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 L'Armement du Chevalier

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Tancred
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MessageSujet: L'Armement du Chevalier   Mar 11 Jan 2005 - 14:40

Sujet important s'il en est Very Happy

L'ARMEMENT DU CHEVALIER

L'homme d'arme comprit très vite que se défendre lors du combat était au moins aussi important que de porter un coup à l'ennemi. Aussi, parallèlement au développement d'armes offensives, se développèrent des armes défensives dont le bouclier est sans doute la première. Ensuite, il apparut logique de protéger la partie la plus vulnérable (la tête) puis d'étendre cette protection aux autres parties du corps. Le terme armure apparaît en réalité au XVe siècle pour designer l'ensemble des protections de fer ou d'acier porté à la guerre ou pour les joutes. Avant cela, on parlait de harnois ou d'adoubement. L'armure est ici employée pour designer l'habillement militaire en général.

Antiquité

Des vêtements rembourrés et sans doute des armures de cuir furent les premières protections du corps du soldat. L'étape suivante fut d'ajouter des petites pièces de métal cousues sur le vêtement.. Des armures faites d'écailles de bronze furent ainsi utilisées en Mésopotamie et en Egypte ancienne mais étaient probablement réservées à une élite. Les Grecs et les Romains portaient des cuirasses de bronze ainsi que des protections pour le bas des jambes et parfois les avants-bras. Bien que le fer soit connu, le bronze était couramment utilisé car il permettait de fabriquer facilement des cuirasses d'une seule pièce. C'est pour cela que les premières protections en fer se composaient de plusieurs lames articulées (cuirasses romaines). Le développement de l'armure s'arrête pratiquement avec la chute de l'empire romain. Les tribus barbares ne portaient généralement qu'un bouclier et un casque comme protection.

Haut Moyen Age (VIIIe, XIe siècle)

L'armure fait sa réapparition à l'époque Carolingienne reprenant à quelques modifications près, l'équipement de la fin de l'empire romain. Ainsi, la plupart des armures sont faites de pièces de métal (fer ou bronze) cousues sur une étoffe épaisse parfois renforcée de cuir. Ces pièces peuvent avoir différentes formes: écailles, rectangulaires ou anneaux. Ces derniers composent ce que l'on appelle la broigne. Elle fut utilisée par les carolingiens (dès le VIIIe siècle) et les Normands (XIe siècle) et continua à être portée parallèlement à la cotte de maille. La broigne descendait au-dessous du genou et se revêtait par-dessus une tunique légère.

XIIe et XIIIe siècle

Ce n'est sans doute que vers le milieu du XIIe siècle que la cotte de maille fut largement adoptée. Composée de mailles de fer entrelacées, véritable tissu de métal, elle est aussi appelée haubert. Le haubert se portait sur un vêtement rembourré, le gambison. Un capuchon de mailles et des gants de peaux complétaient parfois l'équipement. Certains hauberts descendaient presque jusqu'à la cheville.

Durant le XIIIe siècle, des gantelets et des chausses de mailles complétèrent la cotte de mailles et une tunique d'étoffe (surcot) se portait par-dessus. Le haubert résistait assez bien aux flèches, coups de lance et d'épée mais était beaucoup plus vulnérable aux armes de choc (masse, marteau, fléau). Des pièces de fer furent peu à peu ajoutées dès la fin du XIIIe siècle.

XIVe et XVe siècle

Des protections de fer supplémentaires furent donc fabriquées afin de mieux protéger les différentes parties du corps: bras, torse, coudes, genoux, jambes, pieds. Les hommes d'armes ne les portaient pas forcement toutes et le début du XIVe siècle marque une période de transition entre la cotte de maille et l'armure de plates complètes (Empire).
Au début du XVe siècle, l'armure de fer est définitivement adoptée par les chevaliers. Cet équipement est souvent nommé "harnois blanc" à cause du fer poli et brillant dont il est fait. Les fabriques d'armures les plus renommées étaient italiennes (Milan) ou allemandes (Nuremberg). Des armures magnifiques continuèrent à être utilisées au XVIe siècle mais plus par tradition que par réelle nécessité, l'introduction des armes à feu dans les combats les rendant dépassées.

