je reviens plus tard… » dit le grand guerrier au crâne en riant d’un air sombre. Et il partit vers là où Holger et Volkhart étaient tombés peu avant. Au passage, il attrapa un guerrier blessé au sol et le maintint devant lui. Les yeux de Varskrom brillèrent plus fort qu’auparavant et le guerrier commença à hurler de douleur alors que des filets de lumière sortaient de son heaume pour aller dans celui de Varskrom. Quelques secondes plus tard, Varskrom avait fini d’aspirer l’âme du pauvre chaotique et il laissa tomber le corps inanimé en reprenant sa marche.

« Toujours prendre un apéritif avant un bon repas… »





Hjalmar était inconscient, à nouveau. Et il enrageait. Comment avait-il pu faiblir ? Pourquoi n’arrivait-il pas à le vaincre ? Ces questions se répétaient dans sa tête alors qu’il flottait dans les méandres insondables de son esprit. Puis vint une lumière vive et il se retrouva sur une route entourée par deux forêts qui l’enserrait. Le long chemin menait à un château au loin. Le norse soupira longuement. Il détestait ces rêves incohérents qui lui tombaient dessus à des moments pareils…

« Bon, c’est quoi cette fois ? »

Comme pour répondre à sa question, un troupeau de licornes multicolores le dépassa en trombe. En regardant d’où elles venaient, Hjalmar vit qu’une ville brûlait au loin. Comme blasé par cette situation improbable, le nordique regarda passer les animaux enchantés. Jusqu’à ce que l’une d’entre elles lui fonce dessus et ne l’empale avec sa corne.



La douleur s’estompa bien vite quand la scène changea à nouveau. Cette fois Hjalmar était au milieu d’une autre rue mais des bâtiments gris immenses avec des tubes de lumières incrustées dans les murs se tenaient autour de lui. D’étranges machines d’acier se déplaçaient sans bruit et sans moyen visible de locomotion. Soudainement, les gens des alentours crièrent et coururent en tous sens, comme alarmé par quelque chose. C’est seulement là que Hjalmar remarqua le feu et les explosions. Elles semblèrent apparaitre sans prévenir tant les projectiles qui les causaient allait vite. Des sortes de soldats sortirent des véhicules étranges et tirèrent avec des arquebuses à répétition derrière Hjalmar. En se retournant, le norse vit un pingouin géant armé et volant qui semait la mort et la destruction autour de lui. Hjalmar préféra oublier cette vision dans les derniers recoins de sa mémoire alors qu’une explosion l’emportait.



Hjalmar était revenu sur le champ de bataille dans les montagnes grises. Pas vraiment pour son plus grand bonheur vu que la douleur dans tout son corps revint vers lui sans s’attarder. Incapable de bouger, le norse eu une pensée qui le frappa. Son médaillon ne l’avait pas protégé comme il le faisait d’habitude. Où était passé le bouclier d’éclairs qui déviait les coups mortels ? Le petit miroitement bleuté du médaillon n’était pas là non plus. Pas plus que les autres fioritures magiques que les dieux s’amusaient à incorporer avec leurs artefacts…

« Tu croyais que l’on allait te protéger en permanence ? dit une voix forte et impérieuse dans la tête du norse.
-Non pas vraiment, mais disons que je m’étais habitué à plus de soutien de votre part… pensa Hjalmar
-Tu veux la mériter cette victoire ? lança une autre voix. Alors va la chercher toi-même !
-Ah mais je ne demande que ça ! Mais là je ne suis plus trop en état, et sans arme le combat va être court.
-Tu abandonnes ? Toi ?
-La seule partie de mon corps que je sens encore c’est mon petit doigt et il me fait mal ! enragea Hjalmar. Comment suis-je censé me lever et me battre ainsi ! Et j’en ai vaincu des ennemis, avec et sans votre aide, alors garder vos critiques pour vous ! »

Une volée de rires francs se fit entendre.

