Le Royaume de Bretonnie
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 Innocence perdue

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Estienne d'Albion
Chevalier du saint Graal


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Age : 27
Localisation : Lyon
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MessageSujet: Innocence perdue   Mar 27 Fév 2007 - 1:10

Bon alors voilà j'ai écrit un petit truc, je post un épisode assez cours qui servira de pilote. Donc si vous avez des commentaires ouvrez un nouveau sujet dans la section textes, celui-ci je posterais les prochains épisodes (si celui-ci suscite suffisament d'interet auprès de tous les nobles chevaliers du forum). Et peut-etre meme que les admins ou les modos en feront un post-it... Razz
Bon là c'est un peu la mise en place du protagoniste, donc pas beaucoup d'action. Le prochain sera bien plus musclé (vous saurez de quoi il retourne à la dernière ligne de cet épisode hihi...).

Une petite (grande) dédicace à Didier de Castillon (mon beau-père bretonnien) sans qui je n'aurais jamais fini ceci (et ce qui arrive), je lui dois la naissance de mon fief. Merci Didier!

P.S: pour ceux qui se posent la question non je ne m'identifie pas au personnage et tous les faits sont inventés... Mr. Green


Dernière édition par le Mar 27 Fév 2007 - 1:54, édité 1 fois
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Estienne d'Albion
Chevalier du saint Graal


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MessageSujet: Re: Innocence perdue   Jeu 1 Mar 2007 - 0:10

Prologue.

Un feu rose orangé courait le long du renfort central. La licorne elle-même, d’ordinaire d’une blancheur immaculée, avait adopté cette teinte crépusculaire. L’air fraîchissait, les ombres s’allongeaient. Dans cette atmosphère oppressante, on s’attendait à tout moment à voir surgir de nulle part les démons de sang dont parlent les légendes.


Estienne regarda les reflets de l’astre solaire mourir sur son heaume. Des démons ? Si seulement… Il les accueillerait à bras ouverts, sa lame prête à les pourfendre. Cependant de tels adversaires relevaient pour l’instant du pur fantasme. Son père, Eliadan, seigneur des terres d’Albion et pair du duché de Quenelles ne l’avait pas exactement chargé de braver les désolations nordiques pour lutter contre des démons cornus dont la peau qui suinte le sang de leurs ennemis vaincus et l’armure de bronze ne font qu’une et dont les haches brandies sont capables de trancher en deux d’un unique revers un chevalier engoncé dans une armure de plates. Il avait confié une toute autre mission à son bien-aimé fils unique: la chasse aux gobelins. Ces derniers descendaient des montagnes grises en bandes de pillards, traversaient Paravon, attaquant les hameaux isolés et les petits villages du duché. Les abords de Quenelles étaient certes gardés avec vigilance par les chevaliers des fiefs frontaliers, mais les peaux-vertes étaient trop nombreux pour être tous interceptés et certains s’enfonçaient plus avant dans les douces terres de Bretonnie. Ces agglomérats de vermine massacraient la population, pillaient les maisons et incendiaient les greniers à blé. Leurs ravages sont en général conséquents avant qu’une expédition telle que celle menée actuellement par Estienne ne les localise et les anéantissent.


Estienne savait pertinemment que son accession au statut de chevalier du Royaume avait été anormalement rapide. Son titre ainsi que son bout de terre lui avaient été octroyés par son père après son acte « d’héroïsme ». Tout le Castel Albion avait acclamé en grande pompe le fringuant chevalier errant qu’il était alors. Son père rayonnait de fierté durant la cérémonie. « Acte d’héroïsme »… Estienne réprima un éclat de rire sardonique. Son père n’imaginait pas… La noblesse pensait qu’il avait agit par envie de gloire, les paysans par désir de justice. S’il avait chargé seul une cinquantaine de gobelins, ce n’était pour aucune de ces deux raisons. Tristesse et vengeance avaient guidé ses actes. Un messager était arrivé au Castel Aurel, dont Estienne avait reçu la garde, l’avertir des sévices d’une bande de gobelins chevauchant des loups au Nord-Est, et de la destruction par ces damnés peaux-vertes du village de Chaumy. Il avait immédiatement réunit les quelques chevaliers sous ses ordres et s’était lancé sur les traces des immondes créatures. Il leur avait fallut chevaucher une journée entière à brides abattues pour rallier Chaumy. Bien avant que le village ne soit en vue on pouvait sentir l’odeur de bois brûlé et de chairs calcinées. Tous les villageois avaient été tués, certains transpercés par une lance, d’autres criblés de flèches et les derniers déchiquetés par de puissantes mâchoires.


