Le Royaume de Bretonnie
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 [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2

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Baron de Havras
La lance impétueuse
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MessageSujet: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Sam 6 Déc 2014 - 18:25

Avachi sur son trône d'épées en bois, le baron de Havras s'ennuyait sérieusement. Une côtelette de porc à la main, il battait indolemment la mesure tandis que ses ménestrels chantaient les hauts-faits d'un dénommé Urien.
Subitement, comme frappé par quelque vision mystique, il se redressa d'un bond, réveillant en sursaut son épouse et la plupart de ses convives.
S'agrippant à la table pour ne retomber en arrière, le baron s'adressa alors à l'assistance d'un ton solennel.

« Vous voulez donner l'anneau à Sauron ! Vous allez nous trahir ! lança-t-il avec véhémence devant ses vassaux médusés.
- Vous vous trompez de réplique, messire, lui fit justement remarquer son sénéchal, le vaillant Hagen de Mérac.
- Hein ? Oh ! Reprit le noble baron. Ainsi, voulais-je dire, j'ai décidé de par ma glorieuse potestas d'organiser un nouveau tournoy, car les tournoys, c'est bien !
- Un tournoiiiiii ! Oh ouiiiii ! trépigna Thomas, le héraut d'armes du baron.
- Mais pas n'importe quel tournoy, l'interrompit son seigneur. Un tournoy comme l'on n'en à point vu ici depuis moult années... un Grand Tournoi de Havras !
- C-comme celui avec les ogres, les orques, les squelettes et les démons que vous aviez organisé voilà fort longtemps ? interrogea le courageux héraut, devenu blême.
- Oui, mais en plus long et dur !»
répondit triomphalement le baron qui mordit à pleines dents dans son morceau de viande au son des "comme mon vit" déclamés d'une seule voix par toute la noblesse de Havras.





Le Grand Tournoi de Havras, deuxième édition

Inscriptions


Ce matin là, Thomas le héraut d'armes était plus enjoué que jamais.
Un imposant registre relié de cuir sous le bras, il traversait en chantant les coursives et les escaliers du château de son maître, le baron de Havras, pour se rendre dans la basse-cour où devaient avoir lieu les inscriptions.
Emporté par quelque élan magnifique, son seigneur avait décidé d’organiser en ses terres un vaste et mirifique tournoi ouvert à tous avec la promesse d’un prix que le baron promettait à la hauteur du spectacle qu’on lui proposerait. La chose promettait donc d’être grandiose.

Au détour d’un couloir, il aperçut son baron et lui fit signe, mais ce dernier, ne l’ayant probablement pas vu, se détourna vivement et partit en courant dans un escalier. La chose arrivait souvent et le brave héraut soupira tristement en pensant au calvaire que son seigneur devait vivre, à cacher à tous le fait que sa vue avait beaucoup baissé.

Finalement arrivé à une table posée sous un chapiteau de soie installé en plein cœur de la cour boueuse, le héraut posa son grand livre dont les pages vierges n'attendaient que les noms des participants et se mit à chantonner en souriant.

Une heure passa ainsi au rythme du passage des gardes, des paysans venus pour les séances de doléances et des quelques chevaliers assez courageux pour sortir du château malgré la fraîcheur matinale.

Installé sur sa trop grande chaise, Thomas s’ennuyait à présent fermement et se demandait si la nouvelle de cette grande compétition avait bien circulé.
Mais à l’instant même où il mit un pied à terre pour aller se vider la vessie pénétra dans l’enceinte un chevalier bretonnien en arme.

Menant sa monture par la bride, l’homme s’avança en direction de la tente, ôta son heaume et demeura planté là à fixer tristement le brave Thomas sans dire un mot.

« Messire ? s’étonna le héraut parfumé. Venez-vous pour vous inscrire au Grand tournoi ?
- Oui, c’est cela, répondit le jeune homme. Sire Renaud de La Coulommière.
- Hum…  fort bien, répondit Thomas en notant le nom du participant. Coulommière, dans le duché de Bastogne, me trompé-je ?
- C’est cela, rétorqua sire Renaud sur un ton parfaitement neutre.
- Venez-vous pour les épreuves montées ?
- Oui.
- Vous ne pouvez participer qu’à l’une des deux compétitions.
- Soit.


Comprenant qu’il ne tirerait rien de plus de ce personnage taciturne, le héraut d’armes s’enfonça dans son haut siège.

- Allez mettre votre monture aux écuries, messire. L’aile Est du château est réservée aux participants… dont vous êtes le premier. Que votre séjour se passe dans la joie et l’allégr… mais où est-il donc parti ?»


*******

Une nouvelle heure passa avant que le candidat suivant ne fasse son apparition. Celui-ci arriva dans un raffut improbable accompagné des cris de nombreux hommes d’armes qui crurent à une quelconque attaque ennemie, obligeant le baron et nombre de ses preux à sortir de leur salle de banquet.

« Qui ose troubler mon repas ! gronda le baron en pénétrant dans la basse-cour.
- Mon-mon-monseigneur, cet elfe noir veut s’inscrire à votre compétition !
- Eh bien qu’il le fasse ! tonna le seigneur, manifestement furieux. Avez-vous besoin de faire tant de bazar pour noter un nom ?
- Mais… sire ! gémit le brave Thomas.


Mais son baron avait déjà tourné les talons, laissant derrière lui Evrard de Vergobret, son sommelier d’armes, pour s’assurer du bon déroulement de la suite.

- Fort bien, dit tristement Thomas en se tournant vers le combattant en armure noire dont l’immense monture saurienne taquinait les hallebardiers du château venus pour intercepter son maître.
- Ach ! Che mé nomme Heinrich Teufelsbrecher, pour fous zerfir ! lança l’elfe noir devant un auditoire médusé.
- Vraiment ? interrogea sire Evrard dont le sourcil gauche demeurait levé.
- Ja ! Ché suis fenu bour cagner le Crand Dournoi et remborter les tonneaux du paron !
- Eh bien… notez son nom, héraut, qu’attendez-vous ! commanda le chevalier.
- Ach ! Merzi pien ! dit l’elfe en s’inclinant bien bas.
- Très bien, reprit le pauvre Thomas qui sentait que ce tournoi amènerait son lot de n’importe quoi, à l’instar du précédent. Vous pouvez amener votre… monture… aux écuries. Elle ne mange pas les chevaux, n’est-ce pas ?
- Ach, nein, che ne crois pas, répondit l’elfe à l’accent impérial sur un ton peu assuré, pour le plus grand déplaisir de son malheureux interlocuteur.
- L’aile Est du château est réservée aux participants, je vous invite à aller y prendre vos quartiers.
- Bas la beine ! Ch’ai fu des tavernes en jemin…»


Mais alors que l’elfe s’éloignait, Thomas s’effondra sur son registre.
Il repensa à l’épreuve qu’avait été la précédente compétition et redouta désormais de voir revenir l’ogre de la dernière fois.


*******

Pendant ce temps, à quelques dizaines de kilomètres de là… sous la terre.

« Bien... bien... parfait. Les événements prennent la tournure attendue...Le grand conseil du clan Variole va maintenant étudier la participation de ses meilleurs guerriers au grand tournoi des choses-hommes de Havrassss ! Des propositions à soumettre au clan...sss ?»

Vorax le mielleux, grand prophète gris et commandant en chef du clan Variole, ne se faisait aucune illusion... Il savait pertinemment que les gradés du clan et membres du conseil ne valaient à peine mieux que leurs guerriers. Tous étaient bien trop veules et trop pleutres pour risquer leur misérable existence dans un risible tournoi. L'honneur du clan ? Vorax n'en avait cure et les membres du conseil également. Ce n'était qu'une opportunité parmi d'autres pour eux de se débarrasser d'un rival potentiel...

Un silence de mort régnait dans la salle. Aucun prétendant ne s'avançait.
Les membres du conseil se dévisageaient les uns les autres. Tous avaient l'oeil mauvais et l'esprit empli d'intentions malveillantes.
Erbora, grandes-dents des vermines de choc, rêvait de se débarrasser de Cholérax le péteux, maître des chefs de meute du clan, poste qui donnait accès au contrôle de toutes les abominables créations contre-nature que le clan avait acquis auprès du clan Moulder. Si seulement Erbora pouvait concentrer ce pouvoir en plus du commandement des vermines de choc, il pourrait même envisager, qui sait, de renverser un jour Vorax... Quant à Cholérax, il aurait bien vu Tesra, technomage principal du clan, se porter volontaire. Il avait une terrible vengeance à assouvir contre ce dernier. En effet, le technomage avait par accident, du moins selon ses dires, totalement incinéré Cratox, le rat-ogre de compagnie et garde du corps attitré de Cholérax, d'un tir de canon à malefoudre incontrôlé... Tesra, quant à lui, ne cachait pas son mépris envers Gridepus la suinte, prêtre de la peste et archidiacre de la contamination du clan. Tesra ne tolérait en aucune manière la concurrence magique que lui opposait ce représentant du clan Pestilens qu'était Gridepus.

L'atmosphère était pesante. Alors que tous les membres se sondaient les uns les autres, Vorax déploya silencieusement sa longue queue. Son appendice caudale se saisit de la dague de son voisin de gauche, qui ne remarqua rien, la retira délicatement de son fourreau et la projeta sur le sol dans un bruit assourdissant...

« Anthrax ! Tu te portes volontaire ! Félicitations sss !!! couina Vorax.
- Non, je... ma dague est tombée et je...
- Le clan est fier de toi !!!"
- Et nos assassins Vorax, qui mieux qu'eux pourrait se porter volon...
- Allons Anthrax, tu le sais bien, sss, un tournoi est une affaire honorable sss... Le clan doit en sortir grandi. Nos assassins feraient mauvaise figure sss... L'affaire est entendue  ! Tu iras voir Arsenax l'armurier sur mes recommandations afin qu'il t'équipe convenablement...Tu nous feras honneur j'en suis sûr ! Sur ce, sss, la ssséance est levée...»


Vorax se leva et quitta la salle du grand conseil d'un pas rapide et décidé. Les deux vermines de choc ouvrirent à son passage une porte massive d'une couleur noire de jais. Lorsqu'il franchit le seuil, Vorax ne put réprimer un rictus de satisfaction.
Anthrax était dépité. Toutes ces années à comploter pour progresser dans l'ombre, à ourdir de diaboliques machinations pour défaire ses ennemis sans risquer sa vie, à esquiver les coups et à survivre à tout prix. Il était parvenu presqu'au sommet et maintenant il risquait de tout perdre dans une joute ridicule. Pour sauver sa peau, il avait encore quelques cartes à jouer.
Il avait encore de quoi faire aisément chanter Tesra et Cholérax pour se procurer quelque arme de technomage et skataplasme qui ne seraient pas de trop pour lui offrir une lueur d'espoir de survie dans la lice... Quant au reste il irait se servir chez Arsenax...

_________________
Non, on ne fait pas que charger à Havras, on a aussi des sorciers !
Tremblez devant nos armées... et craignez ma potestas, car je suis votre suzerain !

"Le monde est quand même plus simple quand on le regarde à travers la visière d'un heaume."

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Baron de Havras
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Lun 8 Déc 2014 - 6:28

La suite de cette première matinée d'inscriptions s'avéra plus qu'éprouvante pour le pauvre Thomas qui ne vit arriver aucun nouveau participant mais dût renvoyer maints paysans convaincus que sa tente servait aux doléances baronniales.
Il eut fort à faire avec les gens du Palavennet, village de l'Est de la baronnie, venus cette semaine en masse pour se plaindre de forfaitures imaginaires et de terribles complots organisés par les gens de l'Ouest de Havras.

Le reste de la journée se passa dans une grande torpeur, voyant une vingtaine de nouvelles inscriptions bretonniennes ne méritant pas que l'on s'y attarde particulièrement.
Bientôt, l'aile Est du château grouilla de vie tandis que de nouveaux jeunes chevaliers y prenaient leurs quartiers en attendant les qualifications.

La soirée fut marquée par de glorieux banquets et des festoiements magnificques... auxquels les inscrits ne furent pas conviés.


*******


Le lendemain matin arrivèrent au château les premiers hôtes de marque. Le fameux chevalier de la Toison d'or survint suivi, quelques heures plus tard, du baron Arthas de Corgenon.
Ce dernier était venu accompagné d'une bonne escorte de chevaliers dont l'un, le fameux Faron de Perthuis, s'inscrivit au tournoi pour représenter les couleurs de son suzerain.
D'âge moyen, suivi comme son ombre par un valet-écuyer nommé Bernard, ce chevalier portait d'argent à hure de sable attestant ses origines Artenoises et était, disait-on, descendant d'une ancienne lignée de sa région. Nul ne douta qu'il ferait des merveilles dans la lice, le baron Arthas ayant interdit à ses vassaux de participer aux épreuves à pied, jugées bien moins glorieuses.

« Nous aurons bonne compagnie à ce tournoi ! déclara un jeune chevalier, debout devant la tente des inscriptions, tandis que le chevalier Faron s'éloignait.
- Qu'importe ! Pour ma part, je suis venu pour les épreuves à pied, lui répondit un autre chevalier dont l'aspect rappelait quelque mercenaire sans foi ni loi. M'est avis que les concurrents de mes épreuves seront moins reluisants.
- Cela, l'avenir le dira, camarade ! Ne gageons de rien et inscrivons-nous céans !»


Les deux hommes approchèrent du héraut qui semblait bien perdu dans ses registres et furent bien en peine d'attirer son attention.

« Maistre héraut ! l'interpella le jeune chevalier. Nous sommes venus nous inscrire à votre tournoi au nom du seigneur Gombaud de Guyenne, moi pour la joute et lui pour la mêlée.
- Oh ! réagit finalement Thomas. Qui dois-je donc inscrire ?
- Mon nom est Luc de Grantourleppe et voici Prince Lypreste des Principautés Frontalières, déclara le jeune jouteur tandis que son interlocuteur notait noms et armoiries de ces nouveaux candidats.
- Vous trouverez votre place dans l'aile Est du château, messires. Les épreuves débuteront dans une semaine. L'écurie se trouve...
- Je sais où la trouver ! l'interrompit le jeune Luc avec enthousiasme.
- Fort bien...»
conclut laconiquement le brave Thomas alors que s'éloignaient déjà les deux nouveaux venus.

Alors qu'ils avaient fait quelques pas, à peine, Prince ne put s'empêcher d'interroger son camarade sur son étrange connaissance des lieux.

« J'avais assisté au précédent Grand Tournoi organisé par ce baron, expliqua le jeune chevalier. J'étais alors âgé de quatorze ans seulement et étais venu pour accompagner mon père. Croyez-moi, compain, vous ne serez pas déçu du spectacle si cette compétition vaut la précédente !
- Nous verrons, s'amusa le douteux Prince Lypreste. Mais, hum, comment dire cela... croyez-vous que le baron va mal prendre le fait que j'ai bu les bouteilles que le seigneur Gombaud voulait que nous lui offrions ?
- Aucun risque, assura le jeune Luc. J'avais gardé les vraies bouteilles par devers moi sur ordre de notre suzerain.»


Sur ces mots, les deux hommes entrèrent dans les écuries en riant.


*******

Quelque part au nord du royaume, sur une route poussiéreuse, s’avançaient deux chevaliers.
Le premier semblait jeune et bien fait de sa personne. Point trop gros, ni point trop maigre, il était monté sur un superbe destrier à la robe de moire. A en juger par sa tenue, il était de bonne famille et avait de la phynance. Son habit était riche et ses manières courtoises.
Il parlait en gentilhomme, point trop haut mais au ton le plus juste, à la parole réfléchie. Mais on devinait, à l’éclat de son regard, un goût certain pour l’intrigue, qu’elle fut politique ou amoureuse. Il menait cependant sa vie avec sagesse et pragmatisme, pesant ses décisions comme ses coups d’épée.
Né de belle origine, quoi qu’il ne fût que cadet, il était parti servir dans les régions frontalières pour y gagner la renommée. Il s’était arrêté à la Marche des quatre vents, et s’était établi à la cour. Sa lance était puissante et son conseil  avisé, si bien qu’il dîna vite à la table du marquis.  Ce dernier l’avait en haute estime, et conscient de sa capacité à peser les problèmes avant de céder à la fureur, il lui confiait souvent les missions diplomatiques d’importance. C’est pourquoi notre homme était en ce jour sur les chemins, chargé d’une missive pour l’empereur.

Celui qui l’accompagnait n’était point du même bois. Il était de haute stature, la barbe fournie, le nez un peu gonflé par l’habitude de boire. Il allait à pied et semblait fort marri à ce propos. Anton de Garrofa était son nom. Il était né à la frontière de l’Estalie, dans ces régions où les seigneurs eux-mêmes ne savent à quel royaume elles appartiennent. Son père possédait un petit castel perché sur les hauteurs qu’il défendait vertement contre les assauts réguliers des peuplades sauvages.
En ces pays, on tire moins ses revenus de la terre que de la contrebande, et les nobles eux-mêmes ne se distinguent pas bien du plus miteux de leur bandits. Dès son plus jeune âge, Anton parcourait les montagnes, franchissait les cols, passait de versant en versant, commerçant sans vergogne tout ce qui avait quelque valeur. A sa majorité, il frayait avec les pires crapules de son pays.
Il connaissait la moindre taverne mal famée, et était partie prenante dans la moindre transaction illégale. Il n’était pourtant pas mauvais homme. Il aimait rire, et il était volontiers généreux, même avec les plus humbles. Il s’emportait souvent, mais pardonnait assez vite pour que cela ne portât pas toujours à conséquence. Il avait le verbe haut et bien ganté, aimait à s’en servir, ce qui le rendait joyeux convive et par conséquent très apprécié de tout le monde.

Lorsque son père mourut, il prit naturellement sa suite. Mais ses méthodes d’administration alertèrent le duc Quenelles, qui l’assigna en justice. Il fut démis de sa terre, et dû jurer d’aller faire pénitence en combattant aux frontières. A dire vrai, il n’en fut que peu affecté. La gouvernance l’avait ennuyé, et c’est sans trop de remord du déshonneur qu’il s’engagea vers cette nouvelle vie d’aventure. Le marquis des quatre vents trouva en lui un vassal fort commode pour effectuer les basses besognes. Rien ne l’effarouchait, et c’est avec bonnes grâces qu’il s’acquittait de la moindre tâche qu’on lui confiait. Ceci lui valut une place de choix auprès de son seigneur, et c’est là qu’il connut le comte Evrard de la Combe.

On ne pouvait imaginer deux caractères plus opposés, et pourtant une franche camaraderie les lia dès leurs premiers échanges. Ils se complétaient naturellement l’un l’autre. Evrard la tête qui pense, Anton le bras qui agit. Et malgré leurs fréquentes disputes, ils se savaient si assortis l’un pour l’autre qu’ils ne se quittèrent plus. Lorsque le marquis confia à Evrard la missive pour l’empereur, il n’imagina pas une seconde qu’Evrard put partir sans Anton. Aussi voyageaient-ils tous deux sur cette route poussiéreuse, quelque part au nord du royaume.


« La peste soit de ce maudit tavernier. J’ai les jambes fourbues et mes bottes me blessent atrocement les orteils.
- Je vous avais pourtant dit de ne point insister, mais c’est toujours la même chose avec vous. Si l’on vous donne quatre pauvres bougres et un paquet de cartes, il faut que vous y passiez jusqu’à votre dernier écu, quoi qu’il arrive.
- Eh, je sais bien ! Mais ces bougres-là étaient de sacrés pigeons, et il ne s’en est fallu de peu pour que je les plume !
- On constate en effet le résultat.
- Tu es un méchant Evrard. Tu sais bien ce qu’il s’est passé, tu y étais. La fortune s’est acharnée, et c’est vraiment la faute de la chance si le charretier a pu enchérir.
- Et emporter votre bourse.
- Et mon surcôt à la dernière mode.
- Et la selle de votre cheval.
- Venons-en à cette sale rosse. Je l’avais payé à prix d’or à la foire de Quenelles. Le meilleur de la région. Crois-tu que l’aubergiste avait quelque mesure pour me le réclamer en paiement du repas ? Mais à ce prix-là, c’était un banquet que je pouvais donner ! Je pouvais même y inviter le roi, et l’empereur aussi ! Il faut vraiment que je t’aime pour que tu aies réussi à m’empêcher de lui casser la tête !
- Ce cheval ? à prix d’or ? pas plus tard qu’hier vous vous plaigniez de sa mauvaise assise et de sa lignée bâtarde. A vous écouter, il s’agissait de l’âne du dernier de vos vilains.
- Et bien l’âne du vilain vaut mieux que de marcher à pied. Maudit marchand de vin !
- Vin que vous n’avez que trop bu. Il vous avait pourtant prévenu, que ces bouteilles étaient les meilleures et les plus chères de sa cave. Vu le festin que vous commandâtes, le prix ne m’en paraît pas exorbitant.
- Nous aurions pu tout de même l’empêcher de prendre mon cheval.
- Et comment ? Nous banquetons tant à chaque étape que je n’ai plus le moindre écu en poche. Et quand vient votre tour de payer, vous perdez tout au jeu. Au reste, nous ne sommes pas à la frontière ici, mais proche de Couronne. Le prévôt y est plus à l’affut, le tribunal moins clément, et la corde de la potence bien plus courte. Je ne crois pas que nous soyons en position de nous créer ce genre de problème.
- Soit, soyons bon sujets, si ça te fait plaisir. Mais un bon sujet comme moi ne devrait pas aller à pied sur un chemin si plein de pierres pointues. Laisse-moi au moins monter en croupe.
- Il n’en est pas question. Mon cheval n’est pas assez bâti pour nous supporter tous deux sur un si long chemin. Et puis j’aime l’idée de te savoir en pénitence. Puisses-tu par cette expérience te repentir du jeu et de la boisson.  
- Et ça se dit mon ami ! Vil cafard,  je prie la dame pour que ta mule se casse une patte !
- Calme-toi. J’ai peut-être un moyen de récupérer quelques deniers.  Pendant que tu jouais j’ai un peu discuté avec notre hôte. Il m’a parlé d’un tournoi organisé en la baronnie voisine. Nous pourrions nous y rendre et y participer. Je jouterais, tu combattrais à pied. Ce serait bien le diable si l’un de nous ne l’emportait pas. Nous pourrions ainsi regagner quelque phynance pour mener à bien notre mission.
- Un tournoi ? pourquoi tu ne l’as pas dit plus tôt ? Nous voilà assurés de mener grande chère jusqu’à la fin de notre mission ! Mais il nous faudra des préparatifs : Je dois faire réparer ma cotte de maille, et tisser un caparaçon neuf. On ne part pas en lice avec un bouclier si minable ! Il faudra faire repeindre mes armes ! Nous trouverons un nain, et prendrons à crédit. De la prestance que diable ! En plus de la richesse, je compte bien culbuter la châtelaine locale…


Pendant qu’Anton continuait à pérorer de la sorte, Evrard poussa un soupir. Décidément, la route jusqu’à Altdorf était encore bien longue. Sans plus écouter son acolyte, il éperonna en direction de Havras, pensant en son for intérieur qu’il serait préférable que son compère ignorât les légendes liées à la Sainte Cave s’il voulait en partir un jour.


*******

Finalement, les choses avaient pris bonne tournure, pensa Thomas le héraut, de nouveau pris d'une irrépressible envie de chanter en ce début d'après-midi du deuxième jour. Hormis un épouvantable elfe noir à l'accent et aux manières improbables, aucune créature malfaisante n'était venue s'inscrire à la compétition et il entrevoyait la possibilité que ce tournoi ressemble à un vrai tournoi entre Bretonniens.

Mais alors qu'il venait d'entonner quelque hymne à la gloire du printemps et des jours heureux, le héraut retomba vite sur terre, surpris par d'horrificques hurlements de panique.
Bondissant sous sa table, il se mit à espérer en tremblant que les monstres ou les éventuels assaillants passent sans le voir. Pourtant, à la réflexion, il pensa bien stupide l'idée même d'attaquer le château de son seigneur à présent rempli de vaillants chevaliers de tout le royaume et cette idée le tranquillisa quelque peu...

« Oooùùù puis-je m'inscriiiiire ? demanda une voix soupirante et fantomatique.
- L'âme de mon baron est plus savoureuse que la mienne, je vous en assure ! gémit Thomas, peu disposé à regarder qui s'adressait à lui.
- Je suiiiis Catafisse VI, souverain immortel d'un ancien royauuuume,
répliqua l'autre au grand dam du héraut qui comprit que son interlocuteur ne partirait pas.

Prenant son courage à deux mains, le vaillant serviteur sortit de sa cachette et tenta de ne pas défaillir en voyant la chétive momie au masque d'or qui se tenait devant lui.

- Vous... êtes seul ? interrogea l'homme terrifié.
- Je suiiiiis Catafisse VI, souverain immortel d'un ancien royauuuuuuume... je viens pour le tournoiiiii.»


Blême, mais ne voulant parlementer avec un monstre, Thomas inscrivit la créature et espéra qu'elle soit défaite rapidement.

De l'autre côté de la cour, un vieux chevalier à la barbe et à la cape d'un blanc immaculé observait la scène d'un air dubitatif.

« Au moins ne serais-je pas le participant le plus âgé...»


*******

Dans la grande salle du château de Havras, des nobles des quatre coins du royaume festoyaient en grand bruit.
Au centre de la pièce, assis comme à son habitude sur son haut siège, le baron enchaînait les cuissots de poulet et les pattes de canard plus vite qu’un ogre qu’on aurait contraint à un jeûne d’une semaine.

« Et ch’est donc ainchi, expliquait-il, sans avoir pris la peine de vider sa bouche, à sire Arthas assis non loin, que l’Ogre Grundark avait remporchté le premier Grand tchournoi de Havrache… »
- Oh… se contenta de répondre l'autre baron, visiblement amusé.

Dans un bruit de tonnerre, la porte de l’aula s’ouvrit alors, laissant entrer dans la pièce un petit groupe de chevaliers bretonniens en armes qui traversèrent la pièce sous les regards subjugués de toute l’assistance.
Bientôt, les ménestrels cessèrent leur raffut et le silence régna, laissant à tous le temps de scruter un à un chacun des membres de cette étrange et redoutable compagnie.

A leur tête était un grand chevalier à la longue chevelure d’or, son armure et ses atours semblaient bien usés, à l’instar de ses camarades, mais sa prestance demeurait incontestable.
Les invités qui n’étaient pas de cette terre ne purent s’empêcher de remarquer les regards approbateurs et les sourires que lui adressaient les chevaliers de cette cour pour qui son identité ne devait pas être un secret.
A sa suite se trouvaient trois chevaliers tout aussi dépenaillés dont deux paraissaient fort jeunes.

« Sire Ariuch de Chorcht ? manqua de s’étouffer le noble baron à cette vue. Mais où echtiez-vous donc paché ? Et qui diable ch’ont vos jamis ? »
- Monseigneur ! s’exclama le grand guerrier blond à l’armure usée en mettant genou à terre. Laissez-moi vous présenter mes frère d'armes, Théobald de Bastogne, Friedrich de Schwytz et Henri de Volvestre.
- Voilà au moins la moitié du mystère résolu, le taquina Dame Nantilde, épouse du baron.
- Ma dame, pardonnez-moi ! Et vous aussi, mon cousin ! rajouta le vaillant Arius en se tournant vers le sénéchal Hagen. Comme vous vous en souvenez certainement, vous m’aviez envoyé à la belle saison passée mener tournois dans les terres de Gisoreux. C’est là, en un lieu nommé le Brigandin, que mon destin devait se lier à ceux de ces hommes, lorsqu’un chevalier s’inscrivit au tournoi sous l’identité usurpée de Saint Astrabell de Pinsaguell.
- Ah le félon ! s’emporta le bon baron en crachant une partie de ce qu’il avait encore, ou plutôt de nouveau, en bouche.
- Henri de Volvestre, ici présent, était le capitaine des cadets de Catharie, et il se lança aux trousses du félon. Je décidais de l’accompagner, en compagnie du paladin Lot d’Orcadie et du jeune Théobald ici présent, le tout premier homme à m’avoir fait vider les étriers. Pendant des jours et des nuits, nous avons poursuivi notre usurpateur à travers la sombre et périlleuse Arden; jusqu’aux terres maudites de Moussillon et le comté de Castagne nous suivirent sa piste, mais le destin voulut que …
- Oui oui, bien, c’est très bien, l’interrompit le baron qui levait depuis une minute sa coupe en l’air dans l’espoir que ses domestiques viennent la remplir. Mais ainsi donc, vous avez perdu un tournoi. Voilà qui est méchant, mon bon Arius.
- Messire, je… suis navré, répliqua le vaillant chevalier, penaud.
- N’en parlons plus ! gémit le baron en lançant à son connétable Frédégaire une bourse bien remplie. J’éviterai de parier tant, la prochaine fois.


A l’autre bout de la pièce, par delà la massive porte de bois par laquelle était entrée la compagnie d’Arius se fit alors entendre de vibrantes ovations suivies du tumulte d’une cavalcade de nombreuses gens. Bientôt surgit dans l’embrasure de la porte un damoiseau essoufflé qui semblait bien chancelant sur ses jambes.

« As-As-Astra-bell… Saint Astrabell de Pinsaguel est inscrit au tournoi ! Louée soit la Dame ! » annonça le garçon d’une voix haute mais tremblante.

Arius, Théobald, Henri et Friedrich s’échangèrent un regard quelque peu incrédule puis, d’un seul mouvement se prirent tout quatre le visage dans les mains. Une grande lassitude les avait gagnés.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Mer 10 Déc 2014 - 0:19

Après l’agitation suscitée par l’inscription de celui qui prétendait être un chevalier du Graal renommé, l’ambiance retomba.

Partout dans la citadelle, Arius et ses camarades cherchèrent ce prétendu Astrabell mais ne parvinrent à lui mettre la main dessus, comme si ce dernier s’était volatilisé après son inscription.

Etranger à toute cette agitation, Thomas le héros poursuivait pour sa part son travail administratif, enregistrant noms et armoiries des chevaliers désireux de participer à la compétition. Déjà plus d’une cinquantaine étaient inscrits, ce qui lui donnait par avance d’odieuses migraines car il savait que son baron comptait sur lui et lui seul pour mettre en bon ordre l’organisation de ses festivités.

Un nouveau chevalier se présenta bientôt et demanda manifestement à participer. Toutefois, ce dernier ayant conservé son heaume et sa visière baissée, le héraut ne comprit que partiellement ses propos.
Ayant quitté la salle de banquet pour prendre l’air, Evrard Longueheuse de Vergobret et Frédégaire de Laniol, respectivement sommelier d’armes et connétable du baron de Havras, ne purent s’empêcher d’approcher, curieux.

« Messire, je ne puis vous entendre ! gémissait le malheureux Thomas en gesticulant.
- Cela arrive fréquemment lorsque l’on parle à travers son casque, ironisa Evrard.
- Si le monde semble toujours plus simple lorsqu’on le regarde à travers la visière de son heaume, il n’en va pas de même pour la compréhension des paroles, commenta Frédégaire en frappant deux petits coups dans le casque de fer du chevalier inconnu.
- ‘e ‘is ‘ue ‘e ‘uis le ‘hevalier ‘heval ! répondit une voix étouffée qui semblait pourtant hurler afin d’être entendue. ‘e ‘uis ‘enu m’in’rire à ‘otre ‘ournoi !
- Ah ! Le chevalier Cheval ! comprit le brave héraut, qui devina enfin l’identité de son interlocuteur en observant ses armes.
- ‘est ‘ien ‘ela ! ‘e ‘ous ‘emercie ! déclara le chevalier Cheval en s’inclinant.
- Mettez votre monture à l’écurie et rendez-vous dans l’aile Est ! s’enthousiasma Thomas en reprenant son insupportable voix suraiguë.
- Cheval ? Est-ce là un nom pour un chevalier ? s’étonna Evrard en regardant s’éloigner le nouveau venu.
- Voilà encore un bien beau vantard, ricana Frédégaire.
- Dans la tradition séculaire du duché d'Artenois, entreprit d’expliquer le héraut en tentant de faire abstraction des commentaires graveleux du connétable, le chevalier Cheval est le sobriquet attribué au vaincu de l'épreuve de la main tranché.
Ainsi, à la veille d'un tournoi les chevaliers participent à une chasse d'hommes bêtes, dans la foret d'Arden, à qui ils doivent trancher la main droite après les avoir vaincu. La traque commence à l'aube et au crépuscule chaque noble revenant en Artenois présente son plus beau trophée; le perdant est celui qui présente une main avec les doigts les plus courts.
Il participe alors au tournoi non plus sous ses armoiries mais comme le célèbre chevalier Cheval, arborant couleurs de gueules, d'argent et d'or, avançant toujours coiffé d'un heaume qui ne permet pas de deviner qu'il est le malheureux élu. En effet la tradition veut qu'ainsi revêtu il ne craigne aucun coup et que sa seule conduite soit de charger sans faillir. Il est coutumier de dire "sans réfléchir" non plus...
Selon les archives recensant la participation d’un chevalier Cheval à exactement cinquante-sept tournois, celui-ci n'a jamais été déclaré vainqueur, seuls quatre d'entre eux ayant échappé à la mort malgré de terribles blessures. Parmi ces vaincus survivants se trouvait nul autre que Heudebert, le fils du Duc Roeric d'Artenois, qui pour restaurer son honneur participa à la fameuse croisade de 2420.
- Non, ce sobriquet fait sans doute allusion à son vit, répliqua Frédégaire. C’est forfanterie. »


*******


A des centaines de lieues, par delà les océans, quelques semaines plus tôt…

Il veillait inlassablement. Cela faisait bien une éternité qu’il gardait les ruines du temple sacré d’Itzipokituaclotzuld’Itzipokleku… non… d’Itzo… de ce temple sacré bâti par les anciens en des temps immémoriaux au cœur d’une cité pluriséculaire. Car jadis, en effet, se dressait là une cité altière aux dimensions et à l’architecture qui défiaient l’imagination. Il ne restait rien, sinon des amas de pierre disparates recouverts de mousse et étouffés inexorablement par la jungle environnante.

Den-Ver, dernier gardien du temple d’Itzipokitou…(Raahhrondjuduu !!!)… était désespéramment seul. Aucun autre homme-lézard ne vivait là sinon lui. La cité et son temple sacré avait sombré dans un oubli presque total hormis les consciences des plus vénérables slanns…et de Den-Ver bien sûr. Chaque jour, chaque nuit, il arpentait les ruines, juché sur Predator, son antédiluvien sang-froid. Den-Ver avait fait le serment de défendre le temple au péril de sa vie pour l’éternité. Et il comptait bien tenir sa promesse.

Un matin, un slann parmi les plus anciens, Grouniaf l’omniscient, au terme de ses divagations métaphysiques vers un nouvel âge réminiscent, entra en communication télépathique avec Den-Ver. Comment était-ce possible lui qui n’était qu’un guerrier saurus parmi d’autres… ? Ce mode de communication était l’apanage des slanns ? En tout état de cause, le slann ordonna à Den-Ver de suivre la comète à deux boules qui apparaîtrait à la sixième lune de la décade des vendanges stellaires. Elle le guiderait. Elle lui montrerait la voie. Elle était l’ultime espoir pour la cité de retrouver son faste et sa splendeur d’antan. Comment ? Den-Ver l’ignorait et peu lui importait. Le jour où la comète apparut, il prit ses armes et entama son périple.

Par monts et par vaux, par-delà les mers et les océans, affrontant tous les périls, Den-Ver poursuivait sa quête.

Un beau matin, la comète disparut subitement dans le ciel alors que Den-Ver se trouvait au milieu d’une baronnie de Bretonnie dénommée Havras.  
Den-Ver entendit au loin les bruits de quelques festoiements alors que le soleil étendait ses derniers rayons. Il prit cette direction. Il était impatient et savait que sa quête touchait à sa fin.


*******


De rares manants passaient en hâte sur le pavé inégal de la ruelle en pente, rendue presque déserte par l’averse. L’enseigne de l’auberge du Singe Physicien (un magot examinant des urines) se balançait en grinçant sous le vent, et près d’un tas d’ordures, un gros rat trempé se mettait à l’abri sous une tuile tombée d’un toit du voisinage, se doutant peu du complot sinistre qui se tramait à quelques pas de là.

Derrière les carreaux de verre grossier de la plus haute chambre de l’auberge, une chandelle tremblotait. Deux silhouettes étaient penchées sur un invraisemblable attirail fait de pics, de pioches, de pelles, de seaux et de cordes, de lanternes et d’un outil étrange qui évoquait un horrifique tire-bouchon.

« Bertin est revenu tantôt du château, faisait l’un de ces suspects personnages, un solide gaillard au cheveu grisonnant et au nez cassé. Les hérauts nous font mander pour demain afin de coucher nos deux noms sur le rôle d’armes du tournoi.
- Et a-t-il su se faufiler jusqu’aux basses salles de l’endroit ? demanda son compagnon, un jeune chevalier à la barbe châtain.
- Il en a tout le plan en tête. Il n’y aura qu’à attendre le dernier jour du tournoi, quand le baron voudra fêter les champions. Aussitôt que la grande beuverie aura ensommeillé toute la maisonnée, nous descendrons.
- Matthieu quant à lui a déniché une charrette et attendra la nuit dite pour s’approcher des portes de la ville ; nous avons remarqué une entrée qui n’est guère gardée. Dès que la charrette sera chargée, nous pourrons prestement nous escamper.
- Ainsi tout est prêt, fit l’homme au nez cassé. La Sainte Cave sera à nous. »


Les chevaliers de la Tour, cachés dans les bas-fonds de la cité de Havras, préparaient insidieusement leurs complots diabolicques…

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Jeu 11 Déc 2014 - 0:29

Comme pour la précédente édition, la ville de Havras se trouva en grande effervescence et la baronnie accueillit chaque jour un peu plus de curieux venus des quatre coins du Royaume. Les faux-bourgs s’agrandirent de villages de tentes et de paillasses de fortune alors que les auberges ne désemplissaient pas.

Le baron Guilhem de La Tour, venu de l’autre bout du royaume, arriva en grand bruit et ses chevaliers, dont la présence en ville n’était plus secrète depuis plusieurs jours, finirent par s’inscrire.
A chaque nouvelle journée, le train de victuailles et les cargaisons de vin en direction du château se faisaient plus impressionnants, alimentant nombre de rumeurs parmi les gens du bon peuple. Il ne restait plus que quelques jours pour s’inscrire avant les premiers combats et de nombreux champions finissaient par se déballonner avant d’arriver à la table du gentil Thomas.
Dans la grande salle du baron, les nobles festoyaient en continu, ne se levant que pour aller vomir ou regagner leurs appartements, trop pleins pour poursuivre.

« Qu’est-ce que ceci, encore ? s’indigna le baron en se tournant vers son épouse, manifestement gêné par les éclats de voix qui provenaient de l'autre côté de son hall. Les seigneurs de Dèce et Selvigny recommencent-ils à se battre ?
- Ce serait la troisième fois de la semaine… soupira la noble dame.
- Sire de Laniol ! s’égosilla le baron en lançant un cuissot de volaille sur la tête d’un chevalier avachi sur sa table.
- Ou-oui ? réagit l’homme en redressant la tête d’où s’écoulait un long filet de bave. Que faites-vous dans ma chambre, mon seigneur ?
- Idiot de pochetron inutile, grogna le noble baron. Vous êtes dans la salle de banquet ! Vous y avez été deux jours durant, sans interruption!
- Oh ? Voilà une bonne nouvelle, décréta le noble chevalier en regardant l’intérieur d’une cruche pour voir s’il pourrait en tirer quelques gouttes.
- N’êtes-vous pas celui qui est chargé de veiller à régler les conflits parmi mes vassaux ? rappela le seigneur de Havras. Il y a de l’agitation de l’autre côté de la salle ! Sans doute s’agit-il de vos turbulents cousins, les sieurs de Dèce et Selvigny ! Allez-y et sortez-les de ma salle de banquet sur-le-champ, avant qu’ils ne fassent tourner le vin !
- Bien sire ! répondit le brave Frédégaire de Laniol avant de bailler bien grand en se grattant le séant. Arius ! Ariuuus ! Debout sac à vin, venez m’assister ! »


Mais le seigneur Arius, ivre mort à côté de lui, ne put faire plus que lever une main pour l’encourager à partir devant sans l’attendre… l’obligeant à accomplir ses obligations seul.

Titubant quelque peu au milieu des tables, devant éviter chevaliers et invités de marque qui trainaient parfois à même le sol, sire Frédégaire progressa lentement à travers la pièce, jusqu’à arriver à proximité d’une table où trois chevaliers qui lui étaient inconnus étaient sur le point d’en venir aux mains, malgré les injonctions de nombreuses demoiselles qui les appelaient au calme. Interpellant les fauteurs de trouble, Frédégaire tenta de ne pas paraître aussi mal en point qu’il ne l’était en vérité.

« Quelle est la cause de ce raffut ? Et qui êtes-vous donc, messires ? Sont-ce là des manières lorsque l’on se trouve à la cour d’un seigneur étranger ?
- Ne vous inquiétez pas, mon bon sire, cette altercation ne durera qu’une minute ! répondit un bellâtre blond qui se trouvait tenu au col par un chevalier aux proportions colossales.


Derrière se trouvait, tenant fermement les deux hommes, un chevalier douteux dont Frédégaire ne put s’empêcher de remarquer le membre turgescent poignant sous ses chausses.

- Et ainsi donc… de quoi retourne-t-il ? insista Frédégaire.
- J’ai suggéré que ces deux seigneurs aillent se battre à l’extérieur au lieu d’embarrasser ces belles dames de leurs vantardises ! expliqua le chevalier au membre dressé.
- Ce faquin dit pouvoir me vaincre les yeux bandés ! hurla rageusement le géant en désignant le blond. Je demande à voir ! Céans !
- Le fait que vous ne le compreniez pas d’instinct prouve à quel point vous m’êtes inférieur, répliqua le blond d’un air narquois.
- Des minables comme vous, j’en aurai brisé plus d’un ! cracha le grand chevalier.
- Eh bien, nous verrons cela dans la joute, s’amusa le vaniteux chevalier blond.


De son côté, Frédégaire s’était pris le visage entre les mains. Il croyait comprendre une partie du problème et sembla avoir bien du mal à conserver son calme.

- Vos noms, messeigneurs ?
- Je suis le seigneur Fulbert, vassal du seigneur d’Insula, répondit le chevalier aux cheveux d’or.
- Et moi, dit le chevalier musculeux, Charles Hubert de la Bath de Gransette de Baisebaule.
- Je suis Sire Rocco de Lacourte, répondit pour sa part le chevalier priapique.
- Fort bien, mes bons seigneurs… j’ai l’honneur de vous informer QUE LES PARTICIPANTS AU TOURNOI NE SONT PAS AUTORISÉS A BANQUETER AVEC LES INVITÉS D’HONNEUR ! SORTEZ SUR-LE-CHAMP !!!

 

*******


A l’extérieur, assis sous sa tente, Thomas tapait du pied en soupirant. Il leva la tête vers un coin de ciel et réalisa qu’il n’était pas encore midi…
Face à lui se trouvaient le duc Parsifal et un chevalier qui se faisait appeler le Paladin Lapointe, attendant d'avoir confirmation que leurs noms avaient été enregistrés.

« Voilà, messires, vous voilà inscrits. Vous trouverez toutes les commodités dans l'aile Est du château Les épreuves qualificatives auront lieu dans trois jours.»

Les deux ayant pris congé, le héraut d'armes s'enfonça dans son siège et tourna les pages de son registre avec mélancolie.
Un autre chevalier s'avança alors et s'inclina respectueusement.

« Je viens pour m'inscrire aux épreuves de joute, déclara le nouveau venu.
- Fort bien, monseigneur ! Puis-je m'enquérir de vos nom et titres ?
- Je suis Nicolas de Lorraine, seigneur de la Clé.»


