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 Le Tournoi de la Féria de CatharieVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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ASTRABELL
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MessageSujet: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Mar 7 Mar 2006 - 1:39

L'annonce de la victoire d'Aymeric de Fonsegrives au Tournoi de Bastogne avait soulevé la liesse générale en Catharie. Toutes les cloches sonnaient, toutes les bandas (petites fanfares de gueux célèbres tout autant pour l'ambiance festive qu'elles dégagent que pour les hectolitres d'apéro qu'elles ingurgitent) répètaient leur répertoire, on saignait les cochons à tour de bras en vu des banquets qui se préparaient, des dizaines de tonneaux de Madiran étaient mis en perce, le Corbières coulait à flots, et les vieilles bouteilles d'Armagnac sortaient de leurs caves. Chacun s'affairait dans l'allégresse afin que tout soit prêt pour les festivités colossales destinées à célébrer dignement l'événement de la victoire du Champion de Catharie et de ses épousailles avec Dame Marie de Bastogne.

Evidemment, le Seigneur Uranus de Bastogne, oncle et parrain de Damoiselle Marie et son épouse Dame Véronique seraient les invités d'honneur de la Féria de Catharie, et un grand tournoi serait organisé à cette occasion.

Des dizaines de messagers sillonnaient déjà les routes (et les cieux) de Bretonnie, porteurs de la grande nouvelle : le tournoi est ouvert à tous ceux, quelle que soit leur race ou leur allégeance, qui se jugent assez forts pour l'emporter. Le vainqueur recevra en récompense une réplique du Bouclier de Brennus détenu depuis des décennies par la lignée des Comtes de Catharie (certains marchands Tiléens prétendent même que cette réplique, forgée par les meilleurs artisans Nains de la Forteresse de Karak-Lakaz, située au coeur des Voûtes, aurait les mêmes propriétés magiques que l'original. Mais il faudrait être stupide comme un Troll pour prendre pour argent comptant les boniments d'un marchand Tiléen ...). Quoi qu'il en soit, le vainqueur aura fière allure lors de ses futurs tournois lorsqu'il arborera ce magnifique bouclier, symbole de son habileté de jouteur. Et le prix subsidiaire (3 chariots bourrés à craquer de fûts d'Armagnac hors d'âge) a de quoi en allécher plus d'un ... On murmure qu'un émissaire du Baron de Havras serait déjà en route pour Pinsaguel, la capitale du Comté de Catharie !




Le Conseil des Capitouls, réuni à a demande du Comte, avait chargé Maître Berdoulat de l'organisation du tournoi. Il faut dire qu'en tant que Capitoul Chef de la Guide de Blood Bowl de Catharie, Berdoulat était rompu à ce genre d'exercice : le célèbre Stade Catharien, maintes fois Champion de Bretonnie, était la meilleure équipe de Blood Bowl de tout le Royaume (d'aucuns allaient même jusqu'à dire du Vieux Monde !), et recevait régulièrement des équipes venues des quatre coins du continent, et même d'au-delà. Il savait donc mieux que quiconque comment il convenait de traiter avec tous les "égards" dus à leur rang les hordes de supporters Orques surexcités, aussi bien que les Elfes arrogants, les Skavens couinards ou les momies hautement inflammables ...


Par la fenêtre de son bureau du Capitole, il vit arriver le Prévôt Jacques Rouzouil à la tête d'une petite escouade. Aussitôt, il fit disparaître la bouteille d'Armagnac qui trônait sur la table basse et la plaça bien à l'abri dans son secrétaire, qu'il ferma à clé. Jacouille l'Arsouille, comme toute la ville le surnommait, avait beau être le Prévôt des Gens d'Armes de la Maison du Comte, il était réputé pour avoir le gosier encore plus en pente qu'un Longue Barbe Nain. On n'était jamais trop prudent ...
Quelques instants plus tard, le Prévôt faisait son entrée dans le bureau de Berdoulat.

>> Mes respects, Capitoul Berdoulat.
>> Bien le bonjour, Capitaine. Vous prendrez bien un petit verre ?
>> C'est pas de refus, avec toute cette chaleur, macarel !
>> Je crains de n'avoir qu'un pichet de Fronton à vous offrir, répondit Berdoulat hypocritement.
Jacouille avala son gobelet d'une seule lampée et claqua la langue d'un air satisfait.

<< Que me vaut le plaisir de votre visite, Capitaine ? >> reprit Berdoulat tout en lui servant un nouveau gobelet.
>> Mes hommes me signalent de l'agitation à la Porte Saint-Michel. Il paraît que toute une bande de pèlerins du Graal vient d'arriver. Ils veulent assister au tournoi. Qu'est-ce que j'en fais, moi, de ces locos ?
>> Les ordres du Comte sont d'accueillir tous les spectateurs. Menez-les sous le pont Saint-Michel où ils pourront installer leur campement, et faites leur distribuer de la nourriture. Je vous accompagne : ils ne sont pas venus par hasard, il y a gros à parier que nous allons avoir la visite d'un Saint-Vivant. Et prenez trois douzaines d'hommes avec vous, au cas où il faudrait les convaincre de laisser leur idole tranquille ...




Une heure plus tard, les "explications" des Gens d'Armes ayant été convaincantes, Berdoulat accueillait son premier concurrent, un noble Chevalier du Graal accompagné d'un fort parti de gueux.

>> Je suis Gauvain d'Orcadie et je viens participer au Tournoi de Catharie.
>> C'est un grand honneur pour moi que de vous souhaiter la bienvenue à Pinsaguel au nom de Comte de Catharie, Messire. Permettez-moi de vous accompagner jusqu'à vos appartements. Souhaitez-vous que certains de vos gens vous accompagnent, pour votre service ? Les autres iront aux écuries des Arènes, les paillasses y sont confortables. Evidemment, il faudra qu'ils fassent un peu attention aux taureaux de la Féria, mais ça leur fera un bon entraînement pour le jour du lacher de taureaux dans les rues ! Le tout est qu'ils prennent garde à ne pas nous les abîmer, on a déjà vu des taureaux se casser une corne en embrochant un gueux ou deux !

Cette boutade déclencha l'hilarité dans les rangs des Gens d'Armes mais sembla laisser de marbre le Chevalier du Graal.

>> Sachez, Monsieur, que si vous étiez noble, je vous aurais provoqué en duel pour de tels propos. Mes gens m'accompagneront tous et vous les traiterez avec dignité. Tenez-vous le pour dit.
>> Je ... euh, très bien, Messire, il sera fait comme vous le désirez, bredouila Berdoulat, rouge comme un verre de Madiran.

Voilà qui commence bien, songeait-il. Un Chevalier du Graal qui semblait considérer les gueux comme des êtres humains, j'aurai vraiment tout vu dans ce métier ...




Le soir même, on vint informer Berdoulat qu'un nouveau concurrent s'était présenté à la Porte de la Barrière de Couronne, fermée à cette heure tardive. Il s'y rendit en toute hâte, tout en se demandant qui pouvait bien arriver aussi tard.

Un Chevalier solitaire attendait devant la porte fermée, silencieux et immobile sur son destrier. Son armure et le caparaçon qui recouvrait entièrement sa monture étaient d'un noir de jais. On ne pouvait voir son visage car il avait conservé son heaume, noir également. Seul son écu portait les armes de Moussillon. L'apparition avait quelque chose d'effrayant, et c'est d'une voix mal affirmée que Berdoulat demanda au mystérieux visiteur qui il était.

>> Je suis Archibald de Moussillon, nul ne m'a encore vaincu en tournoi et je suis venu remporter celui-ci, répondit-il d'une voix grave et posée.

<< Le Chevalier Noir !>> songea Berdoulat en réprimant un frisson d'effroi. Il en avait souvent entendu parler, mais avait toujours pensé que ce n'était qu'une légende. Et pourtant, il était là ... Il fit signe aux gardes d'ouvrir la porte et descendit du rempart pour accueillir son visiteur.

>> C'est un grand honneur pour moi que d'accueillir un jouteur aussi renommé que Votre Seigneurie au Tournoi de Catharie. Je vais vous faire mener jusqu'à vos quartiers. Soyez le bienvenu, Messire.

Il donna l'ordre de refermer la porte et dépêcha une escorte de deux gardes pour accompagner le ténébreux chevalier, toujours en selle, et qui n'avait toujours pas retiré son heaume. Il fut soulagé de le voir disparaître au coin de la rue, comme si sa seule présence avait suffi à le mettre mal à l'aise. A cet instant, un vol de chauve-souris survola les remparts, le faisant sursauter. Bon, il est grand temps d'aller dormir, songea t'il. Demain sera une rude journée ...




Le lendemain, hissé sur un destrier à la couleur douteuse, couvert d'un tabard reprisé à bien des endroits, ce chevalier à l'écu gueule et aux cheveux longs vint, par hasard (?), en ces terres bien administrées qu'étaient celles de Catharie.

Près de lui clopinait une mule rabougrie à l'oeil vif. Perché dessus, marmonnant dieu sait quelle horreur, un nain à la barbe patriarcale et à l'armure de bric de broc. Une immense hache l'équipait et une pipe au foyer impressionnant l'occupait.
>> Mais qu'est-ce qu'on fout ici, Cyrill ? T'en as pas marre de prendre des nions et de finir les quatre fers en l'air ? Perso, j'en ai ras le casque de réparer ta foutue armure avec pour toute forge celle d'un minable hameau de Bretonnie ...
>> Tout d'abord, tu n'as plus de casque depuis notre rencontre avec ce minotaure.
>> Gniark gniark gniark, je te dis que je l'aurai eu sans ton aide ...
->> Effectivement ... dans une autre vie, non ? Puis-je te rappeler que ma "foutue" armure fut forgée par un nain grognon répondant étrangement au nom de Grimbus et tout cela pour feu mon trisaïeul le bien aimé Clothaire de Couzon ?
>> C'est pas une raison pour me le faire regretter à chaque fois que tu participes à ces jeux stupides. On pourrait plutôt faire des concours à boire, des tournois de mangeurs de tartes ou dieu sait quelle bêtise avec un arc et des flèches. Mais se foncer dessus sur des destriers de guerre, en armure de plate avec une lance de joute, j'appelle plus ça du sport ...
>> Certainement, Maistre Grimbus, mais c'est Elle qui me l'a demandée : Elle veut pouvoir contempler par mes yeux les vaillants qui ne tarderont pas à arriver ...
>> Alors si c'est Elle ... D'ailleurs quand Elle te visite, tu pourrais éviter de rire comme un puceau dans tes rêves !

C'est sur cette conversation que Cyrill l'Eternel Errant parvint enfin en vue de Pinsaguel ...


Grimbus poussa la mule des deux talons et le placide coursier suivit Eskhan et le chevalier. Il poussa un profond soupir, comme bien souvent, entrer dans une ville humaine lui rappelait combien Barak Varr lui manquait. Une vraie cité ça, avec de vrais murs, de vrais artisans et surtout de la vraie bière.

Son soupir devient encore plus profond quand il se souvint que dans ce pays arriéré de la Bretonnie on préférait le jus de raisin à la bière. A l’idée de replonger ses moustaches dans le liquide sombre sans l’ombre d’une mousse généreuse et douce, le nain hocha de la tête pensivement.

>> Regarde Grimbus, les hautes portes de Catharie : ici, Astrabell le Vieux a mis en échec des centaines de barbares nordiques, juste avant que Guerric de Cornil, surnommé le Troll, parvienne avec l’immense foule de ses guerriers pour prendre à revers les félons et ne les massacre !
>> Impressionnant …
>> Tu as de la chance que nous ne soyons pas aussi rancuniers que les tiens …
>> Comment rancunier ? Nous les nains, rancuniers ? Nous n’oublions jamais un affront. Nous, nous sommes des gens honorables pas comme ces tap…
>> Modère ton langage mon cher ami, car en voilà trois.
>> Krummfffffff … Le nain vira au rouge quand il vit deux elfes en goguette qui accompagnaient un barde de leur espèce. Ils passèrent devant lui.

>> Mordriez-vous votre pouce, noble barbu ?
>> Mordre mon pouce ? Parbleu, je ne dis pas que je ne mords pas mon pouce.
>> Vous le mordez donc ?
>> (en aparté) Cyrill, si je leur réponds, la loi est-elle de notre côté ?
>> (en aparté) J’en doute, compagnon, et nous ne sommes pas là pour l’émeute.
>> Messieurs, je n’ai rien à vous répondre. Les vôtres et vous ne comprenez rien à l’affaire.
>> Est-ce une insulte par Isha ?
>> C’est ce que vous en voudrez comprendre par Grunnir !
>> Par Orion, ce poilu nous cherche les crosses ! Et il mord toujours son pouce !
>> Par la Dame, veuillez reprendre vos paroles aussi vite qu’elles furent vomies car vous n’insulterez pas mon armurier et ami par devant moi, Cyrill, chevalier de la Sainte Confrérie des Errants, fils de feu Théodoron second du nom, duc de Couzon.
>> Menaceriez vous l’équilibre de la paix par Khaine ?
>> J’en doute, nous sommes ici pour le tournoi …
>> … et sûrement pas pour amuser quelques galopins à longues oreilles. Vous tétiez encore le sein flétri de votre mère que je forgeais déjà des armures. Il n’y a aucun intérêt à nous battre avec vous. Il n’y a nulle gloire à vaincre sans périls.
>> Sans périls ? Là, c’est une insulte ! L’elfe dégaina son épée avec grâce et rapidité juste avant de recevoir un coup de l’antérieur gauche de la mule et de se retrouver les quatre fers en l’air dans la boue de la rue.

