Le Royaume de Bretonnie
Bienvenue en Bretonnie, manant(e) ! N'oublie pas, avant toute chose, de te présenter selon le Sainct Patron de Présentation dans la section prévue à cet effet : http://labretonnie.forumactif.com/t1-presentation-voici-le-patron-que-vous-devez-suivre



 
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 Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes

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Guillebert
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MessageSujet: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 13 Jan 2010 - 20:46

Ce sujet est réservé à l’organisateur du tournoy, veuillez faire part de vos commentaires dans ce sujet de discussion.


Tournoy du Champ Printanier


Après avoir remporté la joute d’Yssoudun, Hommère de Saint Psont décida d’organiser un tournoy en son castel, une épreuve digne de faire participer les plus braves et les plus aguerris des chevaliers du Royaume de Bretonnie. Les festivités qu’il avait ordonné à son retour triomphal ayant sensiblement entamé les réserves de sa baronnie, il devait profiter de sa renommée dûment acquise de champion du Comté de Geantain pour faire venir de tout le pays des spectateurs à la bourse bien emplie.

Bien sûr il invitait les plus célèbres champions du Royaume ainsi que tous les chevaliers qui se sentaient capables de prouesses martiales hors du commun à y participer, ils seraient alors reçus dignement selon leur rang, tout comme son Duc, le Roy Louen Coeur de Lion - s’il voulait bien honorer l’invitation - et son seigneur, le Comte Guillebert de Geantain. Mais il ne comptait pas inviter gratuitement toute leur suite, les chevaliers non participant, les riches marchants, les troubadours et les tous autres spectateurs qui devraient payer leur séjour en ses terres.

Comme d’habitude sa femme Marhje et sa fille Lyza, déjà habituées à gérer discrètement la baronnie de Saint Psont à sa place, s’occupèrent de tous les préparatifs nécessaires pendant que Hommère festoyait avec ses compagnons Carhle, Lainy et Barnay en la taverne de Mault. Ce qu’il ne savait pas c’est que son fils Bartholomay comptait se joindre aux réjouissances pour lui prouver qu’il était le digne descendant de la baronnie…



Règles du tournoy :

Seuls les chevaliers issus du Très Saint Livre d’Armée Bretonnien peuvent participer aux épreuves. Votre personnage peut tout aussi bien être un jeune et fougueux Chevalier Errant qu’un Seigneur vétéran ayant goûté au Saint Calice.

Les restrictions de choix de ce personnage sont :
  • celles du Livre de Règles, donc le droit de ne porter qu’une seule arme magique, une seule armure magique, un seul talisman et un seul objet enchanté, les objets cabalistiques et les bannières n’étant pas autorisées
  • celles du TSLAB, c'est-à-dire une seule vertu, l’obligation de prêter un serment pour porter un objet magique réservé à un type de chevalier, la règle concernant les lances et armes magiques du haut de la page 60 et la gratuité de l’amélioration en champion des Chevaliers Errants et Chevaliers du Royaume
  • l’interdiction de jouer un Pégase, les Chevaliers doivent se battre sur destrier bretonnien caparaçonné, excluant du même coup les Chevaliers Pégases
  • l’obligation de porter une lance, qu’elle soit normale ou magique, pour porter au moins le premier coup, ce qui exclu également tout Chevalier de la Quête
  • le coût total en point de votre personnage : 200 pts.


Les combattants qui se rencontreront lors de cette joute se livreront un combat selon les règles normales de WHB (pas en duel) avec les modifications suivantes :
  • les chevaux ne combattent pas, ils sont séparés par une barrière (la fameuse lice)
  • les combats durent jusqu’à ce qu’un participant perde tous ses Points de Vie, il n’y a pas de test de moral car ils ne vont pas s’enfuir comme des couards à la première baffe (quoique si quelqu’un me sort un BohortRolling Eyes)
  • l’initiative sera calculée en additionnant un D6 à la compétence idoine pour savoir qui frappe en premier lors du premier round de corps à corps, les rounds suivants se déroulant selon ce sens
  • les lances non magiques se fracasseront lors du premier round de combat, les lances magiques ne bénéficieront pas d'une meilleure initiative lors des rounds suivants (on les considère comme ayant elles aussi écourté tout en conservant leurs avantages et elles seront réparées pour les joutes suivantes)
  • les jets pour toucher obtenant un 6 octroient un bonus de +1 en Force, la cible étant atteinte dans une partie particulièrement sensible de l’anatomie et/ou de l’armure
  • les jets pour blesser obtenant un 6 font basculer l’adversaire de son destrier ; ce dernier, bien que sonné, peut remonter ensuite en selle s’il possède encore au moins 1 Point de Vie avec toutefois un malus de -1 en CC (jusqu’à un minimum de 1) et il perd l’initiative s’il la possédait.


Les participants (IRL Wink) au Tournoy du Champ Printanier devront me faire parvenir par message personnel leur personnage en me donnant, selon l’exemple ci-dessous :
  • le nom du personnage
  • un background de quelques lignes mentionnant son héraldique, ses origines (au moins géographiques), sa (ses) spécialité(s) martiale(s) et sa personnalité afin de me le représenter au mieux (pas besoin d’un roman mais assez pour que je puisse le faire vivre à votre place)
  • le type de chevalier, ses améliorations et leurs coûts en points ainsi que ses caractéristiques en tenant compte des éventuels modificateurs liés à ces améliorations.


Exemple :
Citation :
Baron Nayde Flan d’Eurse


Nayde, dont la baronnie est coincée entre les Sœurs Pâles, la Forêt d’Arden et les terres de Hommère de Saint Psont, n’est pas homme à se faire remarquer. La petite procession qu’il mène à l’invitation de son seul voisin semble cachée au milieu des arbres, le sinople de leurs tenues se fond dans la nature malgré l’argent de la figure de chien qui trône au milieu du blason Flan d’Eurse. Non, vraiment Nayde n’aime pas se distinguer lors de ses rares sorties. Il vous avouerait qu’il bouge déjà très peu de son castel, à part pour aller prier la Dame de manière régulière et, beaucoup moins souvent, pour chasser quelques gibiers.

Même s’il n’est pas à l’aise avec le turbulent Hommère, il doit bien avouer que sa présence le met à l’abri de bien des périls, sauf celui de voir invariablement ses maigres réserves de boisson descendre à chaque «visite» de son protecteur. Nayde n’est donc pas vraiment un preux chevalier qui a occis maints ennemis, bien qu’il sache tenir correctement une lance - tout du moins dans le bon sens - et qu’il ait déjà fait montre d’un sens hors du commun de la stratégie lors de grandes batailles, mais il est tellement cultivé et pieux qu’il a pu croiser la Dame lors d’une de ses rares sorties dans son domaine et a bu en son Calice. Ce fait surprenant montre l’intelligence de la Dame qui encourage ainsi les hommes et les femmes de toute la Bretonnie à se montrer aussi pieux et à tourner leurs forces psychiques vers Elle.

Nayde est devenu, malgré lui, son timide mais dévoué héraut ainsi qu’un exemple de pureté et de modestie.



Seigneur bretonnien (110)
Serment du Graal : immunisé à la psychologie, attaques magiques et bénédiction de la Dame automatique (28)
Vertu de Pureté : svg invu de la Bénédiction de 5+ (20)
Destrier bretonnien caparaçonné : svg+2 (21)
Armure lourde : svg+2 (0)
Lance de cavalerie : en charge F+2 (6)
Bouclier enchanté : svg+2 (15)
110 + 28 + 20 + 21 + 6 + 15 = 200 points


M : on s’en fout
CC : 6
CT : vous savez ce que j’en pense
F : 4
E : 4
PV : 3
I : 6
A : 4
Cd : hum hum Rolling Eyes
Svg : 1+ ; invu 5+


Le tournoy se déroulera de manière classique : les premiers combattants seront désignés aléatoirement puis un tableau fera se rencontrer successivement les gagnants (jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un ! Razz)...



... avec cependant la possible intervention d’un jeune trublion Twisted Evil


Dernière édition par Guillebert le Jeu 1 Avr 2010 - 21:24, édité 2 fois (Raison : Ecritures en noir)
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Guillebert
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Lun 1 Fév 2010 - 23:40

PREAMBULE

Alors que le soleil pointait au dessus des Sœurs Pâles, laissant comme à son habitude doucement apparaître le domaine du Champ Printanier aux yeux de ses habitants, une journée inhabituelle allait bientôt commencer. Les coqs hésitaient presque à pousser leurs premiers cocoricos matinaux dans une ambiance sonore déjà lourdement chargée des cris provenant des contrebas du castel de Saint Psont. Les gens du baron Hommère étaient encore en retard sur les préparatifs, dressant les dernières tentes, drapant les pourtours de la lice aux couleurs d’azur et d’argent de leur seigneur, poussant des chariots emplis de paille, de victuailles et surtout de boissons dans une cacophonie digne d’une bataille entre peaux vertes.

Le tournoy ne devait commencer que le lendemain mais il fallait que tout soit en ordre pour recevoir en ce jour les participants, leurs suites, les premiers spectateurs venus de tous les duchés, les marchants qui essaieraient de vendre des marchandises sans passer par les impôts locaux élevés pour l’occasion, les troubadours et tous les grouillots et les traînes patins du coin qui n’avaient rien d’autre à glander. Marhje et Lyza étaient aux avants postes de ce tumulte, essayant de coordonner les gueux au mieux après plus de 25 heures de veille, alors que leur mari et père se disait qu’il aurait bien profité d’une grasse matinée de plus.


Hommère de Saint Psont avait habituellement le sommeil lourd et ne serait pas resté éveillé s’il n’avait pas quelques obligations d’hôte à respecter, non pas qu’il eu été très à cheval sur les règles édictées par Louis de Bastogne, mais parce qu’en ce jour il devait recevoir l’élite de la chevalerie bretonnienne et surtout parce que Marhje lui avait fait promettre de le faire. Il passa donc son drap de lit sur ses épaules pour voir une fois de plus ses terres du haut de ses murailles, rocs épousant parfaitement les contreforts des Sœurs Pâles et faisant face à la sombre Forêt d’Arden qui s’étendait à quelques dizaines de lieu, de l’autre côté de la Rivière Missouris, affluent tout juste canotable de la Rivère Sannez.

Le spectacle qu’il vit lorsque son regard baissa en direction du plateau où allait se dérouler son tournoy le fascina. Il était tellement époustouflé par ce que Marhje et Lyza avaient réalisé et si attiré par l’animation qui grouillait sous ses pieds qu’il en oublia toute précaution alors qu’il se penchait toujours plus en avant sur les créneaux. Grâce à la Dame, Clanecy Wigueume, le chef de sa garde, ne sommeillait pas comme à son habitude et pu se ruer vers lui avant qu’il ne bascule complètement. Ce dernier attrapa ce qu’il pu, c'est-à-dire le drap fort heureusement de conception locale, fait de laine de moutons habitués au climat rude du comté de Geantain, et le retint de toutes ses forces alors que Hommère passait de l’autre côté des murailles. Le chef Wigueume en appela à l’aide, prenant appui de tout son poids contre les créneaux, et fut bientôt rejoint par Loup et Edhy afin de hisser leur seigneur sur les remparts.


C’est avec un amusement certain que Sigebert des Ardets arriva au castel de Saint Psont en cette douce matinée qui commençait. Le soleil à peine levé ne révélait qu’à peine ses armoiries d’argent au sanglier de sable, bien peu auraient pu discerner le cep de vigne qu’engouffrait le dit sanglier. Il avait repris sa route en direction du tournoy de très bonne heure pour pouvoir réserver la meilleure tente - ainsi que les plus belles donzelles de la bourgade - et ne fut pas mécontent d’assister de surcroît à une scène cocasse. Alors que ses lourdes paupières ne le laissaient apercevoir qu’une masse grouillante de gueux afférés à mettre en place les ultimes arrangements du tournoy, un cri provenant du dessus les lui fit écarquiller. Il vit alors un homme d’une corpulence singulière dans son plus simple appareil pendre des murailles au dessus du capharnaüm. Le pauvre bougre eu bien du mal à remonter malgré l’aide de gens d’armes qui ne semblaient pas entraînés pour de tels efforts, ni pour le moindre effort d’ailleurs. Le malheureux, emmitouflé de nouveau dans son drap, retournait penaudement en direction du donjon tandis que Sigebert cherchait, un large sourire aux lèvres, une lueur d’éducation dans le regard des hommes qui s’affairaient sur le plateau. Il fut à la fois surpris et heureux de trouver cette étincelle dans les yeux troublant d’une belle femme à la coiffure orgueilleuse qu’il s’empressa d’aller trouver.

- Bien le bon jour ma Dame, je suis Sigebert des Ardets, venu pour défendre les couleurs de la baronnie de La Tour au tournoy du Champ Printannier. A qui ai-je l’honneur ?
- Marhje de Saint Psont, je suis heureuse de faire votre connaissance.
Devant le regard intéressé de l’individu, elle enchaina :
- Hum… Mon mari ne devrait plus tarder maintenant, mais je vous en prie suivez moi vers vos appartements et laissez vos gens s’occuper dans une des tentes qui sont réservées aux servants.
- Je vois que la réputation d’hospitalité du comté de Geantain n’est pas usurpée et c’est avec joie que je vous accompagne.

Ils marchèrent ainsi jusqu’au castel, délaissant les gueux à une place qui leur convenaient, une tente proche de la lice mais hors des passages bruyants qui y mènent. Le sire de la Tour essayait encore de séduire Marhje lorsqu’ils rencontrèrent au niveau des portes le seigneur des lieux. Sigebert, tout d’abord interdit, ne pu refreiner une crise de rire comme jamais il n’en avait connu lorsque son esprit fit le lien entre la corpulence de son hôte et celle du crétin qu’il avait vu pendre aux murailles quelques minutes auparavant.

- Je crois que question bienséance, je pourrais repasser un autre jour Marhje, dis Hommère la mine basse.
- Exc… Excusez pffff… Excusez moi pourprprpffff hahahahaaa… chantonna le gai chevalier
- Mais enfin, veuillez vous reprendre Messire des Ardets, le supplia Marhje
- Je suihihihis… vraiment dédé…désolé mais, hum, sérieusement, humhum, je ne voulais pas vous manquer de respect.
Dans un excès d’amusement, alors que l’incident semblait clôt et que les bonnes manières allaient reprendre la place qui leur est due, il continua :
- Je dois bien avouer, Hommère, que j’eusse préféré vous revoir sous un meilleur jour, pas sous votre lune ! HahahahahaPAF !!!

Hommère venait de lui jeter le casque d’un garde de la porte en plein dans le plexus, ce qui arrêta net le fou rire du chevalier de La Tour. Le seigneur local s’excusa alors de s’être emporté et les deux hommes finirent par conclure que chacun en avait eu son compte de désagrément pour la journée. Hommère demanda tout de même à Marhje de le faire conduire dans la chambre la plus haute du château afin qu’il se souvienne longtemps ce qu’il en coûte de se moquer de lui, une bonne centaine de marches à monter avec les poumons dans la gorge devaient lui faire réfléchir à ses paroles odieuses.


Les autres participants arrivèrent comme prévu dans la journée.


Leustant de Castagne arriva peu après, alors que le soleil n’éclairait pas encore les pentes ouest de la vallée du Champ Printanier. Son passage fut tout de même très remarqué car il chevauchait son fidèle destrier Ronhéron II, un robuste cheval de guerre bretonnien à la robe dérangeante bien que cachée sous les couleurs azur à fleur de lys d’or du chevalier. Lorsqu’il passait à côté du moulin de Saint Psont, le meunier lui fit part de cette particularité avec son tact habituel.

- Héla chevalier, comment oses tu passer devant ma centrale moulineuse sur un monstre pareil !
Leustant s’arrêta net et fixa le meunier de son regard le plus méprisant. Il considéra l’homme, un vieillard chétif et courbé par le temps, qui était accompagné par un jeune gueux craintif qui lui demandait à voix basse de s’excuser au plus vite.
- Et toi manant, comment oses tu seulement m’adresser la parole ? Qui es-tu donc pour traiter ainsi ce destrier qui vaut cent fois plus que ta vie ?
- Mon nom est Mongomeribeurnse, et voici mon assistant Semiteurse, dit-il en désignant le pauvre peureux qui se cachait maintenant derrière lui. Et je sais reconnaitre la marque du Chaos quand je la voie !
- He bien Mongomeribeurnse, tu as bien de la chance que je ne sois pas ton maitre, sinon je t’aurais rossé comme tu le devrais. Tu viens d’insulter un des plus beaux représentants de la race équine qui fait la fierté et la puissance de nostre Royaume. Sa robe pourpre et argent est peut être singulière à tes yeux mais il n’a jamais failli à sa tâche et me sera toujours fidèle. Peux-tu en dire autant de ton assistant ?
- Semiteurse est un couard mais il m’est entièrement dévoué, n’est ce pas ?! demanda t-il sèchement en se retournant.
- Ouhouihoui oui maitre, maugréa le misérable. Vous savez bien que je suis tout à votre service… mais ne pourrions-nous pas laisser ce noble chevalier aller là où bon lui gré ?
Voyant là un moyen de couper court son histoire avec le meunier, Leustant dit :
- Ecoute donc ton assistant maraud, il semble plus dévoué à sa peur mais il sait bien mieux que toi voir les forces qui pourraient le condamner. J’y vais avant de me salir les mains à te corriger, mais sache que je ne serai pas aussi indulgent la prochaine fois.

Il secoua à peine ses reines à cette dernière phrase et Ronhéron II repris la route du castel comme si rien ne s’était passé.


Maximin de la Tessonière fut le participant suivant à rejoindre le plateau du tournoy, il chevauchait dignement son lourd cheval aux couleurs de sinople à tête de cerf d’argent, devançant son fidèle vassal et sa mule. Malheureusement pour lui, avant qu’il n’ait pu se présenter comme tel auprès du chef de camp, un marchant alimentaire à la peau foncée mis sa charrette en plein dans le passage qu’il s’apprêtait à emprunter pour approcher la lice.

- Bonchourrr Messirrre ! You dévez afoirrr faim aprrrès afoirrr chefaucher yousqu’ici. Démandez moi cé qué you foulez : dou poulet, dou porc, dé la cerfoise, dou vine, démandez, démandez !!!
Maximin n’eut même pas besoin de demander quoi que ce soit, son escuyé Lormet était déjà descendu de sa mule et alla sans ménagement pousser la charrette du marchant hors de leur chemin.
- Attènedez, s’essaya le pauvre. Yé suis Apou, yé pé fous troufer cé qué fous foulez. Yé fois qué fous n’êtes pas faciles à satisfairrre mé yé pé tout !
Maximin, du haut de son destrier et de sa forte stature, le fixa de son lourd regard en lui tenant ce discours :
- Je suis Maximin de la Tessonière, représentant du duché de Gisoreux au tournoy de ton seigneur. J’ai traversé les Sœurs Pâles en moins de temps qu’il te faudrait pour traverser ce plateau avec ta charrette et en m’amusant à chasser le sanglier pour me détendre avant les épreuves. Je n’ai en aucun cas besoin de l’aide d’un gueux pour me procurer des victuailles bien meilleures que les tiennes et n’est qu’ure de ton nom. Maintenant dégage mon chemin avant que je le fasse moi même !

Apou ne pu qu’obéir devant la montagne de muscle et sa monture, se disant qu’il n’aurait jamais du quitter son Inja natale pour faire du commerce avec les peuples de l’ouest.


Baudoin de Kerfadec n’eut pour sa part aucun problème à arriver aux portes de la lice pour se présenter au chef du cantonnement provisoire. Il chevauchait tristement dans les allées du camp, si bien que les gueux n’osèrent lui demander ni lui proposer quoi que ce fut. Le pseudo notable du fourbi le regarda et dit :

- Bonjour chevalier. Je suis Jaucouimby, le responsable des gueux et de la vie du campement, ainsi que de l’inscription des participants et de la vérification de leurs armes. Alors qu’avons-nous là… Parti de gueule et de sable à cerf passant d’argent et aux chefs dextre et senestre aux lys de même. Vous devez être Baudoin du duché de Parravon n’est ce pas ?
- En effet mon brave, je suis Baudoin de Kerfadec et j’arrive d’un long périple depuis les abords de la Forêt de Loren.
- Kerfadec ? C’est pas un nom de Lyonnesse ça ?
- Mes aïeux ont bien des origines mais je ne souhaite pas partager de souvenirs personnels pour le moment. Inscrivez donc ma bien venue et indiquez moi où je pourrais me détendre.
- Je vois que vous n’allez pas très bien mon Seigneur. Voulez vous un petit coup de pouce pour le tournoy ?
- Que voulez vous dire ?
- Bah… disons qu’on peut vous arranger deux ou trois trucs si vous vous montrez généreux…
- Comment ? s’exclama Baudoin.
- Bein, vous savez… les accidents sont nombreux en tournoy, alors si vos adversaires en ont y’aura pas d’enquête… alors que vous serez vainqueur quand même !

La suite ne peut être narré sur un forum tout public mais les archives de la baronnie gardent les traces d’un chef de village provisoire qui aurait tenté de corrompre un serviteur de la Dame et qui n’eut pas le temps de s’en repentir.


Le jeune Argiloth de Touraine était content d’arriver enfin au castel de Saint Psont. Le chemin depuis sa baronnie située dans le nord du duché de Bordeleaux lui avait semblé interminable, sans même évoquer le changement de climat qu’il n’avait pas prévu. Le chevalier s’était couvert d’une peau de bête pour ne pas souffrir du rude climat des Sœurs Pâles mais ne parvenait pas à se dégourdir les membres pour autant. Son allure coincée n’avait pas échappé à la terreur du village de Saint Psont, le redouté Nailsone.
Le garnement eu tôt fait de se faufiler en catimini jusqu’au chevalier, passant de couvert en couvert, et pris sa fronde dès qu’il en fut à porté.

Argiloth ne vit pas venir le premier projectile qui s’étouffa dans le col de sa peau de bête, il se dit qu’un volatil fort peu au courant des convenances venait de faire une tache de plus au milieu des innombrables salissures recueillies au cours de son voyage. La seconde pierre en revanche ne manqua pas son heaume. Le chevalier sortit alors de sa torpeur pour de bon, arrêta son destrier et commença à scruter les alentour d’un œil avisé. Nailsone s’était caché derrière un tas de cageots derrière lequel il se délectait déjà des fruits de ses prochains projectiles. Il risqua un œil entre deux caisses dont l’orthogonalité hasardeuse lui laissait une vue partielle mais suffisante du jeune cavalier qui portait son regard dans toutes les directions sans parvenir à trouver ce qu’il cherchait. Nailsone profita qu’il regarde dans le sens opposé à celui de sa cachette pour lui envoyer une autre pierre avec toute la force qu’il pouvait mettre dans sa fronde avant qu’elle ne cède. Le caillou partit à une vitesse prodigieuse et frappa de plein fouet le cimier d’Argiloth qui céda sous le choc. C’est alors qu’un mauvais rire se fit entendre :

- Ha ! Ha !!!