Le Heaume

Le terme heaume n'apparaît qu'au XIIe siècle pour designer une armure de tête. Toutefois, le casque était utilisé depuis l'antiquité. Les Grecs portaient déjà un casque rappelant par sa forme le heaume du Moyen Age. Le casque romain enveloppait exactement le crâne et possédait deux jugulaires mais laissait le visage découvert. Il était parfois surmonté d'un cimier. Les améliorations successives du casque consistèrent à couvrir de plus en plus le visage rendant difficile l'identification de son propriétaire. On pense que c'est cela qui a donné naissance à l'Héraldique, science des blasons. On peut voir, sur la tapisserie de Bayeux, Guillaume de Normandie obligé de relever son casque pour montrer à ses hommes qu'il est toujours en vie. Vers le Xe siècle, on utilisait le casque conique à protection nasale dont l'origine est certainement normande. Il fut encore utilisé en certains endroits jusqu'au début du XIIIe siècle.

A partir du XIIIe siècle, le besoin de mieux protéger le visage amena la création du heaume cylindrique enveloppant la tête entière avec des fentes pour les yeux. Ils avaient le dessus aplati ce qui était une régression car ils étaient plus vulnérables aux coups portés sur le dessus de la tête. Ces heaumes étaient lourds et rendaient la respiration difficile ce qui explique qu'ils étaient uniquement portés pendant le combat.

L'amélioration des techniques de travail du fer permit de revenir à une forme conique sur le dessus du heaume tout en gardant la protection totale du visage (milieu du XIIe).
Le bassinet, qui apparut vers le début du XIVe siècle améliora considérablement le confort du chevalier. Il était moins lourd que le heaume du XIIe et équipé d'une visière pouvant être relevée ce qui facilitait la respiration. Sa forme était étudiée pour dévier les coups de lance mais également pour mieux résister aux coups de tailles portés par les épées et masses d'armes. Vers la fin du XIVe siècle, en plus du bassinet, un nouveau heaume apparaît: le heaume à "tête de crapaud" . Ses surfaces fuyantes permettaient de dévier les coups et il fut très utilisé dans les tournois et joutes. Le heaume disparaît complètement à la fin du XVe siècle remplacé par l'armet et la salade. l'armet (image du haut), plus léger que le heaume et le bassinet, pouvait être porté sans fatigue pendant longtemps.

La salade était une sorte de chapeau de fer allongé à l'arrière du cou, possédant ou non une visière mais sans protection au niveau du menton. Sa forme fait parfois penser aux casques allemands de la première guerre mondiale sans qu'on sache si ces derniers s'en sont inspirés.

Le bouclier

C'est la plus basique et ancienne arme de défense utilisée par les guerriers. Instinctivement, les hommes utilisèrent des planches de bois pour se protéger des premières armes offensives (haches,...). Ensuite, les attaches furent ajoutées, ce qui permettaient de mieux tenir le bouclier et d'avoir une main libre pour tenir la hache. Une sangle était parfois utilisée pour porter le bouclier sur le dos lors des déplacements et probablement pour libérer la seconde main lors du maniement d'armes lourdes. Les premiers boucliers étaient ronds et ne protégeaient qu'une partie du corps. Ceci était efficace pour les combats au corps a corps mais l'était moins contre les armes de jets qui pouvaient atteindre les parties non protégées. Les Romains le comprirent et leurs boucliers à bords droits leur permettaient de former des "tortues" pour avancer tout en étant à l'abri des tirs de projectiles. Les boucliers gaulois étaient en osier et peaux renforcés de métal dont l'attache saillante s'appelait l'Umbo. Cette attache était parfois si saillante qu'elle fut quelquefois confondue avec un casque.