>> Vous l’excuserez : elle n’aime guère les armes blanches. Si vous voulez bien nous laisser continuer maintenant …
<< Bougez d’un pas et c’est le dernier ! >>, répondit le second Elfe qui avait bandé son arc.
>> Une flèche pour m’arrêter ? Couard, pleutre … elfe !!! Ma hache va vous débarrasser de cet appendice dont vous faîtes si mauvais usage : la tête !
<< VINGT DIEUX LE GUET DU COMTE !!! >>. Cette exclamation anonyme fût suivie d’un bruit de ferraille. Le Guet était là : dix huit clampins armés de bric et de broc : une lance ici, une pique par là, deux hallebardes, un attrape coquin, deux fourches, une égoïne, un râteau … Comme partout ailleurs en Bretonnie, le Guet avait cet air de paysannerie aiguë. La Bretonnie n’avait jamais compté que sur la vaillance de ses chevaliers. Le plus gras et le plus moche des gueux qui maniait un fauchon rouillé et portait les couleurs de Catharie prit la parole :

>> Est-ce une querelle ?
>> Une querelle avec ces chiens à longues oreilles ? Non, tout au plus, du dressage !
>> Cessez les insultes espèce de barbu à la taille contrariée !
>> Voyez ! Ils ne comprennent rien à notre langage, Monsieur le Prévôt !
>> Le Comte a dit que les bagarres étaient interdites. Et si c’est le Comte qui l’a dit, c’est la loi !
>> Diantre, ami Grimbus, excusez-vous et nous sommes quittes !
>> M’excuser ?! S’excusent-ils d’exister, non ? Bon alors…
Les Elfes manquèrent de s’étrangler devant la pique. Celles des paysans les retinrent. Cyrill prit les rênes de la mule pour la faire avancer et sous le regard incrédule des Elfes, partit avec son armurier qui mordait toujours son pouce. Qu’il est bon d’être chevalier en ses terres, c’est beaucoup moins dur que prophète …

Le prévôt eut un petit sourire : « Et vous avez quelque chose à déclarer, messieurs les Elfes. Si vous voulez bien mettre vos mains contre le mur … ».
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ASTRABELL
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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Jeu 9 Mar 2006 - 2:14

Berdoulat s’écroula dans le fauteuil de son bureau et s’accorda quelques instants de repos avant de sortir la bouteille d’Armagnac hors d’âge de sa cachette et de s’en servir une généreuse rasade. C’est qu’il avait bien besoin d’un petit remontant pour se remettre de ses émotions : ce matin, il avait bien failli périr écrasé par une charge improvisée des Cadets de Catharie ! Dès que ces jeunes écervelés avaient eu vent de la présence en ville de leur idole, le célèbre Eternel Errant, ils s’étaient précipités à sa rencontre dans une sorte de course folle à qui serait le premier à le rencontrer et à avoir l’honneur de lui offrir l’hospitalité pour la durée du tournoi. Dans leur cavalcade impétueuse à travers les artères sinueuses de la ville fortifiée, tous ceux qui s’étaient trouvés sur leur chemin n’avaient dû leur salut qu’à leur capacité à se mettre prestement hors du chemin des jeunes exaltés. Berdoulat lui-même avait frôlé la mort de près, seuls les vieux réflexes datant de sa jeunesse lui avaient permis d’éviter le pire. Comme quoi les lâchers de taureaux en pleine ville avaient quand même du bon ! Enfin, il y avait eu plus de peur que de mal, et tout était rentré dans l’ordre après que Cyrill l’Eternel Errant eut, en grand seigneur, décrété qu’il logerait tous les jours chez un nouveau Cadet. L’affaire s’était terminée par de grandes embrassades et une série de tournées générales à la Taverne du Père Léon. En définitive, on n’avait eu à déplorer qu’une douzaine de gueux estropiés, dont seulement la moitié gravement. Des broutilles …


Alors qu’il se laissait aller en arrière dans son fauteuil pour goûter aux délices de la dégustation d’un Armagnac exceptionnel, il manqua de s’étrangler avec le précieux breuvage.

>> Maître Berdoulat-lat ?
<< Co … Comment êtes vous entré ? >> bredouilla Berdoulat qui s’était dressé d’un bond pour faire face à l’intrus qui venait de surgir brusquement dans son dos, comme sorti tout droit du néant. De surprise, il avait renversé son verre sur le sous-main de son bureau.
L’individu de petite taille se tenait à présent devant lui, entièrement emmitouflé dans une longue cape noire ne laissant entrevoir que deux grands yeux luisants au regard à la fois perçant et sournois.
>> Mais par la porte-porte, bien sssûr.
>> C’est impossible, elle est fermée à clé !
>> Ouverte, fermée, css’est pareil-pareil. Je viens m’inssscrire pour le tournoi-noi.
<< Euh … mais, certainement, à qui ai-je l’honneur ? >> se reprit Berdoulat, qui retrouvait instinctivement ses réflexes professionnels.
>> Je sssuis Heskit le Rapace, du Clan Eshin.

Un assassin Skaven ! Berdoulat en eut un frisson de terreur rétrospective en réalisant l’identité de son mystérieux visiteur. Mais il n’en laissa rien paraître, et c’est d’une voix bien maîtrisée qu’il reprit :

>> Et bien, je vous souhaite la bienvenue au Tournoi de la Féria de Catharie, Messire Heskit. Je vais vous faire accompagner jusqu’à votre cell… euh, votre appartement. Nous en avons de très confortables dans les sous-sols du donjon …
>> Css’est inutile-tile. Ne vous donnez pas cette peine, j’ai déjà trouvé un abri-bri.
<< Si, si, j’insiste, Messire ! >> rétorqua Berdoulat tout en se retournant pour saisir la clochette permettant d’avertir le garde de faction devant sa porte. Celui-ci entra au bout d’un instant.
>> Garde, veuillez faire escorter Messire Heskit jusqu’à ses … quartiers du troisième sous-sol du donjon.
>> Qui ça, Capitoul Berdoulat ?


Berdoulat se retourna. Le bureau était vide …




Le lendemain matin, Berdoulat attendait son prochain concurrent à la tête d’un comité de réception composé d’un régiment de lanciers de la Maison du Comte au grand complet, sous les ordres du Prévôt Jacques Rouzouil, encore (à peu près) à jeun à cette heure matinale, d’un fort contingent de la Milice de Pinsaguel et d’au moins 300 archers postés sur les remparts, sans compter les deux trébuchets qu’il avait fait placer en batterie, juste au cas où …


Il faut dire que depuis 24 heures, un afflux massif de gueux en provenance du Comminges avait fait craindre une invasion Orque. Mais les écuyers montés du Comminges, envoyés en reconnaissance, avaient rapporté que cette horde était en fait celle d’un Seigneur Orque Noir qui avait fait connaître son intention de <<’klater la têt’ des z’om au tournoi d’Katary>>.


Bien qu’elle soit encore à une demi lieue des portes de la ville, la meute de « supporters » Orques était déjà nettement visible grâce aux nuages de poussière qu’elle soulevait sur son passage, et surtout audible tant les beuglements (les chants ?) qu’elle émettait étaient forts. Sans parler de l’odeur …


Quelques minutes plus tard, Berdoulat comprit l’origine de toute cette poussière (et de la puanteur !). Elle provenait de la course effrénée à laquelle se livrait une bonne cinquantaine d’Orques montés sur des sangliers géants. Instinctivement, les lances des Gens d’Armes de la Maison du Comte se tendirent à l’horizontale en direction des sangliers, et quelques centaines d’arcs se bandèrent à l’unisson. Mais Berdoulat leva le bras pour faire signe aux archers de retenir leur tir et les sangliers s’arrêtèrent de justesse à quelques mètres des lances, dérapant sur la route caillouteuse et se bousculant à qui mieux - mieux dans une pagaille indescriptible. Un gigantesque Orque Noir qui se trouvait en première ligne, perché sur un char, hurla alors dans leur direction, couvrant le vacarme des sangliers qui grognaient pour protester contre les vigoureux coups de trique que leur infligeaient leurs cavaliers pour les empêcher de charger, et les beuglements des Orques qui s’apostrophaient entre eux, apparemment près à en venir aux mains.


>> C’est ici k’on s’fritt’ la guel’ au tournoi d’Katary ?
>> Oui, Messire, répondit Berdoulat, c’est bien ici. Souhaitez-vous participer ?
>> Nan ! J’vais pas partis’per, j’vais gagner !
Cette affirmation déclencha une tempête de cris gutturaux dans les rangs Orques. << Ki k’sest ki gagn’ ? La Waaagh Gutlag ! >> scandait la horde de supporters Orques.

>> Fort bien, Messire Gutlag. Soyez le bienvenu au Tournoi de la Féria de Catharie. Nous allons vous escorter jusqu’à vos quartiers situés dans les faubourgs, non loin de la grande porcherie de la Belle Chaurienne …




Une heure plus tard, les Orques prenaient possession de la porcherie qui leur tiendrait lieu de résidence pour la durée du tournoi, sous l’œil attentif de la garde renforcée qui avait été chargée de les surveiller. Tandis qu’ils parquaient leurs montures dans les enclos entourant la porcherie à grands coups de bottes ferrées, une ombre gigantesque obscurcit le ciel pendant quelques instants, déclenchant un mouvement de panique parmi les sangliers. Les choses rentrèrent cependant rapidement dans l’ordre, non sans que quelques Gobs se soient fait étriper au passage par les montures de leurs maîtres, et que les deux ou trois d’entre elles qui avaient réussi à s’échapper de l’enclos ne soient promptement transformées en porcs-épics par les archers. << Hil de put’ ! va y’avoir du civet de Sanglier au Corbières au prochain banquet, Mille diou ! >> jubila Jacouille l’Arsouille, tout en s’envoyant une rasade de Madiran pour ponctuer l’événement.




Berdoulat leva la tête et comprit ce qui avait effrayé les bêtes à demi sauvages : les Messagers Ailés du Comte, les missi dominici comme on les appelait, rentraient de mission. Les Pégases décrivaient de grands cercles en planant dans le ciel, tout en perdant de l'altitude. Ils se posèrent avec grâce sur le Pégasodrome de Francazal, situé non loin de là. Les Chevaliers descendirent de leurs montures ailées et retirèrent leur heaume, qu'ils placèrent sous un bras. Chaque Chevalier Pégase fit alors le tour de sa monture, la flattant de sa main libre et inspectant minutieusement les ailes et la croupe de l'animal, afin de s'assurer qu'il n'avait subi aucune blessure, avant de confier les rênes aux rampants, les seuls gueux autorisés à approcher les pégases, et qui avaient la charge de les soigner et de les bichonner. Berdoulat avait souvent eu l'occasion d'observer ce rituel immuable, et il s'aperçut soudain qu'il y avait quelque chose d'inhabituel aujourd'hui : les Chevaliers Pégases n'étaient pas trois, mais quatre. Il reconnut à ses armoiries leur Champion, Hennaque de Montaudran, qui se dirigeait à présent dans sa direction, accompagné d'un autre Chevalier. Berdoulat s'avança à leur rencontre.


>> Mes respects, Messire Hennaque.
>> Bien le bonjour, Maître Berdoulat. J'ai l'honneur de vous présenter Messire Aldebald le Majestueux que nous avons rencontré au Tournoi de Havras, que Marty de Montségur a été à deux doigts de remporter. Messire Aldebald vient participer au Tournoi de la Féria.
>> Le résultat de Messire Marty est une bonne nouvelle ! Et c'est un grand honneur pour le Tournoi de la Féria de Catharie que de compter un Chevalier Pégase parmi les participants. Permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue au nom du Comte Raymond, Messire Aldebald. Etes-vous originaire de la Baronnie de Havras ?
>> En effet, répondit Aldebald, le Baron de Havras attache une importance particulière à votre tournoi, et m'a chargé de lui ramener le prix. Et je compte bien ne pas le décevoir !
>> Que la Dame soit avec vous, monseigneur ! Je vais vous faire accompagner à vos appartements.
>> Inutile, intervint Hennaque de Montaudran, Messire Aldebald nous fait l'honneur d'accepter l'hospitalité des Chevaliers Pégases.
>> Il sera fait selon vos désirs, messires.


Berdoulat jugeait plus diplomatique de ne pas insister. Il savait qu'il existait une solidarité toute particulière entre les Chevaliers Pégases, qui constituaient une sorte de caste à part au sein de la chevalerie Bretonnienne. Les Chevaliers Pégases se considéraient déjà comme supérieurs aux Chevaliers ordinaires, alors que dire de lui-même, simple roturier ...
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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Dim 12 Mar 2006 - 3:07

Alors que les Chevaliers Pégases s’en retournaient vers leur base, l’attention de Berdoulat fut attirée par un grand vacarme en provenance de la porcherie de la Belle Chaurienne.