Le chevalier avait bien ressenti le heurt et savait donc d’où venait le projectile, même si son heaume l’empêchait de bien entendre d’où provenait ce rire. Avec la fougue qui caractérise nombre de jeunes nobles bretonnien, Argiloth fit bondir sa monture dans la direction en question en un éclair. Le cheval lancé alla percuter le tas de caisses qui se trouva sur son chemin, heureusement protégé par son caparaçon, et s’y arrêta net sous les instructions de son cavalier.

Le chevalier de Touraine descendit de sa monture et trouva dans le tas de planchettes de bois, de fruits et de légumes un jeune gueux habillé de lambeaux. Il eut tôt fait de le faire conduire dans les geôles après lui avoir gentiment tiré les oreilles.


Le rêveur Etoile, dit le Bien Aimé, arriva en vue du castel de Saint Psont lorsque le soleil était à son zénith. Il hâta sa monture car ce dernier commençait à le faire dépérir, habillé qu’il était de ses couleurs de sables au minces figures d’argent. Le chevalier arriva sur le plateau du tournoy alors que les jeunes nobles sortaient de leur salle d’apprentissage pour s’y dégourdir les jambes. Ils allèrent tout droit en direction du chevalier qui leur retournait leur salut poliment pour lui poser des tas de questions toutes plus insolites les unes que les autres :

- Pourquoi vous avez une rose sur votre blason ?
- C’est quoi l’autre figure sur vos armes ?
- Vous venez d’où pour avoir des cheveux aussi noir ?
- C’est quoi ce foulard sur votre lance ?
- Pourquoi vous êtes tout noir ?
- Z’avez perdu votre maman ?
- C’est quoi cette bouteille de lait ?
Leur enseignant arriva heureusement pour sortir le chevalier de ce brouhaha :
- Bonjour mon Seigneur. Je suis le précepteur Squineure et c’est de ma faute s’ils viennent vous importuner, je dois trop leur répéter que la curiosité n’est pas vraiment un mauvais défaut, huhuhu.
- Bonjour messire Squineure. On me nomme pour ma part Etoile le Bien Aimé. Je suis venu au tournoy de Saint Psont pour prouver ma valeur auprès de ma tendre promise.
- Voila un acte digne d’être loué, jeune Chevalier. Grâce à votre exemple je pourrai aborder l’amour courtois avec mes chenapans. Que votre amour guide votre lance !
- Merci. Que votre enseignement puisse guider nos enfants vers la Dame, répliqua t-il en quittant la troupe.

Le brave Squineure pensa alors à son pire cauchemar : le jeune Bartholomay qui faisait tout à son encontre et n’entendait rien au chemin qui mène au Saint Calice.


Alembert de Tyrose n’arriva qu’en fin d’après midi après avoir parcouru un long chemin depuis sa baronnie brionnaise. L’activité sur le plateau était tout à fait retombée et seuls quelques gamins jouaient aux abords du camp. Alembert questionna le premier :

- Holà mon jeune ami. Je suis bien au castel de Saint Psont ?
- Ben heu… ouais, rétorqua le gosse.
- Bien. Excuse moi si je ne me suis présenté tout d’abord, je suis Alembert de Tyrose, venu pour représenter le baron Bernard de Boiberen au tournoy de ton Seigneur. Pourrais-tu me dire où m’annoncer ?
- Bah moi c’est Milhouse et, heu, chais pas… Et vous les gars vous savez où qu’y doit, euh, «manoncer» ?
Son meilleur ami s’approcha alors :
- Salut mon Seigneur, moi c’est Bartholomay, fils d’Hommère de Saint Psont, pour vous servir.
- Salut jeune héritier de Saint Psont.
- Moi je sais où il vous faut aller. Il vous suffit de suivre ce passage sur 30 pieds puis de tourner à droite, reprendre à gauche à 20 pieds, bifurquer à droite 40 pieds plus loin, faire le tour de la grande tente rouge et puis passer par le petit sentier entre les deux tentes blanches, le suivre sur 15 pieds, aller alors à gauche sur 25 pieds et vous devriez voir de vous-même, dit le garnement à toute vitesse.
- Euh oui, merci bien pour ces indications… pourriez vous me montrer s’il vous plait ?
Bartholomay saisi cette occasion pour jeter une fois de plus son ami dans le purin en disant :
- Pas de problème, Milhouse va vous conduire. Hein Milhouse ? Souligna t-il en donnant un coup de coude à l’intéressé.
- Mais c’est que chais pOUF ! essaya de répondre ce dernier alors que son ami le coupa d’un coup discret dans le plexus tout en s’avançant.
- Ouais c’est un vrai furet, il connait toutes les rues de toutes les villes qu’il a vu, même s’il n’y est passé qu’une fois, il retrouverait votre bague au milieu d’un champ d’orge alors que vous n’auriez pas fini de le lui demander, c’est un vrai guide mon pote !
- Bien, dit Alembert avant que Milhouse n’ait pu réagir. Que ce garçon me conduise alors. Vas y je te suis.

Milhouse regarda alors Bartholomay qui lui lança un discret clin d’œil et ne sut que faire pendant un instant. Voyant au bout de quelques secondes qui lui paraissaient être des heures qu’il était attendu par son meilleur ami ainsi qu’un rude chevalier aguerri, il parti en direction de la lice. Cependant son sens de l’orientation aléatoire le fit vite se perdre dans la pénombre qui commencer à tomber et ce ne fut que bien plus tard qu’on vit arriver à l’entrée de la lice le chevalier de Tyrose accompagné d’un garçon en pleurs.


Théodrade de Cervencouille avait eu la chance de trouver la large vallée du Champ Printannier avant que la nuit n’arrivasse, s’étant perdu plus d’une fois lors de son voyage depuis la pourtant proche Languille qu’il avait quitté avec 2 jours d’avance pour être sûr d’arriver dans les temps. Il suivit donc les lueurs des feux qui allaient de hameau en hameau sur la route qui longeait la Missouris pour bifurquer ensuite vers le castel de Saint Psont qui se trouvait sur les hauteurs, selon les dires des vieux qu’il avait rencontré en chemin.

Personne n’attendait le dernier participant à une heure si tardive. Il était marri en tournant entre les tentes du campement où, manifestement, devait se dérouler le tournoy du lendemain, mais où nul n’était éveillé. Ne voulant pas déranger les occupants des tentes qu’il avait subrepticement inspecté, des gueux qui ne semblaient guère d’officiels hérauts, il alla frapper à la porte du castel. Une fois, deux fois, trois fois, il frappa encore, à s’en faire mal aux mains pourtant gantées de cuir et de mailles, mais il semblait évident que les gardes étaient - encore - en train de dormir.

Au bout d’un moment quelqu’un vint enfin réveiller les gardes de la porte pour qu’on lui ouvre. Il s’agissait en fait de Willy, le pauvre homme d’entretien de la résidence, qui avait sa chambrette, dont l’étroite fenêtre était utilisée comme meurtrière en cas de siège, juste à côté de la porte. Reconnaissant mutuellement l’accent du nord qu’ils possédaient, les deux bougres ainsi réunis par les événements rentrèrent ensemble dans le castel. On ne sut comment cela s’est passé, et eux ne s’en rappelaient plus par la suite, mais ils finirent par s’endormir l’un sur l’autre au milieu de l’écurie, après avoir été dégraissé les stocks de vinasse prévus pour le tournoy, et surtout une bonne bouteille d’un alcool d’orge distillé après maltation qu’avait apporté Théodrade.


Dernière édition par Guillebert le Jeu 1 Avr 2010 - 20:08, édité 1 fois (Raison : Ecritures en noir)
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:28

Baron Guilhem de La Tour a écrit:
Messire Sigebert des Ardets

Pour l’édification morale des membres du Foroume, voici où en était la mirifique histoire de Sigebert alors qu’il se rendait à son précédent tournoi :

Citation :
Comme nombre de cadets de la noblesse de La Tour, Sigebert des Ardets fit le choix d'une vie errante à travers le royaume, cherchant renom et richesses dans les batailles et les tournois. Jusqu'à présent, il n'a pas eu à le regretter, et sa valeur lui a permis de satisfaire très largement le goût naturel pour le faste, la ripaille, la boisson et la culbute de jouvencelles qui caractérise les preux chevaliers de La Tour.

Néanmoins, le jeune sire des Ardets n'est pas uniquement fameux pour ses hauts faits d'armes. Certains nobles manquant cruellement de sens de l'humour semblent en effet le considérer comme un fauteur de trouble. Force est de reconnaître que bien des bruits courent à son sujet. On raconte ainsi qu'il aurait été banni à vie de la cité de Bordeleaux pour s'être introduit par effraction dans les celliers du duc Albéric. Il serait aussi l'auteur de maints sonnets et ballades ridiculisant le comte Dangorn de Castagne, un noble moussillonnais, et l'accusant d'être à la tête d'un très-hérétique culte dédié à un dieu-escargot, ce que l'intéressé dément avec véhémence.

D'aucuns murmurent également qu'il aurait, avec une poignée d'autre jeunes chevaliers, asséché en une nuit la cave d'un seigneur du duché de L'Anguille, le baron de Havras ; on assure que quelques gueux à sa solde auraient creusé un tunnel jusqu'à ce que l'on appelle à Havras la Sainte Cave au moyen de petites cuillères en bois, puis que Sigebert et ses compains auraient ensuite enfermé le gardien des lieux, un chevalier du Graal nommé saint Hinard, dans un tonneau de bordeleaux (vide).

Maint seigneur s'étant plaint au baron Guilhem de La Tour des agissements de Sigebert, ledit baron dut rappeler que celui-ci n'étant point son vassal, il n'était malheureusement pas tenu de lui obéir. Il clama en outre haut et fort que les rumeurs qui faisaient de Sigebert un agent au service de La Tour n'étaient que viles menteries.

Pour l'heure, Sigebert, monté sur Dangorn, son fidèle destrier, est en route pour le tournoi d'Yssoudun, une petite seigneurie à la lisière de la forêt de Châlons, prêt à y défendre avec honneur la haute réputation des chevaliers de La Tour.
Le digne Sigebert, hélas, ne s’illustra guère au tournoi d’Yssoudun, sinon auprès des jouvencelles. Alors qu’il méditait sous sa tente dans un bain parfumé au romarin, l’évidence le frappa comme le bailli frappe le mauvais payeur de l’impôt : le seigneur des lieux avait mis son talent en échec par fourberie et traîtrise répugnante. Une enquête habilement menée par ses écuyers et son fidèle bouffon gnome lui révéla que ses lances avaient été truquées, son noble destrier, le brave Dangorn, drogué, et que lui-même n’avait échappé que de justesse à un empoisonnement aux régurgitations canines.

Après une vengeance appropriée mais trop horrifique pour être ici contée, Sigebert vida les lieux avec une certaine hâte, fier et heureux d’avoir rétabli son honneur et celui de feu son cousin Gauvain de Sorhault, lâchement assassiné lors du tournoi de Frontel par un chevalier d’Yssoudun. Faute de mieux, il fit route vers Couronne et le comté de Geantain pour ensuite se rendre en la baronnie du Champ Printanier, où le sire Hommère de Saint Psont, vainqueur à Yssoudun, avait annoncé qu’il donnerait un grand et beau tournoi.

Sigebert traversa avec sa suite la très-périlleuse forêt de Châlons, où plus d’une fois il se vit perdu corps et biens. Si sa vaillance eut raison des monstres les plus terrifiques, ses écuyers durent se résoudre à manger son ménestrel personnel pour ne point périr misérablement de faim. Il fut l’hôte d’un excentrique seigneur qui avait bâti son château au beau milieu d’un marais et rencontra chez lui la belle damoiselle du Graal Clorinde, qui ne fit point difficulté de lui révéler un moyen de s’assurer la grâce de la Dame lors du tournoi à venir. S’il avait le cœur vaillant, il chercherait le plus grand arbre à trois lieues à la ronde et le couperait par le seul et unique truchement d’un humble hareng. De cet arbre ainsi sanctifié il se ferait faire une lance mirifique et mortelle. Sigebert suivi le conseil et Clorinde bénit l’arme.

Après avoir chevauché à travers des duchés de Bastogne et de Gisoreux, le sire des Ardets se présenta au tournoi du Champ Printanier l’âme joyeuse, comptant bien couper force oneilles et marcher sur moult pieds. Si les rumeurs de la venue du roi Louen étaient fondées, il tenterait par surcroît de passer une deuxième nuit avec la belle Blanche de Beauchamp-Berthelis, arrière-petite-nièce du souverain.


Messire Sigebert des Ardets (194 points)

M4 CC6 CT3 F4 E4 PV3 I6 A4 Cd9 Svg2+

Seigneur bretonnien (110 points) ayant prêté le Serment du Chevalier. Il porte une épée (arme de base), une armure lourde ornée de colifichets et gages divers de diverses pucelles et un bouclier (3 points) à ses armes, d’argent au sanglier de sable dévorant un cep de vigne (oui, c’est allégorique Laughing ), accompagné en chef de deux épées de gueules. Il monte un destrier bretonnien caparaçonné (21 points), le fidèle et vigoureux Dangorn, possède la Vertu de la Joute (25 points) et manie avec tant de fierté que d’habileté la Très-Sainte Lance du Hareng de la Forêt de Châlons (Lance du Chêne Sacré, 35 points).
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:33

Dangorn de Castagne a écrit:
Ok pour le destrier violet et blanc. Laughing Il s'appellera Ronhéron II.[NdCGdG : il m'avait envoyé le perso sans copier/coller son historique, je l'ai donc puni en faisant de son destrier une pub pour un chocolat bien connu dont le nom commence par Milk... Mr.Red]

Baron Leustant de Castagne



Seigneur Bretonnien (110)
M4 CC6 CT3 F4 E4 PV3 I6 A4 Cd9
Monture : Destrier bretonnien caparaçonné (+21)
M8 CC3 CT0 F3 E3 PV1 I3 A1 Cd5
Serment : Serment du Chevalier =>Tu t'en fous
Équipement : lance de cavalerie (+6), bouclier (+3)
Objets Magiques : Armure de Bonne Fortune (+20) => Relance tous les 1 pour blesser
Vertu : Vertu du Tempérament Chevaleresque (+40) => Lorsqu'il charge, le chevalier gagne une attaque supplémentaire pour chacune de ses attaques ayant touché et blessé sa cible (même si celle-ci réussit ses sauvegardes). Si les attaques supplémentaires ainsi obtenues touchent et blessent, elles ne génèrent pas de nouvelles attaques.

Total : 200 points.

Description et Personnalité :
Plus d'un millénaire avant la naissance de Dangorn, la famille de Castagne n'était pas encore atteinte d'albinisme congénital, du fait que les mariages incestueux qui ont abouti à cette anomalie consanguine ne soient arrivés que bien plus tard. Leustant était un beau et fringant jeune homme, et aurait fait tomber en pamoison toutes les pucelles du royaume s'il n'était si imbu de lui-même.
Fougueux avec modération, préférant vaincre par la stratégie plutôt que par la force brute, il fut parfois considéré comme un lâche et ses manœuvres jugées "vicieuses" par ses pairs chevaliers errants (qui il faut tout de même le dire, sont pour la plupart loin d'être des lumières et des experts en subtilité tactique, et plutôt adeptes de la charge dans le tas mononeuronale).

Il préférait toujours régler un conflit par les mots plutôt qu'en croisant le fer, mais il n'était pas pour autant à sous-estimer dans un combat. Bien que moins musclé que la moyenne des chevaliers, il compensait sa relative faiblesse par sa technique à l'escrime et à la lance.

Historique :

Sans l'ombre d'un doute, Leustant aurait préféré que son père soit mort durant sa quête du Graal plutôt que de le voir revenir. Le baron Frédégast de Castagne était parti cinq années plus tôt à l'aventure, délaissant sa lance, sa femme, sa progéniture et son fief pour trouver le calice sacré de la Dame.

La mère de Leustant, Plectrude, tomba gravement malade un an après le départ de Frédégast et mourut. Quelque part, Leustant en imputa la faute à son père absent. Il fut placé sous régence car il n'avait pas encore l'âge de gouverner la baronnie, et commença sa formation de chevalier en tant qu'escuyer du comte Heudebert d'Andragon. Tout le monde pensait ne plus jamais revoir le chevalier Frédégast, tant la quête du Graal est semée de dangers mortels, et Heudebert promis au jeune Leustant que Castagne serait à lui dès qu'il aurait atteint l'âge d'être adoubé. Leustant attendit ce moment avec impatience, faisant de son mieux pour prouver qu'il était capable de faire honneur à son futur titre.

Quatre ans plus tard, Leustant eu vingt-et-un printemps, et passa la cérémonie de l'adoubement. Le comte Heudebert lui donna l'accolade et avec un grand sourire lui annonça sur un ton joyeux que son père était revenu et qu'il avait bu au Graal.
Heudebert pris son air déconfit pour une expression de surprise, mais en vérité jamais Leustant ne s'était senti autant déçu. Cela chamboulait tous ses projets.

Frédégast était revenu et avait repris les rennes de la baronnie. Leustant vécut cela comme un affront, d'autant plus que le chevalier du Graal, en apprenant la mort de son épouse, n'avait pas versé une seule larme. Leustant laissa éclater sa colère et demanda à son père pourquoi il n'était pas parti vivre en ermite comme les autres chevaliers du Graal et n'avait pas laissé son fils devenir le nouveau baron de Castagne. Frédégast, l'éclat du Graal faisant briller ses yeux d'une lueur presque surnaturelle, lui avait répondu de sa voix grave, étonnamment calme et avec un sourire plein de bonté et d'amour paternel sur le visage, qu'il l'aimait et le laisserait avec plaisir devenir le nouveau baron dès qu'il aurait accompli un acte de bravoure en tant que chevalier errant, tel que le voulait la coutume bretonnienne.

C'est ainsi que Leustant partit en errance, maudissant intérieurement le fait que son père soit encore en vie, car il s'imaginait pouvoir devenir baron sans passer par le stade de chevalier errant. Il partit vers le sud, en Gasconnie, là où il avait ouï dire qu'il se tramait quelque chose de pourri. Peut-être que résoudre cette sombre affaire montrerait à son père qu'il était digne de prendre la place qui lui revenait de droit.

Après moult péripéties, il finit par succéder à son père mais ne suivit pas la même voie que lui. Il avait vu un chevalier de la quête lassé de chercher le Graal, et cela lui avait fait penser qu'il n'y avait guère besoin de s'infliger tant de contraintes pour boire dans un calice tendu par une belle femme : il y avait de charmantes pucelles plein le pays, et quant à boire du vin de Bordeleaux dans une coupe dorée, peu lui importait le flacon pourvu qu'il eût l'ivresse.
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:39

Arthas a écrit:
Paladin Maximin de la Teyssonnière

Maximin de la Teyssonnière est le descendant de Marcomir, l'un des 11 chevaliers fondateurs de la baronnie de Corgenon. Chasseur, il passe son temps libre le plus souvent dans la sombre forêt dont est tiré le nom de son fief. Il a succédé il y a 3 ans à son père Maximilien.
D'un naturel plutôt mesquin, Maximin "le Fort", comme l'ont surnommé ses gens en raison de sa forte musculature, aime à dénigrer les gens qu'il ne connait pas. Il n'aime pas les gueux qui sentent l'étable et la vinasse.

Âgé de 35 ans, il est toujours accompagné par son valet et écuyer nommé Lormet, habile chasseur et trappeur lui aussi. Ce dernier porte au dos de la mule qui les accompagne tout l'attirail pour le long séjour prévu lors de ce tournoi.

Ce fin cavalier est vêtu de Sinople foncé et la tête de cerf argentée atteste ses origines Gisoroises. Vassal du Baron Arthas, il est envoyé par ce dernier au tournoi du Champ Printannier pour défendre les couleurs de la baronnie.

Paladin Bretonnien (60)
Serment du chevalier: immunisé à la panique des unités amies obéissant au devoir du paysan.
Vertu du Tempérament Chevaleresque: Le chevalier gagne une attaque supplémentaire pour chacune de ses attaques ordinaires ayant blessé sa cible. (40)
Destrier bretonnien caparaçonné : svg+2 (14)
Armure du Noble Astre : sauvegarde d'armure de 5+ pouvant se combiner avec celle d'autres équipements conférant une sauvegarde d'armure. L'adversaire souffre d'un malus de -1 à tous ses jets pour toucher le chevalier et sa monture, au tir comme au corps à corps. (35)
Lance du Chêne Sacré : Le porteur bénéficie de +2 en force quand il charge. La lance du Chêne Sacré lui permet de relancer tous ses jets pour blesser manqués. (35)
Bouclier : svg +1 (2)
60 + 40 + 14 + 35 + 35 + 2 = 186 points


CC : 5
F : 4 (6)
E : 4
PV : 2
I : 5
A : 3 (ou +)
Svg : 2+


Dernière édition par Guillebert le Mer 3 Fév 2010 - 23:07, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:42

Enguerrand le guerroyeur a écrit:
MARQUIS BAUDOIN DE KERFADEC

La Marche de Kerfadec, située aux confins des Montagnes Grises et de la forêt enchantée d'Athel Loren au Sud Est du duché de Parravon, fut confiée à messire Baudoin par le jeune duc de Parravon suite à ses prouesses réalisées en tant que chevalier errant.
Baudoin s'est en effet auréolé de gloire après avoir défait un vampire qui avait commis l'outrage d'enlever sa promise, Dame Sybille. Ce que la légende ne précise pas, c'est que le vampire (un nouveau-né) n'était autre que le meilleur compagnon d'arme de Baudoin, Sire Pépin (le Bref pour une vie de vampire...), ce dernier ayant toujours vécu dans la crainte de la mort et ayant succombé à la tentation de la vie éternelle.
Kerfadec étant une région frontalière peu enviable vu les multiples menaces y pesant, Il parut tout à fait logique d'en confier la direction à un chevalier ayant perdu toute joie de vivre. Baudoin porte en effet toujours le deuil de sa promise, Dame Sybille, qui a trouvé la mort au cours de son affrontement contre Pépin.
Pourtant, il reste tout à fait conscient de la nécessité d'avoir une descendance pour protéger la population de Kerfadec en cas de disparition prématurée. Ayant eu vent de l'organisation prochaine d'une grande joute en la baronnie de Saint Psont, ses conseillers lui ont suggérée d'y saisir l'occasion de se couvrir de gloire pour y trouver une noble pucelle capable de lui assurer une descendance.
C'est donc dans les méandres de la tristesse que Baudoin pris la route de la baronnie de Saint Psont,se faisant un devoir de trouver une épouse, même si ses pensées restent tournées vers le souvenir du regard de Dame SYbille.


-Seigneur bretonnien (110pts)
-armure lourde: svg +2
-destrier bretonnien caparaçonné : svg +2 (21pts)
- bouclier: svg +1 ( 3pts)
-vertu de pureté: svg invulnérable de Bénédiction 5+ (20pts)
-lance de cavalerie: en charge F+2 (6pts)
-épée de puissance: F+1 (20pts)
-tresse d'Isolde: touche son adversaire sur 2+ au corps à corps pour un tour (20pts)
> 110+21+3+20+6+20+20=200pts

M
CC: 6
F: 4 (6 en charge, puis 5 avec l'épée de puissance)
E: 4
PV: 3
I: 6
A: 4
Cd: 9
Svg: 2+; inv 5+


Dernière édition par Guillebert le Jeu 18 Fév 2010 - 19:00, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:44

Lothair de Touraine a écrit:
Voilà le chevalier envoyé par le Baron de Touraine !