« Donc tu veux te battre ?
-Sans blague ! Un peu que je veux !
-Alors lève-toi.
-Comme si je pou…
-On ne te demande pas de parler ! Tu veux une arme ? On te la donne ! cria une voix. Lève-toi Hjalmar et agis ! Ou meurt comme un lâche ! »

Comme pour le tirer de ses rêveries, une lumière intense couvrit son champ de vision et Hjalmar sentit une douleur intense dans son épaule gauche. Enfin sortit de sa torpeur, le norse regarda à gauche et vit qu’une épée était plantée au niveau de l’os. En la remontant, le nordique reconnu un guerrier du chaos. Mais ce dernier avait l’air désorienté, comme aveuglé. La main droite de Hjalmar était chaude, trop chaude d’ailleurs. En la regardant, Hjalmar vit qu’une hache à deux mains avec une lame ouvragée et parcourue de glyphes norses s’y trouvait. D’autres runes veinées de bleu couraient sur le bois du manche. Et tout autour le sol était carbonisé.

Il ne fallut pas longtemps à Hjalmar pour comprendre que les dieux venaient de lui envoyer de quoi se battre par le biais d’un éclair. La rage prit tel un feu brûlant dans le ventre de Hjalmar. Les dieux voulaient du spectacle ? Ils voulaient du sang ? Eh bien ils allaient l’avoir ! Ne suivant plus qu’elle, le nordique agrippa plus fermement l’arme et l’envoya dans le bras du chaotique qui se trancha net sous l’impact. Le guerrier recula en hurlant tandis que Hjalmar se remettait debout en enlevant l’épée dans son épaule. Il ne sentait presque plus ses membres mais il ne ressentait plus la douleur aussi. Seul la haine et la rage de vaincre le guidait dans ses pas. Ignorant la douleur tel un berserker, Hjalmar poussa un cri de guerre terrible et planta sa hache dans le crâne du guerrier démembré, lui tranchant la tête instantanément. Comme possédé, le nordique continua sa route vers sa seule et unique cible : Varskrom.


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Loin, bien loin du plan des mortels, des entités conversaient des récents évènements.

« La hache ? Vraiment ? fit une voix.
-Tzeentch triche allègrement avec son champion en le protégeant des coups alors autant en faire de même avec le nôtre… renchérit une deuxième voix. De plus, il avait besoin de motivation, je le trouvais un peu mou jusque-là.
-C’est pas faux. Maintenant, voyons voir comment il se débrouille cette fois.
-Il faudrait qu’on lui dise un jour qu’il mérite largement sa place dans le grand Hall.
-On devrait… Mais j’ai envie de voir jusqu’où il peut aller avant.
»


--------------------------------


Ce dernier avait atteint Volkhart sur le lieu de son atterrissage forcé. Holger se tenait non loin, porté par Sieghilde alors que Cédric et Guillaume repoussait les quelques mort-vivants et guerriers qui approchaient. Varskrom agrippa Volkhart au col, le vampire était inconscient.

« Je ne pensais pas que ce serait aussi facile. C’est Presque décevant. »

Varskrom leva sa faux pour frapper. Mais alors qu’il allait l’abattre, une hache de guerre se planta dans son dos avec une force prodigieuse. Surpris pas la douleur, Varskrom tomba à genoux en lâchant le vampire. En se retournant à demi, le seigneur du chaos vit que Hjalmar lui fonçait dessus en hurlant à plein poumons.  Devant une assemblée ahurie, Hjalmar sauta sur le dos de Varskrom et dégagea sa hache d’un seul geste en se remettant en garde devant le grand guerrier.

« Je ne t’ai pas trop manqué j’espère ! cracha Hjalmar.
-Mais en quoi es-tu fait ? s’étonna Varskrom»

Et les deux combattants du nord s’affrontèrent, mais cette fois le duel était plus égal. Hjalmar était clairement plus à l’aise avec une hache à deux mains qu’avec sa hallebarde et Varskrom n’arrivait plus à parer aussi facilement les attaques. Fente, parade, esquive s’enchainaient alors que Hjalmar rivalisait de brutalité et d’audace en utilisant des techniques plus diverses que jamais. Il en arrivait même à rendre la trajectoire de sa hache impossible à prédire. Et Varskrom n’arrivait plus à suivre, les coups passaient sa défense les uns après les autres.