<< Que se passe t’il encore ? >> grinça Berdoulat, agacé.
<< C’est les Pèlerins du Graal, Capitoul >> répondit le Prévôt Jacques Rouzouil. << Ils sont en train de se battre avec les Orques. >>
>> Les Pèlerins ? Je croyais que vous les aviez parqué sous le pont Saint-Michel !
>> C’est pas les mêmes. Ceux-là viennent juste d’arriver.
>> Eh bien, qu’attendez-vous pour aller les séparer ? Qu’il y ait une émeute ? Je commence à en avoir assez pour aujourd’hui ! Comme si les Orques ne suffisaient pas, il faut que les Pèlerins s’en mêlent, à présent … Et d’où sortent-ils, ceux-là ?
>> Je crois bien que voilà un autre Saint Vivant qui arrive …


Effectivement, Berdoulat aperçut un groupe de chevaliers qui avançaient sur la route dans leur direction. Ils arboraient des armoiries de sable et d’azur. A leur tête se trouvait un Chevalier resplendissant, qui semblait comme illuminé par une lumière intérieure. Il chevauchait le plus magnifique destrier qu’il ait jamais été donné à Berdoulat de contempler. Celui-ci fut surpris de constater que le Chevalier du Graal semblait diriger sa monture sans même toucher les rênes. Le destrier et son cavalier paraissaient ne faire qu’un, offrant un spectacle plein de grâce.


Après être resté quelques instants admiratif, Berdoulat se reprit et s’avança à la rencontre du groupe de Chevaliers.
>> Je suis Maître Berdoulat, Capitoul de Pinsaguel. Je vous souhaite la bienvenue au nom du Comte de Catharie, messires. Venez-vous assister au Grand Tournoi de la Féria ?
>> Je suis Parcifald de Mordélion, vassal du Comte de Castagne, et je suis venu participer au tournoi, que l’on dit d’un niveau fort relevé.
>> On ne vous a pas menti, Messire Parcifald, nous pouvons nous enorgueillir de compter parmi les participants les meilleurs jouteurs de Bretonnie et d’ailleurs.
>> Voilà qui est parfait ! Il est grand temps que je me mesure à de nouveaux adversaires. De Lyonesse à Bordeleaux, je commençais à avoir du mal à en trouver qui acceptent encore de m’affronter !
>> C’est un grand honneur pour moi que d’accueillir un jouteur de votre trempe, Messire Parcifald. La renommée du Comté de Castagne en matière de tournois et de dressage de destriers vous a précédé jusqu’en Catharie. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire jusqu’à vos quartiers.
>> Passez devant, nous vous suivons. Mais dites-moi, Maître Berdoulat, qu’est-ce donc que ceci ? D’un geste du menton, Parcifald désignait le pugilat géant qui se déroulait en contrebas de la route, devant la porcherie. Les lanciers de Jacouille l’Arsouille et les miliciens avaient le plus grand mal à maîtriser les Pèlerins écumant de haine et à repousser les orques vers leur enclos à bestiaux.

>> Euh … c’est une mêlée, Messire.
>> Une mêlée ?
>> Oui, euh … c’est une tradition locale, pour ainsi dire. C’est comme ça que nous recrutons nos meilleurs joueurs de Blood Bowl. Parmi les survivants, naturellement.
>> Une mêlée pour le Blood Bowl, dites-vous ? Ma foi, ça me paraît une façon très intéressante de se déb… euh, d’entraîner les Pèlerins du Graal entre deux batailles. Il faudra que j’en touche deux mots au Comte Dangorn à mon retour en Castagne …




Le lendemain, Berdoulat fut informé que des galères fantômes remontant la Brienne avaient été repérées en aval de Pinsaguel, arborant un pavillon blanc en signe de paix. Convoqué au Pégasodrome de Francazal, il apprit de la bouche d’Hennaque de Montaudran qu’elles transportaient un puissant Roi des Tombes et sa suite, lequel avait manifesté son désir de participer au tournoi de la Féria. Berdoulat donna des ordres pour qu’un cimetière désaffecté soit aménagé à leur intention …


Deux jours plus tard, il attendait sur les quais de la Daurade en compagnie de son comité de réception habituel. Berdoulat était bien plus nerveux qu’il n’aurait voulu se l’avouer, et les Gens d’Armes de la Maison du Comte semblaient plus pressés de regagner la sécurité des remparts que de tenir leur position. Pour tout dire, sans la présence à la fois sévère et rassurante de Saint Bertrand de Comminges à leurs côtés, il n’est pas sûr qu’il soit resté âme qui vive pour accueillir les Morts-Vivants à leur arrivée. Le Parfait Chevalier était réputé dans toute la Catharie pour la sollicitude qu’il ne cessait de témoigner à l’égard des gens de condition inférieure, et il était de notoriété publique qu’il n’avait peur de rien, comme tous les Chevaliers du Graal. Quand il était avec eux, les roturiers Cathariens étaient littéralement transcendés et devenaient capables des plus grands actes d’héroïsme. C’est donc dans un ordre impeccable qu’ils assistèrent sans broncher au spectacle pourtant peu rassurant d’une horde de squelettes débarquant de leurs galères et s’approchant d’eux en rangs serrés …


La colonne était menée par une momie recouverte de bandelettes. Elle s’arrêta à deux mètres à peine des lanciers et resta immobile et silencieuse, ses orbites vides semblant fixer chaque Bretonnien jusqu’au fond de son âme. Pour dissiper le malaise grandissant, Berdoulat, encouragé par un hochement de tête amical de Saint Bertrand, s’éclaircit la voix et dit :

>> Au nom du Comte de Catharie, je vous souhaite la bienvenue au Grand Tournoi de la Féria, Votre Seigneurie. Puis-je savoir à qui nous avons l’honneur ?


La momie ne lui accorda même pas un regard et resta impavide. A ses côtés un Prêtre Liche se mit à entonner une sorte de litanie d’une voix monocorde. Il fallut quelques instants à Berdoulat pour réaliser qu’il comprenait les paroles et que le Prêtre Liche était en train de lui répondre.

>> … et ainsi il est dit que le Grand Khemriskhara, Quatrième du Nom, était un grand jouteur. Et ainsi il est dit que le Grand Khemriskhara, Quatrième du Nom, organisait en son Royaume de somptueuses joutes. Et ainsi il est dit que les combattants du monde entier y accouraient tant l’honneur était grand d’y participer. Et ainsi il est dit que le Grand Khemriskhara, Quatrième du Nom, fit construire une gigantesque arène pour que s’y déroulent des joutes pleines de magnificence. Et ainsi il est dit que le Grand Khemriskhara, Quatrième du Nom, participait lui-même aux joutes. Et ainsi il est dit …


La litanie interminable continuait à se dérouler inexorablement, et Berdoulat commençait sérieusement à se demander s’il allait parvenir à ne pas s’endormir avant la fin ! Mais rien ne semblait pouvoir arrêter le flot ininterrompu des paroles psalmodiées sur un ton monocorde et soporifique. Berdoulat poussa un profond soupir et prit son mal en patience. Au bout de dix interminables minutes, la diarrhée verbale cessa aussi brusquement qu’elle avait commencé.


On a compris, pensait Berdoulat, Môssieu Khemriskhara aime les tournois et vient s’inscrire à celui de Catharie. Pas besoin d’en faire un roman !

>> C’est un grand honneur pour le tournoi de la Féria de Catharie que d’accueillir un Seigneur de si haut lignage parmi les concurrents. Permettez-moi de vous escorter jusqu’aux quartiers que nous vous avons réservés et qui, je l’espère, seront à votre convenance …
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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Mar 28 Mar 2006 - 1:06

De retour du cimetière situé dans les faubourgs, l’attention de Berdoulat fut attirée par un attroupement de gueux devant la porte Saint-Michel. Il semblait y avoir beaucoup d’agitation joyeuse, on entendait des éclats de rire et de nombreux enfants accouraient comme pour profiter d’un spectacle gratuit.
« Que se passe t-il ? » demanda Berdoulat au planton de garde en faction devant la porte.
« J’crois bien que c’est un cirque, Capitoul. »
« Un cirque ? Il ne saurait en être question ! Nous avons d’autres chats à fouetter pendant la Féria. Chassez moi donc tout, ça. Ils n’auront qu’à revenir après la fin du tournoi … »
« C’est que … y’en a justement un qui dit qu’il vient pour y participer, au tournoi. »
« Je serai curieux de voir ça ! ». Berdoulat se fraya un chemin dans la foule agglutinée à l’extérieur de la porte, aidé de Jacouille l’Arsouille et de quelques-uns de ses Gens d’Armes qui lui firent de la place sans ménagement.

L’objet de l’attraction improvisée était constitué d’un groupe de petites créatures verdâtres à l’allure cocasse. Leurs nez démesurés et leurs tenues composées de bric et de broc amusaient visiblement la marmaille qui les prenait pour des clowns. Au beau milieu de ce rassemblement drolatique se trouvait un gigantesque animal que la foule avait pris pour un élément de la ménagerie de ce cirque ambulant. Berdoulat réalisa qu’il ne s’agissait pas d’un de ces Olifants qu’il avait déjà eu l’occasion de voir lors d’un récent passage à Pinsaguel du Grand Cirque de Gavarnie, le plus célèbre de Catharie. Non, l’étrange animal couvert de fourrure avait un air peu engageant avec sa gigantesque corne au milieu du front et cette façon de renâcler sans cesse en grattant le sol du pied comme un taureau prêt à charger.

Pas très rassuré, Berdoulat se demanda pourquoi la foule semblait autant s’amuser devant ce monstre passablement effrayant, avant de comprendre que ce n’était pas le monstre mais ce qu’il y avait dessus qui faisait rire les badauds. Perché sur le dos de l’animal se trouvait un howdah réalisé avec tout un tas de matériaux hétéroclites et qui ne semblait tenir que par miracle. Au centre du howdah trônait un personnage haut en couleur. Il ressemblait aux petites créatures chafouines qui gravitaient autour de lui, mais était plus grand et surtout beaucoup plus bedonnant. Il essayait de se donner l’air important et ne parvenait qu’à avoir l’air encore plus ridicule dans sa tenue dépareillée aux couleurs criardes, le front ceint d’un turban trop grand pour lui décoré d’un morceau de verre rouge qui ressemblait autant à un rubis qu’un gueux pouilleux ressemblait à un Duc … Il portait également autour du cou un collier fait de dents d’une créature inconnue, mais qui devait être gigantesque au vu de sa dentition. Le personnage était avachi sur un grand coussin tout rapiécé qui avait dû être splendide deux ou trois siècles auparavant, en essayant vainement de se donner des airs de grand Seigneur.

Contenant difficilement son hilarité, Berdoulat apostropha le bouffon malgré lui :
« Je suis le Capitoul Berdoulat, chargé de l’organisation du Tournoi de la Féria de Catharie. Que venez-vous faire ici ? »
« Je suis le Grand Nabab Bembih Kasnoissek, Tyran de la Tribu Gnoblar des Kasnoissek, et je suis venu participer au tournoi. », répondit le petit ventripotent d’une voix de fausset qui achevait définitivement de lui donner l’air ridicule. Berdoulat dut se mordre les lèvres jusqu’au sang pour ne pas éclater de rire.
« C’est que ce tournoi est de très haut niveau. Puis-je respectueusement vous suggérer de tenter votre chance à la Novillada que nous organisons au printemps ? »
« Il n’en est pas question ! Je suis venu de très loin pour remporter ce tournoi. Quand je rentrerai chez moi, toute ma tribu saura que je suis l’égal du Tyran Grundark ! » se pavana le poussah.
« Le Tyran Grundark ? Celui-là même qui a remporté le Tournoi de Havras ? Vous le connaissez donc ? » s’étonna Berdoulat.
« Et comment ! Nous sommes du même clan ! Nous sommes pour ainsi dire comme des frères. » se vanta Bembih.
Berdoulat doutait fortement de cette dernière affirmation. Cependant, si une occasion se présentait de donner une bonne leçon à cet empoisonneur de destrier qui avait volé la victoire au légendaire Marty de Montségur, ne serait-ce que par procuration, il n’allait pas la laisser passer ! Tu veux participer au tournoi, eh bien tu vas être servi mon petit bonhomme …, se dit-il in petto.

« Dans ce cas, c’est différent. Nous serons ravis d’accueillir un parent du fameux Tyran Grundark dans notre tournoi. Permettez moi de vous souhaiter la bienvenue à Pinsaguel de la part du Comte de Catharie, Messire Bembih. Je vais vous faire accompagner à vos quartiers situés dans les écuries des Arènes. Soyez assuré que nous vous réserverons un traitement spécial, en rapport avec votre réputation … ».