Sur la place du village, Estienne était tombé sur un visage familier. Damoiselle Charianne se tenait sur l’autel de la Dame. Elle était vêtue de son habituelle robe blanche et de son manteau bleu de ciel d’été. Ses longs cheveux bruns foncés parsemés de mèches blondes tombaient en cascade autour de ses pâles joues, ses magnifiques yeux gris d’ordinaire si pétillants s’étaient voilés. Du sang perlait à la commissure de ses lèvres. La lance dépassait de son thorax, le sang n’avait pas encore coagulé et teintait sa robe d’un rouge carmin, finissant par éclabousser l’autel. Elle tenait une épée encore serrée dans sa main droite. Les Damoiselles avaient vraiment de curieuses manières, après tout la guerre était une affaire d’hommes… Au moins était-elle morte proche de Celle qu’elle servait. Mourir sur l’autel de sa déesse : quelle ironie… paradoxalement c’était le but recherché par tout chevalier, considéré comme le plus grand honneur accessible en ce monde. Damoiselle Charianne Lui avait ainsi consacré sa vie, et sa mort. Durant un bref instant la foi d’Estienne vacilla. Comment pouvait-Elle permettre une telle abomination ? Et lui, comment pourrait-il l’accepter, ou tout au moins la supporter ? Estienne avait cru Charianne éternelle. Aussi loin que remontent ses souvenirs elle y était présente. Elle avait d’abord été son professeur, puis sa confidente, enfin son amie. C’est elle qui lui avait apprit la lecture, l’écriture, le calcul, la poésie, la musique, et tant d’autres choses. C’est elle encore qui durant les longues soirées d’hiver lui racontait les vieilles légendes des Bretonnii. Elle lui avait enseigné les bienfaits de la Dame, et quelquefois même avait tenté de lui décrire l’Autre-Monde. Il n’avait jamais vraiment saisi le sens de ses récits mais il tenait cela pour parfaitement « normal », après tout l’esprit d’un simple mortel ne pouvait en rien ne serait-ce qu’imaginer à quoi ressemblait Son domaine le plus sacré. Le temps ou Charianne prononçait ces merveilleuses paroles devant l’âtre s’en était allé. Et avec lui une part de lui-même, quelque chose d'indéfinissable, mais qu'il savait important pour tout chevalier. Un nouveau sentiment, inconnu de lui jusqu'alors, remplaça ce trou béant: un vide glacial, inhumain, nourri de douleur, de haine et du désir de vengeance.


Estienne avait abandonné sur-le-champs ses compagnons et, partant à bride abattue, n’avait pas mit longtemps pour rattraper les gobelin. La piste était facile à suivre, et les loups des montagnes ne faisaient pas le poid face à son destrier. Il s’était jeté à corps perdu dans la mêlée, ivre de rage, espérant y laisser sa vie. Tout plutôt que ce vide insupportable. Pourtant après plus d’une heure de combat il se tenait debout, les mains poisseuses du sang noir des meurtriers, leurs corps étendus à ses pieds. Jetant son épée au loin, il s'était agenouillé et, baissant la tête, avait murmuré d'une voix éteinte, d'outre-tombe, un sanglot dans la gorge: "Pourquoi ?". La Dame l’avait protégé. Dans quel dessein ? Il n’aurait su le dire… Apparemment sa place était toujours ici-bas, en ce royaume, hier, aujourd’hui et, visiblement et bien malgré lui, demain…


Les funérailles avaient été sobres, Charianne avait été enterrée dans la chapelle de Castel Albion en présence d’Eliadan, d’Estienne et de deux autres Damoiselles. Estienne écrasa de son index une larme qui coulait le long de sa joue. Comment pouvait-il encore penser à ce triste évènement plus d’un an après et en éprouver du chagrin ? Il ne pouvait en tout cas pas se permettre une telle démonstration de faiblesse devant ses hommes. Il était temps de purger à nouveau la région… Il enfila son heaume, le boucla et remonta en selle. Fringuant protesta sous le poids qui lui était à nouveau imposé. Estienne se tourna vers ses compagnons, et en tirant sa lame leur dit d’une voie froide : « Qu’il n’en reste aucun vivant au lever du soleil. Faites preuve de la même pitié qu’eux ont eu envers les nôtres. Pour la Dame et Albion, chaaaaargeeeeez ! »


Puis il éperonna Fringuant et se dirigea vers le campement des orques.
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