Chevalier Argiloth de Touraine

Chevalier de la Baronnie de Touraine, Vassale du Duché de Bordeleaux et située aux frontières de Mousillon, le jeune Argiloth rêve de devenir le Porte Bannière du Baron de Touraine. Pour cela, le jeune chevalier s’est fixé le devoir d’être le meilleur chevalier possible et se faire un nom au sein des plus grands tournois de Bretonnie.
Fidèle second du fils du Baron, Lothair de Touraine, le chevalier a suivit son seigneur durant tout son parcours initiatique de chevalier, lors de sa quête contre Mousillon et ses chevaliers noirs et bien entendu dans toutes les batailles. Dans ses périples, Argiloth tente de rencontrer les plus grands chevaliers du Royaume pour se mesurer à eux et profiter de leur expérience afin d’acquérir la force et la compétence de mener un jour la Grande Bannière de Tourain à la bataille.
Bien qu’encore jeune, ses qualités de combattants font de lui un combattant redoutable. Mais la confiance qu’il porte en ses capacités, alliées à l’impétuosité et la fougue de sa jeunesse, lui crée plus de soucis qu’il n’en voudrait supporter. Mais sa foi infaillible envers la Dame et sa fidélité envers son Seigneur lui permettent de relever tout les défis avec honneur : Sans l’honneur, la victoire n’est rien !

M : 4 WS : 5+2 BS : 3 S : 4 T : 4 W : 2 I : 5+1 A : 3+1 Ld : 8

Paladin (60)

Equipement :
Arme de base (0)
Armure Lourde (0)
Bouclier (3)
Lance de Cavalerie (4)
Cheval de Guerre (14)
Vertu de l'ideal (35)
Lame mordante (10)
Armour of the Midsummer Sun (45)
Griffe de Dragon (25)

=> 196


Dernière édition par Guillebert le Mer 3 Fév 2010 - 18:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:47

argna a écrit:
Etoile le bien aimé

Belliqueux, inconscient, voila les adjectifs qui caractérisaient le jeune étoile avant qu'il ne rencontre la belle isabel .
Originaire de l'anguille le jeune chevalier errant de 19 ans s'est assagit au contact de la fille de son suzerain, le comte d'altmar.

comme preuve de son amour, il a décidé de participer au tournoy du champ printanier afin de représenter sa belle et pour se montrer digne de gagner sa main.

Equipé de l'armure familiale et doté d'un présent de sa belle qui lui portera chance. le jeune étoile est plus motivé que jamais.

Seigneur bretonnien (110)
Vertu de pureté (20) : invu 5+
Serment du chevalier
Destrier bretonnien caparaçonné : svg+2 (21)
bouclier (+3)
Lance de cavalerie : en charge F+2 (6)

armure de bonne fortune (+20)
manteau de damoiselle hélène (+20)s'il est possible de le renommer foulard d'isabel.
total 200


pour le blason fond sable, avec une étoile argent en haut a gauche et une rose argent en bas a droite.
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:49

Farwuld de Frapesec a écrit:
Le Marquis Alembert de Tyrose.

Le fier chevalier Alembert est à l'origine le fils puiné du baron de Tyrose, un territoire du duché de Brionne. Sa place dans la fratrie l'amena logiquement à devenir chevalier errant, statut qu'il obtint après avoir combattus quelque temps en Brionne aux côtés de son paternel. Il suivit le parcours presque habituel des errants, parcourant le royaume, vivant de l'hospitalité des seigneurs rencontrés et mettant sa lance et sa lame à leur service chaque fois qu'ils le réclamaient.

Alembert mis néanmoins trois ans à accéder au titre de chevalier du royaume, après avoir obtenus une place dans la maisonnée du baron Bernard de Boiberen. Deux autres années plus tard, lors d'une bataille contre de vils hommes-bêtes, Alembert sauva la vie de Bernard en détournant d'un geste habile une flèche qui volait droit vers le baron mais que celui-ci n'avait pas vus venir, trop occupé qu'il était à planter sa lame dans un monstre. Cet événement marqua le baron qui se lia d'amitié avec Alembert et en fit même l'un de ses hommes de confiance.

Quelques années et beaucoup de batailles plus tard, alors que Alembert approchait de le trentaine, Bernard le titra marquis du Boidébêtes, une vaste zone forestière de la forêt d'Arden, frontalière de Boiberen et récemment conquise. C'est ainsi que le chevalier prit ses quartiers dans un fort bâtit à la hâte, qui tirait plus sur la motte castrale que sur le château, et qu'il commanda du mieux qu'il put les quelques chevaliers mis à son service, les forestiers du coin, mais aussi les bucherons et les charbonniers.

Chevalier loyal, courageux et enragé au combat, on le dit aussi courtois et modeste. Mais finalement, nul autre que lui même ne connait sa nature plutôt versatile : En privé, il est gourmand, parfois grossier, plutôt porté sur le bon vin et les jolies femmes, quand il ne déclenche pas quelques bagarres de taverne. Ce tempérament peu chevaleresque qu'il masqua autant qu'il pu éclata cependant au grand jour lorsqu'il fut surpris au lit, par des serviteurs, avec dame Veline, la fille aînée du baron.

Présenté devant Bernard, ce dernier lui mit quelques baffes, lui fit dévaler un escalier sur les fesses avant de le jeter sans ménagements dans un cachot. Alembert pensait être assassiné dès le lendemain, mais au lieu de cela il reçu durant la nuit la visite du baron. Ce dernier lui raconta en privée tous les problèmes que lui causait sa peste de fille, et comme quoi il n'était pas le premier à se retrouver dans une position si embarrassante. Néanmoins, cette fois là, le baron ne pouvait cacher l'événement car il y avait eu plusieurs témoins, notamment la comtesse qui était bien plus intransigeante que son époux. Aussi, informa t-il Alembert que le seul moyen pour lui de se racheter aux yeux de la baronnie était d'accomplir un haut-fait, comme de partir jouter lors d'un tournois prestigieux et d'en rapporter les lauriers.

Le marquis pleura beaucoup de toutes ses bêtises sur l'épaule du baron compréhensif, mais le matin même il prit ses bagages et son cheval et quitta Boiberen au triple galop, confiant son marquisat à l'un de ses paladins de confiance. Bernard lui prêta son fameux heaume magique afin de l'aider, et lui parla d'une fameuse joute, le Tournoy du Champ Printanier, aussi sans attendre Alembert de Tyrose cavala, déterminé, vers la baronnie de Saint Psont...

Suite de l'histoire (au cas ou) : Si Alembert perd le tournois, il perd son marquisat et vit comme un pariât. Il finit néanmoins, un jour, par rencontrer le comte Farwuld de Frapesec (qui vit en Bastogne, mais juste de l'autre côté de la Grismerie, donc non loin de Boidébête) et entre à son service.
S'il gagne, il rentre et reprend les reines de son marquisat boisé. Cependant, un an plus tard, le baron Bernard décède et son fils prend sa suite. Celui-ci, sous l'influence de sa mère, n'apprécie pas du tout Alembert et veut le capturer, le destituer et lui faire payer ses crimes passés. Là encore, Alembert rencontre le comte de Frapesec et devenir son ami. Il décide alors de placer son marquisat sous la protection du comte en devenant son vassal, il sauve du même coup sa vie et son fief des prétentions du jeune baron.

Blason : D'or au chevron d'argent en pointe, meublé d'une rose de gueule.
En gros, le blason est jaune avec un chevron blanc pointant vers le haut, mais placé au bas du blason. La rose (fleur rouge et et tige verte) présente un dessin complexe qui trône sur la majeur partie du blason.


Marquis Alembert de Tyrose.

Seigneur Bretonnien (110 pts)
Serment du chevalier (0)
Vertu de pureté : Svg invulnérable de 5+ (20 pts)
Destrier bretonnien caparaçonné : Svg +2 (21 pts)
Armure lourde : Svg +2 (0)
Bouclier : Svg +1 (3)
Lance de cavalerie : F +2 en charge (6 pts)
Grand heaume de Gromril : Svg +1 & relance ses jets de svg ratés (30 pts)
Lame de morsure : -1 à la Svg (10 pts)

110 + 20 + 21 +3 + 6 + 30 + 10
Total : 200 points.
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Mer 3 Fév 2010 - 2:58

Attention, le message suivant comporte des horaires qui peuvent rebuter même les plus valeureux d'entre vous. Cependant, le courage de notre très saint administrateur va au delà de toutes les considérations matérielles pour arriver à nous fournir un boulot de tout premier ordre, que son exemple nous guide tous

Baron de Havras a écrit:
Bon, il est 3h32 du matin, nous sommes le jeudi 21 janvier... j'ouvre ce message en même temps que mon très saint LA. Voyons voir si j'arrive à pondre un truc en moins d'une demi-heure (histoire que j'aille me coucher après). lol!

Voici donc mon personnage:

Seigneur Bretonnien (110), sous le serment du chevalier, monté sur un destrier bretonnien caparaçonné (21), portant bouclier (3) et lance de cavalerie (6). Vertu du tempérament chevaleresque (40) et armure de bonne fortune (20). Nous arrivons donc à un total de 200 pile poil, si je ne me trompe pas. C'est loin d'être optimisé niveau armement mais je pense que la combinaison peut être marrante surtout qu'elle est assez aléatoire. Et puis j'en ai un peu marre de la combinaison vertu de la joute/lance d'Artenois.

Merde, 3h37... dépêchons un peu. L'historique est toujours un truc long.


Théodrade de Cervencouille

Fidèle vassal du baron de Havras, Théodrade est, comme nombre de ses compatriotes Havrassois, un habile écumeur de tournois qui ne rate jamais une occasion de prouver sa valeur.
Toutefois, si son amour pour le combat et les charges sont indéniables, force est de constater qu'en dehors de cette passion pour les arts guerriers, le brave Théodrade, homme par ailleurs toujours plein d'entrain et de bonne volonté, n'a pas grand chose à faire valoir.
Passablement inculte, illettré, assez ivrogne et souvent incapable de comprendre les ordres qu'on lui donne (et donc très logiquement plus incapable encore de les mettre en application), il est l'exemple typique du vassal à vous rendre fou un honnête seigneur.
La politique du baron actuel consistant à encourager vivement ses chevaliers à se rendre aux quatre coins du Royaume pour participer à un maximum de tournois et de joutes, il n'est pas conséquent pas rare, surtout dans le Nord de la Bretonnie, de rencontrer quelque vaillant champion originaire de ces terres. Si c'est bien le cas de Théodrade, son cas demeure néanmoins remarquable en cette matière. Considéré comme insupportable par ses frères d'armes comme par son suzerain, on l'envoie toujours le plus loin possible, pour participer à un grand nombre de tournois en espérant secrètement ne pas le voir reparaître. Cependant, la chance insolante du brave chevalier de Cervencouille le fait toujours revenir, souvent victorieux et indemne.


4h11... bon, ça m'a pris du temps pour pondre trois pauvres lignes mais ce n'est pas évident à cette heure-ci. Bref, ce personnage est un genre de Perceval de Kaamelott, sympa mais con à s'en taper la tête contre les murs. Laughing
Bon, maintenant il faut que je m'occupe de lui trouver des armoiries... on va faire simple. Un blason écartelé d'argent et de sable avec une croix fleuredelysée de sable dans les parties blanches et un lévrier rampant d'argent dans les parties noires (non, ce n'est pas vraiment du langage héraldique, parce que ça me saoule à cette heure-ci Razz ) lol!

Je ne suis pas sûr d'avoir suivi le patron donné. Si tu veux que je remette en ordre pour des questions de lisibilité, préviens-moi. Laughing
Bon, il est 4h25, mine de rien. Il est temps que j'envoie ce truc. C'est fou le temps qu'on perd en conneries quand on écrit. Laughing
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Ven 5 Fév 2010 - 18:06

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Sigebert des Ardets contre Leustant de Castagne


Hommère de Saint Psont était fier de présider son tournoy. La tribune officielle comptait de nombreux nobles qui étaient venus pour assister aux joutes. Son Comte Guillebert de Geantain, un des rares Chevalier du Graal de la région, était arrivé au petit matin avec quelques uns de ses plus fidèles compagnons ainsi que sa compagne, la Damoiselle du Graal Frédégonde, et il les avait placé directement à sa droite. A sa gauche, siégeant aux côté de sa douce Marhje, figuraient quelques uns des plus grands organisateurs de tournoy, dont le Comte Albert de Couronne, qui s’excusait de la part de son Roy de son absence, le Baron Sigemont de Gisoreux et le Vicomte Perceval de Brionne.

Alors que le public n’en finissait plus de remplir les autres tribunes sous la garde de Clanecy Wigueume et de ses hommes d’armes, les gens de Saint Psont commençaient la vente de toutes sortes de produits alimentaires et de petits drapeaux représentant les blasons des participants et de l’organisateur au milieu d’un brouhaha incessant. Le héraut de la baronnie s’avança au milieu de la lice et souleva ses mains pour demander le silence.

- Ici Quènte Brocmanne en direct du tournoy de Saint Psont. Les premiers Chevaliers à s’affronter aujourd’hui ont fait un long voyage pour arriver en ces lieux. Le Seigneur Sigebert des Ardets est venu représenter la Baronnie de La Tour, dont le castel est haut perché sur les éperons rocheux des Voutes. Le Baron Leustant de Castagne nous vient de Moussillon et représente le domaine gastérophile de son père Frédégast, un élu de la Dame. Mes Demoiselles, mes Dames et mes Seigneurs, je vous demande un tonnerre d’applaudissements pour Sigebert et Leustant !

La foule acclama les arrivants. Leurs lances décorées aux couleurs de leurs armes se détachèrent au dessus des tribunes publiques, précédant les Chevaliers qui trottaient fièrement l’un à côté de l’autre visière levée. Ils prirent place d’un côté et de l’autre de la lice suivant les gestes du héraut et attendirent le signal. Quènte quitta la lice pour prendre place devant son Baron qui se leva et intima le silence.

- Mes Seigneurs, vous êtes engagés dans une joute cordiale. Toute vilenie est passible de bannissement auprès de vos pairs et de la Dame. Je vous demande, selon la tradition, de vous présenter amicalement.

Les Chevaliers firent usage de leurs éperons pour avancer l’un vers l’autre au petit trot lance baissée. Au dernier moment, ils levèrent conjointement leurs armes et se croisèrent sans se toucher en faisant un signe de tête pour se saluer. Arrivés en bout de lice ils firent volte face et baissèrent leur visière. Hommère se rassit et fit signe à Marhje de se lever. Elle avança alors aux abords des balustres de la tribune officielle, un foulard à la main. Après un regard discret vers son époux qui lui fit un clin d’œil, elle lâcha le foulard dans un silence insoutenable.

Au moment où le foulard toucha le sable, les deux participants s’élancèrent en direction l’un de l’autre, tels deux oiseaux de proie affamés. Leur chevauchée n’était pas bien longue mais chaque foulée de leurs destriers semblait durer des minutes pour tous les spectateurs réunis autour de la scène. Les vendeurs de cochonneries s’étaient arrêtés en plein dans leurs fournitures, leurs acheteurs restaient bêtes en tendant leur main dans le vide sans même espérer qu’un quelconque casse-croûte y tombât, les nobles se crispaient sur les accoudoirs de leurs fauteuils.

Le choc des lances sur les écus fut retentissant. Sigebert pris l’avantage en frappant en premier (4 touches dont une relance et un 6), sa lance percuta son adversaire de toute sa force (4 blessures). Leustant était bien protégé par son bouclier (2 svg) et par la Dame (1 invu) mais avait subit une sérieuse lésion (-1 PV). Il avait été déstabilisé par l’attaque de son adversaire et ne pu frapper comme il l’entendait (1 touche sur 6) mais il y avait mis toute la fermeté qu’il pouvait (1 blessure sur relance, pas de touche supplémentaire), ce qui n’était pas suffisant pour percer la défense adverse (1 svg).

Revenu de chaque côté de la lice, ils se retournèrent pour se jauger et laisser tomber leurs lances écharpées. Ils sortirent alors leurs armes de leurs fourreaux et se ruèrent à nouveau l’un vers l’autre, comme d’un commun accord. Sigebert toucha son adversaire avec encore beaucoup de fortune (3 touches) et de force (3 blessures dont un 6), ce qui blessa encore le Chevalier de Castagne (2 svg, 0 invu, -1 PV) et le fit quitter sa selle. Cependant Leustant avait eu le temps de placer une belle riposte (1 touche) avec adresse (1 blessure sur 6), ce qui fit choir également le Chevalier des Ardets sans lui causer de dommage (1 svg).

Les escuyers des deux participants se ruèrent sur la lice pour aider leurs maitres et constater les dégâts sous les murmures inquiets de la foule. Avec tout le mal que requière le port d’une armure lourde, tous deux se levèrent, acclamés par un public rassuré de voir la joute continuer, puis regagnèrent leurs montures. Ronhéron II, le cheval pourpre et argent, se laissait gentiment diriger par les serviteurs de Castagne alors que Dangorn qui était de nature belliqueuse s’il n’avait eu sa ration de vinasse menait la vie dure à ceux des Ardets. Finalement les gens de Sigebert eurent raison de ses pitreries, bien trop tôt selon l’avis des spectateurs hilares qui ne cessaient d’invectiver les escuyers ardetois.

Les adversaires du moment reprirent alors là où il en était et se jetèrent une fois de plus l’un vers l’autre, encouragés par le public (comme les deux sont tombés, j’ai laissé l’initiative précédente). Sigebert avait dû être déstabilisé par sa chute car il n’arriva point à toucher Leustant (0 touche) tandis que ce dernier lui asséna quelques coups au passage (2 touches) dont un vigoureux (1 blessure) qui passa outre les protections du Chevalier Ardetois (0 svg, 0 invu, -1 PV) pour lui causer sa première blessure.

Courroucé par cette estiflade, Sigebert continua le combat sans tout fois passer la défense adverse (0 touche), Leustant en profitant pour lui asséner de nouveau une belle attaque (2 touches, 2blessures) qu’aucune protection ne parvint à arrêter complètement (0 svg, 1 invu, -1 PV), lui causant une nouvelle entaille. A ce moment de la joute les deux participants étaient au coude à coude, tout deux sérieusement atteints et rougissant le sable de la lice de leur noble sang, mais aucun ne semblait baisser sa garde pour autant, ils continuaient à se battre comme si leurs vies en dépendaient.

Sigebert repris confiance en lui en devinant la parade de Leustant (2 touches) mais, malgré toute la vigueur qu’il mit dans ses attaques (1 blessure), il ne put pénétrer l’armure de ce dernier (1 svg). Le Chevalier de Castagne profita de l’assaut adverse pour placer également une fort belle offensive (2 touches sur 6, 1 blessure) qui perça l’armure ardetoise (0 svg) sans toutefois parvenir à blesser (1 invu). Le combat semblait ne jamais en finir pour l’assemblée qui regardait les Chevaliers lutter comme des chiens enragés. Ils échangeaient des passes avec dextérité, on n’entendait que le bruit des lames se heurtant, des écus qui paraient les attaques et des mailles qui s’entrechoquaient sous les coups, mais ils semblaient ne pas pouvoir se départager.

Le Chevalier des Ardets continua à toucher son adversaire à plusieurs reprises (2 touches dont un 6) mais commençait à manquer de vitalité (0 blessure malgré les relances). Leustant en profita pour lancer sa meilleure botte (3 touches) avec virtuosité (3 blessures dont deux 6) parvenant à faire choir son adversaire en lui assénant le coup de grâce (2 svg, 0 invu, -1 PV).

Quènte Brocmanne revint au milieu de la lice, en même temps que les escuyers des Ardets et Juliussibert, le rebouteux local, et vint se placer aux côtés de Leustant de Castagne qui semblait enfin avoir pris conscience de ses propres blessures. Mais ce dernier attendait de voir le diagnostique du guérisseur avant tout.

- Le Seigneur Sigebert a pris de bien mauvais coup mais apportez lui un bon cruchon de vin et il y se lèvera surement pour y faire honneur !

Rassuré, le Chevalier de Castagne daigna se laisser guider par le héraut qui dit à voix forte :

- Voici le vainqueur de la première joute du tournoy du Champ Printannier, je vous demande de faire une ovation à Leustant de Castagne !

Toutes les tribunes se levèrent et hurlèrent le nom de Leustant en s’échauffant les mains à les frapper de toute leur force. Hommère lui-même ne put s’empêcher de suivre la liesse générale, au grand damne de son épouse, et se comportait comme un gamin qui assistait à sa première joute, tapant du pied et poussant des «youhou !» retentissant devant le regard amusé de ses pairs.

Le long chemin qui avait mené Sigebert des Ardets au tournoy du Champ Printanier avait peut être eu raison de sa concentration mais son adversaire moussillonnais n’avait pas démérité cette victoire.



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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Ven 12 Fév 2010 - 3:16

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Maximin de la Teyssonnière contre Baudoin de Kerfadec

Le sable de la lice fut débarrassé des restes de lances, des pièces métalliques et du sable rougi qu’avait laissé la première joute. Il fallut quelques longues minutes aux gens du Champ Printanier pour effectuer cette tache, temps forcément mis à contribution par les vendeurs à la sauvette pour distribuer de quoi se ressaisir après les fortes émotions ressenties par tous les spectateurs. Même dans la tribune officielle, les Nobles en profitèrent pour s’alimenter et, surtout, se déshydrater à leur convenance grâce à la Deuffe, cervoise fameuse dans toute la région.

Juliussibert avait bien vite remis Sigebert des Ardets de ses contusions (et réellement à grand renfort de vin) et c’est accompagné de Leustant de Castagne qu’ils firent son irruption dans cette estrade. Pour des raisons tactiques, on demanda au Chevalier de Castagne de quitter les lieux, lui intimant de se reposer en vue des prochains combats, car aucun participant encore en course pour le titre de champion du Champ Printanier ne devait voir les techniques de ses adversaires, dans un souci d’équité. Sigebert, après une tape amicale à Leustant, pu donc profiter des avantages de la tribune officielle pour voir les joutes suivantes en s’empiffrant au moins autant que le Seigneur local, même s’il le faisait de manière plus discrète.

Alors que la lice recevait ses derniers coups de râteau, Quènte Brocmanne prévint Hommère que les combats allaient bientôt pouvoir reprendre. Celui-ci lui dit un indistinct «Merpfi !» en lui envoyant un gros morceau de volaille dans la figure. La plupart des spectateurs n’ayant rien de mieux à faire qu’à regarder en direction de l’estrade la plus colorée, convoitant leurs fauteuils, leurs victuailles et leurs accoutrements dans des termes inadaptés pour parler de la Noblesse qui y siégeait, eu tout de même le plaisir d’assister à cette scène. Un fou rire général empli de plus en plus la lice tandis que les gueux comprenaient les uns après les autres pourquoi le héraut local s’excitait sur ses beaux atours avec une serviette. Une fois de plus le Baron de Saint Psont se dit qu’il aurait dû se douter d’une quelconque bêtise de sa part, ainsi il se promit de faire distraire la foule entre les prochaines joutes et non de la distraire lui-même.