Durant le haut Moyen Age, les Francs et les Vikings utilisèrent plutôt des boucliers ronds. Ils étaient souvent recouverts de cuir pour améliorer la rigidité. Le bouclier du Moyen Age est connu sous le nom d'Ecu qui vient du romain Scutum et désignait un bouclier long. Ce sont les Normands qui répandirent l'utilisation du bouclier long à partir du XIe siècle. Il était toujours arrondi sur le dessus mais allongé afin de protéger la jambe. Il possédait toujours l'Umbo, avait une bordure métallique et mesurait environ 1m30 de haut. L'amélioration des armures et l'utilisation du cheval dans les combats amenèrent à utiliser des boucliers plus petits. L'Umbo ne fut plus utilisé et le dessus arrondi disparu également (peut-être pour améliorer le champ de vision) et cette forme en V du bouclier est le plus souvent utilisée pour représenter les blasons. En effet, à partir du XIIIe siècle, l'écu porte régulièrement les armoiries de son propriétaire ce qui permet de l'identifier. Au XIVe siècle, une nouvelle forme de bouclier apparut : le bouclier de tournoi. Il était plutôt petit et possédait une encoche sur le dessus pour supporter la lance. Ce siècle vit également l'apparition du Pavois, grand bouclier ovale ou quadrangulaire utilisé par les fantassins et les arbalétriers. Il se plantait dans le sol et permettait de protéger les arbalétriers spécialement exposés pendant le rechargement de leurs armes.

A suivre.....
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Tancred
Invité



MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mar 11 Jan 2005 - 14:41

Et voici la suite...

L'épée

C'est l'arme par excellence du chevalier et de l'homme d'arme du Moyen Age. L'origine de l'épée remonte à la plus haute l'antiquité et même sans doute à l'âge du bronze. Les Grecs et les Romains utilisaient des épées plutôt courtes (60 centimètres environ) d'abord en bronze puis en fer. Toutefois, leur qualité n'était pas excellente. L'usage de l'épée longue semble débuter à l'époque Franque et plus spécialement Carolingienne. A partir de cette période, l'épée devint l'arme la plus noble et portait même souvent un nom (la plus célèbre est Durandal, l'épée de Roland) et son pommeau renfermait parfois des reliques. Elle mesurait environ 90 centimètres.

Jusqu'au XIIe siècle, l'épée, qui possédait deux tranchants se terminait par un bout plutôt arrondi. Cela indique certainement que c'était une arme utilisée pour la taille et non pour les coups d'estoc. A la fin du XIIe siècle, la poignée devient assez longue pour permettre de se servir de l'arme à deux mains. Ensuite, la forme de l'épée ne se modifie guère jusque vers le milieu du XIIIe siècle. A cette époque, on distingue deux types d'épées: les épées à lame légères, utilisées de taille et d'autres à larmes lourdes, plus courtes et destinées à des coups d'estoc. Les chevaliers en possédaient souvent une de chaque, la première utilisée à cheval et la seconde pour le combat à pied. Au XVe siècle, les armées donnant un rôle important à l'infanterie, comme les Suisses par exemple, équipèrent leurs fantassins de grandes épées à deux mains pouvant atteindre jusqu'à 1m65. Elles étaient utilisées pour faire des ravages contre les escadrons de cavalerie. L'épée perdit de son importance lors du combat avec l'avènement des armes à feu portatives et cessa d'être une arme de guerre dès le XVIe siècle. Elle fut remplacée par le sabre dans la cavalerie.

La lance

La lance sous sa forme la plus simple (long bâton de bois pointu et durci au feu) fut employée depuis la préhistoire alors même qu'on ne faisait pas la distinction entre armes de chasse et de guerre. Des pointes en pierre, en bronze et enfin en fer furent peu à peu ajoutées. Les premières lances de l'antiquité étaient plutôt courtes (1m60 environ) et maniées d'une seule main. Des armes beaucoup plus longues furent ensuite utilisées par les Hoplites (soldats Grecs) et surtout les Macédoniens (jusqu'à 6 mètres de long).