Une fois les Gnoblars parqués dans les écuries des Arènes et les consignes données pour qu’un fort contingent de la milice surveille étroitement les faits et gestes de ces petites pestes, de jour comme de nuit (Berdoulat n’avait pas du tout l’intention de laisser se répéter le triste épisode de l’empoisonnement du destrier de Marty de Montségur …), le Capitoul s’apprêtait à rentrer chez lui. Jacouille l’Arsouille fit alors son apparition, suant à grosses gouttes sous le soleil estival de Catharie.
« Ah ! Capitoul Berdoulat, je vous trouve enfin ! », s’exclama le Prévôt tout essoufflé.
« Eh bien, me voilà ! Qu’y a-t-il, Capitaine ? »
« Y’en a encore un, Capitoul ! »
« Un … quoi ? »
« Ben … un zoo ambulant qui veut participer au tournoi ! »
« C’est vraiment la journée … » soupira Berdoulat. « Allons-y … »


De retour devant la porte Saint-Michel, Berdoulat n’aperçut pas d’attroupement de badauds, mais une petite troupe hétéroclite composée de cavaliers, d’Orques et … de Nains ? Cela lui sembla bien étrange. Il passa par la poterne de la barbacane pour gagner l’extérieur des remparts en compagnie du Prévôt et d’une petite escorte de Gens d’Armes. Une fois dehors, il comprit sa méprise : les cavaliers étaient en fait des créatures étranges comme il n’en avait jamais vu, mi-homme mi-taureau ! Les Orques ressemblaient en fait plutôt à des Gobelins de grande taille, et les Nains avaient un air mauvais dans leurs armures sombres et bizarres. Le plus grand des Centaures-Taureaux était vraiment impressionnant, sa taille dépassait celle d’un Chevalier monté et sa puissante musculature dégageait une aura de force bestiale à l’état brut. Il s’approcha de Berdoulat en faisant claquer ses sabots sur les pavés de la route, aussitôt suivi par toute la horde.

« Je suis le Seigneur Gor-Turak, au service du Haut Seigneur Gazrak Ashrot, Maître de la Forteresse noire de Kuroth, Seigneur des Gouffres Orientaux et Tyran des Steppes d'au-delà des Montagnes du Bord du Monde. Mon maître m’a envoyé ici pour affronter les meilleurs combattants de votre pays et les capt… vaincre tous. »

« Soyez le bienvenu au tournoi de Catharie, Messire Gor-Turak. Votre désir d’affronter les meilleurs combattants sera comblé, j’en suis certain. Je vais vous accompagner jusqu’à vos quartiers situés en périphérie de la ville. J’ose espérer que vous les trouverez à votre goût. Il s’agit des anciens abattoirs de la Belle Chaurienne, forts bien pourvus en écuries … »
« J’espère que la compagnie des Orques ne vous est pas trop déplaisante, car vous serez voisins … » ajouta t-il en lançant un regard en coin aux Nains du Chaos.

« Au contraire » répondit Gor-Turak d’un ton égal. « Nous avons perdu pas mal d’esclaves Hobgobelins au cours de notre longue route. Je serai ravi de reconstituer un peu mon stock … ».




Enfin rentré chez lui à la nuit tombée, Berdoulat s’accorda un moment de repos bien mérité après cette longue journée en sirotant un délicieux Armagnac hors d’âge au coin du feu. « Quelle journée ! » songeait t-il, que de créatures étranges avait t-il rencontré aujourd’hui … Rhinox, Gnoblars, Centaures-Taureaux, Hobgobelins, Nains du Chaos, autant d’espèces exotiques dont il ne soupçonnait même pas l’existence. Décidément, la renommée de la Féria de Catharie s’étendait jusqu’aux confins du Vieux Monde !

Il fut interrompu dans sa rêverie par le son de la cloche de la porte d’entrée. Quelques instants plus tard, la servante annonça que le Capitaine Jacques Rouzouil demandait à lui parler.
« Qu’il entre … », soupira Berdoulat d’un air résigné. Il s’attendait à trouver le Prévôt dans un état d’ébriété avancé, vu l’heure tardive, mais fut surpris de lui trouver un air préoccupé. Son teint habituellement rougeaud, voire cramoisi à cette heure de la nuit, était d’un rose pâle de mauvais augure.

« Toutes mes excuses, Capitoul, je sais qu’il est très tard, mais nous avons un autre candidat.»
« A cette heure ! J’espère que ce n’est pas encore une nouvelle ménagerie exotique ! »
« Oh non, pour sûr ! Ceux-là, on ne les connaît que trop bien, hélas … »
« Eh bien, allons-y et qu’on en finisse ! J’aimerais bien dormir tout de même un peu cette nuit … »
« Euh … sans vous commander, Capitoul, vous n’auriez pas quelques gousses d’ail à la cuisine ? » …


C’était l’effervescence dans le poste de garde de la Porte des Minimes. Des sentinelles courraient dans tous les sens en s’interpellant, tous les feux étaient allumés et la cloche d’alarme retentit, faisant accourir d’autres Gens d’Armes qui sortaient du corps de garde de la bretèche, à moitié débraillés.
« Que se passe t-il ici ? » demanda Berdoulat au chef du corps de garde.
« Nous sommes attaqués par des Morts-Vivants, Capitoul ! Vous ne devriez pas rester ici, c’est dangereux ! J’ai fait donner l’alarme et demandé le secours des Chevaliers, ils vont arriver d’un instant à l’autre. » Le sergent était blanc comme un linge, visiblement dépassé par les évènements, et à deux doigts de céder à la panique. Berdoulat, pas vraiment rassuré lui-même, tenta de le calmer. D’une voix qui se voulait ferme, il répondit :
« Calmez-vous, mon brave ! Les murs de Pinsaguel ne sont pas si faciles à prendre, même pour des Morts-Vivants. Et puis êtes-vous sûr qu’il s’agit d’une attaque ? Je ne vois aucun combat sur les remparts, et pas de coups de bélier contre la porte. Allons jeter un œil, voulez-vous ? »

Sans attendre la réponse, il prit la direction de l’escalier menant au chemin de ronde, bientôt imité par Jacouille l’Arsouille et le sergent, qui suivait visiblement à contre cœur. Le spectacle qu’il découvrit du haut des remparts lui fit dresser les cheveux sur la tête. Un grand carrosse noir attendait juste devant la porte, tiré par des squelettes de chevaux animés. On ne pouvait distinguer ce qu’il y avait à l’intérieur, car des tentures rouge sang occultaient les vitres, mais il se dégageait de ce sinistre véhicule comme une aura de terreur presque palpable. L’aspect lugubre était encore renforcé par la présence d’un cercueil arrimé sur le toit du carrosse. Pour l’heure il était vide et grand ouvert, laissant apparaître un luxueux capitonnage de velours cramoisi. Lorsque Berdoulat réalisa qu’il pouvait voir à travers le cocher, équipé d’un fouet et d’une grande faux, il faillit défaillir : il s’agissait d’un Spectre ! Il dut faire appel à toutes ses forces mentales pour ne pas s’enfuir séance tenante. Se forçant à rester sur place en tentant de retrouver son souffle, il observa l’escorte accompagnant cette horreur : un fort parti de revenants tous plus lugubres les uns que les autres. Ils chevauchaient des squelettes de chevaux caparaçonnés et portaient des armures de plates complètes rouillées. Un instant, alors que les nuages démasquaient brièvement la lune, il crut reconnaître sur un bouclier les armoiries à demi effacées des célèbres Chevaliers du Loup Blanc de Middenheim, mais l’obscurité revint aussitôt. Il secoua la tête, comme pour chasser un mauvais rêve : ses sens avaient dû le tromper, une telle chose était impossible …

Berdoulat resta un long moment immobile à observer le sinistre spectacle de la petite armée Morte-Vivante à l’extérieur des remparts, et constata qu’elle ne semblait pas animée d’intentions hostiles. : les armes étaient au fourreau … Reprenant son contrôle, il s’adressa d’une voix forte aux Squelettes en contrebas.
« Je suis le Capitoul Berdoulat, chargé de l’organisation du Tournoi de la Féria de Catharie. Que venez-vous faire ici à cette heure tardive ? » Pendant quelques secondes, Berdoulat se demanda si quelqu’un l’avait entendu, car il n’y eut aucune réaction. Puis la porte du carrosse s’ouvrit dans un grincement sinistre. Une silhouette de haute taille revêtue d’une armure de plates entièrement noire en descendit. Il retira son heaume, et la lune blafarde éclaira son visage livide déformé par deux gigantesques canines : un Vampire !
« Je zuis Heinrich von Bogenhafen, et je fiens remborter ze tournoi ! » répondit le vampire d’une voix grave teintée d’un fort accent Impérial. « Allez-fous envin vous dézider à ouvrir zette porte ou vais-je devoir l’enfonzer ?! » ajouta t-il d’un ton arrogant.

« Je vous présente toutes mes excuses, Messire Heinrich, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue au tournoi de la Féria, au nom du Comte Raymond de Catharie. Nous allons vous ouvrir les portes et vous escorter jusqu’à votre résidence des anciennes catacombes. Je vous demande seulement quelques instants de patience. »

« Zer gut ! Mais débêjez-fous un beu, ou fous allez abbrendre qu’on ne fait pas addendre imbunément le Komte Heinrich ! » cracha le Vampire tout en montant sur son cauchemar caparaçonné qui l’attendait à côté du carrosse.


Berdoulat tourna les talons et redescendit l’escalier, toujours talonné par Jacouille l’Arsouille et le sergent.
« Vous allez vraiment faire ouvrir les portes ? » demanda le Prévôt incrédule qui serrait nerveusement son chapelet de gousses d’ail.
« Il va bien falloir !» répondit Berdoulat d’un ton cassant, croisant les mains derrière son dos dans une attitude autoritaire, en réalité destinée à dissimuler ses tremblements …
« Les Chevaliers ! Les Chevaliers arrivent ! » coupa le sergent d’une voix surexcitée où perçait un soulagement évident.

Quelques uns des Cadets de Catharie se précipitaient en effet vers eux au grand galop, apparemment impatients d’en découdre et de prouver leur valeur aux yeux de tous. Ils étaient accompagnés de Saint Bertrand de Comminges, au grand soulagement de Berdoulat. Il informa rapidement le Parfait Chevalier de la situation, et celui-ci intima l’ordre aux Cadets de se placer de part et d’autre de la porte, pour faire une sorte de haie d’honneur aux revenants montés. Les jeunes Chevaliers Errants, déçus, obéirent tout de même, tant était grande l’autorité du Saint Vivant. Les gens d’Armes, soudain ragaillardis, ouvrirent grand les portes et la lugubre procession fit enfin son entrée à Pinsaguel …
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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Mer 12 Avr 2006 - 1:28

Une semaine entière s’était écoulée depuis l’arrivée des Dragons de Sang et Berdoulat commençait à désespérer de trouver son dernier concurrent. Le nombre et la qualité des inscrits aurait-il refroidi les ardeurs des jouteurs ? Telle était la question que se posait le Capitoul depuis qu’il était obligé d’employer son temps à régler les nombreux problèmes de « voisinage » qu’occasionnaient la présence en ville de ces concurrents plus ou moins turbulents et, surtout, de leurs supporters …

Pas plus tard que la veille au soir, la milice de Pinsaguel avait interpelé une bande de Gnoblars en pleine action de chapardage. Ces misérables avortons avaient eu le toupet de tenter de forcer les portes de la cave du donjon où étaient entreposés les fûts d’Armagnac destinés au vainqueur du Tournoi. Berdoulat en frémissait encore d’indignation, tant le sacrilège était grand, et se félicitait d’avoir ordonné la surveillance étroite mais discrète de cette bande de coupe-jarrets à la peau verte qui ne lui avait pas inspiré confiance dès le premier abord. Ces misérables ne perdaient rien pour attendre : les taureaux auraient bientôt quelque chose à se mettre sous la corne …

Il en était au point d’envisager de demander à un Chevalier de Catharie de participer au tournoi, au mépris des règles de l’équité qui voulaient que les champions locaux soient exclus des joutes afin de ne pas bénéficier d’un avantage immérité (car il était évident que, de toute façon, la participation d’un Chevalier Catharien n’aurait laissé aucune chance aux autres concurrents …), lorsqu’on lui annonça l’arrivée d’un nouveau candidat.

« Enfin ! La Dame soit louée ! Qu’il entre ! », répondit Berdoulat tout excité au garde de faction à la porte de son bureau. Le jeune homme qui pénétra dans la pièce lui fit l’effet d’un choc. Il se déplaçait avec une fluidité de gestes, une grâce, que Berdoulat n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer chez un être humain. Son visage au teint pâle, d’une beauté presque trop parfaite, renforçait cette sorte d’aura dérangeante de séduction équivoque qui émanait de ce corps aux proportions idéales qui dansait plutôt qu’il ne marchait. Seuls les deux yeux immenses d’un noir si profond qu’ils donnaient l’impression d’observer la surface d’un lac sans fond, contrebalançait cette sensation : ils lui donnaient un regard dur, qui semblait capable de lire jusqu’au fond de l’âme. Plus troublé qu’il n’aurait voulu se l’avouer, Berdoulat se ressaisit.

« Je vous souhaite la bienvenue au tournoi de la Féria de Catharie au nom du Comte Raymond, Messire. A qui ai-je l’honneur ? ».
« Je suis le Seigneur Fenryl de Couronne. Je viens participer à votre tournoi où, m’a-t-on dit, je pourrais affronter et vaincre les meilleurs combattants du Royaume ». Sa voix mélodieuse était comme hypnotique, avec des accents enjôleurs.
« On ne vous a pas menti, Messire ! Vous trouverez ici de bien rudes adversaires à votre hauteur. Quant à ce qui est de les vaincre, je vous promets bien du plaisir ! ».
« J’y compte bien … » répondit Fenryl d’un sourire énigmatique …






Le grand jour de la cérémonie d’ouverture du tournoi était enfin arrivé. Elle se déroulait au Stade des Sept Deniers, en préambule d’un match de Blood Bowl qui devait opposer le Stade Catharien au Stade Bretonnien de Couronne pour le compte de la Coupe de la Guilde. L’événement avait attiré la grande foule et Jacouille l’Arsouille avait le plus grand mal à faire respecter un semblant d’ordre au sein de la horde de spectateurs tentant de pénétrer dans le Stade (avec ou sans billet), tout en faisant surveiller les tire-laines Gobelins (et Gnoblars !) infiltrés dans la foule …

La tribune d’honneur abritait le Comte Raymond de Catharie et son épouse, Dame Astrabelle de Pinsaguel, accompagnés des invités d’honneur de la Féria de Catharie : le Duc Uranus de Bastogne et son épouse, Dame Véronique et les jeunes mariés Aymeric de Fonsegrives et Dame Marie.
Le comte fit un signe de la main et les concurrents commencèrent à défiler un par un dans le stade, déchaînant selon les cas des tempêtes d’applaudissements de la part de leurs supporters ou des sifflets nourris de la part du public Catharien qui n’était pas réputé pour son calme (ni pour son fair-play …).