Mais à peine avait-il terminé sa phrase qu'un lézard géant surmonté d'un autre plus petit jaillirent dans la cour en semant la panique.
Les créatures écailleuses humèrent l'air et semblèrent un instant chercher leur chemin alors même que le seigneur Nicolas et quelques autres tiraient l'épée.
Fixant leur regard sur Thomas et sa tente, les sauriens se ruèrent dans sa direction, poussant sire Nicolas de Lorraine à sauter pour éviter le choc.

S'étant arrêté à une coudée, le lézard brandit un papier sur lequel était mal inscrit en lettres grasses le nom et les raisons pour lesquelles il avait fait le chemin. Son nom était Den-Ver...
Thomas remarqua alors que la monture du saurus était en train de mastiquer ce qui semblait être un énorme rat.

« Bonjour, chose-homme... inscriptions ici ?»

Il se dit qu'il était décidément bien trop mal payé pour son travail.


*******

Les deux chevaliers se détestaient ! Depuis que l’intendant du Groharn avait tenté d’évincer la damoiselle du pouvoir. Léogand de Fort-Montier vivait au jour le jour suivant les appels à l’aide et les indices de sa Quête.
Calard quant à lui s’était retranché dans son fortin. Gardant au mieux la cohésion de sa famille malgré le manque de moyen depuis sa disgrâce.
Quand la Quête de Léogand le menait à traverser les terres de la famille de Gloss il en contournait les frontières. Et depuis son humiliation au tournoi de la Jouvencelle, le nom de Léogand était interdit en Gloss !

Alors qu’une lettre était arrivée au château de Gloss provenant de mon Mont-Gros, le château de la Pucelle du Groharn, c’était une rumeur propagée de village en village qui avait prévenu le chevalier de Fort-Montier.
Les deux chevaliers étaient convoqués par la Chaste jeune fille au jour de la prochaine nouvelle lune.

C’était donc une quinzaine de jours avant la fête de la naissance de St Gille dans une étable pauvre, que les deux chevaliers arrivèrent au château seigneuriale.


Quand l’un est l’autre s’aperçurent, les épées se dégainèrent immédiatement ! Ils s’apprêtèrent se battre quand Clauderic de Gorgnac, le vieux chevalier du graal, interposa son épée entre les deux :

« Messeigneurs ! Pas devant la demoiselle. Vous êtes ici pour la survie de votre seigneurie écoutez ce qu’elle à vous dire et cessez vos enfantillages !

Margaude se leva pour leur parler :

« Mes Sirs, voilà trois propositions de mariages qui me sont refusées… Le Duc de Gasconnie nous donne jusqu’à la nouvelle année pour trouver un époux et donc un seigneur au Groharn. Mais notre terre manque cruellement de réputation. Vous êtes mes deux plus puissants chevaliers. Je ne peux demander aux chevaliers du graal de quitter leur étang sacrée. Alors c’est vers vous que je me tourne…
-Et comment espérez-vous qu’on se rende utile ? Calard et sa mauvaise haleine n’exprimaient aucun contentement.
- Dans la baronnie de Havras le seigneur organise un tournoi prestigieux pour les dix ans de son assemblée. Vous y participerez et vous montrer à tous que la marche de Groharn est une terre qui sait encore se battre et protéger nos frontières ! »


Immédiatement, Léogand s’inclina devant l’objet de son amour platonique. Devant le zèle insolant de son jeune rival Calard en fit autant : il n’allait pas refuser ce retour en grâce…
Avant qu’ils ne partent ensemble malgré tous Sir Clauderic leur tendis à chacun une fiole :

« Tenez, avant qu’elle ne parte, une petite fille qui travaillait chez nous avec son père, avait préparé ça pour deux chevaliers en paix, avait-elle dis… Avec le recule je pense qu’elle parlait de vous… Le chevalier du graal remit à chacun d’eux une potion magique.
-Elle est partis vous dites ? Léogand semblais plus qu’inquiet !
-Oui, son père raconte qu’un soir une licorne serait venue chez eux… la petite aurait grimpée sur son dos et elle aurait disparue depuis… La dame l’a appelée, ça ne m’étonne qu’à moitié…»


La première journée de route fut très longue pour les deux… Les rares fois où se ils parlèrent ce n’était que pour se rabaisser ou s’envoyer des piques acerbes. Et au soir alors qu’une remarque de trop leur fit mettre pied à terre pour se défier sans que personne ne puisse rien y faire ils furent cependant couper par l’odeur plus que réconfortante de viandes et tourtes. L’auberge du « Chasseur de Bouc » était juste là, à la sortie du virage où ils allaient se battre.

« _Il ne sert à rien de battre, nous avons un devoir à accomplir ! Léogand encore jeune et idéaliste faisait rire le puant Calard !
-Ha ! Vous êtes crevé par cette journée c’est tous ! Il rengaina sa lame. Un Chevalier de Quête… Ha laissait moi rire ! Et il s’éloigna laissant Léogand là, un peu dépité.
-Où allez-vous !
-Je vais boire plus que vous !


Après les volailles, les tourtes et les côtelettes. Calard et Léogand était à la même table, la boisson que prenait l’un en faisant en prendre une à l’autre aussi. Et silencieusement, dans un défis permanant, les deux envoyaient corne à boire sur corne à boire !

Cervoise, Vin, Cidre, Hydromel, Chouchenne et même  Hypocras : tous les choix de l’aubergiste y passaient ! L’avantage de l’alcool c’est que tous les dire s’oublie très vite, quand l’un et l’autre perdirent leur lucidité, ce fut d’abord l’heure des grands règlements de compte, les vérités tous aussi blessantes pour l’un comme pour l’autre furent dites ! Et après les larmes se fut la nostalgie, puis les souvenirs étaient partagés, les blessures de guerre furent comparées et pour finir se furent les chansons les plus grivoises qui furent présentées.

La tête leur raisonnée comme des marmites vides, leur vision était troubles et un goût rance envahissait leur bouche. Les souvenirs de la veille n’étaient pas claires mais suffisamment présents pour comprendre qu’un cape avait été passé entre les deux chevaliers. Mais alors que qu’ils se levaient à peine de leur table où ils avaient finalement dormis ils se demandèrent ce que ce faisait des hommes à l’extérieur… Ils tournaient autour du bâtiment et tentaient de voir ce qu’il y avait dedans.

Quand les deux chevaliers se rendirent compte que les visiteurs étaient armés, ils reprirent leur esprit immédiatement. Un coup de pied brutal dans la porte les amena au corps à corps. Et comme pour finir la soirée de la veille les deux guerriers firent corps comme un seul homme. Les hors-la-loi furent débordés et leur assaut avorta dans l’œuf.  

Calard tendit sa main pour aider Léogand à se relever dessus l’homme qu’il venait d’occire. « En route»
« En route» Les deux se sentaient maintenant en accord.

Les compagnons se mirent en route ensemble, et ensemble ils traversèrent les terres sacré de bretonnie, les  seigneuries, les champs et les forêts.

Quand ils furent en vue d’Havras ils se regardèrent en coin, chacun étaient conscient du devoir de représenter le Groharn. S’approchant des lieux des festivités, ensemble ils entrèrent dans la cour.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Sam 13 Déc 2014 - 3:49

Debout à côté de la tente de Thomas, Guillaume de la tour d'Alsacie faisait les cent pas, frappant du pied dans un caillou. Il n'avait nulle envie de combattre dans un tournoi, mais son père l'avait forcé à s'inscrire.
Ayant apporté sa monture à l'écurie, il boudait à présent comme un enfant, ne voulant nullement aller rejoindre les autres candidats dans l'aile Est du château de Havras.
S'arrêtant, il commença à scruter les visages de ceux qui formaient une file devant la table du héraut d'armes, attendant d'être enregistrés.

Au milieu des chevaliers, deux personnages attirèrent particulièrement son attention.
L'un d'entre eux, un homme chauve armée d'un marteau, semblait être un prêtre impérial. L'autre, plus surprenant encore, était un guerrier nain.

S'il l'ignorait, le premier se nommait Jean Coteaz des Entommeures et était originaire du duché de Parravon. Emporté par une troupe de flagellants impériaux durant l'enfance, il avait été élevé de l'autre côté des montagnes Grises et revenait maintenant, prêtre d'une divinité étrangère.
L'autre, Roganson Barbe d'Airain, était un thane, un membre de l'aristocratie naine qui avait fait serment voilà bien des années de ne plus tuer ses adversaires (à l'exception des Skavens) et estimait qu'un tournoi était le meilleur moyen d'utiliser ses compétences au mieux.
En bref, tous deux étaient singuliers, et Guillaume fut bien heureux de ne pas se retrouver à combattre dans la même catégorie qu'eux.

Fatigué de ses observations, le jeune chevalier avait finalement réuni assez de courage pour se rendre dans l'aile réservée lorsqu'une nouvelle arrivée accrocha son regard...

Un claquement de fouet, une chevelure de jais abondante, une tiare ensanglantée. L’arrivée de Vulva Supliss dans la cour de Havras ne passa pas inaperçue…
Pimpante matriarche de la tour obscure de Kir Karclond Kourklingklang, cette jeune camériste de Khaine cherchait en terre bretonnienne la trace de son artefact le plus précieux, malencontreusement égaré. La chose était effectivement tombée inopportunément à l’eau depuis l’une des fameuses arches noires qui pillent régulièrement les rivages de Lyonnesse.
Selon les malfaisantes observations du maître d’arche, il ne faisait aucun doute que les courants avait accompagné l’objet jusqu’à la côte.

Pour le plus grand malheur du royaume de Gilles, Vulva était décidée à retrouver son instrument d’une puissance rare et d’une beauté sans égale, son flamboyant familier de domination… sa peluche Hydrousson.

Les ombres dépêchées sur la côte informèrent rapidement la matriarche de la localisation d’Hydrousson. La peluche tant aimée avait été récupérée par des pêcheurs puis revendue à un commerçant, qui pour s’assurer les faveurs du baron de Havras, avait enregistré Hydrousson comme l’une des récompenses du tournoi.
Déterminée à récupérer sa maléfique peluche bien-aimée, Vulva s’inscrivit au tournoi à la suite du nain Roganson.

Deux autres de la même engeance, le seigneur Drakar et un assassin du nom de Dark Shadow s'inscrivirent à sa suite en prétendant n'avoir aucun lien avec la redoutable Vulva... sans parvenir à vraiment convaincre.


*******


La journée avait été longue et avait vu s'inscrire quantité de nouveaux participants dont l'un prétendait même être Reynard le chasseur, légende vivante du royaume, quoique Thomas eut des doutes sur ses certificats.
Ce dernier était épuisé et sentait une terrible douleur dans le poignet à force d'écrire sans discontinuer.

« Votre nom, monseigneur ? demanda mécaniquement le brave Thomas, malgré la fatigue.
- Je suis Silvère de Castagne, venu pour les épreuves à pied, répondit le seigneur qui faisait face au héraut.
- Castagne ? s'étonna Thomas. De la famille du comte Dangorn de Castagne ?
- Hmmm... oui et non, répliqua mollement le chevalier. Nous sommes parents, en effet... mais d'une branche différente.
- Oh... je vois... vous n'êtes donc pas arrivé avec son escorte ? demanda le héraut déçu. L'on dit que le comte est arrivé hier.
- Dangorn de Castagne est ici ? s'étouffa Silvère. Je.. euh... suis attendu. Notez mon nom pour le tournoi !»



*******


La dernière journée d'inscriptions touchait à présent à sa fin et l'épuisé héraut était sur le point de s'effondrer sous le coup de la fatigue... devant lui se tenaient ce qu'il pensait être les deux derniers candidats. L'un, un bretonnien de grande taille, le second un guerrier nordique plus gigantesque encore.

Leurs noms étaient respectivement Cédric le Normand et Hjalmar Oksilden et Thomas fut bien en peine de comprendre s'ils étaient compagnons d'armes ou s'ils venaient à peine de se rencontrer, devant sa tente... pourtant, conformément aux ordres de son baron, il inscrivit leurs noms dans la liste des participants alors que le ciel orangé annonçait la fin de sa journée de travail.

Se penchant pour voir si d'autres souhaitaient annoncer leur participation, le bon héraut fut soulagé de voir que nul autre n'était là et entreprit de fermer son épais registre.
Il n'eut pourtant pas le temps de terminer son action car éclata ce qui lui sembla être une violente tempête.

Arrivant en trombe, une créature gigantesque fit irruption, un tonneau sous le bras et traînant en chaîne plusieurs dizaines de petites créatures verdâtres.

« Eh eh eh eh ! HuuUuuUuUumAiIIiIn !!!! lança l'ogre. Toi t'souviens ?
- Vou-vou-v-v-v-vous êtes le ty-ty-tyran Grundark, n'est-ce pas ?
- C'est GRUNDARK ! Toi pas bien dire ! Eh eh eh eh ! Mon Tonneau est tout vide ! Je viens remplir !
- C'est... le prix du précédent tournoi de Havras, n'est-ce pas ?
- C’est bien ! Mais vide ! Vous allez remplir encore ? J’ai entendu dire que nouveau tournoi !
- C'est-à-dire que... les inscriptions sont terminées, je suis désolé.
- Ça pas grave : Moi taper et vous remplir tonneau ! Huh huh huh !
- Voilà qui va déplaire au baron, je le sais... mais je ne suis pas assez bien payé ni logé ni nourri pour mourir en m'interposant face à un ogre géant... eh puis, après tout, il a bien droit de défendre son titre !»



*******


La nuit précédent le début des combats, le baron de Havras, le baron de La Tour et le comte de Castagne se trouvaient seuls sur les remparts à uriner par dessus le parapet en sifflotant.

Une voix résonna alors au loin dans la nuit.

« Havraaaaaaaaaaaaaaas ! Havraaaaaaaaaaaaas ! Je sais où tu t'caches ! Viens ici que j'te bute, enculay !
- Ta gueuuuuule ! Viens ici, sale enculay !
- SALAUD !!!


Voyant ses invités se tourner vers lui d'un air interrogatif, le baron prit sur lui d'expliquer de quoi il retournait.

- C'est le Loup Blanc d'Yssoudun qui passe de temps à autres.
- Ah ! Le bouffeur de vomi ! cracha Dangorn de Castagne.
- Ça ne s'arrange pas ! ricana le baron de La Tour.»


La nuit se poursuivit dans un calme relatif, les participants ayant été retenus au château pour ne pas aller semer de désordre dans la ville dans leur besoin d'une dernière nuit de débauche.
Le lendemain matin, le baron de Havras fit afficher le règlement du tournoi. Les épreuves à pied auraient lieu dans l'aire de combat située hors le murs de la citadelle et la joute dans la vieille et célèbre lice de Havras. La règle pour cette dernière était même qui avait toujours été pratiquée ici: les chevaliers se chargeaient et n'avaient droit à une nouvelle lance que dans le cas où les deux réussissaient l'exploit de briser leur lance sur l'écu de l'autre.
S'ils n'y parvenaient pas, ils devaient finir avec leurs armes de mêlée. Pour le plus grand plaisir de certains, les objets enchantés de toute sorte étaient acceptés en gardant à l'esprit que les combats n'étaient pas supposés être à mort.
Une fois le règlement connu, les épreuves éliminatoires commencèrent dans la matinée même et les combats furent livrés à la chaîne sur cinq jours complets, dans l'indifférence quasi-générale. Au final, vingt combattants parvinrent à se qualifier pour les phases finales de chaque catégorie à la demande du baron et au grand dam du pauvre héraut Thomas à qui ce chiffre posait quelques problème organisationnels.

Les choses sérieuses allaient pouvoir commencer...

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Sam 13 Déc 2014 - 15:02

Le tirage au sort devant déterminer l'ordre des rencontres se fit dans la plus grande solennité et sous les doigts à peu près innocents de damoiselle Sylvianna, grande prophétesse de la Dame du Lac à la cour de Havras.
Le baron, qui avait banqueté au lieu d'aller assister aux qualifications, se prit la tête entre les mains en apprenant tout d'abord que sire Théodrade de Cervencouille, son vassal qui ne comprenait jamais rien à rien, était en compétition malgré l'interdiction formelle qui avait été faite aux chevaliers de Havras de prendre part au tournoi.
La nouvelle de la participation de l'ogre Grundark fut sa deuxième douloureuse surprise mais ses protestations n'y purent rien changer.
Enfin, lorsqu'il apprit que l'un de ses invités d'honneur, le comte Dangorn de Castagne, s'était qualifié, il blêmit pour de bon... si ce dernier se faisait tuer lors des rencontres, l'image de marque de sa baronnie risquait d'en prendre un coup.
Toutefois, lorsqu'il tenta d'en parler avec son invité, celui-ci se contenta d'un haussement d'épaule et affirma s'être inscrit au tournoi par hasard, lorsque fin saoul, il partit à la recherche d'un lieu de commodités et termina sa course à la table des inscriptions, dehors.

Tournoi à pied :

-Catafisse IV le magnifique (Calidus5)
-Anthrax le souffreteux (Le ménestrel enrhumé)
-Calard de Gloss (Chevalier Rouergue)
-Le Duc Parsifal (Saphirre)
-Théodrade de Cervencouille (Baron de Havras)
-Prince Lypreste (Paps)
-Rorganson Barbe d'Airain (Nicolas de Lorraine)
-Astrabell (Reynald de Châtillon)
-Reynard le chasseur (Robert comte d'Artois)
-Jean Coteaz des Entommeures (Magnan XXIII)
-Silvère de Castagne (Lord del Insula)
-GRUNDARK le dévoreur (uranus)
-Sire Rocco de Lacourte (Houarn de La Grausse)
-Dark Shadow (gorthor)
-Anton de Garrofa (Gurhuntar)
-Hjalmar Oksilden (Kaops)
-Milon de Vabre/Penthesilée de Gransette (Toison d'or)
-Eustache de Montcorbier (Baron Guilhem de La Tour)
-Vulva Supliss (Prince de LU)
-Dangorn de Castagne (Dangorn de Castagne)


Tournoi à pied

Tour 1, Jour 1


Catafisse VI (Calidus5) contre Calard de Gloss (chevalier Rouergue)

D’un côté de l’arène se trouvait Catafisse VI, sinistre momie à la peau aussi ratatinée qu’un vieux pruneau. De l’autre se tenait Calard de Gloss, resplendissant chevalier bretonnien abrité derrière un bouclier d’argent poli.
Le vent se leva alors et les gens des tribunes ne purent s’empêcher de détourner la tête tandis que l’air leur apportait l’odeur de moisi qui émanait du vieux mort vivant. Néanmoins, cet instant d’inattention leur fit rater le début du combat, car à peine les drapeaux furent-ils abaissés que l’infâme créature se trouva au contact du brave chevalier (Catafisse=3T, 2B, 1svg, et une relance de svg qui n’a servi à rien, 1PV !). Surpris par la promptitude de l’attaque de son ennemi décrépi, le bretonnien recula, blessé à l’épaule, puis contre-attaqua avec courage et talent de sa belle épée magique (Calard= 6T ! 2B, 2PV !).

A son tour,  la créature fut contrainte à reculer, mais l’absence de toute émotion chez elle la fit riposter sans attendre (1T, 1B, 1béné !) pour se heurter à un halo de lumière blanche.
Dans les tribunes et autour du terrain, la foule était en délire. Les interventions visibles de la Dame du Lac plaisaient toujours.

Galvanisé par ce qu’il venait de se produire, sir Calard tenta une nouvelle botte de sa spécialité (1T, 1B, 1PV !) mais démontra qu’il possédait sans doute plus de chance que de talent. Catafisse VI, manifestement furieux malgré le dessèchement de son cœur, porta une nouvelle bordée d’attaques de sa lame d’or (1T, 1B, 1PV !), parvenant à percer les défenses du trop confiant chevalier qui riposta derechef (2T) avec trop d’empressement.
Sentant sa chance arriver, la momie tenta une feinte sur la droite et attaqua par la gauche pour tromper la garde du bretonnien (3T, 2B, 2svg) mais l’armure duchevalier s’avéra trop solide.

Ne voulant être humilié davantage par cet adversaire répugnant et nauséabond, Calard tenta à son tour d’en finir par une feinte délicate (3T, 3B, 3PV !) et ne se heurta, pour sa part, à aucune armure de bon acier.

Catafisse, après un râle qui ressemblait à un long soupire d’agonie, tomba en poussière. De son côté, le chevalier leva son arme triomphalement avec une lueur de défi dans le regard, mais alors qu’il criait sa joie, il s’effondra à son tour au centre de la surface de combat, comme foudroyé par une attaque cardiaque (-1PV à cause de la malédiction de la momie Laughing ).

Les gens du baron et les prêtresses de Shallya se précipitèrent à son chevet et l’emportèrent sous la tente d’infirmerie sous les regards incrédules et inquiets de l’assistance.



Reynard le chasseur (Robert comte d’Artois) contre Dark Shadow (gorthor)

Le combat suivant devait opposer Reynard le chasseur, véritable légende du royaume, à l’elfe noir Dark Shadow dont la haute figure encapuchonnée attendait en silence son adversaire au centre de la piste.

Les drapeaux abaissés, l’elfe bondit, la dague en l’air (Dark Shadow=3T, 2B dont un coup fatal, 1svg, 1béné… relancée sans succès à cause l’autre badine du trompeur. Mort automatique). A la surprise générale, Reynard s’effondra, une dague plantée dans le thorax.

Passé l'effroi, tous se demandèrent s'il s'était bien agit du légendaire Reynard le chasseur... mais sa prestation était difficile à juger, son adversaire ne lui ayant laissé aucune chance de frapper.



Sire Rocco de Lacourte (Houarn de la Grausse) contre Grundark le dévoreur (uranus)

[Note : sire Rocco aura donc 6PV au lieu de 3PV pour ce combat]

Sire Rocco de Lacourte fit alors son entrée dans l’arène, l’épée à la main. N’attendant pas l’arrivée de son adversaire pour entreprendre quelques spectaculaire passes d’armes, Rocco épata la galerie un long moment, accompagnant d’œillades appuyées en direction des jouvencelles ses plus impressionnantes bottes.
De son côté, le héraut d’armes semblait inquiet et poussa un petit cri strident quand le tyran Grundark fit son apparition de l’autre côté de la surface de combat en sautillant, copieusement applaudit par les gnoblars qui siégeaient sur ses larges épaules.
Reculant d’un pas, Rocco hésita un instant puis se mit en garde en voyant les regards (qu’il imaginait amoureux) rivés sur lui.
« Suce aux infidèles, et à ceux qui le sont aussi ! » s’égosilla le bretonnien avant de s’élancer vers la montagne de muscles qui lui faisait face (Rocco=1T, 1T grâce à ses relances, aucune Blessure)
« Eh eh eeeeeeeeh ! HuUuUMaIiIiiN ! On s’tApe ! » répondit le tyran Grundark qui affichait désormais un sourire radieux (Grundark= perd un PV tout seul à cause de son collier Laughing, 2T, 2B, 2PV !).

Les attaques dévastatrices du colosse jetèrent Rocco à terre. Pourtant, entendant les encouragements de quelques damoiselles, le Gasconnien se releva et repartit à l’assaut de plus belle (1T, 2T, 3B grâce à un triple 5 sur la relance, 1 invu., 1 invu. relancée, 1PV). Malgré des attaques magistrales et ce qui semblait être le soutien de la déesse en personne, Rocco ne parvint qu’à décapiter l’un des gnoblars de Grundark qui semblait s’amuser de la situation malgré une estafilade au visage. Dans un geste ample, l’ogre répondit (3T, 3B, 3PV !).
Cette attaque, Rocco l’avait vue venir de loin et se retrouva pourtant bien désemparé face à elle… projeté par le coup de masse du dévoreur, il s’envola et partit heurter le mur d’enceinte à plusieurs mètres de là sous les rires cruels du dernier gnoblar survivant.

Sonné, presque vaincu et le bras gauche en partie brisé, sire Rocco trouva néanmoins la force de se remettre sur ses jambes, acclamé par tout le public.
Constatant des larmes dans les yeux des jeunes filles, il s’élança de nouveau l’armée haute et tenta de fendre le monstre en deux (2T, 2T, 1B, 1B, 1 invu., 1 invu. relancée). Les coups du bretonnien furent parfaits et tous les chevaliers de l’assistance reconnurent qu’ils n’auraient pu mieux faire à la place du vaillant seigneur. Cependant, Grundark, lâche malgré sa taille massive, lança son dernier gnoblar au visage de son adversaire et regarda la pauvre créature se faire trancher net à sa place.
Brandissant sa masse, le tyran frappa avec un sourire malsain (2T, 2B, 2PV) et enfonça le chevalier profondément dans le sable de l’arène.

Ses manières étaient toujours aussi détestables et un silence de mort régna dans le public.
Sans attendre la proclamation de sa victoire, l’infâme tyran regagna « ses appartements » dans l’enclos à cochons du vieux du vieux Barnard le drôle où l’attendaient ses autres serviteurs gnoblars.



Hjalmar Oksilden (Kaops) contre Prince Lypreste (Paps)


Après les émotions du dernier combat entrèrent dans l’arène un massif nordique et un chevalier à l’allure douteuse.
Un silence pesant s’installa bientôt et chacun se lança dans quelque rituel fort superstitieux, l’un marmonnant une étrange prière en caressant un médaillon aux formes tout aussi étranges, l’autre embrassant une natte de damoiselle accrochée à la garde de son épée. L’instant suivant, les deux hommes entreprirent de se ruer l’un sur l’autre mais, à la surprise générale, la grande hallebarde du nordique s’embrasa et poussa le chevalier des principautés frontalières à reculer pour remettre un peu de distance entre eux.

Ayant reprit ses esprits, Lypreste finit par s’élancer à l’assaut (3T, 2B, 1invu. 1PV !), faisant jaillir le sang de l’odieux hérétique qui riposta néanmoins avec fureur (2T, 2B, 2PV !). Les deux adversaires reculèrent d’un même élan. Tous deux s’étaient sérieusement blessés dès la première attaque et ne comptaient que leur fureur pour rester debout.

Profitant de la lourdeur de l’arme de son adversaire, Lypreste, qui se savait plus agile, repartit à l’assaut (3T, 2B, 1svg, 1invul.).
A sa plus grande surprise, l’armure noire du nordique, en apparence plus effrayante que solide, avait retenu son coup… mais plus que cela, il semblait à Prince qu’une quelconque magie venait de s’interposer entre lui et la victoire.
Un rictus cruel aux lèvres, Hjalmar arma sa nouvelle attaque (3T, 1B, 1béné !) mais ses dieux n’étaient pas les seuls à assister à la rencontre.

Surpris d’être encore en vie, le chevalier jubilait. Sentant la chance tourner, il frappa de nouveau (2T, 1B, 1invu.) mais fut une nouvelle fois contré inexplicablement ! Cette fois, le nordique ne souriait plus, pris dans une rage incontrôlable (1T, 1B, 1PV !) qui lui fit manquer la plupart de ses attaques. Cependant une seule avait suffi. Le vaillant Prince Lypreste et son attitude désinvolte étaient tombés sur plus fort qu’eux.

Sans attendre, sans même adresser un regard à la foule ni à son adversaire, le massif homme du Nord quitta la surface de combat pour retourner se saouler.



Rorganson barbe d’Airain (Nicolas de Lorraine) contre Anton de Garrofa (Gurhuntar)


Les deux concurrents suivant firent leur apparition moins d’une demi-heure plus tard, tous deux rougeauds et visiblement épuisés par un passage un peu trop prolongé à la taverne malgré l'interdiction qui avait été faite aux concurrents de descendre en ville la veille d'un combat. Cette vision déclencha un rire général qui ne sembla nullement déranger les deux combattants qui prirent position immédiatement, dans l’attente du signal du combat.

Anton déboucha sa gourde et engloutit son contenu d’un trait, faisant redoubler les rires du public. Toutefois son liquide lui avait semblait-il donné le coup de fouet indispensable et, lorsque le signal apparut, il fut le premier au contact à faire tournoyer son fléau d’armes dans un balais mortel (3T, 2B, arme magique détruite, 2PV !).

Le coup avait été terrible et la hache du nain venait de perdre l’un de ses fers alors que lui-même avait été plus touché qu’il ne l’avait escompté. Cependant, le chevalier ivrogne avait commis une erreur fatale car l’arme du nain n’était ni magique ni runique et son fléau manifestement créé pour détruire les objets enchantés n’avait pu priver le thane de ses moyens de riposte (je vous ai bien eus Laughing).
Brandissant haut sa hache, Roganson arma un coup redoutable et frappa comme un dément (3T, 3B, 3PV !), brisant les os de son adversaire malgré son solide bouclier.

Un instant, le public se demanda si le combat était terminé ou non, mais tous comprirent la victoire du nain quand Anton tomba, manifestement inconscient. On apporta au Thane un rouleau entier de saint ruban adhésif et le baron prit finalement congé pour aller festoyer avant les épreuves de l’après-midi et le début des joutes.

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Non, on ne fait pas que charger à Havras, on a aussi des sorciers !
Tremblez devant nos armées... et craignez ma potestas, car je suis votre suzerain !

"Le monde est quand même plus simple quand on le regarde à travers la visière d'un heaume."

Draw me like one of your french girls (par Toison d'or !):
 


Dernière édition par Baron de Havras le Lun 15 Déc 2014 - 20:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 14 Déc 2014 - 17:46

La joute

-Heinrich Teufelsbrecher (Reynald de Châtillon)
-Sire Renaud de La Coulommière (Calidus5)
-Léogand de Fort-Montier (Chevalier Rouergue)
-Le Paladin Lapointe (Saphirre)
-La lance Impétueuse (Baron de Havras)
-Den-Ver, le dernier gardien du temple d’Itzipokituaclotzalquayatek (Le ménestrel enrhumé)
-Luc de Grantourleppe (Paps)
-Nicolas de Lorraine (Nicolas de Lorraine)
-Faron de Perthuis (Arthas)
-Gilfroy d'Artois (Robert comte d'Artois)
-Fulbert le vaniteux (Lord del Insula)
-Le chevalier Cheval (Houarn de La Grausse)
-Drakar (gorthor)
-Evrard de la Combe (Gurunthar)
-Charles Hubert de la Bath de Gransette (Toison d'or)
-Le Comte Guillaume de la tour d'Alsacie (MagnanXXIII)
-Hélinand de La Salle (Baron Guilhem de La Tour)
-Cédric le Normand (Kaops)
-Sébum le purulent (Prince de LU)
-Le chevalier mystère (Laughing)


La joute

Tour 1, Jour 1


Heinrich Teufelsbrecher (Reynald de Châtillon) contre Gilfroy d’Artois (Robert comte d’Artois)

Après les émotions du tournoi à pied, la première joute allait enfin pouvoir débuter. Bientôt, les gradins se remplirent de tout ce que le Nord de la Bretonnie comptait de galants sires et nobles dames, tandis que de grands noms, comme le chevalier à la Toison d’or, Guilhem de La Tour, Arthas de Corgenon ou le seigneur du Pinceau prenaient place dans la tribune d’honneur.

Entra alors Heinrich Teufelsbrecher, que d’aucuns trouvaient bien douteux. Les premiers quolibets ne tardèrent pas à fuser et l’elfe noir y répondit par une bordée d’insultes en Reikspiel accompagnées des sifflements étranges de sa monture reptilienne.
En face se tenait, droit comme un piquet, le jeune chevalier errant Gilfroy d’Artois qui semblait avoir le plus grand mal à retenir sa monture qui déjà piaffait d’excitation.
Sans attendre davantage, Thomas le héraut fit abaisser les drapeaux et les deux vaillants combattants s’élancèrent d’un bond. L’instant d’après, leur lance percuta le bouclier de l’autre (Heinrich=2T, 2B, 2PV ! Gilfroy= 1T, 1B, 1svg).
Le bon peuple de Bretonnie demeura interdit un instant. Cet elfe noir à l’accent impérial venait de terrasser en une charge un jeune et fringant chevalier bretonnien que la Dame avait, semblait-il, décidé d’abandonner à son sort.
Mollement, le baron Louie applaudit, bientôt imité par ses gens. Ces encouragements redonnèrent cependant du baume au cœur à l’étrange champion que venait de remporter la première joute. Il était désormais certain de pouvoir remporter ce tournoi et reprit gaiment le chemin de la taverne la plus proche.



La lance Impétueuse (Baron de Havras) contre Luc de Grantourleppe (Paps)

Les deux participants suivants entrèrent en lice. D’un côté se tenait fier et droit Luc de Grantourleppe. Fils du seigneur de Guyenne et jouteur déjà confirmé malgré son jeune âge, Luc avait assisté au premier tournoi de Havras, quelques années auparavant, et se trouvait bien ému de se tenir là, sous les acclamations d’un public survolté.

Face à lui se trouvait un chevalier sans armoiries ni heaume qui portait, à la surprise général, un masque extrêmement réaliste à l’effigie du baron de Havras. A l’amusement de tous, il ouvrit une bouteille et s’en rinça le gosier avant de saluer la foule.

Les spectateurs les plus perspicaces comprirent qu’il devait s’agir là de quelque puissante potion de pouvoir.
Abasourdi, le seigneur des lieux se tourna vers son héraut d’armes qui, de l’autre côté du champ de tournoi, lui répondit par un haussement d’épaules.

« Est-ce là Méliant qui se joue de nous ? s’interrogea le bon baron. »
- Que nenni, père, répondit une voix dans son dos. Je suis ici.
- C’est un chevalier qui se fait appeler la lance impétueuse, répliqua calmement damoiselle Sylvianna, assise non loin. Il défendra vos couleurs.

- N’avais-je pourtant donné consigne que nul chevalier de ma cour ne participe à ces bouffonneries ? s’étouffa le baron Louie. Théodrade est une chose : il ne comprend rien. Mais celui-là devrait être puni !
- Laissez-lui sa chance, messire, insista le sénéchal Hagen de Mérac. La foule l’adore.
- Soit, mais qu’il ne déshonore pas le nom illustre de notre glorieuse maison, bougonna le baron.
Le baron devait bientôt avoir sa réponse, car les drapeaux s’abaissèrent et les deux jouteurs partirent d’un même élan.


Abaissant leurs lances, ils se percutèrent en grand fracas au milieu de la lice (Lance Impétueuse=5T, 5B, 2svg, 1béné, 2PV !/Luc de Grantourleppe= 1T, 1B avec un 6 en coup fatal ! 1béné). L’impact fut terrible et tous purent admirer l’élégance et la précision du jeu de lance des deux hommes. Toutefois, la Lance Impétueuse ne semblait pas avoir usurpé son titre et la Dame était sans conteste avec lui.

Se retrouvant le dos dans la boue après avoir vidé les étriers au premier choc, Luc de Grantourleppe mit un certain temps à comprendre ce qu’il venait de lui arriver. Des domestiques vinrent le chercher et l’amenèrent sous la tente d’infirmerie où se trouvaient les tonnelets des vins les plus fins. Malgré la défaite, il n’aurait pas perdue sa journée.
De son côté, le chevalier anonyme effectua un tour de piste triomphal sous les regards soupçonneux des chevaliers de Havras.



Le Paladin Lapointe (Saphirre) contre Den-Ver, le dernier gardien du temple d’Itzipokituaclotzalquayatek (Le ménestrel enrhumé)

Le vaincu évacué, les deux concurrents suivants ne tardèrent à faire leur apparition. D’un côté un Bretonnien, de l’autre, une bête à écaille juchée sur le dos d’une autre.
Le public apprécia à sa juste valeur le côté terriblement décadent de la chose. Néanmoins, Den-Ver, envoyé ici par les prophéties du maître Slann Grouniaf l’omniscient, n’avait cure des quolibets et des ragots de malheureux humains.
De son côté, le chevalier haletait, le cœur battant. Il faisait face à une créature épouvantable et ne savait avec certitude lequel des deux lézards il devait viser.
Le drapeau s’abaissa. Les deux s’élancèrent.

Réalisant bientôt que le saurus n’avait qu’une lance courte, le paladin prit bien le temps d’ajuster son coup, sachant qu’il aurait tout le loisir de parfaire sa garde avant d’être atteint (Lapointe=3T dont une annulée par le bouclier ensorcelé du saurien, 1B, une relance de 1 pour blesser qui ne donne rien, 1svg/Den-Ver= 1T avec un 6, 1T de prédation, 1B, 1béné ! La Dame est en forme, dans ce tournoy Wink ). Arrivés à l’autre bout de la lice, chancelants sur leur selle, les combattants qui n’avaient brisées leurs lances ne purent en réclamer une nouvelle, conformément au règlement voulu par le baron. Tirant leurs cruelles lames, ils s’élancèrent l’un contre l’autre. Cette fois, le Bretonnien fut plus rapide (1T, une relance d’un 1 pour blesser… rien) mais la peau écailleuse de son adversaire s’avéra plus solide qu’il ne l’aurait cru. De son côté, le saurien frappa comme une créature sauvage (Den-Ver=3T,1B, 1svg /Predator le sang-froid : 1T, 1B, 1PV !).

Alors qu’il s’employait à parer les attaques du cavalier, le paladin eut à faire face aux assauts de la monture qui venait d’enrouler sa longue queue autour de son destrier. Meurtri et paniquant quelque peu face aux deux gueules dentées qui voulaient le dévorer, le chevalier frappa de nouveau de sa simple épée de fer (3T, 3B, 2svg,1PV !/destrier= 1T) et parvint à repousser la repoussante créature qui recula un instant en grognant. Tournant autour de sa proie à la vitesse de l’éclair, le gardien homme-lézard fit une nouvelle fois bondir son ignoble créature (2T, 1B, 1béné ! Il y a des fois où le fait d’avoir 5 en F joue des tours Laughing / Predator= 1T,1B, 1PV ! ). Culbuté, le paladin Lapointe se retrouva dans la boue, écrasé sous son cheval lui-même piétiné par les deux lézards géants qui venaient de le vaincre.

Terrorisée, la foule se mit à lancer tout ce qu’elle avait de fruits et légumes pourris sur la piste, masquant de sa clameur les cris de douleur du chevalier en train de se faire broyer sous la masse.



Faron de Perthuis (Arthas) contre le chevalier Cheval (Houarn de La Grausse)

(Note : ici, c’est l’attaque des clones ! Laughing )

Une clameur retentit dans les tribunes quand entra dans la lice Faron de Perthuis.
Après avoir fait faire un tour de piste à son destrier, le beau seigneur salua le baron Arthas de Corgenon, son suzerain, qui avait pris place dans la tribune d’honneur.

Face à lui se présenta le chevalier Cheval, au soulagement de l’assistance, bien heureuse de revenir à plus normalité par une joute entre seigneurs bretonniens.

Après un rapide salut de leurs lances, les deux combattants partirent au galop (Faron=2T, 2B dont un coup fatal ! 1svg, mort automatique !/Cheval=2T, 1B en coup fatal Razz , mort automatique !).
Le choc avait été redoutable. Leurs lances furent toutes deux disloquées et volèrent en un millier d’éclats. Le baron et ses hôtes, appréciant grandement pareil spectacle, applaudirent la prestation tandis que les combattants, eux, repartaient à l’assaut (Faron= 1T, 1B, 1PV !/ Cheval= 2T, 2B dont un coup fatal, 1 béné, mort automatique !).
Une ovation accueillit le nouvel impact lorsque les lances se brisèrent une nouvelle fois sur l’écu de l’adversaire.
Les spectateurs des tribunes étaient à présent debout et les gens qui encerclaient l’enceinte de la lice piaffaient de bonheur.
Fatigués, le bras engourdi, mais manifestement très concentrés, les deux joueurs repartirent une nouvelle fois au contact armés d’une lance neuve (Faron= 3T, 1B, 1svg – destrier de Faron= 1T, 1B, 1svg/ Cheval= 1T, 1B, 1 svg).

Cette fois, les lances demeurèrent intactes, mais les deux combattants étaient encore en selle. Heureux d’avoir chacun trouvé un adversaire à sa mesure, les chevaliers tirèrent l’épée et se précipitèrent l’un contre l’autre. Faron s’avéra légèrement plus rapide et porta la première série d’attaques (Faron= 1T, 1B, 1svg), bientôt imité par le chevalier Cheval (Cheval= 2T). La note claire de l’acier résonna et des étincelles avaient jailli du choc sans qu’aucun des deux ne prenne le dessus.
Déterminé à mettre un terme à cette impasse, Faron de Perthuis repartit au combat sans attendre (2T, 2B, 2svg) et une nouvelle fois, le chevalier Cheval riposta (1T). Il sembla aux spectateurs que Faron était le plus habile, cependant, sire Cheval semblait plus motivé que jamais et sa défense était impénétrable. Dans un hennissement tonitruant, sire Faron frappa encre (Faron= 2T, 1B, 1svg) pour se heurter à un mur d’acier. A son tour,  le chevalier Cheval porta ses attaques (Cheval=1T), en vain.

Les armes régulières des deux combattants semblaient bien incapables de passer le bouclier enchanté de l’un et le heaume ouvragé de l’autre.  Toujours aussi résolu alors que leurs destriers tournoyaient dans une danse splendide, Faron tenta de nouvelles bottes, plus audacieuses (1T, 1B, 1svg) sans plus de succès, bientôt imité par le chevalier Cheval (1T, 1B, 1svg). L’ensemble de l’assemblée retenait son souffle tandis que les duellistes poursuivaient leur combat (Faron=1T, 1B, 1svg/Cheval= 3T, 1B, 1svg/Faron= 2T/Cheval= 2T, 1B, 1svg/Faron= 1T/ Cheval= rien – Cheval de Cheval= 1T/Faron= 2T, 1B, 1svg/Cheval= 1T/Faron= 2T, 1B, 1svg/ Cheval=2T/Faron=rien/Cheval=1T/Faron=2T/Cheval= rien/Faron= 1T/Cheval= rien/Faron= 1T, 1B, 1svg).

Le duel semblait s’éterniser et nombre de spectateurs avaient fini par se rasseoir. Tous deux épuisés, les deux chevaliers semblaient incapables de venir à bout l’un de l’autre. De l’avis général, aucun n’avait le talent nécessaire pour prendre un avantage décisif (Faron= 2T, 1B, 1svg/ Cheval= rien) même si le jeu d’épée de Faron de Perthuis surpassait nettement celui de son adversaire (ndbaron : ils ont pourtant exactement les mêmes stats ! Laughing ).

Se relevant de son siège, le baron leva sa main gantée et déclara que nul ne sortirait vainqueur de ce combat et proposa que l’on reporte la suite au lendemain. Pourtant, pris dans leur duel, les deux chevaliers poursuivaient leur œuvre, indifférents au monde qui les entourait (Faron= rien- Destrier de Faron= 1T, 1B, 1 svg/ Cheval= 2T/Faron= 3T, 3B, 2svg, 1PV !!!! Merci le 1 magique sur la sauvegarde ! La Dame soit louée !!! Razz ).
A la surprise générale, une botte secrète du chevalier de Perthuis désarma son adversaire qui, après un instant de flottement, se laissa choir sur sa selle, exténué.
Heureux de sa victoire mais tout aussi épuisé que son opposant, Faron chancela sur sa selle. Thomas le héraut applaudit des deux mains en poussant de petits gloussements de joie.
On reconduisit les deux chevaliers sous la tente d’infirmerie. Ces deux là avaient mérité quelque repos.



Le Comte Guillaume de la tour d'Alsacie (MagnanXXIII) contre Sire Renaud de La Coulommière (Calidus5)

Le public était exténué. Ce dernier combat entre les chevaliers Faron et Cheval avait drainé toute l’énergie des spectateurs. Néanmoins, le soleil n’était pas encore couché et il restait assez de temps pour un dernier combat avant d’aller banqueter.
Le tirage au sort avait voulu que le comte Guillaume de la tour d’Alsacie affronte sire Renaud de La Coulommière ainsi se présentèrent-ils ensemble dans la lice, prêtes à en découdre.