Pour l’heure, tous les préparatifs étaient finis et Quènte Brocmanne pu regagner une fois de plus le centre de l’arène, bien qu’il eu beaucoup de mal à réclamer le silence avec la grosse tâche grasse qui ornait son col. Après quelques courtes minutes de railleries diverses et de provocations gratuites, le public commençait à s’intéresser de nouveau aux évènements qui les avaient fait venir et le héraut pu prendre la parole.

- Oyez mes Demoiselles, mes Dames et mes Seigneurs ! La seconde joute du tournoy du Champ Printannier va maintenant départager deux Chevaliers qui se sont illustré en bien des occasions. Maximin de la Teyssonnière, dit le fort, est un preux Chevalier gisorois qui a triomphé de maintes bêtes mutantes dans la proche forêt d’Arden. Baudoin de Kerfadec, quant à lui, a eu le courage et la force de pourfendre le terrible vampire qui lui avait pris sa douce Sybille en Parravon. Que les trompettes sonnent et vos mains résonnent pour Maximin et Baudoin !

Les Chevaliers énoncés arrivèrent de concert au petit trot. On pouvait voir l’implacable détermination du robuste représentant de Corgenon et, à ses côtés, la tristesse infinie de celui qui avait perdu un être proche aux travers leurs deux heaumes ouverts. Après que le héraut ait quitté la lice et que Hommère le leur demanda, ils se présentèrent cordialement, ainsi que le veulent les règles du tournoy. Puis ils se firent face et baissèrent leur visière d’un seul mouvement. Ceux qui auraient été capable de distinguer leurs regards à cet instant précis auraient vu alors que Maximin fixait avec dédain son adversaire, confiant qu’il était dans son maniement de la lance après des années passées à chasser toutes créatures dans les bois, alors que Baudoin, après avoir trop pensé à sa Sybille à cause de cet imbécile de héraut, déversa toute sa colère dans le bras qui tenait sa lance et ne regardait pas son adversaire fixement, il ne distinguait en face de lui qu’un ennemi nébuleux mais aussi cruel que la vie.

Ce n’est pas l’étoffe de Marhje qui fit partir les deux Chevaliers mais le bruit que fit la foule et l’agitation qui les entoura soudainement alors qu’ils étaient perdus dans leurs pensées. Tous deux éperonnèrent sauvagement leurs montures et se jetèrent comme des lions voraces. Les sabots de leurs destriers martelaient le sol au rythme des cœurs de tous les spectateurs. Les lances se croisèrent un bref instant, toutes deux fermement tenues en direction du poitrail adverse, toutes deux renfermant les sentiments de leurs propriétaires, toutes deux droites et parallèles. Mais l’une d’elles arriva la première sur son objectif. Le délire du Chevalier de Kerfadec l’avait fait se projeter au devant de tout danger mais il frappait le premier (initiative à Baudoin) et avec toute la fureur qui l’habitait (4 attaques dont un 6). Il y avait mis tout ce qu’il avait sur le cœur (4 blessures dont un 6). Sa lance transperça en partie le bouclier ennemi (2 svg), écrasa son armure et l’envoya au bas de sa monture le souffle coupé (0 invu).

Baudoin n’avait même pas remarqué qu’il n’avait pas été bousculé lors de son offensive et, arrivé de l’autre côté de la lice, il se débarrassa en vitesse de sa lance, fit faire volte face à son destrier et s’apprêta à sortir sa lame. Mais il vit le chevalier de la Tessonière qui ne bougeait plus allongé au beau milieu de la lice et se retint de donner du talon et de sortir son épée. Submergé par les émotions qui se bousculaient dans son esprit, il resta interdit et assistait à la scène suivante comme un simple gueux depuis la plus étriquée des tribunes. Juliussibert et les gens de Corgenon se précipitaient vers Maximin alors que Quènte sorti de la tribune officielle pour le rejoindre. Il ne comprit même pas ce que ce gueux à l’accoutrement bariolé et marqué d’une vilaine tâche au col venait lui annoncer de prime abord. Puis un déclic lui fit reprendre le cours des évènements : il était dans la lice du tournoy du Champ Printanier et venait de mettre à bas son adversaire au premier coup de lance.

Ses sens revinrent et il entendit la foule scander son nom alors que Quènte Brocmanne l’encourageait à montrer sa joie en lui tapant discrètement dans le mollet. Non sans avoir asséné un bon coup de chausse de mailles dans les côtes du héraut, pour lui faire comprendre qu’il ne faut pas commencer à prendre de mauvaise habitudes en frappant ainsi un Noble, Baudoin releva sa visière et regarda d’un air réjoui les tribunes. Sa victoire, il ne l’attendait pas si prompte face à une telle masse. Elle paraissait n’être due qu’à une volonté qu’il ne contrôlait pas et qui l’empêcherait sans doute de trouver une épouse de si tôt. Mais la victoire était trop belle, l’exploit trop grand pour s’attarder encore sur de mornes pensées. Il fit un signe de tête au héraut en le fixant de ses yeux perçant. Ce dernier qui s’était écarté de Baudoin, faisant mine d’aller voir l’état de Maximin, sut qu’il était temps d’annoncer les nouvelles malgré la douleur qui lui lançait dans les poumons. «Il semble que Maximin de la Tessonière s’en remettra», dit-il d’une voix trop faible pour être entendue par tous, s’approchant toujours du groupement qui s’actionnait autour d’un Chevalier gisorois reprenant ses esprits. Puis il se remit bien droit, respira une bonne fois en grimaçant et retourna vers Baudoin, tout en restant à distance de ses savates, en hurlant : «Et voici le vainqueur du second quart de final du tournoy du Champ Printanier, j’ai l’honneur de parler du rrredoutaaaable… Baudoin de Kerfadec !»

Les hourras reprirent de plus bel. Le combat avait en effet été si court que toutes les tribunes saluaient bruyamment l’exploit de Baudoin, ou conspuaient tout aussi peu discrètement contre la piètre performance de Maximin. Le vainqueur en profita pour quitter la lice, saluant dans toutes les directions, dans une ambiance sonore haletante et sous les félicitations de la tribune officielle. Son adversaire la quitta quelques instants après, la tête baissée, aidé par son fidèle Lormet, mais sur ses deux pieds et tenant fermement les rênes de son cheval.



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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Jeu 18 Fév 2010 - 18:56

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Argiloth de Touraine contre Etoile le Bien Aimé


Hommère de Saint Psont fit demander, par le biais de Quènte, à deux de ses jeunes Chevaliers d’entamer un combat pour faire patienter le public, et ainsi espérer ne plus être le drôle de cette attente. N’ayant à l’origine prévu aucune intermède entre les joutes, il avait trouvé cette idée séduisante afin d’éviter la mésaventure précédente. Les Chevaliers désignés pour distraire les spectateurs étaient, pour le bonheur des uns et le malheur d’un autre qui s’en mordait déjà les doigts, des couards manifestes qui n’auront jamais été digne de se voir attribuer un domaine qu’ils n’auraient pu défendre. Hommère avait choisi en toute hâte ses deux-ci car ce sont les seuls Chevaliers Errants qu’il avait sous sa coupe à ce moment, mais il savait qu’ils n’arriveraient pas à atteindre le niveau des Chevaliers venus pour le tournoy. C’est ainsi que, surpris mais pas déconcertés par cette demande, les jeunes Todd et Rod Flan d’Eurse se levèrent de leur fauteuils avec un air résigné et du plus haut sérieux, et se rendirent au milieu de la lice accompagnés du héraut.

- Oyez, oyez ! A la demande de notre hôte, le Baron de Saint Psont, j’ai le plaisir de vous présenter, en attendant la joute suivante, un combat entre deux jeunes Chevaliers prometteurs, les frères Todd et Rod Flan d’Eurse.

La foule les acclama alors que Quènte Brocmanne rejoignait la tribune officielle. Todd et Rod regardaient toute cette agitation en tournant bêtement sur eux même tout en gardant leur sérieux. Puis le sourire montant aux lèvres, commençant à prendre goût à l'attention qu'on leur portait (ce qui n'était pas chose commune à Saint Psont) et sentant que les hourras commençaient à décliner, ils levèrent frénétiquement leurs bras aux ciel pour encourager les spectateurs à continuer. Ils se crurent un moment les marionnettistes des tribunes, en jouant du regard et des bras pour exhorter successivement chaque tribune à les ovationner. Ils tournèrent ainsi sur eux même côte à côte et firent lever les spectateurs de la tribune Sud, puis ceux de la tribune Ouest, ensuite ceux de la tribune Nord, et enfin réitérèrent leurs manèges vers la tribune Est et arrêtèrent soudainement leurs gestes.

Ils avaient alors devant eux une tribune plus haute que les trois autres, qui faisait face à la large vallée du Champ Printanier, dont les nombreuses décorations tombaient directement des créneaux et qui abritaient des figures nobles aux regards irrités. Todd et Rod venaient d'inventer ce que des marchants venus d'Estalie exportèrent chez eux pour les nombreuses pauses des matchs de bloodball, et qu'on appellerait par la suite des "holas", mais ils n'étaient pas là pour chauffer l'ambiance de cette manière. Hommère étant encore une fois trop hébété et désemparé pour réagir, Marhje leur fit signe de sortir leurs armes.

Les deux compères, qui avaient perdus leurs sourires en se tournant vers leurs Seigneurs, ne se firent pas prier et sortirent leurs épées du fourreau. Todd la sortit si vite en se tournant vers Rod qu'il la lui mit dans le menton et le fit choir dans le sable de la lice. Ce dernier se tordait de douleur, la langue saignante, alors que les spectateurs se tordaient sur leurs assises, non pas pour la même raison, mais par le comique de la situation. Même les Nobles ne pouvaient s'empêcher de laisser éclater leurs rires opulents et sonores. Todd fit alors mine d'avoir terrassé son adversaire après un rude combat et commença à entamer un tour d'honneur, tandis que Juliussibert emmenait son acolyte vers sa tente, puis revint s'asseoir dans la tribune officielle en saluant la foule.

Hommère fut surpris de voir que son intermède improvisé avait aussi bien fonctionné, même s'il espérait une autre sorte de divertissement. Son Comte et les organisateurs des plus grand tournoys du Royaume le félicitèrent même pour ce moment de détente entre deux joutes, un petit spectacle moqueur bien venu qui serait certainement repris lors d'autres organisations. Hommère, encore sous le coup de la surprise, ne sut que dire mais demanda discrètement à son héraut de revenir le voir avec Todd et Rod à la fin de la prochaine joute.

C'est donc dans une atmosphère plus que détendue que Quènte Brocmanne s'en retourna au milieu de la lice pour annoncer la venue d’Agiloth de Touraine, le présentant comme un jeune et fougueux Chevalier venu représenter sa Baronnie et prouver son adresse, ainsi que celle d’Etoile, dit le Bien Aimé, qui cherche à honorer sa promise, Isabel, dont il porte une étoffe porte bonheur au bout de sa lance.

Les Chevaliers entrèrent de concert dans l’arène, acclamés par les spectateurs, et surtout par les spectatrices avides de se faire remarquer par de si bons partis. Ils se saluèrent cordialement selon la coutume rappelée par Hommère puis se mirent en position de chaque côté de la lice et baissèrent leurs ventails. Marhje se leva pour lancer les hostilités, munie de son sempiternel foulard azur. Elle le laissa choir sur le sable en redoutant l’effusion de coups qui allait suivre. A peine avait-il touché le sol que les deux Chevaliers se ruèrent l’un vers l’autre. Les sabots de leurs montures martelaient le sable dans un bruit sourd qui se répercutait contre les hautes murailles de Saint Psont. Les lances s’abaissèrent en accord alors qu’il ne restait que quelques secondes avant la première rencontre de leurs propriétaires au milieu de la lice. Les tribunes frémirent à l’approche rapide des jouteurs, et ce fut le choc.

Le Chevalier de Touraine frappa le premier (4 touches dont un 6) avec vigueur (3 blessures), son arme glissa sur le bouclier adverse (2 svg) et fini sa course en projetant des échardes dans le heaume d’Etoile sans gravité (1 invu). Secoué par cette soudaine attaque, ce dernier détourna la lance de sa cible (0 touche) et dût la lâcher arrivé au bout de la lice sans l’avoir utilisé. Il souleva sa visière pour se débarrasser des bouts de bois qui le gênaient et sortit sa lame. Argiloth ne l’avait pas attendu pour délester son fourreau et, d’un signe de tête, relança le combat en se précipitant le long de la lice, tout comme son adversaire. A la deuxième rencontre, il essaya de placer une attaque vive (1 touche sur 6) et précise (1 blessure) mais sa lame ne toucha que les mailles adverses (1 svg). Déçu de n’avoir pu placer sa première attaque, Etoile lança une de ses bottes les plus puissantes (2 touches sur 6, 2 blessures) mais fut lui aussi bloqué par les défenses antagonistes (2 svg).

Sans discontinuer, les deux adversaires continuèrent le combat, avec une fureur qui leur fit oublier de garder leur selle (non, il ne se sont pas chié dessus ! Razz). Argiloth plaçait encore une fabuleuse riposte (3 touches dont deux 6) qui déstabilisât le Chevalier anguillois (2 blessures dont un 6) sans toutefois percer ses protections (2 svg encore deux 6 !). Etoile avait cependant eu le temps de placer une remarquable parade (2 touches dont un 6, 2 blessures dont un 6) qui traversa en partie les défenses adverses (1 svg) sans blesser le Chevalier moussillonnais (1 invu). Les deux jouteurs se retrouvèrent alors éjectés de leurs montures, faisant monter une vive exclamation des tribunes.

A peine étaient ils au sol qu’ils se relevèrent, agacés, et reprirent place avant même que leurs escuyers n’arrivassent pour les y aider. Ils retournèrent de chaque côté de la lice, firent volte face et s’élancèrent une fois de plus l’un vers l’autre. Sans doute encore sous le choc de sa chute, Argiloth lança un assaut vif (3 touches) mais sans fermeté (0 blessure), tandis qu’Etoile mit tout son cœur (2 touches sur 6) et plaça sa lame vigoureusement (1 blessure)au travers de la garde moussillonnaise (0 svg, 0 invu, - 1 PV), rougissant le bout de sa lame avec le sang adverse. Courroucé et dégourdi par sa douleur, Argiloth assaillait frénétiquement le Bien Aimé (4 touches dont un 6) avec une force prodigieuse (2 blessures dont un 6). Etoile ne pu parer ces formidables coups (0 svg, 0 invu), ni même répliquer (0 touche), et échouât de sa monture, tombant lourdement sur le sable sans pouvoir retenir un râle de douleur (- 2 PV).

Juliussibert se précipita en même temps que l’escuyer anguillois sur la lice. Etoile se relevait déjà et essayait de se remettre sur pied lorsque le rebouteux lui demanda de se tenir tranquille pour examiner la blessure. Il n’écouta pas ce dernier lui conseiller de ne pas remonter à cheval après une telle chute, mais dû s’appuyer sur son serviteur pour rejoindre sa selle. Pensant à sa promise Isabel qu’il ne voulait décevoir, il reprit son écu et son épée, puis rejoignit sa place en bout de lice. Il fit signe à Argiloth qu’il était prêt à se battre jusqu’au bout et lança son destrier en sa direction. Le chevalier de Touraine ne se fit pas prié et repartit de plus belle. Il en profita pour montrer une autre de ses techniques favorites (3 touches dont un 6, 3 blessures) qui passèrent partiellement au travers de la défense anguilloise (2 svg) mais ne parvinrent pas à causer de dommage supplémentaire (1 invu). Etoile n’était pas apte à attaquer violemment mais essaya un de ses meilleur et plus puissant coup (1 touche sur 6, 1 blessure) qui s’écrasa malheureusement contre les mailles adverses (1 svg).

Conscient de l’état de faiblesse du Bien Aimé et de sa supériorité martiale du moment, et voulant en finir au plus vite pour ne pas voir son adversaire tomber par manque de force, Argiloth lança sa plus belle botte (4 touches dont un 6) qui ébranla son rival (2 blessures) et passa outre ses défenses (1 svg) pour porter le coup final (0 invu) qui blessa une nouvelle fois le Chevalier anguillois (- 1 PV). Ce dernier, bien que recroquevillé sur sa selle, le bras gauche portant plus ses chairs meurtries que son bouclier, ne voulait pas arrêter le combat et essayait de frapper encore l’autre jouteur.

Quènte Brocmanne et Julliussibert qui s’étaient rués dans l’arène dès le dernier coup porté tentèrent de le raisonner sans résultat. Il fallu l’intervention de Hommer et d’Argiloth qui prirent aussi pied sur le sable pour le calmer. Le premier lui dit que son acharnement n’allait pas l’aider à honorer sa promise mais à lui faire perdre son amant, tandis que le second lui dit que son estime était sauf, parce qu’il avait versé le premier sang, et qu’il le respecterait à jamais et le redouterait à chaque joute car le combat fut rude et la victoire serrée. Alors que l’apothicaire conduisait le Bien Aimé vers la tente de soin et que Hommère reprenait place sur son trône, Quènte qui avait assisté impuissant à la scène cherchait ses mots. Il voulait faire comprendre au public, et surtout aux gueux de Saint Psont qui n’étaient pas les plus érudits du continent, tout le tragique des évènements qui venaient de se dérouler sous leurs yeux. Il tint alors ce discours :

- Mes Damoiselles, mes Dames et mes Seigneurs, vous venez d’assister à un rude combat dans lequel de fougueux Chevaliers avaient placés beaucoup de rêves et d’espoirs. La joute fut serrée, âpre et d’une rare intensité parce que ni l’un ni l’autre n’était prêt à laisser son adversaire prendre le dessus. Ils se sont battus comme si leurs vies et celles de leurs proches en dépendaient, et surtout pour représenter et honorer ceux pour qui ils sont venus en ce tournoy. L’un comme l’autre n’aurait pas voulu laisser la victoire à son adversaire, préférant mourir que de céder la gloire et le triomphe. L’un comme l’autre n’ont pas démérité, bien au contraire, ils ont tout deux montré des aptitudes martiales hors du commun pour de si jeunes Chevaliers. Seulement, il fallait qu’un seul d’entre eux puisse continuer le tournoy. Etoile le Bien Aimé pourra retrouver sa promise avec tous les honneurs qu’il mérite mais c’est Argiloth de Touraine qui remporte cette joute. Faites un triomphe à Argiloth !

La foule réunie autour de l’arène lança alors la plus belle ovation qu’elle put, toutes les tribunes s’agitant et criant des éloges envers les deux chevaliers, les jouvencelles en furie pleurant et suppliant Argiloth le simple fait de les considérer. Ce dernier sortit de ses pensées qui étaient alors tournées vers son adversaire des minutes précédentes, et il fallut que le héraut lui prenne son bras armé et le lève pour qu’il savoure enfin son triomphe. Il pensa alors à ses amis, sa Baronnie et surtout à ce que son Baron allait entendre de ses exploits. Avant de rejoindre la tente de soin pour se faire lui aussi panser et pour voir Etoile qui deviendrait à coup sûr un ami, le sourire lui montant aux lèvres, il profita de ce moment pour reprendre des forces morales qui allaient l’aider à continuer le tournoy.



Dernière édition par Guillebert le Jeu 1 Avr 2010 - 20:06, édité 1 fois (Raison : Ecritures en noir)
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Ven 5 Mar 2010 - 20:15

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Alembert de Tyrose contre Théodrade de Cervencouille


Comme demandé auparavant, Quènte Brocmanne amena Rod et Todd devant Hommère à la fin de la troisième joute. Il leur dit alors :

- Jeunes Chevaliers Flan d'Eurse, vous allez retourner sur la lice. Cependant, si vous ne voulez pas que je vous rosse, vous allez arrêter vos pitreries et montrer ce que vous avez appris à mes côtés en vous battant. Votre père et la Dame vous regardent, je souhaite que vous soyez dignes d'eux et qu'ils soient fiers de vous.

Accablés par ces paroles, les jeunots se rendirent au milieu de l'arène la mine basse. Le public les regarda arriver avec attention, il s'attendait à tout moment à une quelconque bouffonnerie, ou tout du moins à être mis en chauffe pour la dernière joute de la journée. Todd et Rod délestèrent alors leurs fourreaux de leurs épées et se saluèrent cérémoniellement, faisant éclater quelques rires gras de spectateurs à la mine bien rougie. Ces derniers, comme bien d’autres, furent stupéfaits de voir commencer un vrai combat où chaque coup était puissamment porté et, s'il n'était arrêté, pouvait aisément casser un membre malgré le gambison et les mailles.

Hommère regarda furtivement vers Nayde, Seigneur de la baronnie Flan d'Eurse voisine, qui était fier de voir que ses héritiers sauraient défendre leurs terres bien plus efficacement que lui. Le baron de Saint Psont avaient tout de même dû passer deux fois plus de temps qu'avec d'autres pour expliquer à Todd et Rod les passes de base et leurs parades, il avait même dû imaginer une chorégraphe pour que les frères saisissent l'enchaînement des coups. De surcroit il leur fallait une musique entraînante pour qu'ils arrivent à s'imprégner des mouvements et à se souvenir de leur coordination, sinon ils ne pouvaient exécuter plus de deux passes sans se blesser.

En tendant l'oreille à cette pensée, Hommère parvint à entendre au milieu du brouhaha des tribunes le chant rythmé qu'il leur faisait jouer durant leurs entraînements et qu’ils fredonnaient pour tenir le rythme. Il essaya alors de ne pas se rappeler comment les deux frères étaient perturbés par la fin de ce chant : à chaque fois que la musique s'interrompait, ils semblaient ne plus savoir par quel bout se prend une épée, s'emmêlaient les pinceaux et finissaient par se blesser ou tout casser autour d'eux. Hommère n'osait à peine regarder le spectacle lorsque les frères Flan d'Eurses arrivèrent au terme de leur chant. Il se crispa sur son trône, les yeux presque fermés, s'attendant encore une fois au pire.

C'est le cri hystérique de Nayde qui lui fit écarquiller les yeux et voir ce qui venait de se passer. La foule également semblait tout à fait horrifiée par le spectacle : Todd se démenait pour retirer l'épée de son frère qui était encastrée dans son heaume. L'arme semblait avoir atteint le crâne du malheureux dont le sang commençait à perler le long de son gorgerin. Alors que Nayde et Julliussibert arrivaient au centre de la lice sans trop savoir quoi faire, Rod calmait son frangin qui se débattait comme un sanglier acculé afin de l'aider à retirer son casque. Le blessé ne se laissa pas faire de prime abord et manqua plus d'une fois de mettre le pommeau de l'épée dans la tête de son propriétaire mais s'épuisa heureusement vite.