A l’appel de son nom le Bis Boss Gutlag ne put résister au plaisir de « s’la péter » aux commandes de son char à sangliers qu’il lança « à donf’ la kaiss’ » au mépris des consignes de prudence que Berdoulat n’avait pourtant pas manqué de lui rappeler avant le début de la cérémonie. Emporté par son élan, le char ne put éviter de percuter l’abri protégeant l’entrée de la fosse par laquelle on évacuait les blessés (et les cadavres …) pendant les matchs de Blood Bowl, fauchant au passage un des gueux chargés de la dite besogne. Furieux, le Big Boss’ descendit de son char et acheva le gueux agonisant à grands coups de bottes ferrées pour lui « apprend’ à rayer la peintur’ d’son char !». Avant même que les infirmiers survivants n’aient eu le temps d’évacuer leur infortuné camarade par la fosse, Gauvain d’Orcadie se précipita sur l’Orque Noir et lui infligea une magistrale gifle d’un revers de son gantelet. Il fallut l’intervention musclée d’une compagnie entière des Gens d’Armes de la Maison du Comte pour séparer les deux protagonistes qui menaçaient de s’étriper à mains nues avant même le début du tournoi ! L’Orque Noir, fou furieux, éructait d’une voix tonitruante des « j’vais t’péter la guel’ au tournoi, minab’ !», tandis que le Chevalier du Graal, stoïque, répliquait : « ce sera un plaisir pour moi de débarrasser le tournoi de votre engeance ! ».

Gutlag fit sa sortie sous les huées (et les tomates ou d’autres projectiles encore moins ragoûtants), tandis que Gauvain était acclamé par le public Catharien. On s’enflammait déjà dans les gradins à l’idée que le Stade Catharien pourrait s’attacher les services d’un Chevalier qui semblait avoir tant de dispositions pour le Blood Bowl …



« Parfait » songea Berdoulat, une fois le calme revenu, le match d’ouverture est tout trouvé …




POULE A – PREMIERE JOURNEE


GUTLAG CONTRE GAUVAIN


Le lendemain, après une nuit fort agitée à Pinsaguel, suite à l’écrasante victoire du Stade Catharien sur son homologue de Couronne (comme d’habitude, d’ailleurs …), le tournoi débutait par l’affrontement de Gauvain d’Orcadie et du Big Boss Gutlag au Stade des Sept Deniers. La foule, alléchée par l’incident de la veille, était revenue en masse pour suivre cet affrontement qui promettait d’être encore plus sanglant qu’un match de Blood Bowl, le sport roi en Catharie, avant même les corridas et les joutes.

Alors que Gauvain d’Orcadie passait devant la tribune pour s’incliner devant le Comte et ses invités, Dame Marie, touchée par la noblesse du comportement du Chevalier du Graal la veille, lui lança une boucle de ses cheveux. Gauvain s’en saisit et l’enroula sur la garde de son épée, avant de s’agenouiller pour remercier Dame Marie et adresser une prière à la Dame du Lac. Il fut aussitôt imité par tous les Chevaliers présents dans la tribune, et un calme étrange tomba sur le stade. Même la fanfare Gobeline sembla intimidée par l’intensité de la lumière qui entoura soudain les gradins et cessa sa « musik’ ki fait du boucan ».


A la fois agacé et pas très rassuré par ce qui venait de se passer, Gutlag grimpa sur son char et apostropha Berdoulat : « C’est kan k’on commenc’ ? Va bientôt fair’ nuit, à c’te vites’ là ! ». Le Capitoul adressa un signe à Gauvain d’Orcadie qui se mit en selle et gagna le côté opposé de la lice avec une lenteur calculée pour énerver son adversaire. A peine le signal donné, celui-ci se rua sur son adversaire qui l’attendait, imperturbable. Rendu furieux par cette attitude provocante, Gutlag s’avéra incapable de diriger correctement son char (impact : 2T, 0 blessure. Sans se laisser démonter par cet échec, il sauta au bas de son char et enchaîna par une série de coups d’une rare violence décochés avec son arme lourde. Même la fabuleuse armure de Messire Gauvain fut incapable d’absorber le choc, et le sang coula pour la première fois du tournoi (4T, 3B, 2Svg, 1 PV)). Malgré la douleur, Gauvain répliqua avec brio, sa lame semblant guidée vers les points faibles de son adversaire par une force étrange, alors que la tresse de cheveux enroulée autour de sa garde luisait soudain d’une couleur dorée (3T, 3B, 2Svg, 1Inv). Mais Gork semblait veiller sur son champion, et le dernier coup fut arrêté par une étrange aura verte émanant du casque de l’Orque Noir. Loin de se laisser décontenancer (4 au test de moral), Gauvain repartit de plus belle avec une fort belle passe d’arme qui, cette fois-ci, trouva la faille dans l’armure Orque pourtant super coriace, grâce au pouvoir de sa fabuleuse épée magique qui semblait capable de fendre un roc en deux ! (3T, 1B, 1 PV). Le public salua l’évènement d’un gigantesque Ole ! qui secoua le stade, tandis que les bandas se déchaînaient, faisant passer la fanfare Gobeline pour un aimable orchestre de chambre jouant en sourdine …

Gutlag ne parut pourtant même pas ressentir la moindre douleur et leva sa terrible arme lourde pour la deuxième fois, se heurtant cette fois-ci à l’impénétrable armure de Gauvain, dont le Heaume brillait de mille feux au soleil de Catharie, semblant gêner l’Orque par les reflets qu’il projetait (4T, 2B, 2Svg). Décontenancé, Gutlag parut un instant sur le point d’abandonner le combat, impressionné par l’air terrible du Seigneur d’Orcadie remplissant son devoir de Chasseur d’Orques (7 au test de moral), mais se ressaisit et provoqua son adversaire d’un geste du doigt l’incitant à commettre un acte que la morale réprouve …

Gauvain tenta de faucher le doigt provocateur, mais ne parvint qu’à se heurter en vain au gantelet (2T, 1B, 1Svg). Gutlag, hilare, riposta de son arme lourde, et le Chevalier ne dut son salut qu’à l’intervention divine de la Dame du Lac (3T, 3B, 2Svg, 1Inv.). Encouragé par ce signe, il réussit à nouveau à blesser l’Orque de sa terrible lame enchantée (2T, 2B, 1Svg, 1 PV), déclenchant une nouvelle bronca dans les gradins. Gutlag ne sembla une fois de plus ne même pas s’apercevoir de la profonde entaille par laquelle son sang noir s’écoulait en bouillonnant, et répliqua de plus belle sans résultat. L’armure de Gauvain semblait impénétrable malgré la force phénoménale des coups qu’elle encaissait (3T, 3B, 3Svg). Malgré cela, l’Orque Noir était bien trop enragé pour cesser le combat (4 au test de moral).

Etonné par la pugnacité de son adversaire, Gauvain tenta d’en finir une bonne fois pour toutes mais ne put trouver la faille dans l’armure de son adversaire (2T, 1B, 1Svg). Gutlag en profita pour se jeter sur son adversaire en hurlant un énorme Waaagh ! (3T, 3B, 1Svg, 2 PV !). A la stupeur générale, Gauvain s’effondra lentement, autant assommé par la honte d’avoir manqué à son devoir de chasseur d’Orque que par la violence des coups qu’il venait de recevoir.

Fou de joie (on le comprend !), Gutlag regrimpa sur son char pour entamer un tour d’honneur « triomphal » qui lui permit de récolter suffisamment de légumes pourris pour nourrir toute sa suite de serviteurs Gobelins pendant trois mois …


VICTOIRE DE GUTLAG : 3/2.




CYRIL CONTRE KHEMRISKHARA

Il fallut une bonne demi-heure aux gueux chargés de l’entretien pour nettoyer la lice des détritus divers qui la jonchaient après la prestation de Gutlag. Les deux concurrents suivants firent leur apparition dans le stade, avec un succès partagé auprès du public : le célèbre Eternel Errant déclencha les acclamations des Cathariens et fit tomber en pamoison une bonne demi-douzaine de Cathariennes. Quant à sa Majesté Khemriskhara IV, il fit son entée dans un silence … de mort. Même ses supporters, qui occupaient tout un virage des gradins étrangement déserté de toute présence vivante, restèrent muets comme des tombes …


Après avoir présenté ses hommages à la tribune et adressé une fervente prière à la Dame, Cyrill gagna sa place au bout de la lice en longeant les barrières séparant l’arène du public, récoltant au passage applaudissements et encouragements de la part des chevaliers et un monceau de bouquets de fleurs, boucles de cheveux et autres morceaux d’étoffes diverses de la part des damoiselles …

Le tirage au sort ayant désigné le Bretonnien pour charger le premier, Cyrill s’élança sans hésiter au triple galop en direction de son sinistre adversaire qui l’attendait impavide, le bouclier levé et la lame en garde. Tout être humain ordinaire aurait hésité, voire renoncé, à affronter un aussi terrifiant ennemi, mais rien n’aurait pu empêcher l’Eternel Errant de faire ce qu’il savait le mieux : charger !

Le coup magistral qu’il porta à la momie démontra, si besoin était, que l’Eternel Errant était à la hauteur de sa réputation de jouteur sans égal dans la charge ! (4T, 3B, 3 PV !). Le public Catharien se leva comme un seul homme pour saluer ce coup de maître, ponctué d’un gigantesque Ole !. Sa majesté Khemriskhara IV avait bien piètre allure, embroché sur la Lance de l’Errance comme une vulgaire volaille ! Il tenta maladroitement de riposter tout en tentant de se dégager, mais ne parvint qu’à faire voler en éclat la solide armure de son adversaire d’un coup de sa lame maudite (3T, armure magique détruite, 0 blessure suite à un double 1 !). Cyrill lâcha sa lance magique, encore profondément enfoncée dans le corps de son adversaire, mais n’eut même pas le temps de dégainer son épée : la sinistre magie qui avait ramené le Roi des Tombes à la vie était incapable, devant la violence des dégâts subis par la momie, de maintenir plus longtemps son emprise sur le conglomérat d’ossements et de bandelettes qui lui tenait désormais lieu de corps pour l’éternité … Lentement, la momie se désagrégea en un petit tas de sable, sous l’œil horrifié des spectateurs (résultat de combat :4 PV !). Un grand silence s’abattit sur le stade, rapidement brisé par des hurlements d’horreur au moment où une nuée de scarabées géants surgit du tas de sable pour se jeter sur Cyrill. Il fallut à celui-ci toute la force de son courage pour ne pas succomber d’horreur devant ce spectacle terrifiant (test de Cd dû à la Malédiction RdT : 7 … sur un Cd de … 7 !). Aussi brusquement qu’elle était apparue, la mystérieuse nuée d’insectes sacrés s’évapora en un instant, comme absorbée à nouveau par le petit tas de sable.


VICTOIRE DE CYRILL : 5/0.


Un peu secoué malgré tout par cette expérience éprouvante, Cyrill s’inclina devant la tribune officielle et sortit sous les vivas de la foule.
« Eh bien, Grimbus mon fidèle ami, tu vois que ce n’était pas si terrible … »
« Mouais », grommela le Nain. « Je t’ai déjà dit de faire attention à ces momies ! On raconte qu’elles peuvent tuer même après leur mort !».
« Ne t’inquiète pas, Elle veille sur moi … »
« Elle, toujours Elle … Ce qui est sûr, c’est que c’est pas Elle qui va encore devoir réparer ton armure … ».
« Pas la peine ! », rigola Cyrill. « Je connais un excellent Maître Forgeron Nain qui saura très bien faire ça … ».
« Pas avec le gosier sec, en tous cas ! Elle t’aurait pas dit en rêve où on peut trouver une bonne vieille Bugman dans ce patelin, par hasard ? »…
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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Jeu 13 Avr 2006 - 0:35

POULE B – PREMIERE JOURNEE

PARCIFALD DE MORDELION CONTRE ARCHIBALD DE MOUSSILLON


Il fallut beaucoup de patience aux concurrents suivants pour pénétrer à leur tour dans la lice. Le Prêtre Liche de Khemriskhara IV s’était mis en devoir d’accomplir un long cérémonial alambiqué pour recueillir les restes de son maître et le ramener séance tenante à la non-vie. Berdoulat avait bien tenté de convaincre le sac d’os de poursuivre le rituel dans le cimetière qui leur tenait lieu de résidence, mais c’était peine perdue : arrêter une crue de la Brienne avec une botte de paille aurait été plus facile que d’interrompre le flot inexorable de la litanie hiératique psalmodiée à mi-voix par le Prêtre Liche. Et les Gens d’Armes ne semblaient guère pressés d’intervenir depuis que les Gardes des Cryptes étaient descendus des gradins pour lui servir d’escorte … Jacouille l’Arsouille était d’ailleurs introuvable, s’étant subitement découvert une affaire urgente à régler à la Taverne du Père Léon (une obscure histoire de Nain qui faisait du grabuge pour qu’on lui serve un mètre de Bugman à la place du Madiran …).