Une fois les drapeaux abaissés, Renaud attendit élégamment que son adversaire ait fini sa gourde de potion pour lancer son destrier. Ayant apprécié cette courtoisie à sa juste valeur, le comte Guillaume fit un signe de tête à son opposant et tous deux partirent au galop, abaissant leur lance d’un même mouvement (Guillaume= 2T, 1B, 1svg/Renaud= 1T, 1B, 1béné.). Les deux combattants avaient touché, mais aucun n’était parvenu ni à désarçonner son adversaire, ni à briser sa lance. Conformément au règlement, ils tirèrent l’épée et se lancèrent dans un duel, pour le plus grand déplaisir d’une partie de la foule qui voyait déjà recommencer un duel interminable.

Renaud pris cette fois l’initiative de l’attaque et fit s’abattre sur son vaillant adversaire une véritable grêle de coups furieux (3T, 2B, 2T, 1B, 1svg, 2PV !). Incapable de faire face à si prompte assaut, le comte d’Alsacie recula et vida les éperons. A sa propre surprise, le taciturne Renaud venait de remporter le combat.
Cette fois, le public applaudit l’exploit avec ferveur.

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Baron de Havras
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Jeu 18 Déc 2014 - 0:14

Intermède


Rorganson haletait. Cet impudent humain croyait-il pouvoir le jeter à terre si facilement ? Crachant au sol, il tourna les talons et quitta l'arène, quelque peu déstabilisé par la violence du coup qui lui avait été porté. Intérieurement, il était grandement soulagé : l'arme de son adversaire avait failli briser sa hache de façon irrémédiable, mais le cuistre insolent n'avait pas compris qu'elle n'était en aucun cas runique… Contrairement à son armure.

Ce combat avait été la preuve évidente que la magie des Forgerunes est largement supérieure à toutes les autres, Dame du Lac ou non. Là où n'importe quel champion aurait été assommé par les attaques d'Anton de Garrofa, Rorganson, lui, avait tenu. Il n'en demeura pas moins surpris par le coup qu'il assena lui-même : l'humain ne l’avait pas vu venir à tel point qu’’il ne pu même pas le parer ou l’esquiver. Grand bien lui fasse, il serait maintenant inconscient pour de nombreuses heures… Rorganson entendit l'assistance, le comparer à une mule. Il le prit comme un compliment. Si cela signifiait que personne ne pouvait le défaire, cela lui convenait parfaitement.

On remit à Rorganson un rouleau d'un étrange papier poisseux ; alors qu'il allait le jeter au visage en pestant qu'il n'avait point besoin de cette chuire de Gobelin, on lui apprit que ce Saint Ruban Adhésif lui serait fort utile pour remettre son arme en état. Troublé, et quelque peu curieux, Rorganson s'isola dans un coin de la plus proche taverne afin d'étudier ce fameux rouleau afin d'en saisir l'usage… Ce qui risquait fort de durer une bonne partie de la nuit et de lui coûter de nombreuses pintes…

Loué soit Valaya, fort nombreux étaient ses camarades ayant parié qu'il ne passerait pas le premier tour… Il n'avait pas encore gagné le tournoi, mais Rorganson était dors et déjà riche.

Marchant vers la taverne, il jura intérieurement de casser les dents au prochain qui écorcherait son nom.



*******


Anton s'éveilla. Il était maintenant nuit, et l'on n'entendait dans l'infirmerie que le râle des blessés. Il crut d'abord à une bonne grosse gueule de bois. Puis il tâta ses bandages, se souvint...
Il considéra rapidement la situation: sa bourse vide, l'emprunt contracté chez le banquier nain qui courait avec intérêts, le surplus bu à la taverne, l'impossibilité, pour Evrard et lui, de poursuivre leur mission en Empire. Ne pouvant rembourser, le nain l'inscrirait sur son livre de rancune et finirait bien par lui briser les genoux. Ou bien il irait trouver Evrard, et le bougre se plierait en quatre pour rembourser. Non, impossible, il fallait vraiment trouver quelque moyen d'avoir de la monnaie. Il se souvint d'une discussion de comptoir à l'auberge de la veille, un innocent commerce de vin pour lequel il avait prodigué ses conseils. Peut-être pourrait-il développer l'aiffaire...
Il déchira un bout de charpie, se saisit d'un charbon, griffona ces quelques lignes:

"Mon cher Evrard, me voici vaincu et sans le sous. J'espère que tu connaîtras meilleur sort pour renflouer nos caisses. Si tu perds, je te suggère de quitter promptement les lieux sans m'attendre. Pour ma part, j'ai quelques affaires en cours. Puisse le ciel nous permettre de nous retrouver bientôt si le prévaut de Havras ne m'a pas pendu haut et court d'ici là."
Il rassembla ses affaires, et s'en fut dans les ruelles sombres.



*******

La douleur... Cela faisait un certain temps que Hjalmar ne l’avait pas ressentie…

Il était sorti de l’arène en réprimant un juron à chaque pas. Insultes qu’il ne se priva pas de proférer une fois hors du champ de vision des spectateurs. Après tout, il avait une certaine réputation à tenir, et il ne voulait surtout pas que ses adversaires baissent leur garde en se disant qu’il était handicapé par cette entaille. Cela rendrait les combats trop faciles…
Soudain, une douleur à l’épaule lui rappela que sa blessure était toujours présente. Il se mit alors en chemin vers son campement situé à côté de l’arène pour y chercher quelques herbes médicinales qu’il avait trouvé sur le chemin de Havras.

Mais si il était parti rapidement de la zone de combat, c’était entre autre parce qu’il avait enfin le droit d’aller dans les tavernes environnantes. Cela faisait cinq jours que ses réserves d’hydromel était épuisées et il en devenait presque malade… Surtout que les locaux ne tarissaient pas d’éloge sur une sorte de cave bénie, ce qui empirait la sensation de manque...

Après avoir rapidement pansé sa blessure, il tituba alors jusqu’à la taverne la plus proche. Et heureusement pour lui, il y trouva un nain qui fêtait la victoire toute récente de son camarade dans l’arène. Il put ainsi se ravitailler en bière directement chez le producteur en échange d’une arme naine de bonne qualité qu’il avait trouvée l’année dernière. Après tout, sa collection d’armes ne souffrirait pas trop de la disparition de celle-ci.

Quelques cornes à boire plus tard – et après avoir fracassé le crâne d’un ivrogne trop confiant qui voulait faire connaissance avec sa bourse - le nordique repensa à son combat de la journée. Hjalmar s’en voulut alors de ne pas avoir remercié son adversaire pour le combat qu’il lui avait offert. Il aura été de toute beauté et il n’oublierait pas de sitôt l’expression sur le visage des spectateurs quand sa hallebarde prit feu au début du duel ! Ce petit tour qu’il avait appris auprès d’un impérial ne lui servait pas vraiment à blesser l’adversaire, mais plutôt à le déstabiliser... Non… Le tester… Car un combattant qui reste impassible devant l’inattendu est un combattant plus intéressant, car plus expérimenté.

Il passa un moment à se remémorer les combats qui avaient précédé le sien. Il lui avait appris que le tyran serait un adversaire de taille, au propre comme au figuré… Et entre autres, il n’appréciait pas l’assassin, le combat était bien trop court et donc peu intéressant. Mais il reconnut à ce dernier le mérite d’avoir chargé son adversaire de front.


Sentant que sa blessure guérissait rapidement, l’homme du nord se dirigea alors vers l’arène, car il voulait voir les combats restants avant le prochain tour. Ainsi il pouvait jauger le niveau de la compétition et donc de ses futurs adversaires. Et il était bon.

La joute était fort impressionnante. Et même si il n’y participait pas, Hjalmar se joignait aux spectateurs, à leur plus grand étonnement, pour féliciter les vainqueurs, et les moins chanceux, pour le spectacle qu’ils offraient. Les autres concurrents n’étaient pas en reste, ils redoublaient d’adresse et d’inventivité.

Sur le chemin de son campement, Hjalmar prit dans le creux de sa main son pendentif et contempla à nouveau les entrelacs qui formaient le petit marteau qui l’avait encore sauvé. Chaque fois que ce dernier activait sa magie, le guerrier le ressentait comme un rappel à l’ordre. Un avertissement qui lui disait qu’il n’avait pas été assez bon pour dévier le coup. Mais il remerciait les dieux pour ce cadeau.
Après tout, si ces derniers voulaient le tester en lui permettant de combattre plus longtemps, alors il essaiera de ne pas les décevoir se disait-il en riant sadiquement avec un sourire en coin, effrayant quelque peu les gens à côté de lui…




*******

Après sa défaite contre sire Renaud de La Coulommière, le comte Guillaume d'Alsacie quitta l'arène à pied et remit son cheval et son heaume à ses écuyers, puis alla féliciter poliment son adversaire de sa victoire. Après cela il revint dans ses appartements dans l'aile Est du château pour récupérer ses affaires lorsqu'un domestique lui demanda s'il quittait définitivement les lieux, lui faisant savoir qu'il était chargé par Thomas de prendre note du départ de chaque participant.

-Je quitte le château, mais je ne quitte pas Havras avant la fin du tournois, répondit Guillaume et il rajouta : Si quelqu'un me cherche, faites lui savoir que je campe la nuit avec mes hommes en dehors de la ville sur la rive ouest en amont du fleuve. En journée je serais au tournois dans la tribune ou dans une taverne de la ville.
-Bien entendu messire, mais puis je connaître votre nom ? questionna le domestique.
-Je suis le Comte Guillaume de la tour !
-Le "De La Tour » ?!
-Non, l'autre, celui d'Alsacie.
-Ah, oui, maintenant que vous le dites, après le déjeuner il y avait un chevalier qui vous demandait, je lui ai dit que si vous étiez inscrit aux joutes, vous étiez déjà sur place. Je lui ai conseillé de revenir ce soir après le tournoi. Il m'a dit que qu'il était Gasconnien.
-Mon père, le comte de Torras est ici ! Songea Guillaume, il ne faut pas qu'il me voie, il a dû voir ma lâche attitude au tournoi, j'espère qu'il n'a pas découvert que je suis tombé de mon plein gré de mon cheval. De toute façon mon adversaire était bien trop féroce et déterminé pour que j'en vienne à bout...

Guillaume quitta précipitamment le château, il arriva dans la cours quand il vit son cousin François de Gasconnie.
-GUILLAUME ! Cria le chevalier d'un ton heureux.
-FRANCOIS ! Répondit Guillaume surprit de revoir son vieil ami. En effet, Guillaume était originaire d'une ville gasconnienne et était parti combattre à la frontière impériale pour prouver à son père qu'il n'était pas un lâche. Là-bas il eut une grande terre nommée l'Alsacie et il ne la quitta plus depuis.

François apprit à Guillaume que son père était souffrant et qu'il ne pouvait pas parcourir toute la Bretonnie pour assister au tournoi de Havras. Il était chargé d'annoncer cette nouvelle a son fils et de l'encourager dans le tournoi.
Les cousins se mirent en route vers le camp de Guillaume en longeant le fleuve. Quand ils y arrivèrent, François fut étonné par la taille du camp.
-Mais ? Par la Dame ! Tu as remmené ton armée avec toi juste pour te rendre à un tournoi ?
-Ma foi, les routes sont si dangereuses ces derniers temps, je ne pouvais pas me risquer à voyager sans la protection d'une centaine d'hommes d'arme.
Le cousin gasconnien fit savoir qu'il aimerait bien rêver...

Arrivé au camp, les deux chevaliers et leurs écuyers furent accueillis par le capitaine de l'armée d'Alsacie précédé par ses hommes. Tous voulaient connaître les résultats de leur seigneur à la joute. Ils étaient tous très optimistes et s'attendaient à une bonne nouvelle en voyant le large sourire sur le visage du comte.

-Mes amis ! Je viens vous annoncer ma défaite au premier tour de la joute ! Dit-il en gardant un large sourire.

Il y eut des murmures et des bruits de déception venant des soldats.

-Mais ne vous attristez pas, réjouissez-vous car votre seigneur s'est bien battu et est de retour parmi vous. J'ai ramené des tonneaux de bière de la ville. Le vendeur m'a affirmé qu'ils venaient directement de la légendaire saincte cave du baron de ces lieux ! et il murmura à son cousin, qu'il ne croyait pas un mot de ce qu'affirmait ce commerçant...

La foule poussa un cri de joie et on fit couler la bière à flot. Il y eut des critiques sur sa qualité, les hommes affirmaient que celle d'Alsacie était bien meilleure. La fête dura toute la nuit et le comte promit qu'une nouvelle fête serait organisé à la fin du tournoi quand ils lèveraient le camp. Guillaume était fatigué de cette journée et ne but que quelques choppes avant de se reposer dans sa tente malgré le vacarme que faisaient ses hommes. Il ne donna pas l'ordre de les faire taire, car il voulait que ses hommes fêtent la fin de sa participation au tournoi. Lui n'avait pensé qu'à ça depuis le début.

Plus tard dans la nuit, le veilleur donna l'alerte et la garde se mobilisa. Les hommes ivres rejoignirent les rangs et le comte fut réveillé (ce qui ne fut pas bien difficile vu le peu de silence qu'il y eut durant la nuit).
Une bande d'une trentaine de pillards peaux vertes avait été repérée en train de roder à proximité.

Plusieurs soldats remarquèrent des trous dans leur tente et certains ivrognes divaguèrent en affirmant avoir vu des petits lutins verts à gros nez se promener dans le camp.

La bande de peaux vertes étaient facilement remarquable dans la nuit.
Les orques n'eurent pas l'idée d'éteindre leurs torches et les gobelins, dans leur fuite, poussèrent des cris de détresse bien audibles depuis que l'alarme avait été donnée.
Les Alsaçois se mirent à la poursuite des usurpateurs dans un désordre indescriptible avec leur comte en deuxième ligne qui leur donnait tant bien que mal l'ordre de charger « dans l'ordre et dans la discipline » tout en essayant de moduler l'avancée de son cheval pour ne pas se retrouver dans une situation dangereuse en première ligne, tout en essayant de faire croire à ses hommes qu'il menait l'assaut héroïquement comme il l'avait toujours fait.

Les servants de trébuchet de l'armée du comte eurent la bonne idée d'actionner leur machine, mais ayant trop bu, ils orientèrent leur machine dans le mauvais sens et un projectile fut envoyé en direction de la ville du Baron de Havras...


Pendant ce temps là, au château de Havras, la voix de la veille se fit de nouveau entendre au loin dans la nuit.

- Havraaaaaaaaaaaaaaaaaas ! Havraaaaaaaaas ! Je sais toujours où t'es enculay ! Je te buterais Saalope !

-Va manger ton vomi avant que je t'étripe ! Saaaaalope ! (Cette dernière réplique fut en partie couverte par un sifflement venu du ciel comme si un rocher tombait des étoiles)
« Sprootch ! »

- … (Pas de réponse)

?!!
Le baron s'étonna, son odieux interlocuteur avait l'habitude de toujours lui répondre, contrairement à maintenant...




*******


Depuis sa victoire éclatante contre Reynard, tous voulaient percer le mystère de cet elfe noir encapuchonné.
Seulement ce dernier ne daignait parler à personne.
Même lors du festin à la table du baron avec les autres vainqueurs; celui ci se contentait de hochement de tête.

Les plus téméraires lui posèrent diverses questions mais ne récoltèrent que des "ça ne vous regarde pas" et des "désolé, aujourd'hui je n'ai pas le temps". La seule information vraisemblable était son appartenance au peuple elfe noir mais il se gardait bien de montrer son visage. Il faisait toujours bien attention à garder sa capuche sur son visage et lorsque foule approchait, il devenait une ombre parmi les autres.

-"Quel idiot j'ai fait en battant aussi rapidement ce chevalie , me voilà au centre de l'attention de la foule et cela peut nuire gravement à mon contrat."

Même si certains l'admiraient; d'autres le craignaient.



*******


Calard ouvrait les yeux de temps à autres avant de se perdre à nouveau dans un comas ténébreux.
Ainsi il ne pouvait être que spectateur des petits événements qui se déroulaient autour de lui, sans rien pouvoir faire.
...
De temps à autres il apercevait cette jeune fille qui passait de lit en lit pour s'occuper des blesser.
...
Une fois il vit son compagnon de route, Léogand, à son chevet :
"Seigneur Calard, il faut tenir bon! Notre Damoiselle en Grosharn compte sur vous! Que la dame vous protège."
...
Enfin entre deux pertes de conscience dont il ne saurait dire la chronologie, il entendait les commentaires de ses soignantes :
"_Son odeur, quelle horreur... il ne tiendra pas long celui-là...
_Normal... Avec ce qu'il à subit pendant le combat...."
Ces petites idiotes confondaient son odeur naturellement repoussante dû à son manque d'hygiène avec la senteur des putréssures de ses plaies!

_________________
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Dernière édition par Baron de Havras le Dim 21 Déc 2014 - 23:30, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Jeu 18 Déc 2014 - 1:43

Tournoi à pied

Tour 1, Jour 2


Penthésilée de Gransette (Toison d’or) contre Astrabell (Reynald de Châtillon)

La deuxième matinée de combats allait débuter…

Entrèrent dans l’arène deux nouveaux chevaliers bretonniens dont l’allure ne manqua pas de surprendre l’assistance. Le premier, un chevalier nommé Milon de Vabre, semblait avoir légèrement rapetissé depuis le jour de son inscription et d’aucuns lui trouvèrent une démarche étonnamment féminine, ce qui suscita bien des sifflements moqueurs.

En vérité, la jeune Penthésilée, brillante combattante,  rebelle dans l’âme et accessoirement sœur d’Hubert de la Bath inscrit dans l’autre compétition, avait abondamment arrosé la nourriture de Milon de Vabre d’un puissant laxatif et se tenait à présent dans son armure, désireuse de montrer sa valeur.
Face à elle prit place le mythique Astrabell de Pinsaguel à la barbe d’un blanc immaculé dont la présence inspira un respectueux et pieux silence.

Voyant cet imposteur prendre place, Henri de Volvestre, champion des cadets de Catharie qui venait de passer les derniers mois à la poursuite d’un autre faux Astrabell, essaya d’enjamber la clôture mais fut retenu in extremis par ses compagnons qui lui conseillèrent d’attendre la fin de l’affrontement.

Encore somnolant, le baron de Havras finit par faire signe à son héraut et les drapeaux s’abaissèrent.
Rapide comme l’éclair, Penthésilée frappa la première (Penthésilée=5T, 4B, 1B grâce à un 1 relancé, 2svg, 2svg relancées, 1PV !) et manqua de faire trébucher le vieil homme sous ses assauts furieux et précis !

Dans un bruit d’articulations rouillées, le vieux chevalier leva son épée et tenta d’enseigner à la jeune femme quelques règles de politesse élémentaires (1T… Laughing), mais rencontra un succès plutôt mitigé.
Ayant paré l’attaque de son adversaire sans peine, la jeune Penthésilée ne se laissa pourtant pas griser et demeurait d’une concentration totale. Faisant virevolter sa lame, elle tenta une nouvelle botte (3T, 2B, 1B grâce à une relance de 1 ^^, 2svg, 1PV !). Une fois de plus, le vieux chevalier chancela, provoquant une certaine consternation. Dans la foule, des commentaires indélicats concernant l’âge de celui qu’on connaissait dans tout le royaume sous le nom d’El Maestro commencèrent à fuser.

Tentant d’ignorer les quolibets et les moqueries, l’auguste chevalier du Graal tenta de nouvelles passes d’arme (Astrabell= rien Mr.Red) mais se montra incroyablement lent dans ses mouvements.
Sachant la victoire proche, Penthésilée contre-attaque sans prendre de risques (4T, 2B, 2svg) et vit sa grande épée ricocher sur les plaques d’acier du saint vivant.

Une lueur apparut alors dans le regard du vénérable chevalier qui profita de l’instant pour faire virevolter sa lame avec élégance et rapidité (Astrabell=rien), toutefois, le public eut bien du mal à comprendre pourquoi il se contenta de fendre l’air quand son adversaire se trouvait dans la direction opposée.

Quelque peu incrédule, Penthésilée ne savait plus vraiment si elle devait attaquer ou demander à ce que l’on vienne chercher son adversaire manifestement trop vieux et déboussolé pour combattre. Mais, mettant de côté ses états d’âme, la jeune damoiselle repartit à l’assaut dans l’espoir d’abréger le calvaire du vieil homme (2T, 1B, 1svg relancée !). Une nouvelle fois percuté, Astrabell riposta cette fois sur-le-champ et parvint à surprendre sa jeune adversaire (2T, 2B, 2PV !).
Trop confiante, Penthésilée s’était approchée trop près et venait de le payer cher. Le cri strident qu’elle venait de pousser avait suscité quelques chuchotements dans les tribunes, mais la surprise avait été rude. Blessée au bras gauche, la jeune femme se demanda comment elle pourrait faire panser sa plaie après le combat sans se démasquer.
Désormais pleine de rage, elle chargea avec toute sa fureur (3T, 1B, 1svg) mais ne parvint pas, cette fois encore, à percer la défense redoutable du vieil homme.
Ce dernier, revenu dans la compétition, n’hésita pas un instant et repartit à l’attaque (1T) mais sa nouvelle série de coups laissa penser au public qu’il avait surtout été chanceux la dernière fois.
Touchée physiquement et dans son orgueil, la jeune femme fit un pas de côté et attaqua par la droite, devinant que son adversaire aurait du mal à la suivre (2T, 1B, 1svg), pourtant son coup se trouva une nouvelle fois dévié par la solide protection du grand-père en armure qui en profita pour répliquer (4T, 2B, 1svg, 1 béné… 1 béné relancée à cause de l’autre badine. C’est une miraculée).

Cette fois, Penthésilée vit la défaite en face et s’en sortit de manière inexplicable. Ce combat avait été pour elle une véritable leçon d’humilité car elle comprit qu’aucun engagement n’était gagné avant que l’adversaire ne soit totalement vaincu. Se remettant en garde, la jeune fille en armure fit pleuvoir une nouvelle série de coups magnifiques (5T, 2B, 1svg, 1 svg relancée) auquel le vieux seigneur résista tant bien que mal avant de frapper à son tour avec une fureur et une précision qu’il n’avait pas eu jusque là (4T, 2B, 1svg, 1 béné avec un 6… relancée avec un autre 6 comme tout à l’heure affraid ).

Cette fois-ci, l’intervention divine fut manifeste. Un halo de lumière blanche venait de protéger la jeune guerrière.
L’intervention de la Dame du lac laissa perplexe et nombreux furent ceux à s’interroger sur sa signification.
En effet, pourquoi la déesse avait-elle pris le parti d’un chevalier inconnu contre l’un de ses plus fervents champions ?
Ne cherchant pas de réponse pour le moment, Penthésilée attaqua (5T, 5B, 3svg, 1svg relancée, 1PV !). Une partie de ses coups s’arrêta dans une gerbe d’étincelles et son adversaire demeura figé un moment… avant de s’effondrer dans la boue.
Les domestiques entèrent en hâte pour vérifier son état mais une série de puissants ronflements sembla indiquer que le vieil homme s’était simplement endormi. Tandis qu’on le trainait sous la tente des blessés, Henri de Volvestre suivit le cortège de près… cet usurpateur là n’irait pas bien loin.
Laissée seule au milieu de la surface de combat, Penthésilée haletait en regardant le sang s’écouler de son armure. Elle devait à tout prix aller se cacher avant d’être découverte ou sa victoire risquait d’être annulée. Elle trouverait bien quelque rebouteux pour la remettre d’aplomb…


Anthrax le souffreteux (Le ménestrel enrhumé) contre Jean Coteaz des Entommeures (Magnan XXIII)

Au centre de l'arène se tenait à présent le prêtre de Sigmar qui attendait son adversaire en tapant du pied.
Celui-ci arriva bien des minutes plus tard, escorté par des hommes d'armes qui l'avaient surpris tapis dans un grenier, manifestement déterminé à laisser passer l'heure de son combat.

Désormais contraint au combat, le technomage attaqua dès qu'on lui donna le signal (2T, 2B, 2svg) pour se heurter à l'armure de fer météorique du prêtre qui leva son marteau et frappa à son tour (Aucune touche !) mais ne parvint pas à atteindre la rapide bestiole.
Remuant les moustaches, le skaven fit passer son arme dans sa queue et attaqua ainsi, tentant de surprendre son adversaire (4T, 2B, 2svg !) mais ne put percer la cuirasse de son chauve opposant qui brandit à nouveau son grand marteau en hurlant à pleins poumons le nom de son dieu tutélaire (2T, 2B, 2PV !).

Le skaven couina et recula loin de l'impérial. Sérieusement blessé et sentant sa mort proche, il leva sa lame et cria "Skataplasme" (Anthrax récupère ses points de vie perdus)! Toutefois, personne ne comprit ce qu'il avait cherché à dire par là. Jean Coteaz se rua alors en avant, cherchant à pourfendre l'hérétique mais l'homme-rat frappa le premier (3T, 2B, 1PV !) et fit jaillir le sang du grand chauve.

Furieux, l'homme se mit à gesticuler en hurlant des vers en reikspiel. Le marteau haut, il attaqua une nouvelle fois (1T, 1B, 1PV !) et fit encore reculer la malheureuse créature.
Le technomage comprit que le combat était fort mal embarqué et tenta le tout pour le tout. Bondissant, lame et crocs en avant, il tenta d'éventrer net l'homme au marteau (2T, 2B, 1svg, 1PV !) qui n'avait pas attendu pour armer sa frappe (2T, 1B, 1PV !).

La situation était devenue critique et les deux champions durent reculer. Tous deux blessés et en sang, ils n'étaient plus en mesure d'encaisser beaucoup plus. Craignant les conséquences d'une défaite, le skaven s'élança de nouveau (3T, 3B, 2svg, 1PV !) et allongea le prêtre de Sigmar sur le dos, sérieusement touché.

Sa victoire avait été quasi-miraculeuse, il en était conscient, mais au moins avait-elle eu le mérite de lui donner plus de temps pour accomplir sa mission.


Le Duc Parsifal (Saphirre) contre Théodrade de Cervencouille (Baron de Havras)

Le duc Parsifal, noble chevalier plein d’allant, fit son apparition peu de temps après, bientôt suivi par Théodrade de Cervencouille qui entra dans l’arène sous les huées du baron de Havras, son suzerain. Croyant que son seigneur lui reprochait le fait qu’il prenait trop longtemps à se mettre en place, le ventripotent sire de Cervencouille commença à faire tournoyer son fléau d’arme en s’approchant de son opposant. Il fut arrêté in extremis par le pauvre Thomas qui n’avait pas encore eu le temps de donner le signal du départ.

« Hum… messire Théodrade, l’interpela le héraut, vous devez vous tenir dans votre surface pour que je puisse donner le signal du combat.
- Dans la surface de combat de l’arène ? Ce n’est pas là que je me trouve ? répondit le chevalier, incrédule.
- Si, certes, mais vous devez vous tenir dans ce coin, à cinq pas de votre adversaire exactement, pour que je puisse annoncer le début des hostilités.
- A cinq pas du coin ?
- Non, messire. A cinq pas de votre adversaire.
- C’est moi qui dois être à cinq pas de lui ou lui à cinq pas de moi ?
- N’est-ce pas la même chose ?
- Ah, on doit tout les deux faire cinq pas dans la direction opposée de notre surface ?
- Plaît-il ? Ma foi, non ! Vous devez vous tenir à cinq pas l’un de l’autre, tout simplement. Vous ici et le seigneur Parsifal là !
- Ah ! D’accord ! s’exclama Théodrade en allant s’installer à côté de Parsifal tandis que le baron et nombre de spectateurs se prenaient le visage dans la paume de la main.
- Messire… vous n’avez pas compris, vous devez aller dans votre zone.
- J’crois qu’il parle à vous, déclara le bon Théodrade en donnant une tape amicale à son adversaire.
- Cela va-t-il durer longtemps ? Cela a arrêté d’être drôle il y a près de deux minutes… lança le baron.
- Pardon messire, s’excusa le héraut au comble du désespoir. Messire Théodrade, ne bougez pas ! Seigneur Parsifal, pouvez-vous… occuper la zone du seigneur Théodrade ?
- Soit ! répondit sobrement Parsifal, qui faisait son possible pour ne pas perdre sa concentration.


Le signal donné, le noble Parsifal fut ainsi le premier à bouger tandis que son adversaire restait totalement impassible (3T, 2B, 1svg, 1PV !).

Manifestement affligé par le spectacle lamentable, le baron de Havras hurla « vous pouvez bouger maintenant, crétin ! ». Ravi d’apprendre la nouvelle, le bon Théodrade recommença à faire virevolter son fléau et frappa comme un buffle (3T, 1B arme magique détruite ! 1 béné, 1PV !).
Le coup avait été violent et le Duc Parsifal, venu sans bouclier, avait commis l’erreur de parer de sa bâtarde magique qui se brisa en son milieu. N’ayant plus qu’un tronçon d’épée en main, ce dernier attaqua cependant sans se laisser démonter (1T+3T grâce à des relances, 1B grâce à des relances, 1PV ! C’est le festival des 1 et des 2 ! affraid ).

Malgré son arme endommagée, Parsifal avait réussi à percer les défenses de son adversaire dont le bras faiblissait de son côté. Le bon Théodrade fit néanmoins virevolter son arme de nouveau et se jeta la tête la première dans le combat (2T, 1B, 1PV !).

Ce combat était un véritable pugilat. Les deux combattants luttaient férocement mais ne pourraient pas tenir longtemps pareilme cadence.
Alors que le public retenait son souffle, Parsifal chargea une nouvelle fois (3T + 1T grâce aux relances, 3B + 1B grâce aux relances, 3svg+1svg relancée Laughing ) pour ne toucher que le heaume ciselé de son opposant. Celui-ci frappa à son tour (2T, 2B, 2PV !) et parvint cette fois-ci à désarmer Parsifal avant de le faire brusquement tomber à la renverse.

Pour le plus grand déplaisir de son baron, le seigneur de Cervencouille avait encore fait preuve d'une chance insolente... il espéra secrètement qu'elle ne dure pas trop.


Dangorn de Castagne (Dangorn de Castagne) contre Eustache de Montcorbier (Baron Guilhem de La Tour)

L'événement central de la matinée était sans conteste le combat qui allait suivre. Dangorn, comte de Castagne et chevalier légendaire devait affronter un champion du baron Guilhem de La Tour sur lequel ce dernier avait parié une forte somme phynancière.

Armé d’Hexflamme, son épée bâtarde gravée d’inscriptions elfiques, d’un bouclier portant Graal et Fleur de Lys d’or sur champ écartelé de sable et d’azur, et d’un heaume sans doute ramené de Cathay vu sa forme estrange et ses runes exotiques, Dangorn de Castagne entra dans l'arène, bientôt suivi par son adversaire, le curieux Eustache de Montcorbier qui se mit à improviser quelques verres vantant les splendeurs de la Saincte Cave de Havras.

A première vue, tous deux étaient armés de manière similaire, arborant un heaume enchanté et une longue épée. Seule la chance et le talent pourraient certainement les départager.
Cabotinant pendant plusieurs minutes, les deux chevaliers firent plusieurs fois le tour de l'arène en saluant le public, bien décidé à faire durer le spectacle.
Sa saluant de manière outrancière, ils partirent tous deux à l'assaut (Dangorn=2T, 1B, 1béné !/Eustache=3T, 1B, 1svg) et furent vivement repoussés.

Effectuant une danse ridicule qu'il qualifia de "danse du Saint slip", Dangorn repartit à l'assaut (2T, 1B, 1PV !), faisant couler le premier sang.
Jetant un regard en direction de son baron, Eustache riposta (1T+2T grâce aux relances, 3B, 3svg) mais fut incapable de rendre la monnaie de sa pièce au comte qui, de l'avis général venait de se montrer bien chanceux. Pas impressionné pour un sou, le comte repartit de plus belle (2T, 2B, 2svg double 6 !) mais ses coups furent parés par le chevalier de La Tour qui frappa s'estoc (2T+1T, 1B, 1svg), sans grand succès.

Tous deux sérieusement imbibés, les deux chevaliers ne se débrouillaient pas si mal. Le sire de Castagne sauta, l'arme droite (2T, 1B, 1 béné !), mais fut contré. Eustache frappa en transversal (1T+2T, 2B+1B, 3svg !) mais ses coups furent repoussés un à un.
Tournant sur lui-même, Dangorn sortit une nouvelle botte de sa création (1T, 1B, 1PV !) et manqua de faire choir son adversaire qui répliqua avec véhémence (2T+2T, 2B+2B, 1svg, 1béné, 2PV !).

La tension était à son comble car les deux hommes semblaient de force équivalente. Dangorn fit quelques nouveaux pas de danse quelque peu ridicules et entreprit de trancher son adversaire gasconnien (1T, 1B, 1PV !!!) d'un coup simple et efficace ! Victoire était sienne.


Silvère de Castagne (Lord del Insula) contre Vulva Supliss (Prince de LU)

Vulva Supliss, la dominatrice Elfe noire fit une entrée fracassante dans le sable de l’arène, perchée sur de hauts talons dont tout le monde se demanda s’ils étaient adaptés à ce type de terrain.

Se tournant vers la tribune centrale, elle pointa un doigt accusateur en direction du baron et lui tint ces mots :
« Je veux récupérer mon Hydrousson, espèce de primitif mal peigné !
- Je n’ai pas de leçons à recevoir d’une elfe qui a les cheveux en l’air ! rétorqua le baron qui avait pris la mouche.
- Il y a des coups de fouets qui se perdent. Mais j’arrangerai ça avant la fin.
- Ce doudou est à moi !


Silvère de Castagne, qui venait d’assister au combat de Dangorn, regarda bien si ce dernier avait quitté les lieux avant de s’engager à son tour dans l’arène.
Les deux participants en place, on donna rapidement le signal du départ afin de ne pas retarder l’heure du déjeuner.

Gracieuse et vive comme l’éclair, l’elfe attaqua sans attendre (3T, 3B automatiques sans sauvegarde possible, 1béné sur un 6 les deux autres jets ayant fait un double 1 Razz , 2PV !) et parvint à trouer sans peine la garde du vaillant chevalier, trop lent pour réagir.
Profondément esquinté mais plus profondément blessé encore dans son orgueil, Silvère n’attendit pas que son adversaire s’éloigne et porta alors ses propres attaques (4T, 3B, 3PV).

Vulva, qui misait tout sur sa rapidité, n’avait pas vraiment emporté d’armure pour se couvrir et rien ne vint ralentir les coups du Bretonnien et de son épée magique. Un dernier regard haineux lancé en direction du baron, elle s’effondra et sombra dans l’inconscience. Sa dernière vision fut celle du seigneur de Havras, dansant avec son Hydrousson dans les bras.


Tournoi à pied :

-Catafisse IV le magnifique (Calidus5)
-Anthrax le souffreteux (Le ménestrel enrhumé)
-Calard de Gloss (Chevalier Rouergue)
-Le Duc Parsifal (Saphirre)
-Théodrade de Cervencouille (Baron de Havras)
-Prince Lypreste (Paps)
-Rorganson Barbe d'Airain (Nicolas de Lorraine)
-Astrabell (Reynald de Châtillon)
-Reynard le chasseur (Robert comte d'Artois)
-Jean Coteaz des Entommeures (Magnan XXIII)
-Silvère de Castagne (Lord del Insula)
-GRUNDARK le dévoreur (uranus)
-Sire Rocco de Lacourte (Houarn de La Grausse)
-Dark Shadow (gorthor)
-Anton de Garrofa (Gurhuntar)
-Hjalmar Oksilden (Kaops)
-Penthesilée de Gransette (Toison d'or)
-Eustache de Montcorbier (Baron Guilhem de La Tour)
-Vulva Supliss (Prince de LU)
-Dangorn de Castagne (Dangorn de Castagne)

_________________
Non, on ne fait pas que charger à Havras, on a aussi des sorciers !
Tremblez devant nos armées... et craignez ma potestas, car je suis votre suzerain !

"Le monde est quand même plus simple quand on le regarde à travers la visière d'un heaume."

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Jeu 18 Déc 2014 - 16:07

Le vieux Barnard, dit Barnard le drôle, éleveur de cochon réputé qui vivait près des remparts de la citadelle, était venu déranger le baron et sa cour en plein milieu de leur déjeuner.
Le vieil homme se plaignait qu'on ait encore une fois accordé à l'ogre Grundark le droit de prendre quartiers dans son enclos car, disait-il, le tyran semblait apprécier plus que de raison la chair bien grasse de ses pourceaux.

Déjà bien embarrassé par la présence même de Grundark qu'il n'avait pas souhaitée, le baron donna sa bénédiction à l'éleveur si ce dernier désirait prévenir le massif dévoreur qu'il n'était plus le bienvenu chez lui.

« Mais moncheignor... ch'est-ch'ta dile que j'aulions pléfélé que la garde elle m'aide dans ch't'affaire ! finit par lâcher le pauvre bougre»
- Et moi que chette affaire ne vienne pas trchoubler mon repas, répondit le baron qui venait d'enfourner dans sa noble bouche un demi rôti.
- Mais comment donc que j'y faire poul virer un monchtre mi-homme mi-ours mi-porc mi-orque géant de ma polch'rie ?
- L'un de mes chevaliers va vous accompagner à l'armurerie, mon brave, dit amicalement le baron. Prenez-y tout ce qui vous mettra en confiance. Sire Helgaud ? Escortez cet homme, mon bon !
- Ha ha ! s'exclama le bon Helgaud en se levant de son siège d'un bond. Du sang pour la Dame du sang ! Salez les blessures et brisez les crânes !


Le vieux Barnard se sentit presque moins en sécurité au château de son seigneur que dehors, en compagnie de l'ogre GRUNDARK. Sa visite lui laissa un goût amer.


*******


Joute

Tour 1, Jour 2


Fulbert le vaniteux (Lord del Insula) contre  Evrard de la Combe (Gurhuntar)

Cette nouvelle série de combats de joute épuisait déjà Fulbert qui, malgré l’heure tardive, venait à peine de sortir du lit. De son côté, Evrard piaffait d’impatience comme un animal, impatient d’en découdre.
Lorsque s’abaissa le drapeau du signal, Fulbert s’efforça malgré tout de montrer quelque motivation, abaissant la visière de son heaume et donnant de l’éperon (Fulbert=1T, 1B, 1svg/Evrard= 1T, 1B coup fatal… ne me demandez pas comment je fais autant de 6, j’en sais rien ! Laughing mort instantanée).
L’alcool et les réjouissances de la veille n’avaient pas franchement servi la cause de sire Fulbert qui se trouva propulsé au dessus du sol sous la force de l’impact. Si sa fierté venait d’en prendre un coup, nul doute qu’il s’en remettrait rapidement… avec l’aide de quelques donzelles.


Léogand de Fort-Montier (Chevalier Rouergue) contre Charles Hubert de la Bath de Gransette (Toison d'or)

Léogand de Fort-Montier, seul chevalier de la Quête de la compétition, traversa la lice au grand galop par le côté opposé et s’installa dans sa zone de départ. Ce dernier semblait déterminé à faire un peu de spectacle, considérant certainement cette compétition sportive comme une détente dans sa longue et rude Quête.
Face à lui arriva nonchalamment le massif Charles Hubert de la Bath de Gransette, pas le moins du monde impressionné par un adversaire qu’il trouvait bien piteux.

Sans attendre, le baron fit signe à son héraut et ce dernier abaissa les drapeaux  (Charles=2T malgré ma règle spéciale du 2+ pour toucher ! Laughing, 2B, 2PV !/Léogand=3T, 2B, 2PV !). Frappé de plein fouet par la lance de son adversaire, sire Léogand teint bon malgré tout sur sa selle et parvint à asséner un coup terrible à Charles dont la cotte de maille rentra en partie dans les chairs.

Comme le sire de Gransette avait brisé sa lance, le baron Louie décida de lui octroyer une autre chance, même si son ennemi n’avait lui, pas de lance à brandir. Prenant la chose comme une nouvelle épreuve de la Dame, le chevalier de la Quête accepta malgré tout sans rechigner et tous deux repartirent à la charge ! (Léogand= 3T, 1B, 1PV !/Charles= 2T, 2B, 1svg, 1PV !)

Une nouvelle fois, le choc fit voler en éclat lance et pièces d’armure et tous se demandèrent comment Léogand avait pu supporter un nouveau coup de lance de cette puissance. Faisant signe au baron de Havras qu’il tenait bon, il demanda à ce que l’on octroie, conformément au règlement, une nouvelle lance au sire de Gransette.
Furieux de ne parvenir à désarçonner un adversaire qu’il jugeait inférieur, Charles de Gransette crispa sa main sur sa nouvelle arme et tous deux repartirent à l’assaut pour le plus grand plaisir d’un public survolté (Charles= 1T, 1B, 1svg relancée !/Léogand=1T, 1B, 1béné).
Cette fois, Charles ne parvint pas à briser sa lance sur l’écu du chevalier de la Quête et tous deux durent se lancer dans un corps à corps furieux et, cette fois, le sire de Gransette porta le premier coup (Charles= 2T, 1B, 1svg/Léogand= 2T). Leurs attaques avaient fait jaillir des étincelles mais ce premier contact de leurs épées n’avait pu départager les deux chevaliers. Faisant volte face, ils repartirent à l’assaut (Charles= rien) mais Charles de Gransette se contenta de bottes trop prévisibles que son adversaire para sans difficulté malgré la force musculaire supérieure de son adversaire. Profitant ainsi de l’ouverture qu’il venait de se créer, Léogand attaqua à son tour (2T, 2B, 2svg !) mais même son arme magique ne fit qu’érafler le bouclier enchanté de sire Charles.

Les yeux plein de haine, Charles s’élança de nouveau (Charles=rien) mais l’expérience du chevalier de la Quête fit la différence (Léogand=1T) sans parvenir à faire sortir un vainqueur pour autant.

A présent, tous craignaient un combat à rallonge comme celui de sire Faron, mais nul ne prononça le moindre mot (Charles= 2T, 1B, 1svg/Léogand= 1T/Charles= 2T, 1B, 1svg relancée Razz/ Léogand= 1T/Charles= 1T/Léogand= 1T/Charles=1T/Léogand= 1T). Hélas, les deux combattants semblaient manquer à présent des forces nécessaires pour s’attaquer avec suffisamment de mordant et leur prestation commença à faire bailler quelques spectateurs qui regrettaient l’émulation de leur première charge. Tentant une nouvelle approche, Charles visant son ennemi au cou, dans ce que d’aucun auraient appelé un coup en traître (Charles= 1T, 1B, 1svg) mais l’armure du chevalier de la Quête le sauva du désastre tandis qu’il s’abritait derrière son bras pour éviter le pire.
N’ayant que peu goûté l’attaque hautement irrégulière de son opposant, le chevalier de la Quête lui rendit la monnaie de sa pièce (Léogand= 2T) mais ne se heurta qu’à de l’acier.

La mêlée repartit alors de plus belle (Charles=1T, 1B, 1svg relancée -_-/ Léogand= 3T, 1B, 1svg/ Charles= 1T/Léogand= rien/ Charles= 3T, 1T, 1svg/Léogand= 2T,1B, 1svg/Charles= 3T, 2B, 1svg, 1 svg relancée/Léogand= 2T/ Charles= 2T, 1B, 1svg/Léogand= 1T, 1B, 1svg). Les deux chevaliers mettaient à présent plus de férocité dans leurs attaques, mais leurs armures étaient trop solides pour leurs épées et ce malgré le mordant supérieur de celle du sieur Léogand (Charles= 1T, 1T, 1svg relancée… merci le heaume de Gromril Wink /Léogrand= 2T, 1B, 1svg/Charles= 1T/Léogrand= 1T, 1svg !).

Cette fois, il apparaissait comme totalement évident qu’aucun vainqueur ne ressortirait de cet affrontement. Les deux chevaliers se battaient avec une rage équivalente mais ils ne parviendraient ici qu’à s’épuiser jusqu’à la mort sans qu’aucun vainqueur ne soit désigné.

Levant la main, le baron ordonna que les deux concurrents se séparent et octroya aux deux champions une nouvelle lance… que Léogrand refusa pour sa part, arguant qu’il ne voulait prendre le risque de briser son serment.