Une fois la situation stabilisée, Rod et Julliussibert arrivèrent à ôter le heaume de Todd avec calme, douceur et prudence, pour s'apercevoir que cette pièce d'acier n'était même pas fendue à l'intérieur. Le heaume était en fait très haut et très large, laissant croire que le crâne avait été transpercé, mais ce n'étaient que les fioritures de son cimier qui avaient été atteintes. Le sang qui coulait de la tête de Todd provenait de la lèvre qu'il s'était mordu sous le choc d'un coup auquel il ne s'attendait pas. Hommère, soulagé, fit signe à son héraut d'entrer en action, le premier sang ayant coulé, il pouvait annoncer un vainqueur et lancer la dernière joute de la journée.

Julliussibert s'en retourna voir de vrais blessés dans sa tente en bougonnant tandis que Nayde n'en revenait toujours pas et tâtait son petit de tout côté, lui retirant une à une ses protections, malgré les protestations de l'intéressé, jusqu'à le mettre presque nu en plein milieu de l'arène. C'est une fois qu'il eu fait toutes ces inspections qu'il dégna sourire de nouveau en enlaçant son fils à la lèvre meurtrie sous les rires (et les quolibets) des tribunes. Quènte pu enfin donner Rod vainqueur de ce combat d'intermède, sous les applaudissements du public, puis annonça la venue des derniers jouteurs.

- Mes Demoiselles, mes Dames et mes Seigneurs, la joute à laquelle vous allez assister dans quelques instants sera la dernière de journée mais pas la moindre. Alembert de Tyrose est un Chevalier aguerri qui vient accomplir un haut fait pour se racheter aux yeux de sa baronnie et retrouver sa place et son domaine avec honneur, nul doute qu'il fera son possible pour devenir le champion du tournoy. Théodrade de Cervencouille est un des nombreux Chevaliers de la Baronnie de Havras qui parcourent les tournoys, il est connu pour son habileté innée au combat, sa gentillesse et sa bonne humeur, mais aussi par un manque flagrant de savoir être, et de savoir tout court, toutefois c'est un adversaire redoutable en charge. Ce combat devrait combler vos attentes, et surement les dépasser, alors je vous demande un tonnerre d'applaudissement pour Alembert et Théodrade !

Les Chevaliers entrèrent sur le sable de l'arène, la foule les acclamant. Quènte fit signe à Alembert de se positionner d'un côté de la lice et intima à Théodrade d'aller de l'autre côté. Cependant le Chevalier de Cervencouille s'en tenait à ce qu'il avait compris, après de longues minutes d'explication, à savoir chevaucher dans l'arène aux côtés d'Alembert. Quente dû donc quitter sa place centrale habituelle pour aller expliquer à Théodrade, calmement et avec des mots simples, qu'il fallait maintenant aller à l'autre bout et de l'autre côté de la lice. La joute pouvait alors commencer, un peu plus tard que prévu, par la présentation mutuelle des deux participants que Hommère rappela, par principe.

Théodrade avait attendu que Alembert fisse partir son destrier pour s'élancer comme un fou, lance vers son adversaire, en donnant un coup de tête pour rabattre sa visière. Le Chevalier de Tyrose qui était parti au petit trot, sans vraiment tenir sa lance et visière relevée, faillit être embroché comme un pourceau, mais il évita de justesse l'impact en faisant bondir soudainement sa monture vers les tribunes. Les Nobles de la tribune officielles furent outrés par ce comportement et les gueux des autres tribunes se contentèrent d'un "Hôôôô !" amer, n'ayant pu assister à un joli coup bas qu'ils espéraient infliger à un Chevalier par procuration. Arrivé en bout de lice, Théodrade se retourna comme pour charger de nouveau mais se retint en voyant que son adversaire n'était pas du tout à sa portée. Il souleva la visière et allait l'invectiver de poltron et autres noms d'oiseaux du même acabit lorsque le Seigneur des lieux se leva brusquement de son trône et l'apostropha violemment.

- Théodrade de Cervencouille ! Vous venez de bafouer les règles de la courtoisie la plus élémentaire !
- Hein, rétorqua le bougre. Qu'est ce que j'ai encore fait ?
- Je viens de vous annoncer que vous deviez vous présenter COR-DI-A-LE-MENT et vous foncez comme si la joute était lancée !
- Ben on n'allait pas se battre là ? C'est même pas moi qu'est commencé à jouer des épons… des erpons… enfin à titiller mon canasson, là !
- Il s'agissait d'un rituel destiné à prouver votre respect mutuel et à signaler un combat cordial et non à mort, vous deviez relever votre lance au dernier moment, pas tuer net votre adversaire, nom de la Dame !
- Ha, c'est pour ça qu'il avançait à rien ! J'me disais aussi que y'avait aiguille sous croche.
- Bon, dit le Seigneur des lieux en voyant quel genre d’énergumène il avait devant lui. Présentez vos excuses et vous pourrez commencer la joute, la vraie, si votre adversaire est d'accord.

Théodrade s'excusa du mieux qu'il pu et Alembert accepta aimablement ces excuses maladroites pour ne pas gagner sur un forfait. Marhje pu se lever pour tendre son bras au dessus du sable pour la dernière fois de la journée, mouchoir en main. Théodrade attendit encore une fois qu'Alembert fisse partir son destrier, ne sachant jamais à quel moment il fallait le faire et de peur de se faire encore houspiller. Les deux Chevaliers étaient cette fois ci partis au galop tous les deux, tenant leur lance tendue vers leur adversaire, avec tous deux la visière fermée.

Le Chevalier de Tyrose qui avait pris une foulée d'avance frappa le premier, il attaqua (2 touches) pourtant sans grande conviction (1 blessure) son adversaire dont l'écu (1 svg) para sans problème la lance. Théodrade en profita pour monstrer son habilité en charge (3 touches), y mettant toute sa vigueur (3 blessures dont deux 6, 2 touches supplémentaires dont un 6, 2 blessures), Alembert en fut expulsé de sa selle le souffle coupé et retomba sur le sable dans un bruit sourd. Julliussibert et les escuyers de Tyrose allaient se ruer dans l'arène lorsque celui-ci fit signe que tout allait bien (5 svg dont une relance). Il mit tout de même un peu de temps pour se relever et regagner sa monture, encore choqué par le redoutable assaut de Cervencouille.

Théodrade fut stupéfié de le voir se relever presque aussitôt : d'habitude ceux qui avaient pris une telle charge ne demandaient pas leur reste, bien au contraire. C'est donc quelque peu déconcerté qu'il partit épée en main vers Alembert qu'il toucha en premier (2 touches), aidé par la lassitude passagère de ce dernier, mais assez mollement (1 blessure) et sans réussite (1 svg). Le Chevalier de Tyrose exploita cette faiblesse pour porter une belle représaille (3 touches dont un 6, 2 blessures dont un 6) qui surprit Théodrade à l'en faire quitter lui aussi sa selle. Il chut sur le sable comme il pu (1 svg), et manqua de se retourner un membre au passage, mais fut sauf par miracle (1 invu).

Le Chevalier de Cervencouille remonta prestement sur son destrier et revint à la position dont il venait sans s’en apercevoir. Arrivé à hauteur d’Alembert, ce dernier remonta sa visière et l’incita avec compassion à regagner son propre côté. A la fois honteux et fâché d’avoir encore une fois fait les choses de travers, Théodrade reparti à la charge dès que sa monture fut en place, extraordinairement dans le bon sens et du bon côté de la lice. Le Paladin de Tyrose mit à profit l’énervement de ce dernier pour frapper le premier (2 touches) d’une main peu vigoureuse (1 blessure) mais au bon endroit (0 svg, 0 invu), blessant le Cervencouillais (- 1 PV). La riposte fut à la même hauteur (2 touches, 1 blessure) mais n’eu pas la même issue (1 svg). Pour la première fois tous deux sur leur selle après la charge, les Chevaliers continuèrent à se battre avec férocité. Alembert réussit à passer une botte lente (2 touches) mais puissamment efficace (2 blessures dont un 6) qui passa au travers des défenses cervencouillaises (1 svg, 0 invu) pour verser encore le sang de Théodrade sur le sable (- 1 PV) et lui faire quitter ses éperons. Ce dernier parvint tout de même à frapper fermement (2 touches dont un 6) avant de quitter sa selle mais ne passa pas au travers des parades le Chevalier de Tyrose.

Une fois de plus au sol, Théodrade était peu entrain à remonter en selle, il pensait alors ne pas mériter la miséricorde du Seigneur de Havras qui l’aimait tant malgré les bourdes qu’il commettait en permanence. C’est avec la déception de n’avoir pu charger aussi efficacement qu’à son habitude qu’il rejoint une nouvelle fois Alembert au centre de la lice. Le Paladin de Tyrose qui pensait se retrouver face à un Chevalier déterminé qui ne cèderait pas de si tôt, eu égard à la fougue et l’adresse légendaire des Chevaliers de Havras au combat, porta une nouvelle botte de son meilleur cru. L’assaut était puissant (2 touches sur 6) et précis (2 blessures dont un 6), il ne fut que mollement paré (1 svg) par un Théodrade qui s’affala à terre sans chercher à se retenir (0 invu), comme s’il venait de subir un coup fatal (- 1 PV).

Julliussibert se rua en même temps que Quènte au chevet du Chevalier blessé. A leur grande surprise, il respirait sans problème et semblait même bouder lorsqu’ils virent son visage en relevant sa visière. Ayant vu comme tous les spectateurs les puissants coups qu’il avait reçu dans tout le haut de son corps, Julliussibert lui demanda :

- Où avez-vous le plus mal ?
- Bah par là, répondit l’intéressé en désignant tout son torse.
- Avez vous plus mal au thorax ou à l’abdomen ?
- C'est pas faux ! dit Théodrade qui ne comprenait pas ce que cette énergumène en blanc lui voulait.
- Oui je sais que vous devez souffrir, mais puis je savoir si vos douleurs sont abdominales ou sont plutôt située près de votre cœur, voire au niveau de votre colonne vertébrale ?
- C’est pas faaauuuux !!! rétorqua le blessé, agacé par ces questions apparemment sans queue ni tête.

Julliussibert appela alors des hommes d’armes pour l’aider à porter le Chevalier de Cevencouille sur une civière. Il se dit qu’un Chevalier qui ne reconnaissait plus les différentes parties de son anatomie devait être trop choqué pour répondre et avait certainement subi des lésions qu’il fallait diagnostiquer et rafistoler au plus vite. A peine commençaient-ils à le prendre à quatre par les membres que Théodrade s’enflamma :

- Nan mais ho ! Vous allez me lâcher oui ! Ca va bien main’nant ! J’viens d’en prendre plein la tronche et v’la des relous qui me disent des trucs débiles et qui veulent m’emm’ner chais pas où ?!?!!

Les gueux amusés par le spectacle en redemandaient encore, haranguant l’apothicaire et soutenant les protestations de Théodrade. Malheureusement pour eux, l’intervention bien prompte de Hommère et d’Alembert éclaircit les choses. On accompagna au bout de quelques petites minutes le Chevalier de Cervencouille dans la tente de soin, après qu’il se releva non sans difficulté. Quenté pu enfin clore la joute et la journée de combat en annonçant Alembert de Tyrose vainqueur, le Chevalier ne fut pas peu fier de l’ovation qu’il reçut et du respect qu’il pouvait lire dans le regard de ses pairs. Il avait en effet réussit à sortir indemne d’une charge dévastatrice, ce qui amenait à penser qu’il était protégé par la Dame elle même.


Il en profita pour annoncer les réjouissances à venir :

- Les participants au tournoy du Champ Printannier ont beaucoup subit lors de cette première phase de joutes. En conséquence il n’y aura pas de combats demain pour laisser les Chevaliers encore en lice se reposer comme il se doit. Cependant le Baron Hommère de Saint Psont les invite à bien profiter de ce répit pour reprendre des forces et panser leurs plaies, pas à suivre l’exemple de ceux qui n’auront plus à défendre leur honneur, celui de leur fief ou de leur proches, dit-il en tournant un regard lourd de sens sur Sigebert des Ardets qui était rond comme une queue de pelle et n’avait cessé de toucher les rondeurs des gueuses qui officiaient pour le confort des Nobles, non pour leur contentement absolu.

Le héraut repris en présentant sommairement les joutes qui auraient lieu le sur lendemain :
  • Leustant de Castagne contre Baudoin de Kerfadec

  • Agiloth de Touraine contre Alembert de Tyrose



Et, pour terminer, il invita tous les spectateurs à profiter des produits locaux et du confort (largement exagéré) des tentes mises à leur disposition en attendant la poursuite des joutes.


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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Lun 15 Mar 2010 - 3:05

Intermède

Le soir venu, tous les invités d'Hommère se retrouvèrent à sa table. Celui-ci présidait bien entendu la tablée depuis son trône habituel, dos à la large cheminée et au milieu de la grande table en U dressée pour l'occasion. Marhje, qui était assise sa gauche, avait placé les jouteurs de son côté, laissant la place d'honneur au Comte de Geantain. Les autres "Officiels" étaient eux aussi assis du côté droit du U. Le Baron de Saint Psont avait tout de même interdit aux participants du tournoy de parler de leurs exploits, toujours pour des raisons d'équité mais aussi pour éviter que, l’alcool aidant, les rixes n’éclatent.

D’ailleurs, Sigebert qui s’était remis de ses blessures à la mode de La Tour durant de longues heures était d’une forme exceptionnelle pour un homme qui avait bu autant : il avait gravi les escaliers qui mènent à la grand salle – presque – tout seul, arrivait encore à se tenir – presque – droit sur son fauteuil et parvenait à tenir des propos – presque – cohérents avec les discutions alentours. En tout cas il ne semblait absolument pas souffrir de ses contusions.

Un autre Chevalier, qui pourtant ne souffrait d’aucune blessure, vint petit à petit rejoindre l’Ardetois dans son monde onirique. Alembert de Tyrose, qui passait jusqu’à ce repas pour un Chevalier humble et courtois, révéla en partie ses vices cachés en profitant de l’œil avisé de son compagnon de boisson pour saisir au passage une ou deux gueuses et profiter sommairement de leurs rondeurs. Il était de plus particulièrement moqueur, pour ne pas dire ignoble, envers son adversaire du jour, balançant de lourdes allusions sur les capacités cognitives du brave Chevalier de Cervencouille.

Théodrade qui supportait déjà avec beaucoup de courage et de dignité ses multiples contusions ne comprenait pas le moindre sous-entendu à son sujet et se contentait d’acquiescer la plupart des propos tenus par ses voisins de tablée. Il se contredisait donc en permanence sans le savoir, posait parfois une question dont le sens n’était compris de personne et qu’on détournait rapidement pour ne pas ajouter du grain au moulin d’Alembert - expression lâchée par Leustant qui lui fit parler de son expérience lamentable de meunier au grand damne de toute la tablée - mais le mieux pour tout le monde était lorsqu’il se contentait d’un vague «c’est pas faux», voire lorsqu’il préférait garder ses réflexions en son fort intérieur.

Le Chevalier de Castagne pour sa part était assez mal en point pour le moment, affaibli par un combat rude et serré durant lequel il avait perdu une bonne mesure de sang. Il s’appliquait donc à ne pas se laisser servir trop de vin, mangeant et buvant juste ce qu’il faut pour subvenir à ses besoins immédiats et préparer sereinement son corps au futures joutes. Si son corps était éreinté, son esprit n’en était pas affecté pour le moins du monde. Il s’appliqua, avant de regagner ses appartements et ses soins, à tenter de tirer subrepticement des informations sur les meilleures techniques de combat de Baudoin qu’il aurait à affronter bientôt. Le Chevalier de Kerfadec lâcha malgré lui une bribe ou deux sans prêter attention mais ne se laissa pas entrainer aussi loin que Leustant l’aurait souhaité.

Baudoin pour sa part était plutôt tourné vers Marhje, à tel point que Hommère se demanda au cours du repas si celui-ci n’avait pas quelque vue sur la Dame de Saint Psont. En fait ils n’étaient pas du tout en train de se faire la cour, du moins pas dans le sens le plus direct. Marhje complimentait le Chevalier après sa victoire express contre une montagne de muscles semblant inébranlable, pensant qu’il serait un bon parti pour sa fille, et Baudoin ajoutait à son crédit son histoire personnelle, vantant non sans raison la puissance de sa passion et ce qu’elle lui a permis d’accomplir.

Les jeunes Chevaliers Etoile et Argiloth s’étaient placé l’un à côté de l’autre pour s’apporter mutuellement du soutien, continuant à se lier d’amitié. Le Bien Aimé avait besoin qu’on le rassure sur ses capacités, sur l’accueil qu’il aurait à son retour auprès des siens et surtout sur les sentiments qu’aurait son Isabel en apprenant qu’il s’était fait sortir au premier combat. De son côté, et même s’il n’en avait pas besoin, assuré qu’il était de gagner le tournoy haut la main, le Chevalier de Touraine se voyait complimenté en permanence par Etoile. Tous deux passèrent une très bonne soirée ensemble et finirent, un peu éméchés, par se promettre une affection éternelle.

Au bout de la table Maximin n’était pas très en verve. Il avait déjà à son crédit un bras en bandoulière et des côtes cassées mais c’est en son fort intérieur qu’il était le plus meurtri. Les seuls mots qu’il décrocha de la soirée furent un bravo ou deux adressés aux vainqueurs du jour en début de repas et ses quelques excuses pour ne pas rester plus longtemps à Saint Psont. Hommère lui proposa l’hospitalité jusqu’à ce qu’il soit en état de remonter en selle sans souffrir mais il déclina l’offre. On ne pu lui faire changer d’opinion et il dit adieux à tous les convives avant même la fin du repas, prétextant qu’il devait quitter le Champ Printanier avant l’aube.

Les autres invités purent profiter aussi longtemps qu’ils le souhaitaient de l’hospitalité d’Hommère et furent les témoins d’un spectacle unique, celui du bouffon Kreustie et de son assistant Taïtibob. Les deux comparses commencèrent leur numéro par les classiques jongleries, pirouettes et autres crachats enflammés. Ils s’essayèrent à la comédie burlesque pour divertir davantage un public qui semblait ne pas faire attention à eux, ce qui était effectivement le cas, et durent raccourcir considérablement leur pièce suite à un petit incident. Leur panoplie de gadgets comprenait en effet des petites outres cachées qui permettait de s’asperger mutuellement, figurant un éternuement excessif lors d’une scène capitale, mais celle de Kreustie était bouchée. Il fallait bien sûr qu’il n’arrive à la déboucher qu’au moment où il se tournait vers Hommère qui se retrouva complètement aspergé et dût s’excuser pour changer de vêtements.

Les deux bouffons, pour se rattraper du mieux qu’ils le pouvaient, sortirent à la fin d’un spectacle rallongé leur meilleur numéro, celui que tout le monde apprécie : le lançage de tarte dans la poire du comparse. Malheureusement pour eux, un certain Bartholomay s’était glissé dans un recoin de la pièce, justement par l’entrée de service que les bouffons empruntaient et avait apporté sa petite touche à la composition des pâtisseries. Il avait ajouté des cailloux et les bouts de métal dans celles du dessous. Les comiques se balancèrent donc allègrement et de plus en plus vigoureusement les premières dans la joie et la bonne humeur partagée jusqu’à ce que Kreustie se prenne la première tarte «gonflée». Il perdît alors tout sens de l’humour et attrapa la seconde pour l’envoyer, les yeux injectés de sang, sur un Taïtibob qui ne comprenait pas ce qui se passait dans la tête de son complice. La douloureuse réception d’une barre de métal en plein dans le nez lui fit vite comprendre, et c’est là que le spectacle burlesque tourna au pugilat. Les Chevaliers virent rapidement que le comique avait tourné à l’horreur et commencèrent à séparer les bouffons lorsqu’on comprit le pourquoi de la situation. Bartholomay ne pouvait s’empêcher de rire de sa bêtise et fut incriminé dès que les bruits de combats cessèrent. Hommère tenta de s’excuser mais certains Chevaliers bien imbibés lui firent comprendre que ce n’était pas là un acte répréhensible puisqu’il était porté sur des gueux et, bien au contraire, que c’était bon de laisser la jeunesse s’exprimer. Le Baron de Saint Psont se contenta de faire reconduire son héritier en sa chambre mais il savait qu’on n’aurait pas dû le conforter dans ses incartades, redoutant à raison la prochaine.

Le reste du repas fut bien moins mouvementé, seulement marqué par le ronflement de Sigebert et le retrait progressif des autres convives. Celui-ci s’effectua essentiellement en fonction du nombre de blessures des participants encore en lice, puis selon la fatigue physique et/ou alcoolique d’invités qui firent grands compliments à leurs hôtes.

Le lendemain, on ne vit que les spectateurs de la tribune officielle s’éloigner du castel de Saint Psont afin de gouter au climat et d’admirer la beauté de la Baronnie du Champ Printanier lorsque la nature se réveille. Les jouteurs, pour leur part, étaient surtout en train de se remettre de la veille, que ce soit à cause des combats de la journée, à cause de la quantité abyssale d’alcool ingurgité au cours de la soirée ou à cause des deux.


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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Sam 20 Mar 2010 - 19:14

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Leustant de Castagne contre Baudoin de Kerfadec

Après avoir laissé plus d'une journée de repos aux participants du tournoy encore en lice, Hommère pu demander à son héraut de rassembler tous les spectateurs aux portes de l'arène pour le début de l'après midi. Quènte dut être accompagné par le chef Wigeume ainsi que ses fidèles Loup et Edhy pour traverser le camp provisoire. Au début de la journée parce qu'il importunait les lève-tard qui avaient trop profité de ce "repos" pour ne se reposer ni tête, ni les boyaux, et ensuite parce qu'il passa plus de trois fois dans l'artère principale en hurlant toujours la même chose, ce qui importunait toux ceux qui y étaient, en particulier ceux qui avaient les tempes qui dansaient comme des squigs et les marchants de bouffe qui n'avaient pas autant de voix que le héraut. Grâce à cela, au moins, aucun spectateur ne pouvait dire qu'il allait manquer les joutes de la journée faute d'information.

Hommère profita encore du déjeuner pour satisfaire de son mieux ses invités, leur offrant une fois de plus les meilleures victuailles de sa Baronnie, du sanglier Ardennois au chèvres sauvages des Sœurs Pâles en passant par la cervoise locale ou le déjà fameux doneutse dont il eut l'idée en rentrant de la Joute d’Yssoudun. Sigebert des Ardets et Théodrade de Cervencouille passèrent ce repas ensemble à goûter et discuter de tous les mets de la tablée, et en particulier des différentes amphores et bouteilles qu’ils devaient absolument déguster, soi disant pour bien apprécier le caractère particulier de la terre du Champ Printannier dont elles renfermaient l’essence. Les demi-finalistes ne furent pas conviés afin qu'ils n'arrivent pas le ventre trop plein – voire la tête embrumée et les orifices déliquescents – et réservent le meilleur spectacle possible, ils étaient cependant en droit de demander ce qu'ils souhaitaient à n'importe quel moment de cette journée dans leurs appartements, du moins au point de vue alimentaire et dans les limites de ce qu'offraient les terres du Champ Printannier.

