"Dans la chaleur qui monte, les français chevauchent cependant sans se ménager. Partis en éclaireurs, quatre chevaliers font leur rapport: les Anglais attendent. Cette fois, ils c'échapperont pas.
Les éclaireurs sont lucides: les anglais sont frais et dispos. Au roi qui les en presse, ils donnent leur avis: qu'on regroupe l'armée, qu'on constitue des batailles et qu'on prenne le temps de choisir une tactique. A tout cela, la journée passera vite. Qu'on dresse donc le camp, et l'armée du Valois sera aussi fraîche, au matin, que celle du Plantagenêt. De surcroît, on aura toute la journée du lendemain pour exploiter la victoire.
L'avis est sage. Le roi donne l'ordre d'arreter l'armée dans son mouvement. L'un des maréchaux gagne l'avant garde. Les groupes de tetes s'immobilisent. Les anglais ne sont pas encore en vue, et une halte est la bien venue en cette chaude journée.
L'autre maréchala moins de succès avec les hommes qui suivent la route du roi. Dans ces deuxieme lignes, on ne comprend rien à une manoeuvre qui n'en est d'ailleurs pas une. Alors que, peut etre, les premiers rangs sont au contact de l'ennemi, l'idée de s'arreter à l'arriere semble honteuse à ces bons chevaliers. Le maréchal et ses lieutenants s'époumonent:
Arrêter bannieres! De par le roi. Au nom de Dieu et de monseigneur saint Denis!!C'est en vain qu'ils crient. Les chevaliers bannerets refusent de s'arreter. Marcher au secour du roi, en danger à l'avant, est un devoir plus impèrieux que celui d'obeïr. La chevalerie a sacralisé la notion d'honneur, un honneur dont chacun est juge. Non celle de discipline" (fin de l'extrait)
(petit rappel: l'armée anglais dispose à peu pres de 10 000 hommes. C'est une armée rapide avec une forte majorité d'archers gallois. Les francais rassemblent 12 à 20 000 hommes. C'est une armée typiquement féodale reunie avec l'appel de l'ost)
Débouchant de la forêt, les premiers français se rendent compte que l'Anglais, qui vient de se réorganiser, est là. Que faire? Certains veulent attendre et arretent la progression. Ceux de l'arriere continuent alors de pousser. Croyant qu'on a besoin d'eux à l'avant, ils cherchant à depasser les premieres lignes. La bataille ne peut etre remise au lendemain alors que le gros de l'ost française est encore étiré le long de la route d'Abbeville à Crécy. En face, les Anglais attendent sur une légere hauteur. Leurs archers sont en position derriere des haies, des pieux fichés en terre tandis que hommes d'armes et chevaliers dont en retrait.
Philippe VI compte sur les carreaux d'arbalete des Genois qu'il a payé à pris d'or. Ces terribles traits feraient peur à toute personne sensée. Mais les Génois sont fatigués. Ils ont marchés depuis le matin et le font savoir.
C'est alors qu'eclate l'orage qui montait depuis la matinée. Tous sont trempés. L'averse finie, l'ordre est donné d'attaquer!
Les Génois avancent en criant pour effrayer les Anglais. Il en faut plus pour attendrir le coeur des rudes gallois. Une pluie de fleches s'abat sur les italiens au moment ou ces derniers se rendent compte que l'orage a tendu les cordes de leur arbalete...Contrairement aux anglais, ils n'ont pris leurs précautions...pensant peut etre que la bataille serait remise au lendemain. Abandonnant leurs armes, ils detalent.
Derriere, les français se sentent trahis et se mettent à taille en piece leurs alliés...
C'est donc le moment ou la chevalerie s'élance en avant. Il n'y aucune organisation. Tous s'elancent sur la position anglaise. Mais les charges sont aussi héroîques qu'inéfficaces. Les archers anglais se cachent dans les moindres recoins, profitant du terrain...et les fleches volent.
Edouard III, a son poste d'observation, n'a meme pas coiffé son bassinet. Il regarde la fleur de la chevalerie française d'éffondrée le long des haies. A quoi bon charger?
Dans la pénombre, la lutte continue. Les francais chargent à l'aveuglette et se perdent de vue. C'est l'heure des prouesses inutiles.... Pourtant la chevalerie anglaise est engagée! Le porte oriflamme de Philippe VI arrive à atteindre la mêlée...malgres son desir, le roi ne l'atteindra meme pas.
La nuit recouvre tout. Philippe VI ne voyant plus rien quitte les lieux de l'affrontement et trouve refuge dans le chateau de Labroye dans les environs.
Le lendemain, alors que les 1000 lances de l'allié de Savoie rejoignent le roi, la liste des corps retrouvés dans les bois de Crécy est longue: le duc de Lorraine, le comte de Flandre, le roi Jean l'Aveugle de Bohême, de nombreux fideles...et meme le comte d'Alençon, le propre frere du roi.
L'oriflamme de St Denis, embleme de l'armée est perdu.
Les hostilités sont suspendus pendant trois jours. Les morts doivent etre enterrés. La chevalerie française a cherement payé son honneur!
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Pour Itance, la Bretonnie la Dame et le Roy!