Et pour la première fois depuis longtemps, Varskrom était blessé. La hache enchantée passait même les barrières magiques impies que le chaotique possédait. Et cela le perturbait au plus haut point. Mais même quand il arrivait à toucher le corps meurtri de Hjalmar, soit le médaillon du norse brillait de mille feux et le coup était dévié, soit Hjalmar éclatait de rire. Chaque blessure le faisait accélérer ses attaques, empirant encore plus la situation de Varskrom. Le duel au sommet arriva bientôt à sa fin et Hjalmar, dans un coup rageur, brisa le manche de la faux de Varskrom. Sans moyen de se défendre, le chaotique ne put parer le coup circulaire qui lui enfonça les côtes, le laissant sur le sol, pantelant. Hjalmar se rapprocha de lui, prêt à lui donner le coup de grâce.

« Mais… Comment ? bégaya Varskrom.
-Honnêtement… J’en sais rien ! dit Hjalmar, jovial. Et je m’en contrefous ! Mais merci pour le combat, c’était vraiment enrichissant ! »

Alors que Hjalmar levait sa hache pour frapper, un trait de lumière qui lui arrivait dessus le força à esquiver.

« Il est… à MOI, cria Volkhart qui s’était relevé. »

Le vampire jeta au loin le pieu en argent  et concentra un sort puissant dans ses mains. Avant que Varskrom ne puisse se relever, Volkhart lança la surcharge d’énergie sur le guerrier du chaos qui put néanmoins parer avec ce qui restait de sa faux. Le choc d’énergie magique fut si puissant que la déflagration créa une sorte de déchirement autour de Varskrom. Le guerrier hurla de rage alors qu’une plaie béante vers les royaumes du chaos s’ouvrit sur lui, l’emmenant vers les limbes infernales. Mais juste avant d’être happé, Varskrom utilisa ce qui restait de magie dans son armure et entreprit de refermer la faille par lui-même pour se sauver. Son plan marchait, au grand désarroi de Volkhart qui ne savait plus quoi faire. Mais soudainement Varskrom se prit Hjalmar qui venait de lui sauter dessus.

« Ah non ! Je n’en ai pas fini avec toi !»

Le rire du norse glaça le sang d’un Varskrom horrifié qui perdit sa concentration l’espace d’un instant. Ce même rire s’arrêta quelques secondes plus tard, brutalement, quand le portail se referma brusquement sur eux. Varskrom et Hjalmar venaient de disparaitre de la surface de la planète en un instant.



Dans le royaume du Chaos, cet enfer changeant où les lois de la physique n’ont pas d’influence. Varskrom et Hjalmar tombèrent de plusieurs dizaine de mètres sur ce qui semblait être un champ de crânes.

Hjalmar se fit la réflexion qu’il aurait dû mourir depuis longtemps dans un tel lieu où les mortels ne peuvent survivre bien longtemps. Mais il remarqua que son médaillon brillait de mille feux. Apparemment, quelqu’un veillait sur lui… Hjalmar chercha Varskrom des yeux, mais il était introuvable.  Par contre, le norse n’était pas seul. Autour de lui se pressait des sanguinaires et autre démons de Khorne par centaines. Au loin, au milieu de la montagne infinie de crâne, sur un trône d’arain gigantesque entouré de flammes, Khorne regardait sombrement dans sa direction. Et Hjalmar croyait apercevoir un sourire sur son visage démoniaque.

Le norse le lui rendit. Il leva sa hache en courant vers les démons et en riant comme un forcené. Ils voulaient du spectacle ? Ils allaient en avoir…





--------------------------------


« C’était … inattendu.
-Ouais. Mais ça a de la gueule quand même !
-Oh, Crom, la ferme.
»

Quelques bougonnements et insultes à peine cachées se firent entendre dans le fond.