C'est donc après un repas encore en phase de digestion intense que tous les spectateurs se retrouvèrent en ce début d'après midi dans leurs arènes respectives. Le temps que tous les gueux s’asseyent sous le soleil doux quoique pesant de la saison, les Nobles profitaient de la fraicheur que leurs offrait la muraille du castel et de la fine toile qui filtrait les rayons accablants de l’astre pour ne pas trop somnoler durant l’attente. Les manants étaient las, en particuliers ceux dont les vêtements démontraient une certaine aisance et qui avaient profité de la bonne chair des animaux ainsi que de la liqueur d’orge du Champ Printannier. Cette situation nécessita les injonctions répétées de Wigeume et de ses hommes pour hâter la mise en place et la finir en un temps raisonnable. Tous commençaient tout de même à dessécher, donc il fallut encore attendre que tous aient pu se désaltérer pour faire entrer les premiers jouteurs de la journée.

L’assistance était calme, trop calme au goût des Chevaliers qui attendaient qu’on les appelle. Quènte Brocmanne n’eut aucun mal à se faire entendre en arrivant enfin au milieu de l’arène. Par contre, on ne peut dire que tous l’écoutaient pour autant. Il rappela sommairement la situation : ils allaient assister aux demi-finales. La première entre Leustant de Castagne et Baudoin de Kerfadec, deux jeunes Chevaliers aux techniques différentes mais connus pour leurs charges dévastatrices. Viendra ensuite la seconde joute, opposant deux Chevaliers distincts que tout éloigne, à part leur fidélité envers leurs Seigneurs et leurs fois en la Dame. Les deux vainqueurs d’aujourd’hui se rencontreront pour la finale, le surlendemain. Il continua sur un ton enjoué «mais pour l’heure, veuillez accueillir comme il se doit Leustaaannnnnt et Boudoiiiinnnnnnn !»…

… il ne s’éleva que quelques rares voix et peu d’applaudissements dans les tribunes, la plupart des sons provenaient d’ailleurs en grande partie du Baron de Saint Psont qui étaient impatient de voir ce que ce combat allait donner. Les autres Chevaliers de la tribune officielle étaient d’ailleurs bien plus bruyants que les gueux, bien qu’étant cinquante fois moins nombreux qu’eux. Leustant et Baudoin qui attendaient les hourras pour faire partir leurs montures ne se montrèrent pas. Hommère fit signe à son habituel corneur d’aller chercher son instrument, ce qu’il fit en moins de deux minutes. Les jouteurs se demandaient pourquoi ils devaient attendre si longtemps leur annonce, n’ayant été informés d’une quelconque distraction avant leur combat, et commençaient à tellement s’impatienter eux même que leurs destriers renâclaient et n’arrêtaient pas de taper du sabot. Tous ceux qui ne virent pas arriver le sonneur, c'est-à-dire la plupart de gueux et quelques Chevaliers - dont Sigebert et Théodrade bien entendu - furent violemment réveillés par un cor de guerre qui résonna dans l’arène, d’autant plus que la muraille de Saint Psont et la forme des tribunes amplifiaient le son de l’instrument.

Les Chevaliers de Castagne et de Kerfadec sursautèrent en même temps que leurs montures, pourtant tous habitués à ce genre d’appel, mais dans des conditions bien plus hostiles. Croyant que cela était le signal qu’ils attendaient depuis si longtemps, ils s’avancèrent ensemble au milieu de tribunes dont les spectateurs semblaient tout droit sortis de leurs lits, encore affalés parfois les uns sur les autres, baillant à s’en arracher la mâchoire et les yeux rouges comme si leurs cœurs voulaient passer par leurs orbites. Les hourras qu’ils attendaient commencèrent alors discrètement et amplifièrent jusqu’à ce que tous fussent bien éveillés – sauf Sigebert et Théodrade qui avaient déjà repris leurs siestes, ronflant plus fort à chaque nouveau bruit.

Comme le voulait la tradition, Hommère rappela les consignes, les jouteurs se présentèrent cordialement avant de regagner leur place et Marhje se leva pour lancer les hostilités. Cette fois ci plus encore que les autres, elle se sentait faillir arrivée devant la balustrade. Elle s’y agrippa fermement pour ne rien laisser paraitre mais elle redoutait encore plus que les fois précédentes de lancer cette joute, si toutefois cela était possible. Sachant que ces deux fougueux Chevaliers étaient connus pour leur habileté à la charge, elle mit du temps avant de daigner lâcher son étoffe, redoutant être l’instigatrice de la mort d’un des participants. Sa raison repris le dessus alors qu’Hommère fit mine de tousser et elle accepta sa mission, convaincue qu’elle n’avait pas obligé ces deux là à se mettre sur la gueule. Elle laissa choir son mouchoir, se retourna, alla s’asseoir aux côtés de son époux et ferma les yeux pour ne pas assister au choc.

Le Marquis de Kerfadec et le Chevalier de Castagne se rencontrèrent au milieu de la lice à une vitesse époustouflante, comme s’ils avaient usé de magie pour faire partir leurs destriers plus vite que des chiens de guerre affamés. D’une fraction infinitésimale de temps, Baudoin toucha son adversaire en premier (3 touches) avec toute l’inertie de sa lancée accumulée dans son bras droit (3 blessures dont un 6), sa lance trouva le bouclier adverse (2 svg) mais fut assez puissante pour lui blesser le bras gauche (0 invu, - 1 PV) qui tentait de retenir l’assaut. De son côté Leustant n’avait pas loupé son adversaire non plus (3 touches, 3 blessures, 1 touche sup sur 6, 1 blessure sup) et, bien que quittant inévitablement sa selle sous la vigueur des deux charges combinées, il parvint lui aussi à causer une sérieuse lésion à Baudoin (3 svg, 0 invu, -1 PV) malgré sa bonne posture. Le Castagnant tomba alors sur le sable non sans lâcher un juron de rage plus que de douleur. Il était d’ailleurs sur ses deux jambes avant même que quelqu’un eut pu passer la rambarde de ses tribunes.

De retour de chaque côté de la lice, les deux jouteurs ne se regardèrent pas bien longtemps avant de fondre sur leur adversaire de nouveau. Le jeune Marquis montra encore qu’il était dans une forme et une veine des bons jours en assaillant Leustant (2 touches dont un 6) de manière énergétique (2 blessures dont un 6), frappant de nouveau dans le flanc attendri (1 svg) afin de blesser à nouveau (0 invu, - 1 PV). Avant de choir encore sous la puissance de cet assaut, le Chevalier de Castagne parvint à placer une belle attaque (1 touche sur 6, 1 blessure) qui passa à travers la garde de Baudoin (0 svg) mais ne le blessa miraculeusement pas (1 invu). Leustant se retrouva une fois de plus sur le sable et commençait à se demander d’où venait la force trolléenne de son adversaire et comment faisait-il pour ne pas pâtir de ses attaques. Il mit un peu plus de temps à se relever, même s’il n’eut toujours besoin d’aucune aide et n’en aurait accepté aucune de toute façon.

L’esprit vif mais le corps endolori et ne répondant plus aussi bien qu’il l’eut souhaité Leustant prit quelques instants pour récupérer, souffler, après être remonté en selle en ne s’aidant pratiquement que du bras droit. Son adversaire prenait un avantage considérable à le diminuer ainsi à chaque rencontre alors qu’il semblait difficilement atteignable et parvenait à éviter les lésions comme si la Dame le protégeait plus que tout autre. Le Chevalier de Castagne ne doutait pas de ses capacités mais commençait de surcroit à redouter celles de son adversaire. Il reprit alors le combat avec une bonne posture défensive, ayant déjà le flanc gauche meurtri, mais se laissa surprendre par un Baudoin clairvoyant qui feintât un autre coup puissant sur l’écu pour frapper son heaume (1 attaque) sans y mettre toute sa fougue (1 blessure) mais en le pliant en un endroit faible (0 svg) ce qui suffit pour blesser de nouveau (0 invu, - 1 PV).

Leustant se trouva mari, n’ayant même pas pu frapper le Kerfadecois, coincé qu’il était dans son heaume déformé qui semblait vouloir lui rentrer dans le crâne, et avec tout le flanc gauche meurtri. C’est avec beaucoup d’amertume qu’il dût abandonner le combat et se résoudre à ne pas pouvoir aller en finale. Il s’éloigna de la lice et laissa tomber son arme sur le sable en signe de capitulation. Il savait qu’il n’aurait que difficilement pu continuer ainsi un combat qui était perdu dès lors que son adversaire avait pris l’avantage en le désarçonnant deux fois, réveillant en plus ses blessures antérieures. Il avait mal dans tout son corps et n’avait pas la fortune adverse, il en appela donc à son escuyer pour lui ôter son heaume au plus vite avant de regagner la tente de Julliussibert, dépité.

Baudoin pour sa part goutait à la victoire une nouvelle fois, oubliant quelques instants la raison de sa venue au tournoy, grisé par les acclamations du public. Quènte lui fit donner un triomphe digne d’un Roy, tous étant impressionnés par la technique déployée, la vigueur de ses assauts, la fougue maitrisée de son dernier geste et la vitesse avec laquelle il s’était débarrassé de ses deux adversaires. Il profita de ces moments jusqu’à ce que, en réalisant un tour d’honneur pendant que les hourras ne retombaient pas, il fut arrivé au milieu de la tribune officielle et plus exactement au niveau de Marhje et de sa fille. Celles-ci le regardaient avec des yeux emplis en même temps d’admiration, de complaisance et de convoitise. Lyza était encore jeune mais il pouvait déceler dans l’intelligence de son regard, sous ses traits fins et ses formes naissantes qu’elle pourrait - peut être - lui faire oublier Sybille un jour.



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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Jeu 1 Avr 2010 - 14:47

VS

Argiloth de Touraine contre Alembert de Tyrose

Suite à une première demi-finale rapide, le sable de la lice n’eut besoin que de quelques petits coups de râteau pour retrouver un aspect immaculé. C’est donc sans transition autre que l’approvisionnement nutritif des spectateurs que la seconde et dernière joute de la journée fut lancée. Quènte, dans sa verve habituelle, ne tarît pas d’éloges sur les deux Chevaliers qu’il annonçât. Il rappela le fantastique combat d’Argiloth face à Etoile et la dextérité avec laquelle le Chevalier de Touraine défit le Bien Aimé, combattant pourtant téméraire et acharné. Il évoqua aussi les prouesses d’Alembert contre Théodrade, dont la première fut de se relever après avoir subit le terrible assaut Cervencouillais, ainsi que la facilité à vider les étriers du valeureux benêt malgré ce choc.

Les jouteurs arrivèrent donc dans une arène aux tribunes bondées, grouillantes d’applaudissements et d’acclamations, surchauffées par le soleil, la boisson, la tension du combat précédent et les paroles du héraut. Ils avaient fière allure en chevauchant l’un à côté de l’autre, l’astre réfléchissant sur leurs caparaçons or, leurs mailles et leurs heaumes bien huilés. Ils se séparèrent afin de gagner leur place respective alors que les hourras laissaient peu à peu place au silence qui précède la tourmente. Ils se présentèrent cordialement selon la coutume rappelée une fois de plus par Hommère, puis Marhje repris sa position abhorrée, pensant que c’était l’avant dernière fois qu’elle aurait à souffrir de la responsabilité qu’elle endurait à lancer ces combats, même si les deux Chevaliers prêt à s’élancer à son signal paraissaient de solides brisquards au vu de leurs précédents combats.

Le foulard de la Dame de Saint Psont n’était pas encore complètement étalé sur le sable qu’Argiloth et Almebert étaient déjà partis. Ils se rencontrèrent au milieu de l’arène avec une telle vitesse qu’ils n’avaient qu’à peine eu le temps de baisser convenablement leur lance et la tourner en direction de leur adversaire. Alembert, qui voulait donner un maximum de force à sa lance en partant au triple galop, fut navré d’arriver le plus vite mais de rater Argiloth (0 touche) : le Chevalier de Touraine esquiva sans problème son attaque mal placée et plaça sa propre lance au beau milieu de l’écu à la rose (2 touches). La vitesse de leur charge aidant, le choc fut extrêmement violent (2 blessures sur 6), faisant sauter Alembert de sa monture sans lui causer autre mal (2 svg sans relance) que de voir des étoiles danser devant ses yeux.

Vite remis sur pied puis sur destrier, le Chevalier brionnais s’en voulait d’avoir ainsi manqué sa charge. Il décida de sa prochaine attaque, une botte imparable qui devrait sans problème passer la faille qu’il avait tout de même pu déceler dans la défense adverse. Argiloth attendit son signal pour repartir de plus belle dans le même mouvement, lame en main. Il tenta de fixer la défense d’Alembert afin de lancer une attaque surprise par la suite, il percuta (2 attaques) donc mollement (1 blessure) le bouclier (1 svg) de Tyrose. Cependant le Brionnais parvint au passage à engouffrer son épée par derrière l’écu moussillonnais (2 touches) pour mettre tout son poids sur la partie forte de sa lame (2 blessures sur 6), parvenant à faire sauter quelques mailles du manteau de Touraine (0 svg) et à faire choir Argiloth. Ce dernier tomba lourdement sur le sable de la lice, miraculeusement sans aucune blessure (2 invu), et se promit de ne plus faire de passe inutile.

Alembert n’en cru pas ses yeux lorsqu’il vit son adversaire se relever, indemne, tout juste ébranlé par la chute. Il avait bien senti sa lame traverser les protections moussillonnaises, mais Argiloth remonta en selle comme s’il venait simplement d’en glisser par mégarde. Se demandant encore par quel prodige cela se pouvait il lança son offensive à la demande du Chevalier de Tyrose, plaçant une belle botte (1 touche sur 6) sans vraiment y mettre toute sa conviction (0 blessure). La parade qu’il reçut en contrepartie fut bien plus habile (2 touches) et surtout d’une vigueur dont il ne s’attendait pas (1 blessure sur 6). Venant d’un homme qui était à terre il y a quelques secondes, après avoir fait une telle ruade, la riposte était plus que surprenante et désarçonna le Marquis sans lui faire de lésion (1 svg). C’était la deuxième fois qu’il se retrouva au tapis, il n’était toujours pas blessé lui non plus mais commençait à avoir les sens émoussés par tous ces heurts (CC3 pour ceux qui n’ont pas tout suivi Razz).

Argiloth, jeune Chevalier déjà confiant en ses capacités et de nature impétueuse, commençait à devenir de plus en plus orgueilleux. Il tourna autour de la lice en sollicitant quelques hourras du public pendant qu’Alembert remontait sur son destrier, exalté par l’idée de mettre à nouveau à terre un Chevalier expérimenté qui plus d’une fois s’était amusé à en faire de même avec le pauvre Théodrade. Galvanisé par cette idée, il tenta à nouveau ce coup (2 touches) lors de leur rencontre suivante. La passe n’était pas exceptionnelle mais il y mit la force de son espoir (1 blessure sur 6) et la réalisa. Le Chevalier de Tyrose qui lançait une botte imparable (1 touche sur 6, 1 blessure) mais fut bloqué par les mailles de Touraine (1 svg) fut une nouvelle fois surpris, autant par la fougue de son adversaire que par sa propre impuissance, et s’affalât sur le sable pour la troisième fois.

Les gueux commençaient à sévèrement railler le Marquis et le huèrent alors qu’il n’arrivait plus à se relever par lui-même, eux qui ne connaissaient pas le poids de son équipement. Les Nobles de la tribune officielles en revanche prenaient presque pitié pour lui, un si brave défenseur du Royaume aux qualités maintes fois prouvées qui était maintenant plus longtemps allongé sur le sable qu'assis sur sa monture. Son honneur n’était pas en jeu mais son amour propre et sa réputation déjà noircis allait certainement en reprendre un coup. Il se remit courageusement en selle, pensant au Baron Bernard qu’il ne voulait décevoir. Argiloth souhaitait pour sa part en finir au plus vite. Dès qu’Alembert lui fit signe de reprendre, il partit au triple galop pour lancer sa meilleure estocade (3 touches dont un 6, 3 blessures dont un 6). Le Chevalier de Tyrose qui voyait trouble parvint de justesse à parer les coups (3 svg dont une relance) mais manquât son adversaire (0 touche) en quittant ses éperons.

Aucune blessure n’avait entaché le sable de l’arène, aucun Chevalier n’avait percé toutes les défenses adverses mais tous les spectateurs pouvaient se rendre compte que l’un des deux jouteurs avait pris le dessus, et ne ménageait pas l’autre d’ailleurs. Les gueux aux faciès rougis n’en finissaient plus en moqueries diverses, variées mais toujours insultantes envers le preux Alembert. Celui-ci pourtant se releva ; il se serait relevé encore et toujours jusqu’à son plus complet épuisement, ne se décourageant jamais face à un écueil, quel qu’il soit. Il avait certes beaucoup de mal à se mouvoir jusqu’à sa monture, aidé par ses gens qui l’incitaient à arrêter, mais parvint à la seule force de sa volonté à s’y arrimer et à rejoindre sa selle. Il avait mal partout, n’y voyait presque plus qu’un brouillard informe dont se détachait parfois la lice, seul indice qui lui indiquait encore où trouver son rival. Il reprit la forme argentée et fine qu’un de ses gueux devait lui tendre, tâche sombre au milieu de la nébuleuse jaune du sable, puis son écu dont il ne trouva pas du premier coup les sangles mais qu’il maniât toujours avec dextérité pour s’assurer de ne point prendre de mauvais coup. Il souffla quelques instants, dégageant un peu la brume qui semblait lui barrer la vue, puis fit signe à Argiloth.

Voyant que son adversaire ne renoncerait pas, le Chevalier de Tyrose renouvelât sa formidable attaque (4 touches dont un 6) afin d’en finir. Lui aussi commençait à prendre pitié de ce vaillant Moussillonnais en ne visant pas ses parties vitales mais cherchant à lui causer un choc assommant (2 blessures dont un 6). Alembert ne put même pas tenter d’attaquer ce dernier : il ne le voyait pas assez distinctement et ne put qu’encaisser de son mieux (2 svg dont une relance) le heurt qui lui fit quitter son destrier pour la dernière fois (CC0). Il s’effondrât sur le sable de la lice, inanimé.

Rongé par la compassion et l’inquiétude d’y avoir été trop fort, Argiloth fut le premier à le rejoindre sur le sable et à essayer d’en tirer quelques indications sur son état. Ce fut cependant Julliussilbert qui le premier osa lui retirer son heaume. Il eut quelque réflexe, tournant la tête vers l’ombre quand l’astre lui parut briller trop fort : ses vertèbres au moins ne semblaient pas avoir subit de dommage, ce qui soulageât le Brionnais. Il restât tout de même à ses côtés pendant de longues et pesantes minutes durant lesquels tous les spectateurs demeuraient silencieux. Il observait comme tout le monde Alembert reprendre petit à petit ses esprits et bouger successivement tous ses membres de façon normale.

Il suivit enfin Quènte pour savourer sa victoire sous les acclamations dithyrambiques des tribunes. Il en profita un maximum, emmagasinant toute l’énergie des applaudissements en son for intérieur, s’apprêtant déjà à la suite. Ce combat-ci était à lui, il ne lui restait plus qu’un concurrent à affronter, et surtout à battre, pour prouver une bonne fois pour toute à tous ses indéniables qualités martiales et gagner le droit de porter les couleurs de sa Baronnie.



Schéma récapitulatif des combats :



Dernière édition par Guillebert le Jeu 1 Avr 2010 - 20:05, édité 2 fois (Raison : Mise en ligne du schéma et écritures en noir)
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Lun 12 Avr 2010 - 20:16

Intermède 2, le retour



Comme après la première phase de joutes, une journée de repos allait être offerte aux deux finalistes afin qu’ils puissent se remettre de leurs blessures et, surtout, de leur fatigue, l’un comme l’autre n’ayant que très peu souffert de lésions graves au cours du tournoy. Cependant, les demi-finales s’étant passé plutôt rapidement, les spectateurs n’en avaient pas eu tout leur soul : il leurs fallait d’autres distractions. Hommère de Saint Psont ne le savait que trop bien, mais il voulait faire durer le tournoy afin de renflouer ses caisses, aussi avait-il prévu - ou plutôt avait fait prévoir par Marhje et Liza - une représentation récréative pour l’après midi suivante. Afin d’être sûr de faire venir un maximum d’auditeurs pour qu’ils consomment les mets du Champ Printanier à un tarif exorbitant, Liza lui dît qu’il valait mieux laisser planer le doute sur la nature de ce spectacle.

Ce fut encore une fois après une longue nuit festive, une matinée bien difficile et un déjeuné trop imbibé que la plupart des spectateurs se rendirent péniblement vers l’arène. Le ciel, heureusement un peu plus couvert que les jours précédents, ne les accabla pas d’avantage, et c’est avec une joie non feinte que Quènte Brocmanne descendait dans l’arène, sachant qu’enfin tous allaient l’écouter pour savoir quelle était cette attraction. Las, le Baron de Saint Psont le fit rappeler avant même qu’il n’arriva sur le sable. Les comédiens qui allaient arriver avaient leur propre monstreur, ils n’avaient pas besoin de l’annonce du héraut des lieux. Ce dernier alla donc se poser lourdement sur un tabouret au fond de la tribune officielle pour bouder.

Des trompettes résonnèrent alors depuis l’entrée par laquelle venaient les participants de la lice. Tous se tournèrent pour voir ce qui allait arriver. Leur déception fut figurée par un magnifique «Hôôôôôô» decrescendo et par la mine déconfite que la plupart des spectateurs affichèrent. Un seul homme marchait sur le sable de la lice, il allait en direction du centre de l’arène sous le brouhaha des murmures qui s’élevaient des tribunes, habillé par une simple tunique d’apparat et un calot assorti qui montraient quelques signes d’usure. Arrivé à destination, il leva les bras pour réclamer le silence. Le sourire niais et forcé qu’il arborait depuis son entrée, ses yeux faussement attendrissant et sa crinière rousse eurent raison d’une bonne partie des chuchotements, ce qui lui permit de prendre la parole :

«Bonjour, je suis Troye Makhclure. Vous m’avez peut être déjà vu présenter des évènements tels que le tournoy de Vignettons les Figoucelles, la grande foire d’automne d’Armanpaste sur Beurques ou le salon de l’âne bâté de Montroux Posmet.»

Avant que les ricanements ne prennent le dessus, il enchainât :
«Aujourd’hui je vais vous monstrer le plus terrrrrible de tous les numéros du Vieux Monde ! Un éloge au pugilat, une glorification de la boucherie, un hymne à l’étripage, une plaidoirie à l’extermination, un dithyrambe à la tuerie, en bref, une ode au massacre !»

Il attendit que son discours fasse son petit effet. Il venait d’attiser encore la curiosité de ses auditeurs et fit monter la pression en ajoutant :
«Ce dont vous allez assister n’est pas un simple spectacle de combattants acharnés, c’est bien plus que cela.»

Après une nouvelle pause il continua :
«Les deux Chevaliers qui vont se battre devant vous ne connaissent pas de limites. Ils vont vous surprendre et vous faire frémir. Ils vont vous ébahir et vous effrayer.»

«Ils vont combattre jusqu’à se blesser mais iront jusqu’au bout de leurs facultés. Ils vont souffrir mais n’arrêteront jamais leurs assauts. Ils vont saigner mais ne défailliront pas.»