La lance comme arme de cavalerie apparut au XIe siècle. Elle ne dépassait guère 3 mètres et était utilisée comme une arme d'hast pour charger. Elle était souvent ornée d'une bannière. Vers la fin du XIIIe siècle, une garde d'acier fut ajoutée pour protéger la main du chevalier. La façon de tenir la lance a changé au XIVe siècle grâce à l'emploi d'un crochet fixé sur l'armure et destiné à maintenir la lance sous l'aisselle du cavalier. Avant cela, la cette arme était tenue horizontalement au niveau de la hanche. Cette nouvelle technique permit l'utilisation de lances de plus en plus lourdes et longues (jusqu'à 5 mètres). Les lanciers formaient alors un corps d'élite car l'apprentissage n'était pas facile et les chevaliers français étaient certainement les meilleurs à cet exercice ce qui n'a pas empêché la défaite a la bataille d'Azincourt. La lance fut abandonnée au combat au XVIe siècle remplacée par les armes a feu.

Le fléau

Arme composée d'un manche de bois muni d'une chaîne métallique à laquelle est accrochée une masse de fer. Le fléau était surtout employé en Allemagne et en Suisse à partir du XIIe siècle mais beaucoup moins en France.
Cette arme était terriblement destructive pour les hauberts mais pouvait également blesser celui qui la maniait. Les fléaux des fantassins avaient un manche plus long afin de pouvoir atteindre les cavaliers. La masse suspendue à la chaîne était généralement sphérique et munie de pointes plus ou moins longues, mais elle pouvait aussi n'être qu'un lingot de fer rectangulaire.
Le Goupillon était une sorte de fléau équipé de plusieurs chaînes terminées par des boules garnies de pointes acérées. Il fut très populaire en Angleterre et dans les Flandres mais demandait une grande dextérité pour être manié. Le fléau fut utilisé jusqu'au XVIe siècle.

La Hache

La hache en tant qu'outil est connue depuis la préhistoire. Les soldats romains en utilisaient mais uniquement pour couper le bois. Les peuplades germaniques semblent être les premières à avoir utiliser la hache au combat.
Les Francs se servaient d'une hache courte au fer lourd, appelée Francisque. Elle pouvait être lancée à 3 ou 4 mètres de distance. A l'époque carolingienne, la hache dite "Danoise" est utilisée au combat. Elle est assez longue (environ 1m50) et tenue à deux mains. Elle sera utilisée jusqu'au XIIe siècle (Les Anglais en possédaient à la bataille d'Hastings en 1066).

La chevalerie française adopta la hache vers la fin du XIIe siècle à la suite des premières croisades. Au XIIIe siècle, les fantassins portaient également des haches plus ou moins longues. A partir du XIVe siècle, des haches nouvelles apparurent: elles étaient forgées de façon à pouvoir frapper de taille et d'estoc. Une pointe aiguë était ajoutée derrière la partie tranchante. Les haches des fantassins avaient aussi une pointe au bout du manche, genre baïonnette. Le manche s'allongea également et cette hache prend le nom de hallebarde au XVe siècle.

La masse

C'est une arme offensive composée d'un manche et d'une partie contondante à une extrémité. La simple massue est certainement l'arme la plus anciennement connue. A l'origine, ce n'était qu'un bâton de bois sur lequel était resté la souche.
Au moyen âge, la masse est admise dans les combats vers la fin du XIIe siècle. La partie contondante est faite de métal (Bronze, plomb ou fer) et de forme cylindrique ou sphérique. Les Anglais utilisaient beaucoup la "morning star", terminée par une boule munie de pointes.
Les coups portés par une masse pouvaient très bien briser le crâne ou casser un membre à travers une cotte de maille. Au XVe siècle, les progrès du travail du fer permirent de fabriquer des masses dont l'extrémité était formée d'une série de lames et le manche devint également en fer pour éviter qu'il se brise.