Repartant au petit trot chacun de leur côté, les deux seigneurs harassés prirent quelques minutes pour boire un peu d’eau et se préparer pour le nouvel assaut.

Bientôt, les drapeaux s’abaissèrent et une nouvelle double-charge fut lancée (NdB= ils n’ont toujours qu’un PV chacun)… dans l’espoir qu’elle parvienne à déterminer un vainqueur (Léogrand= rien !-cheval de Léogrand=1T, 1B, 1svg/ Charles= 2T, 1B, 1svg !) mais une nouvelle fois, la chose s’avéra impossible.
Le baron proposa aux participants de descendre à son tour dans la lice pour déterminer lui-même le vainqueur en leur bottant les fesses, mais les deux chevaliers prirent le commentaire comme un offense à leur valeur, bien déterminés à mettre un terme à l’affrontement.

D’un commun accord, ils descendirent de selle et se jetèrent l’un sur l’autre (devant l’impasse je prends des mesures drastiques : les deux vont continuer à pied, perdant l’avantage de svg de leur destrier caparaçonné).
Cette fois, Charles fut dépassé par la rapidité du chevalier de la Quête qui frappa le premier (Léogrand= 2T, 1B, 1svg, 1PV !) et parvint à le jeter à terre d’une bonne spectaculaire.

Malgré les protestations de Charles qui affirma avoir été pris par surprise avant d’être prêt, le baron ne tenait pas à voir le combat continuer davantage et décréta que la victoire revenait à Léogrand qui s’effondra à son tour sur son fessier, le souffle court.

Drakar (gorthor) contre Hélinand de La Salle (Baron Guilhem de La Tour)

Un nouvel elfe noir se présenta dans la lice. Face à lui entra l’autre champion que le baron Guilhem de La Tour avait envoyé au tournoi. Son nom était Hélinand de La Salle, seigneur de Montjoc, odieux bâtard, mais néanmoins image de courtoisie et de vaillance.
Après le précédent combat, tous espéraient une issue rapide à celui-ci. Lorsque s’abaissèrent les drapeaux partirent en même temps le monstre écailleux du Druchi et la resplendissante monture du Bretonnien (Drakar=1T, 1B, 1PV ! Sang froid= 1T/Hélinand=2T, 2B dont une en coup fataaaal !, 1svg, mort instantanée malgré une invu à 4+).
L’elfe noir fut désarçonné net et une explosion de joie fit vibrer jusqu’aux murailles de la citadelle du baron. Celui-là avait payé pour les autres.


Nicolas de Lorraine (Nicolas de Lorraine) contre Sebum le purulent (Prince de LU)

Sire Nicolas de Lorraine fut le suivant à entrer en lice, bientôt suivi de... hum... un concurrent que nul ne fut en mesure de trouver.
Sebum le purulent, personnage douteux à l'odeur plus douteuse encore, semblait s'être volatilisé après les qualifications et si l'on s'était attendu à le voir reparaître quand son tour viendrait, force était de constater qu'il n'était pas là à cette heure.
Vingt minutes passèrent et le baron, fatigué par les émotions de la journée, déclara que l'infâme Sebum était disqualifié.

Il espéra que le prochain combat serait assez bref également car l'heure du souper approchait.

(Le Prince de LU ne m'ayant pas envoyé les stats de son personnage malgré mon mp de rappel, il est déclaré forfait ^^)


Cédric le Normand (Kaops) contre le Chevalier-bouffon d'Edisant du Foroume (?)

Le précédent combat, qui n'avait donc pas eu lieu, avait quelque peu tué l'ambiance. Cédric le Normand, gigantesque chevalier de Brionne portant un heaume garni d'une paire d'ailes rouges entra en lice, arborant quantité de haches de toutes tailles et formes.

Son adversaire se fit également attendre longtemps et l'on se mit à penser qu'il ne viendrait pas non plus. Pourtant, au moment même où le baron Louie allait annoncer un nouveau forfait, le son lointain de grelots d'argent retentit.
Entra alors sur la piste un chevalier curieux dont le cimier ressemblait étrangement à un chapeau de bouffon. Ce  singulier personnage se faisait appeler "le chevalier bouffon" et refusait de révéler sa véritable identité, ce qui provoqua une nouvelle fois la déconfiture du baron qui se dit que les participants de son tournoi n'étaient pas sérieux.

Ne voulant se laisser déconcentrer par l'apparence singulière de son adversaire, Cédric détacha la gourde qu'il gardait à la ceinture, releva son heaume et la vida d'un trait. Entendant rires et gloussements tout autour, le Normand réalisa alors que son adversaire le singeait, buvant lui aussi de sa gourde sans qu'il lui soit pourtant possible d'apercevoir son visage.

Agacé par cette attitude irrespectueuse, Cédric crispa sa main sur le manche de sa lance en gardant un œil sur les drapeaux qui devaient annoncer la charge.
Ceux-ci finirent par s'abaisser et tous deux partirent presque simultanément, abaissèrent leur lance en même temps et se rencontrèrent au milieu de la lice(Cédric= 3T, 3B, 2svg, 1béné !/Bouffon= 2T, 2B, 1 béné ! 1PV).
Le choc avait été rude, très rude, et Cedric réalisa que son adversaire venait certainement de boire une potion de force tant son coup lui avait semblé puissant.
Lâchant leur lance d'un geste encore une fois simultané qui laissa penser à Cedric que son adversaire continuait de le mimer, les deux combattants firent volte-face l'un tirant la hache, l'autre agitant ses grelots.

Poussant un cri de guerre effrayant, Cédric frappa le premier (3T, 2B, 1svg, 1PV !) avec une telle vigueur qu'il enfonça un coin du heaume de l'autre qui dansa sur sa selle en réponse avant de répliquer d'une manière inattendue (3T, 2B, 2svg). Le normand était toutefois solidement protégé et son bouclier avait su le protéger des fourbes attaques du chevalier bouffon.
Convaincu de pouvoir régler l'affaire au prochain coup, il fit s'abattre sa grande hache sur son adversaire une nouvelle fois (1T, 1B, 1svg) mais fut à son tour contré !
Dans un bruit de rouages et d'écrous, le chevalier bouffon lança sa contre-offensive (3T, 3B, 3svg) mais le bouclier enchanté du chevalier à la hache l'avait protégé in extremis.
Profitant de l'ouverture, Cédric frappa encore (3T, 2B, 2svg) en vain et son adversaire répondit coup pour coup (2T, 1B, 1svg). Ayant dévié un nouvelle attaque sournoise, Cédric commença à s'interroger sur son adversaire dont l'habileté lui paraissait de plus en plus surnaturelle. Etant lui-même un bretteur d'exception, il ne comprenait pas comment pareil personnage pouvait passer si aisément sa garde et se dit qu'il n'avait jamais vu chevalier plus adroit.
Armant une nouvelle fois son coup, le Normand mit toute ses forces dans le coup suivant (2T, 1B, 1svg) mais fut encore une fois paré par la lame du chevalier bouffon qui ne lui laissa aucun répit tout en agitant ses grelots d'une manière fort inquiétante (2T). Poussant à nouveau son redoutable cri de guerre, Cédric tenta à nouveau sa chance (2T, 2B, 1svg, 1béné ! affraid) mais fut repoussé par une force invisible qui lui sembla émaner de l'armure du bouffon. Celui-ci trépigna sur sa selle et fit quelques moulinets incroyables (2T) qui ricochèrent dans une gerbe d'étincelles contre l'écu magique du grand chevalier qui employa toute sa science du combat pour réaliser sa riposte (3T, 2B, 2PV !). Pris au dépourvu, le chevalier bouffon ne put cette fois-ci contrer les assauts furieux du guerrier à la hache.
Bougeant la tête dans un sens puis dans l'autre, puis agitant frénétiquement ses grelots, le chevalier-bouffon commença à tomber en morceaux de manière inexplicable. Pièce après pièce, son armure se désolidarisa, ne laissant qu'un amas de ferraille et de rouages en tout genre sur le sol.
A la surprise générale, l'armure était entièrement vide et Cédric ne sut pas vraiment comment prendre la chose.

Au loin, dans la foule, une voix laissa éclater son dépit. « Noooooooooooon !» hurla-t-elle avant de prendre la fuite.


Résultats de la joute

-Heinrich Teufelsbrecher (Reynald de Châtillon)
-Sire Renaud de La Coulommière (Calidus5)
-Léogand de Fort-Montier (Chevalier Rouergue)
-Le Paladin Lapointe (Saphirre)
-La lance Impétueuse (Baron de Havras)
-Den-Ver, le dernier gardien du temple d’Itzipokituaclotzalquayatek (Le ménestrel enrhumé)
-Luc de Grantourleppe (Paps)
-Nicolas de Lorraine (Nicolas de Lorraine)
-Faron de Perthuis (Arthas)
-Gilfroy d'Artois (Robert comte d'Artois)
-Fulbert le vaniteux (Lord del Insula)
-Le chevalier Cheval (Houarn de La Grausse)
-Drakar (gorthor)
-Evrard de la Combe (Gurunthar)
-Charles Hubert de la Bath de Gransette (Toison d'or)
-Le Comte Guillaume de la tour d'Alsacie (MagnanXXIII)
-Hélinand de La Salle (Baron Guilhem de La Tour)
-Cédric le Normand (Kaops)
-Sébum le purulent (Prince de LU)
-Le chevalier mystère ( jocolor )

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 21 Déc 2014 - 23:58

Intermède 2

-Frère Johann, frère Johann ! M'entendez vous !
Le voix semblait lointaine et caverneuse, Jean Coteaz répondit :
-Seigneur Sigmar ! Je vous entends, j'ai échoué...

-Frère Johann ! C'est moi, le numéro de code fünftausendhundertzweiundsechzig .

Le prêtre guerrier ouvrit les yeux, il était à l'infirmerie du tournois de Havras, allongé sur un lit dans son armure, les aides de soins n'ont pas dû réussir à le lui enlever tellement sa conception était ésotérique. Un mystérieux homme couvert d'un manteau noir et couvert d'un large chapeau brun se tenait au chevet de Jean.

-Ah c'est vous mon frère ! Je vous ai déjà dit de ne pas m’appeler par mon prénom impérial, mon nom est Jean, pas Johann... Dit-t-il d'un ton très affaiblit.

-Si vous le dites, frère Johann.

Le prêtre ne pu sortir aucune remarque de ses lèvres, en temps normal il aurait hurler sur son interlocuteur et le lui promettre que s'il n'arrêtait pas de le nommer Johann son nez allait épouser la forme inverse de son marteau. Mais Jean était trop fatiguer et il en était conscient. Il devait garder ses forces pour sa mission.

-Je suis ici pour prendre de vos nouvelles en ce qui concerne votre santé, et aussi vous faire part de l'avancé de notre travail.

-Je souffre terriblement de ma blessure, mais je remercie Sigmar de m'avoir épargné la mort, je croyais que s'en était fini pour moi. Ça doit être grâce au pendentif sacré que m'a confié le grand théogoniste si Sigmar est proche de moi... Et vous voulez me parler de votre avancé, vous êtes sûr que personne ne nous entend ?

-Soyez sans crainte, les plus proches blessés de cet hospice ont leur lit trop éloignés, la plupart se sont remis de leur choc et ont préféré se reposer dans leur appartement, ou à la taverne... Il n'y a qu'ici que des blessés graves en profond sommeil, incapable d'entendre nos murmures, je suis quand même bien entraîné pour souffler sans me faire surprendre et vous êtes trop fatigué pour qu'on vous comprenne à plus de un pas de vos lèvres. De plus minuit est déjà passé, les médecins dorment tous.

-Bien, alors parlez.

-Il y a en ces lieux des choses inquiétantes, nous avons bien fait de vous accompagner jusqu'ici. Nous avons infiltré le château et nous surveillons toutes les auberges de la ville. Il y a des possédés, des cultistes et des démons en ces lieux, nous en sommes certains. J'ai demandé des renforts à l'ordre du marteau d'argent (grand ordre des répurgateurs de l'empire), je crois bien qu'il ne faille brûler cette ville avec toute la corruption qu'elle y renferme.

-Avez vous oublié ce que vous m'avez promis avant de partir ? Je vous ai laissé me suivre à condition que tous vos agissement soient approuvés par ma personne. Combattre le chaos et la corruption ensemble, oui ! Mais je ne peux pas vous laisser commettre des actes extrêmes. Votre fanatisme risque de faire perdre la vie à des milliers d'innocents. De plus vous accusez ces lieux de corruptions sans preuves.

-Je pensais que vous comprendriez, nous sommes des agents résolus et nous ne renierons pas nos convictions. Si la seule manière d’éradiquer le mal implique le sacrifice de la population, nous n'hésiterons pas, le sacrifice des habitants de Havras sera glorifié, je compte sur vous pour prier les dieux pour que les âmes pures de cette ville rejoignent le jardin de Morr en paix.

-Je ne vous laisserais pas faire une telle folie, le fanatisme vous mènera à votre perte.

-Si je vous disais ce qu'il se passe ici, vous n'aurez pas une telle attitude. Après votre défaite au tournoi, on a vu un démon ou sorcier corrompu manipuler une armure sournoise. C'est pas tout, dans une taverne un agent a signalé un seigneur bretonnien possédé prétendant que des larves lui rentrait dans son postérieur. Il parait aussi que le Baron de ces lieux soutient des fêtes infâmes que je soupçonne être liées de près ou de loin au dieu du chaos du vice et de la dépravation. Il posséderait aussi une cave plein d’élixirs douteux. De plus, dans ce tournoi les participants ont tous des objets ensorcelés qu'ils ne méritent pas de porter. On a aussi eu vent d'un être étrange qui rode dans les lieux, un possédé qui insulte tout le monde et mange le vomi des chiens ! Je n'ai pas encore parlé de l'adorateur du chaos qui participes au tournoi. Je n'ai rien a rajouter, ce lieu dépasse les limites de puretés de très loin. Il faut agir au plus vite.

-Apportez moi la preuve de chacune de vos accusations et je vous autoriserais à éliminer les contrevenants proprement et sans dégâts collatéraux. J'insiste sur ce dernier point ! Maintenant que je n'ai plus à me battre dans ce tournoi, je serais entièrement disponible à vous surveiller pour que vous ne fassiez pas de bêtise. Je suis haut prêtre et archidiacre supplément ayant d'importantes relations avec le siège du clergé sigmarique, si vous ne vous pliez pas à mes ordres, votre ordre, aussi important soit il, aura des ennuis.

-Cela va nous retarder dans notre travail, mais je vous promets de vous donner les preuves de nos déclarations, comme nous sommes certains de nos dires, nous aurons peu de mal à vous les fournir. Mais pour ne pas traîner dans nos projets, je voudrais au moins l'autorisation d'éliminer ceux dont l'implication avec le chaos et évidente. Je veux parler de l'homme rat et du Purulent.

-Pour ceux là je vous donne mon approbation, j'ai vu leur corruption de mes propres yeux, mais pour le reste, vous avez intérêt à me prouver leurs agissements douteux.

-Très bien, nous nous efforcerons à vous fournir des preuves et pour l'instant l'élimination du chaotique homme rat sera notre priorité. En ce qui concerne Sebum le purulent, un de nos agents s'en est déjà occupé, je suis satisfait que vous supportez son élimination car son cas a déjà été traité...

-Vous m'avez fatigué avec vos propos, laissez moi me reposer, j'en ai grand besoin.

Après avoir expédié l'homme au manteau avec une phrase plus qu'agacé, Jean Coteaz des Entommeurs, bien que très affaibli, ne trouva pas facilement le repos, ce groupe de répurgateurs étaient aussi bien une aide très utile au moment de son infirmité qu'une vraie plaie. Il espère se remettre bien vite de ses blessures pour pouvoir suivre les inquisiteurs de près. Après cela il murmura une prière à son dieu titulaire, puis il fini par trouver le sommeil après une réflexion sur les êtres corrompus du tournoi et fut satisfait que le vil Skaven qui l'avait battu aurait bien plus d’ennuis qu'il ne pensait. Une sorte de vengeance pour le prêtre guerrier, une vengeance qu'il trouva juste vu la connotation chaotique de la bête.


*******

Brionne se rengorgeait sur le bord de la lice. Il savait depuis le premier instant qui maniait l'épée en lieu et place de Milon de Vabre. Cette victoire couronnait les heures de leçons prodiguées à Penthesilée.
Alors qu'elle s'approchait de lui, titubante mais victorieuse, il se fit violence et se prépara à la tancer d'importance :
- Ma damoiselle, votre conduite est inqualifiable, indigne d'une ...
Il ne pût terminer sa phrase. Par la visière relevée, il venait de croiser le regard de sa jeune protégée : il n'y voyait que de la détresse.
Il changea d'attitude et lui chuchota à l'oneille :
- Qu'importe. La bonne Margaux qui accompagne votre frère est experte pour soigner plaies et contusions d'un combat, elle est pour l'heure en train de lui préparer son dîner, courez la rejoindre à l'office.  
Alors qu'elle s'éloignait déjà, il ajouta :
- N'ayez crainte, je couvre vos arrières !
Ayant dit, il jetta un regard circulaire autour de lui. Deux choses retinrent son attention. En premier lieu un chevalier fendait la foule, cherchant manifestement à intercepter Penthesilée. Il reconnu à son blason le noble Henri de Volvestre.
En second lieu, venant d'une fosse d'aisance voisine, un cri de détresse avait répondu aux vivats qui saluaient la victoire de la jeune combattante. Il lui semblait reconnaître Milon de Vabre.
Il allait lui falloir calmer l'un et l'autre de ces deux sires. Difficile... mais pas impossible.




*******

Tandis que le menu peuple qui se pressait derrière les barrières commentait les joutes de la journée en son patois pâteux, dans la tribune d’honneur le baron Guilhem de La Tour souriait sous sa barbe. Ce large sourire ne l’avait pas quitté depuis que son bon ami Hélinand avait fait vider les étriers à cet elfe efféminé qui s’était cru de taille à venir tournoyer dans les royaumes des hommes. L’affaire avait été rondement menée, comme il se devait -au grand soulagement du baron, non pas qu’il doutât de la valeur de son cousin, mais enfin, avec les elfes, on ne sait jamais…

Il laissa un larbin remplir de nouveau sa coupe de l’excellent bordeleau du sire de Havras, lui tira l’oneille lorsque dans sa maladresse il faillit tacher de vin son superbe vêtement neuf de velours vert et de fourrure d’écureuil, puis se tourna vers son hôte.

« Louie, mon bon ami, votre tournoi prend une tournure qui me plaît.
- Avez-vous donc regagné grâce à votre cousin la phynance que vous perdîtes hier en misant sur son ami Eustache ? s’enquit en souriant Nantilde, l’épouse du baron de Havras.
- Ma dame est aussi noble qu’avisée, répondit courtoisement le sire de La Tour en marchant cruellement sur les pieds d’un valet qui venait de froisser le pli de sa manche brodée. Si les dieux m’accordent d’autres gains dans les jours qui viennent, j’ai résolu de faire une très-charitable offrande au temple de Shallya de votre bonne ville. J’ai appris qu’on y récoltait des fonds pour offrir des souliers aux petits enfants cul-de-jatte, voilà ce que j’appelle une noble cause.
- Sans aucun doute, approuva le baron de Corgenon. Mais voilà le héros de la journée -du moins en ce qui concerne l’état des phynances de votre baronnie. »

Débarrassé de son harnois et vêtu d’écarlate, le jeune Hélinand entrait dans la tribune, saluant avec l’exquise courtoisie gasconnienne le baron Louie et son épouse. Une jeune fille chuchota à l’oneille de sa voisine quand l’élégant jouteur passa devant elles, et les deux amies se mirent à glousser, mais il affecta de n’en rien remarquer.

« Une belle joute ! le félicita le baron de Havras, dont le noble visage, comme souvent sur la fin de la journée, prenait une subtile teinte cramoisie. L’elfe n’a rien vu venir. Hop, crac ! »

Pour bien faire comprendre son idée, il fit un geste assez expressif et même plutôt hardi qui choqua un peu les dames. Hélinand s’inclina devant le compliment.

« Eustache exultait quand vous l’avez fait voler par-dessus sa selle, s’amusa le baron de La Tour. N’est-ce pas, Eustache ? »

Mais le siège d’Eustache était singulièrement vide.

« Çà, où est-il encore fourré ? s’inquiéta le baron.
- Messire le comte de Castagne nous a faussé compagnie lui aussi, remarqua Nantilde, plus attentive et certainement moins ivre que le reste de la tribune.
- Connaissant les deux sires, je crains un désastre imminent, déclara le sire de La Tour. Hélinand, sais-tu ce qu’il en est ?
- Eh bien, maintenant que vous en faites mention, Eustache a bien laissé échapper quelques mots au sujet d’un duel de beuverie, alors que je quittais mon armure. Je n’y pas entendu grand-chose… »

Le baron de Havras plongea la tête dans ses mains avant de lever les yeux au ciel, qu’il ne put voir à cause de la tenture qui couvrait la tribune. Faute de mieux, il jeta un regard lourd de reproche au baron Guilhem.

« Ah, ne me regarde donc pas comme cela, Louie, fit le baron de La Tour en vidant sa coupe. Je ne suis pas responsable. »


***

Pendant ce temps, à la taverne du Singe Physicien.


« P… parlez-moi encore de v… votre p-p-pays, comte Gandorn, bafouilla Eustache de Montcorbier. Ça a l’air joli t-t-tout plein, j’irais bien y passer mes vacances l’an prochain, dites voir. Qu’est-ce qu’on y fait pousser de beau ? Du vin ?
- Heu, fit avec éloquence le comte Dangorn pendant qu’Eustache vomissait partout. Des escargots, je crois.
- Vraiment ? s’étonna Eustache en s’essuyant d’un revers de manche. Des egarsots… ergascots… des… je veux dire…
- Non, non, je me trompe, hésita le comte. Les escargots, ça ne pousse pas dans la… »

Mais son stomac refoula violemment son contenu horrifique, coupant court à sa réflexion. Le chien du tavernier accourut, par l’odeur alléché, et fit son festin des vomissures comtales. Ce fut alors que la porte s’ouvrit et qu’entra Hélinand de La Salle, enjambant une flaque puis l’autre, prenant bien garde à ne point gâter son bel habit.

« Eustache, mon ami, fit-il, je gage que tu as assez bu, ne crois-tu pas ?
- J… je dois encore gagner… essaya d’expliquer le chevalier de Montcorbier. Encore une coupe…
- Allons, vous allez assécher l’auberge. Et ton ami le comte n’a pas l’air bien.
- Les… les escargots ! s’écria le comte de Castagne soudain pris de panique. Non ! arrêtez ! ils sont tout autour de moi ! Ils veulent… non, pas les fesses, pas les escargots dans les fesses, pas ça !
- Allons, messire le c-c-comte, bredouilla Eustache pour le rassurer. Personne n’est un egracot, ici. Nous sommes tous d’honnêtes gentilshommes.
- Montons, Eustache, insista Hélinand. Tu sais qu’il nous reste encore des détails à régler.
- Aha, oui, fit Eustache, se rappelant soudain le but de leur voyage jusqu’à Havras et pris d’une idée soudaine. Tenez, comte Dangorn, venez donc avec nous. Ça pourrait vous intéresser aussi… »




*******

Cédric avait vu beaucoup de choses étranges dans sa vie, mais cet adversaire-là… C’était quelque chose… Et venant d’un chevalier qui s’est aventuré jusqu’en Norsca, cela veut dire beaucoup !
Il reprit ses esprits quand la foule acclama son succès contre ce qu’ils pensaient être une sorte de démon, même si le chevalier de Brionne n’était pas aussi sûr de son origine… Laissant ses questions pour plus tard, il partit saluer la foule pour célébrer cette victoire durement acquise.


En quittant l’arène il croisa le regard du nordique qui fut son compagnon de voyage le mois dernier. Ils avaient occis un démon ensemble et les chevaliers de la quête qui les accompagnaient les avaient orienté vers le tournoi peu après.
Ce dernier semblait pensif… Ils se rejoignirent près de la sortie du terrain. Hjalmar attendait les bras croisés, sa hallebarde sur l'épaule comme à son habitude et il ne semblait pas décrocher son regard des restes de la créature.

En discutant avec lui il apprit qu’il s’était qualifié pour la phase suivante de sa catégorie et ils se félicitèrent poliment l’un l’autre de leur succès respectifs. Mais la discussion tourna rapidement vers un autre sujet :


« Cette chose, elle a beau être morte… Enfin… Je suppose… hésita le chevalier en lançant un regard rapide vers les pièces détachés.  Je ne peux pas m’empêcher de me demander ce qu’elle pouvait bien être.
-Et moi qui pensais avoir tout vu… Comme quoi les dieux nous réservent encore quelques surprises, dit-il en esquissant un sourire.
-Selon vous ce serait un démon ?
-Un dém… Vous rigolez j’espère ?! rétorqua Hjalmar. Si un démon était assez fou pour venir seul à une joute bretonienne, c’est parce qu’il serait assez puissant pour tous nous tuer. De plus, ce n’est pas de ce panthéon-là dont je parle. Mais démon ou pas, il y a eu un cri dans le public juste après votre victoire, lui fit remarquer le nordique.
-Je crois l’avoir entendu moi aussi, dans ce cas une autre personne était impliquée.
-Avec l’agitation que cela a créé, je n’ai pas pu le voir et il s’est enfui…  J’essaierais de retrouver la trace de cet inconnu, son pantin m’intéresse. Après tout, pourquoi seriez-vous le seul à en affronter un ? lui dit le nordique en le défiant du regard.
-Dommage, répondit-il en évitant de répondre à la question précédente. Mais vous pensez qu’il pourrait y en avoir d’autres ?
-Je le souhaite ! »

Le nordique semblait tout excité à l'idée de ce combat qu'il imaginait grandiose. Mais il retourna rapidement à son humeur laconique habituelle.

«-Mais cela m’étonnerait, vu le hurlement de désespoir que l’autre a poussé après votre victoire, répondit un Hjalmar qui semblait déçu. Et puis, vous l’avez réduit en morceaux, il ne fera plus grand mal…
-J’espère bien… Je me demande si le baron s’inquiète autant que nous de ces événements, songea Cédric en regardant la tribune. D’ailleurs puisque vous êtes là, j’en profite pour vous demander. Auriez-vous entendu parler de ce fou qui défie les participants, et même les habitants, en duel ? Il est possible que les évènements soient…
-Ah mais c’est moi ça, le coupa Hjalmar sur un ton tout à fait naturel.
-Pardon ?! s’étouffa le chevalier.
-Je m’ennuie un peu, donc autant occuper mon temps libre en m’entrainant un peu. J’ai aussi essayé d’affronter une de vos « demoiselles », comme vous les appelez, mais j’ai été assez déçu… Je ne comprends pas pourquoi autant de gens les complimentent si elles ne savent rien faire d’autre que crier et courir s’étaler sur un mur… »

Le chevalier de Brionne, décontenancé, mit quelques instants à redémarrer son cerveau puis hurla sur Hjalmar en tirant à demi sa hache naine :

« - Vous avez fait QUOI ?!??!
-Par Tyr, ne vous emportez pas si vite. Elle n’a eu que quelques cheveux roussis, mais je l’ai amené à vos soigneurs pour qu’il la remette sur pied après qu’elle soit tombée inconsciente, lui répondit-il calmement. Au fait, vous partagerez bien une choppe avec moi pour fêter votre qualification ? lui lançât son camarade avec un regard insistant. »

Contenant sa colère en comprenant que Hjalmar ne pensait pas à mal, mais qu’il avait juste une façon particulière d’approcher les gens, il lui répondit:

« -J’ai peur de devoir refuser. J’aimerais rejoindre mon ami Guillaume de la tour d’Alsacie. Il faudrait que je lui apprenne à ne plus fêter une défaite… soupira le bretonnien. »


L’homme du nord, incrédule, finit par éclater d'un rire tonitruant et partit vers la taverne en souhaitant bon courage à son camarade.

Cédric, quant à lui, pensa que même s’il les côtoyait souvent, ils ne comprendraient probablement jamais les habitants de la Norsca… Sa journée aura été plus éprouvante qu’il ne l’aurait imaginé mais il allait devoir tenir pour rappeler ses devoirs à son vieil ami...




*******

Dans le ciel nocturne de Havras, loin des petites tracasseries des mortels, de leur tournoi et de leurs complots, la comète à deux boules reparut et décrivit toute la nuit d'interminables cercles dans le firmament.

_________________
Non, on ne fait pas que charger à Havras, on a aussi des sorciers !
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Baron de Havras
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Lun 22 Déc 2014 - 2:51


Tournoi à pied

Tour 2


Anthrax le souffreteux (le ménestrel enrhumé) contre Penthésilée de Gransette (Toison d’or)

Pour la plus grande consternation du nain Rorganson, le tirage au sort ne le fit pas tomber contre le skaven. De son côté, ce dernier était heureux de tomber sur la chose-homme la plus menue et la moins impressionnante même s’il devait reconnaître qu’il n’avait pas eu la curiosité d’assister à son précédent combat et ne savait donc vraiment à quoi s’en tenir.

Face à l’immonde rat géant, la jeune Penthésilée tremblait plus d’impatience que de peur. Son bras la faisait toujours un peu souffrir mais Margaux et les prêtresses de Shallya avaient fait miracle entre deux collectes de fonds pour quelque cause douteuse. Ayant cette fois pris soin d’enfermer Milon dans un placard, la jeune femme espérait bien terminer rapidement ce combat pour pouvoir retourner se cacher. Chez elle, la crainte d’être découverte était constante.

Lorsque les drapeaux s’abaissèrent, les deux combattants partirent à l’exact même temps, mais le rat vicieux porta cependant la première attaque face à une adversaire encore trop inexpérimentée pour dompter sa méfiance naturelle (Anthrax= 1T, aucune Blessure). Toutefois, la jeune bretonnienne avait semblait-il adopté la bonne attitude en laissant son adversaire ouvrir le bal. Dans un geste étonnamment gracieux pour une personne en armure, Penthésilée cisailla l’air de sa lame polie (1T, 1B, 1svg) mais ne put que heurter l’étrange manteau fait de pelages mités qu’arborait le vil skaven.

Le premier coup avait été donné de chaque côté et les deux avaient pu se jauger. Comprenant que sa jeune adversaire était plus rapide et précise qu’il ne l’avait escompté, Anthrax prit sa lame dans sa queue et tenta l’astuce qu’il avait tentée lors du précédent combat, bondissant autour de l’autre comme un quadrupède. Soudain, il changea sa course et frappa dans ce qu’il pensa être une ouverture (2T, 1B, 1PV !). Le premier sang avait été versé. Culbutée et entaillée mais toujours vive, Penthésilée frappa à son tour (3T, 1B, 1PV !) et fut bien heureuse de trouver des poils collés et du sang bien frais sur sa belle épée.
A son tour blessé, le traître Anthrax s’éloigna en couinant tandis que la jeune femme se remettait en garde. Comprenant qu’il ne pourrait tenter la même approche que la dernière fois, le technomage reprit son arme en main et fonça en zigzaguant (2T, double 1 sur les B) mais se fit accueillir de manière magistrale (Penthésilée= 3T, 2B, 1svg, 1PV !), récoltant une belle entaille sur la truffe.
Repartant en rampant insidieusement, l’épouvantable rongeur mit une bonne distance entre la bretonnienne et lui et commença à agiter son arme, pris da panique, répétant encore et encore « Skataplame ! Skataplasme ! » (Anthrax récupère ses PV perdus). Se sentant revigoré, il décidé de repartir à l’attaque mais s’approcha à petits pas, incertain de l’attitude qu’il convenait d’adopter.
Arrivé à une toise, il s’arrêta et pencha les oreilles vers l’arrière en émettant de petits glapissements pathétiques. Décontenancée, Penthésilée sembla assouplir sa garde l’espace d’un instant et la vermine lui sauta à la gorge sans attendre (2T, 2B, 2PV !) et commença à lui grignoter le cou.

La jeune combattante repoussa vivement l’animal mais fut bien en peine de s’en débarrasser. Dans un mouvement empli de dégoût, elle l'écarta au loin mais dû se débarrasser dans la foulée de son heaume, provoquant un cri d'effroi et de surprise dans l'assistance.

Debout dans la foule, Brionne, maître d'arme qui avait tout appris à la jeune fille, se frappa la tête contre le mur le plus proche. Il sentait venir une longue journée...


Calard de Gloss (Chevalier Rouergue) contre Silvère de Castagne (Lord del Insula)

Une fois la garde intervenue pour emporter au loin la damoiselle Penthésilée qui n'avait, de l'avis général, rien à faire dans un tournoi, sires Calard de Gloss et Silvère de Castagne firent leur entrée.

Étrangers à la peur, les deux chevaliers prirent position et se toisèrent un instant.
Lorsque les drapeaux s'abaissèrent, Calard s'élança le premier (Aucune touche) mais ses coups furent parés un par un par le sieur de Castagne qui tenta bientôt d'inverser la cadence (2T, aucune B... ça commence bien Laughing).
Leur jeu d'épée était subtil et élégant, mais les deux semblaient de même niveau et aucun des deux ne fut en mesure de trouver la faille de l'autre dès la première attaque.
Ne se laissant pas démonter, Calard renchérit par une nouvelle série de coups (3T, 3B, 2svg+1svg) mais fut une nouvelle fois un peu court, malgré un net progrès. Silvère, affreusement mécontent d'être ainsi poussé dans ses retranchement, fit son possible pour prendre la haute main sur le combat (5T, 3B, 2svg, 1béné) mais ne connut pas grand succès malgré une impressionnante série d'attaques mortelles.

Vivement repoussé, Calard repartit à l'attaque avec une ardeur décuplée (4T, 4B, 1svg+1svg, 2PV !) et tailla vivement les chairs du malheureux Silvère qui poussa un horrible hurlement de douleur.

Meurtri, le brave sire de Castagne brandit une nouvelle fois son arme et chargea, les yeux injectés de sang (2T) mais son bras avait semblait-il grandement perdu de sa force des suites de sa blessure.
Profitant de la chance qui lui était offerte de finir promptement l'affrontement, Calard resserra sa main sur la poignée de son arme et attaqua encore (2T, 2B, 1svg, 1béné !) pour voir son coup échouer inexplicablement.

Toujours haletant, du sang s'écoulant à travers les plaques de son armure, Silvère tenta une nouvelle fois de contre-attaquer (4T, 4B, 2svg, 1béné, 1PV !) et parvint cette fois-ci à toucher durement le noble sire de Gloss d'un coup terrible qui fendit net le coin supérieur droit de son écu.
Surpris, sire Calard riposta (5T, 4B, 2svg+1svg, 1PV !). Son attaque avait cette fois réussi à porter.

Terrassé, Silvère de Castagne s'effondra, sombrant dans un sommeil sans fond.
De son côté, Calard eut le triomphe modeste, considérant que les débordements de joie ne lui réussissaient pas.


Dark Shadow (gorthor) contre Hjalmar Oksilden (Kaops)

Candidats suivants à la curée, l’elfe noir Dark Shadow et le colosse nordique Hjalmar se faisaient face. Le sentiment de malaise était palpable et le public espérait secrètement que la terre s’ouvre sous leurs pieds pour les faire disparaître à jamais.

Au signal donné, Dark Shadow fondit sur son adversaire (3T, 1B, 1svg) mais fut vivement repoussé. En vérité, Hjalmar s’était attendu à une attaque de ce type et avait pris ses dispositions. Embrasant sa grande hallebarde, le guerrier du Chaos attaqua à son tour (2T, 2B, 2PV !) et envoya valdinguer le malheureux assassin qui ne se releva pas du choc, complètement assommé.

Après un geste adressé à ses dieux, Hjalmar quitta la surface de combat sans un regard pour son adversaire ni pour la foule inquiète. Il se disait qu'il était sans doute temps pour lui d'aller défier l'un de ces fameux "vignerons" que tant de personnes tenaient en si haute estime par ici... sans doute étaient-ils de grands guerriers.


Théodrade de Cervencouille (Baron de Havras) contre GRUNDARK le dévoreur (uranus)

(NdB : Théodrade aura donc 6PV au lieu de 3 pour ce combat)

Les suivants à apparaître ne furent pas les moins attendus. D'un côté se trouvait Théodrade de Cervencouille à qui l'on avait longuement expliqué qu'il ne devait pas bouger de sa surface avant que le drapeau ne s'abaisse. De l'autre se tenait le tyran GRUNDARK, ovationné comme à son habitude par ses propres esclaves gnoblars.
Craignant de commettre un impair, le chevalier de Havras regardait son baron et attendait le signal de celui-ci pour partir, se disant qu'il comprenait sans doute mieux les règles que lui.

Après un instant de flottement que GRUNDARK mit à contribution pour curer ses très-profondes narines, les drapeaux s'abaissèrent.

Le seigneur Louie lui ayant fait signe, Théodrade chargea sans attendre l’ogre en faisant tournoyer son redoutable fléau (2T+1T, 1B arme magique détruite !, 1PV !). Le coup avait été presque parfait. La grande masse du terrible GRUNDARK était en miettes et l’un de ses gnoblars, trop occupé à effectuer une danse impudique, fut délogé de son épaule par la violence du choc et s’écrasa dans le sable de l’arène.

Voyant son arme rendue ainsi inutilisable, le massif tyran poussa un long râle plein de rage et de désespoir, puis se jeta sur le brave Théodrade pour le bourrer de coups de poings (3T, 2T, 2svg relancées !).
L’armure du seigneur de Cervencouille avait émis un bruit de casserole et était à présent toute cabossée, mais lui avait néanmoins sauvé la vie. Sonné mais bien vivant, le noble paladin profita d’une brève ouverture pour attaquer de nouveau (2T, 1B… notez bien que maintenant que son fléau l’a essoufflé, il ne blesse plus Grundark que sur des 6, 1 invu relancée !) et fracassa le deuxième gnoblar du cruel colosse.

Très irrité par la situation, ce dernier attaqua encore de ses larges poings (4T, 1B avec des jets lamentables Razz , 1PV !) et parvint à jeter au sol le Bretonnien qui eut quelque peine, en raison de son embonpoint, à se remettre debout. Néanmoins, bel et bien toujours en vie grâce à sa chance insolente et sa vieille armure porte-bonheur, Théodrade s’élança une nouvelle fois (2T+2T , 2B relancées ! 1invu, 1PV !). A la stupéfaction générale, le bon sire de Cervencouille venait de réussir l’exploit de faire reculer de trois pas la massive créature qui ne semblait pas comprendre ce qui était en train de se produire.

Furieux, Grundark lança sur son adversaire un revers qui aurait pu soulever du sol un Troll des montagnes (3T, 1B, 1PV !). Propulsé à plusieurs mètres, Théodrade heurta dans un grand fracas les rambardes. On le crut un moment perdu, mais il se releva cependant, retournant jusqu’à son adversaire en chancelant.
La créature écumante de rage se rua alors sur le brave homme qui accueillit l’assaut de quelques bons coups de fléau (2T+1T) qui ne suffirent malheureusement pas à la stopper (Grundark=4T, 2B, 1svg relancée, 1PV !). Encore une fois dégagé comme un vulgaire fétu de paille, Théodrade se retrouva de l’autre côté de l’arène, le nez dans le sable.

Le public, crispé, eut un soupire de soulagement lorsqu’il se releva et tenta de remettre son heaume dans le bon axe. Lâchant alors son fléau d’armes après avoir finalement réalisé qu’il était devenu trop lourd pour lui, le chevalier tira l’épée et partit à l’assaut (3T+1T, 1B, 1invu !). Il sembla au baron qui le coup de son chanceux chevalier avait éborgné l’infâme tyran ogre, pourtant, le prophétesse Sylvianna lui expliqua qu’un puissant sort de protection s’était activé au dernier moment pour sauver le graisseux champion qui, de son côté, recommençait à tambouriner sur le bouclier magique du chevalier (Grundark= Rien Laughing) comme pris d’une crise de rage.

Encaissant coup après coup avec un courage comme seuls les idiots tels que lui pouvaient en trouver, le bedonnant chevalier fit tournoyer son épée non sans une certaine dextérité (2T+2T, aucune blessure… putain, il ne fait presque que des 6 pour toucher en plus. C’est vraiment un abruti !) mais ne put qu’entailler superficiellement le robuste cuir de l’ogre qui contre-attaque derechef (2T, 2B, 2svg). A l’évidence, les deux combattants faiblissaient quelque peu, manifestement bien épuisés par leur combat.
Péniblement, Théodrade releva une nouvelle fois son épée acérée et frappa de toutes ses forces (4T… encore avec deux 6, 1B relancée, 1PV !), faisant cette fois jaillir du sang de l’avant-bras de Grundark qui recula en beuglant comme un damné.

Incrédule, le monstre observa son sang coulé et en ressenti une grande frustration. Courant jusqu’aux rambardes, il tira dessus comme un forcené (ce qui n’était pas peu dire dans son cas) et en  extirpa une large poutre dans un terrible vacarme de bois brisé. Retournant vers son ennemi ainsi armé, il arma un coup d’une ampleur remarquable et frappa (2T, 2B, 1svg, 1 béné !). La poutre heurta de plein fouet le chevalier qui encaissa le coup de son bouclier qui manqua de se plier sous la violence de l’impact. Une lumière aveuglante émanait de ce dernier tandis que Théodrade luttait de toutes ses forces pour repousser la brutale attaque du gras géant.
Dans un grand cri de fureur et de douleur mêlées, Théodrade réussit l’impensable. Parvenant à avancer d’un pas malgré la pression exercée par l’ogre, il réussit à repousser son assaut. Dans une gerbe de lumière éclatante, la poutre se brisa en son centre en l’ogre tomba à la renverse.

Dans les tribunes, la foule était en liesse. Le baron de La Tour recracha son vin et s’en macula la barbe, Arthas de Corgenon tomba de son siège et le chevalier de la Toison d’or interrompit les explications qu’il donnait à ses voisins sur la bonne manière de peindre un écu.

Du côté des chevaliers de Havras, les choses avaient viré à l’hystérie. Théodrade, le noble seigneur de Cervencouille qui leur causait toujours tant de migraines, était en train d’accomplir un exploit comme on n’aurait même jamais espéré en voir un… défaire l’ogre qui avait remporté la précédente édition du tournoi, lui, un chevalier du cru : la chose était trop belle et tous se prirent à espérer.

Galvanisé par les encouragements, le noble idiot attaqua avec une ardeur renouvelée (2T, 1B ! 1PV !!!) et et fit tomber à la renverse son adversaire dont il venait de trancher une partie de la panse. Pour la première fois, de la peur se lisait dans le regard de l’ogre qui entrevoyait, sans doute pour la toute première fois de sa vie, la possibilité d’une défaite. Envoyant une véritable vague de sable sur son opposant d’un grand geste, il chargea la tête la première pour tenter d’écraser une fois pour toute cette larve humaine (3T, 1B, 1svg) mais le chevalier ne s’y laissa pas avoir et esquiva la plus grande partie de l’assaut, absorbant le reste du choc à l’aide de son bouclier. Quoiqu’un peu étourdi par cette nouvelle pirouette, il brandit une nouvelle fois l’épée et s’élança en direction du tyran qui lui montrait son dos (1T, 1B relancée, 1invu !). Ayant été sauvé par une magie tout aussi miraculeuse que celle de Théodrade, Grundark se retourna vivement et cogna avec férocité (1T), trop sans doute car la plupart de ses coups finirent dans le sable. Revenant à la charge, Théodrade tenta une nouvelle fois de viser le dos du monstre (1T+2T, 2B avec un double 6 donc ! 1 invu. 1PV !) et lui laissa une large estafilade entre les omoplates.

Le monde entier sembla retenir son souffle. Il n’y eut plus un bruit, plus un soupire pendant près de dix secondes. Enfin, le tyran s’affaissa et tomba, son menton s’enfonçant profondément dans la poussière.
Le tabard en ruine, le cimier en lambeau, le bouclier à demi fendu et l’armure tellement cabossée qu’il lui faudrait sans doute des heures pour l’enlever, Théodrade leva sa lame vers les cieux en signe de victoire avant de s’écraser à son tour dans les sables de l’arène. Il avait réussi un exploit digne d’être chanté.