En désespoir de cause, Berdoulat décida de faire patienter le public exaspéré en faisant lâcher un taureau sur les trois malheureux Gnoblars qui avaient été pris la veille au soir par la milice en flagrant délit de tentative d’effraction sur la porte menant à la cave où étaient entreposés les fûts d’Armagnac destinés au vainqueur du tournoi. Ce spectacle divertissant fut très apprécié du public connaisseur, ravi d’applaudir le taureau, une fois n’est pas coutume, à chaque fois qu’il encornait un des Gnoblars !


Une fois cet intermède amusant terminé, et les Squelettes ayant enfin libéré la lice, les choses sérieuses reprirent leurs droits et deux Chevaliers firent leur entrée. Le contraste était total entre Parcifald de Mordélion, resplendissant, chevauchant un destrier magnifique et le lugubre Chevalier Noir dont on ne pouvait voir les traits sous le heaume à la visière baissée. Les deux Chevaliers vinrent s’incliner devant la tribune officielle. A la surprise générale, le Chevaler Noir ne descendit même pas de selle, et se dirigea directement vers son côté de la Lice, tandis que Parcifald de Mordélion s’agenouillait pour adresser une prière à la Dame. Cette attitude irrespectueuse du Chevalier Noir envers la Dame du Lac provoqua un long murmure de réprobation dans les rangs des Chevaliers. Seule Dame Astrabelle ne dit rien, son regard intensément fixé sur Archibald de Moussillon, elle donnait l’impression de chercher à lire dans son âme. « Et c’est peut-être ce qu’elle fait. », songeait Raymond de Catharie, intrigué par l’attitude de sa femme, et qui savait de quels prodiges elle était capable depuis qu’elle avait accédé au rang de Grande Prophétesse de Bretonnie. Il jugea préférable de ne pas la déranger pendant la sorte de transe dans laquelle elle semblait plongée. Et puis le combat allait commencer …


Le sort l’ayant désigné pour charger le premier, Parcifald remonta en selle et gagna sa place sans même toucher aux rênes, tant sa maîtrise équestre était grande. La monture et son cavalier ne semblaient faire qu’un. Parcifald adressa un signe à son adversaire à l‘autre bout de la lice, rabattit la visière de son heaume, cala sa lance de cavalerie sous le bras et son destrier partit au triple galop comme s’il avait compris que le moment était venu de charger. Parcifald porta un coup d’une grande précision avec sa lance de cavalerie, mais sans parvenir à trouver le défaut dans l’armure noire de son adversaire (3T, 1B, 1Svg), lequel riposta aussitôt sans plus de succès (2T, 1B, 1Svg). Le choc avait été violent de part et d’autre et les deux jouteurs eurent du mal à rester en selle, si bien que la passe d’armes suivante fut plutôt désordonnée (Archibald : 1T, Parcifald : rien !).

Faisant preuve d’une maîtrise sans égale dans l’art du combat tournoyant, le Chevalier Noir rompit le combat et parvint à contourner son adversaire, parvenant à le toucher malgré les écarts de la monture de ce dernier, qui semblait esquiver les coups d’elle-même (3T. 3 B (dont un coup fatal annulé), 2Svg, 1 PV). Le coup magistral porté par le Chevalier Noir au défaut de l’armure, sous le heaume, aurait sans aucun doute tué net Parcifald, si le manteau qu’il portait sur les épaules n’avait détourné le coup à la dernière seconde en s’enroulant autour de la lame, comme s’il avait été animé d’une vie propre. Gêné par la douleur, Parcifald ne parvenait toujours pas à trouver la faille dans l’armure de son adversaire (3T, 2B, 2Svg). Un instant, le Chevalier du Graal parut sur le point d’abandonner, mais son envie de combattre fut la plus forte (test de moral = 8 !).

Le Chevalier Noir repartit de plus belle avec une attaque parfaite, que seule une très longue pratique des arts du combat pouvait apporter (1T, 1B (coup fatal annulé), 1Svg), pour se heurter une fois de plus au manteau enchanté de son adversaire. Comme déstabilisé par ce déluge d’attaques mortelles, Parcifald ne parvint même pas à passer la garde du Chevalier Noir (2T). Archibald de Moussillon en profita pour porter une nouvelle série d’attaques d’une précision mortelle, visant une zone non protégée par le mystérieux manteau cette fois, et parvenant à trouver un défaut de l’armure au-dessus du genou (3T (avec un triple 6 !), 2B, 1Svg, 1 PV). Avec un cri où se mêlait la colère et la douleur, Parcifald riposta avec fureur et blessa à son tour le Chevalier Noir à la jambe (4 T, 3B, 1Svg, 1 PV). Comme piqué au vif dans son amour-propre par cette blessure, Archibald frappa à nouveau à la gorge, cherchant le coup fatal qui avait fait sa réputation, oubliant le fameux manteau qui détourna le coup une nouvelle fois, mais sans parvenir à absorber totalement l’impact (2T, 2B (dont un coup fatal annulé), 0 Svg (avec un double 1 !), 2 PV).

Son armure percée de toutes parts et son sang s’écoulant par ses multiples blessures, Parcifald glissa de la selle de son destrier et sombra dans l’inconscience. Aussitôt les infirmiers le transportèrent jusque dans les vestiaires où les onguents magiques préparés par les Damoiselles de Catharie lui furent appliqués à l’aide de la fameuse éponge magique tant prisée des joueurs de Blood Bowl.
« Une grande rasade d’Armagnac et une bonne nuit de sommeil, et il n’y paraîtra plus, Messire Parcifald » lui assura Berdoulat qui était venu prendre de ses nouvelles, vaguement inquiet après une telle débauche de coups potentiellement mortels encaissés. « Qu’on soigne également Messire Archibald ! », ordonna t-il … Mais le Chevalier Noir, sans même lever la visière de son heaume, se dirigea sans un mot vers la tribune officielle pour saluer le Comte et son épouse. Dame Astrabelle resta de marbre pendant que le Comte rendait son salut au Chevalier Noir qui tourna bride sans un mot pour quitter le stade.

« Ce Chevalier Noir est vraiment à la hauteur de sa réputation ! », s’exclama le Comte, une fois que celui-ci se fut éloigné. « Une telle maîtrise des armes ne peut être atteinte qu’après des dizaines d’années de pratique … », ajouta t-il, songeur.
« Pas des dizaines d’années, Raymond. », intervint Dame Astrabelle. « Il lui a fallu des siècles … ».


VICTOIRE D’ARCHIBALD : 4/1.



ALDEBALD LE MAJESTUEUX CONTRE HESKIT LE RAPACE

Ils furent interrompus par la sonnerie des trompettes annonçant l’entrée en lice des deux concurrents suivants. A la surprise générale, les grandes portes donnant accès à la lice ne s’ouvrirent que pour laisser le passage à un unique bipède de petite taille, enroulé dans une longue cape noire, ne laissant entrevoir qu’un bout de museau pointu et une longue queue. L’individu paraissait particulièrement frêle à côté des fiers Chevaliers couverts de métal qui venaient de s’affronter. Des rires et des commentaires moqueurs commencèrent à fuser au sein du public, vite remplacés par des exclamations admiratives et des applaudissements lorsque le deuxième jouteur fit son entrée par la voie des airs. Un magnifique Pégase Royal se posa avec majesté au milieu du stade. Aldebald le Majestueux en descendit pour rejoindre à pied son adversaire qui attendait devant la tribune officielle. Aldebald salua le Comte et sa suite, non sans un sourire narquois à l’intention de la demi-portion qui allait lui tenir lieu d’adversaire. Il s’agenouilla ensuite pour adresser une courte prière à la Dame, et remonta sur son Pégase. Il chercha un moment du regard son adversaire et finit par le repérer, tapi contre les balustrades dans un coin du stade, comme s’il essayait de disparaître. Ce qu’il parvenait presque à faire, d’ailleurs.

« Le pleutre ! » songea Aldebald, à la fois agacé et amusé. Il lança son Pégase au galop, et prit son envol. Le Pégase Royal prit de l’altitude en décrivant de grands cercles au-dessus du stade, puis fondit sur le Skaven qui courait dans tous les sens pour échapper au monstre, avec une rapidité de mouvement incroyable. Hélas pour lui, ses petites jambes ne lui permirent pas de distancer le Pégase en piqué et Aldebald l’embrocha proprement d’un coup bien ajusté de sa lance de cavalerie, déclenchant un formidable Ole ! dans les gradins (Aldebald : 3T,3B,3 PV, Pégase : 1T, 1B, 1 PV). Il fallut l’intervention du Comte pour qu’Aldebald n’hérite pas des deux oreilles et de la queue de son adversaire, comme le réclamait vigoureusement le public déchaîné !

VICTOIRE D’ALDEBALD : 4/0.
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Dernière édition par le Sam 15 Avr 2006 - 23:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Sam 15 Avr 2006 - 23:09

POULE C-PREMIERE JOURNEE

BEMBIH KASNOISSEK CONTRE HEINRICH VON BOGENHAFEN

Le public crut à un nouvel intermède divertissant lorsqu’entra le concurrent suivant. Il faut dire que le spectacle du Grand Nabab Gnoblar Bembih Kasnoissek se pavanant sur son rhinox dans une parodie grotesque de Tyran Ogre qui se voulait redoutable avait quelque chose d’hilarant ! Inconscient du fait que les rires et les applaudissements qui l’accueillaient n’avaient rien d’élogieux à son égard, le poussah entreprit un tour d’honneur improvisé, saluant la foule qui lui jetait des cacahuètes comme à un animal de cirque.
Le calme revint cependant rapidement lorsque son adversaire fit son entrée à son tour, les rires se muant en silence glacial à mesure qu’il progressait dans l’arène en direction de la tribune officielle. Le Dragon de Sang avait le don de casser l’ambiance, projetant comme une aura de peur mêlée de superstition autour de lui. Il adressa un salut compassé d’un geste rigide en direction de la tribune officielle puis dirigea son cauchemar caparaçonné vers son côté de la lice. En arrivant à la hauteur de Berdoulat, il marqua un temps d’arrêt.
« Mon atfersaire f’a-t-il enfin arrifer ? On ne me fait bas addendre imbunément, safez-vous ?! »
« Mais, il est déjà arrivé, Messire » répondit Berdoulat en désignant Bembih qui saluait à présent la tribune officielle. Mi-touchée, mi-amusée par ce drôle de concurrent, Dame Marie lui lança un ruban pour lui porter chance. Très sûr de lui, Bembih la remercia d’une révérence qui se voulait gracieuse et enroula le ruban autour de son turban. Puis il se dirigea vers son côté de la lice (nombre de relances obtenues pour le combat : 6 sur 1D6 !).
« Fous moquez-fous de moi ? Ze bouffon ne diendrait pas zinq minudes gondre une Goule ! Je groyais gue ze dournoi était relefé ! »
« Sa monture me paraît quand même, euh … impressionnante, Messire … »
« Ach ! » coupa Heinrich, l’interrompant d’un geste agacé de la main, comme s’il chassait une mouche importune. « Laizzez le donc jarger en bremier, fous allez voir ze que j’en fais de za mondure ! » …


L’invitation semblait d’ailleurs inutile, car le rhinox furieux se lança de lui-même au galop, comme si son cavalier était incapable d’en garder le contrôle. Il percuta le Vampire qui ne put totalement esquiver le coup mais fut protégé par son armure (Bembih : 2T, Rhinox : 1T, 1B, 1Svg). Le Dragon de Sang riposta avec brio tout en émettant un rire sinistre (3T, 2B, 2 Inv. (grâce à 2 relances gratuites) qui mourut dans sa gorge aussitôt que ses coups parfaits se furent heurtés à une mystérieuse aura. L’espace d’un instant Heinrich von Bogenhafen parut déstabilisé (-1PV au RC), avant de repartir aussitôt dans une série d’attaques portées avec une maîtrise inégalable contre le Rhinox, cette fois (3T,1B, -1PV). Surpris par ce brusque changement de tactique, Bembih ne put que chasser quelques mouches avec sa lame enchantée, imité par le rhinox, visiblement gêné par sa blessure à l’œil droit (Bembih : rien !, Rhinox : rien !, malgré 2 relances !).

Comprenant qu’il avait trouvé la bonne tactique pour vaincre, Heinrich s’acharna sur le rhinox et le découpa littéralement en rondelles à l’aide de son épée magique, déclenchant un Olé ! parmi le public connaisseur (4T, 3B, -3PV !). Bembih se dégagea prestement du cadavre de son rhinox et sauta maladroitement à la gorge de son adversaire. Mais il perdit l’équilibre et la chance voulut que cela lui permette d’éviter la parade habile de son adversaire, surpris par ce changement de trajectoire inattendu. Seule la robustesse de son armure lui permit d’éviter le pire (2T (dont 1 relance), 1B (grâce à 1 relance), 1 Svg).