En espérant vous tout ceci vous plaise. Je répète que ce n'est pas de moi, sauf la correction des fautes et la mise en page, mais j'ai pensé que de poster ce sujet serait plus sympa que de mettre des liens Very Happy
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ASTRABELL
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mar 11 Jan 2005 - 14:57

Excellente initiative, s'il en est !

Tes posts sont passionnants et très instructifs. Merci à toi !


J'espère que ceux qui connaissent bien le sujet pourront le compléter, notamment pour ce qui est de l'évolution de la Chevalerie pendant le Haut Moyen Age (disons de la chute de l'Empire Romain à l'avénement de Hugues Capet).

En ce qui me concerne, je me contente de lire et d'applaudir à vos doctes propos !


Pour la Dame, pour le Roy et pour l'Histoire !!
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Tancred
Invité



MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mar 11 Jan 2005 - 15:37

Merci à toi Seigneur ASTRABELL.

Il est sûr que de nombreux ajouts seront les bienvenus afin de compléter cette première approche, je ne doute pas que chez les fiers Bretonniens, de nombreux lettrés prendront la relève Laughing
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Agravain
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mar 11 Jan 2005 - 20:33

Rien à redire
c'est interressant à lire bien sructuré et j'adore apprend des trucs

je dis merci Tancred d'avoir mit un peu d'histoire à disposition des rustres incultes que nous sommes (bon je dis nous mais je devrais dire "je" Embarassed )

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Baron de Havras
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 16 Mar 2005 - 22:09

Bon, voici quelques précisions supplémentaires sur le poids et la taille des armes d'un chevalier au XIIème siècle. Ca n'apporte rien, mais cela devrait au moins agir contre des idées trop longtemps rependues, selon lesquelles cet equipement aurait été excessivement lourd.

-Epée : Plus ou moins un mètre de long (oui, c'est quand même bien long. On est bien loin du Gladius romain Laughing ).
Entre deux et trois kilogrammes. Notez que (et je parle en connaissance de cause) si cela ne parait pas très lourd quand on soulève un poids de 2 kilos, la repartition du poids d'un épée rend la chose plus difficile à manier. De plus, même avec 3 kilos entre les mains, on ne peut pas ahaner en donnant de gros coups pendant des heures.

-Lance (genre lance de cavalerie) : 2 à 3 mètres de long. D'un poids de 15 à 20 kilos. Sa fonction première est de faire tomber l'adversaire de cheval d'où la création de selles à harçon et l'usage d'etriers à cette periode.

-Le Haubert de Maille : Protection de la tête aux pieds. D'un poids de 12 à 15 kilos.

Si vous ajoutez à cela le heaume et l'ecu (qui fait presque la taille d'une homme à l'epoque)... il est tout de même tout à fait possible de se relever après avoir été desarçonné; Pour peu qu'on ait encore une clavicule.

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Dragonfire
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 16 Mar 2005 - 22:11

Agravain a écrit:
je dis merci Tancred d'avoir mit un peu d'histoire à disposition des rustres incultes que nous sommes (bon je dis nous mais je devrais dire "je" Embarassed )

Embarassed J'en fais partie aussi, venant d'un pays où la chevalerie n'a pas fait long feu...
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Agravain
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 16 Mar 2005 - 22:16

Citation :
venant d'un pays où la chevalerie n'a pas fait long feu
sans blague y en a eu!!!!!

moi quand on me dit suisse je pense aux gardes suisses dwarf

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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 16 Mar 2005 - 22:28

Citation :
moi quand on me dit suisse je pense aux gardes suisses

Et moi de même ! Laughing Remarque, ils defendent fièrement le vatican depuis fort longtemps.