« Voyez le gâchis qu’est cet homme ! sanglota le baron de Havras. Capable de marcher sur les pieds d’un tyran ogre et totalement inutile et incapable de suivre le moindre ordre à la bataille.
- Oh, vous savez, dans ces cas là, il suffit de suivre les préceptes de la réponse C, relativisa le baron de La Tour.
- La réponse C ? s'étonna dame Nantilde.
- Celle-là même ! répondit malicieusement Guilhem. Celle qui veut que l’on charge toujours tout droit comme un imbécile !
- C’est tchwou, ajouta le comte Dangorn qui venait d’arriver et avait manqué les combats.
- Quelle belle avancée si mes gens étaient capables de charger droit, se lamenta le baron Louie. »



Dangorn de Castagne (Dangorn de Castagne) contre Rorganson barbe d'Airain (Nicolas de Lorraine)

Le baron de Havras informa personnellement le comte de Castagne, qui venait à peine de prendre place dans la tribune, que l'heure était venue pour lui d'aller combattre.
Celui-ci fut bien chagriné d'apprendre qu'il ne combattrait pas l'insaisissable Silvère, mais nombreux furent ceux à être plus chagrinés encore d'apprendre que le bon seigneur Dangorn n'avait même pas pris la peine de suivre les résultats du tirage au sort.

Le temps de se mettre en armure et de retrouver ses armes, le comte Dangorn entra dans l'arène et trouva face à lui un nain qui avait commencé à s'assoupir, appuyé sur sa hache.
Ayant réveillé le brave Thane par une palanquée d'insultes très imagées, le comte attendit le signal et passa à l'action (2T, 2B, 2svg) mais ne put percer la solide cuirasse du petit barbu qui répondit par d'absurdes renvois.
Voyant son adversaire à portée, Rorganson frappa à son tour (2T) mais fut contré par un Dangorn légèrement plus réveillé que lui.

Enhardi par son premier succès en demi-teinte, Dangorn mit tout son cœur à l'ouvrage (Dangorn=rien)... ce qui ne signifiait manifestement pas grand chose le concernant (Laughing), ce à quoi le nain répondit (Rorganson=2T, 1B, 1svg relancée) presque aussi mollement.
Encore sous le choc du précédent combat, le public ne réagissait que peu mais déjà des voix s'élevaient pour critiquer la médiocrité de la prestation.

Dangorn tenta une nouvelle attaque (3T) bien vaine à laquelle Rorganson répondit (1T, 1B, 1béné) avec un peu plus de mordant quoiqu'il lui fut impossible d'atteindre son opposant pour une raison inexpliquée.
Le comte se sentit quelque peu frustré et... vomit à travers son heaume, émettant d'épouvantables râles, lui-même gêné par l'ignominie de cet acte.

« Ah non, mais c'est horrible ! lança le noble comte.
- Ça va aller, mon gars ? l'interrogea le nain compatissant.
- Ah mais ça pue ! continua Dangorn. Argh ! Y en a même là !
- Tu devrais peut-être retirer ton casque et le vider.
- Non... non, ça va aller, déclara Dangorn qui s'était repris. Reprenons !»


Sur ce, il repartit à l'attaque (Dangorn= 2T, 1B, 1svg), bientôt imité par le nain (Rorganson= rien).
Désireux de boucler rapidement son combat pour pouvoir ôter son heaume, le majestueux paladin attaqua encore et encore avec force rage (3T, 2B, 1svg, 1PV !), parvenant finalement à faire gicler le sang du barbu encorné.
Blessé mais ne s'en formalisant pas, Rorganson riposta (2T, 1B, 1svg) et enfonça un coin du heaume du chevalier qui se retrouva éclaboussé par sa propre vomissure.
Étonné par sa propre chance, Saint Dangorn (Laughing) retourna au contact (2T, 2B, 2svg) et se retrouva contré magistralement par le teigneux nabot qui répliqua sur-le-champ (3T, 2B, 1svg, 1béné... c'est à croire qu'il est protégé par la force ! Razz). Ne voulant laisser le moindre répit à son adversaire, le paladin renchérit (2T, 1B, 1PV !) et fit à nouveau jaillir le sang du Thane.
Commençant enfin à se sentir à l'aise dans ce combat après ce long échauffement, Rorganson leva sa hache et frappa le comte au niveau des tibias (2T, 2B, 1svg relancée, 1PV !).
Blessé à son tour, Dangorn entreprit de sauter à cloche-pied en tenant sa jambe meurtrie mais s'arrêta subitement, entendant les railleries de la foule.

« Sacs à merdre ! Sucez mon vit !» leur jeta très vulgairement le brave chevalier, manifestement vexé avant de s'élancer une fois encore (Dangorn= 2T) sur un adversaire qui n'attendait que lui (Rorganson= 1T, 1B, 1béné).
Dans le même élan, le comte frappa encore (3T) et son ennemi lui répondit de même (1T, 1B, 1svg relancée).
Ignorant les relents de vomi qui lui revenaient au visage à chaque mouvement, Dangorn continua ses assauts (3T, 2B, 1svg ! 1PV !) et parvint finalement à fracasser le casque du thane qui s'était battu bien trop mollement pour mériter de remporter ce combat...

Sous un tonnerre d'applaudissements, le chanceux Dangorn quitta l'arène en pestant, ne parvenant visiblement pas à ôter son couvre-chef.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Mar 23 Déc 2014 - 23:44

La Joute

Tour 2


Den-Ver (Le ménestrel enrhumé) contre La lance impétueuse (Baron de Havras)

Après les émotions du matin et la défaite inattendue du tyran Grundark, les joutes allaient pouvoir commencer.
Entrèrent en lice le saurus et son dinosaure face auxquels se présenta celui qui se faisait appeler la lance impétueuse, impeccablement coiffé et arborant toujours son masque à l’effigie du baron de Havras.
Au signal donné, ils s’élancèrent et se percutèrent au centre de la piste (Lance impétueuse=5T dont une annulée par le bouclier du saurien, 4B, 3svg, 1PV !/Den-Ver=3T, 1B, 1béné !). Des bouts d’écailles volèrent en éclats et la créature s’affaissa, poursuivant sa route le ventre à terre.

Relâchant sa lance de cavalerie, le chevalier fit volte face, effectuant un majestueux mouvement de tête pour se recoiffe, puis tira l’épée pour revenir au contact (3T, 2B, 2svg). Cette fois, la solide armure du gardien homme-lézard le protégea, lui donnant l’opportunité de riposter (3T, 3B, 2svg, 1PV !), broyant la cuisse du malheureux chevalier qui hurla comme un dément.

Rendu furieux par la douleur, ce dernier fit virevolter sa lame et visa la tête de l’odieux reptile (4T, 3B, 3svg,) arrachant la coiffe emplumée de la créature qui répliqua dans la seconde (2T+2T de prédation, 2B, 2svg ) et arracha cette fois d’un coup net la spalière gauche du chevalier.
Le champion de Havras se sentait en mauvaise posture, mais afficha néanmoins un éclatant sourire (qui en laissant plus d’un perplexe, beaucoup se demandant comme son masque lui permettait pareil tour) pour montrer qu’il ne redoutait pas la défaite. Levant son arme une nouvelle fois, il trancha ce qu’il put (Lance impétueuse= 2T, 1B, 1svg), ricochant sur des plaques d’une solidité remarquable.

L’écume aux lèvres, Den-ver profita de l’occasion pour attaquer à son tour (1T, 1B, 1svg) mais constata que le bouclier du chevalier était lui aussi très robuste. Avec élégance, la lance impétueuse frappa encore (3T, 3B, 3svg) mais ne put que laisser quelques marques sur des écailles épaisses. En réponse, Den-ver brandit encore sa lame d’or (2T+1T de prédation, 2B, 2svg) mais fut vivement repoussé.
La Lance impétueuse tenta une botte de sa spécialité (4T, 2B, 2svg) mais réalisa avec dépit que rien ne fonctionnerait face à pareille cuirasse, maintenant qu’il avait perdu l’avantage de la charge.
De son côté, Den-ver se posait bien moins de questions et assaillit encore une fois son adversaire (Den-ver=1T, 1B, 1svg - Predator=1T… sa première du combat) qui résista avec brio.
Le chevalier de Havras frappa de nouveau (3T, 2B, 2svg) mais, comme il s’y attendait, son épée ne perça pas la carapace de son opposant.

Le gardien d’Itzipokituaclotzalquayatek envoya une nouvelle bordée de coups furieux (2T, 2B, 2svg) mais fut contré non sans talent par la lance impétueuse qui attaqua dans la foulée (Lance impétueuse=4T, 1B, 1svg) pour ne faire qu’ébrécher le fil de son épée. Déjà Den-ver repartait à l’assaut (3T, 2B, 2svg) pour se faire parer encore et encore par le tumultueux chevalier qui sentait petit à petit la fatigue le gagner.

Ne désirant pas se faire humilier devant un public qui scrutait avec attention ses moindres gestes, le chevalier repartit à la charge (3T, 3B, 3svg) mais n’arriva encore pas à forcer les défenses de l’odieux saurien. Ce dernier, émettant des sons répugnants, lança une nouvelle série de coups (3T+2T de prédation, aucune blessure grâce à une magnifique série de 1 et de 2 ! Laughing ) mais ceux-ci furent trop faibles pour représenter le moindre danger pour un guerrier aguerri. Réjoui à l’idée que son adversaire fatiguait lui aussi, la Lance impétueuse tapa avec une ardeur redoublée (2T, 1B, 1svg relancée) mais n'obtint pas de résultat probant.

Reprenant du poil de la bête, Den-ver grogna férocement et entreprit de morde le bras du chevalier pour le tirer de sa selle (2T, 2B, 1svg, 1PV !). Emporté par le mouvement, la Lance impétueuse s’écrasa, un pied encore coincé dans l’étrier. Sonné mais dépité, il pesta avec beaucoup de vulgarité.

A la surprise fit place la curiosité et le baron ordonna qu’on lui amène ce curieux personnage qui avait concouru sous ses traits.



Faron de Perthuis (Arthas) contre Sire Renaud de la Coulommière (Calidus5)

Faron de Parthuis et le sire de la Coulommière, dont les combats avaient été l’exact opposé au premier tour, se firent face.
Bientôt, ils partirent à la charge et se percutèrent (Faron= 2T, 2B dont un coup fatal ! 1svg… coup fatal annulé par le manteau de Renaud/Renaud= 2T, 2 coups fatals Laughing, mort instantanée).
Pour son plus grand déplaisir, le coup de lance de Faron, pourtant parfait, fut contré par la cape enchantée du seigneur Renaud.
Une nouvelle fois, sire Renaud de la Coulommière avait su se montrer expéditif…



Evrard de la Combe (Gurhuntar) contre Hélinand de La Salle (Baron Guilhem de La Tour)

Alors que l’on évacuait sire Faron, Evrard de la Combe et Hélinand de La Salle prirent position.
Au signal, ils lancèrent leur course (Evrard=rien/Hélinand=1T, pas de blessure Evil or Very Mad ) et passèrent l’un à côté de l’autre sans s’atteindre, la lance d’Hélinand ayant frôlé l’écu d’Evrard qui, lui, abaissa sa lance trop tard.
Le mouvement avait suscité l’hilarité générale et la consternation du baron Guilhem.

Considérant cette première charge comme un tour d’échauffement, les deux chevaliers repartirent à l’attaque (Evrard= 1T, 1B, 1PV/Hélinand= 2T, 1B, 1svg) et se percutèrent avec violence. Cette fois, Evrard avait abaissé sa lance à temps et avait réussi à prendre l’avantage, déséquilibrant son adversaire qui mit plusieurs mettre à se remettre droit.
Dégainant leurs épées, ils revinrent au corps-à-corps (Evrard=rien/ Hélinand= 2T). Evrard fit tournoyer sa lame (2T) mais Hélinand avait vu ses attaques venir de loin. Celui-ci frappa alors en réponse (1T, 1B, 1 béné sur un 6 !) et l’on cru bien qu’il était parvenu à vaincre en tranchant les sangles de la selle du sire de la Combe qui resta pourtant bien solidement accroché à sa bride. Quelque peu déstabilisé mais toujours dans la course, Evrard tailla à nouveau (1T) pour être esquivé sans peine.

Sentant que le public commençait à bailler devant cette mêlée un peu molle, Hélinand décida de passer à la vitesse supérieure (1T), mais le résultat fut bien plus piteux qu’il ne l’aurait souhaité.
Evrard repoussa le sire de La salle de son bouclier et tenta de l’attaquer au flanc (2T, 2B, 2svg). Un peu chahuté, Hélinand répliqua avec véhémence (2T, 2B, 2svg), rendant à Evrard chacun de ses coups.
Le combat manquait encore de rythme, mais l’absence d’armures magiques laissa espérer aux spectateurs qu’il ne s’éternise pas trop.
Ayant trouvé, pensait-il, une faille dans la garde du chevalier de La Tour, Evrard frappa d’estoc (2T, 1B, 1svg) et Hélinand lui répondit sur le même ton (1T, 1B, 1PV !) parvenant, lui, à passer outre ses défenses.

Les deux guerriers étaient tous deux touchés et ne pourraient désormais plus tenir le rythme bien longtemps. Le bras lourd, Evrard abattit une nouvelle fois son arme (3T, 1B, 1svg) qui s’écrasa contre le bouclier du Gasconnien dans un bruit sourd. En réponse, Hélinand frappa en biais (1T) dans un mauvais angle qui fit se bloquer son arme entre les plaques de l’armure du noble Evrard de la Combe.

Ce dernier voulut profiter de la chose (2T, 2B, 2svg) mais ne connut pas de succès et Hélinand, ayant réussi à se dégager, attaqua presque aussitôt (2T, 1B, 1PV !), repoussant suffisamment violemment le seigneur de la Combe pour le faire choir. Son coup insidieux du début du combat avait finalement porté ses fruits…

Edit du Baron bis : Et le baron de La Tour poussa un grand soupir de soulagement et empocha toute la phynance.


Léogand de Fort Montier (Chevalier Rouergue) contre Heinrich Teufelsbrecher (Reynald de Châtillon)

« Ach ! Feux-tu afandzer, stupite léssard !» lança une voix aux abords de la lice. L'instant suivant, le noble elfe noir à l'accent douteux entra dans la surface de combat en traînant péniblement sa monture qui renâclait.
Léogand de Fort Montier, fier et vaillant chevalier de la Quête, s'installa à l'autre bout, tâtant le fil de son épée avec impatience.

Etant parvenu péniblement à se mettre en selle et à convaincre son animal de se mettre dans l'axe, Heinrich fit signe au héraut qu'il était prêt et celui-ci put enfin abaisser les drapeaux... (Heinrich=3T grâce à ma règle des 2+ quand on a la plus longue, sans quoi il ne passait rien Laughing, 3B, 3PV ! Rappelons qu'il charge avec une force de 9 grâce à une potion de force Wink/Léogand= 1T, pas de blessure Sad)

Le coup fut terrible et tous les chevaliers du public eurent mal pour Léogand qui fut littéralement hameçonné par la longue lance elfique de son adversaire et y resta accrocha jusqu'à ce que la potion de force de l'elfe ait fini de faire effet, le poussant et rabaisser son arme.



Cédric le Normand (Kaops) contre Nicolas de Lorraine (Nicolas de Lorraine)

Les deux chevaliers partirent au galop et celui qui se faisait appeler Cédric le Normand avec son air toujours aussi martial abaissa sa lance tendit que son adversaire moulinait dans l’air en attendant d’être à portée. Le choc eut lieu bientôt (Cédric= 5T, 4B, 1svg ]et aucune relance réussie, 2 béné en double 6 !!!- Messieurs, nous tenons un chatteux de l’enfer Laughing-, 1PV !/Nicolas= rien).

Arrivé de l’autre côté de la lice, le massif chevalier ouvrit la main et laissa choir sa lance au sol puis tira l’une de ses haches de sa ceinture avant de repartir en arrière pour revenir au contact (Cédric= 3T, 3B, 2svg+1svg). Sérieusement pressé par son adversaire douteux, sire de Lorraine frappa à son tour (Nicolas=rien) mais fut contré sans peine attaque après attaque.
Manifestement, son adversaire savait combattre  et repartit à l’assaut immédiatement (4T, 1B, 1svg) pour voir ses coups ricocher sur l’armure magique de son adversaire. Se sentant bien protégé, ce dernier contre-attaque en toute confiance (1T, 1B, 1PV !).
Cette fois, Cédric avait été atteint et goûtait peu la plaisanterie. Furieux, il frappa de toute la force de sa rage (4T, 3B, 3svg) mais eut l’étrange sentiment de s’échiner contre une tortue de métal.

Sérieusement pressé par un adversaire à l’habileté supérieure, Nicolas tenta de se redresser sur sa selle et frappa à son tour (1T), sans grand résultat, laissant le champ libre au Normand pour revenir à la charge (Cédric=2T, 2B, 1svg+1svg) sans toutefois parvenir à percer la solide armure de sire Nicolas.
Ayant compris qu’il lui fallait subir les assauts de son adversaire et laisser passer l’orage en s’abritant derrière son bouclier enchanté pour n’agir qu’en contre-attaque, Nicolas de Lorraine continua d’employer cette méthode en espérant gagner à l’usure (Nicolas= rien). Néanmoins le fossé qui séparait les deux hommes était profond et si d’un côté, l’un des deux possédait la plus solide armure, l’autre était pour sa part bien trop talentueux pour se laisser atteindre par de si molles attaques.

Frappant comme un forcené, Cédric tenta une nouvelle fois sa chance (3T, 1B, 1svg relancée) mais ne parvint qu’à réduire sa propre arme en miettes, le forçant à attraper d’urgence une autre de ses précieuses hache alors que Nicolas de Lorraine contre-attaquait de nouveau (1T, 1B, 1PV !).
Le grand chevalier au heaume ailé avait perdu une demi-seconde de trop en tirant sa nouvelle arme et son adversaire ne s’était pas fait prier pour en tirer parti.

Cette fois-ci, la persévérance avait vaincu le talent et Cédric le Normand fut désarçonné par une faible estocade dont il avait négligé la dangerosité.


Attention: réclamation !


Faron de Perthuis (Arthas) contre le vrai Sire Renaud de la Coulommière (Calidus5)

Un homme arriva en catastrophe devant le pavillon du héraut Thomas et demanda à être entendu d'urgence alors même que le sable de la lice était encore chaud du dernier combat.
Il affirma être Renaud de la Coulommière et déclara qu'un autre venait de combattre à sa place (désolé pour ça Laughing) ! La chose fut facilement vérifiée et l'usurpateur fut amené pour s'expliquer céans. Son nom était Milon de Vabre, celui-là même que Penthésilée de Gransette avait enfermé par deux fois pour combattre à sa place. S'estimant floué, ce vicieux chevalier avait mis au point ce stratagème d'usurpation d'identité pour pouvoir tout de même combattre et empocher, espérait-il, la récompense en lieu et place de sir Renaud... hélas, il n'avait pas suffisamment bien serré les liens de ce dernier qui était parvenu à retrouver sa liberté.

Il fut décidé de livrer à nouveau le combat, chose que regretta finalement Renaud en apprenant que l'autre avait gagné à sa place... mais il était trop tard pour revenir en arrière.
On emporta Milon au cachot et l'on alla rechercher Faron de Perthuis qui était alors en train de se faire tancer par son baron.

Après quelques minutes, les deux furent en armure et prêts à combattre.
Lorsque le signal fut donné, ils se ruèrent l'un sur l'autre (Faron= 1T, pas de B/Renaud= 3T, 3B, 1T, 1B, 1 béné ! 3PV !).
Manifestement en bien meilleure disposition psychologique que le malheureux Faron, Renaud de la Coulommière le désarçonna promptement, provoquant l'ire du baron de Corgenon qui vit son champion tomber pour la deuxième fois.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Ven 26 Déc 2014 - 23:11

Intermède 3



Fulbert était une fois de plus dans une situation délicate. Il avait courtisé et séduit la jeune fille d'un des seigneurs locaux et avait réussi de passer la nuit avec elle, ce qui lui convenait mieux que la paille des écuries attribuées aux participants, surtout que plusieurs d'entre eux ronflaient bruyamment (les participants, pas leurs montures Laughing).

Tout serait dans le meilleur des mondes si le père en question n'avait pas surgi au cours de la nuit et menacé Fulbert d'atroces mutilations. celui-ci avait eu beau jeu de déclarer qu'il s’était trompé de chambre, le bougre eut tôt fait d'appeler la garde. Le jeune chevalier eut donc à peine le temps d’assommer le brave homme et de filer se réfugier dans une chambre mitoyenne avant le passage de la garde. ce qui le fit tombé sur une autre dame qui semblait enchantée par sa présence. Fulbert lui fit donc la cours le temps que la garde s'éloigne, mais tandis qu'il s’éclipsait de la chambre, le maris de la Dame en question, quoi que fortement éméché, le surpris et voulu l'intercepter. Le jeune galopin pris donc le fuite tandis que son poursuivant s'écroulait dans un grand bruit qui réveilla toute l'aile du château.

Ainsi, Fulbert jouait en ce moment une partie de cache cache haletante, poursuivit par ds pères et des maris qui se disputait la manière la plus appropriée de traiter le cas du jeune bellâtre. Parmi eux se trouvait par exemple un sorcier impérial furieux d'avoir vu sa disciple batifolait avec lui. Une autre était une gouvernante accablée d'avoir vu les jeunes femmes sous sa protection se laisser séduire par lui, lorsque la jeune sorcière l'avait par mégarde téléporter dans leur chambre.

Voilà donc où en était Fulbert, qui après avoir échappé plusieurs fois à ses poursuivants, s'était réfugié dans les bas étages du château, là où il semblait ne pas être recherché. Il se demandait comment il pourrait sortir du château lorsqu'il entendit des rires et des chants provenant d'un escalier. se dissimulant dans les ombres, il attendit que la sources de ces bruits se découvrent. C'est ainsi qu'apparurent les chevaliers Eustache de Montcorbier et  Hélinand de La Salle, accompagnés d'un comte Dangorn dissertant sur la haute menace que représentait l'ordre des gastéropodes dont la participation aux plus grandissimes complot de l'Histoire n'était plus à démontrer.

-Comte Gandorn, euh Comte Nangord, euh Comte, faîtes moins de bruit z'il vous plait, bafouilla Eustache, zi le Baron de Zavras nous zentend, nous zommes perdu.
-Z'est pas faux, approuva son comparse, maintenant, zessayons de retrouver ze fichu passaze zecret.
- Tant qu'il n'y a pas de zercagots za me va, fit le Comte.

Fulbert se remit rapidement de sa surprise. Il venait de faire une excellente découverte. D'une part, ces trois compères le mènerait vers son échappatoire. De l'autre, la preuve lui était faite que la Sainte Cave n'était point un mythe, et qu'il lui suffirait de guetter et suivre ce trio la nuit prochaine pour pouvoir y gouter. Savourant par avance, il emboita le pas sur ses guides, en prenant garde de ne pas se faire remarquer par eux, ce qui n'était difficile eut égard à leur état d’ébriété.


*******

Dans l’une des sombres salles de son armurerie, le baron de Havras se tenait debout devant une grande table sur laquelle étaient étendus boulons, rouages et pièces d’armure ayant appartenu à celui qui s’était fait connaître sous le nom de chevalier-bouffon du Foroume.

A ses côtés se trouvaient quelques-uns de ses plus vaillants et fidèles vassaux, son héraut d’armes et son maître érudit, le recteur Bernard. Mais tous avaient l’air aussi circonspect que lui.

« Hum, fit le baron. Ainsi, vous dites que ce chevalier était une tomate, hein…
- Un automate, messire, corrigea Thomas. N’est-ce pas cela, sieur Bernard ?
- Mon premier indice… entreprit de répondre le vieil homme essoufflé.
- Oui oui, bien, voilà, pas le temps pour les énigmes ! l’interrompit sèchement son seigneur.
- Monseigneur, il serait sans doute sage de demander aux participants d’entrer dans la lice tête nue, au prochain tournoi, fit remarquer Evrard de Vergobret. Cela pourrait nous éviter bien des problèmes d’usurpations et de chevaliers-tomates.
- Autom… tenta d’intervenir Thomas le héraut, que personne n’écoutait.
- Bon, ces histoires m’ont donné grand faim ! décréta le baron. Retournons donc au banquet !
- Messire, l’interrompit sire Hagen de Mérac. Vous devez encore vous rendre aux geôles pour traiter des autres affaires.
- Quoi, maintenant ? s’étouffa le baron. Cela va-t-il être long ?
- Le plus vite ces affaires seront traitées, expliqua le sénéchal Hagen, le mieux nous nous porterons : ordre de madame la baronne.
- Elle a dit ça ? gémit le baron.
- Je le crains, messire… il vous sera bien difficile d’y couper. Eh puis, avec tous les événements inattendus qui accompagnent ce tournoi, il pourrait être malin de vider nos cachots avant les finales.
- Moui, c’est une idée, maugréa le baron en prenant la direction de ses geôles.»



*******

Silvère se réveilla à l'infirmerie du temple de Shallya. Son corps était douloureusement meurtri par les coups que lui avait porté son adversaire.
Il se redressa et observa les alentours. Les prêtresses semblaient accaparées à des blessés plus graves et personne ne prêtait attention à lui. Avisant son équipement sur une chaise, Silvère rassembla ses idées. Il était certes endolori par son récent duel, mais pas au point de ne pouvoir se mouvoir. Maintenant qu'il était éliminé du tournoi, plus rien ne le retenait au château du Baron de Havras, surtout pas la perspective d'avoir une discussion embarrassante avec son lointain cousin Dangorn.
Plus urgent encore, il devait sans tarder retrouver la trace de cette mystérieuse créature qui avait hurler au moment où le mystérieux chevalier d'Edisant s'était évaporé. Il avait cru y reconnaitre l’œuvre d'une créature de la non vie et espérait qu'en la retrouvant en savoir plus sur le vil vampire qu'il recherchait.
Il se leva donc, grimaçant sur l'effet encore douloureux de ses blessures et s'équipa.

"Je vais aller quérir des nouvelles dans les tavernes alentours, se dit-il. Les gens y sont toujours très causant, et ça me fera passer ces fichus douleurs par la même occasion !"
Ainsi s'esquiva-t-il discrètement, après s'être assuré que la voie était libre.


*******

- « Hé bien couine je t’écoute ! » vociféra Vorax le mielleux, grand prophète gris et commandant en chef du clan Variole, à Skaramanga, son maître espion formé à toutes les techniques de guerre du Clan Eshin.
- « Des nouvelles du tournoi des choses hommes ô Rat parmi les rats.
- J’espère que tu viens m’apprendre la mort d’Anthrax ! »


Skaramanga déglutit et se sentit particulièrement mal à l’aise. Sa réponse fut loin d’être instantanée.

- « Non votre vermineuse majesté. Il s’est habilement joué de ses deux premiers adversaires et a pu survivre notamment grâce à l’utilisation massive de Skataplasmes.
- Qui les lui a fournis ?
- Cholérax le péteux, maître des chefs de meute du clan, ô gloire du rat cornu.
- Incapables ! Tous des incapables !
- Je ssssaiss maître…Voulez vous que je m’en occupe votre toute puissance ?
- Imbécile ! Un meurtre semblera bien trop suspect et je serai immédiatement mis en cause ! Personne ne doit remonter jusqu’à moi ! »


Vorax dissimulait mal sa nervosité. Si Anthrax survivait, ou pire, s’il venait à remporter le tournoi, il reviendrait auréolé de gloire et de prestige. Il n’aurait aucun mal à exploiter ces hauts-faits pour en renforcer sa position au sommet du clan, voire évincer Vorax. Tel n’était évidemment pas le but de la manœuvre initiale.

- « Ssssi je puis me permettre, ô prophète de la ruine au pelage immaculé, nous pourrions ne pas être la main qui tient la lame mais seulement la voix qui ordonne…J’ai entendu dire que de personnages peu recommandables et enclins au meurtre fréquentaient ce tournoi. Il ssssuffirait de quelques menaces, financements ou ssssoudoiements pour détruire cet importun d’Anthrax ! Je récolterai sur place et en même temps des preuves irréfutables de la culpabilité de cet exécutant et le ferai immédiatement disparaître une fois son méfait accompli. De cette manière, en aucune façon votre splendeur ne sera ssssuspectée…»
- J’y avais évidemment pensé essspèce de rat d’égout lubrique !
- Nul doute, nul doute votre grandeur…Je pars sur le champ mais avant je voulais…
- Autre chose ?
- Oui votre prestige ! Il se raconte qu’un formidable trésor a été enterré sous le château des choses-hommes de ce tournoi…
- Convoque Tesrax, technomage principal du clan, et son équipe d’excavateurs. Ordonne-leur de se présenter à moi sssséance tenante. Puis pars dans la foulée au tournoi des choses hommes pour…tu sais quoi !
- J’accomplirai votre œuvre votre munificence !


Vorax n’était que partiellement satisfait. Anthrax demeurait une menace bien réelle et le plan de Skaramanga comportait une faille majeure. Il mettait en effet Vorax à la portée de révélations bien embarrassantes au cas où le maître espion se décidait à parler ou tournait casaque. Plus que jamais son potentat était menacé. Vorax le savait et le redoutait. Assis sur son trône, l’esprit de Vorax s’emballait nerveusement cherchant une solution simple à tous ces problèmes. Puis, dans un geste brusque et soudain, Vorax sauta de son auguste siège et se précipita vers sa bibliothèque personnelle. D’un geste sûr et précis il tira la couverture d’un ouvrage dans la rangée de livres qui se présentait à lui. Au même moment, le sol et les murs se mirent à trembler.

Un assassin skaven du clan Eshin, recouvert de pied en cap de vêtements sombres, venait d’apparaître comme par enchantement. Nul ne connaissait son existence au sein du clan Variole. Hormis Vorax bien sûr dont il était le garde du corps, l’assassin personnel et l’homme des basses œuvres…

- « Ninrax ! Un : tu vas arranger un « accident » grave en la personne de Cholérax, pour lui apprendre à faire de ses skataplasmes un commerce abusif. Deux : après le trépas d’Anthrax et sur le chemin du retour de Skaramanga, et pas avant, mets fin aux agissements de ce dernier. Tu prendras soin de récupérer tous les objets et preuves qu’il détiendrait.
- Bien mon maître, il sera fait selon vos désirs. »


Bien sûr Vorax aurait pu directement ordonner à Ninrax de tuer ou faire tuer Anthrax mais cela aurait été moins tordu, donc moins drôle et surtout tellement peu conforme à l'éthique skaven...

Pendant ce temps là au tournoi des choses hommes de Havras, Anthrax jubilait. Bien sûr il était loin d’être tiré d’affaire mais ses deux dernières victoires lui avaient redonné confiance et le skataplasme ne manquait pas. Aussi en cette belle journée ensoleillée avait-il décidé de se rendre aux épreuves de joute en tant que simple spectateur. On entendait au loin la clameur du public qui s’impatientait.

Clameur de la foule pour les épreuves de joute

Au détour d’une tente et alors qu’il progressait dans la pénombre sous la tribune des épreuves à pied Anthrax s’arrêta net. Il venait de ressentir une menace. Son pelage se hérissa, sa queue s’agita frénétiquement et ses yeux cherchèrent nerveusement d’où le danger pouvait venir.


*******

Hjalmar étais quelque peu déçu par son dernier combat. Le premier tour lui avait pourtant offert un excellent adversaire qui s’était vaillamment défendu… L’assassin avait utilisé la même technique qu’il y a deux jours contre le bretonnien, il était donc facile de répliquer en conséquence. Mais son « envol » après sa contre-attaque était inattendu... Peut-être que le troisième tour l’opposera à quelqu’un qui sera enfin capable de le vaincre.


En se reposant à son campement, il repensa aux combats de la journée. C’était devenu un petit rituel qu’il trouvait amusant.
Après la victoire de  Théodrade sur l’ogre, un sérieux concurrent avait été sorti du tournoi. Le chevalier était subitement remonté dans son estime par la même occasion. Les autres concurrents avaient l’air plutôt intéressant, même si la présence du skaven continuait de l’horripiler…  Ces créatures ne pensaient qu’à fuir à la première occasion, une conduite indigne d’un combattant.
D’ailleurs, alors qu’il se préparait avant de rentrer dans l’arène, il avait vivement félicité l’adversaire du rat pour ses combats fort bien menés. Cette femme méritait bien quelques compliments étant donné qu’elle avait fait mieux que la plupart des soi-disant combattants qu’il avait rencontrés. Sa seule réponse avait été un regard qui mélangeait incompréhension et reconnaissance.


Le nordique pensa alors à l’épreuve de qualification pour les demi-finales. Personne ne savait réellement de quoi il en retournait, mais cette épreuve improvisée ferait surement un bon entrainement…


En parlant d’entrainement, le chevalier bretonnien lui avait formellement interdit de continuer ses entrainements journaliers avec les locaux, à son grand désarroi. Les « vignerons » attendront un autre jour… Pour se changer les idées, il se décida à partir pour la taverne tandis que la nuit commençait à tomber.


Alors qu’il empruntait une ruelle, deux personnes apparurent devant lui. La première était encapuchonnée et ressemblait étrangement à son adversaire de la journée, la deuxième avait un long manteau gris impérial et semblait bien armée…

« Vous allez mourir ce soir pour vos actes !  lancèrent en chœur les deux personnes. Mais que…?! »

Les deux se regardèrent longuement, les yeux grands ouverts, incrédules. L’impérial parla en premier :

« Qui êtes-vous ? Et que faites-vous ici ?? Vous interrompez la mission d’un inquisiteur de l’empire ! déclara-t-il.
-Et vous interrompez mon assassinat ! répondit l’autre, qui à sa façon de parler devait être un elfe noir. Je viens venger la défaite de mon confrère dans l’arène contre ce fou furieux ! »


Pendant que ses deux agresseurs se chamaillaient en s’insultant copieusement dans leurs langages respectifs, Hjalmar s’impatientait…

« Dites, si vous êtes venu pour m’affronter, il serait temps de s’y mettre non ? lança-t-il. »

Cette fois, c’est le nordique que les deux attaquants regardèrent avec de grands yeux, tout en se rappelant pourquoi ils étaient là. Le répurgateur fut le plus rapide à reprendre ses esprits et sortit un pistolet qu’il déchargea sur le front du druchii qui s’écroula sans même pouvoir émettre un râle. Il en sortit un deuxième qu’il pointa sur Hjalmar et tira un projectile qui heurta le nordique à la tête.

« Meurs hérétique ! hurla-t-il. Et que Sigmar pardonne tout… »

L’inquisiteur stoppa net son discours quand il remarqua que c’était une gerbe d’étincelles bleutées qui avaient suivi sa balle et non une gerbe de sang…

« Bon… grogna Hjalmar en relevant sa tête. Là tu commences à m’énerver sérieusement ! »

Un filet de sang coulait de son front et ses yeux étaient emplis d’une rage indicible. Son arme s’embrasa de plus belle tandis qu’il s’élançait. L’homme du nord cria dans sa langue natale un cri de guerre terrifiant, glaçant le sang du pauvre répurgateur. Tétanisé, il ne put esquiver la lame et prit la hallebarde de plein fouet en dessous des côtes. Elle traversa sans mal la mince protection en cuir du fanatique qui fut coupé en deux sur la largeur.

Les deux morceaux de chair en flammes qui restaient de l’inquisiteur partirent s’écraser sur le mur proche. Mais alors que Hjalmar se relevait, il entendit plusieurs cliquetis d’armes à feu que l’on enclenchaient autour de lui. Il y avait trois… Non, quatre autres inquisiteurs autour de lui.

« Si vous voulez remplacer votre ami, ce sera avec grand plaisir que je continuerai ce combat! ricana le nordique en toisant les assassins. Allez, ça commençait à devenir intéressant ! »

Mais ses agresseurs avait apparemment comprit à quoi ils avaient affaire, et disparurent aussi rapidement qu’ils étaient venu, peut-être pour chercher des renforts.


Pour une fois, Hjalmar était bien content qu’ils soient partis. Avec leurs armes à distance, il n’aurait peut-être pas duré longtemps… Il se disait que ce tournoi attirait bien plus de gens qu’il ne devrait. Peut-être étaient-ils liés à cet archidiacre qui avait combattu au premier tour ?
Bah, ce genre de question ne changerait pas la situation. Après tout ils n’avaient plus l’élément de surprise. S’ils reviennent, le vétéran norse serait prêt à les recevoir… Et il reprit son chemin vers la taverne en essuyant sa hallebarde.

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Dernière édition par Baron de Havras le Lun 29 Déc 2014 - 18:29, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Ven 26 Déc 2014 - 23:14

Jean Coteaz des Entommeurs se leva, il était tard comme l'autre fois où il eu la visite du répurgateur, mais on avait changé de jour.
Il n'avait pas dormi toute la journée, on l'avait réveillé en fin de matinée lorsque la clinique reçu les nouveaux blessés du combat à pied. A ce moment il avait reçu la visite d'un sorcier à nom d'oiseau qui s'était déplacé pour le tournoi afin de tester ses remèdes expérimentaux, un tournoi était une aubaine pour un soigneur cherchant des cobayes pour tester ses potions. Jean se rappela que ses tisanes médicinales étaient affreuses, il eu la nausée et monopolisa toute l'après midi les latrines de l'infirmerie...

En se réveillant, il eut un soudain mal de crâne, il voulut maudire le sorcier à haute voix quand il aperçut avec joie que sa blessure ne lui faisait plus souffrir, en fait elle était complètement guérie. Le prêtre guerrier attribua ce miracle à son dieu titulaire plutôt qu'à ce mage qu'il jugeait être un charlatan, il adressa une prière à Sigmar avant de remarquer que son ventre criait famine. Il voulut appeler une aide de soin pour recevoir un quelconque repas, mais à cette heure ci, personne ne s’occupait des blessés. Il se leva donc et enfila son armure qu'on avait pu finalement le lui enlever avec son aide avant de prendre les affreuses potions. Il se rassura en voyant que sa bourse était toujours accrochée à sa ceinture et se décida à sortir de ce lieu peu accueillant pour trouver une taverne où il pourra encore manger à cette heure ci.

Dans les rues de la ville, il vit un groupe de personnes, torche à la main, nettoyer une rue de détritus qui ressemblait à des membres mutilés d'un pauvre homme. Il s'approcha et découvrit que ces restes  de corps humains n'était autre que ceux d'un répurgateur coupé en deux dans le sens de la largeur.
« Ce n'est pas un skaven qui a pu faire un tel exploit, contre qui s'est t-il mesuré ce pauvre imbécile » songea Jean. Il murmura une rapide prière à Morr avant de suivre les traces de sang dans les rues qui le mena à une taverne encore ouverte.

A l’intérieur, le grand nordique du tournoi était assit à une table, il était entrain d'examiner son arme, mi-hache, mi-lance un verre à la main. Quand il vu le prêtre guerrier arriver dans l'établissement il lui fit un geste lui demandant de se rapprocher. Jean s'approcha du barbare les yeux plein de méfiance. Hjalmar commença la discussion :

-J'espère que vous n'avez pas l'intention de m’exécuter dans mon dos comme vos imprudents amis.
-Nullement, de plus ce ne sont pas mes partenaires, ils m'ont suivit à Havras sans que je le veuille. Je leur avais aussi dit ne pas exécuter les gens sans mon autorisation.
-Vous avez l'air fort et pas du genre à agresser les gens de manière lâche. Je n'ai eu que des combats ennuyant aujourd'hui, je serais extrêmement ravi de vous affronter, là, maintenant !
-Je n'ai pas très envie de me battre, je suis venu ici pour reprendre des forces.
-Tavernier ! De la viande pour mon futur adversaire !


Le tavernier s'empressa de préparer un repas à la demande du terrifiant combattant qui lui avait déjà lancé un défi la veille qu'il a évidement refusé en échange d'un tonneau de bière gratuit...
Quand il reçu son repas, Coteaz assis à une table, en face du nordique expliqua entre deux bouffés :

-Je n'ai aucune raison de vous affronter, à moins de voir en vous un quelconque signe de fanatisme envers les dieux sombres, je vous aperçois comme une personne relativement ouvert bien qu'ayant une certaine passion au combat qui ne peut être que être qu’honorable, j'ai aussi un ami ulricain qui...

Le nordique ne voulait pas entendre le sermon du prêtre, il voulait juste l'affronter. Rien de mieux qu'un défi entre homme pour faire connaissance, les débats à dormir debout sont bien ennuyeux...
Pour prouver au prêtre son implication auprès des dieux du chaos que ce dernier devait tant haïr dans le but de le forcer à relever son défi il poussa un cri à glacer le sang où la seule expression audible était

« Du sang pour le dieu du sang! »
A ce moment, l'archidiacre lâcha de ses mains sa côte de bœuf et se leva, le nordique sourit.

-Par Sigmar, je vais régler ton compte si tu le demandes tant !
-Je n'attendais pas moins de vous, répondit le nordique en empoignant sa grande arme.

Le tavernier s'affola :
-Halte ! Ne vous battez pas dans mon trou, bougez de là et affrontez vous austre part !

Tout en se dirigeant vers la sortie, Hjalmar dit :
-Il y a une place devant la taverne, on y aura bien plus de place pour nous battre là bas !

Jean prit son lourd marteau et suivit son ennemi. Arrivé sur la place, le nordique fit plusieurs pas et se retourna vers le prêtre et lui lança :
-Chargez le premier monsieur le sigmarique !


(Kaops m'a demandé de faire un duel entre nos deux guerriers en direct sur skype, j'y ai noté les résultats, je me suis dit que se serait un bon entraînement pour moi si je voulais relancer un tournoi sur le forum « Le Conseil Impérial ». Ce texte narratif n'avait que pour but de raconter le duel entre nos deux personnages)


Le combat:

Jean Coteaz se jeta sur son adversaire en hurlant le nom de Sigmar, mais Hjalmar était préparé à un tel assaut et frappa son adversaire en premier grâce à l’allonge de son arme qui s’enflamma à ce moment (Hjalmar = 2T, 2B, 1svg, 1invu). La puissance du coup fit reculé l'archidiacre qui relança son assaut en redoublant de fureur (0T, la haine lui fait relancer les jets au premier round , 1T  Rolling Eyes ) mais sa rage ne l'aida pas à maîtriser ses coups avec précision et le nordique para ses attaques de marteau avec facilité. Il répliqua avec un coup précis mais qui se heurta à l'armure météorique de l'impérial (2T, 1B, 1svg).

Jean se concentra et fit abattre son marteau avec plus de contrôle qu'avant, il porta deux sérieux coups sur son adversaire, mais une protection surnaturelle lui fit ignorer la blessure (2T, 2B, 2invu), le prêtre guerrier était maintenant convaincu que les puissances du chaos protégeaient le nordique.
Hjalmar était un peu surpris de cette attaque et déstabilisé frappa avec un peu moins de puissance, le  coup frôla l'armure de son adversaire (Hjalmar = 1T, 1B, 1svg). Jean se rendit compte qu'il ne pouvait pas combattre une telle sorcellerie seul, il implora l'aide de Sigmar en lui adressant une prière (Jean Coteaz = Rien). Le guerrier du chaos profita du moment d’inattention du prêtre pour porter sur lui une redoutable attaque (3T, 2B, 1svg, 1PV !). L'archidiacre fut rempli de haine envers celui qui l'a dérangé dans sa prière, son marteau devint incandescent et il senti la présence du dieu guerrier avec lui. Il frappa frénétiquement son ennemi, la protection surnaturelle du nordique semblait être diminué (2T, 2B, 1invu, 1PV!  Shocked  ).

Hjalmar senti que les dieux participaient aux aussi au combat, cette idée lui donna une force supplémentaire. Sa réplique fut violente, mais pas assez pour percer l'armure du prêtre et sa protection divine (4T, 2B, 1svg, 1invu).