Réalisant soudainement la situation catastrophique dans laquelle il se trouvait, seul contre un Vampire en mal de sang frais, le Grand Nabab lâcha son arme et s’enfuit aussi vite que ses courtes jambes pouvaient le lui permettre, poursuivi par le rire tonitruant du Dragon de Sang et les sifflets de la foule ( démoralisation automatique due à la peur et à la PU) …

VICTOIRE DE HEINRICH : 7/1.





FENRYL L’AESLING CONTRE GOR-TURAK

La sortie grand Guignolesque de Bembih avait contribué à chauffer l’ambiance, et les bandas se livrèrent à une joute musicale consistant à jouer plus fort que les autres tout en descendant plus de Madiran (un exercice difficile auquel elles étaient rompues de longue date …). C’est dans cette ambiance festive que les deux derniers concurrents de la journée firent leur entrée en lice. A l’applaudimètre, Messire Fenryl l’emporta largement sur son adversaire, tant était grande la différence de prestance entre le magnifique Bretonnien au regard sombre et son repoussant adversaire à quatre pattes. Les deux adversaires se jaugèrent du regard avant de s’incliner devant la tribune officielle, Gor-Turak adressant un regard meurtrier empli de haine à Fenryl qui lui retourna un regard presque langoureux, comme savourant d’avance le plaisir de tuer. Dans l’ambiance d’euphorie générale qui régnait dans les gradins (et même dans la tribune officielle où plus d’une damoiselle ne semblait pas insensible aux charmes du jeune Chevalier …), personne ne sembla remarquer que les deux concurrents se dirigeaient vers leurs côtés respectifs sans qu’aucune prière ait été adressée à la Dame … Seule Dame Astrabelle, pour la deuxième fois de la journée, resta de glace, son regard inquisiteur suivant fixement les évolutions de Fenryl.

Celui-ci avait obtenu l’honneur de charger le premier. Il brandit son épée vers le ciel comme pour défier son adversaire. La lame s’illumina et parut se tordre comme si elle était vivante et assoiffée de sang. Fenryl piqua des deux et fondit sur le Centaure-Taureau, lui assénant une série de coups précis de sa lame enchantée, mais l’armure de son opposant émit soudain une étrange lueur rougeoyante qui repoussa les coups (3T, 1B, 1Inv.). Gor-Turak, qui avait laissé passer la tempête, tenta maladroitement d’écraser son adversaire à l’aide de son gigantesque marteau de forge brandi à deux mains, mais sans grand succès (1T (sur 5 attaques !), 1B, 1Svg). Fenryl fit alors étalage de toute sa science du combat, enchaînant les coups d’une précision chirurgicale avec une fluidité de geste digne d’un matador affrontant un taureau. Par deux fois le sang coula et sa lame se mit à luire d’une clarté renouvelée (3T, 2B, -2PV !). Seule la clameur du gigantesque Ole ! de la foule couvrit le gémissement de plaisir émit par la lame enchantée et le cri d’extase de Fenryl dont la vigueur paraissait atteindre son paroxysme (2 tests de force réussis = +2 PV pour Fenryl).

Handicapé par les deux blessures qu’il venait de subir, Gor-Turak tenta de riposter, avec aussi peu d’adresse que la première fois, mais le seul coup qui fit mouche parvint à enfoncer l’armure de Fenryl au niveau de l’épaule (1T (toujours sur 5 attaques !), 1B, -1PV). Le pendentif que Fenryl portait au cou se mit soudain à luire et celui-ci ne parut même pas ressentir la douleur, au contraire, elle lui arracha un rire de contentement … Sidéré par ce comportement, son sang s’écoulant abondamment par ses deux blessures, le Centaure-Taureau était sur le point d’abandonner le combat, mais il parvint in extremis à se ressaisir et à faire front (8 au test de moral à -1 sous Cd 9 !).


Mais Fenryl resplendissait désormais de vigueur et il ensevelit son adversaire sous une avalanche de coups qui finirent par avoir raison de lui (3T, 1B, -1PV). Le public fit une ovation au brillant combattant qui salua nonchalamment la foule avant d’aller s’incliner une dernière fois devant la tribune officielle. Le Comte Raymond le félicita chaleureusement pour son éclatante victoire, mais Dame Astrabelle resta de marbre, son regard clair vissé dans celui, noir comme la nuit, du jeune Héros. Celui-ci lui adressa un clin d’œil très cavalier avant de tourner bride et de sortir de l’arène au grand galop sous les vivas de la foule ravie de sa journée.

« Mille Diou ! Ca fait plaisir de voir un Bretonnien l’emporter comme ça ! » exultait Aymeric de Fonsegrives.
« Bretonnien ? Mais se souvient-il au moins qu’il en est un ? » lui rétorqua Dame Astrabelle sur un ton énigmatique …



VICTOIRE DE FENRYL : 3/1.
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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Lun 17 Avr 2006 - 0:32

Tandis que la nuit commençait à tomber, le Stade se vidait de ses spectateurs. Berdoulat, satisfait du déroulement de cette première journée de tournoi s’apprêtait à en faire autant quand il aperçut Jacouille l’Arsouille.
« Ah ! Capitaine ! Où étiez-vous donc passé, boudiou ? »
« C’est que … euh … j’avais à faire à la Taverne du Père Léon, Capitoul » répondit le Prévôt d’une voix pâteuse, visiblement gêné.
« C’est bien le moment d’aller vous soûler quand on a besoin de vous ! » s’emporta Berdoulat.
« Sauf vot’ respect, vous n’y êtes pas du tout, Capitoul » protesta maladroitement Jacouille avec une élocution approximative. « C’est à cause de ce fichu Nain qui faisait tout une histoire à la Taverne. Ca menaçait de dénégérer… déjeuner … euh, tourner à la bagarre, quoi ! Il fallait bien que j’invertienne … j’inter … euh, que je m’en mêle, hein ? »
« Et vous vous en êtes mêlé de près à ce que je vois … » rétorqua Berdoulat, qui commençait à avoir du mal à ne pas rire.
« C’est que c’est têtu un Nain, macarel ! J’ai passé l’après-midi à essayer de lui expliquer que c’était pas la peine de faire tout un foin à cause de sa Bugman, soi-disant XXX, vu que c’est de la pisse d’âne, et qu’on a beaucoup mieux avec le Madiran … »
« Et vous avez réussi à le convaincre ? » demanda Berdoulat d’un ton sceptique, mais visiblement amusé.
« Moi, vous me connaissez, Capitoul, j’ai la conscience prossefionn…, proneff…, euh le devoir chevillé au corps, pas vrai ? Je lui ai prouvé que sa Bugman c’était du petit lait pour les drôles, j’en ai bu autant qu’il buvait de Madiran. Jusqu’à qu’il roule sous la table, ce nabot précentieux…, preuten…, euh vantard ! »
« Une conscience professionnelle qui vous honore, Capitaine ! Doublée d’une sacrée performance si ce qu’on m’a raconté sur les Nains est vrai … Espérons que la leçon a porté ses fruits et que vous ne serez plus à l’avenir obligé de payer de votre personne … » persifla Berdoulat.
« C’est que … euh, justement, je dois y retourner demain, histoire de terminer avec son copain l’Eternel Errant … C’est qu’il était encore frais comme un gardon, ce bougre de demi-portion. Mais je l’aurai … foi de Prévôt ! »

« Foie de Prévôt, vous ne pouviez pas mieux dire … »




POULE A-DEUXIEME JOURNEE


GAUVAIN D’ORCADIE CONTRE KHEMRISKHARA IV

Les festivités reprirent trois jours plus tard sous une pluie battante. Sa Majesté Khemriskhara IV fit son apparition dans toute la splendeur de sa décrépitude, les bandelettes toutes neuves enveloppant son corps dégoulinant de pluie laissaient entrevoir quelques ossements d’une allure peu ragoûtante, ce qui eût pour effet de déclencher des murmures d’écoeurement dans les gradins. Impavide, la momie salua la tribune d’un ample geste de sa terrible lame enchantée capable de briser n’importe quelle armure, et gagna sa position à l’extrémité de la lice. Messire Gauvain d’Orcadie fit alors son entrée sous un tonnerre d’applaudissements. Le public Catharien avait clairement choisi son champion et le faisait savoir bruyamment. Gauvain s’inclina devant la tribune puis s’agenouilla pour adresser une prière à la Dame, aussitôt imité par les Chevaliers de la tribune officielle. Le calme revint aussitôt dans le public, suivi une minute plus tard par des exclamations de surprise mêlée de respect superstitieux lorsque la pluie s’interrompit un instant, laissant percer un rayon de soleil qui nimba le Chevalier encore agenouillé d’une étrange aura lumineuse.

Gauvain remonta en selle et dirigea sa monture d’une main sûre vers son côté de la lice. Le sort l’ayant désigné pour mener la charge, il attendit que Dame Marie donne le signal du départ en laissant tomber un foulard dans la lice et lança son destrier au galop. Le vertueux Chevalier du Graal fit une éclatante démonstration de l’habileté légendaire des Chevaliers Bretonniens dans la charge de cavalerie en tailladant magistralement la momie de son épée magique (3T, 2B, 2 PV) ! Khemriskhara riposta aussitôt comme s’il n’avait même pas remarqué les profondes blessures qu’il venait d’encaisser, et trouva la faille dans l’armure du Chevalier du Graal qui explosa littéralement comme si elle avait été en cristal (4T, armure magique détruite, 3B, 2 Inv., 1 PV). Le coup avait été si violent que le public ne put retenir des cris d’angoisse, tant il paraissait évident que nul être humain n’aurait pu y survivre. Cependant, le Chevalier du Graal resta en selle, à peine égratigné, mais nimbé de cette étrange aura lumineuse qui semblait l’avoir miraculeusement protégé. La Dame venait de sauver son Champion, et ce fut trop pour la Momie qui se désagrégea immédiatement ( résultat de combat = - 3PV pour le RdT) ! Aussitôt une nuée de scarabées surgit du petit tas de sable qui constituait tout ce qui restait de Sa Majesté Khemriskhara IV et sembla un instant être sur le point de submerger Gauvain d’Orcadie. Mais celui-ci trouva les ressources mentales nécessaires pour repousser la nuée fantomatique qui se dissipa aussi vite qu’elle était apparue (test de Cd dû à la malédiction RdT : 9 sur un Cd de … 9 !).

Messire Gauvain eut tout le temps d’effectuer un tour d’honneur sous les acclamations de la foule en délire qui s’était levée pour l’applaudir, puis d’aller saluer longuement la tribune officielle pendant que le Prêtre Liche entamait son interminable litanie de résurrection …


VICTOIRE DE GAUVAIN : 5/0.




GUTLAG CONTRE CYRILL

Cette fois-ci, Berdoulat ne s’était pas laissé prendre par surprise, et il avait prévu un intermède divertissant pour faire patienter la foule en attendant que les Morts Vivants quittent la lice. Le public eut donc droit à un concours de tir à l’arc sur cibles mouvantes avec l’aimable participation (quoique non volontaire) des gredins Gnoblars survivants ! Après quoi les concurrents suivants purent faire leur entrée. Le Big Boss Gutlag, encore enhardi par sa précédente victoire, fit une entrée fracassante sur son char qui manqua de faucher un gueux une fois de plus. Apparemment pas gêné le moins du monde par la tempête de sifflets et d’insultes que sa prestation soulevait, il entreprit de faire un tour d’honneur avant même que le combat n’ait commencé. Cyrill, quant à lui, ne semblait pas au mieux de sa forme, au point que son écuyer Nain dut l’aider à monter péniblement en selle après sa prière, tout en grommelant dans sa barbe des propos réprobateurs à propos des jeunes poils-au-menton incapables de récupérer après une nuit consacrée à un petit concours de descente de Bugman de rien du tout à la taverne du coin … Une fois en selle, l’Eternel Errant retrouva de sa prestance et se dirigea d’un air assuré vers son côté de la lice, attendant l’épée au point la charge de son adversaire.

Dès le signal donné, Gutlag lança son char en hurlant un retentissant Waaagh ! Le char percuta son adversaire qui fut protégé par sa solide armure. Gutlag enchaîna par une série de coups d’une violence inouïe décochée avec son arme lourde et trouva la faille dans l’armure de Cyrill, mais le coup ricocha contre une mystérieuse aura lumineuse (Impact : 2T, 1B, 1Svg, Gutlag : 2T, 1B, 1Inv.). Encouragé par ce signe qui prouvait qu’Elle était toujours avec lui, Cyrill riposta avec son talent de jouteur inégalable, mais se heurta à son tour à une aura magique qui détourna son coup précis dans un éclat de lumière verte (3T, 3B, 2Svg, 1 Inv.).

Sans doute mal remis de ses excès de la veille au soir, Cyrill perdit l’équilibre lorsque son coup fut repoussé et chuta lourdement de son destrier, avant de sombrer dans l’inconscience. Gutlag, l’esprit encore tout échauffé par l’ardeur du combat, en profita pour hurler sa victoire en prétendant que son adversaire avait trop peur de continuer le combat contre lui, ce qui lui permit de récolter une fois de plus suffisamment de légumes pourris pour nourrir une bonne partie de sa meute de sangliers (test de moral de Cyrill : 11 !).

VICTOIRE DE GUTLAG : 3/0.