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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 16 Mar 2005 - 22:36

Eh oui, à l'origine, la plupart des cantons suisses étaient gouvernés par les Habsbourg, ces nobles qui contrôlaient l'Autriche. En 1291, les nobles des cantons d'Uri, de Schwyz et d'Unterwald fomentèrent une révolte contre leur suzerain, Charles le Téméraire. Sur la carte, l'étendue de ces 3 cantons qui ont donné naissance à la Suisse est proprement minuscule Shocked . Ensuite, d'autres cantons et alliés sont venus se greffer pour former peu à peu la Suisse actuelle.

Pour l'histoire, mon propre canton, le Valais, n'est entré dans la Confédération helvétique qu'en...1861 !
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Théozénith
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Jeu 17 Mar 2005 - 18:07

Citation :
En 1291, les nobles des cantons d'Uri, de Schwyz et d'Unterwald fomentèrent une révolte contre leur suzerain, Charles le Téméraire.
Tu es sûr que tu ne veux pas dire le duc d'Autriche à la place de Charles le Téméraire ? Celui ci ayant vécu au XVe siècle ...
Je crois bien que t'as fait une erreure de distraction.
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Jeu 17 Mar 2005 - 18:20

Je pense que nous avons tous les deux raison. En 1291, les cantons d'Uri, de Schwyz et d'Unterwald sont devenus indépendants. Comme ils étaient assez insignifiants, les Habsbourg les ont ignorés au début. Puis d'autres canton comme Berne, Niedwald, Obwald etc. se sont ralliés. C'est alors que Charles le Téméraire a attaqué la Suisse d'alors. Il a été défait lors de 3 batailles importantes. A la fin de la première on a dit qu'il a perdu sa fierté, de la deuxième ses richesse, et de la troisième sa vie (tiens, ca devrait figurer dans l'histoire de Charles, si tu prends la peine de la lire...).
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Théozénith
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Jeu 17 Mar 2005 - 19:56

Oui je crois que les 2 premières batailles se sont passés en Suisse, où les Bourguignons attaquaient des chateaux des confédérés, à Morat et Grandson, et puis en Lorraine à Nancy où il est mort Mr.Red .
Je viens de trouver une page web la dessus : http://dijoon.free.fr/charles3.htm
Bon, pour revenir au sujet ; cet étude des armes au Moyen Age est intéressante car elle contribue à écarter les idées reçues. Un bon livre que j'ai la dessus est l'ouvrage en 2 tomes bien illustré : les costumes et les armes au temps de la chevalerie (je ne crois pas que ce soit le titre exact) de Liliane et Fred Funcken.
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Jeu 17 Mar 2005 - 21:27

Aaahhh ! Mes lecons d'histoire remontent à la surface ! Morat et Grandson ont été de grandes et glorieuses batailles. Même à Nancy, les Suisses ont participé. Shocked L'arrivée des troupes d'Uri et d'Unterwald a été décisive.
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Amallric
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 8 Juin 2005 - 16:16

il y avait aussi eu une guerre entre les habsbourg et les suisses, je crois. les suisses ont gagne en exploitant l'avantage du terrain ou les chevaliers etaient a l'etroit. Mais je ne me souviens plus de dates...
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Théozénith
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 8 Juin 2005 - 17:08

Oui, c'était vers la fin du XIIIè siècle et le début du XIVème, quand la Confédération Suisse a voulu montrer son indépendance par rapport aux ducs autrichiens de Habsbourg qui comptaient les dominer, sûrement pour pouvoir faire payer les péages des routes entre le l'Empire Germanique et l'Italie.
Des héros suisses comme Guillaume Tell, et Winkelried sont de cette époque.
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Tancred de la Martelière
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Sam 6 Mai 2006 - 23:44

Pour revenir sur le poids et le maniement de l'épée, je pratique régulièrement ce que l'on peut qualifier "d'escrime ancienne" et une épée bien faite (à l'époque, je veux dire) ne pèse pas plus d'1,5/2 kg dans la main si elle est bien équilibrée (c'est-à-dire quelques centimètres au-dessus de la garde). Les traités d'escrime médiévaux sont peu nombreux mais on en a conservé quelques uns. C'est loin d'être du "donner des coups en hahannant", franchement, les fans d'arts martiaux japonnais ou autres peuvent aller se rabiller.
A savoir aussi que manier une épée à une main avec un bouclier, c'est très différent que manier une épée batârde à une main et demi.
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Enguerrand le guerroyeur
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Dim 14 Mai 2006 - 20:21