Jean senti ses forces diminuer, il avait tout donné dans le précédent coup, il tournoya son marteau dans l'air, sans atteindre Hjalmar (Jean = Rien). Ce dernier voulu donner une claque à son adversaire pour le motiver, son hallebarde mit à mal l'imposante armure du prêtre, mais cela ne fit que produire de grands bruits de métaux s'entrechoquant (2T, 2B, 2svg).

Sachant que s'il ne faisait rien il pouvait y rester, l'archidiacre répliqua d'un coup de marteau vertical allant se fracasser sur le casque du nordique, mais le coup fut repoussé par une force invisible (Jean = 1T, 1B, 1invu).
Pour remercier les dieux de cette protection, Hjalmar poussa un terrifiant cri de guerre, et se jeta sur Jean avec une extrême férocité, ses coups étaient imparables tellement ils étaient effectués avec habilité et puissance, l'armure du prêtre se fendit en deux et le sang coula. Jean Coteaz tomba. Le nordique croyait avoir gagné. Au moment ou il dernier allait achever son adversaire, un bouclier de lumière s'interposa entre l’imposante hallebarde et le prêtre, lui sauvant ainsi la vie (Hjalmar= 4T, 4B, 1svg, 2invu, 1PV!!!  affraid ).
Jean se releva et recula de quelques pas pour retrouver l'équilibre, il remercia Sigmar de l'avoir sauvé, et lança désespérément son marteau vers l'avant dans l'espoir que le dieu guerrier guide son arme vers les points faibles de l'ennemi, sans aucun résultat (Jean = Rien).

Hjalmar était frustré de n'avoir pas pu achever son ennemi dans les règles, que voulaient les dieux dans ce combat ? Il ne se posa plus de question et donna le meilleur de lui même car il était évident que les dieux n'attendaient que ça. Mais son adversaire reçu encore la protection divine. (Hjalmar= 3T, 2B, 1svg, 1invu!).

Soudain les yeux de Jean s'enflammait, comme la dernière fois ou il massacra des fanatiques à lui tout seul et eu le titre « des Entommeures ». Dans son esprit, des chants d’appelle à la guerre du temple de Sigmar retentirent, il les chantait mécaniquement et son corps bougeait inhabituellement, son pas était lourd et le sol tremblait, malgré ça son déplacement semblait plus rapide que d'habitude. Il s'élança sur le nordique qui tenta d'esquiver l'attaque, mais les coups de marteaux étaient précis et étaient portées avec une puissance inouïe ! La protection surnaturelle du nordique avait étrangement disparue, ce dernier fut repoussé sur plusieurs mètres par la puissance du coup et son massif corps s’effondra sur les pavés de la place (Jean Coteaz des Emtommeurs= 2T, 2B, 2PV !!  affraid  affraid  double 2 sur l'invu du nordique qui je vous le rappelle est de 3+ avec les 1 relançables ! Un coup parfait que s'il aurait été porté au début du combat l'aurait achevé en moins de 2!!! cyclops  ).

Le combat était terminé, l'archidiacre tenait à peine debout, il était à bout de souffle et se tenait à une poutre d'une maison. Il voulait s'approcher du corps inanimé de son adversaire pour savoir si ce dernier était encore en vie. Mais à ce moment des hommes en manteau sombre sortirent des ruelles.
Un s’approcha du prêtre et lui dit :
-Bien joué frère Johann, vous avez réussi là où nous avons échoué. Ne vous fatiguez pas à achever cet hérétique, nous nous en chargeront.

A ce moment, un répurgateur s'approcha du nordique et braqua son pistolet sur sa tête. Au moment où il voulu tirer, le prêtre guerrier cria :

-Ne m'appelez plus Johann !!!
Il trouva assez de force pour expédier son lourd marteau sur le nez du répurgateur. Ce dernier fut propulsé dans les air et sa tête était complètement écrasé comme un citron pressé. Il atterrit, mort, devant le corps du nordique sous les yeux médusés de celui qui voulait exécuter le guerrier du chaos.

A ce moment un répurgateur cria, « Fuyons, les hommes d'arme du baron arrive !».

-Plus un geste salauds ! Ou mes archers vous donneront la mort !

Les répurgateurs prirent la fuite au pas de course sous une pluie de flèches mal tirées à cause des vêtements sombres des cibles se confondant avec l’obscurité du lieu.

Il ne restait sur la place que le chérif, ses hommes d'arme, Jean Coteaz essoufflé et Hjalmar Oksilden qui à l’étonnement de tous semblait ronfler...

Le shérif reconnu le participant du tournoi à terre, il avait déjà eu affaire à lui, bon nombre de citoyens se plaignait qu'un barbare défiait n'importe qui en ville.

Le représentant de l'ordre se tourna vers Coteaz.

-C'est vous le responsable de cette bagarre ? En plus de cela vous agressez un hôte important des festivités de nostre ville, le baron sera furieux s'il apprenait que les participants de son concours se faisaient assassiner dans la nuit. Au nom des Havras et de la couille gauche, je vous arrête !

L'archidiacre savait qu'il ne pouvait pas tenir tête à la garnison de la ville, il était bien parti pour rester durant tout le tournoi dans les terribles geôles du château. Mais sa première inquiétude est tout autre, qui arrêtera les agissements irresponsables de ces inquisiteurs ? Il espérerait peu être que le baron l'entende et fasse de son mieux pour arrêter ces fous dangereux ou qu'il le libère avant que la situation n'empire.

Les gardes avaient emmené Coteaz, laissant le nordique seul sur la place. Après une bonne sieste de quelques heures, le nordique se réveilla. Il avait mal partout et surtout au crâne mais il était content, il eu finalement une très belle journée, son dernier combat avec l'archidiacre était inoubliable. Il se leva et retourna à la taverne. Le tavernier qui avait prié pour le prêtre achève le grand nordique était tout pâle quand il vit ce dernier revenir dans son établissement.

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Baron de Havras
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Sam 27 Déc 2014 - 0:45

Le baron se trouvait devant une cellule dans laquelle étaient enfermés Milon de Vabre et Penthésilée de Gransette.

« Eh bien dites-moi, ricana le baron, voilà une fratrie qui a fait fort pour sa première participation… une double usurpation ! On ne voit pas cela tous les jours.
- Monseigneur, ils ne sont pas frère et sœur, corrigea Thomas le héraut. Elle est la sœur de sire Hubert de la Bath de Gransette.
- Et pourquoi n'est-il pas avec eux ? s'étonna le baron.
- Sire, il n'a rien fait...

- Fouetter des nobles serait de fort mauvais goût, pourtant certains ne méritent pas mieux, déclara Méliant, fils du baron, en regardant les deux prisonniers.
- Ma foi, nous pourrions les laisser à cette folle furieuse aux cheveux hérissés, proposa le baron. Mais je crains qu’elle n’exige, en échange, de récupérer son hydre.
- Messire, réagit Hagen, vous devriez vous montrer raisonnable en la matière et envisager de lui rendre son bien.
- C’est encore une idée de la baronne ? gémit le baron.
- Un simple conseil, précisa le sénéchal.
- Ah ! exulta le baron, ravi.
- Mais que faire de ceux-là ? demanda Méliant.
- Qu’on les chasse ! recommanda Evrard de Vergobret.
- Ce n’est pas une mauvaise idée… dit Hagen.
- Ce Milon est un méchant homme, déclara le baron, suscitant une réaction d’humeur chez l’intéressé, mais sa charmante sœur nous aura bien plus divertis que la plupart des autres concurrents. Son usurpation aura provoqué celle du sieur Milon, certes, mais je répugne à lui infliger la moindre punition. Que sieur Milon soit banni et interdit de tournoi par chez nous et que ses camarades soient invités à prendre la route avec lui sans plus de châtiment.
- Bien, messire ! s’inclina Hagen. Cela est juste.
- Ce n'est pas sa sœur, soupira Thomas.
- Bien, père, dit Méliant. Passons donc à la cellule d’à côté !
- Ah… dit le baron.

- Il s’agit de celui qui avait combattu sous vos traits en s’attribuant le nom de Lance Impétueuse, ajouta le jeune homme en allant se planter devant les barreaux de la petite cellule.
- Et pourquoi ne pas lui avoir ôté son masque ? grogna le baron en rejoignant son fils.
- Eh bien… messire… dit Evrard, un peu gêné. Il semblerait que ce soit là sa vraie figure.
- Plaît-il ? s’étrangla le noble baron. Quelle sorcellerie est-ce là ?
- Ce n'est pas une sorcellerie, intervint Hagen. Il s'agit de l'homme que vous aviez engagé pour être votre doublure lors des représentations officielles trop longues.
- Mais... il se bat comme un vrai chevalier ! éclata le baron.
- Je vous l'avais dit en arrivant à votre cour ! protesta la "Lance impétueuse". Je suis un chevalier ! Je suis sous le coup d'un enchantement très-maléfique, monseigneur. J'étais venu à votre cour pour requérir votre aide, mais vous ne m'avez pas écouté, me confiant le rôle de votre doublure avant que je ne comprenne ce qu'il m'arrivait. C'était il y a... trois ans.
- Eh ! Il y avait donc bien sorcellerie. Fort bien, vous avez toute mon attention, dit le baron blasé.
- Mon nom est Chlodomir du Pont-d'or. Une fée que j'avais délivrée d'une harde d'hommes-bêtes m'avait accordé un souhait... j'avais demandé à devenir un grand seigneur et m'étais réveillé avec cette tête. Depuis lors, on m'a traité comme le pire des ivrognes où que j'aille et après mon arrivée ici, les choses n'ont fait qu'empirer. Logé avec les cochons, forcé à aller à d'interminables cérémonies. Je ne fais que manger et boire... alors que je n'aime même pas l'alcool ! Comme on ne m'écoute pas quand je parle, je me suis inscrit au tournoi pour prouver à tous que je suis bien chevalier.
- Ainsi... si je suis bien votre histoire, vous vivez à ma charge depuis trois ans ? réagit le baron.
- Certes oui, mais... tenta d'intervenir le chevalier.
- Fort bien ! s'exclama le baron. Puisque vous n'aimez pas banqueter, vous resterez au pain sec et à l'eau pour la semaine. Mais n'ayez crainte, vous sortirez bientôt: mes beaux parents doivent venir au château après le tournoi...
- Nooooooooooooooooon ! Monseigneur, pitiéééééé ! Aaaaaaah !»


Abandonnant le chevalier Cholodomir à son désespoir, le baron reprit la direction de l'escalier. Il avait fait bien assez de choses pour ce soir.


*******

Toutes les bonnes choses ont une fin se disait Cédric. Le tournoi aura été fort intéressant, même si il était frustré contre lui-même d’avoir perdu un duel d’usure parce qu’il n’avait pas su se montrer patient... Il félicita tout de même son adversaire selon les règles de la politesse. Un chevalier a un minimum d’étiquette à suivre, lui répétait sans cesse sa mère, et il comptait bien suivre cet enseignement.

Après avoir empaqueté ses affaires, il partit voir un domestique pour lui faire prendre son nom et confirmer son départ. Il ne souhaitait pas s’attarder plus longtemps dans ce duché, car les récents événements l’ont fait se questionner sur la sécurité de cet endroit.
Entre un chevalier-pantin possédé qui n’aurais jamais dut combattre dans la joute et ces histoires d’impériaux fanatiques assassinant des gens de sang-froid… L’endroit devenait trop agité selon lui.


Cédric le Normand profita de la présence du scribe pour lui demander des nouvelles du tournoi à pied, spécifiquement celles du combattant nordique. Le jeune page lui apprit que ce dernier s’était qualifié pour l’épreuve éliminatoire qui précédait les demi-finales et qu’il ne causait plus vraiment de problème en ville à l’exception d’une altercation avec les impériaux étrangers qui n’a pas très bien fini pour certains d’entre eux… Tout en levant les yeux au ciel, il soupira en se demandant pourquoi il avait cru que ce fou du combat s’arrêterait si facilement…

Cédric libéra le domestique de sa tâche et entreprit de chercher son cheval à l’écurie. Il lui fallait rejoindre son ami Guillaume de la tour d’Alsacie, leurs domaines étant assez proches l’un de l’autre, il pourrait faire une partie du chemin a deux. La nuit dernière il n’avait pas réussi à le trouver dans la ville et il avait reporté cette tâche à aujourd’hui. Après avoir appris que son ami s’était installé dans un camp non loin, il se dépêcha de l’y rejoindre.

En arrivant sur place, Cédric faillit tomber de son cheval en se rendant compte que son pleutre d’ami avait emmené la quasi-totalité de sa garnison pour le protéger…

« Il n’apprendra donc jamais, pensa-t-il alors qu’il rentrait dans le camp. Par contre les équipements sont en piètre état, qu’a t’il bien put se passer ici ?
-Cédric ? Quel plaisir de vous voir, lui lança une voix qui se révéla être François le cousin de Guillaume. Venez nous rejoindre ! »



En le suivant, le chevalier de Brionne retrouva enfin le comte Guillaume dans une tour improvisée au milieu du camp. Ce dernier l’accueilli avec un grand sourire :

« Ah ! Vous nous avez trouvé ! Fantastique ! J’avais peur que vous ne partiez sans que nous puissions nous revoir. Mon camp est en bien piètre état malheureusement. Des pillards orcs nous ont attaqués et nous avons réussi à les mettre en fuite… mais pas à les rattraper… J’ai aussi appris pour votre défaite récente à la joute, fort dommage… Mais il se trouve que j’ai perdu moi aussi, n’est-ce pas fantasti… »

Le comte fut interrompu dans son discours quand Cédric lui envoya au visage un léger revers de la main. Il était furieux que Guillaume puisse fêter une défaite sans se soucier des conséquences sur son honneur. Les poings serrés, il commençait à déblatérer ses habituelles leçons moralisatrices contre le comte. Les gardes environnants ne s’en formalisaient pas, ils avaient l’habitude de voir leur seigneur se faire réprimander par l’imposant chevalier. Après un moment, le comte se releva tout en tenant sa joue endolorie.

« Il y en allait de ma propre vie ! répliqua-t-il. Contrairement à vous je n’ai pas envie de mourir bêtement dans la boue au combat !
-Vous rendez-vous compte de ce que vous dites ? C’est ça être un chevalier ! C’est être prêt à mourir pour sa cause. La mort au combat est tout aussi honorable qu’une autre. Mais après tout l’honneur ce n’est pas votre fort…
-Dans ce cas je vous défie pour laver mon honneur, puisque c’est ce que vous voulez ! lança Guillaume courroucé par cette pique.


Cédric, qui allait donner une autre leçon au comte, s’arrêta net, le doigt toujours levé, en réalisant ce que son ami venait de dire.

-Heu ?... Attendez, vous êtes sérieux ? hésita Cédric.
-Parfaitement !


Après quelques secondes pour contenir sa joie de voir enfin le Gasconnien prendre les choses en main, le chevalier de Brionne continua :

-Et bien dans ce cas j’accepte votre défi ! Sellez votre cheval, on y va de suite !
-Ha… Oui… Mais non ! s’emporta le comte qui comprenait à son tour ce qu’il venait de dire, la colère étant passée. Je me suis blessé le poignet hier en fuya… pourchassant les orcs ! se reprit-il au dernier moment.
-Vraiment ? dit un Cédric déçut par le revirement soudain de son ami.
- Oui, donc je ne pourrais pas encore me battre idéalement avec une lance. Mais nous aurons le temps dans les jours à venir. Entre deux journées de combat au tournoi par exemple ? Pour le moment fêtons cela avec une bonne bière ! renchérit un comte plus souriant que jamais. Qu’en dites-vous ?
-Allez pourquoi pas après tout, soupira Cédric.


Il était trop fatigué pour reprendre son ami sur sa tentative d’évitement pour le lui faire remarquer. Et de toute manière, il était trop fier de lui pour lui faire le moindre reproche.

-Mais ne me servez pas cette flotte insipide du village voisin au vôtre. Ça devait commencer par un K, j’ai oublié le reste.
-Pas d’inquiétude, nous avons des tonneaux du coin pour vous ! »



Le pauvre Cédric commençait à douter sérieusement de ses capacités d’orateur après ses échecs avec le nordique et le comte. Et il avait vraiment l’impression d’être une nourrice qui gardait des enfants turbulents ou inconscients… Mais peut-être étaient-ils juste trop bornés pour comprendre les critiques qu’on leur faisait, se disait-il pour se réconforter.
Maintenant, ce qui lui importait était ce défi et il ne comptait pas laisser le comte se défiler une fois de plus…


*******

Le retour vers Gransette fut sinistre et morose. Sous une pluie fine et des nuages bas, le cortège s'étirait sur une lande désolée.
En tête venait Charles Hubert de Gransette de la Bath de baisebaule, droit sur sa monture et dans ses bottes. Il n'avait plus dit un mot depuis qu'il avait accueilli Penthesilée à sa sortie de la lice. Après l'avoir agonie d'injures, il avait évoqué l'honneur séculaire des Gransette avant de lever la main pour la souffletter. Penthesilée avait seulement porté la main à l'épée avant de lui retourner un regard de glace.
Elle avait alors froidement répondu que "l'honneur séculaire des Gransette" avait plus à souffrir de l'incapacité d'un aîné à tenir correctement sa lance que d'une cadette trop courageuse.
Depuis quelques temps, Charles Hubert préférait éviter les confrontations l'épée à la main avec sa doulce sœur, leurs dernières confrontations étant de plus en plus indécises. Il tourna les talons et ne desserra plus les dents désormais que pour satisfaire son appétit, qu'il avait d'ailleurs fort exigeant.

À ses côtés, Milon de Vabre était aussi peu disert. Courbé sur sa monture, il se tenait le ventre, parfois encore secoué de crampes douloureuses malgré les tisanes concoctées par dame Margaux. Son seul combat malheureux et son passage par les geôles du baron de Havras avaient fini d'assombrir son humeur.
Derrière eux, le groupe de domestiques de la maison de Gransette, n'échangeait que des chuchotements à propos de l'accueil qui les attendaient au château.
Brionne, morose, se tenait au milieu d'eux, il avait dû renoncer à chevaucher aux côtés de sa jeune élève pour ne pas exciter la colère des deux chevaliers.
S'il avait réussi à calmer le sire Henri de Volvestre au prix d'un pichet de Bordeleaux, d'un chapons, de deux pâtés et d'autant de poulardes, il avait totalement échoué auprès de Milon de Vabre. Celui-ci continuait d'entretenir une colère froide et implacable envers Penthesilée, ce qui ne manquais pas d'inquiéter le vieux maître d'arme. La nature sournoise de Milon pouvant laisser craindre le pire.
En queue, loin derrière Parsifal, le magnifique palefroi de Charles Hubert mené par la longe chevauchait Penthesilée. Elle était la seule d'humeur guillerette en cette assemblée. Il y avait beau temps qu'elle ne s'était tant amusée. En fait, pas depuis qu'elle avait fait passer le fils du duc de Brionne (un autre bon parti qui la regardait désormais avec effroi) à travers les planches d'une estacade vermoulue, droit dans l'étang saumâtre au pied du château de Gransette. La pensée du jeune sire en riche pourpoint sortant de l'eau tel un monstre de l'abyme lui procurait toujours un fort grand plaisir.  Nul doute que le souvenir de ce tournoi lui serait un réconfort équivalent.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Sam 27 Déc 2014 - 15:58

Anthrax était soumis à un stress extraordinaire depuis la veille. On leur avait laissé une journée de repos entre le dernier combat et les épreuves à venir, mais ce repos n'avait été pour lui qu'une longue et inquiète veille.
A maintes reprises, il avait cru sentir une présence menaçante approcher et son cœur avait failli le lâcher à plusieurs occasions tant son appréhension était grande.

A présent convoqué dans le grand hall du château de Havras avec les quatre autres participants encore en lice, on lui annonça qu'il avait été décidé qu'un combat supplémentaire serait livré en vue d'éliminer l'un des cinq combattants, leur nombre actuel n'étant pas adapté à des demi-finales en bonne et due forme.

On les fit monter chacun sur un tonneau et ils durent s'y tenir sur une jambe. Dans le fond de la pièce, un vibrant orchestre de ménestrels jouait une musique que le pauvre homme rat jugeait bien crispante.
Le principe consistait à changer rapidement de pied à chaque fois que les musiciens changeaient d'air.
A la première transition, le redoutable nordique Hjalmar se laissa tomber au sol de manière ostensiblement volontaire, dans un terrible fracas.
La chose ne plut pas particulièrement au malheureux technomage qui comprit que ce grand guerrier tenait absolument à livrer ce combat éliminatoire pour le simple plaisir du combat...

Anthrax sentait son pelage le démanger de partout. Sa jambe tremblotait et sa truffe le picotait atrocement.
Tout autour, des dizaines de personnes battaient la mesure de leurs mains, impatients de voir choir l'un des champions, augmentant d'autant la pression à laquelle le pauvre skaven se sentait soumis.

Jetant un regard paniqué en direction des autres concurrents, il vit que ces derniers semblaient tenir parfaitement droit, ce qui l'étonna particulièrement dans le cas de la chose-Dangorn.
Il vit alors le géant barbu qui s'était fait volontairement éliminer battre la mesure avec les autres, un large sourire aux lèvres et commença à suer à grosses gouttes.

Lorsque le changement de musique suivant survint, Anthrax défaillit et tomba de son tonneau sans comprendre ce qu'il lui arrivait tandis que sifflait au dessus de sa tête un tard empoisonné que sa chute venait de lui faire éviter.

Des gardes vinrent alors se saisir de lui et l'emmener loin de cette salle bondée. Son combat devait avoir lieu moins d'une heure plus tard.


Écrémage

Tournoi à pied


Anthrax le souffreteux (Le ménestrel enrhumé) contre Hjalmar Oksilden (Kaops)

Cette fois-ci, Anthrax sentait sa propre fin à portée de patte. Face à lui se trouvait ce qui était certainement le combattant le plus terrible et le plus effrayant de tout le tournoi et, enfermé dans cette arène, il n'avait d'autre choix que de le battre.

Thomas le héraut abaissa les drapeaux. La hallebarde de Hjalmar s'embrasa et Anthrax chargea tout en couinant de peur (Anthrax= 2T, 2B, 1invu., 1PV !!!). A sa plus grande surprise et pour son plus grand plaisir, le skaven avait réussi à faire couler le sang du géant barbu et se mit à prendre confiance, pourtant, désormais à portée d'attaque, il se trouvait à présent en position délicate (Hjalmar= 2T, 2B, 2PV !).

Le coup qu'il venait d'encaisser avait été épouvantable. Plusieurs de ses os étaient en miettes et son pelage était durablement roussi.
Ayant été éjecté à près de dix pas, le technomage rampa en crachant du sang. Agrippant nerveusement son arme, il accomplit son désormais célèbre rituel de guérison, implorant son skataplasme de lui éviter de rejoindre ses "glorieux ancêtres" (Anthrax récupère ses points de vie perdus).

De nouveau sur pied, l'homme rat se nettoya frénétiquement le visage de ses longs doigts graciles et repartit à l'attaque, tentant le tout pour le tout (Anthrax= 3T, 2B, 1invu. et un 1 sur l'autre +1invu relancée) mais ses coups furent repoussés inexplicablement.
En panique, le skaven attendit son châtiment (Hjalmar= 4T, 2B alors qu'il blesse sur 2+ Laughing, 2PV !) et ne fut pas déçu. Une nouvelle fois expédié à plusieurs mètres, il se retrouva grosso modo dans la même situation qu'après la première attaque, à ceci près qu'il ne disposait plus d'aucun moyen de se soigner...

Les jambes flageolantes, le valeureux Anthrax se remit en garde les larmes aux yeux. Cet adversaire, il savait qu'il n'en viendrait pas à bout et se mit à maudire dans ses moustaches l'odieux Vorax à cause duquel il se retrouvait dans cette épineuse situation. Imaginant ce dernier à la place du géant Norse, Anthrax chargea en hurlant (Anthrax= 3T, 2B, 2invu.) et planta ses crocs aiguisés dans son armure. Surpris, Hjalmar attrapa son adversaire et le jeta au sol avant d'attaquer à son tour (Hjalmar= 4T, 4B, 4PV...).

Les articulations dans le désordre, le poil collé par son propre sang, Anthrax ne se sentait pas au mieux de sa forme. Il arrivait encore à bouger un index, mais pas plus. Sa chance avait finalement tournée et il craignait à présent d'être assassiné sous la tente de l'infirmerie, incapable qu'il était de se défendre dans sa position actuelle.

De son côté, Hjalmar souriait, manifestement satisfait de la prestation du rongeur qui était parvenu à le blesser dès sa première attaque.

Hjalmar vainqueur. Hjalmar accède à la demi-finale.

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Dernière édition par Baron de Havras le Sam 27 Déc 2014 - 18:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Sam 27 Déc 2014 - 17:43

Dans la grande salle du château de Havras, les cinq qualifiés de la joute se livraient au jeu du tonneau musical.
Hélinand de La Salle et l'elfes noir Heinrich, visiblement victimes d'une puissante gueule de bois, semblaient supporter difficilement l'épreuve. Plus loin, Den-ver était pour sa part en équilibre parfait, utilisant sa queue pour contrebalancer son poids.
Il y eut un changement de pied, puis un autre, puis encore un autre, sans qu'aucun ne faillisse.
Finalement, au quatrième changement, Hélinand n'en put plus et tomba, manquant de se briser le coccyx.

A la surprise générale, l'elfe noir à l'accent douteux réussit à se maintenir debout au changement suivant et Renaud de la Coulommière (l'authentique) fut celui qui s'effondra.

Guilhem de La Tour fut bien mécontent de prestation de son chevalier et lui intima l'ordre de ne pas se faire éliminer après être arrivé si loin... restait à savoir de quel côté serait la déesse.



Écrémage

La joute


Sire Renaud de La Coulommière (Calidus5) contre Hélinand de La Salle (Baron Guilhem de La Tour)

Renaud de la Coulommière et Hélinand de La Salle avaient jusqu'à lors livré un tournoi sans fausse note. De fait, leur moral était au plus haut et chacun était persuadé de pouvoir écraser l'autre sans la moindre difficulté.
Au signal, ils s'élancèrent comme un seul homme (Renaud= 2T, 2B, pas de T sup., 1béné, 1PV !/Hélinand= rien Laughing). Hélinand fut sérieusement secoué par le choc sans avoir pu, lui, atteindre l'écu de son adversaire.

N'ayant pu briser leur lance, les deux combattants ne purent en réclamer une autre, conformément au règlement. Ils tirèrent l'épée et se ruèrent l'un sur l'autre (Hélinand= 2T, 1B, 1PV !). Moins perturbé par sa gueule de bois lorsqu'il se trouvait au contact, Hélinand de La Salle venait de rendre à son opposant la politesse qu'il lui avait faite durant la charge en manquant de le faire tomber de sa selle.
Renaud riposta promptement, déterminé à ne pas laisser son ennemi trop confiant prendre le dessus (Renaud= 2T, 1B, 1T, 1svg) mais ce dernier était plus habile qu'il ne l'avait escompté.

Tandis que le baron Guilhem battait indolemment la mesure d'une musique que seul lui semblait entendre, son champion attaqua de nouveau (Hélinand= 2T, 2B, 1svg et un 1 sur l'autre Laughing, 1béné sur un 6 ! affraid ! Razz). Sauvé miraculeusement, le laconique Renaud profita de l'instant pour frapper (Renaud= 2T, 1B, pas de T sup., 1svg), bientôt imité par Hélinand qui ne voulait pas lui laisser le moindre répit (Hélinand= 1T, 1B, 1svg).
Perturbé par la promptitude des assauts du chevalier gasconnien, Renaud contre-attaqua en tout hâte (Renaud= rien) et une nouvelle fois, Hélinand rétorqua (Hélinand= 2T, 2B, 2svg) mais ne trouva qu'un bouclier sur son chemin.
Serrant les dents, sire Renaud tenta de nouvelles bottes (Renaud= rien) mais son adversaire ne s'y laissa pas prendre, rendant coup sur coup (Hélinand= 1T, 1B, un 1 sur la svg... un 5 sur la bénédiction... insuffisant ! 1PV !).

Poussé dans ses derniers retranchements, sire Renaud finit par être écrasé par les assauts furieux du sire La Salle. Après cette dernière attaque, il finit trop penché sur sa selle pour pouvoir se relever et fut contraint de se laisser glisser sur le côté, mordant la poussière de la lice.

Hélinand est vainqueur. Hélinand va en demi-finale.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 28 Déc 2014 - 3:22

Tournoi à pied

Demi-finales


On n'attendit pas plus d'une heure pour faire démarrer les combats de la demi-finale en ce beau matin après les épreuves éliminatoires du petit matin.
Les hôtes de marque et le seigneur des lieux revinrent des gradins de la lice pour reprendre place dans les tribunes de l'arène. Quand tous furent en place et que le Thomas fut prêt, les premiers concurrents apparurent...


Calard de Gloss (Chevalier Rouergue) contre Dangorn de Castagne (Dangorn de Castagne)

Dangorn de Castagne et Calard de Gloss firent le tour de l'arène l'une après l'autre, saluant l'ensemble du public. Arrivés à ce stade de la compétition, ils ne boudaient plus leur plaisir et savaient que les sommes pariées sur leur dos avaient grimpé en flèche depuis la fin du dernier tour.
Après un long moment de vains cabotinages, les duellistes prirent finalement position. L'assemblée fut heureuse de constater que le noble comte Dangorn avait pris soin de nettoyer son armure et son tabard depuis le précédent combat, mais nombre de spectateurs furent surpris de voir à quel point ce glorieux personnage semblait sobre en ce jour. Sans doute prenait-il enfin la compétition au sérieux, arrivé à ce niveau.

Tirant l'épée hors du fourreau, les deux personnages se toisèrent un instant dans une ambiance quasi-surnaturelle qui ne manquait pas de souffle épique, tandis qu'une brise froide venait battre la toile des tribunes alentours.
Chacun adressa une brève prière à la Dame du lac et enfin, les drapeaux s'abaissèrent.
Le plus vif des deux, Calard fondit sur le comte de Castagne et le matraqua de coups d'épée (Calard= 3T, 2B, 1svg, 1béné ! Décidément... je crois que le vrai vainqueur de ce tournoi n'est autre que la Dame du Lac en personne Laughing) qu'il para presque tous, sa rutilante armure absorbant le surplus d'attaques.
A son tour, Saint Dangorn fit parler sa lame (Dangorn= 2T, 2B, 2svg... qu'il doit relancer à cause de l'épée de Dangorn, 2PV !).

Ce premier contact fit comprendre à sire Calard que Dangorn n'était pas venu pour plaisanter. L'armure cabossée et des rouages sans doute définitivement faussés, le chevalier de Gloss tituba un instant, avant de se reprendre. Faisant tournoyer sa lame dans un sifflement strident, le brave Calard fonça dans un cri de fureur (Calard= 3T, 1B, 1svg) et fit reculer Dangorn qui repartit à l'assaut derechef (Dangorn= 1T, 1B, 1svg), trouvant cette fois-ci un adversaire plus déterminé.

Pensant pouvoir prendre l'avantage, Calard frappa avec plus d'ardeur (Calard= 6T, 5B, 2svg+2svg, 1PV !). En un assaut, la situation avait été complètement inversée et à présent, Dangorn sentit qu'il devrait se donner à fond s'il ne voulait finir haché menu. Dans un élan soudain, il retenta sa chance (Dangorn= 3T, 2B, 1svg, 1 béné sur un 6 !) mais ne parvint pas à mettre hors combat le seigneur Calard.

Remettant un peu de distance entre eux deux, Calard prit un instant pour respirer. Il ne s'était pas attendu à ce que le seigneur de Castagne soit en pareille forme de si bon matin mais ne comptait pas abandonner si facilement. Expirant profondément, Calard de Gloss revint à la charge (Calard= 3T, 1B, 1PV !). La tactique avait été payante et il sembla que les deux protagonistes étaient aussi mal en point l'un que l'autre.
Sire Dangorn décida qu'il était grand temps d'en finir et tenta une nouvelle attaque de sa spécialité qu'il appelait "la danse du grand payday" (Dangorn= 2T, 2B, 2 bénédictions en double 5 !). Il se trouva bien courroucé de voir ainsi échouer sans raison apparente ce qu'il estimait être un chef d'oeuvre de créativité et se mit à agonir d'insultes très fleuries la cruelle Dame du lac qui le privait injustement de sa victoire.

Regonflé à bloc après cette dernière intervention divine, Calard qui avait déjà survécu à tant depuis le début des épreuves, mit un coup d'épaule à Dangorn à leva haut son épée magique (Calard= 4T, 3B, 1svg+1svg, 1béné !). La versatile déesse avait manifestement changé de crèmerie en une fraction de seconde que Dangorn tenta de mettre à contribution en exécutant sa plus célèbre botte secrète: le pas morveux de l'escargot (Dangorn= 1T, 1B, 1svg).

Calard avait eu chaud mais était encore bien vif. Après un pas de côté, il attaqua avec véhémence (Calard= 2T, 1B, 1svg relancée) mais fut incapable de terrasser le brave comte. Celui-ci saisit sa chance et trancha à l'aveuglette (Dangorn= 2T, 1B, 1béné sur un 6 !), réussissant une surprenante attaque qui échoua encore inexplicablement.
Pendant que le comte s'époumonait en injures à l'encontre de la déesse des bretonniens, Calard attaqua encore (Calard= 6T, 3B, 2svg+1svg) mais ne put trouver la faille dans l'armure du castagnais.

Frustré et passablement épuisé, saint Dangorn, le vaillant chevalier du Graal, effectua quelques impressionnants moulinets (Dangorn= 3T, 2B, 2svg !) et fut repoussé brutalement par un Calard lui aussi presque à bout de souffle (Calard= 4T, 2B, 1svg+1svg). Sentant les coups de son adversaire se faire moins mordants, Dangorn retenta une nouvelle botte nommée "l'attaque trop TRVE" (Dangorn= 2T, 2B, 1svg, 1béné !!!) mais la Dame, décidément taquine, s'opposa encore à sa victoire.
Calard riposta alors (Calard= 5T, 3B, 3svg) et fit quelques bosses supplémentaires dans la cuirasse du comte qui contre-attaqua à son tour dans l'instant (Dangorn= 3T, 3B, 3PV !).

Calard tomba sur le dos, sévèrement chahuté par la dernière attaque du comte qui tomba lui-même à genou, exténué par ce terrible combat.
Une fois encore, il avait gagné contre un adversaire au talent supérieur grâce à son heaume magique et à sa longue expérience, mais le message de la Déesse avait été on ne peut plus clair et il sut qu'elle ne manquerait sans doute pas de lui faire défaut au moment crucial de la finale.

Dangorn de Castagne accède à la finale.


Hjalmar Oksilden (Kaops) contre Théodrade de Cervencouille (Baron de Havras)

L'arrivée des deux derniers demi-finalistes se fit sous les acclamations du public. D'un côté se trouvait le plus douteux des participants restants et de l'autre le héros local, tombeur du puissant et redouté GRUNDARK.
Sans davantage de cérémonie, ils prirent place face à face. Hjalmar embrasa son arme. Théodrade fit tournoyer son majestueux fléau briseur d'armes magiques.
L'instant d'après, ils partirent tous deux à l'attaque, mais le bretonnien s'avéra plus rapide (Théodrade= 4T, 2B+1B, arme magique détruite !, 1invu.+1invu., 1PV !), brisant la hallebarde de Hjalmar qui s'éteignit sur-le-champ.

Furieux, Hjalmar empoigna les deux tronçons de son arme détruite et attaqua (Hjalmar= 3T) mais n'était pas préparé à combattre ainsi équipé, se faisant contrer par le chevalier replet.
Acclamé par la foule en liesse, Théodrade lâcha son fléau et dégaina son épée, attaquant sans la moindre finesse (Théodrade= 1T) pour se faire parer sans effort.
Hjalmar reprit le dessus et cogna comme un brute (Hjalmar= 4T, 4B, 4svg) pour réaliser que cette armure, qui avait déjà pu contrer les coups d'un ogre, n'était pas de papier.
Sans attendre, Théodrade attaqua (2T+1T, 1B, 1invu.) mais se trouva vivement repoussé par un éclat violacé. Le sourire au coin des lèvres, Hjalmar retourna à l'assaut (Hjalmar= 3T, 2B, 1svg, 1béné sur un 6 !) et fut à son tour contré par un halo de lumière.

Dans les tribunes, les spectateurs apprécièrent à sa juste valeur ce combat de divinités.
Ne comprenant pas vraiment de quoi il retournait, Théodrade reprit ses attaques (Théodrade= 1T+2T, 2B, 2béné) mais fut confronté au même problème que précédemment.
Hjalmar cracha et frappa, sûr de lui (2T, 1B, 1svg) et l'autre répondit avec la même fougue (Théodrade= 1T+1T, 1B+1B, 1svg, 1invu.), sitôt imité par le premier (Hjalmar= 2T).

Le public entier retenait sa respiration, comptant clairement sur le bon Théodrade pour envoyer aux oubliettes un nouveau monstres du chaos.
A demi conscient de cette attente, Théodrade reprit ses attaques (Théodrade= 2T, 1B, 1invu.) pour se heurter à un mur invisible.

Confiant dans la protection de ses dieux, le Norse attaqua de nouveau (Hjalmar= 1T) sans succès.
Le seigneur de Cervencouille, toujours persévérant, arma de nouveaux coups (Théodrade= 2T+1T, 2B, 1svg, 1invu.) et connut toujours un succès aussi mitigé.
Le Norse se rua de l'avant et un corps-à-corps furieux s'engagea (Hjalmar= 3T, 1B, 1svg relancée/ Théodrade= 4T, 2B, 2invu./ Hjalmar= 2T, 2B, 2svg/ Théodrade= 1T+1T/ Hjalmar= 2T, 1B, 1svg/ Théodrade= 2T, 1B+1B, 2invu./ Hjalmar= 2T, 1B, 1svg/ Théodrade= 3T+1T, 2B+1B, 3invu. dont une relancée/Hjalmar= 3T, 2B, 1svg, 1béné/ Théodrade= 1T+2T, 3B, 1svg, 2invu./ Hjalmar= 1T/ Théodrade= 1T+3T, 2B, 2invu./ Hjalmar= 2T, 2B, 1svg+1svg relancée/ Théodrade= 3T, 1B, 1invu./ Hjalmar= 2T, 1B, 1svg/ Théodrade= 2T, 2B, 2svg/ Hjalmar= 3T, 1B, 1svg/ Théodrade= 2T, 1B+1B, 2svg/ Hjalmar= 3T, 3B, 2svg+1svg/ Théodrade= 1T+1T, 2B, 1invu.+1invu relancée à cause d'un 1/ Hjalmar= 2T, 2B, 1svg+1svg/ Théodrade= 4T, 1B+1B, 1svg, 1invu./ Hjalmar= 2T, 2B, 2svg relancées/ Théodrade= 3T, 2B, 1invu+1invu relancée comme tout à l'heure Laughing/Hjalmar= 1T/Théodrade= 2T+1T, 2B+1B, 3invu.).

Les coups fusaient de part et d'autres dans des gerbes d'étincelles et des crissements de métal. Partout autour de la surface de combat, l'assistance observait en silence.
Au centre, aucun des deux combattant ne semblait en mesure de prendre le dessus mais, assez étrangement, aucun ne montrait le moindre signe de fatigue, refusant tous deux de céder le moindre pouce de terrain.
Faisant virevolter ses bouts d'arme à dextre puis à senestre, Hjalmar continua ses assauts (Hjalmar= 3T, 2B, 1svg+1svg) mais ne put que cabosser encore un peu plus les plaques du noble Théodrade.
Celui-ci, concentré sur son combat, soufflait comme un bœuf et alternait entre attaques et parades à chaque instant (Théodrade= 1T+1T, 1B, 1invu.).
Écumant de rage, Hjalmar donna un coup de boule dans le heaume du chevalier et lui asséna de violents coups sur les épaules (Hjalmar= 3T, 3B, 2svg, 1PV !), manquant de les lui briser !
Blessé, mais toujours décidé à l'emporter, Théodrade ne lâcha rien (Théodrade=1T+1T, 1B, 1invu.), tandis que l'autre poursuivait ses approches plus sauvages (Hjalmar= 2T, 2B, 1svg+1svg).
Le seigneur de Cervencouille tenta une botte spéciale pour obliger son adversaire à reculer (Théodrade= 1T, 1B, un 2 sur l'invulnérable ! affraid 1PV !) et parvint à le faire tomber à la renverse grâce à son poids légèrement supérieur... l'ennemi au sol, il lui asséna un bon coup de pommeau dans les gencives, d'instinct.

Il fallut trente bonnes secondes à Théodrade, comme à la foule, pour réaliser que le combat était terminé.
Tous écarquillèrent les yeux, car Théodrade venait encore d'accomplir un second miracle ! Après un instant, les premiers hourras retentirent.

Théodrade de Cervencouille accède à la finale.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 28 Déc 2014 - 17:21

La joute

Demi-finales


Sur ces entrefaites, la foule était revenue autour de la lice et attendait désormais la première charge.
Dans la lice, le fier Nicolas de Lorraine faisait face à Heinrich Teufelsbrecher monté sur son gigantesque lézard baveux.
Le fond de l'air était frais, aujourd'hui, et le baron était plus qu'impatient de retourner à l'intérieur (ne serait-ce que pour ne plus entendre le baron Guilhem trifouiller sa phynance à côté de lui).



Nicolas de Lorraine (Nicolas de Lorraine) contre Heinrich Teufelsbrecher (Reynald de Châtillon)

« Ach, scheiße ! laissa échapper le noble Heinrich. Ché touchours mal au grâne... che n'aurais pas tû poire dout ze Schnaps !»

Mais la compétition n'attendait pas et lorsque les drapeaux s'abaissèrent, les deux participants furent bien obligés de s'élancer.
Comme à son habitude, Nicolas de Lorraine chargeait sans lance, une lueur de défi dans le regard. Son adversaire, lui, chargeait de manière mécanique, comme par habitude.
Lorsque le choc eut lieu, on l'entendit à un kilomètre à la ronde (Heinrich= 3T, 3B, 1béné, 2PV !/Nicolas de Lorraine= 3T, 1B, 1svg).
Nicolas de Lorraine fut arrêté net, décroché de ses éperons.

Cette fois encore, l'elfe noir douteux avait remporté la partie en une charge. Du haut de sa tribune, le baron de Havras fit la moue. Il ne tenait nullement à offrir quelques précieux tonneaux à celui-là... mais se tournant vers son voisin, il pensa la même chose le concernant. Le prochain combat dirait si le champion de ce dernier accéderait à la finale ou pas.


Heinrich accède à la finale.



Den-Ver (Le ménestrel enrhumé) contre Hélinand de La Salle (Baron Guilhem de La Tour)

Firent leur entrée Den-Ver, le gardien du temple d’Itzipokituaclotzalquayatek, monté lui aussi sur un grand lézard baveux, et Hélinand de La Salle qui faisait le paon en envoyant maints baisers au public.
La tension monta rapidement... du moins du côté d'Hélinand, son adversaire étant occupé à essayer de gober une mouche qui voletait au dessus de sa tête. Lorsque les drapeaux s'abaissèrent, il partit néanmoins en avant, à l'instar de son adversaire (Den-Ver= 2T, 1B, 1svg - Predator= 1T, 1B, 1PV !/Hélinand= 1T, pas de B).

Comme souvent depuis le début du tournoi, Hélinand avait complètement ratée sa charge. Pire encore, en tentant d'esquiver la courte lance de son adversaire, il n'avait pas vu venir le coup de queue de sa monture qui lui avait presque fait vider les étriers.