POULE B-DEUXIEME JOURNEE


HESKIT LE RAPACE CONTRE ARCHIBALD DE MOUSSILLON

Fort de l’expérience de la première journée du Tournoi, Berdoulat avait prévu une véritable cohorte de gueux pour nettoyer la lice après le passage du Seigneur Orque Noir. Il ne fallut pas plus de cinq minutes avant que le Chevalier Noir pénètre dans l’arène sous les applaudissements mesurés de la foule. Son adversaire du jour déclencha quant à lui une tempête de sifflets moqueurs et de propos peu flatteurs à son endroit. Le public n’avait pas oublié la piètre prestation d’Heskit lors de la première journée, et il aurait été bien difficile de trouver un parieur assez fou pour miser ne serait-ce qu’une pièce de cuivre sur les chances du « rat-passe », comme on le surnommait ironiquement, face au redoutable Chevalier Noir. Celui-ci s’inclina devant la tribune officielle en compagnie de son adversaire avant de gagner directement son côté de la lice, toujours sans prendre la peine de prier la Dame. Heskit gagna la sienne en rasant les balustrades entourant l’arène et attendit le signal du départ, le sort lui ayant octroyé le droit de charger le premier.

Heskit s’élança avec une rapidité stupéfiante sur son adversaire, tout en dégainant sa lame. Celle-ci se mit soudain à luire d’une couleur verdâtre malsaine. Le public eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait que tout était déjà fini. L’Assassin porta une série de coups bien ajustés à la vitesse de l’éclair. Sa lame maudite émit brusquement un éclair verdâtre d’une intensité insoutenable et l’armure noire d’Archibald explosa littéralement ! Le Chevalier Noir s’effondra lourdement en même temps que son destrier et ne bougea plus, terrassé par l’attaque d’une violence inouïe dont il venait d’être victime (3T, 1B, -4PV !). La puissance de l’éclair verdâtre était telle qu’Heskit en lâcha sa lame infernale en couinant, son museau brûlé par la chaleur dégagée (2 au test de la Lame Fatale : -1PV !).

Un silence de mort suivit cet événement inattendu. Le public atterré observa l’Assassin quitter la lice sans un regard pour sa victime ou pour la tribune officielle en rasant les balustrades, comme à son habitude, tandis que les gueux se précipitaient sur le Chevalier Noir pour le transporter d’urgence à l’infirmerie.

Plus personne n’aurait encore envie de se moquer du Rapace, désormais …


VICTOIRE DE HESKIT : 4/1.




ALDEBALD LE MAJESTUEUX CONTRE PARCIFALD DE MORDELION

Berdoulat était très inquiet en pénétrant dans l’infirmerie mais, à sa grande surprise, le Chevalier Noir était déjà sur pied et refusait les soins que voulaient lui administrer les soigneurs.
« Ce n’est rien. Il en faut plus pour me tuer … » disait-il de sa voix grave, toujours coiffé de son heaume. « J’ai juste besoin d’un bon, euh … repas pour retrouver des forces. Je vais rentrer. Merci » Et il sortit en titubant.
« Quelle étrange robustesse ! » songea Berdoulat, soulagé. « J’aurais pourtant parié que personne ne pouvait sortir indemne d’un coup pareil » …


L’entré en lice de Messires Aldebald et Parcifald réveilla l’ardeur du public, encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Les deux Chevaliers du Graal reçurent l’hommage des membres de la tribune officielle sous les applaudissements nourris de la foule, puis mirent un genou en terre de concert pour adresser une prière à la Dame. Ils se saluèrent ensuite avant de gagner leurs côtés respectifs de la lice.

Aldebald le Majestueux avait encore gagné le tirage au sort, et il fit décoller son pégase avec cette majesté qui lui avait valu son surnom. Le gracieux animal décrit plusieurs cercles concentriques avant de fondre en piqué sur Parcifald qui attendait la charge en garde, le bouclier levé et l’épée brandie, sans même toucher les rênes. Son magnifique destrier fit un écart au dernier moment, ce qui permit à son cavalier d’éviter aisément les attaques du pégase, mais pas la lance d’Aldebald maniée de main de maître. Alors qu’elle trouvait le défaut de l’armure de Parcifald, une aura lumineuse bloqua le coup (Aldebald : 2T, 2B, 1Svg., 1 Bénédiction, Pégase : rien !).
La Dame venait-elle de choisir son Champion ? C’est en tout cas ce que crut Parcifald qui, encouragé par ce signe, riposta en visant la monture de son adversaire. [3T, 1B, 1 Bénédiction), mais la Dame n’avait visiblement pas encore choisi son Champion ! C’est alors que alors que Nérogan, son fidèle destrier, vola à son secours en se dressant sur ses pattes postérieures et en frappant violemment le pégase à la tête, le blessant à l’arcade sourcilière (1T, 1B, -1PV !).

Aveuglé par le sang qui coulait abondamment de son œil blessé, le pégase se révéla incapable de toucher son adversaire, mais une fois de plus ce ne fut pas le cas d’Aldebald, qui, furieux contre ce destrier qui avait eu l’audace de blesser Bordeleaux, son pégase adoré, trouva la faille sous le caparaçon de Nérogan (2T, 2B, 1Svg.,-1PV). Enragé à son tour par ce coup porté à son fidèle destrier, Parcifald riposta aves fureur sur le pégase. Mais la Dame n’appréciait visiblement pas ces attaques peu honorables sur les montures et son aura protégea l’animal ailé par deux fois (3T, 3B, 2Bénédictions ! -1PV). Soudain, Nérogan s’effondra brutalement, terrassé par sa blessure, entrainant son cavalier dans sa chute. La tête de Parcifald heurta violemment la balustrade et il sombra dans l’inconscience (9 au test de moral à -1 sous Cd 9 !).

Aldebald mit pied à terre et fit signe aux gueux de porter secours à son adversaire vaincu. Puis il mena son pégase par la bride pour aller recueillir l’hommage de la tribune officielle, avant de le conduire aux écuries du Stade où l’attendaient déjà les rampants inquiets de la santé de l’animal. Mais il apparut vite que les blessures n’étaient que superficielles et que le pégase pourrait bientôt reprendre les airs. Soulagé, Aldebald s’enquit de la santé de son adversaire, et apprit qu’il avait déjà repris conscience.
« Tant mieux ! Et son destrier ? »
« On lui applique les onguents magiques en ce moment même, Messire. Il devrait être remis d’ici quelques jours … »
« J’y suis allé un peu fort, il est vrai. Mais voilà ce qui arrive quand on touche à mon Bordeleaux ! » …


VICTOIRE D’ALDEBALD : 3/2.
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ASTRABELL

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MessageSujet: Re: Le Tournoi de la Féria de Catharie   Mer 19 Avr 2006 - 22:26

POULE C-DEUXIEME JOURNEE




BEMBIH KASNOISSEK CONTRE FENRYL L’AESLING

Cinq minutes plus tard, l’entrée en lice du Grand Nabab Bembih Kasnoissek produisit son effet habituel d’ambiance de cirque. Le public commençait à apprécier ce curieux personnage amusant, si sûr de sa bonne étoile qu’il en devenait presque touchant de naïveté. Les membres de la tribune officielle lui rendirent tant bien que mal son salut grandiloquent, en tentant de masquer leur hilarité intérieure sans y parvenir tout à fait. Une tempête d’applaudissements vint à point nommé détourner l’attention du Grand Nabab qui aurait pu s’offusquer d’un tel comportement. Messire Fenryl venait d’entrer dans l’arène, et le public Catharien, encore émerveillé par sa prestation précédente digne des plus grands matadors, l’accueillait en héros. Il vint s’incliner devant la tribune officielle, son regard profond sans cesse fixé sur Dame Astrabelle qui resta impavide. Après quoi il alla se placer de son côté de la lice, attendant nonchalamment la charge de son adversaire qui avait encore gagné le tirage au sort. Celui-ci, qui ne semblait nullement étonné d’avoir autant de chance, était occupé à nouer le ruban dont lui avait fait don Dame Marie autour de la corne de son rhinox (nombre de relances pour le combat : 3). Ceci eut le don d’irriter l’irascible animal qui partit de lui-même en charge.

Le choc fut violent, mais l’excellente armure de Fenryl résista, tandis que Bembih se contentait de chasser les gouttes de pluie avec son épée (Bembih : 1T, 0B, Rhinox : 2 T, 2B (dont 1 relance), 2Svg.). Amusé, Fenryl entreprit de découper le présomptueux Nabab en rondelles, mais à sa grande surprise, tous ses coups furent étrangement déviés au dernier moment par une force mystérieuse (2T, 2B, 1 Svg. (grâce à une relance gratuite), 1 Inv. (grâce à une autre relance gratuite) …). Surpris par cette résistance inattendue, le beau ténébreux se trouva déséquilibré, et il fut à deux doigts de vider les étriers et de se faire piétiner par le rhinox (7 au test de moral à -1 sous Cd 8 !).

Reprenant ses esprits en même temps que son équilibre, Fenryl changea de tactique et taillada violemment le rhinox de sa lame enchantée, laquelle s’illumina en produisant un feulement de plaisir lorsque le sang du monstre coula (3T,1B, -1PV au rhinox, test de force : 5 ! = +1PV pour Fenryl). Bembih tenta de profiter de la sorte de transe d’extase dans laquelle son adversaire semblait avoir plongé l’espace d’un instant, lorsque son étrange lame avait fait mouche, mais sa propre épée magique lui parut étrangement lourde et peu maniable, et le résultat ne fut pas à a hauteur de ses espérances, tandis que son rhinox, probablement handicapé par sa blessure, ne réussit qu’à piétiner dans les flaques d’eau que la pluie de plus en plus forte avait créées (Bembih : 2T, 1B, 1Svg., Rhinox : rien !).

Sentant qu’il avait trouvé la faille, Fenryl s’acharna sur le rhinox, le blessant une nouvelle fois. Cependant, sa lame enchantée ricocha sur la corne du monstre et il s’entailla profondément au bras droit (3T, 1B, -1PV au rhinox, test de force : 6 ! = -1PV à Fenryl et +1 Attaque pour Fenryl) ! Loin de ressentir la douleur, Fenryl semblait l’apprécier et il entra à nouveau dans cette sorte de transe extatique qui permit au rhinox furieux de le jeter à bas de sa monture et de le piétiner jusqu’à ce qu’il disparaisse presque entièrement dans la boue sanglante qui constituait désormais le sol de l’arène (Bembih : 2 T, 0B, Rhinox : 2T, 2B, -2PV à Fenryl (1 et 2 sur les jets de sauvegarde !) !) !

Une équipe de gueux infirmiers se précipita pour évacuer en urgence le malheureux Fenryl vers la fosse menant à l’infirmerie, tandis qu’une autre, équipée de grandes capes rouges, alla les agiter sous le nez du Rhinox, toujours aussi furieux, dans le but de l’attirer en dehors de l’arène. Le pauvre Bembih, ravi de sa victoire, fut privé de tour d’honneur, pour cause d’incapacité chronique à se faire obéir de sa redoutable monture !
« Hil de put’ ! » jura Jacouille l’Arsouille. « Ce rhinox, c’est plus dangereux qu’un taureau, mais c’est pas plus malin, mille Diou ! » …


VICTOIRE DE BEMBIH : 3/2




HEINRICH VON BOGENHAFEN CONTRE GOR-TURAK

Avant d’autoriser les concurrents suivants à pénétrer dans l’arène, Berdoulat alla rendre visite à Messire Fenryl à l’infirmerie du Stade et constata que la célèbre éponge magique avait déjà commencé à faire son effet.
« Ne vous inquiétez pas, Messire, dans deux ou trois jours vous serez sur pied et vous ne ressentirez presque plus rien. »
« Dommage … » répliqua Fenryl dans un murmure langoureux avant de replonger dans l’inconscience.

« Je me demande si on ne devrait pas diminuer un peu cette pâte de pavot que les Tiléens nous ramènent de Cathay. Elle semble avoir des effets bizarre, quelquefois … » se disait Berdoulat en remontant vers la lice, où il fit signe aux gardes d’ouvrir les portes pour laisser entrer les nouveaux jouteurs. Ceux-ci ne recueillirent que de maigres applaudissements convenus, la foule leur étant manifestement hostile à l’un autant qu’à l’autre. Après un rapide salut devant la tribune officielle, les deux adversaires se mesurèrent longuement du regard, chacun cherchant à estimer les forces et les faiblesses de l’autre, et à lui faire baisser les yeux. Cette espèce de joute silencieuse menaçant de se prolonger indéfiniment, Berdoulat fit signe aux trompettes de sonner la charge, ce qui eut pour effet de réveiller l’ardeur du public et d’inciter les deux protagonistes à gagner leurs emplacements.

Heinrich ayant remporté le tirage au sort, il partit au triple galop sur son adversaire qui l’attendait impassible à l’autre bout de la lice, les sabots de son squelettique destrier caparaçonné faisant jaillir des gerbes d’eau du sol détrempé par la pluie incessante (test de Peur : 5 sous un Cd 9). Les coups précis du sinistre Chevalier Mort-Vivant traversèrent l’armure du Centaure-Taureau comme si elle avait été faite de papier, mais elle émit une lueur rougeâtre qui le protégea inexplicablement (2T, 1B, 1Inv.). Gor-Turak riposta avec toute la puissance que lui permettait son