Agravain a écrit:

moi quand on me dit suisse je pense aux gardes suisses dwarf

Pour moi, j'ai également le souvenir des 2 grosses branlées de Charles le Témerraire à Grandson et Morat (n'évoque-t-on pas la couleur rouge du lac de l'une de ses 2 batailles, bercée par le sang des bourguignons ?).
Mais j'ai également une petite pensée pour les malheureux gardes suisses massacrés lors de la prise des tuileries en 1792 par la fureur des sans-culottes...Selon la légende, un jeune officier de l'armée française aurait assisté à la scène et aurait sauvé la vie de l'un de ces gardes... Un cetain Napoléon Bonaparte, mais rien n'est certain quant à la véracité de cette anecdote (Si c'est comme le pont d'Arcole ou le discours des Pyramides, il y a du soucis à se faire... Rolling Eyes ).
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Dangorn de Castagne
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Dim 14 Mai 2006 - 20:58

Agravain a écrit:
moi quand on me dit suisse je pense aux gardes suisses dwarf
Et moi je pense aux petits suisses... Mr. Green Surtout ceux au chocolat (suisse aussi)

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Dangorn de Castagne, membre de la CMR, co-fondateur de la regrettée CTPTBP. Défenseur de la veuve (si elle est bien gaulée) et de l'orphelin (s'il a de quoi payer).
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Théobald de Crozenc
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 17 Mai 2006 - 20:34

Fort instructif, je n'ai découvert cette rubrique que récemment mais durant mes péregrination sur le web jai trouver ce site:

http://gentilshommesbrette.free.fr/article.php3?id_article=13

que je pense Suceptible de vous intéresser c'est un peu dense mais très complet Smile

En esperant qu'il vous plaise,

Salutations messeigneurs.
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Tancred de la Martelière
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 17 Mai 2006 - 21:58

Tiens, ça me fait penser...
Les armes pour un chevalier ne sont pas de simples outils. Elles ont une haute signification symbolique, notamment de leur fonction et de leur statut pour l'épée, ou de sa foi pour son bouclier, voire sacrée. Certaines épées renfermaient des reliques ou étaient gravées de devises. Enfin bref, ça n'était pas de simples bouts de ferailles mais bien des objets très précieux ayant une valeur autre que simplement matérielle.
Il n'y a qu'à voir les épées portant un nom dans l'Histoire: Joyeuse, l'épée de Charlemagne, Durandal, celle de Roland ou encore la fameuse excalibur.
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Ghjuvan-Carlu
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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Mer 17 Mai 2006 - 22:17

Dans la Geste de Roland, si je ne confond pas et si je ne me trompe pas, du temps de la Chevalerie guerrière et non courtoise, Roland sur son lit de mort dédie sa dernière pensée à son épée, et non à sa femme.. Une épée était pour son chevalier sacrée, et lorsqu'elle se cassait cela était un très très mauvais présage
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Baron de Havras
La lance impétueuse


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MessageSujet: Re: L'Armement du Chevalier   Jeu 1 Juin 2006 - 20:22

Citation :
La lance comme arme de cavalerie apparut au XIe siècle.

Ce n'est pas tout à fait exact et je pense pouvoir apporter quelques précisions très sommaires que les autres historiens du forum pourront compléter si le coeur les en dit, puisque j'ai un peu de temps. Laughing
Bien évidemment, toutes ces données concernent l'équipement des chevaliers et pas de la basse piétaille dont les sources ne parlent de toute façon presque jamais.