Arrivés tous deux au bout de la piste, ils firent volte-face et tirèrent l'épée. Ils se jetèrent alors l'un contre l'autre (Hélinand= 2T, 1B, 1svg) sans que l'épée du bretonnien ne puisse percer la robuste armure d'écaille du saurus.
De son côté, Den-Ver frappa aussi (Den-Ver= 2T, 1B, 1svg) mais l'armure du chevalier de La Salle elle aussi s'avéra efficace. Ne se laissant pas démonter, Hélinand repartit à l'attaque (Hélinand= rien Laughing) mais ne trouva pas le bon angle alors qu'une tempête de griffes et de crocs s'abattit sur lui en réponse (Den-Ver= 4T, 1T de prédation, 3B, 3PV !).

Cette fois-ci, c'en fut trop pour le brave Hélinand qui tomba à terre, le bras et la jambe brisés.
De son côté, Den-Ver aperçut une nouvelle mouche et se lança à sa poursuite, ayant perdu tout intérêt pour son adversaire précédent.


Den-Ver accède à la finale.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 4 Jan 2015 - 16:09


Intermède 4

Skaramanga était nerveux, emmitouflé dans sa cape afin de ne pas attirer les regards, il ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d’œil inquiets aux alentours. Face à lui se trouvait l'un des participants éliminés du tournoi qu'il comptait bien utiliser comme assassin pour se débarrasser de l'insidieux Anthrax.

« On dit que que voussss avez éliminé votre premier adversaire très vite et que voussss êtes un vrai meurtrier, déclara le sinistre rat.
- Mmmoui, maugréa son interlocuteur, visiblement mécontent.
- Alorssss, vous avez compris ? chuchota le rat, il faut que ce soit rapide et sssssurtout... dissscret ! Voici de la phhhhynanccce pour vous encourager.
- Hum, commenta l'autre, manifestement peu intéressé par la récompense qu'on lui offrait.
- Vous pourrez garder cccce que vous voulez sur son cadavre, bien entendu. D'ailleurssss, si vous pouviez faire disparaître son corps, ce ssssserait encore mieux. Je ssssuis sûr que vous avez des façons pour ççça.

Mais pour toute réponse, Skaramanga n'obtint qu'un sourire qu'il estima bien pervers.

- Bon, eh bien, affaire conclue-conclue, chose-assassin ? demanda le fourbe Skaven.
- Ça roule ! répondit tranquillement l'autre.
- Bien ! Vous ne pourrez rater Anthrax: il est petit et velu, déclara non sans humour Skaramanga.
- Pas de problème ! déclara nonchalamment son interlocuteur. GRUNDARK va tuer ! Huh huh huh... mais avant, GRUNDARK va manger !

Alors qu'il regardait l'ogre s'éloigner, Skaramanga se demanda s'il avait vraiment embauché le meilleur candidat possible.



*******

Ouvrant peu à peu les yeux, Rorganson s'interrogeait :

- Outre à foutre, où suis-je donc tombé ?

Fouillant dans ses souvenirs, il se revoyait boire… boire… et… encore boire un peu. Malgré les dégâts faits à sa hache, le Nain des Voûtes avait passé le plus clair de la veille à fêter sa victoire plutôt qu'à réparer son arme.

Jurant intérieurement, il était alors déchiré par un mal de crâne à réveiller les morts… Situation habituelle pour un Nain, sauf qu'il ne se trouvait ni derrière une taverne, ni dans une soue…

Perplexité. Il se trouvait à l'infirmerie.

- Tripes et boyaux, le régurgiteur m'a eu !

Tout lui revenait : le combat précédent avait été des plus pénibles ! Il avait longuement attendu un humain, s'était à moitié endormi, avait combattu un homme rendant tripes et boyaux à travers son heaume (le souvenir de l'odeur lui arracha un rire), et avait lutté avec une hache en mousse… On lui avait pourtant bien dit d'utiliser le saint ruban adhésif, mais Rorganson n'en avait encore fait qu'à sa tête…

Tâtant son casque, grimaçant en constatant qu'il était fendu et ajustant sa lourde barbe de métal, Rorganson quitta l'infirmerie en se disant qu'après tout, l'honneur était sauf : il avait passé le premier tour et n'avait finalement plus besoin de combattre. Il avait donc désormais le loisir de rejoindre Holheart deux-canons et son équipe de mineurs qui devaient avoir débuté leurs travaux depuis longtemps ; le trésor de Havras devait bientôt être à leur portée !

Il se dirigea alors vers la plus proche taverne afin de s'humecter le gosier avec ce qui lui restait de phynance de ses audacieux paris en sifflotant le viel air de la Montagne Solitaire.



*******

Cela faisait une bonne dizaine de minutes que Hjalmar était couché sur le sol de l’arène, inconscient. Le dernier coup de Théodrade l’avait bien amoché… Mais à la surprise générale, il se réveilla en grommelant un juron en norse. Tout en se relevant il prit sa mâchoire inférieure et la remit en place dans un craquement atroce.  Hjalmar essaya alors de se rappeler les 15 dernières minutes qui venaient de s’écouler.

Il regardait  autour de lui et vit un grand nombre de gens amassés autour de son adversaire, apparemment il le félicitait… En baissant la tête il vit son hallebarde coupée en deux et du sang un peu partout autour. Un serviteur du baron s’affairant à la réparer avec du saint ruban adhésif. C’est à ce moment-là que ses souvenirs lui revint brusquement : il avait perdu le duel…

Et l’imposant nordique éclata de rire.

Son hilarité semblait incontrôlable, malgré ses nombreuses côtes cassées et autres fractures qui le faisait souffrir à chaque respiration, il ne pouvait s’empêcher de rire tellement il était heureux. Ce combat avait été tout ce qu’il attendait de ce tournoi : long, complexe et violent. Hjalmar se dirigea alors vers Théodrade d’un pas décidé.

« Hé, le bretonnien ! lança-t-il.
-Quoi ? répondit Théodrade tandis qu’il se retournait.
-Ce combat était un des meilleurs que j’ai pu mener ! Allons fêter ça dignement !
- Qu’on éventre les tonneaux ! lança alors Théodrade. »

Les deux combattants sortirent de l’arène, bras dessus bras dessous, en s’esclaffant bruyamment. Les spectateurs étaient bouche bée devant un tel spectacle. Déjà parce que le nordique s’était miraculeusement relevé après un tel combat, et entre autre parce que les deux ennemis d’avant était devenu les meilleurs amis du monde en quelques secondes…


Plusieurs heures plus tard…


Après une après-midi mémorable à la taverne du coin, Hjalmar se décidait à partir du duché de Havras pour continuer sa quête éternelle d’adversaires. Il promit à Théodrade une revanche quand il repasserait par la bretonnie et espérait qu’il gagne le tournoi. Avec une plus grande renommée, il serait plus facile à retrouver…

Mais alors qu’il partait chercher un cheval pour transporter ses affaires, donc ses armes et son hydromel, il fit une rencontre inattendue. Adossé à une des granges des environs, l’ogre GRUNDARK était toujours à Havras depuis sa défaite, et pour cause, ses gnoblars ont mis plusieurs jours à suturer les plaies de leur maître… Le tyran était en piteux état, mais il avait apparemment retrouvé l’appétit puisqu’il dévorait goulûment ce qu’il restait d’un cochon. Hjalmar n’était pas vraiment au meilleur de sa forme, mais l’ogre non plus après tout se disait-il. Il décida donc de ne pas laisser passer cette chance de l’affronter. Ce nouveau défi qui venait d’apparaître le rendait presque impatient.


« C’est bien toi GRUNDARK ?
-OuaAis ? Qu’est-ce que toi veut ? répondit mollement l’ogre.
-Une baston, répondit calmement Hjalmar comme à son habitude.

Le cerveau de l’ogre mit quelques secondes à analyser l’information.

-Toi vouloir taper ?! D’accord ! lança un GRUNDARK redevenu subitement jovial.

Ses gnoblars ne savaient pas s’ils devaient être heureux de voir leur seigneur combattre ou désespéré à l’idée qu’il faudrait recommencer le travail de suture…

-Il y a une place non loin, on a qu’à y aller pour avoir plus de place.
-D’accord ! dit GRUNDARK en prenant sa masse réparée par le saint ruban adhésif
»

Une fois arrivés à l’endroit prévu les deux combattants prirent place sous le regard inquiet des locaux, qui se commençaient à comprendre avec horreur ce qu’il allait se passer. Mais la haine envers l’ogre était telle qu’elle fit que certains villageois se mettaient à soutenir Hjalmar... Même si ce ne fut que de courte durée, il n’en restait pas moins un nordique probablement affilié au chaos…



Hjalmar Oksilden (Kaops) vs Le Tyran GRUNDARK (uranus)


(NB : Hjalmar possède donc 4PV au lieu de 2 selon les règles de l’affrontement définies par le Baron.)



Après s’être regardé quelques secondes, l’ogre qui piaffait d’impatience chargea, mais Hjalmar était bien plus rapide et atteint le tyran en premier. Sa hallebarde s’embrasa à nouveau et il frappa avec force l’ogre au niveau de ce qu’il pensait être l’estomac (Hjalmar= 3T, 1B, 1invu), mais fut contré sans réellement comprendre pourquoi… Sans attendre, l’ogre répliqua de toutes ses forces sous les applaudissements de ses gnoblars (Grundark= 2T,2B, 1 invu, 1PV!) faisant reculer le nordique de quelques pas.

Le dernier coup avait enragé Hjalmar qui repartit à l’assaut avec un cri terrifiant (Hjalmar=2T, 2B, 2invu ratées et les deux relances qui foirent Laughing, 2PV!). L’ogre lui jeta deux gnoblars pour se protéger, mais le premier fut tranché net. La hallebarde de feu rentra profondément dans les chairs du tyran, tandis que Hjalmar réceptionnait le crâne de l’autre gnoblar dans sa main et le broya sans difficulté. Malgré la douleur, GRUNDARK profita du fait que l’arme du nordique était coincée pour tenter de le broyer avec sa masse (Grundark= 2T, 2B, 1invu et 1invu relancée sur un 1) mais des éclairs bleutées la réceptionnèrent…

Le vétéran norse n’attendait pas d’autres signes de ses dieux pour comprendre qu’il devait frapper encore  (Hjalmar=2T, 1B, 1PV!) il dégagea sa hallebarde et asséna un coup à l’omoplate de son adversaire, son sang se répandant sur le sol de la place. L’ogre courroucé répondit à nouveau par une série de frappes désordonnées (Grundark=2T, 2B, 2 invu en double 6 ) mais Hjalmar fut protégé à nouveau de la plupart des attaques tandis qu’il profitait de son agilité pour esquiver les autres.

Remarquant une faille dans la défense quasi-inexistante de son adversaire, Hjalmar lança sa hallebarde sur le bras du tyran qui tenait son arme (Hjalmar=3T, 2B, 1invu, 1PV!)  incapacitant un peu plus son monstrueux adversaire. GRUNDARK n’en pouvait plus, ce bonhomme barbu le harcelait sans cesse et le blessait de plus de plus. Ses sutures  se rouvraient dangereusement et il commençait à fatiguer. Avec ce qu’il lui restait de force il se lança sur son adversaire, espérant l’écraser sous son poids, broyant quelques gnoblars malchanceux dans la manœuvre (Grundark= rien Laughing). Mais Hjalmar esquiva facilement, laissant l’ogre s’étaler par terre.
Profitant de la position inconfortable du tyran, il monta sur son dos et frappa directement la colonne vertébrale du monstre (Hjalmar=2T, 2B, 1 invu, 1PV!)

Le coup aura été terrible et l’ogre poussa un hurlement atroce et ne s’en releva pas. Les gnoblars se précipitèrent au chevet  de leur maître, essayant de le sauver d’une mort certaine… De son côté Hjalmar était en sueur mais toujours aussi souriant. Il dégagea sa hallebarde et repartit nonchalamment sous les hourras des villageois qui avait vu tomber une fois de plus l’ogre maudit qui avait remporté le premier tournoi…


LE COMBAT, deuxième édition :

(Alors il se trouve que j’avais oublié l’objet qui donnait une E6 à Grundark…, donc j’ai refait deux combats pour la beauté de la forme. Le premier a été très court puisque j’ai détruit les 3pv restants de Grundark  au bout de trois tours, après avoir perdu 1PV… Pas assez long, et je ne l’avais pas noté, donc j’en ai fait un troisième qui sera scénarisé! Les combattants reprennent tous leurs pv perdus !)


Mais au moment où le nordique partait, l’ogre se releva à la surprise générale ! Le nordique remarqua des particules de magie autour de la carcasse de son adversaire. Il avait dut être soigné par un quelconque sort. En regardant autour de lui, il vit une personne qui courait se cacher rapidement derrière un mur. Et il semblait porter un manteau gris…

Mais pour l’heure, le combat recommençait. Après une insulte à l'envers des fanatiques, Hjalmar prit une gorgée d’hydromel pour se requinquer et embrasa sa hallebarde de plus belle.
L’ogre ne comprenait pas trop ce qu’il venait de se passer, mais il savait juste qu’il était en combat et que cet homme l’avait humilié ! Il reprit sa masse et chargea le barbu.

A nouveau Hjalmar fut le plus rapide (Hjalmar= 2T), mais n’obtint pas de résultat probant, la chair reconstruite de l’ogre était bien trop solide. GRUNDARK lança sa masse sur cet homme irritant(Grundark=3T,3B,3invu), mais fut contré à nouveau.
Le nordique essaya une botte  particulière (Hjalmar=3T, 2B, rien à l’invu, 1 invu relancée, 1PV !) mais un gnoblar se sacrifia sur sa lame et la dévia vers la jambe du monstre. L’ogre fou de rage  frappa de toutes ses forces le grand homme espérant ainsi briser son bouclier magique (Grundark=3T,3B, 2invu, 1 PV!) qui ne parvint pas à supporter la totalité de l’assaut…

Hjalmar bloqua le marteau de l’ogre avec sa hallebarde (Hjalmar=3T, 2B,  2PV !)  et réussit à la faire glisser légèrement le long du manche pour entailler une zone plus molle de la peau du tyran. Ce dernier répliqua en balançant son poing à la face du nordique (Grundark=2T, 2B, 2 invu), mais n’obtint pas de résultat.

Le norse commençait à s’amuser avec ce combat, et il décida de se donner à fond (Hjalmar= 3T, 1B, 1PV !) blessant à nouveau l’ogre d'une estocade. Et GRUNDARK en fit de même (Grundark=4T, 4B, 3 invu, 1PV !)

Un peu étourdi par le dernier coup, Hjalmar ne put attaquer proprement (Hjalmar= 2T)  ne parvenant pas l'incliner selon un bon angle, sa hallebarde ricocha sur la peau de GRUNDARK qui lui non plus ne parvint pas à reproduire l’exploit précédent(Grundark=3T, 2B,  2invu).

Le nordique voyait que son adversaire était à bout de souffle, il le contourna alors sans difficulté (Hjalmar=3T,  2B, 1invu, 1 PV !) et frappa son dos comme avant. Le géant, paralysé par la douleur, s’effondra pour de bon cette fois. Blessé, mais content de son combat, Hjalmar avait vaincu.




En quittant la place, il rencontra Jean Coteaz au détour d’une rue, le prêtre a dû réussir à parlementer avec les autorités de la ville et ainsi éviter les geôles de Havras.

« Tiens, mais vous êtes l’impérial contre qui j’avais combattu hier soir non ?
-Oui, et vous le nordique…répondit Jean sur un ton méfiant.


Le prêtre-guerrier s’attendait à devoir affronter à nouveau ce fou furieux. Il avait vu le combat et après ce que le nordique venait d’accomplir, il se dit qu’il n’en sortirait peut-être pas en aussi bon état que la dernière fois. Mais à son plus grand étonnement, Hjalmar affichait une mine joviale.

-Fantastique ! Alors mon bon ami que vous arrive-t-il ces temps-ci ?
-Heu…hésita Jean, étonné de la réaction du nordique. Vous avez dit ami ?
-Ben oui ! Après le duel fantastique de l’autre fois, vous m’êtes devenu sympathique.
-Ha…s’inquiéta l’archidiacre qui ne souhaitait pas vraiment être nouer des liens avec ce fou furieux.
-Allez, ne tirez pas une tête pareille ! Vous vous méfiez encore de moi apparemment, ricana le nordique. Pensez à votre ami ulricain dont vous m'avez parlé l'autre jour, je suis sûr qu'il me ressemble.


Jean était étonné que le nordique ait retenu ce bout de propos qu'il avait tenu la veille. Hjalmar reprit:

-Mes combats de la journée ont tous été géniaux, même un skaven a réussi à m’intéresser, vous vous rendez compte ! jubilait le norse.  Il était particulièrement résistant d’ailleurs, j’espère ne pas y être allé trop fort avec lui…
-Oui, j’ai entendu parler du combat. Bien maintenant excusez-moi, mais j’ai des affaires pressantes à gérer, lança jean tandis qu’il commençait à partir.
-Les répurgateurs ?

L’archidiacre s’arrêta net. Le nordique se souvenait aussi de cela?

- Oui, ma priorité est de faire cesser leurs agissements. Ils ont vraiment dépassé…
-Dans ce cas, c’est entendu, je viens avec vous, l’interrompu Hjalmar.
-Non, écoutez, je ne veux pas d’aide extérieure, cette affaire concerne seulement l’empire.
-Vous voulez les tuez ? demanda Hjalmar.
-C’est une option oui... Mais pourquoi cette question ?
-Au cas où vous n’auriez pas remarqué je suis spécialiste dans le domaine, dit-il en pointant le corps de l’ogre sur la place. De plus, ils ne m’apprécient pas beaucoup, je vient d'en avoir la preuve... Donc je suis le meilleur appât pour les faire venir à nous.
»

Le prêtre-guerrier n’avait plus vraiment d’arguments à opposer à cela, et avoir le nordique dans son camp serait préférable. Et ses dernières paroles indiquaient clairement qu’il n’essaierait pas de le tuer plus tard. Il devait être trop impatient d’affronter ces répurgateurs pour s’occuper un peu…

Les deux compagnons de fortune partirent alors dans les rues de Havras, à la recherche des répurgateurs restants… Mais après être passé par la taverne pour fêter comme il se doit la victoire contre l’ogre !

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 4 Jan 2015 - 16:34

Tout s'éclairait !

Bien sûr, le Sieur de Lorraine comprit enfin ce que sa douce lui avait maintes fois répété :

- Mais lâchez donc cette épée ! s'écriait-elle. Il s'agit d'une joute, point d'une bataille où vous devrez faucher têtes et oneilles ! Vos adversaires seront des chevaliers, points des brigants armés de coutelas que vous eutes l'habitude de pourfendre ! Vostre allonge est trop faible face à une lance ! Vous ne remporterez point la première passe !
- Fi, donc ! répondait l'interessé. Vous ne vous y entendez point en armement, ma Mie ! Certes, ma lame est plus courte qu'une lance, mais l'écu de mes ancêtres est bien plus solide que vos fameuses lances ! Elles se briserons dessus comme vague sur digue ! Alors vous serez soulagée d'apprendre que je dispose de mon épée.
- Nous verrons. J'ai dors et déjà misé moultes phynances contre vous, veillez à ne point être trop vaillant !
- Ma Dame, vous me désolez ! Vais-je devoir trahir mon honneur et choir volontairement dans la fange afin de savez nostre trésor de vostre folie ?
- Point, point, mon Ami. Combattez donc de toute vostre ardeur, je gage que la conclusion n'en saurait être différente.

Elle avait raison ! Le Sieur de Lorraine était trop jeune pour avoir pu assister au premier Grand Tournoy de Havras. Ces années d'entraînement et de patrouille n'avait point servi à en faire un guerrier aguerri, et il réalisa que son succès mitigé avait plus été motivé pour la chance que par ses talents martiaux.

Seul ses passes avec le Sieur Cédric de Normandie l'avait vaguement satisfait. Il y avait affronté un adversaire de valeur, mais avait tellement mal combattu qu'il n'en tirait aucun orgueil.

S'apprêtant à quitter la sainte cité de Havras, il se demandais si l'organisation d'un Tournoy en ses terres attireraient tant de monde.



*******

Une heure après sa défaite, GRUNDARK se releva. Il avait peu goûté sa dernière défaite et tordit le cou de tous les gnoblars qui eurent la mauvaise idée de rester à proximité.
Toutefois, ses blessures guériraient vite, comme toujours, et il avait encore une mission à accomplir avant de repartir...

Toujours furieux et mû par une irrépressible envie de cogner, le tyran erra un moment dans les couloirs de l'aile Est à la recherche de sa cible.
Se figeant sur place, il resta un instant perplexe, voyant courir vers lui une masse velue qu'il estima bien petite... considérant qu'il devait s'agir d'Anthrax, l'ogre chargea.



*******

Vulva Supliss avait réussi son coup...
Remise de ses blessures, elle avait passé les deux derniers jours à fomenter un terrible plan pour récupérer son Hydrousson dans la chambre du baron.
Ayant passé sans difficulté les gardes mollassons en faction et les patrouilles un peu aléatoires, elle escalada avec ses hauts talons la tour centrale du château et pénétra dans la chambre à coucher laissée déserte.

Redescendue par les escaliers, sa peluche sous le bras, elle assomma une demi-douzaine de gardes en chemin et entreprit de courir de coursives en couloirs avant que l'alarme ne soit donnée.

Ouvrant une énième porte, elle déboucha dans une galerie. Jetant de nombreux regards derrière elle, elle ne vit pas immédiatement l'imposant ogre qui fonçait dans sa direction.



*******

Anthrax luttait contre la mort et tentait de recouvrer ses blessures au plus vite. Cloué à sa litière, il se badigeonnait allégrement de tous ses skataplasmes restants. Ses onguents maléfiques étaient sa dernière chance de demeurer en vie. Il devait faire vite. Il le pressentait. Depuis plusieurs jours déjà, une ombre le suivait. On avait même tenté d'attenter à sa vie lors de l'épreuve des tonneaux. Un dard empoisonné avait failli l'atteindre. Tout n'était plus qu'une question de temps. Alors qu'il cherchait un nouveau baume, Anthrax entendit la chute d'un objet suivie d'un cliquetis bien distinct. Il se retourna immédiatement et aperçut un objet sphérique douteux au beau milieu de sa tente. Sans réfléchir, d'instinct, malgré la douleur et avec une vivacité remarquable, Anthrax s'empara de sa litière pour s'en faire un rempart et se plaqua au sol. Une explosion titanesque survint. Elle fut entendue à des lieues à la ronde. Les hommes d'armes du baron de Havras accoururent. Ils constatèrent qu'il ne restait rien, hormis un énorme cratère et une litière en piteux état.

Juché sur une statue en ruine à l'effigie du Rat cornu, Vorax, leader incontesté du clan Variole, contemplait ses ouailles. Tous avaient été convoqués par ses soins. Agglutinés les uns aux autres, les membres du clan Variole couinaient à hue et à dia. Le tout formant une cacophonie stressante et inaudible. Lentement, Vorax leva la main et clama haut et fort :

" Mes biens chers frères, si je vous ai tousss réunis ici, c'est en la mémoire, paix à son âme, d'Anthrax le souffreteux. Il était le meilleur d'entre nous. Le plus retors, le plus déloyal rejeton du Rat cornu. Un véritable parangon de vertu vermineuse ! Le clan ne connaîtra plus un tel rat avant longtemps. J'ai appris de sssource sssûre et incontessstable son trépas. Lâchement asssassiné par des choses-hommes alors qu'il représentait le clan pour sa plus grande gloire ! Mes bien chers frères allons nous laisser ce crime odieux impuni ? En vérité je vous le dis, la mémoire d'Anthrax réclame vengeance ! Nul autre race que la nôtre ne peut se permettre pareille fourberie ! C'est pourquoi nous allons porter le combat sur les terres des choses-hommes ! Les équipes d'excavation ont terminé leur dur labeur et des tunnels sont prêts pour nous mener en toute sécurité jusqu'au coeur de la cité des choses-hommes. Alors qu'ils se gobergeront des joutes finales de leur tournoi, inconssscients de notre progression, de notre force, délaisssant la sssécurité de leurs installations pour contempler leurs combats de pacotilles, nous pilleront leurs richesses enfouies et spolieront leurs biens ! C'est une juste félonie que je vous propose mes biens chers frères ! Avant de nous engouffrer dans les tunnels, psalmodions ensssemble pour nous donner du coeur à l'ouvrage ! Gloire au Clan ! Il est pondu le divin Rat cornu ! Couinons tous son skavènement !"

Tous les membres du clan reprirent en choeur. Une fois l'ode terminée, tous se précipitèrent comme un seul rat dans les tunnels en direction de Havras...

Claudiquant, boîtant, souffrant la mort, les plaies ouvertes et le poil roussi, Anthrax progressait dans la campagne bretonienne de Havras, tentant désespérément de mettre un maximum de distance entre Havras et lui.

Dans son malheur, il couina de toutes ses forces : " Hé Vorax, tu veux que je te dises, tu es le skaven le plus dégueulasse que le Vieux-monde ait jamais porté !"

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 4 Jan 2015 - 17:57

Tournoi à pied

La finale !


Dans les tribunes, tous étaient levés et regardaient solennellement les deux improbables champions qui avaient réussi à se hisser jusqu'à la finale.
Face à eux se tenaient l'alcoolique Dangorn et le stupide Théodrade, prêts à en découdre.

« Messieurs ! leur lança le baron de Havras. Félicitations pour votre performance et bonne chance.
- A moi les tonneaux ! répondit Dangorn.
- Ma foi... il aurait bu bien plus que quelques tonneaux s'il était resté au banquet toute la durée du tournoi au banquet au lieu d'aller se battre, dit le baron à voix basse.
- Monseigneur ! hurla Théodrade. Combien de combat il reste après la finale au juste ? Non parce que c'est que c'est fatigant à manier, le fléau !
- Hum... quand à celui-ci, continua le baron, je ne pense pas qu'il ait compris que le prix du tournoi était pour grande part composé de tonneaux de Cervencouille.»


Dangorn de Castagne (Dangorn de Castagne) contre Théodrade de Cervencouille (Baron de Havras)

Après un rapide salut, les deux combattants se ruèrent l'un sur l'autre. Dangorn, après une feinte mémorable, prit l'initiative de l'attaque (Dangorn= 3T, 2B, 1svg, 1PV !) et chahuta très vivement le brave Théodrade qui avait mis son heaume légèrement de travers et n'avait vu le coup venir. Mais son fléau lui permettrait peut-être de toucher sans savoir exactement où se tenait le comte (Théodrade= 1T+2T, 1B, 1svg).
Le coup avait ricoché sur le bouclier de Dangorn qui entreprit une nouvelle danse de sa spécialité (Dangorn= 1T, 1B, 1svg) mais ne parvint pas, cette fois, à trouver la faille.
Faisant encore virevolter son arme, Théodrade repartit à l'assaut (Théodrade= 3T+1T, 2B arme magique détruite, 1svg) et brisa en deux l'arme de Dangorn qui recula vivement.

Tirant tous deux leur arme de secours, les deux seigneurs se saluèrent à nouveau et se remirent à l'action (Dangorn= 2T, 1B, 1svg/Théodrade= 2T, 2B, 2svg).
Dangorn tourna sur lui-même et entreprit "la danse du baveux" (Dangorn= 2T, 1B, 1svg) à laquelle répondit Théodrade par des coups d'une brutalité insensée (Théodrade= 2T+1T, 3B, 1svg+1svg, 1PV !).

Très secoué, Dangorn attaqua néanmoins avec vigueur (Dangorn= 2T) mais se fit contrer par le seigneur de Cervencouille qui était parvenu à mettre son casque dans le bon axe. Profitant de l'ouverture, ce dernier frappa à nouveau (Théodrade= 3T, 1B relancée, 1svg).
Le comte remua les épaules de manière fort ridicule et visa la gidouille de son adversaire (Dangorn= 2T, 1B, 1svg) pour ne trouver que des mailles robustes.
De son côté, Théodrade frappait sans vraiment se soucier des attaques de son opposant (Théodrade= 2T, 1T+1T, 2svg).
Dangorn fit décrire un grand arc à sa lame et visa cette fois la jambe de l'autre (Dangorn= 3T, 1B, 1svg relancée) qui répondit sur-le-champ (Théodrade= 2T+2T, 3B, 2svg, 1PV !) et parvint à faire trébucher son adversaire.

Se relevant lentement, Dangorn percuta son bouclier avec son épée pour donner le rythme et public qui se mit à applaudir au même tempo.
Remotivé par le soutien de l'assistance, le comte bondit (Dangorn= 3T, 2B, 1svg+1svg) et faillit faire tomber à son tour le gros chevalier qui fit un pas en arrière avant de riposter (Théodrade= 3T, 2B, 2svg).
Effectuant sa danse la plus spectaculaire, Dangorn frappa encore (Dangorn= 4T, 2B, 1svg, 1PV !) et brisa le cimier de Théodrade et lui laissa une grosse bosse.

Sonné mais toujours à peu près vaillant, le sire de Cervencouille marcha en direction du seigneur de Castagne (Théodrade= 2T+2T, 1B+3B, 2svg+2svg) mais fut paré in extremis.

Dans les tribunes, le public était en furie. Les deux combattants semblaient fatigués et les choses ne devraient plus traîner trop longtemps.
Tourbillonnant comme une tornade alcoolisée, Dangorn de Castagne visa le bras droit de Théodrade (Dangorn= 4T, 3B, 3svg) et en ôta quelques plaques d'armure.
Bousculant le comte de son ventre proéminent, Théodrade attaqua (Théodrade= 2T+2T, 2B+1B, 4svg) et fut paré coup après coup.
Mettant un coup de pied dans les parties de son adversaire, Dangorn tenta une nouvelle approche (Dangorn= 4T dont trois 6 et un 5, 2B, 2svg) mais rebondit sur une coquille d'acier.
De son côté, Théodrade mit un violent coup de tête au seigneur des escargots (Théodrade= 1T+2T, 1T+1T, 2svg) qui répliqua par un coup de bouclier (Dangorn= 2T, 1B, 1svg relancée). En réponse, Théodrade frappa du pommeau (Théodrade= 3T, 1B, 1svg) et Dangorn répondit d'un coup mêlant poing et quillon (Dangorn= 4T encore avec trois 6 et un 5 ! affraid , 2B, 1svg+1svg).

Théodrade utilisa tout ce qu'il avait de souplesse pour envoyer son genou dans le ventre de sire Dangorn (Théodrade= 2T+1T, 1B, 1svg) qui bloqua le coup et tenta de trancher son adversaire (Dangorn= 3T, 3B, 3svg) qui contra les coups avec talent.
Le gros chevalier de Havras envoya un revers à Dangorn (Théodrade= 1T) qui esquiva et visa son talon de sa pointe aiguisée (Dangorn= 2T, 1B, 1svg). Se retournant, Théodrade envoya un puissant coup de son postérieur imposant (Théodrade= 3T relancées, 1T+1T, 2svg).
Ayant évité le gigantesque séant, Dangorn débuta sa "danse de saint Dangorn le héros d'une geste trop aimé de la Dame" (Dangorn= 3T, 2B, 1svg+1svg) à laquelle Théodrade répondit avec fureur (Théodrade= 1T+1T, 1B, 1svg).
Fort de son succès en demi-teinte, le sieur de Castagne entreprit son célèbre pas du "comte qui fait de la neige sur le foroume" (Dangorn= 2T, 2B, 1svg+1svg), mais Théodrade n'avait pas tant de grâce à mettre dans sa réponse (Théodrade= 1T+2T, 2B+1B, 1svg+2svg).

Impatient d'en finir, Dangorn feinta sur la gauche puis feinta de nouveau sur la droite avant de frapper au tibia (Dangorn= 4T, 4B dont trois 6 ! 2svg+1svg, 1PV !!!!), faisant trébucher le bon Théodrade.
Son adversaire au sol, il posa son pied sur la panse du chevalier et le contraint à reconnaître sa victoire.

A la surprise générale, Dangorn avait encore abattu un chevalier qui était favori grâce à ses pas de danses improbables et à sa chance insolente.
On lui apporta immédiatement un rouleau de saint ruban adhésif et Thomas proclama haut et fort sa victoire.
Nombreux furent ceux à reconnaître que la Dame du Lac s'était faite fort discrète pour ce combat...

Dangorn de Castagne, hôte d'honneur du baron, avait remporté le tournoi à pied de Havras.


Bravo à Dangorn ! Louons le nom de notre bon champion !

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 4 Jan 2015 - 18:56

La joute

La finale !

Après les émotions de la première finale, on sauta le repas pour aller directement à la joute: mieux valait faire de la place pour le festin de la victoire qui aurait lieu plus tard.
Dangorn ayant enlevé son armure, il regagna les tribunes et fut acclamé par tous, recevant voiles de jeunes filles et sous-vêtements (parfois masculins) de toute part.

Face à la foule, deux sang-froids se livraient à un concert de cris et de sifflements. Sur leur dos se trouvaient d'un côté Heinrich l'elfe noir douteux et Den-ver le saurus à la carapace impénétrable.



Heinrich Teufelsbrecher (Reynald de Châtillon) contre Den-Ver, le dernier gardien du temple d’Itzipokituaclotzalquayatek (Le ménestrel enrhumé)


Thomas abaissa les drapeaux et les deux jouteurs déclenchèrent la charge (Heinrich= 3T dont une annulée par le bouclier du Saurus, 2B, 2PV !/Den-ver= 2T+1T de prédation, 3B, 1svg, 2PV !).
Le choc manqua de disloquer leurs deux boucliers et chacun brisa sa lance.
On en apporta une nouvelle à Heinrich qui se mit à sortir une flopée de jurons en Reikspiel. Den-ver, de son côté, tira une deuxième lance de bois et d'or de son harnachement.

Tous deux remis dans l'axe, les deux repartirent à l'assaut (Heinrich= 3T, 2B, 1svg, 1PV !/Den-ver= 3T et une prédation ratée, 3B, 2svg, 1PV !) et obtinrent le même résultat que précédemment.

Recommençant leur cirque de changement d'arme, ils re-déclenchèrent la charge (Heinrich= 1T, 1B, 1svg-Sang-froid= 1T, 1B, 1svg/Den-ver= 2T, 2B, 2svg). Cette fois-ci, les lances tinrent bon et les deux combattants durent tirer l'épée.
Étrangement, Heinrich ne se sentit pas à l'aise, sachant que l'armure de son adversaire était des plus solides. Sa potion de force ayant cessé de faire effet après la première charge, il sentit le contre-coup et eut l'impression d'avoir un bras en coton.

« Ach ! Große katastrophe ! jura-t-il, plein de dépit.»

Etant néanmoins le plus rapide des deux, et de loin, il se porta au contact  (Heinrich= 2T, double 1... 1B relancée, 1svg) mais son arme ricocha.
Sifflant comme un serpent, Den-ver leva son arme d'or fin et matraqua le druchii (Den-ver= rien) mais se montra bien trop lent.
Ayant repris confiance face à la maladresse du reptilien, Henrich tenta de planter sa lame dans le flanc de la bête (Heinrich= 2T, 1B grâce à un 1 relancé, 1svg) pour être paré par la queue de son adversaire qui attaqua avec ses crocs (Den-ver= 1T, 1B, 1svg) et les planta dans le bouclier de l'elfe.
Dégoûté, ce dernier frappa avec la rapidité de l'éclair (Heinrich= 3T, 2B, 2svg), bientôt imité par la bête (Den-ver= 1T+1T de prédation, 1B, 1svg).
L'elfe attaqua encore (Heinrich= 2T+1T, 1B, 1svg) et une fois encore, la créature répliqua immédiatement (Den-ver= 3T+2T de prédation, 4B, 3svg, 1PV !), brisant la garde du brave Heinrich et le faisant tomber à terre.

Le chemin désormais libre, Predator, son sang-froid, monta sur la monture d'Heinrich et la chevaucha en poussant d'étranges feulements. Ce spectacle d'une bête, sur une bête, sur une troisième bête, avait quelque chose d'assez dérangeant qui mit mal à l'aise quantité de nobles un peu délicats.

« Eh bien voilà, dit le baron. Passons donc à table !»


Gloire au ménestrel enrhumé et à son champion invincible, Den-ver !

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Mar 6 Jan 2015 - 17:26


Épilogue



Son combat à peine terminé, et après avoir rugi de victoire, Den-Ver, mit patte à terre. Il se prosterna et prononça les paroles suivantes :

"- Ô slann vénéré, ô omnsicient Grouniaf ! Guide ton serviteur jusqu'à la lumière et indique la voie à suivre au dernier gardien du temple d’Itzipokituaclotzalquayatek. "

Par monts et par vaux, par-delà les mers et les océans, l'immense batracien répondit à sa prière et entra instamment en communication télépathique avec Den-Ver...

" - Salut Joe la mèche ! Bon maintenant que t'as gagné ce tournoi à la mords-moi le nœud tu vas demander, avec le sourire, au Seigneur autoproclamé de ces lieux, douze toises d'un objet dénommé le Trés Saint Ruban adhésif. Ce machin est formidable et il va t'aider à retaper ta ruine en deux temps trois mouvements. En contrepartie tu renonceras à toute prétention sur les tonneaux de vinasse qu'est censé t'offrir ce soûlard. J'ai sondé son cœur et son âme. Y pas de lézard, il tient tellement à son pif que ce sac à vin te filera ce Saint ruban adhésif sans soucis. Une fois ceci-fait, sur le chemin du retour, tu me feras le plaisir de d'arrêter au Comté de Le-Roy-Mairrelin, ils ont un crépi de façade pas piqué des hannetons et pour un prix plus que modique, et également dans la baronnie de Saint-Maqueloup pour agrémenter tes cailloux de quelques soyeuses tapisseries, par ce que faut avouer, dans ton antre ça craint un peu. "

A entendre ces nouvelles directives, Den-Ver fit une moue boudeuse.

- "Ben quoi t'es pas content ?

- C'est que, votre reptilienne énormité, je m'imaginais que, enfin...

- Ouais ben j'ai pas le temps d'imaginer moi ! Alors agite-toi les écailles par ce que j'ai du pain psychique sur la planche ! Et souris je te dis tu viens de remporter le tournoi ! Vas-y souris pour voir...Ouais, heu non, arrête en fait, par ce que tu fais peur...Bon allez à la revoyure et bon courage pour la peinture. Je viendrais à l'inauguration du temple  et essaye de me présenter un truc correct d'ici la fin des 173 jours de la dernière éclipse solaire de l'année draconitique. Et à l'heure ! Pas que cela devienne une habitude dans le bâtiment de livrer en retard !"


Den-Ver acquiesça finalement en râlant. Il avait tout de même la désagréable impression d'être pris pour un skink de six semaines, ou un Kroxigor de bas étage, et non un Vétéran scarifié saurus vainqueur du grand tournoi de la Baronnie de Havras. Il jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.


*******

« Messire comte ! Holà, réveillez-vous !

- Mon pauvre Hélinand, tu perds ta peine. Tu vois bien qu’il est saoul perdu.

- Bon sang, on ne peut donc compter sur personne. Il aurait pourtant été parfait pour faire diversion. Si les gens du baron ont vent de notre affaire, il nous faut bien quelqu’un à qui faire porter le chapeau.

- Une… une diversion ! » gémit faiblement le comte Dangorn, la face contre la table.



Dans la grande salle du château de Havras, bien peu étaient encore valides, tant le vin avait coulé ce soir-là pour fêter les champions, et le comte de Castagne avait célébré sa victoire avec un enthousiasme à nul autre pareil. Curieusement, son assiette était encore pleine à ras-bord. Intrigué, Eustache de Montcorbier voulut inspecter son contenu, mais s’en détourna vivement, passablement écœuré, lorsqu’il s’aperçut qu’il ne s’agissait pas de nourriture.


« Bon, tant pis, fit son compagnon Hélinand de La Salle, emportons-le quand même.

- Mais il va vomir partout ! protesta Eustache.

- Au moins, dans son état, il ne nous contredira pas si nous expliquons que c’est lui qui voulait piller la cave du baron. Allons, aide-moi à le soulever. »



Les deux compères jetèrent un regard inquiet par-dessus leur épaule au baron Louie, mais il semblait profondément endormi. Non loin de lui, le baron de La Tour faisait des bulles dans sa coupe de vin en riant bêtement. Devant eux gisaient les reliefs du superbe Lion de Mer de Terre de Havras réalisé en pâte d’amande qui avait été servi au dessert. C’était le moment. Ils s’éclipsèrent inaperçus.


***

« Je te dis qu’il y a quelqu’un qui nous suit ! souffla Eustache.

- Difficile d’en être sûr avec l’autre qui s’excite.

- Les egarcots… ils rampent sous ma peau… se plaignit Dangorn. Non… pas les fesses, s’il vous plaît ! je vous donnerai de la phynance !

- Merdre ! va-t-il se taire enfin ?

- Je crois bien que nous y sommes, Hélinand. Si notre plan est juste, c’est ici qu’il faut creuser. Tu as les petites cuillères ? »



***

Après avoir descellé quelques pierres de la petite salle voûtée où ils étaient parvenus, et traînant toujours derrière eux le comte Dangorn, Hélinand et Eustache entamèrent leur tunnel.


« C’est à mon tour de me faire des idées ! murmura Hélinand, la voix mal assurée. Voilà maintenant que j’entends creuser sur ma gauche.

- Sans doute un écho, grogna Eustache, donnant de grands coups de sa cuillère qui soudain rendit un son dur : il venait de cogner une pierre.

- Ça y est ! exulta Hélinand. Nous avons touché le mur de la Sainte Cave !

- Eh oui, baron Louie, triompha Eustache en délogeant un à un les moellons pour se ménager un passage. Rien ne sert de garder sa porte quand les ribauds passent par les murs !

- Pardon, messeigneurs, intervint le comte lorsqu’il eut pénétré dans la cave à leur suite, où sommes-nous donc ?

- Heu… ce sont les toilettes, répondit Hélinand.

- Ah, ça tombe bien, »
fit le comte, qui s’éloigna dans un coin sombre, et ce qu’il y fit, c’est son affaire.


La lumière tremblotante de leur lanterne révélait par endroits la teinte plaisante et sombre du bois des barriques, et çà et là le discret reflet du verre d’une bouteille. Eustache alluma une torche et la flamme éclaira la Sainte Cave jusqu’au plus haut de ses voûtes majestueuses. Devant eux, une mer infinie de tonneaux disparaissait dans les ténèbres.


« Pissemerdre et cornes-au-cul, lâcha Eustache, le souffle coupé. Penser que tant de chevaliers se perdirent corps et âme sous le château du baron dans l’espoir de poser seulement un regard sur ces lieux…

- Hé là ! s’exclama Hélinand, empoignant rudement une silhouette sombre qui venait de s’introduire discrètement dans la cave à leur suite. Où vous croyez-vous ? C’est un tunnel privé. Vous n’avez pas à y passer. Puis d’abord, qui êtes-vous ?

- Mon nom est Fulbert, mais ce qui est importe, c’est que je sais tout. Je vous ai vus. Vous vouliez garder tout le vin pour vous ; cela n’est pas chevaleresque.

- Ah, mais vous n’y êtes pas du tout, protesta Hélinand. Ce n’est pas nous, c’est le comte Dangorn. Nous, nous l’avons juste suivi pour essayer de le convaincre que voler est mal.

- Les egrascots ! non, pas par là ! pas dans les fesses ! hurla Dangorn.

- Hm, bon, d’accord, vous pouvez rester. Mais c’était notre idée.

- Et notre tunnel, renchérit Eustache en montrant sa petite cuillère.

- Oui. Alors vous attendrez votre tour pour vous servir, il n’y a pas de raison.

- Nous l’enfermerons dans le premier tonneau que nous trouverons vide, » chuchota Eustache à son compagnon.



Mais soudain, une dalle se souleva juste sous les pieds d’Eustache, qui trébucha, et il en jaillit un nain crachotant et couvert de poussière.


« Ah, non, fit Hélinand. Un resquilleur, cela suffit. C’est nous qui pillons la Sainte Cave, pas vous. Nous étions là avant.