Sentant les gueux à point, bien crispés sur leurs bancelles, il se dit qu’il était temps pour lui de laisser place aux «artistes» :
«Mes Seigneurs, Mes Dames, Mes Demoiselles et vous tous, laissez moi vous présenter Hitchiiie et Skratchiiie, les Sssssanglannnts !!!»

Arrivèrent enfin les deux jouteurs en question sous les acclamations d’un public en ébullition. Les deux Chevaliers arrivèrent tout comme les participants du tournoy l’un à côté de l’autre. Ils ne portaient cependant aucun signe indiquant leur appartenance à tel ou tel castel : leurs tabards, leurs écus et les longs caparaçons de leurs frêles montures étaient noirs, de plus leurs visières étaient baissées. Même leurs armures semblaient sombres et ternes alors que l’éclat de leurs mailles aurait dû scintiller au milieu de ces accoutrements ténébreux. Ils prirent place de part et d’autre de la lice, comme l’avaient fait les jouteurs précédents et se tinrent en place le temps que Troye reprenne la parole.


«Je préfère prévenir les âmes sensibles que ce spectacle ne leur est pas recommandé. La vue du combat entre ces deux Chevaliers n’a rien à voir avec les joutes classiques, c’est pourquoi j’invite les plus émotifs à quitter leur tribune avant que ne commence la joute.»

Il laissa passer quelques secondes durant lesquels tout le monde regardait ses voisins en attendant de voir si l’un ou l’autre allait bouger. Ceux qui se sentaient psychologiquement fort ou avaient déjà assisté aux terribles afflictions qu’on voit sur les champs de batailles commencèrent à sourire voire à rire de cet avertissement, entrainant les plus faibles dans leur confiance aveugle. De plus personne n’osait montrer sa faiblesse en premier, même les mères qui assistaient pour la première fois à ce genre de manifestation avec leurs enfants. Après plus d’une minute de murmures, puisque personne ne semblait quitter sa place, Troye finit sa prestation.

«Si vous ne partez pas, sachez que vous pourrez toujours fermer les yeux lorsque ça commencera à vraiment devenir horrible» dit-il pour lui-même autant que pour le public. «Maintenant, place aux jouteurs.» Puis, s’adressant directement aux concernés «Mes Seigneurs veuillez divertir les Nobles et les gens comme vous savez si bien le faire. Je vous demanderais juste de ne point vous causer trop de dommages afin que nous puissions profiter longuement de vos astuces. Amusez nous !»

Là-dessus il rejoint la place qui était restée vacante au dessous d’Hommère, place inconfortable mais qui lui permettait d’avoir une vue bien dégagée sur l’arène et, surtout, d’être bien vu avec son air toujours aussi niais et attendrissant. Cependant cet air il n’allait pas le garder bien longtemps : Hitchie et Skratchie commençaient à baisser leurs lances, lentement et dans le même mouvement. Lorsque les lances s’immobilisèrent, parfaitement tournées l’une vers l’autre dans le même alignement, les montures partirent au galop toujours selon une synchronisation parfaite. La distance qui séparait les deux Chevaliers s’amenuisa rapidement, très rapidement, trop rapidement. Le martèlement des sabots ne ressemblait pas à celui que les spectateurs étaient habitué à entendre, il semblait moins fort comme si les cavaliers et leurs chevaux ne pesaient presque pas sur les sable.

Le choc de la double charge fut retentissant. Les lances noires percutèrent violemment les écus opposés dans un grand bruit de tonnerre. Le craquement initial ne provenait pas seulement des quatre bouts de bois qui se heurtaient mais également de l’épaule gauche de Hitchie (à moins que ce ne soit celle de Skratchie) qui était littéralement arrachée de son corps. Les spectateurs eurent le même réflexe au moment où le bras et son écu retombait sur le sable, un lourd bruit de respiration retenue remonta des tribunes comme si toute l’arène était le poumon d’un immense vieillard asthmatique qui inspirait sa dernière bouffée d’air. Les plus sensibles qui n’avaient pas suivi le premier conseil de Troye Makhclure suivirent son deuxième et n’osèrent plus regarder la suite. Le monstreur lui-même n’avait pas l’air rassuré malgré l’habitude qu’il aurait dû avoir de voir cette boucherie depuis quelques semaines qu’il accompagnait ces énergumènes, et il avait bien du mal à garder son sourire déjà forcé.

Le jouteur amputé ne semblait pourtant pas souffrir le moins du monde : arrivé au bout la lice, il fit faire volte face à son destrier et reparti de plus belle, tout comme son adversaire. Le public restait coi devant cela, ne sachant s’il devait s’inquiéter pour celui dont le bras tombé et son épaule déchiquetée suintaient du sang foncé ou bien s’il devait s’amuser de ce tour. Les Nobles les plus attentif (donc surtout les moins beurrés) ne semblaient guère apprécier le spectacle, et pas seulement parce qu’on y mettait en scène des Chevaliers meurtri dans lesquels ils pouvaient s’identifier ou leur faire revivre des scènes de combats honnies, mais aussi parce que le tour ne semblait vraiment pas en être un. Toutefois, ils laissèrent le bénéfice du doute à ces amuseurs qui distrayaient bien les gueux, trop content de voir - enfin - des Nobles se faire déchiqueter sans qu’ils ne soient de la partie.

Le second impact fut aussi irréel : les Chevaliers arrivaient à une allure folle mais sans que leurs montures ne martèlent lourdement le sol et ils se percutèrent violemment, l’amputé faisant choir son rival avant d’avoir été touché. Ce dernier se releva presque aussitôt, alors qu’un homme normalement constitué dût être sonné par un tel choc, puis dégainât son épée. Arrivé en bout de lice, l’amputé mit pied à terre et fut encouragé par les applaudissements des gueux qui voyaient là un signe de modestie. Ce dernier tira de la selle de sa monture un énorme fléau qu’il n’avait pas de mal à manier d’une seule main. Les jouteurs s’approchèrent l’un de l’autre en faisant des moulinets de leurs armes, montrant à la fois une grande dextérité, une force ahurissante mais aussi une certaine langueur dans leurs gestes. Les spectateurs de la tribune officielle étaient vraiment mal à l’aise et se lançaient des regards pleins de sous-entendus tout en suivant le numéro.

Guillebert de Geantain apostropha Troye alors que les amuseurs étaient encore à de longs pieds l’un de l’autre, lui demandant de venir s’entretenir avec lui en toute confidentialité. Le monstreur arriva entre lui et Hommère sans se douter de quoi il retournait. Le Comte lui demanda alors depuis quand et surtout depuis où il suivait ses «Chevaliers». Troye répondit sans détour et en toute franchise qu’il n’était avec eux que depuis 3 semaines et que leur maître l’avait engagé pour faire leur présentation, eux mêmes n’étant pas très bavard, voire même muet d’après ce qu’il avait pu voir - ou plutôt parce qu’il ne les avait jamais entendu. Ils avaient parcouru ensemble bien des distances monotones depuis le Duché moussillonnais, n’ayant fait qu’une seule présentation avant aujourd’hui. Les deux comiques avaient alors fini leur numéro avec quelques membres en moins et une tête presque tranchée mais s’étaient miraculeusement rétablis nuitamment.

A la nomination du Duché de provenance, le Comte fut certain de savoir ce à quoi ils assistaient. Il demanda tout de même quelques précisions sur le «maître» en question et Troye conforta son opinion en le détaillant comme un homme à la peau terne qu’il ne pu pas dévisager complètement parce qu’il se cachait sous une large capuche et qu’on ne pouvait l’approcher sans se sentir mal à cause de l’odeur qu’il dégageait. Guillebert fit signe à tous les Nobles de se tenir prêt à intervenir - sauf à ceux qui n’étaient pas en état de suivre les évènements, ni à celui qui de toute façon ne comprendraient jamais si les morts-vivants sont morts ou s’ils sont vivants, et encore moins qu’ils sont les deux à la fois.

Leurs pressentiments furent confirmés lorsque les deux adversaires du jour se rejoignirent au milieu de l’arène. Le lourd fléau du premier s’abattit avec vigueur sur le deuxième, lui prenant la moitié de la jambe gauche alors qu’il tentait mollement de se dégager. La riposte coupa la jambe droite du manchot qui éclatât alors l’écu du premier unijambiste en titubant. Les deux jouteurs continuèrent leur combat à terre alors qu’Hommère appelait le chef Wigueume et ses gardes pour empêcher toute sortie de l’arène et encercler les soi-disant amuseurs ainsi que leurs montures.

En moins de deux minutes, les hommes d’armes de Saint Psont étaient en place et commençaient à maitriser les destriers. Ces derniers ne se laissèrent pas faire, envoyant aux jardins de Mórr deux gueux et en blessant d’autres, mais finirent par être renversées et maintenues au sol par les plus vifs. Les gens d’armes furent d’ailleurs étonnés par leurs faibles masses et dégoutés par les craquements qu’ils entendirent en leur sautant dessus.

Les deux êtres démoniaques toujours au sol continuaient à se battre en s’arrachant de nouvelles parties de leurs corps à chaque coup, mais, comme l’avait prévenu Troye, poursuivaient leur massacre, et ce, sans prendre en compte les nombreux gueux qui les entouraient de loin, n’osant s’en approcher à moins de dix pas. Les Nobles Chevaliers - enfin, les plus valides en tout cas - descendirent de la tribune d’honneur pour se rendre au milieu de l’arène où aucun gueux n’osait aller. Guillebert de Geantain prit la parole en ces termes :

«Ce tour est fini ! Ce que vous voyez là est l’œuvre d’un nécromancien qui cherche à prouver la puissance de son art pour se divertir et nous faire peur. Mais nous, Chevaliers de Bretonnie, sous la protection de la Dame et avec l’assentiment de notre Roy et de la Fée Enchanteresse, nous le chasseront ainsi que toutes ses engeances, où qu’ils se cachent.» Pendant ce discours, les autres Chevaliers dévisageaient tous les spectateurs, cherchant le coupable de ces ignominies. «Nous allons arrêter là ce triste spectacle mettant en scène les corps de deux braves Bretonniens qui sont animés par la magie noire, afin que leurs âmes reposent en paix»

A ces mots, un homme d’arme un peu plus courageux que les autres s’avança et tenta de finir le travail que les deux jouteurs avaient déjà commencé d’eux même : il leur coupa la tête. Les corps des revenants continuaient cependant à se frapper paresseusement avec les peu d’appendices qu’ils leurs restaient. Interdit au début, le gueux tenta une nouvelle approche en transperçant un corps là où devait se trouver son cœur. Le corps fut pris de convulsions mais voulait continuer son macabre combat avec le peu de vigueur qui lui restait. Le Baron de Saint Psont s’avança à ses côtés et finit l’agonie des corps possédés de sa lame enchantée : seule la magie pouvait contrer à tout jamais ce que la magie avait créé. Guillebert reprit :

«Je vais vous demander de sortir de l’arène avec calme. Il se peut que le mage noir se trouve encore dans cette arène avec nous» dit-il alors que le public, déjà bien tourmenté, était prêt à s’affoler. Aussi reprit-il aussitôt : «N’ayez crainte ! S’il est ici, il sera vite démasqué et bien plus facile à occire que ses ouvrages.»

Les autres Nobles aux épées magiques se chargèrent des montures et prirent place aux passages permettant de sortir de l’arène. Le Baron de Saint Psont fit envoyer des sergents et des Chevaliers Errants dans toutes les directions pour retrouver le vil mage noir, car son Seigneur se doutait qu’il n’était pas resté en son castel au moment où ses horreurs entreraient en action. Comme ils s’y attendaient, il ne fut pas trouvé dans le public. Hommère promit à ses gens que les gardes seraient doublées jusqu’à ce qu’on mette la main sur le nécromancien, tout en sachant qu’il ne referait pas surface de si tôt dans la région, juste pour rassurer ces peureux paysans.

Le spectacle ne s’était pas tout à fait passé comme on aurait pu l’escompter mais, au moins, aura-t-il permis de rappeler aux gueux où se situe leur place et de lancer la chasse à un mage noir.

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Guillebert
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Jeu 29 Avr 2010 - 20:29

VS

Baudoin de Kerfadec contre Argiloth de Touraine


Le matin de la finale, le camp élevé devant les murs de Saint Psont était calme, trop calme pour Hommère. Le Baron local espérait que son tournoy ait été une belle fête, une ripaille qui dût se perpétuer sur 5 ou 6 jours sans l’ombre d’un quelconque désagrément - sauf pour Marhje, Lyza et ses gens, bien entendu. Au lieu de cela, un nécromant avait semé l’opprobre sur sa maisonnée en intégrant le sein même de ces réjouissances et avait fait fuir une partie des gueux de la région, des marchants fortunés et autres saltimbanques qui festoyaient gaiement et mettaient l’ambiance, emplissant directement ou non les caisses du Champ Printanier au passage. L’argent amassé n’était point ce qui préoccupait le plus Hommère, les 4 jours de réjouissances sous un soleil bienvenu ayant permis de dépasser les prévisions que Lyza avait calculé, mais le discrédit pesait lourdement sur ses épaules, surtout en présence de son Comte et des plus grands organisateurs de tournoy du Royaume.

Les recherches hâtives de la veille n’ayant rien donné, Hommère de Saint Psont qui n’avait pu fermer l’œil de la nuit se promit que le vil nécromant n’allait s’en sortir ainsi. Il consulta donc dès le petit déjeuné les avis de ses Seigneurs et de ses pairs afin d’échafauder un plan de recherche digne de ce nom. Les nécromants n’étant pas des gens pressés de nature, ils savaient qu’il ne put être bien loin, même s’ils avaient probablement une petite journée de retard sur lui. Suivant le plan de recherche mis au point, les Chevaliers Errants, les escuyers et les sergents montés repartirent donc de Saint Psont alors que le soleil n’avait pas encore quitté l’horizon afin de mettre la main sur le maudit sorcier.


Image d’époque révélant un Chevalier Errant en tapinant

Le camp provisoire était cependant loin d’être vide : les gueux préféraient pour la plupart rester près de l’enceinte des murs du castel et sous la protection des Chevaliers qui y séjournaient plutôt que de prendre le risque de croiser des morts-vivants sur le chemin du retour. La matinée commençant, elle révéla tout de même moins de viande saoule et de gais chants d’ivrognes que les jours précédents, dénotant s’il le fallait la morosité ambiante. Hommère fit envoyer son héraut proclamer quelques paroles de réconfort :

«Oyé ! Oyéé !! Nous sommes aujourd’hui le jour de la grande finale qui verra s’opposer Baudoin de Kerfadec et Argiloth de Touraine. Les recherches du nécromant se poursuivent dans de bonnes conditions et les Seigneurs présents au castel sont certains qu’il sera attrapé dans la journée. Nous sommes ici sous la protection de leurs lames enchantées et ne craignons rien. Ce jour de réjouissances pour celui qui sera le Champion du Champ Printanier et pour tous ceux qui y participent sera célébré comme il se doit !»

Quènte ne provoqua que peu de troubles dans le campement, ayant pris soin de ne point trop lever la voix, ce qui ne lui empêchait pas d’être très bien entendu entre les tentes silencieuses. Les gueux ne furent apparemment pas très réceptifs à ce message encourageant lorsqu’il fut clamé de bonne heure. Cependant, alors que le soleil gagnait en hauteur et en chaleur, la vie recouvra sa place, les commerces reprirent leurs annonces de boustifailles fraiches ou chaudes, les enfants recommencèrent à courir partout et les doyens reprirent leurs injures à leur encontre. Brocmanne n’eut même pas [et heureusement comme la suite vous le montrera] à réitérer le message, les gueux se sentaient à l’abri sous les hautes murailles du castel de Saint Psont.

L’incident de la veille paraissait n’être qu’un mauvais cauchemar lorsque fut venue l’heure de la finale et les tribunes furent à nouveau prises d’assaut par des gens plus ou moins sobres et bruyants. Elles n’étaient pas aussi remplies que les jours précédents mais le capharnaüm qui y régnait à l’approche de la dernière joute, celle qui vit s’opposer les deux meilleurs Chevaliers du tournoy, laissait penser le contraire. Les Nobles reprirent eux aussi leurs places respectives dans la tribune officielle, prédisant l’arrivée imminente de Quènte puis des finalistes au milieu de l’arène.


Reconstitution peu représentative de la tribune officielle de Saint Psont

Le héraut lui-même parut fébrile en regagnant sa place et s’accrocha à la lice pour se stabiliser. Il était en effet quelque peu plus joyeux qu’à son habitude et avait perdu son air solennel au profit d’une bouille rosie et joyeuse. Il ne fallut pas longtemps à tous les spectateurs pour s’apercevoir que Quènte n’avait pas bu que de l’eau lors des précédents repas, alors même qu’il était encore en train de chercher la position la plus assuré qu’il put tenir et n’avait pas encore commencé son office. Une fois sa situation plus ou moins fixée, c'est-à-dire, les jambes bien écartées, le creux du dos calé et un coude appuyé sur la lice, il harangua le public en ces termes :

«Oyé ! Oôôôla !!!» dit-il en se retenant de tomber. «Voalaaa la fi… la fifi… la finaleux que toooouuuut l’monde il’attend dep’is l’début !
Alors… euh… ben qu’i’z’entrent, hein… euh… Boudin de Kérafek et, euh, Agui… Argito… ‘fin l’ôt’ de Touraine là, hein, et p’is qu’on en finisse !
Alleeeerrr !!!» conclu-t-il joyeusement tout en titubant devant la tribune officielle pour regagner sa place.

Hommère n’osait même pas enguirlander le bon Brocmanne, prenant les moqueries des tribunes pouilleuses pour lui autant que pour son - jusqu’ici - fidèle héraut. Quènte n’était pas un homme connu pour sa droiture, son abnégation ni son courage, mais au moins était-il toujours heureux et fier de servir le Baron de Saint Psont quand ses parents devaient s’user à cultiver les champs vallonnés de la région, aussi prenait-il son travail très au sérieux… d’habitude. Le Seigneur local fit donner du cor pour que les finalistes puissent entrer et faire diversion.

Alors que Baudoin et Argiloth prenaient place de chaque côté de la lice, interloqués de voir le héraut retourner sur son tabouret avant d’avoir fait leur éloge, Hommère lui demanda calmement pourquoi il s’était mis dans cet état pendant que le reste du public était occupé à scander les noms des finalistes, à les ovationner et à les invectiver. Le baron put discerner quelques mots desquels il comprit aisément la situation : il avait passé le reste de sa matinée à réconforter le monstreur de la veille de la seule façon valable qu’il connaissait et c’est par miracle qu’il arrivait encore à tenir sur ses deux jambes après une bonne partie de la journée à lever le coude jusqu’à satiété.

Le calme étant peu à peu retombé dans les tribunes, le Baron de Saint Psont rappela pour la dernière fois les règles de la joute courtoise. Les deux finalistes se croisèrent donc cordialement en relevant leurs lances d’une façon élégante et synchrone, monstrant ainsi leur habileté mutuelle autant aux spectateurs qu’à leur rival respectif. L’atmosphère chargée de tension était à son comble alors que Marhje se leva pour la dernière fois du tournoy afin de lancer les hostilités. Le public était si silencieux qu’on pouvait entendre les froissements de sa robe depuis les tribunes opposées alors qu’elle approchait de la rambarde aux côtés d’un Quènte éteint. Baudoin et Argiloth la regardaient impatiemment avancer, comme tous les spectateurs, mais ils étaient plus tendus que ces derniers et leurs montures commencèrent à le faire savoir.


Baudoin de Kerfadec s’apprêtant à la charge

Pour la Dame de Saint Psont, lâcher son mouchoir fut un acte à la fois âpre et apaisant. Elle était en même temps désolée d’avoir à lancer un combat qu’elle savait rude et soulagée de le faire pour la dernière fois - la dernière fois de sa vie se promit-elle. Les deux Chevaliers se jetèrent l’un vers l’autre au milieu de la fureur retrouvée du public. Ils étaient partis simultanément alors que le l’étoffe de Marhje n’effleurait le sable de la lice que par un coin, porté par la brise qui s’engouffrait dans l’arène. Les spectateurs relâchèrent sur le coup toute la tension qui s’était accumulée lors de l’attente et exhortaient les finalistes et leurs montures. Le destrier de Baudoin fut le plus rapide et son cavalier pût frapper en premier (sur 2+ : 3 touches), emporté par son inertie prodigieuse (3 blessures dont un 6) il traversa les défenses adverses (1 svg) et ce fut par miracle (1 invu) qu’Argiloth ne fut pas directement défait. Ce dernier, bien que percuté et blessé (- 1 PV), parvint à passer une fort belle riposte (2 touches dont un 6, 2 blessures) qui atteint partiellement son objectif (1 svg, 0 invu) et meurtrit le Chevalier de Kerfadec (- 1 PV).

La charge avait été rude, elle enchantait le public : les finalistes tenaient leurs promesses en mettant tout ce qu’ils avaient dans leurs tripes et versant dès les premiers coups leur noble sang. L’un d’entre eux avait même vidé ses étriers, ce qui ne pouvait que ravir des gueux déjà surexcités. Le Chevalier de Touraine retrouva tout de même sa selle bien plus rapidement qu’ils auraient pu le croire, laissant entrevoir toute sa fougue et sa détermination à son adversaire, et le défiant à peine arrivé sur son destrier. Baudoin ne se fit pas prié et repartît à l’assaut. Cependant le jeune Argiloth feinta, ce qui lui permit de ne pas être touché (0 touche pour Baudoin) et de placer une attaque surprise (2 touches) mais sans vigueur (0 blessure). A peine cet échange peu fructueux passé, les deux finalistes se rapprochèrent de nouveau pour s’affronter. Baudoin qui était gêné par les reflets de l’armure adverse et déstabilisé par l’adresse dont venait de faire preuve son adversaire, parvint tout juste à le toucher (1 touche) mais il n avait pas mis assez de puissance dans son geste (0 blessure). Le Chevalier de Touraine, pour sa part, profita encore de son avantage (2 touches) pour placer un coup sûr (1 blessure) au travers de la défense adverse (0 svg, 0 invu) et blessât à nouveau (- 1 PV) le jeune Marquis en difficulté.

Les deux Chevaliers prirent le temps de se jauger lorsqu’ils firent volte face après cette passe d’arme. Ils étaient à présent tous deux au même stade : la moindre blessure, la moindre erreur, la moindre fanfaronnade pouvait leur coûter cher. Aussi repartirent-ils prudemment et échangèrent-ils une passe bien mollassonne : Baudoin ne toucha même pas Argiloth qui voyait bien malgré sa fougue (2 touches) qu’elles ne passeraient pas la garde adverse et n’y mît aucune vigueur (0 blessure : deux 1 !!! ). C’est alors que le Chevalier de Kerfadec essayât sa meilleure technique (2 touches dont un 6) qui parvint à rudement frapper le haubert d’Argiloth (1 blessure) sans le traverser (1 svg). Voyant le coup venir, toujours avantagé par l’éclat de sa protection magique, Argiloth avait préparé sa plus belle botte, sachant que la défense adverse allait s’ouvrir. Il enchaina des coups rapides (4 touches) et puissants (3 blessures), achevant ainsi le Marquis de Kerfadec (1 svg, 0 invu, - 2 PV) qui ne put retenir un râle de douleur et de frustration.