« Maintenant, voyons ce qui ce passe. Et, Olric, ramène le popcorn, parce que cela promet d’être plus qu’intéressant. »


--------------------------------


Le silence pesant qui suivit l’évènement fut brisé par Volkhart Von Verfall qui était partit dans un fou rire incontrôlé.

« Enfin ! Il est enfin parti ! » Criait-il.

Mais le vampire s’arrêta brusquement dans ses railleries quand il sentit sur sa joue un poing ganté avec une sorte de sphère un peu plus chaude au milieu.

« Et tu vas l’y rejoindre salopard, lança Holger. Mais d’abord, tu veux quelle cuisson ? »

Avant que le vampire ne puisse répondre quoi que ce soit, un flot de flammes se déversa sur Volkhart quand il se prit à bout portant le lance-flammes de l’anneau de rubis d’Holger. Un enfer miniature transforma le vampire en petit tas de cendres calcinées en quelques secondes. Une fois la bague vide de toute magie, Holger arrêta les flammes.

« J’attendais ça depuis la Sylvanie, enfoiré ! »

Le vampire mort, la majorité des morts-vivants tombèrent instantanément en poussière ou tout simplement à terre, inanimé. Seuls restaient quelques guerriers du chaos sans chefs et des nécromanciens avec une petite garde de morts-vivants sur le champ de bataille.

Cédric, Guillaume, Holger et Sieghilde se préparait à mener leur dernière bataille en voyant les restes des deux armées se diriger vers eux. Mais un cor résonna dans la vallée, un cor bretonnien. Guillaume se redressa en l’entendant car il s’agissait de celui de son village. Son cousin avait finalement réussi à les retrouver au château après avoir reçu la missive que Guillaume avait envoyé depuis Marienburg. François avait donc immédiatement ramené ce qu’il restait de la garde d’Haguenheim et était parti sur les routes.
Les hommes d’armes du baron Guillaume de la tour d’Alsacie, chargèrent à peu près en rangs dans ce qu’il restait des armées mort-vivantes et chaotiques, le tout sous un feu nourri d’arbalètes. La bataille fut brève, surtout que les combattants des camps ennemis n’avaient plus de raison de rester après la mort de leurs deux chefs. Et les bretimpériaux sortirent victorieux.

Mais la joie de la victoire laissa la place à un certain malaise quand Holger, Sieghilde, Cédric et Guillaume repensèrent leur compagnon disparu. Le répurgateur partit récupérer la hallebarde du nordique et la planta dans le sol, la lame vers le haut au niveau d’un affleurement rocheux non loin des ruines du château. Ils érigèrent donc tous ensemble un petit mémorial au nom du norse. Même si ils ne le connaissaient que peu finalement, le guerrier les avaient accompagnés tout du long de l’aventure et ils n’oublieraient pas son sacrifice.
Ils purent donc entamer le chemin de retour vers leurs demeures respectives pour s’y reposer et panser leurs plaies. Ils avaient de la paperasse à rédiger pour certains et des histoires à conter pour les autres. Guillaume et Cédric partirent vers le nord de la Bretonnie, tandis que Holger et Sieghilde retournaient à Altdorf. Mais les quatre souhaitaient prendre quelques vacances après un bordel pareil.




Alors que tout le monde était parti, le château redevenait silencieux comme à son habitude. Les cendres de Volkhart Von Verfall se remirent à bouger… Lentement, mais sûrement, les restes du vampire se réassemblèrent. Les vêtements, la chair froide, tout reprit sa place. Une fois reconstitué, le vampire s’étira, un sourire aux lèvres.

« Ahahahah ! Jubilait-il. Cela n’était rien pour moi ! Ils ne devraient pas sous-estimer les seigneurs de la nuit de la sorte ! »

Volkhart ne s’était jamais senti en meilleure forme. Il se sentait même léger, peut-être un effet indésirable de sa reconstruction. C’était sa première après tout. Mais le vampire remarqua tout de même que quelqu’un se tenait à côté de lui, la personne semblait attendre. Il portait une longue robe noire et il semblait…squelettique.

« BON, ON Y VA ? fit une voix qui sonnait comme deux pierres tombales qui s’entrechoquent. »



FIN
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