- Le Haubert. D'une douzaine de Kilos, il est constitué de milliers d'annaux métalliques et exige environ une centaine d'heures de travail au forgeron. Son coût était de 2 à 3 chevaux de guerre, ce qui montre bien qu'il était reservé à l'élite militaire. A noter que les sources parlent parfois de Haubert double, ce qui correspond certainement à une superposition, au moins sur certaines parties du corps, de plusieurs couches. Dès le XIIIème siècle, il se trouve renforcé de plaques de métal rigides aux endroits exposés que sont la poitrine et les épaules.
Pour être utilisable, le haubert devait être régulièrement huilé et roulé par les écuyers.

- Le casque ou helme. De forme conique aus XIème/XIIème s, il est muni d'une nasale qui evite que le nez soit coupé lorsqu'un coup est dévié par le heaume. Au XIIIème, le heaume cylindrique fermé avec des trous et des aérations supplante cette forme plus archaïque.

- L'épée. Entre 90cm et 1m aux XIème et XIIème s et d'un poids allant de 1,2 kg à 2 kg. Bon, après, vous connaissez certainement tous les évolutions de l'épée qui ont abouti, à la fin du moyen âge à ces grosses épées à deux mains à mesure que les armures devenaient plus lourdes.

- La lance s'allonge et s'alourdit. Au XIIème, elle mésure 250 cm de long avec un large fer souvent muni d'un arrêt pour éviter une pénétration trop profonde.
Au XIVème, elle mesure déjà 350 cm et on en trouvera de plus longues encore, plus tard.
Son poids était alors de 15 kilos environ.
La broderie de Bayeux nous apprend beaucoup sur la lance et son usage au XIème siècle, alors qu'apparaît un nouvel usage de cette dernière.
La lance peut donc être utilisée à cette époque de trois manières (d'ailleurs, les rohirrim de la trilogie de Peter Jackson se battent en utilisant ces différentes manières) :
*Comme javelot (regardez les rohirrim, là encore Laughing )
*Comme pique (en arme d'estoc)
*Pour chargeeeeeeeeeeeeeeeeeeer à la façon que nous connaissons tous (et c'est bien là la nouveauté).

En tant qu'arme d'estoc, la lance peut s'utiliser selon trois procédés.
Le premier étant un coup direct horizontal et le second, une frappe de bas en haut pour eventrer l'adversaire. La troisième correspond à un mouvement identique à celui du lancer de javelot à ceci près que la lance reste en main. Ces trois modes opératoires dépendent uniquement de la vitesse du coup et de la force de la personne qui le porte, d'autant que les coups ne se portent pas forcément avec de l'élan.

Pour la charge "à la bretonnienne" dirais-je, tout est dans l'impact et plus uniquement dans la vitesse du coup porté allié à la force du poignet du porteur. On ignore la date d'apparition exacte de cette technique, mais elle était sûrement en usage de manière individuelle (donc pas en formation) dès avant le XIème. Ce sont manifestement les normands qui furent les premiers à l'adopter.
Fait intéressant, d'après plusieurs temoignages, il semblerait que la lance pouvait parfois se tenir des deux mains pour la charge, le bouclier étant alors maintenant attaché au porteur.

Il est à noter aussi que la lance, désormais plus lourde et plus solide que celles utilisées traditionnellement comme javelots, sert aussi à porter le fanion.

- Le Bouclier. Seule pièce dde l'équipement à s'alléger au fil du temps. Si les normands de la broderie de Bayeux utilisaient, comme tous les chevaliers de leur temps, de longs boucliers, ces derniers diminueront au fil de siècles, jusqu'à disparaître au XIVème.


Au XIIIème siècle, le coût total de l'équipement d'un chevalier était d'environ trente boeufs. Ce coût ira croissant.

_________________
Non, on ne fait pas que charger à Havras, on a aussi des sorciers !
Tremblez devant nos armées... et craignez ma potestas, car je suis votre suzerain !

"Le monde est quand même plus simple quand on le regarde à travers la visière d'un heaume."

Et pendant ce temps, au Conseil... :
 
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L'Armement du Chevalier

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