Le public n’attendit pas qu’on annonce le gagnant du tournoy, ils l’avaient devant leurs yeux, le jeune et fougueux Argiloth de Touraine qui avait relevé sa visière exultait en faisant partir son destrier au galop autour de la lice, exécutant des moulinets de sa lame. Pendant ces tours d’honneur bien mérités, Julliussibert vint raccompagner Baudoin vers sa tente de soin, laissant le vainqueur exulter sa joie avant de l’inviter à le suivre. Cependant, alors qu’ils quittaient l’arène et son tumulte ils croisèrent un Chevalier noir qui entra en trombe et se mit à poursuivre Argiloth.


Attention ! Derrière toi, c’est affreux !!!

Les spectateurs qui n’acclamaient plus Argiloth et prenaient des airs étonnés lui firent vite prendre conscience que quelque chose d’inattendu se passait derrière lui. Le vainqueur continua donc son tour d’honneur en jetant un coup d’œil derrière lui, ce qui est loin d’être évident lorsqu’on a un heaume sur le crâne. Il put tout juste percevoir un sombre cavalier qui s’approchait de lui et accéléra l’allure de sa monture pour contourner la lice et s’éloigner le plus rapidement possible de cet inopportun. Les Nobles spectateurs - du moins ceux dont l’état leur permettait d’être attentifs à ce qui se passait sur l’arène - s’étaient levés et s’apprêtaient à sauter au milieu de l’arène à tout moment.

Le vainqueur arriva à distancer son poursuivant et se positionna face à lui, à un bout de la lice. Le Chevalier noir arrêta sa monture de l’autre côté de la lice, comme pour le défier. Argiloth lui lança :
«Qui es-tu et que me veux tu toi qui ose défier le nouveau Champion du Champ Printanier ?»
Le ténébreux cavalier lui rétorqua :
«Je suis le gardien de la Baronnie et nul ne peut se prétendre son Champion avant de m’avoir vaincu !»
A ces mots, les Nobles, Hommère en premier, commençaient à sauter sur le sable pour démasquer cet intrus. Ils furent arrêtés par un geste du vainqueur. Sûr de lui, il lui répondit simplement en baissant sa visière :
«Et bien puisqu’il faut te vaincre, je te vaincrai !»
Le Chevalier noir ne se le fit pas dire deux fois et fit parler ses étriers sur les flancs sa monture, prenant l’initiative de la charge. Argiloth s’y était attendu mais ne pouvait reprendre son retard sur un impétueux et frais cavalier équipé de sa lance, malgré son enthousiasme et sa tension qui n’étaient pas retombés.

Citation :
Caractéristiques du nouveau venu :

Champion Chevalier Errant (20 pts)
Vertu de l’Idéal : CC+2 ; I+1 ; A+1 (35 pts)
Epée de Naissance de Gasconnie : F+1 ; adversaire relance svg d’armure réussies (35 pts)
Armure du Noble Astre : Adversaire subit un malus de -1 pour toucher (45 pts)
Faveur de la Damoiselle : invu à 2+ contre sa première blessure (35 pts)
Tresse d’Isolde : touche sur 2+ lors d’un tour de corps à corps (le premier tant qu’à faire - 20 pts)

20 + 35 + 35 + 45 + 35 + 20 = 190 points

CC 3+2 | F 3+1 (+2 en charge) | E 3 | PV 1 | I 3 | A 3 | Svg 2+ | invu 6+/5+ (2+ pour la première)

Le Chevalier noir plaça une belle attaque (2 touches dont un6, 2 blessures) mais la Dame devait protéger le vainqueur qu’elle avait déjà désigné (1 svg, 1 invu). Argiloth répondit avec autant d’entrain (3 touches sur 6 ! ) et d’énergie (2 blessures) mais ne parvint pas à passer outre l’armure adverse (2 svg). Débarrassé de la lance brisée sous le choc de sa charge et donc armé de sa lame, le sombre personnage donna des sueurs froides au Chevalier de Touraine et au public qui le soutenait en enchainant une botte remarquable (2 touches sur 6 !!!, 1 blessure) qu’Argiloth parvint tout juste à parer de son écu (1 svg). Le Champion du tournoy conclu cet échange par un aussi bel assaut (3 touches dont un 6) dans lequel il mit toute sa volonté (3 blessures dont un 6) et qui ne put être totalement arrêté par les défenses adverses (1 svg, 1 invu de la Faveur, pas d’autre invu, - 1 PV). Le Chevalier inconnu finit sur le sable et fut vite entouré par les Nobles qui attendaient cet instant pour découvrir son identité alors que le Chevalier de Touraine retirait enfin son heaume sous des applaudissements plus énergiques que jamais.


Argiloth de Touraine fourbu par les combats mais qui se la pète

Arrivés à sa hauteur, les Chevaliers de la tribune officielle furent étonnés de l’entendre pleurer. L’un des Seigneurs reconnut tout de suite ce chouignement et n’osa pas se baisser pour le vérifier, trop honteux qu’il était d’avoir discerné l’identité de cet imposteur. Sans même se concerter, voyant que le Seigneur local ne semblait pas vouloir le faire, les chevaliers attendirent qu’Argiloth de Touraine les aient rejoint pour démasquer - ou plutôt décasquer - ce sombre personnage.

Lorsque le Champion du Champ Printanier retira son heaume, il ne fut pas surpris d’y trouver un visage local, comme le Comte de Geantain, et comme Hommère qui baissa les yeux. Bartholomay regarda les Chevaliers qui l’entouraient d’un regard désolé et rougeoyant. Il avait dans ses yeux à la fois la frustration de ne pas avoir sut être à la hauteur pour représenter sa Baronnie contre ce Chevalier venu d’on ne sait où pour n’être qu’un Champion d’apparat, celle de n’avoir pas prouvé à son père qu’il était lui aussi un grand Chevalier et celle d’avoir encore fait une bêtise qui pourrait ruiner sa réputation.

Alors qu’Argiloth et Guillebert commençaient à arrondir les angles et à réconforter les Chevaliers de Saint Psont, l’un ayant trouvé cela très distrayant et pensait que le «petit» se débrouillait mieux que lui-même à son âge, l’autre que ce jeune Chevalier pourrait devenir un des meilleur défenseur du Royaume si on arrivait à le canaliser et commençait à prodiguer des conseils au paternel, un Chevalier Errant arriva en trombe dans l’arène…

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Baron Guilhem de La Tour
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MessageSujet: Re: Le Tournoy du Champ Printanier - les joutes   Jeu 8 Juil 2010 - 0:22

Alors que l'on s'apprête à fêter comme il se doit le vainqueur du tournoi, une question demeure : qu'est-il advenu du nécromant nazi qui fait peur aux petits enfants ? Vous aimeriez bien le savoir. Afin de satisfaire cette légitime curiosité, la baronnie de La Tour est fière de vous offrir la mirifique pièce ci-après, qui révèle les dessous du tournoi du Champ Printanier, y compris la déconfiture et la mort de l'infect sorcier, et fait éclater au grand jour le détestable complot des Castagnets adorateurs du Dieu-Escargot visant à s'emparer du trône du roi Louen.



LA BARONNIE DE LA TOUR
et
LE HAUT MINISTÈRE ROYAL DE LA CRÉMATION DES SORCIERS
présentent


AU FOUR !

UNE AVENTURE DE SIGEBERT DES ARDETS

***

Pièce alchimicque en un acte et cinq scènes, tous de bon aloy

***

Il a été donné mirificque représentation de ceste moult belle et trèsgrandiose pièce en les villes et cités d’Orsière et Chambrège ainsy qu’en d’aultres villages et hameaulx de la baronnie et jusque sur le trèssainct parvis de la non moins saincte cathédrale de La Tour, avecques succès jamais desmenti et grande acclamation du peuple et agrément de la noblesse.

On en vend le texte chez maistre Merdanpot, imprimeur et bourgeois de La Tour, en fasce du Palais de Justyce.

***

1544

***

Avecques privilège du baron de La Tour

***



DRAMATIS PERSONAE
MESSIRE SIGEBERT DES ARDETS, chevalier de La Tour
DANGORN, son trèsfidèle destrier et cheval à phynance
UNE PUCELLE dont nous tairons le nom
HÉBERT GRANDVIT, escuyer de Sigebert
GAUTHIER LARGEPINE, ménestrel de Sigebert
SUCEGLAND, bouffon gnome de Sigebert
UNE VIEILLE FEMME fort laide
LE SORCIER


SCÈNE PREMIÈRE

MESSIRE SIGEBERT DES ARDETS, UNE PUCELLE.

Sous la tente de Sigebert.


MESSIRE SIGEBERT DES ARDETS, en son bain parfumé à la saulge et au romaryn
De par mes oneilles, bren. Ce tournoy me laysse en bouche un goust amer. Je scays fort bien que de moy on médit : d’aulcuns vomissent moult trèshorrifiques et merdeuses calomnies sur le compte des chevaliers de ma bonne baronnye de La Tour, et je leur veulx faire rentrer ces trèsinfasmes paroles en le gosyer. D’aultres, des plus audacyeux et impudents coquins, osent mettre en doubte ma valeur et se gaussent de ma défaite face au sire de Castagne. Dame ! leur est-il doncques si malaysé de voyr que luy ay moy-mesme offert ceste victoire pour m’en aller plus tost banqueter ? Vit d’asne et couylle salée, les gens de ce fief sont de grossyers pourceaulx et leur teint jaunastre me donne nausée et dégoust terrificque ! Si par malaventure leurs mensonges odyeulx se répandent et arrivent aux oneilles de quelque grand du royaume, c’en est faict de mon bon renom, pissemerdre, de par les trèssaincts roustons de Gilles.

UNE PUCELLE, à ses costés
Messire Sigebert, trop avez de colère. N’estes-vous poinct le plus noble et digne des chevalyers qui parurent en lice ? Chacun ici le scayt et tous hommes de byen vous honorent et révèrent avecques de grandes louanges.

SIGEBERT
Ma doulce amye, vous dictes vray. Mays je veulx cependant monstrer avecques quelque éclat ma vaillance mise en questyon et par une mirificque prouesse clore le bec des faquins. Merdre et phynance, je suys déterminé et résolu à ramener la teste du sorcier merdicque qui nous vint narguer hyer. Je luy veulx tout d’abord marcher sur les pieds, puys couper les oneilles, puys après luy fayre torsion du nez et des dents, puys encore lacération du postérieur. Je le vays, n’en doubtez poinct, tuder avecques supplice et décollation avant de l’envoyer au four selon la coutume et tradition séculaire de ma belle baronnye de La Tour. Tel est le vœu et serment que je fays icy mesme, sur ma blonde barbe qui me vault amour et admiration de toutes nobles pucelles et dames bien nées.

LA PUCELLE
Sire chevalyer, bien avez parlé.


SCÈNE II

HÉBERT GRANDVIT, DANGORN, SUCEGLAND, GAUTHIER LARGEPINE, puys MESSIRE SIGEBERT DES ARDETS.

Devant la tente de Sigebert, ses palefreniers, valets et domesticques fydèles chantent fort gaiement et boyvent d’horrificques traicts de vin.


HÉBERT GRANDVIT
Que chantons-nous mayntenant ?

DANGORN
Meuh !

SUCEGLAND
Chantons le bon père Pouilloux :
Père Pouilloux, père Pouilloux,
Dormez-vous ? Dormez-vous ?
Videz les latrines, videz les latrines,
Je suis soûl, je suis soûl !


GRANDVIT
Et celle-ci, maistre Sucegland, gnome merdicque, dys-moy, la connois-tu ?
On entend sous l’ormeau
Battre la merdre, battre la merdre !
On entend sous l’ormeau
Battre la merdre à coup de marteau !


DANGORN
Meuh !

SUCEGLAND
Mortepine ! Je ne connois que cela.

GAUTHIER LARGEPINE
Sous ma conduicte et directyon, entonnons aussy le divin refrain de la trèsnoble chanson du décervelage, qui de tout temps accompagna les coups de main, assaults, charges, exécutions capytales et aultres occasions de massacre horrificque en nostre belle baronnye.

TOUS TROYS
Voyez, voyez la machine tourner,
Voyez, voyez la cervelle saulter,
Voyez, voyez les rentyers trembler !


LARGEPINE
C’est tout de mesme belle chanson.

DANGORN
Meuh !

SUCEGLAND
Mays va-t-il à la fin se tayre, cet animal de ma merdre ?

SIGEBERT, sortant de sa tente et hélant ses gens
Venez çà, mes bons compains ! Venez çà, Hébert Grandvit, mon escuyer fidèle, et toy, Gauthier Largepine, mon brave ménestrel ! Approche toy aussi, Sucegland, prince des gnomes, mon trèsaimé bouffon, et toy, Dangorn, mon bon cheval à phynance.

GRANDVIT
Pissemerdre, messire nostre seigneur, nous voicy à vostre ordre et commandement.

SIGEBERT
Larbins mirificques, écoutez de toutes vos oneilles, car j’ay à vous parler. Il nous fault monstrer aux gens de ces terres quelle valeur est la nostre, car ils sont obtus et la tiennent pour peu de chose, en vérité.

SUCEGLAND
Sire seigneur chevalier, de par ma merdre, vous dictes vray. Ils sont de plus fort laids et sentent de loin sueur et vomissure, sans parler mesme de leur face jaune.

LARGEPINE
De par la saincte pine de nostre sire Gilles, bren, ce sont là choses courantes dans les duchés nordicques où les gens sont tous issus d’unyons consanguines quand ils ne descendent poinct d’hommes-bestes horrificques.

SIGEBERT
Pour leur édification morale et religyeuse, je leur veulx faire quelque peu monstre de ma valeur mirificque et prendre par capture le sorcier maléficque qui troubla le tournoy. Nous luy allons casser les os, couper les pieds et marcher sur les oneilles. Puys nous le pendrons par la pine avec supplice et enfin nous tascherons de trouver quelque four où le brusler et consumer par feu et flammes.

LES TROYS LARBINS
C’est bien dict.

Ils sortent.


SCÈNE III

HÉBERT GRANDVIT, UNE VIEILLE, SUCEGLAND, MESSIRE SIGEBERT DES ARDETS, GAUTHIER LARGEPINE, DANGORN.

Une trèshumble chaumyère des environs du castel de Saint-Psont, au crépuscule.

GRANDVIT
Je te le vays demander une dernière foys, vieille femme de ma merdre : as-tu, ouy ou non, vu passer sous tes fenestre un vilain et maigre vagabond à capuche noire qui faict crier les chiens et chyer les chats ? Parle, sans quoy je te vays casser les os !

LA VIEILLE
Grâce, sire escuyer ! Je vous donneray de la phynance !

GRANDVIT, s’énervant
Il est byen questyon de cela, merdigues ! Je te parle sorcyer et tu me réponds phynance. Çà, tu es folle, à moins que tu n’aies perdu le sens et la rayson.

LA VIEILLE
J’implore vostre merci et pitié, sire seigneur escuyer ! Il n’y a poinct de jardinet icy.

SUCEGLAND
Encore ce jardinet de ma merdre ? Je te vays marcher sur les pieds.

LA VIEILLE
Je ne dis que vérité, je n’ai poinct aulcun jardinet à vous donner. Sire seigneur gnome, faicte miséricorde à une pauvre vieille femme qui a déjà un pied dans la tombe et qui de l’aultre a toujours marché dans le sentyer de la vertu !

SIGEBERT, s’avançant
Fort byen ! Si poinct ne nous veulx aider et assister de ton plein gré, mes amis et moy-mesme t’allons dire « ni ».

LA VIEILLE
Grâce ! je vous donneray de la merdre !

SIGEBERT
Ni !

GRANDVIT
Ni !

LARGEPINE
Ni !

SUCEGLAND
Nou !

LARGEPINE, bas, à Sucegland
C’est « ni », espèce de moule.

SIGEBERT, saisissant la vieille par le col
Pissemerdre ! parleras-tu, mère-grand de peste et de malédiction ? L’as-tu vu ?

LA VIEILLE
Messire, faictes miséricorde ! Mes jambes sont aveugles et mes yeux perclus de varices horrificques.

SIGEBERT, laissant choyr à terre la vieille
Mes bons compains, j’ay dans l’idée que nous n’arriverons à rien ainsy. Que vous en semble ?

LARGEPINE
Messire, vous pourriez avoir rayson. Brisons là, quittons cest endroit et partons imaginer par ruse et machinerie terrificque quelque piège pour prendre nostre sorcyer.

SIGEBERT, remontant à cheval
Si cela réussit, Largepine, mon ménestrel et larbin, je te donneray de la phynance.

DANGORN
Meuh !

Ils sortent.


SCÈNE IV

GAUTHIER LARGEPINE, HÉBERT GRANDVIT, MESSIRE SIGEBERT DES ARDETS, SUCEGLAND, DANGORN, puys LE SORCIER.

Un bois lugubre, à la nuit tombée.


LARGEPINE, avecques des airs de comploteur
Messires mes bons amys et compains, voicy comme nous ferons : je vays par subterfuge et dissimulation m’allonger à terre et y gésir pour contrefaire le mort trespassé. Le sorcyer et nécromant horrificque, berné par mon aspect, s’approchera de moy car bien nous scavons que nécromants cherchent commerce charnel avecques les cadavres. C’est alors que vous surgirez de vostre buisson et luy saulterez à la gorge pour luy faire torsion du nez, voire des dents.

GRANDVIT, inquiet
C’est périlleuse mission que tu t’es attribuée, Largepine, mon amy. Crains-tu poinct que nous n’arrivions trop tard et qu’il commette sur toy quelque action déshonneste et trèsespouvantable ?

LARGEPINE, stoïque
Merdaille, merdigues, merdre de merdre, s’il ose, je luy veulx monstrer un peu comme l’on coupe les oneilles à La Tour.

SIGEBERT, ému
Largepine, tu auras de la phynance.

L’on entend quelque bruyt de branches et feuilles.

SUCEGLAND
Merdre et vit d’asne ! à couvert, vous aultres, car j’entends que l’on vient.

Sigebert, Grandvit, Sucegland et Dangorn se dissimulent byen vite en un buisson touffu. Largepine contrefaict le mort.

Au loin, le tonnerre gronde. Entre le sorcyer.

LE SORCIER, dos vousté et regard en coin
Peste et fyente de chat ! Je croys que tous les gens d’armes du comte de Geantain sont à mes trousses. Prenons quelque repos et délassement en ceste clairière avant que de repartir.

SUCEGLAND, bas
Pissemerdre, c’est luy.

GRANDVIT, mesme jeu
Reste doncques coi, gnomes de mes oneilles.

SIGEBERT, mesme jeu
Faictes tous deux silence, sans quoy je vous vays marcher sur les pieds.

LE SORCIER, remarquant Largepine
De par mes estrons, je n’avois poinct vu cestuy-là. Bren, j’ay grand peur. Çà, es-tu mort ou bien endormi ?

LARGEPINE
Sachez-le bien, je suys mort, car il n’y a plus en moy de vie.

LE SORCIER, très soulagé
Oh ! voylà qui est bien. J’avois craint quelque piège horrificque.

SIGEBERT, bas, à ses compains
Quand je compteray troys !

LE SORCIER, concupiscent
Je vays à présent user de cet homme pour mes noirs et vils desseins, car tous nécromants cherchent commerce charnel avecques les cadavres, de mesme que tous comtes de Castagne avecques les escargots gastéropodes.

SIGEBERT, hault
Cinq ! Sus au sorcier, compains ! Nécromant de ma merdre, je te vays exterminer par mort et tuder avecques supplice.

Il s’élance seul.

LE SORCIER, espouvanté
Merdre de merdre, c’estoit une embusche terrificque ! J’ay grand peur et veulx fuyr.

SIGEBERT, s’apercevant soubdainement qu’il n’est poinct suivi
De par la trèssaincte pine de Gilles, où doncques restez-vous, larbins merdicques ?

GRANDVIT et SUCEGLAND, dans le buisson
Poinct n’avez dict troys, messire nostre seigneur.

SIGEBERT, sévère
J’ay dict cinq et c’est semblable chose. Voulez-vous peut-estre que je vous apprenne comme l’on compte avecques ma machine à décerveler les pieds et oneilles ? Je vous vays arracher les yeulx.

LE SORCIER, voyant qu’on ne luy preste plus attention aulcune
Moy, je vays foutre le camp.

Il s’enfuit en emportant Largepine.

SIGEBERT
De par sainct Guinefort, le ladre a profité par ruse et fourberye de ma distraction pour s’escamper.

SUCEGLAND
Bren. Nous avons failli ceste foys-ci.

DANGORN
Meuh !


SCÈNE V

GAUTHIER LARGEPINE tudé et trespassé, HÉBERT GRANDVIT, SUCEGLAND, MESSIRE SIGEBERT DES ARDETS, DANGORN, puys LE SORCIER.

Une ravine pleine de ronces au pied d’une falayse sinistre. Sigebert et ses larbins prient Morr devant le cadavre trèshorrifiquement mutilé de Largepine.


GRANDVIT
Pissemerdre ! ils ont tudé Largepine.

SUCEGLAND
Espèce d’enfoyrés !

SIGEBERT
C’est là une byen triste et desplorable fin pour un si brillant esprit. Ainsy va la vie : l’on part vivant, et l’on revient tudé !

GRANDVIT
Il estoit brave compain et buvoit sec. Où trouver maintenant son pareil ?

SUCEGLAND
Nous ferons graver sur sa tombe : « Cy-gist Largepine. Il avoit large pine. »

SIGEBERT
Mes bons compains, c’est assez de pleurs et lamentatyons. Car Largepine vécut jusqu’à sa mort, quoiqu’on en puisse dire. Ainsy du moins n’est-il poinct mort de son vivant. Ce m’est une consolation philosophicque.

Un éclayr déchire le ciel nocturne. Le sorcier apparaît au plus hault de la falayse, hors d’atteinte.

LE SORCIER
Ha ha ! Je vous encule !

SIGEBERT et SES LARBINS
Merdre ! c’est luy.

LE SORCIER
Vostre stratagème merdicque a failly et échoué. Mes sombres desseins sont près de s’accomplir et rien à présent n’empeschera mon maistre le comte de Castagne de poser sur sa teste la couronne royale de Bretonnie. Gloire et louanges mirificques au grand Bavmorve, dyeu de la Merdre et des Gastéropodes.

SUCEGLAND
Merdre et phynances, nous sommes joués, et bellement.

GRANDVIT
Nous scaurons bien te retrouver et alors nous te viendrons tuder et envoyer au four.

SIGEBERT, toisant noblement le sorcier
Messire de ma merdre, ji tou tue avecques supplice et extraction de la cervelle par les talons.

LE SORCIER, pris de panicque
Oh, oh ! j’ay grand peur et je veulx fuyr. C’est le moment de se tirer les pieds.

Il veult s’escamper mais glisse sur le rocher, faict une chute terrifique et vient s’empaler sur la lance d’arçon de Sigebert.

Un long silence.

SUCEGLAND, admiratif
Messire Sigebert, bren, vous l’avez eu.

DANGORN
Meuh !

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