julien Chevalier du royaume

Inscrit le : 08 Jan 2006 Messages : 249 Localisation : pres de lyon. marcy l'etoile
| Sujet: Marignan 1515 Dim 9 Avr 2006 - 20:58 | |
| Apres avoir été absent à cause des exposés et des cours, je reprend les recits des batailles qui parcement notre Histoire. Comme de nombreux chevaliers suisses partage notre fer de lance, je vais retracer la bataille de Marignan opposant le jeune roi de France françois I à la terrible armée suisse.
A peine montée sur le trône, le 01/01/1515, françois I, agé de 20 ans, decide d'engager la france dans une nouvelle expedition italienne. Son objectif est le duché de Milan détenu par Maximilien Sforza et ses mercenaires suisses. Comme légitimité, il en tire des droits remontant au mariage du duc d'orléans avec une visconti de Milan, au début du XVeme siecle. C'est loin ... mais c'et un droit comme un autre.
Apres de nombreux mois de négociations, l'armée est réunie à lyon. Venise est alliée et Gênes reste dans une bienveillante neutralité. Les Alpes sont franchies durant la premiere quinzaine d'Aout. C'est déjà un exploit car les cols normalement utilisés etaient gardés par les piquiers suisses.
La marche vers Milan
La surprises est totale et toute l'armée suisses reflue vers Milan. Un mois plus tard, les français sont en vue de la ville. Notons qu'ils se sont arrétés à Turin ou françois I a visité son parent, le duc de Savoie. (il a bien du festoyer )
Début septembre, les français s'établissent solidement autours du bourg de Marignan. Pourquoi combattre si l'argent regle le probleme? on prefere négocier. Diplomate français, milanais, suisses et pontificales se livrent aux pourparlers. L'Empire envoie lui aussi des émissaires. Voir tomber le nord de l'Italie à la couronne de france est à éviter: "Les suisses doivent refuser de laisser la ville".
Le 13 septembre, suite à une risque entre quelques français et suisses, la décision est prise de marcher sus au camp du roi de France. 20 000 piquiers et hallebardiers se mettent en marche. Ils forment le gros de la troupe. Autours, un millier d'arquebusiers et arbaletriers combattent en "tirailleurs". On ne compte qu'une dizaine de canons et quelques centaines de cavaliers italiens.
Les français, non loin de se douter de la tournure des évenements, ont pris appui sur une légere ondulation du terrain sur la route , sur la route de Lodi à Milan. Trois lignes se suivent successivement: _la premiere regroupe 64 canons, 200 pieces légers. 10 000 arbalétriers et arquebusiers. 10 000 lansquenets. 5000 gendarmes. L'ensemble est renforcé par un petit parapet en terre garni de palissades. _la seconde avec 5500 lansquenets et 5000 gendarmes dont le roi et Bayard _10 000 lansquenets en troisieme ligne Le commandement est laissé au connétable de Bourbon. Le jeune roi ne doit que se montrer pour affermir le moral de ses hommes.
La terrible puissance suisse
Arrivant de Milan en fin d'apres midi, les colonnes suisses engagent directement le dispositif français. Une enorme brèche est creusée dans la premiere ligne française. Les chefs réussissent tant bien que mal à enrayer la panique tandis que les piquiers suisses s'enfoncent tel un rouleau compresseur. Cependant l'artillerie française entre en action et la gendarmerie (l'heritiere de la chevalerie mais professionelle maintenant) tente des premières charges. Malgres ce sursaut français, la situation est catastrophique. Le centre et la droite sont enfoncés. L'avance suisse est terrible et les pertes s'accumulent. Le connétable de Bourbon garde sont sang-froid. Il fait charger la cavalerie à fond. Tous y montrent leur bravoure et le jeune roi en premier. Pendant ce temps, l'infanterie recule lentement ... sans cesser de tirer. Le temps gagner par les lansquenets lourds de la premiere ligne est precieux
Au bout de quelque temps, toute la premiee ligne française est parvenue à reculer en bon ordre et à se rétablir un kilomètre plus au sud. Malgres le début de la nuit, les confédérés repartent à l'attaque avec pour ojectif le centre français. Les lansquenets allemands qui s'y trouvent subissent des pertes terribles, croient à une trahison et commençent à fuir. La situation n'est rétablie qu'au prix de nombreuses charges de la cavalerie française, roi en tête, afin de rassurer la troupe, et par les tirs de l'artillerie. Cette fois la noirceur de la nuit met fin au combat. Toute direction d'ensemble est impossible et la bataille est remise au lendemain ...
Nouvel effort des Suisses le 14 septembre
Bien que la nuit empeche les combats d'envergure, quelques luttes sporadiques se déroulent ça et là. Mais globalement, les 2 camps se regroupent. Les pionniers français en profitent pour edifier de nouvelles positions retranchées, surtout pour protéger les canons. Ces derniers sont, d'ailleurs, utilisés pour tirer sur les suisses qui, imprudemment, ont allumés des feux.
Au matin, les confédérés s'ordonnent en 3 colonnes pour mettre fin à l'armée française. Celle de droite parvient à quasiment enfoncer l'aile gauche française. Celle de droite n'avance quasiement pas... Celle du centre, la plus massive, livre les combats les plus violent. "Il faut enlever les canons ennemis!". Mais le feu de l'artillerie française est plus qu'efficaceet les charges des gendarmes enrayent le rouleau compresseur confédéré.
Vers onze heure du matin, le moral des suisses, déjà bien ébranlé par la résistance et les tirs français, cède definitivement lorqu'apparait les premiers éléments de l'armée venitienne. Décidant de reculer en bon ordre, l'armée confédérée part en déroute devant le harcelement des lansquenets français. C'est un véritable carnage puisque les mercenaires allemands ne font quartier aux suisses. Les pertes s'eleve à la moitié de l'armée des cantons tandis que les français ont perdus le quart de leur effectif.
Le principal artisan de la victoire est l'artillerie. Elle a vraiment gagnée ses lettres de noblesse. Désormais, aucune armée ne peut se reposer uniquement sur de l'infanterie. Il fauda combiner les armes.
Pour le jeune roi de France, cette victoire le fait entrer dans la legende. Armé chevalier par Bayard selon la légende, le soir de la bataille, il inaugure magnifiquement son règne. De plus, il signe la Paix perpétuelle avec les cantons suisses, qui consacre leur neutralité et leur lien étroit avec la France. Une longue amitié apparait apres ses hauts faits d'armes 
(j'espere que ce récit vous a plu) _________________ Pour Itance, la Bretonnie la Dame et le Roy! |
|
ASTRABELL El Maestro