- Alors c’est à vous, le tunnel qu’on a croisé en creusant le nôtre ? répliqua tranquillement Rorganson Barbe d’Airain, en aidant un de ses comparses à sortir. C’est bien du travail d’humain. Vous y êtes allés avec des petites cuillères, ou quoi ?

- Non, répondit Eustache, cachant derrière lui sa petite cuillère. Pas du tout. D’ailleurs ce n’est pas la question.

- À bien y réfléchir, ce n’est peut-être pas plus mal ainsi, fit Hélinand. Il y a ici assez de vin pour tout le monde. Et si nous nous enfuyons ensuite chacun de notre côté, les gens du baron ne sauront plus où donner de la tête. Tous au bordeleau 1537, compains !

- Un instant ! gronda une voix d’outre-tombe, résonnant depuis le fin fond des ténèbres. Qui ose pénétrer dans la Sainte Cave de Havras ? Qui prétend s’introduire en ce lieu sans seulement s’essuyer les pieds ?

- Nous nous sommes essuyé les pieds, assura Hélinand, la voix tremblante. Je suis… heu… ça ne vous regarde pas. Et d’abord, vous-même, qui êtes-vous pour poser ce genre de questions aux honnêtes gens ?

- Je suis Hinard, le Saint Recteur de Cave mirifique du baron de Havras, l’éternel Gardien des Bouteilles et Tonneaux pour les siècles des siècles.

- Les légendes sont donc vraies ! s’effraya Eustache.

- Eh bien, fit Hélinand, rassemblant tout son courage, monseigneur Saint Pinard, digne rectum de la Sainte Cave ou je ne sais quoi, vous allez bien vite me foutre le camp, sans quoi je me verrai dans l’obligation de vous couper les oneilles. Ah, mais.

- Comment, vermine ? tonna saint Hinard, sortant des ombres armé de pied en cap. Pour ton impudence, je te vais marcher sur les pieds.

- Oui, enfin, ne vous énervez pas non plus. D’ailleurs, nous, nous n’y sommes pour rien. C’est le comte Dangorn qui a tout fait. Avec l’aide de ces nains, là.

- Par la barbe de mes aïeux ! jura Rorganson. Tu mens ! »



Saint Hinard leva son épée redoutée, Rorganson allait se ruer sur Hélinand, quand une bonne moitié du plafond s’effondra d’un coup. Une montagne de tonneaux fut jetée à bas, et beaucoup crevèrent, répandant le noble liquide tandis que la cave s’emplissait de vapeurs alcoolisées. Par le trou béant de la voûte, on distinguait la pointe de quelque foreuse géante de bois et de métal. Une ignoble petite créature à queue et figure de rongeur en jaillit, couina de peur à la vue de tout le monde qui l’attendait, les yeux écarquillés, mais fut bientôt entourée par une horde d’hommes-rats.

La bataille pour la Sainte Cave avait commencé.


*******

Dans les couloirs de Havras, un homme suspect avait suivi Fulbert le vaniteux dans sa quête de la sainte cave qui lui même suivait un petit groupe d'hommes pas très futés qui creusaient avec les petites cuillères.

L'homme mystérieux, qui était en fait un agent de l'inquisition impérial, se dit « ces idiots, me mèneront sûrement au plus grand lieu de débauche de la baronnie, il est de mon devoir de les suivre et de détruire la sainte cave ».

Il attendit longtemps avant de descendre dans l'étroit tunnel histoire de prendre de la distance entre lui et ceux qu'il suivait. Arrivé au bout de la galerie, il se retrouva dans la sainte cave. Le groupe de voleurs était entrain de discuter avec un nain.
L'inquisiteur se faufila discrètement derrière les tonneaux pour ne pas se faire repérer.
« Quand le moment sera venu, je ferai tout exploser avec les étranges grenades que l'ordre a chapardé aux inquisiteurs-éleveurs de hamsters bretonniens».

Mais il y avait encore un homme dans cette cave, il se nommait Hinard et se présenta comme le protecteur de la Sainte Cave.
Voyant que la situation dégénérait, le répurgateur en profita pour sortir la singulière grenade de son manteau, il tenta de se rappeler jusqu'à où il devait compter avant d'envoyer l'explosif, mais il n’eut pas le temps. La terre trembla et le plafond de la Sainte Cave s'écroula sur lui et une horde d'hommes-rats fit son apparition. La Sainte Grenade roula entre les tonneaux, sa Sainte Goupille était toujours à sa place...



*******

Ayant ressentie la secousse, une troupe de chevaliers paniqués, vêtus et armés à la va-vite, filait à toute berzingue dans les couloirs de la citadelle.
A leur tête se trouvait Armand de Patanelle, capitaine autoproclamé d'une troupe d'élite connue sous le nom des gardiens de la Saincte Cave qui marchait au complet à sa suite.
Tournant à droite au pas de course, dévalant un escalier, puis un autre, remontant par un troisième et traversant moult coursives, ils cheminaient la peur au ventre, craignant pour leur lieu saint.

Après une nouvelle série d'escaliers en colimaçon, ils arrivèrent devant une large porte de bois et se mirent à y tambouriner avec fougue.

« Ouvrez ! Ouvrez sur-le-champ au nom du baron et de la Dame ! s'époumona le chevalier de Patanelle. Nous savons que vous êtes ici, dans la Saincte Cave et nous allons vous marcher sur les pieds céans !»

Un instant passa et un silence pesant régnait dans ce couloir faiblement éclairé par la lueur des torches.
Soudain, un bruit de serrure et de verrou résonna, mais la porte ne s'ouvrit nullement.
Il y eut un deuxième bruit similaire, puis un troisième. Enfin, l'ouverture se fit et un vent frais accompagné d'une odeur de moisissure vint fouetter les visages crispés des gardiens de la saincte cave, prêts à en découdre.

Pourtant, à la consternation générale, ce n'était pas une compagnie de brigands qui leur faisait face mais le vieux Bernard, gardien du savoir et maître érudit de Havras.

« Ah ! Coquin ! Vil pendard ! lui lança sire Armand en l'attrapant par le col. Ainsi donc, tu montres ton vrai visage !
- Hé, mais qu'est-ce que ceci ?
s'offusqua le vieil homme qui en aurait souillé ses chausses si son incontinence ne l'avait déjà pris de court quelques minutes auparavant.
- Tu oses protester, vieux bouc, alors que nous te trouvons à demi-nu dans la Saincte Cave à commettre quelque horrificque et impudicque exaction ?
- Mais, c'est à dire que... vous êtes ici dans ma chambre, répondit le vieil homme bien embêté.
- Tu te joues de nous ? s'emporta de plus belle le chevalier. Nous sommes les Gardiens de la Saincte Cave, penses-tu que nous ne savons pas la trouver ?
- Eh bien, messeigneurs, l'entrée ne s'en fait pas par cette aile et elle se trouve trois niveaux plus bas !»

Réalisant qu'ils gardaient la mauvaise porte depuis près d'une décade, Armand relâcha sa prise et se perdit en excuses.
Bientôt, une nouvelle déflagration fit trembler tout le château, mais les gardiens étaient trop loin et trop perdus pour intervenir...

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Mar 6 Jan 2015 - 19:07

Le comte de Castagne sortit son visage du trou des latrines, écarta une mèche de ses cheveux blancs qui était restée collée sur son front en sueur, s'essuya un reste de vomi au coin de la bouche d'un revers de sa main gantée de cuir, et défourailla sa lourde épée ornementée.

"Noble Hinard, n'escoutez point ces cuistres, ils mentent ! J'ai tout vu, ce sont les esgracots qui ont fait le coup. En vérité je vous le dis, ils ont tenté de me violer l'arrière-train et d'escamoter le vin de la Saincte Cave ! Arrière, gluants dévôts de Bavmorve !"

Le plafond s'écroula alors en partie, et il tomba nez-à-nez avec des gros rats humanoïdes marchant sur leurs deux pattes arrière. Le spectacle était à la fois grotesque et terrifiant, pour quelqu'un n'ayant jamais vu de skavens de sa vie, ni même prêté une oreille attentive aux quelques racontards parlant d'hommes-rats peuplant le sous-sol.

"Diantre !" s'exclama-t-il, et il eut tout juste le temps d'éviter la lame rouillée que l'un d'entre eux maniait comme un sabre.



***


Grundark errait depuis une bonne heure dans les couloirs du château. Ces pérégrinations étaient le fruit de plusieurs raisons. Tout d'abord, il s'était rendu compte de sa méprise lorsqu'il avait remarqué les oreilles de Vulva choir sur le sol après qu'il lui eut donné plusieurs coups avec sa masse.
Depuis, il avait récupéré l'Hydrousson est paraissait très perplexe sur la conduite à adopter.

-C'te boule ed'poil n'est pas un "skaveune", observa-t-il, y faut que je continue ed'chercher. Eh eh eh! Mais quoi que je fais de c'truc ?

Se rendant compte qu'il commençait à manquer de gnoblars, il avait pris le parti d'employer l'improbable peluche comme appoint. Puis il s'était mis en quête de sa proie.

Il avait maintenant atteint, plus par hasard que par méthode, les niveaux les plus bas du château quand il remarqua un tunnel.

Son esprit élabora alors une hypothèse qui lui sembla lumineuse.

"C'te sale engeance aime creuser, kom des nabots. C'te ratiche a voulu s'débiner par là. Sûr de sûr. GRUNDARK va le suivre et lui tomber sur le râble. Puis après: à la boustifaille !"

Grundark s'engagea ainsi dans le tunnel qui était à peine assez grand pour lui. Employant ses mains robustes, il élargit le diamètre tout en avançant, faisant preuve d'une vitesse à faire pâlir les meilleurs excavateurs nains.

Lorsqu'il déboucha à destination, quelle ne fut pas sa surprise. Il y avait effectivement des skavens parmi lesquels il ne désespérait pas de trouver sa cible. Mais il y avait un groupe de nains et d'humains qui s’apprêtait à les affronter.

Ces derniers se lamentaient, pestant contre leur sort :

- C'en est trop ! On ne va pas laisser cette vermine s'emparer du moindre tonneau. Avec moi Hélinand !

- Fis donc ! Mettons d'abord au point un plan avec ces nains. Lui répondit l'autre qui tentait à la fois d'échapper à la hache d'un nain et à la lame d'un autre bretonnien.

- Pas si vous admettez votre odieux mensonge ! Tempêta le nain. De toute façon, on n'a pas besoin de vous pour leur mettre la pâté.

- Je m'occupe de ces rats dès que j'ai fini de te corriger, présomptueux effronté, prononça de manière ombrageuse du troisième bretonnien.

- On ne pourrait pas voir ça ultérieurement, proposa un dernier bretonnien d'un blond éclatant qui avait autant l'air narquois que hautain, à moins que vous ne vouliez me laisser commencer sans vous.
Puis avisant l'ogre. Je vois que la compagnie s’agrandit. à ce rythme, c'est tous le Vieux Monde que l'on va voir débarder dans cette Saincte Cave !


Pendant que le premier bretonnien poussa un juron devant sa présence, Grundark avisa les lieux et réalisa non sans un grand plaisir où il se trouvait. Repensant à sa double défaite, lors du tournoi puis face au nordique, il estima que les choses commençaient enfin à devenir plus sympa.

Il s'avança donc vers les skavens qui semblaient passablement inquiets par la tournure des événements et cette défense imprévue.



***


Dangorn sembla dessaouler instantanément sous l'effet de l'adrénaline. Une colère sans nom se lut sur son visage lorsqu'un des rats bipèdes tomba lourdement sur un tonneau à moitié plein, et son contenu se déversa sur le sol. C'était du vin de Cervencouille, l'un des meilleurs de surcroît.

"Protégez les tonneaux !"

Un combat acharné débuta, les participants du tournoy oubliant leurs différends et s'unissant au sein d'une même faction, aidés par Sainct Hinard, pour combattre les choses-rats qui pénétraient le sanctuaire du Baron de Havras.



***

Grundark ne comprenait pas grand chose à ce qu'il se passait sous ses yeux. Dans le doute, il chargea, la masse au dessus de la tête.

« Anthrax ?» demanda-t-il a un skaven apeuré qu'il souleva d'une main au dessus du sol. Mais en l'absence de réponse, il balança la créature qui s'éparpilla contre un mur.

Saisissant un autre skaven, il réitéra l'opération... il finirait bien par trouver le bon ou, au pire, il n'aurait qu'à tous les tuer.



*******


Jean Coteaz était inquiet, il redoutait le pire. Il s'attendait à ce que de nouveaux répurgateurs viennent à Havras comme lui avait annoncé leur chef à l'infirmerie. En marchant dans les rues il croisa le shérif et il l'interpella.

-Shérif, vous n'avez rien de nouveau ?
-A propos de vos inquisiteurs ? Non rien, mais ne vous en faites pas, j'ai doublé la garde.
-Vous en êtes sûr ? Je n’ai pas vraiment vu de changement.
- Pour qui me prenez-vous ? Je sais ce que je fais, j'ai exceptionnellement rajouté les soldats Filbert le puant et Jean Cule à la patrouille.
-Doubler ne veut pas dire rajouter 2 hommes bon sang !
-Ne me donnez pas de leçon, nous connaissons notre travail ! De plus vous puez l'impérial ! Bon, maintenant je retourne festoyer à la taverne avec la garnison, c'est jour de festin à Havras, vous n'avez pas intérêt à troubler l’ordre publique comme l'austre jour.

-Bah! Nous n'avons pas besoin de ces incapables pour nous amuser avec les inquisiteurs, ricana Hjalmar qui arrivait du tournoi et qui venait de suivre la discussion. La finale était géniale, vous avez raté quelque chose l'ami.
-Normalement il n'en reste que cinq ou six dont un qui a infiltré le château, après je ne sais pas s'il a l'occasion d'y sortir. Mais j'ai peur qu'ils n'y en aient d'autre qui afflue.
-Peu importe leur nombre, nous les briserons, à deux nous sommes invincibles ! Le seul problème c'est que ces lâches se cachent, hors de notre portée…
-Ils veulent toujours vous éliminer et viendront d'un moment à l'autre, je vous côtoie uniquement dans ce but, sachez-le.
-Peu importe, il faut fêter la fin du tournoi, allons dans une taverne, j'ai grand soif.



Alors qu’ils rentrèrent dans la taverne la plus proche. Ils eurent la surprise d'assister à un affrontement entre un chevalier et des répurgateurs. Le chevalier avait déjà vaincu deux hommes en noir.
A la vue de Jean Coteaz des Entommeures et Hjalmar Oksilden, les inquisiteurs prirent la fuitent en direction des fenêtres, mais le nordique était trop rapide et en décapita un avec sa hallebarde, puis empala l'autre avec la pique de son arme. Le prêtre guerrier et le chevalier poursuivirent le dernier agent mais ce dernier était trop rapide, il sauta par la fenêtre et s'enfuit au pas de course dans les rues.

Jean se demandait pourquoi les répurgateurs en voulaient après le chevalier et lui demanda s'il connaissait la raison de cette agression. Le chevalier répondit :

-Je cherchais des informations sur l'étrange chevalier sans corps du tournoi et je trouvais ces hommes en manteaux sombres très louches, et voulais les questionner. Je crois que eux aussi en avaient après le chevalier mystère et en leur parlant de ce sujet ils ont dû croire que j’étais lié à lui. C’étaient des répurgateurs de l'Empire n'est-ce pas ?

Hjalmar reconnut le vaillant chevalier et lui lança :

-Vous êtes Silvère de Castagne ? Vous étiez inscrit dans la compétition à pied n'est-ce pas ?

Son interlocuteur acquiesça aux deux questions.

-Comme le tirage au sort ne nous a pas fait nous rencontrer, ça vous dirait un petit duel ? J’aimerais combattre le plus de participants du tournoi avant de partir.


Silvère ne se laissa pas entrainer sur ce terrain :
"Navré le Nordique, mais j'ai des affaires plus urgentes. Ces répurgateurs possèdent les informations qu'il me faut pour trouver ce mystérieux chevalier, et je ne peux laisser passer ma chance. Je pars à la poursuite du survivant sur le champ."

Le prêtre guerrier approuva :
"Il nous faut le suivre sans attendre, celui-ci nous mènera sans doute aux autres, et nous pourrions ainsi éviter qu'ils ne troublent l'ordre de la cité."

"Dans ce cas, je vous accompagne. Peut-être aurons-nous l'occasion de nous affronter une fois cette affaire réglée ! N'est-ce pas, Messire bretonnien ?" s'enthousiasma Hjalmar.
"Sans doute, sans doute...
" éluda le chevalier en se précipitant sur les traces du fuyard, et se demandant quel compagnon bien encombrant il venait de se trouver là.

Et c'est ainsi que cet improbable trio entama une traque dans les ruelles d'une cité en pleine festivité, afin de remettre la main sur le répurgateur restant.



***

Le répurgateur s'empressa d'atteindre les portes de la ville.
« Par Sigmar, j'espère que les renforts viendront bientôt, tous mes hommes ont été battus. Il ne reste plus que moi et l'agent Dreihundertundzwanzig qui a infiltré le château. De plus ces fous furieux sont à ma cheville. Ça craint ! »

Il vit un étrange homme encapuchonné arriver en ville, il le prit pour un membre de l'ordre du marteau d'argent. Ce dernier s'approcha de lui ce qui eu effet de le rassurer. Il lui envoya discrètement :
-Ce n'est pas un endroit idéal pour discuter, allons dans la petite ruelle là bas, nous n'y serons pas dérangé.
Le nouveau venu le suivait en silence. Pour le répurgateur, il avait tout les traits d'un grand inquisiteur, l'ordre lui aurait confié un de ses meilleurs agents.

Arrivé dans l'étroite ruelle, l'homme à la capuche dégaina son épée au grand étonnement du répurgateur. Ce dernier le questionna sévèrement :
-Mais qui êtes vous par Sigmar ?
- Ta gueuuuule, sale payday ! Maroufle !
répondit l'autre sans ménagement en chargeant le malheureux répurgateur trop pris au dépourvu pour sortir son arme.

- Messire, notre plan pour remporter le tournoi a échoué ! dit un personnage qui sortit de l'ombre pour se porter au contact de l'encapuchonné à l'épée sanglante. Mon automate... a échoué.
- C'était un plan de merde pour commencer ! rugit l'autre. Il est temps de faire payer ce baron je-sais-tout et ses amis les enculeurs de mouches. Trop longtemps ils m'auront traité de mangeur de vomissure de chien !
- Nous sommes prêts, monseigneur. Tous les bannis, les accusés de nécromancie et de sorcellerie, ainsi que tous ceux qui auront eu à subir la tyrannie de ces "puissants" à la virilité douteuse, sont là. Edwin, Gauthier, l'Excommunié, Almeric de Montcornet, Estienne d'Albion, les barons Vavard et de Mâchicoulis, Yoda soixante-huit, Romzo, Thoms, l’Increvable et les autres n'attendent que votre signal pour entrer dans la forteresse.
- Bien ! Ils vont regretter d'avoir laissé les portes ouvertes de nuit en raison de leurs festivités,
ricana le Loup blanc d'Yssoudun en relevant son capuchon. Et ils vont regretter de m'avoir tiré dessus au trébuchet l'autre jour, aussi.
- Bien messire, mais nous devrions quand même garder un œil sur l'Increvable... je crois qu'il veut violer ses camarades.
- Non... ça c'est bien !

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Jeu 15 Jan 2015 - 2:05

Quelques heures plus tôt...

Au cinquième matin, alors qu’il sortait d’une énième gargote puante comme il y en a tant en cette baronnie, Evrard fut soudain empoigné par un homme énorme et balafré. Il se débattit un peu, mais se retrouva en un rien de temps la tête collée au pavé, maîtrisé, incapable de faire le moindre geste. En tentant de lever un peu les yeux, il vit apparaître une petite face barbue et maligne, qu’il ne reconnaissait que trop bien. C’était l’usurier.

« Sire Evrard, je vous salue bien bas, dit-il en s’esclaffant tout seul. Malgré mon aspect avenant et la politesse excessive de mon homme de main, sachez, très cher, que je ne suis pas très content. Voilà maintenant deux semaines que j’ai prêté. Si je reprends votre contrat, il y est stipulé que la somme devait être rendue sous cinq  jours. J’estime avoir suffisamment patienté pour réclamer mon dû. »

Evrard se mordit les lèvres. Accaparé par la recherche d’Anton qu'il ne trouvait plus depuis plusieurs jours, il en avait oublié d’aller renégocier le prêt.

« Je suis désolé très cher, balbutia-t-il, mais je n’ai pas un sou vaillant sur moi. Je crains de ne pouvoir vous payer tout de suite.
-Comment ? mais n’aviez-vous pas dit que les coffres de votre famille étaient pleins et qu’ils vous porteraient la somme sous peu ? »


C’était un mensonge d’Anton. Ni l’une ni l’autre de leurs maisons n’avait de quoi les entretenir si grassement. Quant au marquis des Quatre vents, leur suzerain, il n’avait déjà que trop donné pour le voyage, et préfèrerait sans doute voir ses mauvais sujets au pilori que d’ouvrir une fois de plus le coffre. A la mine dépitée d’Evrard, le nain répondit :

« Vous savez, cela ne concerne pas que moi. J’ai des affaires à diriger moi. Que deviendrais-je si tous mes créanciers s’asseyaient sur leur dette comme vous le faites ? Je ne puis tolérer la moindre incartade de la sorte, et vous ne seriez d’extraction noble, je vous aurais déjà brisé les genoux. Mais je sais que votre emprunt concernait le tournoi. Et à dire vrai, j’ai assez profité de la publicité de mon mécénat pour me montrer magnanime. Aussi, je me contenterai de vous livrer à la justice du pays. Le baron de Havras tranchera lui-même l’affaire. »

Evrard souffla un peu. La solution n’était pas si mauvaise. Le baron de Havras était un noble Homme  qui connaissait ses devoirs envers ses frères. Il serait bon et on trouverait toujours un arrangement. Il se laissa donc amener sans trop de résistance jusqu’au château.



***

C’était justement jour d’audience. L’intendant avait difficilement obtenu que le baron écoutât un peu ses sujets, qui attendaient depuis fort longtemps pour lui rabattre les oreilles avec leurs problèmes. Impatienté, le baron expédiait  les affaires à coups de sentences lapidaires, et tous remarquaient sa fort mauvaise humeur. On put donc aisément s’imaginer qu’il ne fut guère ravi de voir arriver l’un des participants de la joute, traîné là par l’usurier. Non qu’il estima ce grippe-sous sans scrupule, mais il avait eu souvent affaire à lui par le passé, et il avait d’ailleurs bien quelques dettes privées qui couraient, en attente d’une liquidation complète.

« Maître nain, voilà longtemps (pas assez hélas) que je ne vous avais vu. Que me vaut le plaisir ? Et surtout, pourquoi accompagnez-vous ainsi monsieur…. euh…. ce participant de mon tournoi ?

-Lui et son ami me doivent, sire. Et une belle somme. Je suis trop reconnaissant de votre saincte autorité pour me faire justice moi-même. Aussi vous livré-je la crapule et le soumet à votre jugement.

- (Encore) un noble sans argent ! Voilà qui est fâcheux ! Vous montrez mal l’exemple monsieur…. de la Combe (dit-il sans remercier Thomas qui lui soufflait désespérément le nom à l’oreille). Vous déshonorez votre maison mon petit, et votre suzerain aussi. Vous ne méritez pas que je m’attarde sur votre sort. D’ailleurs, je suis pressé car on dresse la table. Mettez-moi ça au cachot. Il sera décapité à l’aube sur la place de grève.

-Mais… objecta Evrard, abasourdi par la gravité de la sentence

-Mais… objecta le nain, qui estimait que ce n’était pas là la meilleure manière pour être payé
-ET QUE L’ON NE ME CONTREDISE PAS !!!! tempêta Havras. JUSQU’A PREUVE DU CONTRAIRE !  JE SUIS ENCORE LE CHEF ICI ! VOUS,AU CACHOT ! ET VOUS, CONSIDEREZ CE QUE CE SERVICE VOUS AMENERA SANS DOUTE A ME RENDRE. »
Il accompagna ces mots d’un geste de manche, comme pour effacer une ardoise. L’usurier n’avait que trop bien compris.
« ET MAINTENANT, FINI LES DOLEANCES. A TABLE ! »

Evrard fut jeté sans ménagement au cachot. Quant au nain, une fois sur le pavé de la rue, il se retrouva bien dépité. Une décapitation était un bien maigre gain pour le prix de deux créances…



***

Le cachot était lugubre et triste. Les gardes firent tourner les clés de la porte, et jetèrent le prisonnier. Il lui fallut un peu de temps pour que ses yeux s’habituent à l’obscurité. Et un peu de temps aussi pour percevoir le faible ronflement provenant de la banquette.

C’était Anton. Evrard ne sut s’il ressentait la joie d’avoir retrouvé son ami ou le désespoir de la savoir lui aussi prisonnier. Il le réveilla promptement :
« Hein ? quoi ? Ah, Evrard ! C’est toi ? Et pourquoi diable interromps-tu ma sieste ?
-C’est fini mon bon ami. C’est le seigneur lui-même qui m’a condamné. Demain, je perdrai la tête.
-Et moi ils veulent me pendre. Mais ça ne m’étonne pas. Toi tu présentes bien, tu fais noble. Tandis que moi, tout le monde me rit au nez lorsque je dis que je suis un aristocrate. Je me serais résigné à mourir comme un vilain, mais puisque tu es là c’est différent. »


Il sauta au bas de sa couchette, et se mit aussitôt à gratter la terre.

« Que fais-tu encore ?
-Je creuse. Je ne pourrais me résoudre à ce que tu finisses décapité à cause de moi. Mais ne reste pas planté-là, viens m’aider !
-Anton, nous mourrons demain matin et nous sommes loin sous terre, le temps de creu... »


Il n’eut pas le temps de finir. Tout à coup, un bruit d’effondrement se fit entendre, et le sol de la prison glissa comme s’il était aspiré par un trou.

En un rien de temps, les deux amis se relevèrent, et époussetèrent leur habit. Ils étaient dans une galerie large et basse, récemment creusée au vu de la fraîcheur de la terre. Ils inspectèrent quelque peu, et résolus à percer le mystère, ils s’enfoncèrent dans les profondeurs.

Ils n’eurent pas à ramper bien longtemps avant d’entendre deux voix qui crissaient dans l’obscurité :

« ça venait d’iccccci. Un effondrement sssssans doute. Allons voir.
-Non, allons prévenir les foreurs. L’armée ne tardera pas à arriver. Et nous ssssserions dans de beaux draps sssss’ils se retrouvaient bloqués par la terre. »


Ils n’eurent pas de peine à reconnaître le dialecte skaven. Ils réfléchirent un instant. Une armée ? ici ? Ils se remémorèrent la présence d’Anthrax, sa défaite au tournoi. Pour qu’un rat se mêle aux choses des hommes, il fallait qu’il se passât quelque chose de louche.

« Il faut prévenir Havras ! » s’écrièrent-ils de concert.

Ils rebroussèrent chemin et remontèrent la galerie. Les ramifications étaient nombreuses, mais ils finirent par trouver une sortie, menant dans la campagne proche de la lice.



***

Il s’était passé peu de temps entre l’audience et les événements sous la terre. Le baron de Havras avait tout juste eu le temps de revenir des latrines pour se mettre à table. Il entamait à peine sa troisième poularde et son cinquième verre de Bordeleaux, lorsqu’un grand fracas semblable à une explosion retentit dans tout le château.

« Que se passe-t-il encore ? » grommela-t-il
- Il semble y avoir de l'agitation dans les étages inférieurs, mon aimé, répondit calmement dame Nantilde. Vos ecervelés "gardiens de la Saincte Cave" sont partis s'y rendre voilà plusieurs minutes.
- Vraiment ? Et pourquoi diable suis-je donc le dernier informé ?
- Ne vous l'avais-je pas dit plus tôt ? dit la noble dame en foudroyant son époux du regard.
- Hum... eh bien... c'est à dire que... sans doute, entreprit de répondre le baron. Vous savez, avec toutes ces charges, ma mémoire n'est plus ce qu'elle était.
- Ah ! Ne vous fatiguez pas, Louie, trancha net la baronne. Je sais encore reconnaître quand un autre que vous est assis auprès de moi. Vous avez encore utilisé votre stupide doublure toute la journée pour les doléances, n'est-ce pas ?
- O... oui, répondit le baron Louie, penaud.
- Nous en parlerons une autre fois ! promit la belle Nantilde.
- S'il le faut... geignit le malheureux baron.
- Vous ne changerez jamais, constata la dame dans un soupire simulé. La chose qui m'étonne, c'est que vous ayez laissé ce sosie prendre votre place pendant la première partie du banquet.
- Je m'étais endormi dans l'armurerie, avoua simplement et tristement le baron.

C'est en jetant un coup d’œil rapide à la salle que Louie réalisa qu'une chose clochait vraiment car, si inquiétante qu'elle fut, l'explosion ne l'avait pas suffisamment motivé pour le faire quitter sa chaise. Dangorn n'était pas assis à sa place et lorsque leurs regards se croisèrent, le baron Guilhem se détourna vivement.
Un odieux coup était sans doute en train de se jouer. Le baron en était sûr à présent. D'un geste lent et peu maîtrisé, il se leva et quitta discrètement la salle de banquet, entraînant dans son sillage les plus grands de ses vassaux.



*******

La bataille faisait rage dans la Saincte Cave. Partout, Skavens, Nains et pernicieux voleurs se battaient dans le plus grand désordre, recevant pour certains d'entre eux quelque juste correction de la part de Saint Hinard ou du grand Grundark.

« Ils sont trop forts ! Nous devons fuiiiiir !» lança un homme-rat à celui qui devait être le chef de l'expédition. Mais ce dernier se retrouva la tête fauchée par un coup d'épée avant d'avoir pu donner le moindre ordre.
Pris de panique, les Skavens couraient en tous sens, massacrés où qu'ils aillent. L'un d'entre eux, rampant comme une carpette, bouscula la saincte grenade qui atterrit aux pieds de Dangorn.
Ce dernier, occupé à combattre en sautillant, repoussa dans un sens et dans l'autre l'objet qu'un poindre choc pouvait activer.
Entreprenant l'une de ses plus belles bottes artistiques, sire Dangorn envoya valdinguer l'objet d'un coup de pied pour le faire arriver aux pieds de Sainct Hinard qui s'en empara pour l'examiner.
Demeurant un long moment perplexe, le noble chevalier du Graal sembla reconnaître la chose et dit: « Une noix de coco ? ».
Mais comme il ne voyait que peu d'intérêt à l'objet, il le lança purement et simplement, le faisant atterrir à proximité de Grundark qui était alors occupé à piétiner les hommes rats de ses vastes bottes.
Ses pieds massifs manquèrent l'objet une première fois. Puis une seconde. A la troisième, son pas fit trembler le sol avec suffisamment de force pour faire s'envoler au loin skavens, tonneaux... et grenade.

Après un moment de glissade le long d'une rigole de vin gâché, la saincte grenade parvint aux pieds d'un nain qui la ramassa.
Ne sachant ce dont il s'agissait et déterminé à faire une pause au milieu de la bataille, il l'utilisa pour tasser l'herbe de sa pipe.... déclenchant son mécanisme.

Moins de cinq... pardon, trois secondes plus tard, la déflagration retentit dans toute la Saincte Cave.


*******

« C'était quoi, ça ? demanda Evrard à son camarade.
- Est-ce que je sais, moi ? répondit Anton d'un ton très sec.
- Tu crois que cela venait des hommes rats ?
- Ça ou alors le baron d'ici cache une armée de dragons dans sa cave.
- Alors dépêchons-nous de le trouver.»


Ils traversèrent un profond et sombre couloir, puis un second. Au troisième, ils arrivèrent par miracle devant une troupe de nobles seigneurs qui couraient l'épée à la main. A leur tête se trouvait le baron de Havras.
Considérant que leur chance avait enfin tourné dans le bon sens et convaincu, grâce à cette explosion subite, qu'ils pourraient plaider leur affaire sans risquer de retourner au cachot, ils mirent genou à terre et Evrard parla.

« Noble sire ! Nous avons découvert la plus odieuse des affaires en votre bast...»

Cependant, il termina pas son explication et se fit marcher dessus par la troupe.

Avant de sombrer dans l'inconscience, il entendit simplement Anton dire « pays de merde...».


*******

Silvère de Castagne, Jean Coteaz et Hjalmar coururent dans les rues de la cité jusqu'à un croisement où ils s'arrêtèrent essoufflés.

-Ça ne sert à rien de continuer, dit l'archidiacre entre deux souffles, ce répurgateur est plus rapide que nous.
-Aurait-il pris la fuite ? demanda Silvère. Les portes de la cités de Havras se trouvent juste devant nous.
-Ça ne m'étonne pas d'eux, ces répurgateurs ne sont que des lâches ! Intervint Hjalmar.
-Je crois voir un chevalier venant d'arriver en ville, dit Silvère en pointant du doigt la porte ouverte de la cité, demandons lui s'il n'a pas vu un répurgateur sortir il y a peu.


Les trois compagnons s'approchèrent du grand chevalier, il était monté sur un destrier blanc, son armure était dorée et sa chevelure semblait briller. Nul doute que cet homme était un chevalier du Saint Graal. Silvère de Castagne jugeant que seul un bretonnien pouvait entretenir une conversation avec un saint vivant prit l’initiative de l’appeler.

-Que la Dame me pardonne si je vous importune noble sire, je me nomme Silvère de Castagne et, si vous me le permettez, j'aimerais vous poser une humble et rapide question.
-Faites donc l'ami, en retour je me permettrai de vous en poser une autre.
-Fort bien. Nous sommes à la poursuite d'un homme portant un grand chapeau brun et d'un manteau noir, il se pourrait qu'il ait fui la ville par le chemin que vous venez d'emprunter.
-S'agirait-il d'un vil répurgateur de l'Empire ?
-Cela même ! Vous l'avez donc aperçu ?
-Malheureusement non, mais j'aurais bien voulu le croiser. J'aurai pu lui demander s'il ne possédait pas ma Sainte Grenade. Les quarante répurgateurs que j'ai croisés il y a peu ne la possédaient pas, quelle tristesse. Voyez vous, il y a quelques semaines un inquisiteur impérial me l'avait volé d'une façon très sournoise.
-La Sainte Grenade ?! s'étonna Silvère.
-Quarante répurgateurs ?! s’exclama Jean.
-Mouais... maintenant qu'on a plus de trace de la cible, on fait quoi ? demanda Hjalmar fort peu choqué par les propos du chevalier.
-Qu'est-il advenu du groupe de répurgateurs que vous avez croisé ? Demanda l'archidiacre.
-Je ne supporte pas que les impériaux appliquent la justice de leur pays en Bretonnie. Je les ai puni comme il se doit. Ils ne méritaient qu'une mort lente et douloureuse.

Le chevalier du Graal dit ces derniers mots avec un dérangeant sourire.

N'importe qui pourrait ne pas croire aux propos du chevalier, vaincre seul un grand groupe d’assassins est hautement improbable, sauf pour des hommes de la bretonnie ayant tous eu vent des légendes des Saints Vivants ou pour un prêtre guerrier qui a massacré une horde de flagellants fanatiques à lui tout seul ou pour un nordique qui côtoie les grands seigneurs du chaos qui ont déjà fait bien pire...
Jean Coteaz était rassuré, l'arrivé de nouveaux répurgateurs a été empêché par ce saint homme à qui une puissance divine force le respect.

-Maintenant que j'ai répondu à vos questions nobles gens, pouvez vous me dire si vous n'avez pas vu une bande de vilains bannis séjourner à Havras ? Je les traque depuis plus d'un an déjà. Ils se remarquent assez aisément, ils sentent le troll des marais, insultent tous ceux qu'ils croisent, défèquent au beau milieu des chemins et ont forte tendance à agresser sexuellement les gens et animaux.
-Non. Et puis, si j'avais croisé de tels dégénérés, je les aurais déjà tous décapités, répondit Hjalmar.
-Ah... c'est dommage, je vais devoir les trouver par mes propres moyens. Merci beaucoup braves gens. Je vais devoir y aller, le devoir m'appelle.
-Attendez, ce pourrait-il qu'il y ait un vampire dans ce groupe de bannis ? demanda expressément Silvère.
-Je peux vous affirmer qu'il y a des nécromanciens, il est aussi très probable que certains soient des vampires.
-Dans ce cas, si cela ne vous dérange pas, je viens avec vous.
-S'il y a des hérétiques à éliminer, je vous suis, c'est mon métier. Intervint Jean Coteaz.
-Je sens que je vais encore m'amuser cette nuit, rit le nordique.
-Je préfère faire mon travail seul, répliqua le chevalier du Graal, mais vous pouvez venir regarder si ça vous amuse.
-Merci infiniment messire...
-Messire Maxence de Longueville, inquisiteur bretonnien autoproclamé de profession. Maintenant reculez, je vais utiliser les grands moyens pour trouver les éternels contrevenants. Dudu ! Va chercher !


Seigneur Maxence ouvrit une solide boîte en argent et un affreux monstre ayant la forme d'un hamster en sortit, poussant un cri à glacer le sang. L'inquisiteur bretonnien noua une laisse rouge autour du cou de la bête et s'agrippa à celle-ci. L'horrible Dudu entraîna son maître dans les rues de la ville en direction du château, suivi du trio improbable.

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MessageSujet: Re: [Les dix ans du forum] Le Grand Tournoi de Havras 2   Dim 18 Jan 2015 - 18:02

Les bannis se trouvaient devant les portes de la citadelle et attendaient pour faire leur mauvais coup.

« Mouhahahahaha ! Enf1 Leur de la Revange a sonner ! déclara un dénommé Kevin.
- J'approuve ! répondit un nécromancien à l'air douteux.


Spoiler:
 

- Et c'est quoi le signal ? demanda un troisième larron qui agaçait systématiquement les autres avec ses questions nombreuses et stupides.
- C Kan Le Lou Blan il di OK, répondit sire Kevin.
- Moi j'y vais quand je veux, putes ! rétorqua un dénommé "Increvable" d'une manière extrêmement agressive et vulgaire. Moi je vais aller enculer ces fils de con.
- Non, pas tout de suite ! tenta de le retenir un autre banni.
- Vous me cassez bien les couilles aussi, répondit toujours aussi grossièrement l'Increvable. Vous employez des mots compliqués et des expressions spécifiques pour vous faire croire à vous mêmes que vous appartenez à un quelconque milieux spécifique. Juste pathétique.
Vous êtes justes bon a vous branlez mutuellement sur vos conneries égocentriques. Le pire c'est que je suis sûr que la plupart d’entre vous êtes des énormes cas sociaux. Ce qui est même certain pour vouloir a tout prix briller sur un forum en exposant ces petites figurines de merde que tout le monde s'en branle.

Mais le pire dans tout ça c'est que vous êtes terriblement hypocrites et par conséquent terriblement menteurs. Sans compter que à vous  entendre on peut déceler aisément un fort penchant pour les pratiques érotiques homosexuelles. En clair vous êtes tous à moitié PD!* Juste comme les gars que vous vous voulez attaquer, quoi. Moi je me tire!»


[*Il s'agit là des vraies paroles de l'increvable avant son bannissement du foroume.Laughing]

Une explosion retentit soudain et les bannis, croyant y trouver leur signal, pénétrèrent dans la forteresse l'arme à la main.


********

Il y avait de la fumée partout dans la Saincte Cave. Les combats avaient cessé.
Encore chancelant sur ses bottes, sire Dangorn errait, à la recherche d'une sortie.
Il aperçut alors les chevaliers de La Tour s'affairer autour d'une tonneau qu'il essayaient de ramener à leur tunnel et se dirigea vers eux.

« Oh là ! Que se passe-t-il ici ?
- Hmm... tenta de répondre Eustache. Nous emportons ce tonneau pour le sauver de l'effondrement de la Cave. Il faut faire vite !
- Ah ! fit le comte. Laissez-moi vous aider ! Sauvons les tonneaux ! Nous en volerons après !»




*******

Partout dans la cour, les hérétiques et les comploteurs se déversaient en hurlant devant des gardes complètement dépassés par les événements.

Le baron et ses chevaliers couraient dans un sens, puis dans l'autres, ne sachant plus à quelle menace ils devaient se porter en priorité.

Attirés par le bruit, les quelques participants du tournoi à ne pas avoir encore quitté l'aile Est surgirent et alimentèrent un peu plus le chaos.
Des Skavens passèrent en couinant, suivis d'un ogre qui dévastait tout sur son passage.
Partout, des combats faisaient rage et l'on entendait au loin le bruit de la fête qui s'intensifiait dans la salle du banquet, rajoutant au côté grotesque de la situation.

Arrivèrent alors Fulbert le vaniteux et un guerrier nain qui tentaient de passer en douce avec un tonneau.

Tandis qu'il allait s'élancer sur eux l'arme haute, le baron Louie fut retenu par un cri dans son dos.

« HAVRAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAS! HAVRAAAAAAAAAAAAAAS!!! J'sais qu t'es là ! Bon, mes hommes ont investi le château trop tôt, mais on va vous casser le nez !»
- Ah ! le bouffeur de vomi ! cracha le baron entre ses dents. C'était donc lui qui était derrière tout ça, c'est sûr !


Mais alors qu'il allait se précipiter vers son ennemi, le baron se figea une nouvelle fois.
Attaqué par un hamster au regard fou qui lui dévorait hargneusement le cou, le Loup Blanc d'Youssdun, s'effondra en braillant.
Celui-là avait enfin le châtiment qu'il méritait.

Le chaos régnait partout. Grundark courait en cercles dans la cour à la poursuite des derniers Skavens, les chevaliers de Havras, rendus furieux par la présence des bannis et des voleurs de tonneaux s'étaient lancés dans le pugilat et les chevaliers de La Tour, accompagnés du comte de Castagne, tentaient de passer en loucedé, inconscients de la présence de Saint Hinard qui venait de franchir une porte dérobée pour arriver dans la cour, l'arme à la main.
Affligé, le baron de Havras se passa la main sur le visage.

Haut dans le ciel nocturne retentit alors une déflagration. La comète à deux boules apparut soudain dans un éclair aveuglant et vint s'écraser sur le maître des lieux qui n'eut que le temps de pousser un simple « Oh meeeerdre !».



*******

Dans la cour du château de Havras, toute activité avait cessé. Tous étaient à présent sur le dos ou sur le séant, parfois enchevêtrés avec leurs adversaires de la minute précédente dans d'impressionnants monticules de chair et d'acier.
En haut de l'escalier menant à la salle de banquet, la Dame des lieux et les invités étaient sortis et contemplaient en silence le spectacle désolant qui s'offrait à leur vue.

Nimbé de lumière, debout au milieu d'un cratère fumant, le baron de Havras se tenait fièrement, désormais vêtu d'un slip d'or étincelant.

« Bordel de Bordeleaux, c'est la fin des haricots ! lâcha-t-il triomphalement en balayant du regard sa cour dévastée. Me voilà l'avatar du Sainct Foroume et je m'en vais vous couper les zoneilles à tous !»
- Commencez donc par ranger vos bêtises, suggéra dame Nantilde.
- Mais, ma mie, gémit le baron... je suis devenu un avatar du Foroume. Ce n'est pas à moi de faire ce genre de choses ! Crying or Very sad

Mais devant le regard inflexible de son épouse, le baron n'insista point. Armé d'un balai et aidé de tous les fauteurs de trouble, il passa le restant de la nuit à nettoyer son château.

- C'est de la merdre comme fin, dit le baron Guilhem en balayant.
- Silence et balaie, lui répondit le baron de Havras en bougonnant.

Derrière eux, dansant avec son balai, le comte Dangorn était lui joyeux. Après tout, lui avait remporté le tournoi et ne comptait pas se laisser abattre.


*FIN*

_________________
Non, on ne fait pas que charger à Havras, on a aussi des sorciers !
Tremblez devant nos armées... et craignez ma potestas, car je suis votre suzerain !

"Le monde est quand même plus simple quand on le regarde à travers la visière d'un heaume."

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