Age : 48 Inscrit le : 02 Jan 2005 Messages : 2148 Localisation : PINSAGUEL (à côté de TOULOUSE)
| Sujet: Re: Marignan 1515 Dim 9 Avr 2006 - 22:01 | |
| | Julien a écrit: | | (j'espere que ce récit vous a plu) |
Et comment ! C'est vraiment très instructif et très bien écrit !
Je crois que la bataille de Marignan n'est célèbre en France que parce que sa date est facile à retenir ... Grâce à toi, on en sait bien davantage sur cette victoire et ses conséquences sur les relations Franco-Suisses. Merci beaucoup !
Pour la Dame, pour le Roy, et pour les "rapports de bataille" (historiques) bien écrits !! _________________ ASTRABELL
Maître Tacticien pour les uns Grand Sage de Bretonnie pour d'aucuns Maître Templier de l'Ordre Sacré de la Plume pour certains Et même Sage tout court pour un Mais ... El Maestro pour tout un chacun ! |
|
Reynald de Châtillon Astrabell de poche

Age : 18 Inscrit le : 20 Mai 2005 Messages : 2124 Localisation : Sion CH
| Sujet: Re: Marignan 1515 Dim 9 Avr 2006 - 22:11 | |
| Excellent! Cela fait plaisir d'avoir des articles aussi bien écrit!
D'autant plus que je ne connaissais pas bien ce passage et je suis ravi que tu ais pu éclairer tant de lanternes  _________________ Breto en tournoi: 17V 5N 4D |
|
Théozénith Saint vivant

Age : 17 Inscrit le : 05 Mar 2005 Messages : 1725 Localisation : Bruxelles
| Sujet: Re: Marignan 1515 Lun 10 Avr 2006 - 11:11 | |
| Merci pour ce récit.  _________________ Pour la Dame du Lac ! Pour le Roy ! Pour Quenelles ! Le trébuchet ça lui fait pas rien, quand t'estimes bien. Sauf quand tu jettes le dé d'artillerie comme moi ... |
|
Dragonfire Saint vivant

Age : 34 Inscrit le : 04 Jan 2005 Messages : 1400 Localisation : Baden (CH)
| Sujet: Re: Marignan 1515 Lun 10 Avr 2006 - 17:39 | |
| Très beau récit ! Encore une page d'histoire qui se tourne... _________________ Montjoie ! St-Denis ! Que trépasse si je faiblis ! (cf "Les Visiteurs") |
|
Enguerrand le guerroyeur Chevalier de la Quête

Age : 24 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 387 Localisation : Lille
| Sujet: Re: Marignan 1515 Lun 10 Avr 2006 - 18:36 | |
| Oui, meci pour cette heure de gloire...
As-tu prévu quelque chose sur Pavie, où cette fois notre chevalerie s'est faite décimée par l'artillerie... ? _________________ "Créfieu messire, n'oubliez point que le monde est rond comme cul de pucelle!" |
|
julien Chevalier du royaume

Inscrit le : 08 Jan 2006 Messages : 249 Localisation : pres de lyon. marcy l'etoile
| Sujet: Re: Marignan 1515 Lun 10 Avr 2006 - 19:10 | |
| j'essayerais une prochaine fois. Mais si je me rappele bien c'est surtout les tires des arquebuses imperiales qui ont fauchés la gendarmerie à pavie ... on verra ca  _________________ Pour Itance, la Bretonnie la Dame et le Roy! |
|
Enguerrand le guerroyeur Chevalier de la Quête

Age : 24 Inscrit le : 07 Fév 2006 Messages : 387 Localisation : Lille
| Sujet: Re: Marignan 1515 Mer 12 Avr 2006 - 18:49 | |
| Merci, de mon côté, faudrait que j'essaye de vous présenter quelque chose sur la campagne de 1805 et l'aboutissement dans la plaine d'Austerlitz...  _________________ "Créfieu messire, n'oubliez point que le monde est rond comme cul de pucelle!" |
|